Titre : La métamorphose de ton cœur

Note de l'auteur : Ça fait déjà plus de dix semaines que je poste chaque lundi... Le temps passe !

Après mon chapitre de lundi dernier, j'ai eu le plaisir de recevoir plus de reviews que d'habitude, et j'ai eu le sourire collé aux lèvres le lundi soir grâce à vous ! Alors Merci !

Je suis également ravie de voir que vous êtes de plus en plus nombreux à lire mon chapitre chaque lundi & aussi dans la suite de la semaine !

Information importante pour les vacances de Noël : Le premier samedi des vacances, donc le 20 décembre, je publierai une OS, qui ne sera pas sur le thème de Noël. Par contre, le lundi 22 décembre, en raison de contraintes familiales, il n'y aura pas de chapitre pour La Métamorphose de ton Cœur. Le chapitre arrivera le 23 ou le 24.

Je vous laisse avec ce chapitre, en espérant qu'il vous plaira.

Merci à mon n'amoureux pour ses corrections.

...

Chapitre 10. Retenue et adieux

Ron était assis au bord de son lit à baldaquin dont les rideaux n'étaient pas fermés. Il regardait la lune par la fenêtre du dortoir, bercé par le ronflement sourd de Neville. Même s'il était beaucoup sorti ces derniers temps, qu'il avait rencontré de jolis filles, il n'avait pas encore tiré un trait sur sa relation avec Hermione, sans pour autant dire qu'il était amoureux d'elle. Mais voilà qu'elle sortait avec cette fouine de Malefoy trois semaines après leur rupture. Ron ne savait pas ce qui le dérangeait le plus : le fait qu'Hermione sorte avec un autre garçon, ou le fait que ce garçon soit son pire ennemi.

...

C'est couverte de honte qu'Hermione se coucha ce soir là. Couverte de honte et de culpabilité pour avoir été découverte dans une situation plus que suggestive avec Drago Malefoy par nul autre que son ex petit ami -entre autre. Elle qui avait eut beaucoup moins de petits amis que les filles de son âges -comparé à Ginny, qui n'en comptait pas moins de cinq- voilà qu'elle enchainait deux garçons en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire « quidditch ». Mais elle n'était pas ce genre de fille sans sentiments ni respect, qui passait d'un garçon à l'autre, comme elle changeait de chaussettes chaque matin. En quittant Ron et en embrassant Malefoy ce soir, elle avait suivi ce que lui dictait son cœur. Mais elle s'en voulait quand même de faire subir ça à Ron. Mais elle n'avait pas voulu ça.

...

L'avant dernière journée à Poudlard était déjà bien avancée lorsque Hermione émergea de son sommeil : il était presque 11h00, bien trop tard pour le petit déjeuner, mais presque l'heure de déjeuner. Après une douche rapide, -bien qu'elle en eut guère besoin après le temps qu'elle avait passé dans le bain de la salle de bain des préfets la nuit précédente- Hermione enfila ses plus jolis vêtements moldus et se coiffa négligemment. Elle avait des questions plein la tête, elle se demandait comment Drago allait réagir quand il allait la voir. Est ce qu'il regrettait ce qui s'était passé ? Une fois prête, elle descendit dans la salle commune Gryffondor où Parvati et des filles de cinquième années pouffaient dans un coin.

- Salut Hermione, lança la jeune femme à la peau satiné. Alors, quoi de neuf ?

Hermione la toisa, surprise par l'intérêt soudain que lui portait Parvati, et comprit immédiatement qu'elle savait. Elle était au courant pour Malefoy. Un petit rire malicieux résonna dans la pièce tellement la gène d'Hermione était palpable.

- C'est Ron qui te l'a dit ? Questionna Hermione, irritée, ce qui déclencha l'hilarité des filles de cinquième année.

- Oh, non, il a bien trop honte, penses-tu ! Je crois d'ailleurs qu'il n'est même pas encore descendu de son dortoir.

Agacée par les gloussements ostentatoires des filles, Hermione sortie en furie de la salle commune. Si ce n'était pas Ron, ça ne pouvait qu'être Dean Thomas. Toutes les têtes se retournèrent sur Hermione lorsqu'elle se rendit à la grande salle. En une nuit, elle venait de détruire l'image de jeune fille timide, coincée, combattante, amie de l'élue qu'elle s'était vu attribuer ces dernières années.

...

