Chapitre Onzième.
- J'ai merdé, murmura Hermione, j'ai tellement merdé. Il va me tuer n'est-ce pas ?
Quelques heures plutôt. Hermione se leva ce matin-là après une énième nuit sans rêve. Ça valait mieux. Elle s'étira dans son lit. Elle récupérait peu à peu la fatigue qu'elle avait accumulée ces derniers jours. Elle faisait tout pour s'occuper et ne pas penser à toutes ces images fictives. Le soir elle ne se laissait pas la possibilité de dormir sans la potion, elle avait peur de les revoir, de les revivre. Elle se laissait tomber dans le lit et buvait une gorgée de la potion qui était sur sa table de chevet, puis s'endormait. Aucun rêve. Aucun cauchemar. Elle était persuadée que de toute manière elle ne manquait rien, son esprit n'avait plus la force de créer des rêves. Il ne ressassait que les mauvais moments, les pires moments de sa vie. Elle se leva avec presque le sourire aux lèvres. Elle s'habilla rapidement et regarda à travers la fenêtre. La neige fondait. Le temps passait finalement vite dans ce manoir. Peut-être, finalement, qu'elle en sortirait vivante. Peut-être qu'elle reverrait ses amis. Elle descendit dans la cuisine pour prendre à manger et elle espérait que Wooky serait là. Elle aimait lui parler le matin. Il était d'agréable compagnie et il était ce qui se rapprochait le plus d'un ami pour elle.
Elle ouvrit la porte de la cuisine et tomba face à Drago qui apparemment l'attendait. Elle se figea, surprise. Il se leva et se planta devant elle. La surplombant de toute sa hauteur. Elle se colla à la porte qu'elle avait fermée. Pourquoi avait-elle cette réaction ? Ce n'était pas comme si elle avait fait quelque chose de mal.
- Ce soir, tu ne sortiras pas de ta chambre, Granger, déclara-t-il d'une voix totalement neutre.
- Pourquoi ?
- Il y a une réunion, répondit-il simplement.
Elle frissonna. Elle leva ses yeux vers Drago.
- Ilsera là, n'est-ce-pas ? Murmura-t-elle.
- Pas de question, Granger. Contente-toi de ne pas sortir de ta chambre, trancha-t-il avant de partir de la cuisine.
Elle se retrouva alors seule dans la cuisine. Seule avec ses questions. Des questions qui n'en étaient pas car elle savait que Voldemort serait là. C'était sûr. Drago avait l'air tendu, ça ne présageait donc rien de bon, ce qui laissait penser qu'il était là. Elle ne devait pas sortir de sa chambre. Ce n'était pas une chose compliquée à réaliser, se dit Hermione. Sauf si justement on était Hermione Granger. Pourtant elle avait tenu dans le passé à respecter les règlements, mais elle avait changé. Elle passa une journée normale. Scrutant l'activité des elfes. Ils ne préparaient rien, les mangemorts ne venaient donc pas manger. Parfait. Elle pourrait manger dans la cuisine avec Wooky et les autres elfes. Les elfes avaient aussi l'ordre de quitter le rez-de-chaussée pendant la réunion. En mangeant le soir, Hermione se dit qu'il n'y aurait donc personne dans la cuisine. Et si elle y allait ? Elle serait seule. Hermione chassa cette idée de son esprit. Elle ne devait pas y aller. Drago la tuerait si elle y allait.
Alors elle monta dans sa chambre quand elle finit de manger. Les elfes disparurent aussi du rez-de-chaussée. Elle resta enfermée comme Drago lui avait demandé. Elle regarda à travers sa fenêtre et vit les premiers mangemorts arriver. Ils avaient leurs capes, leurs masques. Ils marchaient en file, en silence, comme à chaque fois. Ils entrèrent, elle les entendit. Elle entendit seulement les pas et les bruits de capes. Pas un seul mot n'était échangé. Puis Voldemort arriva en transplanant directement dans l'enceinte du manoir, une fumée noire, épaisse le suivit pendant quelques secondes et l'entoura. Hermione eut un frisson. Elle s'écarta de la fenêtre, il ne pouvait pourtant pas la voir, il n'y avait aucune chance, mais il ne fallait pas prendre de risque. Son cœur battait rapidement, pour pourtant, aucune raison apparente. Elle entendit le raclement des chaises. La réunion commençait.
