Titre : The Prey of Shadow

Auteur : Loline

Résumé En 2023 (2ème génération), Melinda est la proie d'une malédiction, effacée, elle vit dans l'ombre. Qui pourra la sauver ?

Disclamair : Copyright © Tous droits réservés à JK. Rowling sauf pour les personnages de Melinda et de ses amis… Et puis l'histoire aussi )

Blabla de l'auteur : Salut tout le monde ! Voici un nouveau chapitre. Ça se passe toujours au manoir, ce sont notamment les relations entre Melinda et sa belle-mère qui sont exploitées, ainsi que l'entrée d'un nouveau personnage dans la vie de Melinda, mais je ne vous en dis pas plus. Bonne lecture !

Réponses aux reviews :

Francinette : Merci pour ta review :) Maintenant j'en ai deux hihi !

C'est vrai que Darlene n'est pas très sympathique et qu'elle manipule un peu le père de Melinda, mais s'il a du mal avec sa fille c'est aussi parce qu'il voit sa première femme en elle et c'est dur.

J'espère que tu vas apprécier ce nouveau chapitre


The Prey of Shadow

Chapitre 10: Dress, Album and Golden Hair Comb

La dernière semaine de décembre passa trop rapidement pour Melinda. Elle la passa presque enfermée dans sa pièce sous les toits à travailler sans que sa belle-mère ou son père ne vienne la déranger. Le vendredi en fin d'après-midi, la jeune femme posa sa plume et relu une dernière fois son parchemin avant de le reposer avec un soupir satisfait. Doucement elle s'étira tel un chat, son dos s'étant ankylosé à force d'être penchée sur ses devoirs depuis une semaine. Elle avait enfin fini tous le travail qu'elle avait pour la rentrée. Jetant un coup d'œil autour d'elle, son sourire se figea, devoirs fini ou non, elle était toujours en Cornouailles, au manoir. Posant son menton dans sa main, elle laissa son esprit vagabonder et se reposer de l'intensive semaine, son regard se posa sur la fenêtre où dehors le soleil se couchait éclairant la campagne enneigée de ses derniers pâles rayons, embrasant ainsi l'horizon.

Au dehors du domaine, plus au sud, près des côtes se trouvait la maison où elle était née. Melinda ferma les yeux et tenta d'imaginer une petite maison dressée sur le bord d'une falaise dans la lumière du couchant mais son fantasme ne devait sûrement pas refléter la réalité.

Un petit claquement la fit sursauter et se retourner, la nuit était tombée, sombre et froide. Minsky qui venait d'apparaître près de la porte s'adressa à la jeune femme :

- Maîtresse Melinda, dame Darlene vous attend au salon, elle voudrait vous voir avant le dîner.

- Bien je descends, merci Minsky, répondit-elle en se levant alors que dans un nouveau claquement l'elfe disparaissait.

Melinda descendit lourdement les deux étages. Que pouvait bien lui vouloir Darlene ? Cette dernière devait être intenable avec la réception qui se tiendrait le dimanche soir et Melinda aurait préféré l'éviter durant les deux prochains jours.

Quand elle arriva au salon, Darlene était debout sur un marchepied dans une splendide robe bustier à la jupe vaporeuse de couleur blanche irisée de bleu brillant de mille feux qui contrastait joliment avec son teint de pêche et ses cheveux blonds, elle ressemblait à une princesse des glaces. Une sorcière tournait autour d'elle tout en lançant de nombreux sort qui resserrait la robe à un endroit, l'élargissait à d'autres, ajustait les ourlets…

- Tu m'as fait appeler ? demanda Melinda en se laissant tomber dans un des nombreux divans du salon déclenchant un froncement de sourcil de la part de sa belle-mère.

- Oui, Mme Popeline, de chez Magique Couture, est arrivée il y a deux heures par cheminée de Paris, c'est elle qui a créé nos robes pour dimanche soir.

- Nos robes ?

- Oui, des robes Melinda, tu ne comptais pas te présenter vêtue d'une de tes robes d'école tout de même ? répondit Darlene déjà excédée.

- J'ai plusieurs robes pour les mondanités, je pensais mettre une de celles-là.

- C'est un bal, pas un stupide repas chez la tante Jeanine !

- Tante Jeanine n'est pas stupide, Darlene, soupira Melinda.

