***RAR :

Sylberia : Oui quel BIP BIP cet Adam alors :p Beaucoup de romance vi, et encore plus à venir ^^ On n'est pas au bout de nos surprises cependant avec ces deux zigottos là mouarf.

Superlunard : Et vi Bran est gentil… mais il a ses limites ^^ Et encore, c'était pas le pire passage là XD. Adam en enfoiré je sais, j'aime le faire en sadique mdrrr.

Vi Ben est protecteur pour Lisa, il a un côté macho mais calin à la fois ^^

Bon ton retourneur de temps je le veux bien aussi, les journées passent trop viiite mdr.

Nao04 : Oui Adam nous le fait à l'armée… et c'est pas le pire ici (eheh). J'aime bien aussi le couple Warren/Kyle, ils me font délirer quand ils ont ensemble eux ^^

Ce chapitre m'a plu –surtout le début- me suis tapée un délire toute seule :p (j'explique pas plus, vous verrez… -si vous avez vu Mord-moi sans hésitation, la parodie de Twilight, vous saurez où est mon délire ^^).

On a aussi droit à un petit rebondissement pour Lisa, quelque chose qui va beaucoup servir pour la suite…

Enjoy :p***

-11-

Ben me regarda sortir, l'air essoufflé et j'avançai sous le porche de l'immeuble, passant mes mains sur mes bras pour me réchauffer.

- C'était ça ta ballade en solitaire ? Aller chez Warren… commença-t-il.

- Je suis tombée dessus par hasard, y'a pas de mal à aller manger chez lui…

- Tu pouvais me prévenir.

- Je n'ai pas de compte rendu sur ma vie à te donner.

Je m'assis sur les marches et regardai devant moi, une voiture passa et je notai qu'il lui faudrait un peu de nettoyage vu l'état peu reluisant de sa carrosserie.

- Je peux savoir ce qui se passe ?

Je sentais la colère dans sa voix. Ce qui se passait… si je le savais. Il descendit les deux marches et se posta devant moi alors que je regardai le sol à présent. Il se mit à ma hauteur et me força à lever la tête pour que j'affronte son regard. Il était doré mais avait diminué d'intensité dans sa coloration. Sa colère s'apaisait doucement.

- Lisa, dis-moi ce qu'il y a, je peux pas deviner si tu ne me dis pas…

Je crois que je pouvais répondre à la question de Warren : oui je l'aimais. Même s'il y a peu il me sortait par les yeux rien qu'en le voyant, à présent, je sentais mon cœur battre nettement plus vite quand je le voyais. Comme ce soir, alors qu'il avait l'air perdu et qu'il attendait des réponses.

- Pourquoi as-tu sauté dans l'eau cet après-midi ?

Ben sembla décontenancé par ma question. Il ne s'y attendait pas, moi non plus en fait, elle m'était passée par la tête comme ça.

- Parce qu'Adam me l'a demandé…

- Tu fais tout ce que ton Alpha te demande ?

Il chercha une réponse à ma question.

- Pas tout mais une grande partie, et t'aider en fait partie.

- M'aider ? Aller te noyer va m'aider ?

Je le regardai, incrédule. Il haussa un sourcil et se mit à rire.

- Tu pensais réellement qu'il allait me laisser me noyer ?

J'étais encore plus déboussolée. Il trouvait ça drôle ? Moi non.

- Pitié Lisa… c'est d'Adam que tu parles là. Il va pas sacrifier un de ses loups pour en former un autre… A quoi servaient Sam et Darryl d'après toi ?

- A me ligoter, j'ai remarqué…

Il secoua la tête en souriant.

- J'admets que c'était pas agréable pour toi –ni pour moi d'ailleurs-, mais il fallait que tu n'aies plus aucun repère. Mais Samuel et Darryl étaient là surtout pour me remonter au cas où tu n'arrivais pas à sauter en tant qu'humaine… bien que je doutais de ta capacité à me remonter sous ma forme de loup, encore heureux que tu n'étais pas complètement humaine… mais Darryl serait venu m'aider.

- Il avait vraiment besoin de te mettre à l'eau ?

Il me sourit, amusé.

- T'étais inquiète pour moi ?

- Ca t'arrive souvent qu'on te demande de sauver quelqu'un sans avoir trop le choix ?

- On a tous eu notre petit… bizutage au sein de la meute.

- Bizutage ? C'était quoi le tiens ?

Les loups-garous étaient adeptes de bizutage maintenant… on en apprenait tous les jours décidément. Il sourit et me dit d'un air gêné :

- J'ai du courir plus vite que Darryl après avoir dégrafé le… soutien-gorge d'Aurielle…

Je le regardai, médusée, et éclatai de rire.

- Tu te fous de moi là ?

Il rit à son tour.

- Non. Les joies de la meute… Aurielle était furieuse, Darryl aussi d'ailleurs. On dira que c'était ton bizutage aujourd'hui.