Drago attendait Hermione comme à son habitude, devant la grande salle. Depuis le matin, Poudlard était en effervescence et sa liaison avec Hermione parcourait le château comme une trainée de poudre, si bien que la moitié des élèves qu'il croisait le regardaient l'air intrigué. C'était déjà beaucoup mieux que les visages apeurés qu'il avait eut l'habitude de voir depuis son retour à l'école en tant qu'ancien Mangemort. Lorsqu'il aperçut enfin Hermione en haut des escaliers qui menaient à la tour Gryffondor, elle avait l'air plus irritée que jamais.

- Tout le monde est au courant ! Chuchota Hermione en se postant droit comme un piquet devant Drago. Celui ci répondit par son habituel sourire narquois et s'approcha d'Hermione pour lui embrasser le front devant une dizaine d'élèves de cinquième année.

- Je... Je pensais que tu voudrais pas que ça se sache, continua Hermione en reculant légèrement.

- Pourquoi ? S'étonna Drago.

- Tes parents, ils...

- Qui irait leur répéter ? Demanda-t-il. Et puis pour l'instant, c'est le cadet de mes soucis.

Hermione resta immobile de surprise pendant que Drago lui caressait les cheveux. Le comportement de Drago donna toutes les réponses aux questions qu'Hermione se posait : il ne regrettait pas ce qui s'était passé dans les couloirs et dans la salle de bain des préfets, et il avait même envie que leur relation continue. Relation. Le mot résonnait dans la tête d'Hermione, qui ne savait pas bien si elle pouvait qualifier sa relation avec Drago ainsi.

Puis elle se souvient de Ron. Ron qu'elle avait quitté i peine trois semaines. Ron qui essayait de la protéger. Ron qui n'était même pas encore sorti de son dortoir. Et elle réalisa que c'était elle qui préférerait ne pas se montrer avec Drago quand Ron était dans les parages.

- Je … balbutia-t-elle. Écoute Drago...

Le blond arrêta de caresser les cheveux auburns de la jeune sorcière et s'immobilisa. Ce qu'elle s'apprêtait à dire n'allait pas lui plaire, il le sentait.

- Il nous reste deux jours à passer à Poudlard, commença Hermione.

- Oui, et ? S'impatienta Malefoy.

- Je... Je pense qu'il vaudrait mieux éviter de nous embrasser en public d'ici là.

- Pourquoi ? Demanda sèchement le blond.

Hermione ne répondit pas et se contenta de regarder ses pieds.

- C'est Weasley, n'est ce pas ? S'énerva Drago

- Oui. Je voudrais pas lui faire trop de mal, il a déjà assez vécu de choses difficiles ces derniers temps.

Drago se détourna.

- Moi aussi j'ai vécu des choses difficiles.

- Je sais, mais attendre deux jours ne te fera pas plus de mal, dit Hermione en se replaçant en face de lui.

- Tu as honte de moi ? Demanda-t-il en toisant la jeune sorcière.

- Quoi ? … Non... Je... Pourquoi tu penses ça ? Bafouilla-t-elle.

- La jolie petite Gryffondor innocente qui sort avec le sale Mangemort de Serpentard, cracha-t-il. Tout le monde me regarde de travers depuis que je suis revenu dans cette école.

- Pas moi, coupa Hermione

- Je sais. Et la petite sorcière parfaite amie de Potter n'a peut être pas envie que ça lui arrive, vociféra le jeune homme.

- Ça n'a rien à voir, Drago ! Dit Hermione, dont la voix se brisa. Si j'en avais quelque chose à faire de ma réputation, je n'aurais pas pris la peine ne serrait-ce que de trainer avec toi !

C'est ça que Drago aimait chez Hermione. L'émotion qu'on pouvait percevoir dans sa voix lorsqu'elle avait l'impression qu'elle était à deux doigts de perdre quelqu'un. L'humanité dont faisait preuve la jeune femme. Et l'amour qu'elle lui vouait. La Gryffondor était quelqu'un de solaire, comme les couleurs rouges et or de sa maison, alors que les Serpentard qu'il avait fréquentés jusque là étaient tous aussi froids que le vert et l'argent. Au fond, ces serpents lui ressemblaient trop pour lui convenir, et étaient incapables de faire ressortir le meilleur qui existait en lui. Il ferma les yeux un instant et expira longuement l'air chargé de rage qui était présent dans ses poumons avant de prendre Hermione -qui ne résista pas à son étreinte- dans ses bras.

- Je suis désolé. Je t'attendrai aussi longtemps que nécessaire. Susurra-t-il.

