11 L'énigme de l'horloge.

Un oh ! Surpris de la part de Sirius résonne dans la pièce en même temps que le jeune Griffondor ouvre les yeux tout en se calant contre son compagnon, emplissant ses bras du corps de Severus, passant sa jambe entre ses cuisses chaudes et posant sa tête dans le creux de son épaule.

Hum, là il est bien, pense harry, contre ce corps envoûtant et viril à souhait qu'il étreint agréablement et qui réveille immanquablement une partie de son corps qui se tend sous le désir naissant contre l'homme encore endormi.

Lucius part dans un rire tonitruant en voyant où se trouve son ami. Rire qui réveille immanquablement le ténébreux professeur, lui qui se trouve si bien contre son amant qui se frotte comme un fait express sur sa virilité qui s'épanouie vivement et qui se demande d'où viennent ces gloussements ridicules.

Quand il aperçoit les têtes de Sirius et de Lucius, l'un qui a envie de lui tordre le cou en le regardant l'œil mauvais, l'autre hilare qui se fout de lui, l'homme se renfrogne. Tout ça pendant que Harry essaye de tirer au mieux les draps froissés sur leurs corps dénudés en remuant de plus en plus contre son corps excité.

-Sortez d'ici ! grogne Snape en colère, ses yeux lançant des éclairs vers les deux abrutis debout près de la porte de la salle de bain.

-Hé bien ! Monsieur Potter, je vois que vous êtes au mieux, ironise le blond qui reçoit un coup de coude de Sirius dans les côtes. Severus à des pouvoirs de guérison insoupçonnés quand il s'agit de vous soigner.

Le jeune homme qui ne goûte guère la présence des deux hommes dans sa chambre lance un sort à peine murmuré qui les envoie dans la salle de bain et les fait se retrouver devant une porte qui restera résolument fermée tant que lui ne se décidera pas à l'ouvrir.

Severus soupire et referme les yeux.

-Je suis désolé, Harry, tu voulais peut-être garder ça secret….. le fait d'avoir passé la nuit avec moi je veux dire, suppose Snape un peu mal à l'aise.

-Qu'est-ce qui te fait croire ça ? Interroge Harry étonné en le regardant de ses grands yeux verts. Est-ce que je t'ai donné une raison de croire que je voulais que cela reste entre nous et que je ne désirais pas que ça s'ébruite ? Est-ce que tu me crois capable d'une telle bêtise ! Après tout ce que je t'ai dit tu penses encore que tu ne me mérites pas ?

L'homme hésite, il est coupable de tellement de choses, il a fait tellement d'erreurs dans sa vie et notamment avec Harry.

-Severus ! Regardes-moi !

Le maître des potions anxieux ancre ses yeux noirs dans ceux brillants et magnifiquement verts de son jeune amant qui le supplie.

-Je t'aime ! Tu comprends Severus ? Peu importe ce que les autres pensent. Je t'aime amour, c'est avec toi que je veux rester et passer ma vie entière, pas avec un autre, avec toi !

-Le survivant avec un ancien mangemort ! Les sorciers vont me lyncher, assure en ricanant Severus Snape.

-J'aimerais bien voir ça ! Qu'ils te touchent, qu'ils essaient seulement.

-Les journalistes vont s'en donner à cœur joie, tu t'en doutes, insiste Snape.

-Laisses-les faire, on s'en fout après tout !

-Et que va dire le cabot ? Hein ! À part hurler et aboyer bien sûr.

-On le laissera hurler et aboyer et quand il aura fini il me serrera dans ses bras en disant qu'il est heureux pour moi.

-Tu veux rire là ! Black accepter notre relation !

-Ben oui, pourquoi tu en doutes ?

-Pas que j'en doute, mon amour. Je pense tout simplement que c'est du domaine de l'impossible.

Le jeune sorcier sûr de son fait, s'allonge sur son amant et respire son odeur masculine qui lui tourne la tête.

-Si je gagne tu me donnes quoi ? Propose le Griffondor en susurrant contre le torse qu'il embrasse et qui frémit sous lui, tandis que ses mains caressent ses flancs et que son corps ondule langoureusement sur celui du professeur qui ferme les yeux de désir sous la caresse excitante qui rend son sexe encore plus dur.