- J'aurai préféré aller retirer le caleçon d'un des mâles de la meute que devoir sauter à l'eau et voir si tu allais te noyer…

Il était parfaitement calmé et détendu à présent et me sourit en m'enlaçant.

- Tu viens avec moi maintenant ? J'aime bien Warren mais… j'aimerai passer la soirée avec toi.

Il me demandait ça en hésitant, peut-être n'était-il pas habitué à inviter une femme à sortir habituellement.

- En pleine semaine ?

- Tu as l'habitude de te coucher tôt la semaine, comme une fille sage ?

Il me sourit un peu plus, et à dire vrai, il avait un très beau sourire. Un sourire classe. Anglais quoi… Je rentrai prévenir Warren que je partais Kyle et lui me souhaitèrent une bonne soirée avec un sourire qui en disait long.

Je suivis donc Ben en voiture afin de déposer la mienne devant mon immeuble et montai dans sa camionnette.

- Alors, on va où ?

Je me souvins de ce que m'avait dit Warren un peu avant.

- Cinéma ?

- Bon choix. Y'a un film d'horreur en ce moment que je voulais aller voir avec ton frère, ça tombe bien…

Je grimaçai.

- Avec des morts vivants qui se baladent pour aller déchiqueter des bonnes femmes en train de perdre leurs dents et y'a aussi…

- Non mais ça ira… y'a quoi d'autre ?

Il sourit, fier de lui. Il m'avait fait marcher.

- Y'a le nouveau Twilight au pire pour la jeune pubère en chaleur…

- Quoi… il est pas mal Jacob.

Il me regarda avant d'éclater de rire.

- Remarque, j'aimerai bien me transformer aussi vite et retrouver mes affaires intactes après chaque changement…

Nous arrivâmes juste pour nous glisser dans la file d'attente pour la dernière séance de Twilight. En fait je n'étais pas fan, mais avec les loups-garous dans mon entourage, on avait de quoi rire pour la soirée. Alors qu'on attendait, Ben fumant sa cigarette, les remarques des jeunes filles nous firent sourire.

- Nan mais tu rêves, je te dis que les vrais loups-garous se transforment aussi vite, t'imagines si ils mettaient cinq ans !

- Ah ouai et leurs vêtements ils se régénèrent aussi vite ?

Ben se pencha en avant entre les deux midinettes.

- Moi j'suis sûr qu'ils font une danse avant de se transformer et qu'ils se changent en chiwawa en fait…

Il laissa la fumée sortir de sa bouche en souriant et se recula. Les filles le regardèrent et se mirent à glousser.

- Nan, pas un chiwawa pffff !

Je souris et glissai ma main dans celle qu'il me tendait pour entrer dans le cinéma.

- Tu serais mignon en chiwawa, mais certainement moins monumental… lui soufflais-je alors qu'on arrivait à la caisse.

Il sourit et paya deux places nous entrâmes à la suite des deux gamines qui s'installèrent devant nous –avec un loup-garou comme accompagnateur, il ne fallait pas espérer être au premier rang, il ne lui fallait personne dans son dos- et nous passâmes le reste de la soirée à nous moquer des soi-disant loups-garous. Par contre, je lui glissai à l'oreille mon étonnement quant aux vampires. Si les loups et les faes existaient… pourquoi pas les vampires ?

- T'as un penchant pour Edward le beau vampire ?

Je pouvais voir son sourire amusé dans le noir, puis son visage se rapprocha du mien et je sentis ses lèvres se poser sur les miennes et ses mains emprisonner mon visage pour le rapprocher du sien. Nous échangeâmes un long baiser, nous arrêtant en entendant glousser à nouveau les deux adolescentes devant nous. Ben ne se démonta pas, au contraire, en leur lançant :

- Jalouses… continuez de fantasmer sur Jacob et Ed' !

Elles rirent sous cape en reportant leur attention sur le film. Il fallait le dire, Ben avait le don pour être à l'aise et se moquer des autres ouvertement… qui aurait cru que je me laisserai séduire par quelqu'un dans son genre ? Une fois sortis du cinéma, nous avions la même impression concernant le film : il faudrait revoir le côté lycanthrope de la chose. Puis nous allâmes dans sa camionnette. Il faisait encore plus froid que tôt dans la soirée et Ben alluma le moteur pour que l'intérieur chauffe. Il passa la marche avant et me raccompagna chez moi. S'arrêtant devant l'immeuble, il coupa le contact et se tourna vers moi.

- Alors, la soirée avec le type le plus arrogant que tu aies croisé de ta vie était à ton goût ?