- Ça ne sera pas long, promit-elle en inspirant autant qu'elle le pouvait son odeur, tant que Ron n'était pas dans les parages.

...

A quatorze heures précise, Hermione et Drago, qui avaient passé leur midi à se chamailler comme un vieux couple, se dirigèrent vers la salle du professeur Flitwick pour leurs heures de colle. Flitwick leur ordonna de mettre en ordre tout un rayon d'instruments et de livres de sortilèges et de cirer toutes les tables en bois de sa salle de classe. Le tout, sans recours à la magie, et en silence bien évidemment. Pendant leurs heures de labeur, le professeur les observait tout en corrigeant les ASPIC et BUSE de Sortilèges. Hermione lançait des regards discrets pour observer comment l'héritier Malefoy s'y prenait pour poncer et cirer une table et dissimula un éclat de rire lorsqu'il se planta une écharde dans le doigt. Drago dramatisait chaque blessure qui lui était infligée, si bien qu'on aurait pu croire qu'il allait perdre son doigt. A la fin de l'après midi, alors que Drago et Hermione avaient eu tout le temps de méditer sur leur affreuse conduite et qu'ils étaient arrivés à leur dernière table à cirer, le professeur leur demanda s'ils souhaitaient connaitre leur note à l'écrit de Sortilèges des ASPIC, ce qu'ils acceptèrent tous les deux. Flitwick sortit un long parchemin ou étaient étalées les différentes notes.

- Miss Granger, Optimal. Vous avez 98% de bonnes réponses. Et vous Monsieur Malefoy, vous avez Effort exceptionnel, avec 74% de bonnes réponses.

Les deux jeunes sorciers remercièrent Flitwick et se dirigèrent vers la sortie de la salle quand Hermione se rappela qu'elle avait quelque chose à lui demander. Quelque chose qui concernait ses parents.

- Professeur ! S'exclama-t-elle en retournant vers le bureau de Flitwick.

- Oui, Miss Granger.

- Je me demandais... Comment brise-t-on un sortilège d'amnésie ?

- C'est un acte de magie très avancé qui n'est dispensé qu'à niveau ASPIC +3, miss. Vous voulez continuer dans les Sortilèges ? Demanda le professeur de sa voix fluette, déjà ravi qu'une élève aussi douée projette de continuer dans son domaine.

- Non, pas du tout. Mais j'aurais besoin d'apprendre ce sortilège, professeur.

- Pourquoi ?

C'est ainsi qu'Hermione expliqua comment elle avait fait oublier à ses parents sa propre existence un an auparavant, afin de les protéger de Voldemort, et combien ils lui manquaient aujourd'hui. Flitwick l'écouta attentivement et descendit de son petit tabouret pour se diriger dans la réserve de livres, qu'ils venaient de ranger Drago et elle l'après midi même, afin de trouver le livre Oubliette : Comment supprimer la majeure partie des effets de ce sortilège qu'il tendit à Hermione.

- Lisez ça ce soir, et rendez vous demain matin 8h00 dans mon bureau, pour que je vous enseigne les rudiments de ce sortilège. Soyons clairs Miss Granger, je ne vous garantie rien, c'est très complexe et les résultats sont parfois médiocres.

La jeune sorcière hocha la tête en repensant à l'état du professeur Lockhart et sortit de la salle de classe où Drago l'attendait à l'extérieur. Quand elle lui annonça qu'ils ne pourraient pas se voir le lendemain, il s'indigna, mais Hermione lui expliqua pour ses parents, et il comprit. Le père de Drago venait d'être envoyé à Azkaban pour une longue durée, il savait donc mieux que personne le manque qu'occasionnait l'impossibilité de voir ou de communiquer avec ses parents. Car Hermione ne pouvait même pas écrire à ses parents, puisqu'ils ne connaissaient plus son existence, tout comme Drago ne pourrait pas écrire à son père pendant les années à venir, Azkaban étant très stricte dans le contact des prisonniers avec l'extérieur.

Hermione passa le reste de sa soirée –même en mangeant- à étudier le livre que Flitwick lui avait prêté. Drago s'était déniché les derniers exemplaires de la gazette du sorcier pour pouvoir rester avec Hermione sans la déconcentrer. Alors que la jeune femme était entièrement adsorbée par sa lecture, lui la regardait de temps à autre par dessus son épais journal, un sourire tendre sur les lèvres, tout en ce demandant où tout ceci allait les mener.

...