-Tu ne devrais pas jouer à ça, gamin. Tu risques de perdre à ce jeu-là.

-Tut ! Tut ! Ne sois pas mauvais joueur Severus, si tu perds tu me devras une nuit complète, entièrement à mon service, et crois-moi tu ne perdras rien au change.

-Une nuit entière, tu dis !

-Oui, et moi je ne te ferais pas récurer des chaudrons, tu peux me croire !

-En parlant de chaudrons, j'ai faim et toi aussi je pense, hier soir tu n'as pas dîné.

-Maintenant que tu le dis, t'as raison. Je me lève et je prends une douche, ajoute Harry qui joint le geste à la parole.

-Harry doucement ! Le retient le Serpentard qui n'a pas le temps de le rattraper avant de le voir s'affaisser par terre sur le sol de la chambre.

L'homme inquiet se lève subitement et ramasse son jeune amant qui revient à lui en clignant des yeux.

-Qu'est-ce qui c'est passé là ? Demande l'étourdit.

- Tu as présumé de tes forces, comme d'habitude Harry. Laisses-moi t'aider à prendre ta douche et nous descendrons à deux dans la cuisine. Tu es d'accord ?

-Oui, ça me va, répond le Griffondor en s'agrippant à Severus pour se rendre dans la salle de bain.

Après un passage sous l'eau bienfaisante et ce sans polissonneries dû à l'état de faiblesse du survivant et non à leurs hormones en folies, et après une petite douche froide pour Snape, les deux hommes descendent le grand escalier pour se rendre dans la cuisine chaude et accueillante de Pipistouille.

Le nain les salue chaleureusement et s'active autour de son fourneau en les invitant à prendre place aux côtés de Lucius et de Sirius déjà attablés. Harry s'assied en soufflant, un terrible mal de tête pointe le bout de son nez de nouveau.

-Encore ? Demande Severus en lui tendant une fiole de potion antidouleur.

-C'est toujours comme ça quand je me réveille, demain ça ira mieux, lui répond le jeune enquêteur en posant sa tête entre ses mains.

-Tu dois manger Harry, et toi Lucius, s'agace le maître des potions. Arrête de ricaner sinon je te fais avaler ta canne et je peux t'assurer que tu auras du mal à digérer.

-On est de mauvais poil, Snape ? Marmonne le cabot. Le fait de te vider les c………

-Sirius ! Pas de ça, s'il te plait, ce n'est vraiment pas le moment je t'assure, supplie le brun aux yeux verts.

-Je dois attendre que tu ailles mieux pour dire ce que je pense ? S'indigne malheureux l'animagus qui se faisait une joie de descendre son ennemi de toujours.

-Siri, si on passait pour une fois la phase un et qu'on passait tout de suite à la deux !

-Hein ! Mais tu me gâches tout mon plaisir là ! J'avais déjà imaginé plein de réparties pour mettre ton amant à mal, boude Sirius Black. Je veux prendre ma revanche et toi tu me demandes de refouler un petit plaisir personnel, une joie perverse et délicieuse de rabaisser ton Serpentard ! Mais tu peux pas me faire ça, Harry, c'est inhumain, que va dire Remus ? Pense-y ?

-Dis, Sirius, tu n'en fais pas un peu trop là !

Les deux serpentards qui écoutent les deux Griffondors se demandent si leurs deux compagnons ne sont pas un peu dérangés. Les deux hommes se lancent des regards incrédules.

-D'accord, sourit Harry envers son parrain. Tu pourras l'embêter plus tard et puis de toute façon tu auras pleins d'occasions de le railler avec Remus, alors arrête de bouder.

-Ca vous gêne pas de savoir que je suis là, les admoneste Snape. Non mais, tu les entends Lucius ! Et tu ne dis rien ?

-Mon ami, répond Lucius Malfoy en levant un sourcil. Ce n'est pas moi qui suis visé, assume donc tes bêtises.

-Lucius ? Demande Harry en relevant la tête lentement pour éviter à la douleur de se faire plus forte. Etes-vous déjà allé dans les combles ? Réfléchissez bien, c'est très important.