Je lui tendais un regard qui se voulait méprisant mais il préféra me faire un sourire amusé en réponse. J'entrai dans son jeu néanmoins :

- Ca a été… j'attends de voir s'il se transforme en chihuahua assoiffé de sang maintenant…

Il éclata de rire et s'approcha de moi pour me chuchoter à l'oreille en me tenant la joue :

- Assoiffé de sang je sais pas… mais assoiffé de ton odeur, ça oui…

Il me regarda avec une lueur toute autre que celle que je connaissais jusqu'ici. Puis il m'embrassa à nouveau, cherchant mes lèvres en les caressant avec les siennes avant d'approfondir le baiser au fur et à mesure, me tenant la tête alors que je me laissai faire sans me plaindre. Qu'avais-je dit à Warren déjà ? On ne s'était presque pas embrassés depuis la première fois ? Je crois qu'on a rattrapé notre retard en une seule soirée là… Seulement, je sentais ses baisers un peu plus passionnés que les premiers et sa main ne se contenta pas de rester dans mes cheveux. Elle glissa sur ma cuisse pendant que ses lèvres venaient tracer un sillon vers la peau de mon cou pour l'embrasser. C'était enivrant et assez difficile d'y résister. Je fermai les yeux, en proie à une violente envie d'en vouloir plus encore je lui caressai les cheveux en soupirant d'aise et sentis sa main commencer à descendre la fermeture éclair de ma veste, pour commencer à se glisser sous mon pull, entrant en contact avec ma peau. Une minute, là ça allait un peu trop vite et trop loin en une seule soirée… Ca non, pas tout de suite…

- Ben…

J'avais beaucoup de mal à prononcer son prénom, un peu comme dans un état second.

- Ben, arrête s'il te plait…

Il continuait à m'embrasser dans le cou, puis au niveau de mon décolleté et je dus me secouer mentalement pour lui résister.

- Arrête !

Il se releva vivement en entendant l'intonation de ma voix et me regarda, les yeux brulants de désir, le souffle court. J'étais dans un état un peu moins violent que le sien, mais il avait réussi à me faire vouloir céder à ses avances. Sauf que je n'appréciais pas d'aller aussi vite, ma dernière expérience n'avait pas été des plus agréables et j'avais besoin d'un peu de temps.

- Pas encore s'il te plaît… tu vas trop vite.

Il me considéra un instant et se recula en passant une main sur son visage. Il se replaça sur son siège en regardant devant lui.

- Je suis désolée.

- Non ça fait rien… Par contre, j'aimerai que tu descendes maintenant. Je te raccompagne pas, ne m'en veut pas.

Je sentais qu'il était tendu : un homme que l'on repousse doucement est frustré, alors doublé d'un loup-garou… ça ne rendait pas les choses aisées. Je récupérai mon sac et ouvrai la porte avant de descendre. Il ne me regarda pas et je refermai derrière moi. Avais-je été trop dure ? J'aurai du le stopper bien avant, là je l'avais laissé ouvrir une brèche et empêché de continuer. Je me sentais mal vis-à-vis de lui à présent. Je me retournai quand j'entendis le moteur tourner et la camionnette qui partait en trombe dans la rue éclairée.

- Tu es vraiment nulle ma pauvre Lis', m'insultai-je.

Quand j'arrivai dans l'appartement, Ethan regardait la télévision, une série idiote qui le faisait rire pourtant.

- Ouhhhh ça sent le chaud là… lança-t-il alors que je m'asseyais dans le sofa.

Je le regardai en fronçant les sourcils et en enlevant mes chaussures.

- Quoi ça sent le chaud ?

- Y'a une petite odeur d'excitation sur toi…

Il se releva, tout sourire.

- Et bé, t'as pas perdu de temps dis-moi…

- Mais on a rien fait ! Tu m'agaces avec ça !

- Vous avez rien fait ?

Il huma l'air et eut une mine étonnée.

- Houla, j'en connais un qui doit être sacrément frustré alors…

Il se mit à rire et retourna à son émission télévisée. Alors que je me levai, excédée, il me lança d'un ton amusé :

- Et mets un foulard demain pour sortir…

Un foulard, pourquoi un foulard ? J'écarquillai les yeux et me précipitai vers la glace dans le couloir.

- Nom de dieu !

J'observai le magnifique suçon rouge flamboyant qui ornait mon cou. Je n'avais même pas senti qu'il s'acharnait dessus avec ses lèvres. Cela me fit frissonner en repensant à la scène dans la voiture. Pauvre Ben, je l'avais vraiment vexé ce soir. Comment allais-je réparer ça ? Coucher était hors de question pour l'instant, je ne me forcerai pas à le faire pour lui faire plaisir…

Je me couchai, en proie à une série de questions sur « comment se faire pardonner auprès de Ben de l'avoir quasiment allumé et l'avoir laissé en plan ». Mon sommeil fut agité et étrange. Je me retrouvai dans une sorte de brouillard, incapable de voir quoi que ce soit autour de moi. J'entendais juste une voix, ou plutôt une chanson. Une femme chantait doucement. Je marchai sans but dans le brouillard, ne sachant où aller mais en suivant la voix. J'arrivai dans une sorte de grande salle blanche, immaculée et vide de tout meuble excepté une chaise sur laquelle était assise une jeune femme à la longue chevelure blonde et qui se balançait doucement dessus, fredonnant son air. Je m'approchai timidement et elle arrêta de se balancer.