Elle attendit. Attendit longtemps. Et si elle y allait ? Ils n'allaient pas la voir, elle remonterait dans sa chambre rapidement. Personne ne la verrait. La curiosité la démangeait. Alors elle céda. Elle ouvrit la porte de sa chambre puis descendit les escaliers. Elle arriva dans l'immense entrée du manoir. Il y avait devant elle la double porte qui menait à la salle à manger, là où ils étaient. Elle s'approcha, tentant d'entendre quelque chose, une voix n'importe. Mais rien. Elle fronça les sourcils et décida alors d'aller dans la cuisine. Elle entendrait peut-être mieux. Hermione posa sa main sur la poignée, la baissa et tenta de faire le moins de bruit possible. La porte grinça quelque peu, mais il n'y avait aucune chance pour qu'ils aient entendu. C'était impossible. Elle posa son oreille sur la porte qui menait à la salle à manger. Elle n'entendait rien. Ils avaient dû mettre un sort d'insonorisation. Sûrement Drago. Pour être sûr qu'elle n'allait pas fouiner. Elle leva les yeux au ciel et s'écarta de la porte. Rien d'intéressant. Bien sûr. Elle s'appuya quelques instants contre un des comptoirs de la cuisine et fixa la porte. Elle eut un sourire en coin, Drago était loin d'être stupide, elle devait bien lui accorder ça.
La poignée de la porte qu'elle fixait en ce moment s'abaissa et Hermione retint sa respiration. Elle devait partir, s'enfuir, mais c'était trop tard. Un homme entra. La fixa. Referma la porte et laissa échapper un large sourire. Hermione s'accrocha un peu plus au comptoir, il allait la dénoncer, elle le savait. Il s'avança dans la pièce et se plaça à quelques mètres d'elle sans la quitter du regard.
- Qu'est-ce que tu fiches ici ? Demanda-t-il.
- Je sers ici. Je sers Madame Malefoy, répondit-elle d'une voix qui se voulait assurée.
Il ricana et s'avança un peu plus.
- Tu crois vraiment que je ne sais pas qui tu es, sang-de-bourbe ?
Hermione avala difficilement sa salive. Son cœur allait sortir de son corps elle le sentait. Elle devait dire quelque chose, elle devait faire quelque chose. Mais elle était paralysée. Paralysée par la peur, la peur de mourir, la peur que ce soit la fin.
- Vous ne devriez pas être à la réunion ? Dit-elle d'une voix tremblante.
- J'ai entendu du bruit dans la cuisine. Je l'ai donc signalé et me suis proposé de venir vérifier qu'il n'y avait pas des oreilles baladeuses dans le coin.
- Il y a un sort d'insonorisation, je ne pouvais donc pas entendre, rétorqua Hermione avec aplomb espérant que ça allait la sauver.
- Aucun membre de la famille Malefoy ne nous l'a dit. Par contre, tu peux être sûr que j'en ai mis un en arrivant dans le cas où je ferai une rencontre intéressante, répondit-il avec un sourire en coin.
Hermione déglutit. Il se rapprocha d'elle. Il avait ce regard et cette expression mauvais. Elle savait, elle sentait que ce n'était pas bon. Pas bon du tout. Elle regarda autour d'elle, cherchant une issue, une quelconque échappatoire. Rien. Aucune issue. Il se rapprocha encore plus. La respiration d'Hermione se coinça dans sa gorge, elle était comme pétrifiée.
- Pourquoi n'ont-ils rien dit au Seigneur des Ténèbres ? Murmura-t-il en se collant presque à elle. Pourquoi te gardent-ils ?
Il passa sa main sur la joue d'Hermione qui tenta de reculer son visage autant qu'elle le pouvait. Il fronça ses sourcils puis la détailla entièrement.
- La réponse est simple, souffla-t-il. C'est sûrement grâce à ça qu'ils te gardent si précieusement, ajouta-t-il en désignant son corps.
Il planta ses yeux dans son regard et Hermione sentit la peur, une vraie terreur, monter en elle. Elle décida alors de le pousser pour tenter de s'échapper de cette situation car elle ne savait que trop bien ce qui allait se produire. Il ne recula pas beaucoup et attrapa ses poignets dans ses mains avec force. Hermione gémit et grimaça. Il la plaqua alors contre le comptoir et empoigna ses fesses des deux mains. Hermione voyait rouge. Elle réfléchissait plus vite que jamais pour se sortir de là alors que lui commençait à la toucher. Elle se tortillait dans tous les sens. Son regard tomba alors sur les couteaux qui étaient plantés dans un socle en bois. Hermione jeta un coup d'œil à l'homme qui semblait bien trop occuper à vouloir la maintenir en place. Elle tenta alors de le déstabiliser pour se rapprocher des couteaux en lui assénant un coup de genoux mais tout ce qu'elle récolta fut un coup de poing sur la joue gauche.