Le lendemain matin, à 8h00 précise, Hermione toqua à la porte du professeur Flitwick, sa baguette dans la poche et le livre dans la main. Elle avait appris la formule magique permettant de rendre leurs souvenirs aux victimes du sortilège d'Amnésie. La formule magique était longue et complexe, si bien qu'Hermione ne savait pas la prononcer. Elle était composée de trois mots qui ressemblaient à des langues latines anciennes : Invenias praeteritum memorias. Le professeur passa la matinée à lui enseigner la bonne prononciation ainsi que la succession de six mouvements de poignet qu'il fallait réaliser pour jeter le sort. Hermione s'aperçut bien vite que la tâche allait s'avérer très complexe, mais elle ne renoncerait pas.

A midi elle rejoint Drago, Hannah et Neville pour manger dans la grande salle. Drago avait passé sa matinée à dormir et lire à la bibliothèque, et quand Hermione le questionna sur ses lectures, il resta vague en disant qu'il s'agissait de géographie moldue –car la bibliothèque de Poudlard comptait tout de même quelques livres de culture générale moldue qui parlaient de l'histoire du monde, de sciences, et de littérature. Hannah et Neville, quant à eux, avaient passé leur début de journée au bord du lac, en observant les plantes aquatiques qui y vivaient, mais quand Neville regarda sous la table, l'air gêné, Hermione se demanda s'il avait vraiment prêté attention à la botanique en se promenant avec Hannah.

Juste après avoir fini de manger, Hermione se dirigea vers la salle de classe de Flitwick et attendit qu'il arrive. Le minuscule professeur fit son apparition dix minutes plus tard avec, logé sur son bras gauche, un petit hibou beige qui ne devait pas avoir plus de quatre mois. Tout en ouvrant la porte de la salle, Flitwick s'adressa à Hermione :

- Miss Granger, je vous présente Rainbow, un hibou de trois mois issu de mon propre élevage. Il est très intelligent, et c'est pourquoi il va nous être utile cet après midi.

Hermione acquiesça bien qu'elle ne vit pas en quoi le petit hibou pouvait lui être utile cet après midi là. Elle ne savait pas que le professeur Flitwick avait un élevage de hibou, mais il fallait bien que les animaux de l'école viennent de quelque part, après tout. Pendant les vingts premières minutes, Flitwick vérifia qu'Hermione n'avait pas oublié le sortilège appris le matin même, et fut plutôt satisfait de voir qu'elle avait retenu la prononciation et les mouvements de baguette.

- Très bien miss Granger !

Flitwick appela Rainbow qui se reposait sur son bureau, et l'animal vint aussitôt se poser sur le bras de son maitre.

- Si j'ai apporté Rainbow, c'est pour que vous vous entrainiez sur lui, déclara solennellement le professeur Flitwick.

Hermione étouffa une exclamation surprise avant de lui répondre :

- Mais comment ?

- Rainbow est parfaitement éduqué, il connait une dizaine d'ordre à la perfection, regardez.

Le professeur Flitwick exhiba les talents de Rainbow pendant de longues minutes, mais Hermione trouva l'animal tellement doué qu'elle ne se lassait pas de ce petit numéro de cirque. Rainbow savait faire des bisous sur demande, donner les pattes, les ailes, faire le mort, et bien sur, porter une lettre à une adresse. Quand Hermione l'appela, l'oiseau vint se poser délicatement sur sa main et la regarda intensément, comme s'il attendait qu'elle lui demande quelque chose. Il finit par poser son bec sur la joue d'Hermione, comme pour lui faire un bisou. Elle n'avait jamais vu un hibou aussi attentif à l'être humain.

- Professeur, il n'y a pas de risque pour Rainbow en utilisant ces sortilèges pour lui ? Je veux dire, si je n'arrive pas à lui rendre la mémoire, vous le ferez ?

- Ne vous inquiétez pas pour lui, vous lui ferez simplement oublier son prénom. La formule est oubliette ras. Mais je suppose que vous la connaissiez déjà.

Hermione hocha la tête, et posa Rainbow sur une table, juste devant elle.

- Fantastique. Allez y, miss Granger.

- Oubliette ras ! Dit Hermione, dont la baguette était tendue vers Rainbow.

Les yeux du hibou se perdirent un instant dans le vague, avant de redevenir normal. Hermione prononça son prénom, et le jeune animal ne tourna même pas la tête vers elle. La jeune sorcière respira longuement et se repassa l'enchainement des mouvements de baguette à effectuer avant de dire :

- Invenias praeteritum memorias !