Le petit loup va trembler

Car sa maman l'a abandonné

La petite louve va pleurer

Car son frère l'aura laissée

Tremblez tremblez

C'est l'heure

Tremblez tremblez

Leur âme est vouée à l'enfer

Elle arrêta de chanter son air lugubre et leva les yeux vers moi. Un regard qui me fit froid dans le dos, il était vide. Je ne voyais qu'un trou béant, noir. Elle se leva et s'avança vers moi, je reculai, prise de panique.

Sauve toi petite

Avant qu'ils ne t'attrapent

Sauve toi petite

Ton sang leur appartient

Elle avança encore plus rapidement, se mettant à hurler d'un cri strident, je me bouchai les oreilles et fermai les yeux et… me réveillai sur le sol de ma chambre, les mains sur les oreilles et tremblant.

La lumière s'alluma et Ethan accouru à mes côtés, seulement vêtu de son bas de pyjama.

- Lis' ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Je retrouvai mes esprits et regardai autour de moi. Ce n'était qu'un rêve… ou un cauchemar vu la tête de la fille. Je sentais mon cœur battre la chamade et Ethan m'aida à me relever.

- Tu as fait un cauchemar ?

- Ou… oui…

- Tu veux en parler ?

- Non…non ça va aller…

Il m'aida à me recoucher et alla me chercher un verre d'eau. Je regardai mes mains qui tremblaient encore, jamais je n'avais eu un cauchemar pareil… Ethan revint avec son verre qu'il me tendit et je bus le contenu d'une traite.

- Tu es sûre que ça va ?

- Ca va je te dis… juste un mauvais rêve.

Je lui souris et me recouchai.

- Dors bien dans ce cas. Si tu as un souci tu m'appelles hein !

- Pourquoi veux-tu qu'il m'arrive un souci ?

Il haussa les épaules et sortit de la pièce en éteignant la lumière.

Je regardai le plafond, me repassant le rêve dans ma tête. Je ne me souvenais plus exactement des paroles de la chanson mais je me rappelai qu'elle m'avait fait trembler de peur en tout cas. J'eu beaucoup de mal à retrouver le sommeil et regardai plusieurs fois mon téléphone portable sur la table de nuit. Le réveil affichait trois heures et quart. Pas de message… et je n'arrivai pas à en envoyer un non plus. Puis vu l'heure, je ne pense pas que le réveiller à cette heure tardive dans la nuit lui fasse plaisir. C'est grognon un loup qui ne dort pas son quota d'heures de sommeil. Je sursautai en entendant le téléphone sonner pour m'annoncer un texto cependant. Je me précipitai dessus et vit que l'expéditeur était Ben. Mon cœur accéléra et je lu le message hâtivement.

Dsl, je serai pas là cette semaine, Adam a besoin de moi. Sois sage. Bsx.

J'étais déçue de recevoir un message pareil. Ils partaient avec Adam ? A trois heures du matin ? Où allaient-ils ? Pendant une semaine en plus… Une semaine pour apaiser la tension qui s'était installée ce soir. Je relisais le texto plusieurs fois de suite –qu'est-ce qu'on peut être gaga au début d'une relation, que ça soit à 15 ou à 24 ans… - et finit par me rendormir.

La semaine fut très longue, sans aucune nouvelle de la part de Ben. Ethan n'en savait pas plus que moi et nous nous retrouvâmes le dimanche matin chez Adam, même si l'Alpha n'était pas présent. Mercy nous accueilli. Elle saurait peut-être quelque chose…

- Salut Mercy.

- Salut vous deux. J'espère que vous avez faim, j'ai fait des cookies et Jesse des pancakes. Darryl n'est pas là, alors on s'est occupées de nourrir les loups affamés du dimanche matin.

Je m'installai dans la cuisine, saluant au passage quelques-uns des loups que je connaissais le plus. C'était étonnant, il n'y avait pas autant de monde que d'habitude. Jake me salua un peu plus chaleureusement. Je pensais que la raclée infligée par Ben l'aurai ralenti sur ses ardeurs, mais en fait, il profitait du fait que je ne sois pas entièrement la compagne de Ben –comprenez par-là que je n'avais pas encore couché avec Ben- pour toujours essayer d'obtenir mes faveurs. Et avec Ben absent, il en profitait pleinement. Ce qui m'agaçait profondément.

- Tu ne veux pas venir chasser un peu avec moi cette nuit ?

- Non merci Jake. Mais vas-y avec Ethan, il sera content de t'y accompagner…

Je n'avais pas attendu plus longtemps et avais rejoint mon frère et Mercy dans la cuisine. Jesse arriva, les cheveux noirs et une tenue légèrement gothique.

- Ton père doit être content de te voir avec cet accoutrement sur le dos, lui lançai-je, un sourire aux lèvres en imaginant un Adam furieux.

- Il ne m'a pas encore vue, j'attends qu'il soit rentré pour ça.