- Elle est vieille c'est du pareil au même !

- Vieillir c'est un peu l'ordre des choses Darlene, commença à s'énerver la jeune femme. Penses à ceux qui n'ont pas eu la chance de voir leurs cent ans, vieillir leurs enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants.

- Vieillir c'est devenir affreux, ridé.

- Les rides racontent l'histoire des personnes qui les portent ! Cria presque Melinda. Quel que soit le sujet qu'elles abordaient, elle et Darlene finissaient immanquablement par se disputer, elles n'étaient tout bonnement d'accord sur rien.

- Soit ! Si tu veux, tu es bien susceptible ce soir, railla sa belle-mère. Madam Popeline, vous montrez le robe à Miss, ajouta-t-elle dans un français approximatif.

La couturière parisienne acquiesça puis rougissante elle fit sortir une robe sortie d'une malle posée un peu plus loin d'un coup de baguette. Lorsque la couturière présenta la robe à Melinda, celle-ci comprit son embarras. La robe était faite des mêmes couleurs que celle de Darlene mais n'en avait pas les attraits. Elle avait un col rond, des manches bouffantes et de nombreux jupons de mousselines.

La couturière s'empourpra un peu plus lorsque le visage de Melinda exprima malgré elle une expression de dégout.

Darlene n'avait rien remarqué et s'admirait dans le miroir en face d'elle.

- Tu veux réellement que je porte… ça ? demanda Melinda.

- J'en étais sûre, tu fais encore des manières, soupira Darlene excédée. Cette robe est très bien, Je t'ai pris la même couleur que la mienne pour que nous soyons en adéquation, comme une famille.

- Cette robe serait parfaite pour une gosse de treize ans ! Cette couleur ne va pas avec mon teint, cela va faire ressortir la pâleur de ma peau ! Tu veux qu'on me croie malade ?

- Mme Popeline a beaucoup travaillé sur cette robe, montre un peu de respect, veux-tu, répondit Darlene glaciale.

- Je suis respectueuse de son travail pas de ton choix. Nous ? Une famille ? Ce n'est pas la couleur d'une robe qui va changer ce que l'on n'est pas, railla Melinda sur le même ton. Madame, je sais que cette robe a dû demander énormément de travail, mais les couleurs, la forme, ne m'iront pas. Je suis navrée de devoir la refuser, si j'avais été au courant je vous aurais expliqué ce que j'aurais aimé, reprit-elle dans un français parfait en s'excusant auprès de la couturière qui sembla reprendre des couleurs.

- Votre mère ne m'avait pas dit que vous n'aviez pas le même teint, ni la même couleur de cheveux ou que vous soyez si âgée, toutes mes excuses, répondit-elle rapidement de peur peut-être que Darlene comprenne ses paroles.

- Ce n'est pas ma mère. Pour ce qui est de la robe, ne vous inquiétez pas je me débrouillerais, sourit Melinda.

- Melinda, nous savons tous que tu parles très bien français, alors cesse de te flatter de la sorte devant nos invités. Quoiqu'il en soit, nous n'avons pas le temps de faire faire une nouvelle robe et celle-ci a coûté une fortune, alors tu me feras le plaisir de la porter, est-ce clair ?

- Non, je ne porterais pas cette robe ! Tu croyais quoi ? Que je la porterais et aurais l'air stupide à côté de toi ? Hors de question ! s'emporta la jeune femme.

- Tu divagues complètement Melinda ! cria à son tour Darlene. Avec Charles, on a voulu te faire plaisir en t'offrant une robe de bal et c'est comme ça que tu nous remercie ? En faisant la fine bouche ?

- Que ce passe-t-il ici ? tonna Charles Le Roy pour couvrir les voix des deux femmes. Il découvrit alors Darlene, toujours sur son marchepied dans sa magnifique robe, Melinda debout face à elle, l'affrontant du regard et la pauvre couturière à quelques pas qui tenait la robe de bal et semblait désemparée face à la situation.

- Charles, enfin tu es là ! Melinda est intenable, elle refuse de porter la robe que l'on a fait faire pour le bal.

- Melinda tu ne vas pas commencer, je t'en prie, dit Charles se tournant vers sa fille.

Attrapant la robe des bras de Mme Popeline, la jeune fille la secoua sous les yeux de son père :

- Darlene veut me faire porter CETTE robe ! Ce n'est pas moi, ça ne m'ira pas, j'aurais l'air stupide !