Elle cria. Elle tomba à terre. La douleur la lançait mais elle se releva très rapidement, pour qu'il ne puisse pas profiter de sa faiblesse. Il tenta de la bloquer une nouvelle fois, de lui faire mal, mais elle parvint à se rapprocher des couteaux, sans en avoir l'air. Elle évitait de ne pas trop les regarder pour qu'il ne les remarque pas. Sa respiration était rapide et le mangemort développait de plus en plus de force pour la maintenir. Il réussit alors à arracher son haut et alors qu'il ne la tenait plus quand il faisait ça, Hermione en profita pour attraper un couteau de sa main droite. Elle ne réfléchit pas et lui administra plusieurs coups dans l'abdomen. L'homme cria, hurla, tomba à terre mais Hermione ne s'arrêta pas. Elle se mit au-dessus de lui et continua à lui donner des couteaux. Elle ne les comptait plus. Tout ce qu'elle voulait c'est qu'il ne la touche plus, qu'il ne la regarde plus, qu'il meurt.
Elle n'avait jamais autant voulu tuer quelqu'un de sa vie. Et c'était bien la première fois qu'elle tuait réellement quelqu'un. Elle était à bout de souffle et se releva. Le couteau toujours en main. Elle le regarda quelques secondes. Il baignait dans son sang et son visage était déjà plus blême que quelques minutes auparavant. Il gisait devant elle et elle laissa échapper un sourire. Il l'avait mérité. Tout ce qu'elle avait à faire était de laver le couteau et retourner dans sa chambre, espérant que les soupçons des autres mangemorts ne remontent pas jusqu'à elle, car il était certain que les Malefoy sauraient que c'était elle. Mais au lieu de fuir ou de faire quelque chose elle resta parfaitement statique face à ce corps sans vie. Elle avait tué un homme. Certes un mangemort, doublé d'un violeur en puissance, mais elle avait tué un homme et elle ne l'avait jamais fait auparavant. Elle avait retiré la vie à cet homme et cette idée-là la bouleversait. Elle se sentit alors mal. Elle sentait son estomac se tordre et elle se précipita vers l'évier. Elle allait vomir, elle le sentait. Sa tête tournait et sa vision était floue. Elle allait s'évanouir. L'odeur du sang lui monta au nez et elle vomit tout à coup dans l'évier. Son estomac se contractait et les larmes coulaient sur son visage.
La porte de la cuisine s'ouvrit à la volée et Drago fut le premier à entrer. Il se figea alors subitement en voyant le corps en sang du mangemort et Hermione pâle qui s'appuyait contre l'évier, le couteau plein de sang à ses côtés. Voldemort le poussa et entra lui aussi dans la cuisine, piqué par la curiosité. Il découvrit lui aussi le corps et eut l'air quelque peu surpris. Il le fut d'autant plus quand il vit Hermione qui se tournait vers lui. Elle réprima un hoquet de surprise. Elle avait de nouveau envie de vomir rien qu'en le voyant, ou de s'évanouir elle ne savait pas encore. Drago la fixait, alerté. Elle avait du sang sur son visage, elle n'avait plus son haut qui était déchiré au sol et elle avait du sang sur tout son corps. Drago ferma les yeux quelques secondes quand il se rendit compte que c'était probablement le sang du mangemort et qu'il avait probablement essayé de la violer. Narcissa entra avec Lucius et laissa, elle, échapper un hoquet de surprise.
- Partez. Tous, lança Voldemort d'une voix sèche. Sauf cette chère famille Malefoy et la sang-de-bourbe bien évidement.
Les mangemorts sortirent du manoir à la file indienne sans un mot. Le silence régnait dans le manoir. Narcissa s'approcha d'un pas lent d'Hermione. Elle enleva sa veste et la mit autour d'Hermione qui tremblait. Voldemort la fixait de son regard perçant, de ses prunelles livides. Hermione ne pouvait pas soutenir son regard, elle essayait de trouver un quelconque réconfort. Elle tourna son regard vers Drago qui la regardait déjà. Elle le supplia du regard. Elle le supplia de faire quelque chose, de la sauver. Drago ne réagit pas. Il soutint son regard. Il avait peur pour elle, il était hors de lui intérieurement car elle n'avait pas respecté ses ordres et il avait mal. Mal pour elle.