Elle grimpa sur le plan de travail mais se prit un coup de torchon sur la tête.

- Mademoiselle Hauptmann, descendez de ce comptoir et posez vos fesses royales sur un siège approprié ! Ce n'est pas parce que ton père est absent que je ne vais pas t'enquiquiner…

Mercy lui fit les gros yeux et nous donna une assiette de Pancakes. L'air de rien, je tentai d'en savoir plus.

- Et ils rentrent quand au juste ?

- Oh, on est en manque de son petit Ben ? S'amusa Jesse en prenant un pancake.

- Très amusant… alors ? Des nouvelles ?

- Papa a dit que Bran ne les retiendrai qu'une semaine…

Mercy lui donna un coup de torchon à nouveau mais sur le postérieur. Ainsi ils étaient allés chez Bran…

- Ah elle n'était pas au courant ? Je vois pas pourquoi ils te l'ont caché, c'était pour les histoires de meurtre à Los Angeles de toute façon…

- Jesse !

- Mais quoi ? On en parle dans les journaux, c'est pas un secret !

- Si Adam a préféré ne pas en parler c'est pour une bonne raison.

Mercy en avait trop dit ou pas assez. Je la regardai dans les yeux, cherchant à en savoir davantage. Elle leva les yeux au ciel.

- Merci Jesse… tu iras t'expliquer avec ton père.

- Mais j'ai rien dit ! Ohlala…

L'adolescente pris quelques pancakes et sortit de la cuisine. Mercy se tourna vers nous, Ethan étrangement silencieux.

- Adam a emmené Darryl, Ben, Sam et quelques loups avec lui pour aller voir Bran. Il y a eu des meurtres faits par des loups-garous à Los Angeles dernièrement.

J'avais eu vent de meurtres sur L.A effectivement, mais il n'avait pas été question d'attaques de loup-garou… mais j'avais déjà compris que Sam accompagnait Ben et Adam, ne l'ayant pas vu aux urgences de la semaine.

- Bran a fait en sorte que l'on ne sache pas qu'il s'agissait de loups… Adam est allé avec lui pour rencontrer Conrad et en savoir un peu plus, rajouta Ethan.

- Et ils avaient besoin de partir aussi nombreux ?

Mercy regarda Ethan et je fronçai les sourcils. Je me tournai vers lui.

- Tu peux me dire depuis quand tu sais des choses que j'ignore ?

- Depuis la semaine dernière. Quand les meurtres ont commencé.

- Et tu ne m'as rien dit ? En quoi ça nous concerne ?

Ethan regarda Mercy qui finit par jeter l'éponge.

- Après tout, Adam n'avait qu'à t'informer, c'est normal puisque ça vous concerne.

Les meurtres nous concernaient ? Mercy s'installa en face de moi et prit une gorgée de chocolat chaud avant de commencer.

- Bran a eu vent des meurtres bien avant que les journaux ne mènent leurs enquêtes. Il a la chance d'avoir des loups un peu partout pour le renseigner, dont un journaliste et un agent de police à L.A –des solitaires, qui n'appartiennent pas à la meute de Conrad. Ils lui ont fait part de leurs inquiétudes concernant ces crimes faits par les loups de Conrad. Oui se sont bien ses loups qui ont attaqué ces personnes.

Elle but à nouveau son chocolat, puis reprit.

- Bran a demandé à Adam de l'accompagner à L.A pour régler cette histoire, mais comme Conrad est butté et qu'il a dit qu'il préférait encore affronter sa meute que de dire quels étaient les responsables de ces attaques…

J'haussai les sourcils, étonnée.

- Il a dit ça ? A Bran ? En gros il préfère les affronter que dire des noms ?

- En gros oui.

- Mais alors… ils sont tous partis se battre ?

- Leur donner une raclée plutôt, Adam et Bran avec leurs meutes respectives, ça ne joue pas en faveur de Conrad et les siens…

- Ils vont l'éliminer ?

- Le raisonner surtout. Ils veulent éviter les affrontements, ce n'est jamais bon et Bran est très doué dans ce rôle de médiateur, il n'aime pas tuer des loups-garous compétents.

Ce que je ne comprenais pas, c'était ce qu'on venait faire dans cette histoire avec Ethan.

- Et Ethan et moi, que vient-on faire là-dedans ?

- Conrad n'a pas digéré que tu partes de L.A. Ben a du lui montrer que tu étais « accompagnée » à présent afin qu'il ne te convoite plus. Si on touche à la compagne d'un membre d'une meute, on peut s'attendre à ce que ça se retourne contre soi quand on est un mâle dominant…

Ben était partit exprès pour ça ? Se déclarer comme compagnon officiel ?

- Comment Conrad peut savoir si c'est vrai ? Je veux dire si on n'a pas officialisé notre relation… je reste en quelque sorte, libre, non ?

Mercy haussa un sourcil.

- Tu parles de mariage ?