Soupirant de lassitude son père demanda sévèrement :

- L'as-tu au moins essayée cette robe ?

- Non, mais je sais ce qui…

- Melinda, essayes cette robe ! ordonna-t-il. Derrière elle, Darlene arborait un énorme sourire de plaisir intense.

- Mais, père !

- Melinda, gronda-t-il.

- Et si ça ne me va pas tu me forceras à la porter ? Je ne voudrais pas que la presse sorcière s'en donne à cœur joie sur le mauvais goût en matière de robes de la fille d'un candidat, répondit-elle avec aplomb.

Son père sembla réfléchir un instant tandis que Darlene perdait son sourire.

- Nous verrons, lâcha-t-il finalement. Essayes-là maintenant !

Melinda sorti rapidement avec la robe dans les bras et un sourire aux lèvres, la partie était gagnée, son père tenait trop à cette soirée pour que sa fille y soit ridiculisée par une robe.

La jeune femme revint au salon quelques minutes plus tard – et plusieurs chutes dans l'escalier – portant la robe. Elle se sentait boudinée, les nombreux jupons l'ensevelissaient presque et l'empêchaient de faire le moindre mouvement sans renverser les objets qui avaient le malheur d'être sur son chemin, ses cernes et sa peau pâle la rendait cadavérique. Elle avait juste la sensation d'être une énorme meringue bleue.

Son père lui jeta un coup d'œil et se tourna vers la couturière :

- Auriez-vous d'autres robes de soirée avec vous ?

oOoOo

Le lendemain Melinda se fit monter son petit déjeuner dans sa chambre. Le dîner de la veille avait été particulièrement long et silencieux. Darlene était vexée que son mari est accédé à la requête de sa belle-fille, Melinda lui en voulait d'avoir voulu lui faire porter cette affreuse robe bouffante et Charles Le Roy, qui exténué par sa campagne, ne supportait plus les chamailleries de ses dames.

En ce samedi 30 décembre, le manoir subissait les derniers assauts de la maîtresse de maison afin de le rendre parfait. Melinda se dit qu'il était plus sage d'éviter de croiser sa belle-mère jusqu'au lendemain soir. Elle s'habilla tout en réfléchissant à ce qu'elle allait bien pouvoir faire de ces deux jours, lorsqu'elle eut fini de se préparer, elle ouvrit ses fenêtres pour aérer sa chambre et admira le parc. Les allées avaient été déblayées de la neige qui les recouvraient mais le reste avait été laissé tel quel, recouvert d'un magnifique manteau blanc, des lumières devaient dimanche soir illuminer les jardins et refléter leurs éclats sur la neige. Çà et là, Darlene avait fait installer des statuts de glace et la fontaine principale avait été nettoyée. A voir tout le luxe débordant des jardins et du manoir, Melinda repensa à ce que son père lui avait avoué le soir de son arrivée « Nous avions préféré vivre dans une moindre demeure que nous avions achetée ensemble ». Oui, une moindre demeure plus au sud sur la côte lui avait-il dit. Soudain enfla en la jeune femme le besoin de voir cette maison où elle était née, où cela c'était produit, de faire le deuil de cette découverte, de cette plaie en elle, mais « plus au sud sur la côte » n'était pas vraiment une indication très précise, elle avait besoin de plus d'informations pour localiser cette maison, mais où chercher ? Auprès de sa famille ? Melinda n'avait jamais vu ses grands-parents maternels, son père avait coupé les ponts avec sa belle-famille lorsque sa femme était morte et Melinda doutait qu'ils fussent heureux de voir celle qui leur avait enlevé leur fille. Il y avait bien la tante Jeanine, du côté de son père, qui aurait pu la renseigner mais cette dernière perdait la mémoire depuis quelques années, de plus cela faisait plus d'un an que Melinda ne lui avait pas rendu visite, cela aurait semblé incongru. Melinda soupira, son père savait où se trouvait cette maison, mais elle était sûre qu'il refuserait de lui en parler et qu'elle s'y rende, mais peut-être gardait-il des photos de la maison, des papiers la concernant dans son bureau, si elle pouvait s'y rendre et fouiller un peu, peut-être trouverait-elle quelque chose d'intéressant ? Se détournant de la baie vitrée, elle appela Minsky qui apparut dans un pop discret.