- Depuis quand est-elle ici ? Demanda Voldemort en se tournant vers Lucius.
- Quelques mois. Drago avait Ronald Weasley et elle s'est proposée pour s'échanger à lui. Il a accepté, expliqua Lucius.
- Et vous n'avez pas jugé bon de me le dire ? Trancha Voldemort d'une voix glacial.
- Maître, elle ne sait pas où sont Potter et Weasley. On l'a questionné. Je suis entré dans son esprit, répondit Lucius en se tortillant un peu sur place.
Voldemort le toisa d'un regard mauvais mais ne répondit pas. Il s'approcha alors d'Hermione qui ne bougeait plus et n'osait même plus respirer. Il passa un de ses doigts longs et froids sur la joue d'Hermione qui frissonna de peur. Elle allait s'évanouir. C'était sûr. Il récupéra du sang sur son doigt et l'observa quelques instants.
- Quelle barbarie, murmura-t-il en souriant.
Hermione ferma les yeux quelques instants. Elle essaya d'imaginer qu'elle était autre part, dans une autre situation. Elle voulait s'échapper. Non, elle voulait mourir sur place. Voldemort sortit sa baguette.
- Tout acte de ce genre doit être puni, souffla-t-il avec un regard mauvais.
Il pointa Hermione qui ferma les yeux et se tendit. Drago se mouva pour intervenir mais Narcissa posa sa main sur la sienne pour le maintenir en place. Il ne servait à rien d'aggraver la situation. Le visage de Voldemort se fendit alors en un sourire mauvais quand il vit que Drago avait bougé. Il planta ses yeux fendus dans ceux apeurés de Drago.
- Je ne vais pas la tuer, murmura-t-il alors. Tu le feras, Drago. Ou tu en subiras les conséquences, le menaça-t-il.
Il disparut dans un épais nuage de fumée noire. Lucius toisa quelques secondes Hermione et le corps du mangemort au sol puis partit. Drago s'approcha de quelques pas d'Hermione. Le silence était long et pesant. Hermione tremblait. Son visage était blanc et elle tenait à peine debout.
- Dis quelque chose, murmura-t-elle d'une voix cassée.
Drago leva son regard vers elle. Hermione le suppliait du regard. Drago fronça les sourcils et pour la première fois Hermione crut voir dans ses yeux des émotions jamais aperçues auparavant. Elle y lisait de la déception, de la peur et surtout de la peine.
- Je t'avais dit de rester dans ta chambre, souffla-t-il la gorge serrée.
Il partit. Hermione laissa échapper un sanglot et les larmes coulèrent d'elles-mêmes. Narcissa se précipita vers elle et lui attrapa le bras. Hermione leva ses yeux implorants vers elle. Narcissa la guida à travers le manoir et l'amena à la salle de bain. Hermione ne protesta pas, obéissait sans dire un seul mot. Narcissa la déshabilla et l'emmena dans la baignoire pour la laver. Hermione laissa ses larmes couler et laissa les sanglots sortir d'eux-mêmes, sans aucune retenu. Narcissa l'enveloppa dans une serviette et la ramena dans la chambre d'Hermione. Elle l'allongea dans son lit et s'assit à côté d'elle, passant sa main dans son dos d'un geste maternelle, tentant de la calmer.
- Il... Il a essayé de me... murmura Hermione tremblante.
- Je sais Hermione, je sais ce qu'il a tenté de te faire, souffla Narcissa.
Hermione lui fit un sourire. Elle la remercia du regard d'être là, de l'avoir aidé. Narcissa lui fit un sourire compatissant et n'arrêta pas de lui caresser le dos. Le regard d'Hermione se noircit.
- J'ai merdé, murmura Hermione, j'ai tellement merdé. Il va me tuer n'est-ce pas ?
Salut tout le monde !
Comme je le disais samedi dernier j'étais impatiente de le publier, parce que c'était une des toutes premières idées qui m'était venue quand j'ai eu l'idée de la fiction, donc forcément il me tardait de l'écrire et de vous la faire lire ! J'espère en tout cas que ce chapitre vous a plus, et encore merci de me lire et de me suivre !
Bisous :)