Je recrachai mon bout de pancake et m'essuyai la bouche.

- Non…mais aller jusqu'au bout des choses…

- En gros, ils ont pas couché ensemble, ça change quelque chose ? Lança Ethan, apparemment agacé.

- Ah, vous ne l'avez pas fait encore ?

Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à vouloir nous le faire faire ? C'est pénible à la fin, laissez-moi prendre mon temps !

- Ah c'est pour ça qu'il était tendu ces derniers temps Ben… lança Mercy plus pour elle-même que pour nous.

Je me levai, énervée.

- Qu'est-ce que ça peut bien faire que je n'ai pas couché avec Ben à la fin, j'ai le droit de prendre mon temps ! Je ne vais pas me forcer pour vous faire plaisir !

- On ne dit pas ça Lis', juste que tant que tu n'auras rien fait avec lui, il n'est pas complètement ton compagnon… Vu que tu ne peux pas être intégrée à la meute comme moi parce que le loup n'est pas en toi, tu n'as aucun statut. Ne te reste plus qu'à t'intégrer en étant la compagne officielle de Ben.

- Mais c'est absurde, on sort ensemble, c'est déjà une preuve que je suis avec lui ça, non ?

- Ca ne donne pas un lien assez fort. Moi je suis liée à la meute car Adam a fait en sorte de m'y intégrer –contre ma volonté au début- et je suis sa compagne officielle, rajouta Mercy.

- Vous êtes mariés… ce n'est pas étonnant.

- Oui mais nous avons officialisé quand j'ai été intégrée à la meute.

- En gros, moi je suis exclue de la meute parce que je n'ai pas de loup en moi et que je n'ai pas couché avec Ben, c'est ça ?

- Tu simplifies un peu, mais en gros oui, lança Ethan.

Ca me donnait la nausée. Depuis quand forçait-on les gens à faire l'amour pour intégrer un clan –ici une meute ?

- Rassure-toi, on ne te force à rien… c'est juste pour te dire ce qu'il se passe avec Conrad, il sait que tu es encore à moitié libre, donc il tentera de te convoiter tant que tu ne seras pas liée définitivement à Ben.

- Mais Bran lui a dit de me laisser tranquille, il n'a qu'à l'éliminer !

- Les lois des loups-garous sont strictes, mais Bran ne peut pas éliminer un simple concurrent pour un autre mâle…

- Et les meurtres alors, c'est une raison ça !

- Conrad s'est déjà chargé des loups qui ont eu un petit coup de folie… à ce que m'a dit Adam aujourd'hui. Ils ne devraient pas tarder à revenir d'ailleurs, sûrement aujourd'hui. En fait Conrad ne s'explique pas la raison qui les a poussés à attaquer ces humains. Mais il est toujours intéressé par votre cas en attendant…

Je soupirai. Quand allait-on enfin nous laisser tranquille ? Ah oui, suis-je bête, il me suffit d'aller dans le même lit que Ben. Tout ça était parfaitement ridicule. J'aurai du aller sur un site de rencontre et me trouver un homme normal, ça aurait été nettement plus simple pour ma petite vie tranquille…

- Je vais courir un peu, quelqu'un pour m'accompagner ?

- Non merci, ça m'aurait tenté mais j'ai des factures en retard à m'occuper, et avec la semaine qui s'annonce riche en réparations, je n'aurai qu'aujourd'hui pour le faire…répondit Mercy. Et pas que ça m'enchante du tonnerre d'ailleurs.

- Ethan ?

- Hum, non merci. Mais ne t'éloignes pas des environs.

- Oui chef…

Il me sourit et alla dans le salon, emportant avec lui sa tasse de café. Pour ma part, je me changeai dans la chambre que j'avais occupée jusqu'ici et passais ma tenue de sport pour aller courir au bord de la rivière. Même si je n'étais pas très sportive, un peu de course à pieds de temps en temps me ravissait. Je m'aérai le corps et l'esprit tout en aidant mes poumons à travailler –bien que les changements avec Ethan m'aidaient beaucoup à aller mieux. Je courais pendant une bonne heure avant de faire une pause sur un énorme rocher. J'en profitai pour me désaltérer avec ma bouteille d'eau et reprendre mon souffle.

- On s'aère ?

Je sursautai, le cœur battant rapidement en ayant entendu une voix derrière le rocher. Jake apparu, un sourire en coin et vint se mettre en face de moi. J'avais beau l'apprécier car il était sympa, je n'aimai pas sa façon de me coller continuellement. Son regard non plus ne me plaisait pas, il était comme différent de d'habitude.

- Pas très sympa à Ben de t'avoir laissée toute une semaine. Il n'est pas quelqu'un de fiable tu sais…

Je fronçai les sourcils.

- Comment ça ?

- Ne me dit pas que tu n'es pas au courant…

Il m'intriguait, de quoi voulait-il parler ?

- en même temps, quand on est en mission pour l'Alpha, on évite de trop en dire sur son passé.