-Oui, j'y suis déjà allé, pourquoi cette question ?

-Avez-vous entendu une horloge fonctionner là-haut ?

-Oui, effectivement je l'ai entendu, celle du fond de la pièce, les nains l'ont découverte là-haut, j'avoue que je n'y ai jeté qu'un rapide coup d'œil. Mais je ne vois pas en quoi c'est important.

-Si je vous dis que cette horloge n'a pas de mécanismes alors vous allez penser que je suis fou ! Pourtant vous l'avez bien entendu, n'est-ce pas ?

-Vous voulez dire quelle fonctionne toute seule, sans aucun rouage ?

-Oui, pas d'aguilles ni de balancier, ni de poids, rien quoi ! L'intérieur est vide, enfin presque !

-Moi j'y suis allé dans cette pièce et je n'ai rien entendu de particulier, pourtant Harry l'entendait lui, explique Sirius un peu perdu.

-Je pense que seuls les sorciers qui pratiquent ou on pratiquait la magie noire peuvent l'entendre, révèle le plus jeune des Griffondors.

-Donc je suis capable de l'entendre aussi, déclare le professeur Snape.

-Toi aussi, opine Harry en posant ses prunelles émeraude sur le visage qui le regarde intensément.

-Et qu'en concluez-vous, monsieur Potter ? Car je suppose que vous avez une théorie ?

-Il se trouve qu'en faisant le tour des pièces avec Sirius nous avons trouvés une cheminée dans une des salles à manger qui arbore un blason étrange. Le blason de vos ancêtres ou du moins des nobles dont vous avez hérité ce manoir, je pense.

-S'il s'agit de deux serpents enroulés autour de deux poignards croisés à longues lames, alors oui, c'est bien le blason des Vladdisky. Et qu'a-t-il de particulier ?

-On ne le retrouve dans la demeure que deux fois, monsieur Malfoy. L'un est sur cette horloge dans les combles et l'autre est sur la cheminée. La particularité des blasons est que, quand je pose ma main dessus les serpents qui s'y trouvent s'animent d'une vie propre et s'enroulent autour de mon poignet sans me mordre ou m'agresser.

-Cela ne m'étonne pas, il y a eu dans cette demeure des adeptes de magie noire. Mon oncle et ma tante étaient des gens pacifiques, monsieur Potter. Ils n'ont eu de cesse de retirer de ce manoir les objets interdits et toutes pratiques qui se rapportaient de loin ou de près à la magie ténébreuse.

-Harry, veux-tu nous faire croire qu'il y a entre le grenier et la salle à manger un passage, un passage qui ne s'ouvrirait qu'avec le recours de la magie noire ? Tente d'éclaircir Severus en émettant une idée singulière.

-Je n'ai pas tout dit, poursuit Harry. D'après Jack, le fantôme, les mécanismes de l'horloge apparaissent toujours vers les onze heures du soir, il est très précis sur ce sujet puisqu'il a vérifié lui-même ses dires. Ceux-ci disparaissent à deux heures du matin, soit trois heures plus tard. Il m'a aussi dit que c'est à ce moment-là qu'il a entendu du remue-ménage en bas. Ceci dit ils n'apparaissent pas tous les soirs.

-Donc vous pensez qu'il s'agit d'une porte créée par la magie, monsieur Potter. Vous pensez que c'est par un de ces endroits que les gobelins peuvent pénétrer dans le manoir, c'est invraisemblable, avouez-le !

-Non, pas tant que ça, et pour ce qui est du passage je penche plutôt pour la cheminée, je n'ai pas encore trouvé l'endroit, bien qu'il me semble que le fond doit pivoter ou quelque chose comme ça. J'y retournerai tout à l'heure et je verrai bien si je trouve un indice.

-Dans ce cas quelqu'un doit prononcer un sortilège de magie noire pour faire apparaître les mécanismes de l'horloge qui actionne une porte secrète à une heure fixe, développe Severus en caressant d'une main douce la cuisse de son Griffondor qui en sourit de bonheur.

-Maintenant il ne nous reste plus qu'à Sirius et à moi de trouver le nom de ce voleur et deviner quand il retentera le coup pour l'attraper la main dans le sac et le livrer aux aurors de ce pays.