- Maîtresse Melinda, avez-vous besoin de quelque chose ? demanda l'elfe de maison.

- Saurais-tu si mon père est au manoir aujourd'hui ?

- Je l'ai vu partir ce matin pour le ministère, miss, il a dit à Minsky de s'occuper pour lui de Madame Darlene qui était très anxieuse et irritable à cause du bal demain soir.

Bien sûr qu'il est parti, lui aussi n'a pas envie de subir les foudres de Darlene, elle est insupportable, pensa Melinda avec un sourire.

- Merci Minsky, ce sera tout, congédia-t-elle l'elfe qui reparti dans un nouveau claquement.

Melinda entrouvrit sa porte, elle pouvait entendre sa belle-mère donner les dernières instructions aux elfes de maison au rez-de-chaussée, aussi se glissa-t-elle doucement au dehors, se rendit dans l'aile est, longea le couloir qui menait au bureau de son père, entra rapidement et referma la porte avec le plus de douceur possible.

La pièce était immense, les murs était couvert d'étagères remplie de livres, de parchemins, de dossier. Au centre de la pièce se trouvait un magnifique bureau en merisier et le fauteuil de son père. Trouver ce qu'elle cherchait allait être beaucoup plus ardu qu'elle ne l'avait envisagé. Il fallait qu'elle s'y attelle avec méthode pour ne pas perdre de temps inutilement.

Sortant sa baguette magique, elle murmura :

- Accio albums photos.

Une dizaine de classeurs sautèrent du dernier rayonnage de la bibliothèque de droite pour venir à elle. La jeune femme eu tout juste le temps d'ouvrir les bras pour qu'ils s'y posent sans trop de dégâts dans un nuage de poussière. Melinda les posa sur le sol, s'assit en tailleur et attrapa le premier album. Il était de riche manufacture, relié de cuir et sur la tranche elle put lire « Années 2020 à 2023 », les années ne correspondant pas, elle reposa l'album à sa droite puis attrapa le suivant qui indiquait « Années 2017 à 2020 », il rejoignit le précédent ainsi que l'album étiqueté « 2010 à 2017 » et l'album de mariage de Darlene et son père à la décoration plus que mièvre. L'album qu'elle prit était un répertoire des élèves de Poudlard, son père ayant été à Beauxbâtons et elle-même n'ayant pas encore reçu son album de fin d'études, la jeune femme en déduisit que cela devait être celui de sa mère, fébrilement elle tourna les pages jusqu'à retrouver la photo de sa mère. On pouvait lire en dessous « Ethel Thorne – Poufsouffle – Préfète ». La jeune fille qu'était sa mère à l'époque lui sourit et agita la main, elle ressemblait tant à Melinda que la jeune femme eu l'impression de se voir dans un miroir. D'un coup sec elle referma l'album et le plaça sur la pile d'album inutile, elle était venu chercher une information, pour le reste elle reviendrait plus tard, elle serait obligée de revenir.

Elle attrapa l'album suivant, il semblait plus fragile que les autres, avec sa couverture en carton épais, Il était de couleur pastels et Melinda put y lire : « 2006-2008 – Naissance et enfance de Melinda » écrit à la main. Melinda caressa la fine écriture et malgré elle des larmes roulèrent sur ses joues. Sa mère avait écrit ces lignes pour elle, avait rempli ces pages de photos et de souvenirs afin que plus tard elle puisse les montrer à sa fille. Mais elle n'en avait jamais eu l'occasion.

Avec précaution, la jeune femme ouvrit l'album, un fairepart de naissance - celui de sa naissance – était soigneusement rangé entre la couverture et la première page. Melinda tourna les pages, parcourant les photos, elle se vit bébé dans les bras de sa mère, dans ceux de son père, dans ceux de personne aux cheveux argenté qu'elle n'avait jamais vu, sûrement ses grands-parents maternel. Les personnages des photos lui souriaient et lui faisaient des signes de la main, ce qui lui serra le cœur et les quelques larmes qui avaient coulées le long de ses joues furent remplacées par de lourds sanglots, à tel point qu'elle posa l'album photo sur le sol à côté d'elle et qu'elle se recroquevilla sur le sol pour pleurer librement, les sanglots secouaient son corps et elle avait peine à respirer. Pourquoi, elle qui était née dans une famille soudée et aimante avait reçu en héritage cette terrible malédiction, pourquoi avait-elle reçu l'horrible pouvoir de briser cette famille qui l'avait tant aimé. Sans ça, elle aurait été élevé et aimé par son père et sa mère, elle aurait été une fillette ouverte et joyeuse, elle serait allée à Poudlard et aurait fait de ses camarades de chambrée ses amies dès le premier jour, mais non, on lui avait enlevé tout ça. Pourquoi elle ? Pourquoi pas une autre fille ? Qu'avait-elle fait avant même de naître pour venir au monde ainsi ?