Une lumière violette et des étincelles bleues sortirent de la baguette de la jeune sorcière pour frapper Rainbow de plein fouet, qui tomba à la renverse avant de se relever vivement.

- Rainbow ? Appela Hermione, mais l'oiseau ne semblait pas avoir compris son prénom. Invenias praeteritum memorias, recommença Hermione.

Cette fois, la lumière fut d'un violet plus prononcé et les étincelles plus turquoises, mais quand Rainbow se releva, il ne connaissait toujours pas son prénom. Hermione alla voir Flitwick, qui s'était isolé dans son bureau pour ranger ses affaires personnelles, pour lui soumettre son problème. Il lui expliqua que sa concentration n'était pas suffisante, et qu'avec un peu de persévérance, la lumière violette deviendrait noire et les étincelles, vertes.

L'après midi passa lentement pour Hermione, qui n'arrivait toujours pas à rendre la mémoire à Rainbow. Son sort était de mieux en mieux exécuté, mais il ne fonctionnait pas. Hermione était tellement énervée qu'elle passait sa main dans ses cheveux, et finit par les décoiffer plus que nécessaire. Vers 18h00, Hermione était tellement fatiguée qu'elle rassembla son courage et toutes les forces qui lui restaient pour essayer le sortilège sur Rainbow -qui commençait à en avoir marre de tomber à la renverse- une dernière fois. Lorsqu'elle dit Invenias praeteritum memorias pour la centième fois depuis le début de l'après midi, un éclair noir jailli, parsemé d'étincelles vertes. Hermione retint son souffle lorsqu'elle appela l'oiseau.

- Rainbow ?

L'oiseau piailla et vint se poser sur sa main.

- Professeur ! Hurla Hermione en courant vers le bureau du professeur, le hibou vacillant dangereusement sur son bras. J'ai réussi ! Rainbow reconnaît son prénom ! Je vais pouvoir rendre la mémoire à mes parents, c'est fantastique !

Des larmes coulèrent le long du visage d'Hermione qui souriait à la joie de revoir ses parents. Flitwick la félicita et lui proposa de boire un thé, ce qu'elle accepta. Lorsqu'ils eurent fini de boire et qu'Hermione eut fini de le remercier et de lui raconter, en pleurant comme une fontaine, le jour où ses parents l'avaient emmenée à Disneyland Paris pour concrétiser son plus grand rêve, Flitwick descendit de sa chaise trop grande et ouvrit une porte pour amener une cage à oiseau -qui faisait presque sa taille- dans la pièce. Il appela Rainbow, qu'il plaça à l'intérieur.

- Tenez Miss Granger, dit-il en tendant la cage à Hermione. Vous n'avez pas de hibou, si je ne me trompe ?

- Non professeur, mais je...

- Et bien je vous en fait cadeau. Pour que vous puissiez envoyer des courriers à vos amis sans avoir à chercher un hibou. Et, évidemment, pour vous entrainer à lui enlever et lui rendre la mémoire. Il faut que vous soyez parfaitement prête le jour ou vous lancerez ce sortilège à vos parents.

- Oh, c'est trop professeur, comment je pourrais vous remercier ? Demanda-t-elle, gênée.

- En retrouvant vos parents et en réussissant à leur rendre la mémoire. Et en m'amenant Rainbow dans un an, pour qu'il se reproduise avec Cachemire, la femelle hibou la plus intelligente qui soit.

Hermione sourit, et prit congé avec la cage de Rainbow qui n'avait plus d'yeux que pour sa nouvelle maitresse.

- C'est Pattenrond qui va être content, dit Hermione en parlant à son hibou.

...

Après être montée dans son dortoir pour y placer la cage de Rainbow -sous le regard boudeur de Pattenrond qui était sur le lit de sa maitresse- Hermione descendit à la grande salle pour le banquet de fin d'année. Le lendemain matin, le Poudlard express reconduirait les élèves à Londres. Hermione pensait avoir réussi ses examens, c'était donc la fin de Poudlard pour elle. Une page se tournait définitivement, et elle emmenait avec elle de nombreux souvenirs dans lesquels Harry et Ron étaient omniprésents.