-Pas la peine, monsieur Potter, je connais le nom de cet homme, avoue Lucius dont le regard s'assombrit. Il s'agit de mon cousin, Igor Vladdisky, le fils de mon oncle et de ma tante disparues pour le moins tragiquement et qui ont fait de moi leur héritier.

-Dans ce cas-là tout s'accorde, ben oui, il faut que la personne connaisse bien la maison pour savoir qu'il y avait un passage dans la cheminée et qu'il suffisait de faire fonctionner l'horloge du grenier pour l'ouvrir et ainsi y entrer magiquement.

-Il a dû combiner ce plan quand il est revenu de France. Quand il a vu que j'avais fermé toutes les cheminées et renforcé les sortilèges de défenses il a dû se souvenir de ce passage. Faites attention, monsieur Potter et toi aussi Sirius, cet homme est fourbe, je pense même que c'est lui qui a tuer ses propres parents.

-Pour s'approprier l'argent, je me trompe ? Rétorque Harry dégoûté du portrait pas très flatteur d'un voleur somme toute pas ordinaire mais néanmoins dangereux.

-Non, c'est exact, c'est un joueur invétéré, il perd des sommes astronomiques, et s'il a vendu tout ce qu'il a déjà subtilisé alors on peut dire qu'il a déjà tout perdu au jeu, bientôt il aura encore besoin de galions et là il reviendra se servir.

-C'est à ce moment-là que nous devons arrêter les gobelins, au moins maintenant nous savons où ils vont apparaître, reste plus qu'à leurs tendre un piège. Ensuite nous nous occuperons de votre cousin, monsieur Malfoy.

-Qu'a-t-il pu promettre aux gobelins pour que ceux-ci le suivent si aisément ? Interroge Severus Snape en finissant sa tasse de thé que Pipistouille lui a servi pour la troisième fois.

-Harry, tu n'as rien mangé, essaye de boire un thé au moins !

-Pas faim, Siri, s'excuse le jeune homme qui retient une nausée dû aux potions qu'il a avalé hier.

-Je regrette de te le dire mais le chien à raison, Harry, approuve Snape.

-Le chien a un nom, Severus, râle Lucius. Alors sert-en !

-Je retourne m'allonger un peu, soupire le jeune enquêteur en sentant venir les ennuis. Je regarderai cette cheminée ce soir quand les lutins diaboliques quitteront ma tête.

-Je t'accompagne, je ne tiens pas à te ramasser au bas des escaliers, dit le professeur de potions en repoussant sa chaise en arrière. Et quitte cet air idiot Black ! Quoique tu auras du mal puisque c'est ton air habituel, celui qu'on voit tous les jours sur ta face de débile !

-Severus ! Rouspètent Lucius et Harry tournés tous les deux vers le rigide maître des potions de Poudlard qui étale un sourire ravi sur ses lèvres fines de Serpentard.

-Quoi ! J'ai rien fait !

Harry, vaincu par tant de mauvaise foi, attrape la main de l'homme vêtu de noir et le tire derrière lui avant que son parrain ne se jette sur lui. Le jeune sorcier est sûr que si les deux hommes restent dans la même pièce ils se jetteraient quelques sorts de leur cru ce qui amènerait immanquablement la ruine de la cuisine et deux corps qu'il faudrait réanimer à coup d'énervatum.

-Tu as de la chance, la chauve-souris, qu'Harry soit là pour que tu puisses te cacher derrière lui. Mais ce ne sera pas toujours le cas, hurle Sirius qui est maintenu d'une main ferme par Lucius Malfoy.

-Severus, ne répond pas, adjure le survivant. Quand Sirius commence on ne peut plus l'arrêter.

-Ouais ! Je sais, ricane Snape. C'est ça qui est bien avec le cabot. Je lance une insulte et lui perd son calme dans la seconde, déjà à Poudlard c'était comme ça.

-Si tu pouvais faire ça un autre jour ! Je n'ai pas envie d'entendre Siri crier toute la journée dans mes oreilles.

-Tu as encore mal à la tête ? Demande l'homme inquiet.