Melinda pleura longuement allongée sur le sol en position du fœtus, l'album ouvert à ses côtés. Sur les pages les photos montraient son second anniversaire, quelques semaines avant qu'elle ne libère l'énergie dévastatrice qui tuerait sa mère. Les sanglots se tarirent et la jeune femme resta plus d'une heure sur le sol prostrée ainsi, le regard fixe, seul le mouvement de sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration prouvait qu'elle vivait encore.

Une pendule dans la pièce sonna midi sortant par la même Melinda de sa torpeur. Doucement elle se releva du sol où elle s'était recroquevillée pour se mettre en position assise, le dos contre le luxueux bureau de son père. Les yeux dans le vague, elle balaya la pièce du regard. Les albums étaient encore éparpillés sur le sol. Plus calme à présent que ses larmes avaient coulées emportant avec elles la tristesse qu'elle avait ressenti lorsqu'elle avait parcouru la première fois les photos sans vraiment les voir, elle reprit le vieil album dans ses mains et en tourna les pages appréciant de voir sa mère et son père heureux avec elle, bébé. Elle observa longuement une photo où elle apparaissait dans les bras de sa mère, souriante, datée du cinq mars 2008, soit une dizaine de jours avant que sa mère meurt. Rien. Rien dans le regard de la fillette sur la photo ne laissait présager ce qui allait se passait, d'ailleurs qui aurait pu l'envisager ? C'était cela le plus terrible, il n'y avait eu aucun signes avant-coureur, c'était juste arrivé, comme ça, un jour. Et ça ne s'était, heureusement, jamais reproduit avec une telle puissance car elle avait développé sa conscience du monde, de la vie, cette conscience qui lui permettait de garder le contrôle malgré la colère, mais si un jour sa conscience disparaissait et qu'il ne lui restait plus entre les mains qu'un pouvoir destructeur ? La jeune femme frissonna, comme en écho à ses pensées moroses. Elle tourna la page, mais il n'y avait plus de photos, l'album s'arrêtait brutalement preuve de la mort de sa mère et de l'effet que cela avait eu sur son père. L'album soigneusement entretenu malgré sa pauvre confection et ces pages blanches en disaient plus long sur les sentiments qu'il avait éprouvé que quinze années à le côtoyer. Melinda ferma l'album, il y a avait bien quelque photos prise dans la demeure de ses parents, mais aucune qui pouvaient lui donner un indice sur sa position exacte.

Elle le posa délicatement à côté d'elle et attrapa un nouvel album, de couleur perle, étiqueté « Première année de Mariage – Ethel et Charles – 2004 ». L'album montrait tout d'abord les photos de leur voyage de noce qu'ils avaient fait en Russie, Melinda trouva enfin ce qu'elle cherchait, son père et sa mère posant fièrement devant une maison qui tenait plus de la villa que de la « moindre demeure » comme l'avait qualifié son père une semaine plus tôt. La jeune femme soupira, elle avait vécu deux mois dans un douze mètre carré, c'était ça une moindre demeure, pas une villa qui n'avait que trois chambres au lieu d'une dizaine et une salle à manger alors qu'ici il y en avait deux ainsi qu'une salle de bal. Sous la photo était indiqué de la même écriture soignée que sur la couverture « Charles et Ethel – Installation à la Villa aux Embruns – Juillet 2004 ». La Villa aux embruns, c'était donc là qu'elle avait vu le jour, commencé sa vie. Il avait fallu dix-sept ans, de nombreux silences, des disputes aussi, la découverte de la vérité par un tiers et quelques mots sous la tempête pour qu'elle sache enfin. La jeune femme décrocha précautionneusement la photo de l'album, se leva étirant ses muscles endoloris par la trop longue position assise. Elle chercha sur le bureau un parchemin vierge, après en avoir trouvé un, elle l'approcha de la photo et exécuta un sortilège de transfert. La photo sur le parchemin était de moindre qualité et ses parents souriant ne bougeaient plus, figés sur le papier non traité pour recevoir une photo et ses personnages mobiles. Elle plia le parchemin et le glissa dans la poche de sa robe de sorcière, elle remit la photo à sa place dans l'album et d'un Wingardium Leviosa rangea tous les volumes sur l'étagère d'où ils s'étaient envolés quelques heures plus tôt.