Lorsqu'elle traversa le hall d'entrée, elle s'arrêta machinalement devant les portraits et les noms des défunts de la bataille de Poudlard. Elle fit apparaître, au bout de sa baguette une gerbe de fleurs qu'elle plaça devant le monument -ou d'autres élèves avaient déjà déposé des fleurs. La jeune sorcière regarda les visages des défunts défiler dans le cadre pendant de longues minutes avant de se sentir observée. Hermione se retourna brusquement pour découvrir Ron, à quelques mètres de là, les mains négligemment placées dans ses poches -trop grandes-, qui la toisait. Hermione se rapprocha du jeune homme avant d'entamer la conversation, sans oser le regarder dans les yeux.

- J'étais en train de me souvenir de la première fois où je les avais vus.

- Qui ? Répondit bêtement Ron.

- Fred, Remus Lupin, Tonks, Colin Crivey, et Dumbledore aussi.

- Je me souviens pas de ma rencontre avec Fred, répondit Ron.

Hermione dévisagea Ron, prête à être sa confidente, mais Ron changea de sujet.

- Alors comme ça, toi et Malefoy...

Hermione eut un frisson imperceptible.

- Je...je ne sais pas quoi te dire, répondit-elle.

Ron souriait, mais ce ne fut pas un sourire heureux qui apparut sur ses lèvres, mais un sourire triste.

- Tu n'as pas perdu ton temps.

Hermione parut blessée et répondit

- Je... Je n'ai pas prémédité ce qui s'est passé hier avec Malefoy.

- Tu vas peut être oser me dire qu'hier était la première fois, dit Ron sur un ton de défis.

- Parfaitement, car c'était le cas, répliqua Hermione dont la voix se brisait en même temps que son front se plissait, émue de se sentir ainsi accusée. Ron, je...tu étais... tu es un de mes meilleurs amis. Je ne voudrais pas te perdre en temps que tel, hoqueta-t-elle

- Moi non plus, mais il va me falloir du temps pour accepter tout ça.

Ron hésita avant de continuer, mais ne s'abstint finalement pas.

- Je sais que j'ai déconné, Hermione. Après la mort de Fred, j'ai été tellement malheureux que j'ai complètement changé pour ne pas craquer. J'ai passé mon temps à me vanter, à ne pas montrer mes sentiments et je ne me suis pas intéressé à toi, je ne pensais qu'à passer du temps avec des gens qui ne me feraient pas penser à Fred. Mais c'était pour ne pas m'effondrer, ce n'est pas ce que je suis. Je n'étais pas prêt pour vivre une relation amoureuse, et je ne le suis toujours pas d'ailleurs. J'ai perdu mon frère... Mais te voir avec Malefoy me répugne, termina Ron avant de la planter, en plein milieu du hall d'entrée, pour ne pas montrer les larmes de rage qui étaient en train d'apparaitre aux coins de ses yeux.

...

Drago fit son apparition quelques minutes plus tard, alors qu'Hermione méditait toujours devant les portraits des victimes. Elle dut lui repousser le menton du bout de son index pour qu'il ne l'embrasse pas.

- Il y a personne, dit-il en regardant dans toutes les directions, pourquoi tu me repousses ?

- Tu es sur de ce que tu veux, je veux dire, pour nous deux ? Demanda-t-elle, songeuse.

- J'ai l'air de pas savoir ce que je veux ? Dit Drago, énervé.

Hermione se mis à rire, et, comme le hall était désert, l'embrassa furtivement, ce qui le détendit. Elle qui était gênée de ne pas pouvoir qualifier sa relation avec Drago se trouva quelque peu rassurée.

- Tu es trop facilement irritable, dit-elle en passant affectueusement sa main dans ses cheveux mi longs.

- Retourne avec Weasley si tu n'es pas contente de ce que je suis, répondit-il, sarcastique, tout en la tenant fermement par le bras, comme pour contredire ce qu'il venait de lui conseiller. Je suppose que tu as remarqué, continua-t-il, qu'on ne parle encore que de notre petite escapade nocturne. Ça te dirait de leur clouer le clapet ?

- Comment ? Demanda Hermione.

- Ça ne fera pas de mal à Wealsey de te voir à mon bras après ce qu'il a vu l'autre nuit ?

Sans attendre la réponse d'Hermione, Drago l'attira vers l'entrée de la grande salle, et ils entrèrent tous deux en se tenant par la main, comme un véritable couple, ce qu'Hermione commençait à croire qu'ils étaient. Pour fonctionner, le plan de Drago fonctionnait : lors de leur entrée, l'ensemble des convives trônant autour de la grande table de bois s'arrêtèrent de parler. Hermione se redressa lorsque tous les regards convergèrent vers elle. Petit à petit, les chuchotements reprirent de plus belles.

