Je suis de retour! désolée pour l'attente mais j'ai été assez flemmarde dans ma traduction... d'où le délai.
Merci à ceux qui ont laissé un commentaire. Tout particulièrement Mikipeach: j'ai suivi ton conseil. J'ai espacé!
Une jeune fille anglaise m'a laissé un commentaire qui m'a beaucoup touché: elle m'a dit que je l'aidais dans son apprentissage du français. Moi qui voulais être professeur des écoles, ça me fait chaud au coeur! Dommage, elle n'a pas laissé son nom et comme elle n'a pas de compte fanfiction, je n'ai pas pu lui répondre directement...
Bon, ce chapitre est plus court que les précédents, mais non moins intense... Je vous préviens, âmes sensibles, sortez les mouchoirs. Mes personnages ne sont pas roses bonbons. Ils ont chacun leurs problèmes, leur vie. Et leurs espoirs et futurs!
Bonne lecture.
Reviews SVP; je fais les yeux du Chat Potté. Miaw!
Et n'oubliez pas le sondage: quel OS voulez-vous lire en premier? Il est accessible depuis mon profil (en haut, au-dessus du pays d'origine et de mon ID)
Discours et désarroi
« … à la fois pire journée et plus fantastique aventure que l'on puisse rêver d'avoir. J'ai hâte déjà d'être à ce week-end.
Les parents de Jamie sont géniaux. Je le savais depuis un moment mais là ils m'ont bluffée. Avoir réussi à faire venir Bunny chez eux vendredi pour repeindre leur chambre, trop fort ! J'aurais bien imaginé Rachel réussir ce tour de force, mais Ian a été encore plus adroit sur ce coup-là !
Il faut dire que Bunny lui devait bien ça. Sa table et son service à thé, et à glace, ont été emportés par la rivière… Impossible de les retrouver. Enfin, en un seul morceau. Je ne sais pas comment Bunny va arriver à leur trouver une nouvelle table, mais il va falloir qu'elle soit prête pour Vendredi matin. La tête de Ian quand Bunny lui a annoncé qu'il ne retrouvait pas ses affaires. Dommage que Rachel ait eu sa carte mémoire pleine…
Demain matin je me dépêcherai de partir à l'école pour éviter de croiser maman et papa, et surtout Dylan. Comme ça je pourrai discuter plus longtemps avec Chelsea avant la classe. Elle m'a promis de me retrouver à 8h sous le préau. 30 minutes à papoter avec elle, cela devrait m'aérer la tête. Les garçons viendront surement nous rejoindre… J'espère qu'ils ne remarqueront rien. Ils me connaissent depuis plus longtemps que Chelsea. Surtout Monty et Jamie.
Ah, Jamie ! Bon, OK… je t'en ai déjà parlé cinq fois depuis le début de cet article, mais je ne peux pas m'empêcher… Ah, mon cher journal, il est parfait ! Enfin, à mes yeux, hein. Il a des défauts et doit s'améliorer sur plein de trucs… N'empêche qu'il a le cœur le plus doux et gentil qu'il soit… De plus, il est tellement beau ! Je n'arrive pas à détourner mon regard de son visage, en particulier de ses yeux. Je suis comme hypnotisée.
Et il sait toujours comment me remonter le moral, me faire sourire et rire, et aussi raconter des histoires extraordinaires. Ce qui n'était qu'une simple 'attraction' est en train de me rendre un peu folle... Je ne vais quand même pas être amoureuse à 9 ans ½ ! Enfin… c'est un peu tard pour ce genre de questionnement. J'en ai malheureusement tous les symptômes. J'espère juste que je ne vais pas gaffer et que notre amitié soit gâchée. Je ne le supporterai pas. C'est un ami en or.
C'est quand même grâce à lui que nous avons pu rencontrer les Gardiens ! Et que je peux sortir un peu plus de ma coquille. Parce que tu vois, j'ai un but maintenant dans la vie. Je sais ce que je veux faire plus tard. Pas au niveau professionnel mais plutôt ce que je veux être : une adulte avec une âme d'enfant. Je veux continuer à croire et je veux apporter de la joie aux enfants comme aux adultes.
