Voici un nouveau chapitre, un peu plus court, mais il risque d'être long sinon (plus que d'habitude).
J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture
Chapitre 9 : Le début de la fin [partie 1]
Bien que la journée ait commencé par un soleil radieux, et que le ciel soit exceptionnellement dégagé et empli d'étoiles cette nuit-là, un orage grondait dans l'esprit des membres du personnelle du Seattle Grace. Une rumeur courrait dans les couloirs, une information terrible était tombée.
Georges était enfermé dans une chambre de garde et se retenait de hurler, profondément chamboulé. Les titulaires étaient en train de se passer la nouvelles et tombaient des nues. Cristina s'excusait platement auprès de quelqu'un, assise sur un banc devant l'hôpital, et Meredith courrait en direction de sa voiture, traversant le parking avec un sentiment d'urgence.
Mais tout cela n'était rien en comparaison de ce qui se jouait en cet instant dans le vestiaire des résidents. Se tenant face à face, Alex foudroyait du regard Arthur, qui lui paraissait désemparé. Ce que Karev venait de lui révéler le choquait, profondément, et la tournure qu'avait ensuite pris la discussion aussi.
Une violente dispute, où ils criaient presque tous les deux. Alex était vivement en colère, cela se voyait sur son visage, dont les traits étaient déformés de rage. Des mots durs avaient été échangés lors de cette altercation, mais rien de comparable à la dernière phrase que Karev avait asséné à son amant.
Encore sous le choc, étourdit, le cœur battant à mille à l'heure, Arthur encaissait. Après un long moment où tout lui parut figé, l'air aussi lourd qu'une chape de plomb, il réussit à bredouiller, la bouche sèche :
- A… Attend… qu'est-ce que tu viens de dire ?
- Tu as très bien compris, répéta l'autre d'un ton vif, toujours coléreux, continuant de le foudroyer du regard. Toi et moi, c'est terminé, je ne peux plus t'aimer après ça !
Durant une seconde, le monde sembla s'effondrer autour du noiraud. Il crut presque qu'il allait s'évanouir. Mais comment avaient-ils pu en arriver là ? Pourtant la journée avait si bien commencé.
oOoOoOo
18h plus tôt.
Plusieurs jours venaient de s'écouler depuis les derniers évènements. Arthur avait pu retourner en chirurgie au lieu de se rouiller en recherche, mais il était toujours persona non grata dans le service de cardiologie. Si cela ne le dérangea pas particulièrement, car après la crise du Dr Degrandpré il ne désirait plus spécialement travailler avec elle, Bailey était montée en croisade contre elle, estimant que son comportement avec les résidents était franchement intolérable. Elle était devenue purement et simplement imbuvable, d'autant plus depuis le départ de Desmond, son petit protégé.
Cependant, Bailey avait beau faire des pieds et des mains auprès du Chef, ce dernier ne l'écoutait plus. Lui aussi semblait dépassé par les problèmes. Entre autre, le fait que Shepherd, suite à son petit craquage de plomb au bloc, ait eu un procès, puis se soit exilé en forêt dans sa caravane avec visiblement l'idée fixe d'y rester et d'être désagréable avec tout visiteur – Meredith compris, elle aussi en avait fait les frais.
En plus, Richard, et tout le monde s'en était rendu compte, snobait ouvertement Miranda depuis quelque temps, au prétexte qu'elle avait posé une demande pour une spécialisation en pédiatrie. Ce qui le contrariait énormément. A tel point que la cheffe des résidents ait dû appeler Adèle, devenue récemment représentante syndicale, à la rescousse pour le résonner.
Enfin, en gros l'hôpital ressemblait à une cour de récréation ces derniers temps, avec un laisser-aller palpable et agaçant. Mais bon, une nouvelle semaine allait commencer, et elle s'annonçait probablement bien puisque le soleil avait réussi à percer l'épais manteau nuageux au-dessus de Seattle.
Dans la maison de Meredith, Karev et Newton finissaient de s'habiller. Arthur était venu passer quelques jours ici, car il y avait des travaux dans son appartement pour remettre la douche en l'état (essayer du moins), celle-ci ayant définitivement rendu l'âme.
- Faut qu'on se dépêche sinon on va être en retard ! fit Alex en enfilant des chaussettes après les avoir reniflées pour vérifier leur état de fraicheur.
- Dis celui qui ne voulait pas se lever quand le réveil a sonné, le taquina Arthur qui lui, avait sauté hors du lit et s'était douché et habillé tout de suite.
- Ho ça va, je te rappelle que j'étais dans l'équipe qui a terminé à minuit, le temps de rentrer…
- Depuis quand on se plein de nos horaires ? Tu te souviens, on est sensé se tuer à la tâche, c'est ça la joie de la chirurgie, se moqua encore le noiraud en posant un baisé sur la joue de son amant.
- Mouais, il parait.
Ils descendirent à la cuisine et croisèrent Lexie et Mark dans le couloir, blottis dans les bras l'un de l'autre en se regardant avec une douceur et une niaiserie toute attendrissante, comme si le reste du monde n'existait pas autour d'eux. Meredith leur passa à côté en manquant de les bousculer, un baquet de linge propre dans les bras.