- En mission ? De quoi tu parles ?

Il grimpa sur le rocher et commença à balancer ses jambes dans le vide en regardant au loin.

- Sais-tu pourquoi Ben est arrivé ici ? Il est d'origine anglaise je te rappelle…

- Je n'en sais rien, envie de changement surement…

Il eut un petit rire amusé.

- Tu parles de changement… Non ma grande, il a juste fui.

- Fui ? Fui quoi ?

- La police. Savais-tu que ton cher Ben était soupçonné de viols sur des femmes à Londres ? Et que oh miracle, les viols avaient cessé juste après son départ pour les Etats-Unis ? Adam l'a pris sous sa protection, surtout pour le surveiller et faire en sorte qu'il ne recommence pas ici. Mais bon, s'il retourne en Angleterre, il risque d'avoir quelques soucis avec Scotland Yard…

Je l'écoutai, en proie à de terribles doutes. Mentait-il ou disait-il la vérité ? En y repensant, Ben s'était montré assez entreprenant ce soir-là dans la voiture et m'avait quelque peu effrayée. Même si j'avais ensuite eu de la peine pour l'avoir repoussé. Ben un violeur ? Non… pas lui…

- Je ne te veux pas de mal, juste te mettre au courant. Ben est dangereux. Qui plus est, il n'est pas sincère avec toi. Il n'aime pas les femmes et ne pense qu'à ses intérêts. Il se sert juste de toi sur ordre d'Adam pour éviter que Conrad ne mette la main sur toi.

J'étais prise de sueurs froides. Et j'avais mal. Mon cœur me faisait souffrir. Je ne pouvais ni ne voulais le croire.

- Tu dis ça parce que tu es jaloux Jake. Tu me voulais et c'est Ben qui t'as vaincu.

- Je l'ai laissé me battre, après tout, je suis arrivé avant lui dans la meute, il ne me fait pas peur… Je voulais juste voir jusqu'où il serait capable d'aller pour mettre à bien le plan de notre chef. Tu es quelqu'un d'exceptionnel et Adam le sait. Il ne veut pas que Conrad te mettes la main dessus. Donc Ben étant assez proche de lui maintenant, il a réussi à le rendre assez proche de toi… c'est dommage, moi je t'aurai rendu nettement plus heureuse et je suis plus patient que Ben.

Revoilà la tentative de conquête en piste. J'en apprenais trop aujourd'hui encore. J'avais besoin d'un break, de me changer les idées.

- Ecoute Jake, je ne peux pas te croire complètement, ça semble trop farfelu. Adam faire en sorte que Ben me drague pour rester à leurs côtés ? C'est… grotesque !

- Crois-moi ou non…mais ce que je t'ai dit sur Ben est réel, tu n'as qu'à chercher sur Google, tu verras ce que je te dis sur ces histoires de viol… fais juste attention à toi.

Il me sourit faiblement et s'éloigna pour regagner sa voiture qui était garée un peu plus loin. J'étais très troublée. Ben, un violeur ? Je ne pouvais y croire…bien sûr il avait été entreprenant mais pas au point de perdre le contrôle et vouloir abuser de moi ! Je faisais demi-tour et regagnai la maison d'Adam, voyant que peu de voitures étaient encore présentes. Il devait être près de midi et la plupart des loups présents était repartit. La moto d'Ethan n'était plus ici non plus et je me doutais qu'il devait être partit faire un tour, le dimanche pour lui était synonyme de trainer à droite et à gauche. Je remontai donc pour prendre une rapide douche, voyant au loin Mercy plongée dans sa paperasse sur la table de la salle à manger en soufflant d'agacement, et je croisai Jesse dans le couloir qui redescendait en pleine conversation téléphonique avec son petit ami.

L'après-midi passa lentement, me perdant dans mes pensées et complètement paumée, me goinfrant de chocolat ou autres gâteaux devant ma télé à m'abrutir de films à l'eau de rose –qui n'étaient vraiment pas mes favoris. Le soir venu, je pris la décision de me bouger et de sortir en solo dans un bar, en évitant de me faire draguer, quoique finalement, un mec normal, ça serait pas mal, ça m'éviterai une horde de mâles dominants ou un prétendu violeur. J'étais mal et je le sentais en moi, mon cœur était secoué et je ne savais plus quoi penser. Je me surpris même à pleurer en allant dans le centre-ville. Je trouvai un bar éclairé et pas mal animé pour un dimanche soir. Tant mieux, plus il y avait de monde, plus on éviterait de me voir.

Je m'installai donc au comptoir et commandai une bière au barman qui me sourit. Allez va donc voir ailleurs avec ton sourire de dragueur toi… je veux de la tranquillité !

- On sort en solitaire ce soir ?

Je me tournai à peine pour voir un type s'asseoir à côté de moi. Bon ben c'était raté pour la soirée en solitaire pour noyer ma peine. Il m'offrit une autre bière. Je n'étais pas habituée à boire beaucoup par contre…

- Oui et j'aime être en solo si ça vous gêne pas.