- Il faut que tu commences à assumer de sortir avec un Mangemort lui chuchota Drago.

Hermione le regarda, ses lèvres s'entre ouvrant sous l'effet de la surprise.

- J'assume parfaitement. Alors, comme ça, on sort ensemble ?

- Pourquoi ça a l'air de t'étonner Granger ? Dit-il en levant les yeux au ciel alors que le sourire d'Hermione s'étirait.

Ils allèrent s'asseoir à côté de Neville, et d'Hannah. Une fois que tous les élèves furent installés, la directrice, Madame McGonagall, se leva pour conclure l'année par le traditionnel discours qui avait été autrefois celui de Dumbledore. Elle leur parla d'abord de ce qu'avait été Poudlard du décès de Dumbledore jusqu'à la Bataille de Poudlard, en leur décrivant l'école comme un endroit « froid », « peu convivial », « injuste » et « indigne de ce qu'était pour elle le monde des sorciers ». Puis elle évoqua la Bataille de Poudlard, toutes ces vies sacrifiées dans l'ultime but de détruire le corps dépourvu d'âme qu'était Voldemort. Et enfin, pour finir elle parla de ces dernières semaines, de la reconstruction du monde des sorciers et de Poudlard.

Jamais je n'avais vu Poudlard aussi convivial que ces deux dernières semaines. Des rapprochements ont eut lieu entre les personnes issues des deux camps -elle jeta un regard à Drago et à Hermione, qui rougissait. La guerre a détruit des familles, mais grâce à elle vous évoluerez dans un monde libre où vous pourrez tous choisir votre destin. Je souhaite une bonne entrée dans la vie active à tous les étudiants de septième année qui ne seront plus là en septembre, un bon repas et de bonnes vacances à vous tous. Profitez de vos proches, et comprenez combien ils vous sont précieux, en pensant aux nombreuses familles détruites.

McGonagall s'assit à la table des professeurs, où Hagrid pleurait dans un gros mouchoir à carreaux, pendant que le reste des professeurs et les élèves applaudissaient la directrice. Un repas de fête apparut soudain sur les tables allant de l'assiette de ragoût d'agneau aux pruneaux à la tarte à la mélasse la plus succulente qui existe, le tout accompagné de bière au beurre. Les elfes de maison de Poudlard faisaient partis des meilleurs cuisiniers du monde sorcier. Pendant le repas, Hermione remarqua une drôle d'attitude entre Neville et Hannah, ils se dévoraient du regard comme s'ils ne pouvaient pas imaginer qu'une seconde puisse passer sans qu'ils ne puissent se regarder.

- Tu penses toujours partir en Australie pour retrouver tes parents ?

Hermione sortit de sa contemplation pour répondre à Drago qui venait de l'apostropher.

- Je... Oui, évidemment. Mais pourquoi tu me demandes ça ?

- J'ai une proposition à te faire.

La jeune femme le regarda, suspicieuse. Drago Malefoy était quelqu'un de très surprenant, elle ne savait pas à quoi s'attendre de sa part. C'est avec un mélange de peur et de curiosité qu'elle lui demanda :

- Laquelle ?

- J'aimerais venir avec toi. Pour te soutenir. Ça risque de ne pas être simple pour toi de voir tes parents alors qu'ils ne se souviennent plus de toi. Tu auras besoin de quelqu'un.

Hermione resta sans voix.

- Tu voudrais faire ça avec moi ?

Drago hocha la tête de haut en bas, en signe d'affirmation.

- Je... Je ne te suis pas, dit Hermione alors qu'elle terminait son dessert.

- On en reparlera plus tard, tu veux bien ?

...

Après le repas, Hermione et Drago se promenèrent dans les couloirs de Poudlard. Hermione foulait les murs du bout des doigts, comme si elle cherchait à s'en imprégner pour toujours. La température dans le château était douce, aucun courant d'air ne se faisait sentir.

- Une belle parenthèse de notre vie se referme ce soir si nous avons nos ASPIC, dit-elle à Drago. Les années à Poudlard resteront pour toujours gravées dans ma mémoire. J'ai appris tellement de choses ici. Je me suis fait de vrais amis, je me suis construite, et puis il y a eu la guerre qui a balayé une partie de mes certitudes, dont celles qui te concernaient.

Hermione s'était arrêtée en haut des escaliers du deuxième étage, et regardait au dessus de la balustre les derniers élèves qui sortaient de la grande salle.