Chelsea a remarqué que je pouvais avoir la langue bien pendue quand je le voulais… Je pense peut-être me lancer dans une carrière de journaliste. Pourquoi me diras-tu ? Et quel rapport avec ce que je viens de dire ? Et bien pour pouvoir raconter des histoires vraies. Montrer au monde que malgré les tragédies et les catastrophes, il y a toujours des choses belles, généreuses et merveilleuses qui se passent aussi. Que la vie vaut la peine d'être vécue malgré les difficultés. Et j'en sais quelque chose…
Bon, je m'arrête là. Je dois dormir. Je vais être complètement crevée demain matin. Deux nuits avec peu d'heures de sommeil, ce n'est pas ce que je préfère…
A bientôt cher journal.
Pippa (Lundi de Pâques, 9 avril 2012 22h17)
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Le journal refermé, Pippa attrapa sur sa table de nuit le cadenas qui lui permettait de garder ce précieux livre en sécurité, loin des yeux mal intentionnés de son frère, et le rangea dans la boîte du Monopoly (le jeu étant depuis longtemps perdu, mais ça les parents l'ignoraient).
Inutile également que sa mère tombe dessus lorsqu'elle se décidait à venir 'faire le ménage' dans sa chambre. Cela devait arriver environ quatre fois par mois, lorsqu'elle revenait d'une de ses réunions pour les œuvres de charité envers les chats errants. Ils n'avaient pas de chats à la maison : son mari et son fils y étaient allergiques. Mme Carren avait donc décidé peu de temps après son mariage, une vingtaine d'années auparavant, d'aider les chats abandonnés et errants du comté. Elle aidait quatre jours par mois au refuge situé à 35 miles de Burgess. A chacun de ses retours, elle inspectait sa fille et les affaires de celle-ci comme elle l'aurait fait avec un chat nouvellement arrivé au refuge.
Pippa avait l'habitude. Ce qui ne voulait pas dire qu'elle appréciait. Cette absence d'intérêt de la part de ses parents lui était également bénéfique : elle était très autonome pour son âge et avait une maturité qu'elle savait assez bien exploiter. Néanmoins, elle restait une fillette. Recevoir de l'amour et de l'intérêt de ses parents était quelque chose qu'elle désirait secrètement… tout en sachant qu'elle n'aurait jamais ses choses. Elle s'était construit petit à petit une carapace pour la protéger de leur désintérêt.
Si elle était née en premier, cela aurait été probablement différent. Après tout, Georges et Courtney Carren n'avait voulu qu'un enfant. Leur fils était leur fierté et leur unique amour. La deuxième grossesse de Courtney avait été une terrible épreuve… pour le bébé qui grandissait en elle.
Pippa n'avait pas été désirée. On avait même cherché à ce que son existence soit forfaite. Elle avait appris lors de son sixième anniversaire, alors que ses camarades de classe venaient de rentrer chez eux, que cette fête avait été donnée uniquement pour sauver les apparences. Que si elle avait bien voulu lâcher prise au lieu de s'acharner à rester accrochée dans le ventre de sa mère et malgré les nombreuses incitations de celle-ci, elle ne serait même pas de ce monde. Pippa s'était dit ce jour-là, et tous les suivants, qu'elle était une battante et qu'il devait donc y avoir une raison pour qu'elle soit là, vivante.
Jusqu'à hier, elle n'avait pas de réponse. Maintenant, elle voyait plus clair. Elle avait de l'espoir. Et un but. Jamie lui en avait donné un. Oh, bien sûr, il l'ignorait parfaitement. Il était tellement innocent et pur. Et elle, si bonne comédienne et introvertie.
Son idée de créer une « Déclaration solennelle de soutien aux Gardiens » avait remporté un franc succès. Il était si enthousiaste à l'idée de la rédiger. Il s'était donné jusqu'à Dimanche pour qu'elle soit prête. Et après leur après-midi « chiffons, cartons, trions » (expression made in Ian Bennett), chacun d'entre eux feraient le vœu solennel « de toujours croire aux Gardiens et en la magie de ce monde, de les aider si besoin, et d'apporter joie, espoir, rêve, souvenirs et émerveillement à toutes les personnes qu'ils rencontreraient ».