- Tu ne trouves pas qu'il commence à y avoir beacoup de monde dans cette maison ? l'interrogea Alex au passage.
- Non, répondit-elle en lui fourrant le baquet dans les bras. C'est mieux, ça diminue à chaque fois le prix que chacun dois payer pour le loyer. D'ailleurs, Arthur si tu peux… ?
- Participer en allant faire les courses en gros ce matin parce que je suis souvent fourré ici ces temps ? le coupa-t-il. Il n'y a pas de soucis.
- Je suis désolée, mais…
- Ne t'inquiète pas, c'est normal, j'habite par intérim ici et tu ne me fais pas payer le loyer, c'est la moindre des choses.
- Merci.
- Je dois faire quoi du linge ? maugréa Alex, toujours encombré.
- Pose-le dans la salle de bain, je m'en occuperais ce soir.
Tandis que Meredith retournait à sa chambre, les deux amants, eux, descendirent à la cuisine pour prendre un rapide petit-déjeuner avant de partir. Ils furent vivement surpris, en entrant dans la pièce, de trouver Cristina, en plein bavardage avec Izzie. Celles-ci, en les voyant entrer se dépêchèrent de refermer toutes leur paperasse et de cesser leur discussion.
-Qu'est-ce que vous planquez ? demanda Alex sans complexe en se ruant sur le frigo pour y trouver de quoi se sustenter, attrapant un yaourt à boire énergisant.
-Rien du tout, juste des trucs pour le taf, s'empresse de répondre trop prestement Izzie.
-Y a une intervention à décrocher ? demande Arthur en posant son regard sur Cristina, snobant tout à fait volontairement la blonde.
Il continuait de lui en vouloir pour ce qu'elle avait osé lui dire l'autre jour. Pour lui, s'inventer une pseudo maladie grave pour tenter de récupérer désespérément son ex était vraiment quelque chose de petit et ignoble. Aussi avait-il décidé de lui faire connaitre son mépris de manière ostentatoire. Bien entendu, il ne pouvait pas se douter de la triste réalité qui se déroulait à son insu.
- Non, pas du tout, répondit Cristina en tirant vers elle un dossier, regardant un peu trop fixement devant elle, ce qu'Arthur trouva étrange.
- De toute manière, s'il y en a une, c'est moi qu'ils choisiront, déclara Alex avec une pointe d'arrogance en s'essuyant la bouche du revers de la main. Je suis le seul à avoir déjà opérer en solo.
- Parce qu'on l'a bien voulu, répliquèrent Cristina et Arthur à l'unisson, légèrement vexé par la réplique.
Alex, pour se faire pardonner de sa taquinerie, posa une pomme dans les mains de son amant, lui posa à son tour une bise sur la joue (ce qui fit tiquer vivement Izzie, et jubiler Arthur qui la défia du regard) puis l'entraina vers la sortie.
- Dépêche, on va être en retard.
- Vous pouvez m'emmener ? interrogea Lexie en dévalant l'escalier du hall.
- Ok, mais bouge toi.
Dans la cuisine, Meredith passa en coup de vent et déclara qu'elle attendait les deux filles dans sa voiture. Pour faire des économies sur l'essence, ils essayaient de faire du co-voiturage au maximum.
Meredith sorite e la pièce, Cristina se souleva légèrement sur sa chaise pour regarder si elle était loin, puis se tourna vers Izzie et l'interrogea pour la millième fois, avec douceur.
- Tu es sûre que tu ne veux pas leur en parler ? Au moins à Georges, ou à Meredith ?
- Non, vraiment pas.
Sans laisser le temps à son amie de répliquer, la blonde se leva, attrapa ses affaires, récupérant tous les dossiers, les glissa dans sa sacoche, et se dirigea vers la porte.
- Tu viens ? l'appela-t-elle.
Cristina soupira profondément, et lui emboita le pas.
oOoOoOo
Une grande partie des résidents et des internes étaient monopolisés par Sloan ce jour-là. En effet, il avait fait venir un patient dont il s'occupait à New-York, gravement défiguré par un accident de la route, afin de lui greffer un nouveau visage. Une opération délicate et exceptionnelle qui excitait tout le monde. Les jeunes chirurgiens en soif d'apprendre étaient prêts à s'entre-tuer pour pouvoir participer à ça, cela se sentait car le couloir de la plastique était saturé de monde, tel une fourmilière.
- Il parait qu'on le surnomme « Mister Trous », s'amusa un des internes d'Izzie en faisant le malin tandis que son groupe se dirigeait vers la chambre du patient.
Izzie, à cette réplique, sentit son sang ne faire qu'un tour. Qu'avait dit ce crétin ? Une part d'elle fut vivement touchée par cette réplique, car elle se rendit compte de la manière dont on parlait des patients dans leurs dos. Le pire, elle le réalisait, était qu'elle-même avait souvent agi ainsi. Sauf qu'à présent qu'elle risquait grandement de devenir elle aussi une patiente, elle comprenait à quel point cela était horrible. Parlerait-on ainsi d'elle dans les couloirs ? Lui trouverait-on un surnom odieux ? Qu'est-ce qui se dirait sur elle dans les coulisses ? En imaginant tout cela, elle fut en colère et se tourna vers son interne, lui ordonnant de la fermer.