Melinda rejoignit alors sa chambre avec discrétion, s'asseyant sur son lit, elle ressortit le parchemin et le déplia. Elle observa longuement la copie de la photo, pesant le pour et le contre de se rendre sur le champ à la Villa aux Embruns, jusqu'à ce que son estomac lui rappelle qu'elle n'avait rien avalé depuis la veille.

- Minsky, appela-t-elle pour la seconde fois de la journée.

- Oui maîtresse, répondit l'elfe en apparaissant.

- Pourrais-tu m'amener de quoi manger s'il-te-plait, je n'ai pas déjeuné ce matin.

- Bien sûre maîtresse, qu'est-ce qui vous ferez plaisir ? s'enquit l'elfe de sa petite voix fluette.

- Quelque chose simple, ne t'embête pas, je sais que Darlene dois vous faire travailler énormément avec la soirée demain.

- Bien maîtresse. Je dois aussi vous dire que vous avez reçu un colis tout à l'heure par hiboux longues distances, je l'ai confié à madame Darlene avec le reste du courrier, elle actuellement dans son boudoir.

Melinda fronça les sourcils, qui pouvait donc lui écrire en long courrier ? Elle ne connaissait aucun sorcier à l'étranger, mis à part la famille de son père en France, mais l'envoi de lettres entre la France et l'Angleterre étaient d'usage courant et ne nécessitait pas de hiboux longues distances.

- Merci Minsky, répondit Melinda et l'elfe reparti vers les cuisines.

Quelques minutes plus tard un plateau rempli de victuailles apparu sur la table basse de la chambre de la jeune femme. Après s'être sustentée, Melinda décida d'affronter Darlene et d'aller chercher son mystérieux colis. Elle entra dans le salon privée de Darlene où cette dernière prenait le thé, mais elle n'était pas seule, une sorcière d'à peu près son âge était assise en face d'elle. Grande et élancée, elle avait les cheveux châtains et un teint de porcelaine, elle possédait une aura de noblesse que les femmes de la haute société portaient en toutes circonstances. Melinda la salua et Darlene fit les présentations :

- Astoria, voici Melinda ma belle-fille, Melinda voici Astoria Malfoy, une de mes anciennes camarades de promotion.

La jeune femme se figea quelque peu en entendant le nom de famille de l'invitée de sa belle-mère. Malfoy, même en vacances elle entendait ce nom !

- Bonjour Melinda, la salua Astoria avec un sourire, ravie de te connaître.

- Moi de même Madame, répondit la jeune femme par politesse.

- Le fils d'Astoria est aussi en septième année à Poudlard, mais à Serpentard, peut-être le connais-tu ? demanda Darlene. Il s'appelle Scorpius, il est préfet-en-chef, attrapeur et capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard. Comme, tu dois être fière Astoria, ajouta-t-elle mielleuse.

- Non, je ne crois pas me rappeler de lui, je ne suis pas une grande fan de Quidditch, vous savez.

- Ce n'est pas grave, vous le verrez demain soir, à la réception de votre père, nous lui apportons d'ailleurs tout notre soutien dans cette campagne.

- Comme c'est merveilleux, ne put s'empêcher de répondre Melinda quelque peu ironique. Quoiqu'il en soit, reprit-elle, il paraît qu'un colis est arrivé pour moi ?

- Oui, il est sur le guéridon là-bas. Cela arrive d'Australie, qu'est-ce donc ? demanda Darlene, sa curiosité piquée à vif depuis que le colis été arrivé quelques minutes plutôt.

- Euh… Un livre que j'ai commandé pour mes ASPICs d'études des runes anciennes. J'avais besoin de plus d'informations sur les traductions des runes utilisées par les sorciers aborigènes il y a 2500 ans, menti la jeune femme.