- La guerre a également changée beaucoup de choses en moi, répondit Drago.

- Je sais.

Hermione bailla longuement.

- Je vais aller me coucher, je suis épuisée.

- Je peux te raccompagner ?

Avant de la quitter ce soir là, Drago déposa sur les lèvres d'Hermione un petit baiser, qui les envoya tous deux au sixième ciel. Hermione, qui était fatiguée mit finalement plus d'une heure à s'endormir tellement elle pensait à Drago.

Le lendemain matin, Hermione se leva tôt afin de rendre une dernière visite à Hagrid. Elle l'avait croisé après l'épreuve de soin aux créatures magiques, et il avait insisté pour qu'elle ne quitte pas Poudlard sans lui dire au revoir. Au lieu d'aller prendre le petit déjeuner dans la grande salle avant de partir, elle alla donc frapper à l'immense porte de sa cabane pour partager un thé avec lui. Hagrid lui raconta qu'il allait suivre une formation pour compléter ses connaissances du programme de soin aux créatures magiques, à la demande du professeur McGonagall, et qu'il allait profiter de ses vacances pour rendre une visite à Mme Maxime en France, ensuite il entreprit une conversation délicate avec Hermione.

- Ton nom a été cité de nombreuses fois à la table des professeurs ces derniers jours, Hermione.

La jeune femme se crispa, ne sachant que répondre.

- Le professeur Flitwick a été impressionné par tes capacités en sortilèges, mais aussi par ton soudain mépris pour le règlement.

Hagrid avala une longue gorgée de thé dans sa tasse de la taille d'une casserole tout en scrutant Hermione, avant de continuer :

- C'est étrange cette soudaine relation entre toi et Malefoy après toutes ces années où il t'a haï.

- Je sais, soupira la jeune femme. Mais je crois en lui.

- Je te connais depuis sept ans, Hermione. Et Malefoy aussi. Je ne peux pas me permettre de te laisser partir sans te mettre en garde.

- Me mettre en garde contre quoi ? S'offusqua Hermione, qui comprenait où Hagrid voulait en venir et qui comprenait que ce qu'il allait lui dire n'allait pas lui plaire.

- Contre Malefoy, évidemment. Je sais très bien que ça ne va pas te plaire ce que j'ai à te dire, mais je me souviens que trop bien du jour où il t'a insulté de... de... ce nom immonde qu'on donne aux enfants de moldus. Et je me souviens de l'état dans lequel tu as été quand tu as appris ce que ça voulait dire. Je ne voudrais pas qu'il te fasse de mal, Hermione.

- Merci de vous inquiéter Hagrid, mais je ne pense pas que ce soit nécessaire. Drago est en train de changer, je peux vous l'assurer.

- J'espère que tu ne te trompes pas sur lui, termina Hagrid avant de lui parler d'une nouvelle créature inoffensive qu'il venait d'acquérir, des Ferlamas piqueurs suceurs de Mongolie.

Avant qu'Hermione ne s'en aille, Hagrid lui demanda de passer le bonjour à Harry lorsqu'elle le verrait. La jeune sorcière acquiesça, avant de prendre Hagrid dans ses bras pour lui dire au revoir.

- Je reviendrai vous voir, dit Hermione.

- Oh, ils disent tous ça...

- … mais moi je le ferai. Au revoir Hagrid, et à bientôt.

- Au revoir Hermione, prends bien soin de toi.

...

Avant de monter dans la diligence qui les remmènerait à Pré au Lard pour prendre le train, Hermione ne tourna une dernière fois vers le château où elle avait vécu pendant six ans. Elle était heureuse de se tourner vers l'avenir et sa vie d'adulte, mais nostalgique à l'idée de laisser une partie de son enfance derrière elle. Ses yeux étaient humides lorsqu'elle monta, pour la dernière fois, dans la diligence.

...

Fini pour ce dixième chapitre !

Vous pensez quoi du petit Rainbow ? N'est-il pas charmant ? Et ce chapitre, vous en pensez quoi ? Assez/pas assez de moments Drago/Hermione ? Qu'est ce que vous espérerez pour la suite ?

La semaine prochaine dans La métamorphose de ton cœur : Harry & Ginny : le retour, Drago au manoir, de la poésie, et beaucoup d'autres choses ! J'adore le chapitre de la semaine prochaine, j'ai hâte de vous le montrer !

Bisous à vous tous mes chers lecteurs ! Et n'oubliez pas de me donner votre avis ! :)

Fafa.