Bunny avait été particulièrement ému de cette proposition. Il leur avait annoncé qu'il irait voir North dès qu'il les aurait laissés à Burgess. Histoire de voir si North n'avait pas des idées de tournures de phrases… et si MIM était d'accord.
Pippa avait adoré le voyage par les tunnels de Bunny. Elle semblait être la seule avec Jamie et Ian, d'ailleurs. Il faut dire que les autres se sont tous retrouvés entassés les uns sur les autres à leur arrivée dans le salon des Bennett. Abby avait manifesté son mécontentement assez bruyamment et Bunny avait filé sans demander son reste. Les humains n'avaient eu le temps que d'entendre un « A Vendredi ! » avant de voir pousser un œillet en plein milieu du tapis, à la place du trou béant qui se trouvait là quelques secondes plus tôt.
Ian avait été de nouveau fâché, pour cinq secondes. C'était un tapis venant de ses ancêtres Assiniboines. Les Bennett n'avaient gardé que peu de traits de leurs ancêtres amérindiens, mais plusieurs subsistaient néanmoins : leur amour de la nature et des animaux, leur curiosité pour le monde qui les entoure, leur attachement à tout ce qui était du domaine du patrimoine familial et, mais ça c'était uniquement Pippa qui le pensait pour l'instant, une connexion avec le monde des esprits, ou dimension magique… peu importe le nom qu'on lui donne.
Le retour chez elle avait été rude. La famille Bennett était TRES différente de la sienne.
Sa mère qui venait de rentrer de son week-end 'en amoureux' était outrée que sa fille se soit imposée chez les Bennett. Bien que Rachel lui ait dit le matin que c'était une 'soirée pyjama' puis un 'repas entre copains', Courtney Carren ne considérait pas cela comme une excuse valable. Le fait que Rachel ait prêté des vêtements à Pippa n'avait pas arrangé les choses. Pippa s'était vu privée de télévision et de dessert pendant une semaine. Et les habits devaient être lavés (par Pippa) et rendus à Mme Bennett avant Vendredi.
Pippa n'avait pas protesté. Cela n'aurait servi à rien. Son père l'avait regardé sombrement pendant toute la discussion qu'elle avait eue avec sa mère. Un mot de travers et elle était sûre que la punition aurait été rallongée. Elle avait hoché la tête et s'était rendue dans la buanderie. Elle avait mis en marche une machine et s'était dirigée, dans son peignoir noir (qui avait appartenu à son frère en son temps), vers la salle de bain. Elle avait encore de l'herbe dans les cheveux, souvenir de sa glissade dans le tunnel.
Enfermée dans sa chambre, elle avait sorti son journal intime et avait commencé à écrire ce qui lui était arrivé. Un moment, son frère avait passé la tête dans l'entrebâillement de la porte et lui avait demandé de ne pas faire de bruit et de ne pas sortir encore une fois en pleine nuit. Il ne voulait plus avoir à gérer les 'problèmes' qu'elle causait. Et il avait besoin de dormir… Pippa lui claqua la porte au nez et lui dit d'aller faire ami-ami avec la Marmotte. Ils devraient bien s'entendre.
Fatiguée, aussi bien physiquement qu'émotionnellement, Pippa s'endormi. Elle ne vit pas les filaments dorés qui entraient par les interstices de sa fenêtre. Elle ne sut qu'une chose : que c'était le plus beau rêve qu'elle ait jamais eu. Sandy, derrière la fenêtre, avait un sourire apaisé. Il connaissait les rêves de chaque enfant, et ceux de Pippa prenaient souvent une tournure triste. Oh, pas forcément des cauchemars, mais juste une sorte de désarroi qui ternissait l'éclat de son sable doré. Ce soir, la fillette rêvait de manière plus libre, plus éclatante. Il avait hâte de voir comment cela évoluerait… principalement la partie où le Jamie du rêve offrait en rougissant une fleur à la Pippa du rêve.