- Ah, toi et tes livres, reprit Darlene visiblement déçue.

- Je me souviens d'avoir eu un Optimal en runes anciennes, j'aimais beaucoup cette matière aussi, intervint Astoria. Il parait que tu as de bonnes notes, j'aimerais que ce soit le cas pour Scorpius, ces deux dernières années, il n'a pas eu les notes que j'attendais de lui. Si seulement il pouvait prendre exemple sur une jeune fille comme toi. Peut-être pourriez-vous réviser ensemble ?

Melinda en eu le souffle coupé ! Aider Blanc-bec dans ses révisions, quelle idée absurde. Depuis leur rencontre dans le train, ils passaient leur temps à s'insulter et à se rabaisser jusqu'à ce que l'un ou l'autre plie.

- Hum… Je suis sûre que… votre fils a des amis qui seront prêts à l'aider pour ses révisions… euh… comme la préfète des Serpentard, par exemple, Perkinson je crois.

- Tu veux parler de Charity Parkinson ? se moqua Darlene. Si elle ressemble à sa tante, elle ne sera pas d'un grand secours !

- Ah ne me parle pas de Pansy, qu'elle garce celle-là. Elle n'est pas invitée au moins, demanda Astoria avec une grimace de dégoût.

- Bien sûr que non, tu le sais très bien, voyons ! répondit Darlene.

Voyant que les deux femmes étaient engagées dans une conversation animée, Melinda en profita pour fuir la conversation première, prendre son colis et monter dans sa pièce sous les combles.

oOoOo

Arrivée en haut, elle s'affala dans un des poufs et retourna le paquet entre ses mains. Il était rectangulaire, assez léger, enrobé de papier kraft et d'un ruban qui avait dû servir à l'accrocher à la patte de l'oiseau qui l'avait transporté. Aucune carte n'était visible. Melinda entreprit d'ouvrir le paquet, une fois l'emballage retiré, elle découvrit une boîte recouverte de velours noir. Elle l'ouvrit doucement et découvrit un magnifique peigne à cheveux en or magnifiquement gravé d'ajoncs s'entremêlant et incrusté de quelques diamants. Sous le peigne se trouvait une lettre pliée. Elle attrapa le bout de parchemin et lu ce qu'il y avait d'écrit.

« Chère Melinda,

J'espère que tu recevras ce présent pour Noël, mais les vols longue distance sont peu fiables.

Je tenais à te faire parvenir ton héritage familial que je garde depuis de trop nombreuses années maintenant.

C'est un peigne à cheveux, que j'ai reçu de ma mère pour mes dix-sept et que j'avais légué à ta mère lorsqu'elle avait le même âge. Cela aurait dû être elle qui t'offre aujourd'hui ce bijou, mais le destin en a voulu autrement.

Tu dois sûrement te demander pourquoi je ne t'écris qu'aujourd'hui, ton grand-père et moi-même n'ayant pas donné signe de vie depuis quinze longues années. La réponse est simple, lorsqu'Ethel nous a quittés, nous avons préféré partir, la douleur étant trop intense. Sache que ton grand-père et moi-même ne t'en avons jamais tenu pour responsable, mais te regarder, c'était la voir elle.

Il y a maintenant quelques mois qu'Ewan, ton grand-père, nous a quitté à son tour, il est parti rejoindre sa fille et je sais qu'il est en paix. Je me retrouve aujourd'hui seule et je pense quelques fois à rentrer en Angleterre.

Hier en rangeant quelques affaires, j'ai retrouvé ce peigne qui est dans ma famille depuis des générations, je ne souhaite qu'une chose, qu'il reste dans la famille pour tout autant de temps et plus encore. Je ne sais pas si tu nous pardonneras un jour de t'avoir quitté, ton grand-père et moi, mais j'espère que tu porteras dignement ce peigne, comme ta mère avant toi, et que tu le donneras à ta fille à ton tour.