- Oh hargneuse… j'aime ça.

Le type est plutôt grand, une moustache légère sur le haut de sa lèvre et les yeux d'un vert profond. Je vidai ma seconde bière. Houlà, je sens que ça va me retomber dessus ça…

- Et si on faisait un petit concours ? Celui qui vide ses verres de vodka en premier a gagné !

- Gagné quoi ?

- J'sais pas, on pourra toujours trouver après !

Il commanda au barman et celui-ci ramena des petits verres qu'il remplit d'alcool transparent. Je regardai le contenu en haussant un sourcil.

- Allez cul sec ma jolie et que le meilleur gagne !

Après tout, j'étais là pour me changer les idées, et au pire j'irai vomir un bon coup pour aller mieux. Je vidai le premier verre en toussant juste après. C'était plus fort que la bière et je n'en buvais que très rarement. Un petit verre de temps en temps ça fait pas de mal…

Donc résultat, après avoir vidé tous mes verres, je me retrouvai debout sur le comptoir en train de danser gaiement et en lançant mon haut un peu plus loin en hurlant de joie. Je me retrouvai donc en jean et en soutien-gorge au milieu de parfaits inconnus qui m'encourageaient à aller plus loin. Ensuite, je ne saurai dire ce qu'il s'est passé, je me souvins juste de tabourets qui passent à droite ou à gauche dans le bar –c'est très drôle de voir des tabourets voler, enfin moi ça me fit rire- d'hommes volants –ce qui me fit beaucoup rire aussi, allez comprendre- de coups donnés et de quelques grognements. Puis je me sentis soulevée du bar, toujours hilare et après, ce fut le trou noir.

Le lendemain matin, j'avais la tête serrée entre deux étaux et une envie de vomir. Je me tournai dans le lit et ouvrai les yeux lentement. Ma vision était douloureuse à cause de mon mal de tête et j'eu du mal à reconnaître qui se trouvait à mes côtés dans le lit. Je refermai les yeux et les rouvris d'un coup en voyant Ben à mes côtés. La peur me saisit et je regardai sous les draps. J'étais nue. J'hurlai un grand coup, ce qui eut pour mérite de faire sursauter Ben et de le faire tomber sur le sol, surpris. Il se releva rapidement, complètement déboussolé et me regarda, l'air ahuri.

- Ca te prends souvent d'hurler comme ça ?

Je me rassis dans le lit en me tenant la tête. Pourquoi il criait comme ça ?

- Crie pas…

- T'as la gueule de bois ? Bien fait !

Il se leva et passa un jean. Je me recouchai sur le côté en me tenant les tempes et je l'entendis sortir de la chambre et faire un remue-ménage dans la cuisine. Ca me semblait raisonner et c'était désagréable. Il revint quelques secondes après avec un verre d'eau et une aspirine en train de se dissoudre dedans. Il m'aida à me relever pour m'asseoir et me força à prendre le cachet. Ca avait un goût immonde.

- T'as de la chance que j'en ai encore quelques-uns qui trainent dans mon placard, je m'en sers pas d'habitude.

Une minute, son placard ? Je regardai autour de moi et remarquai que je ne connaissais pas cet endroit.

- J'te jure, tu veux vraiment que je pète un câble… te trimballer à moitié à poil sur un comptoir de bar au milieu de gros obsédés… je peux savoir ce que tu foutais là ?

De quoi parlait-il ? Ah oui la soirée d'hier… quelques bribes de souvenirs me revinrent et je ne savais s'il s'était agi de moi ou d'une autre… mais une minute, là je suis dans son lit ? Nue ? Je le regardai, effarée en voyant qu'il ne portait qu'un jean.

- On… on a fait quoi ?

Il haussa un sourcil et me répondit, les yeux cernés de doré :

- Nan on n'a pas couché ensemble madame la sainte nitouche qui n'hésite pas à se trimballer en soutif au milieu d'autres mecs !

Je soufflai de soulagement et cela sembla l'agacer.

- Tu pourras reprendre tes affaires et claque pas la porte, ça coince la serrure après.

Il sortit de la chambre et je me retrouvai seule. Je ne comprenais rien à rien. Et comment étais-je arrivée là moi ? Je me levai du lit, mon mal de tête toujours présent, et m'habillai difficilement avant de sortir de la chambre. Je voyais son appartement pour la première fois –et certainement la dernière- et remarquai qu'il n'y avait pas de décoration particulière et que c'était assez petit. Un appartement de mec célibataire en gros…

Je le vis assis sur la rambarde de la fenêtre du salon, en train de fumer une cigarette, perdu dans ses pensées et je préférai m'abstenir d'ouvrir ma bouche. Je ne savais même pas quoi lui dire… Je sortis donc de chez Ben sans claquer la porte comme il me l'avait dit et gagnai l'arrêt de bus le plus proche pour rentrer chez moi, le cœur lourd et un mal-être profond.