Ta Grand-Mère,

Eleonora Thorne. »

Quand la jeune femme eu terminé de lire la lettre, elle la fixa de longue minutes, ne sachant que ressentir, de la colère, de la joie, de la tristesse, du soulagement, de l'amertume, elle ne savait pas. La journée avait déjà été riche en émotion et cette lettre était comme un coup de massue sur son esprit fragile comme du cristal, il s'était brisé en millions de petits éclats brillants, s'éparpillant et ne pouvant plus être rassemblés. Melinda laissa tomber la lettre, posa la boîte à côté d'elle et se leva. Elle ne savait pas trop ce qu'elle ressentait vis-à-vis de ce qu'elle venait de lire, mais elle savait qu'elle avait besoin d'une seule chose en cet instant : elle devait voir de ses propres yeux l'endroit où elle avait eu sa première crise d'héritière d'Abigaëlle De Laval.

Elle s'avança vers la cheminée où un feu ronflait, attrapa de la poudre de cheminette présente dans un petit pot sur le manteau de la cheminée et lança la poudre dans le feu qui prit alors une teinte verte. Elle entra dans les flammes qui la chatouillèrent, inspira et expira longuement pour se calmer, son cœur battait à cent à l'heure. Elle ferma fort les yeux jusqu'à en avoir mal à la tête et articula difficilement :

- La Villa aux Embruns.

Elle sentit les flammes grandir jusqu'à ce qu'elles l'enveloppent entièrement, mais la sensation attendue de tourbillon ne vint pas et elle sentit les flammes glisser le long de son corps pour redevenir un petit feu vert à ses pieds. Au bout d'un moment, Melinda ouvrit les yeux. Elle se trouvait toujours au manoir dans sa pièce sous les combles, elle n'avait pas bougé. Refermant les yeux et se concentrant, elle redonna le nom de la maison de ses parents, mais encore une fois les flammes affluèrent et repartirent dans l'autre sens sans qu'elle n'ait bougé du moindre centimètre. Sortant de la cheminée, la jeune femme du se rendre à l'évidence, la cheminée d'arrivée n'était plus accessible ou n'appartenait dorénavant plus au réseau, pour trouver la villa elle devrait avoir recours à des recherches plus longues et difficiles. Elle sortit en trombe du grenier, descendit en courant les escaliers et se retrouva dans sa chambre. Dans un sac elle fourra quelques vêtements moldus qu'elle avait gardé de son escapade estivale et rejoignit le rez-de-chaussée. Elle avait enfilé sa chaude cape d'hier, ses bottes et allait ouvrir la porte quand Darlene déboula sur le palier suivit d'Astoria Malfoy.

- Melinda que fais-tu ? s'écria celle-ci.

- Je pars chercher quelque chose.

- Il n'en est pas question, pas à cette heure de la journée ! Repose cette cape immédiatement !

- Je serais de retour avant la réception de demain Darlene, répondit Melinda, l'urgence se sentant dans sa voix.

- Que… Quoi ? Avant demain ? Mais tu es devenue folle ? hurla sa belle-mère. Si tu passes cette porte je te jure que tu vas le regretter, nous avons un accord ! Pense à ton père !

- J'y pense justement, je serais là demain, je le promets, mais je dois y aller, supplia presque la jeune femme.

Darlene saisi sa baguette magique mais sa belle-fille fut plus rapide et son charme du bouclier la protégea du maléfice du saucisson que sa belle-mère lui lança.

Claquant la porte derrière elle, Melinda quitta une Darlene rouge de rage et une Astoria interdite.

Elle courut jusqu'aux grilles de peur d'être rattrapée et une fois de l'autre côté, elle transplana.


Voilà pour ce chapitre !

J'ai bien aimé écrire les disputes entre Melinda et Darlene et la rencontre d'Astoria. Je pense que Melinda n'imaginait pas la mère de Blanc-bec ainsi :)

Pour ce qui est des noms (parce que je m'amuse en les cherchant pour l'histoire j'ai envie de vous faire partager :)

Madame Popeline : La popeline est un tissage serré et durable faite de soie, de coton, de fibres synthétiques, de laine ou d'autres mélanges.

Eleonora : est un prénom celtique, "El" veut dire richesse et "Enor" honneur (Ewan est aussi un prénom celtique, la famille Thorne étant originaire des Cornouailles, une région de légende)

Thorne : C'est le nom de la famille de la mère de Melinda, étymologiquement ça veut dire « buisson épineux », c'est pour ça aussi que j'ai choisi l'Ajonc comme emblème de cette famille, c'est un buisson épineux au fleur jaune (le jaune rappelant la couleur de Poufsouffle)

Bises,

LoL!ne