- Si je t'entends encore une seule fois parler ainsi d'un patient, je te jure que je m'arrangerais pour que tu ne fasses plus que de la paperasse jusqu'à la fin de ta vie.
- Mais, ce n'est pas moi qui l'appelle comme ça ? voulut se défendre l'interne, surpris de cette réaction.
- Chut, je ne veux plus t'entendre, trancha-t-elle.
Ils arrivèrent dans la chambre du patient, déjà bondée. Cristina, Meredith, Georges, Arthur et Alex étaient déjà présent avec l'intégralité de leurs internes. Ils avaient tous les yeux rivés sur la personne allongée dans le lit.
Bon, ok, en voyant l'état de son visage, on comprenait mieux le surnom. En effet, il lui manquait toute une moitié du visage, on aurait dit Pile-ou-Face, l'ennemi de Batman. Une de ses joue était creuse, son œil se démarquait dans son orbite creusée. C'était une vision digne d'un film d'horreur… enfin, en tout cas pour une personne qui n'était pas médecin. Les chirurgiens eux, voyaient pire à longueur de temps, cela ne leur faisait plus grand-chose.
Ce qui marqua profondément Izzie, ce fut de constater que ce pauvre homme était là, exposé à la vue de tous ces vautours, tel un animal de foire.
- Vous aviez raison, fit un interne devant elle en se penchant vers Alex, posté juste devant la blonde. Mister Trou ça lui correspond totalement.
- Je te l'avais dit, répondit Alex avec un haussement d'épaule.
Cette réplique, plus le constat que même celui qu'elle aimait faisait partie de ceux qui donnaient des surnoms affreux, lui pinça violement le cœur. Elle se sentit presque mal en imaginant Alex et Arthur en train de lui inventer un sobriquet du genre « Miss Tumeur » ou « Izzie McFolle », ou encore « La p'tite métastase ». Quelle horreur ! Elle ne le supporterait pas. Surtout venant d'eux, de ces gens qu'elle considérait comme des amis (sauf Arthur… ce n'était pas son ennemi non plus, mais en tout cas son rival. Pas un ami).
Perdue dans son malaise, elle ne remarqua pas que celui dont elle aurait été le plus verte d'entendre une moquerie sur son état venait d'écraser violemment le pied d'Alex en représailles pour la réplique qu'il venait de sortir.
Non, Arthur ne supportait pas non plus que l'on se moque ainsi d'un patient, et cela le décevait un peu de la part de son amant, même s'il savait que cela faisait partie de son caractère.
Sloan entra à ce moment dans la pièce, saluant tout le monde, visiblement de très bonne humeur. Owen et un autre médecin en costume orange sombre, accompagné d'un interne en dermato, le suivaient de près.
L'interne en question, c'était Tony Giacommo, qui aperçut Izzie et lui fit un petit signe de salutation, mais elle ne réagit pas, plongée dans ses pensées. Cela n'échappa pas à Georges, qui regarda dans la direction d'Izzie, et vit immédiatement qu'elle ne semblait pas dans son état. Tony le vit aussi.
- Très bien ! Qui veut expliquer le cas ? demanda Mark en tapant dans ses mains avec énergie, souriant à pleine dents. Docteur Grey ?!
Tout le monde tourna la tête dans la direction de Lexie. Celle-ci exposa avec application le dossier du patient. Elle semblait connaître la chose sur le bout des doigts, ce qui, visiblement, agaçait prodigieusement les autres internes de sa promotion. Cela lui valut des regards haineux de certains d'entre eux. Ce n'était pas très dur d'imaginer le fond de leur pensée.
Depuis le petit incident survenu entre Derek et Mark, tout l'hôpital était au courant de la liaison entre Mini-Grey et le plasticien. Or, certain pensait que si elle était avec lui, c'était uniquement pour promouvoir sa carrière. Aussi s'imaginaient-ils qu'en cet instant, si elle connaissait si bien le dossier, c'était parce le playboy l'avait drivé à fond entre deux gâteries.
C'était oublier qu'Alexandra Grey avait une mémoire photographique, le dossier, elle ne l'avait lu qu'une fois. Ce n'était tout de même pas de sa faute si elle retenait tout ce qu'elle lisait instantanément ! Toujours est-il qu'en cet instant, elle était vivement jalousée, car Mark décida de lui confier le patient pour le préparer avant l'opération. Il était fier d'elle, cela se lisait dans son regard. Un regard plus doux depuis qu'il la fréquentait.
- Docteur Stew, comment est la peau du donneur ? demanda ensuite Mark en se tournant vers le titulaire de dermatologie.
- Je laisse le soin à mon résident de vous répondre, sourit l'homme en laissant la parole à Tony.
Ce dernier fit un pas en avant, un porte-document dans les mains.
- Vous nous avez demandé d'examiner la peau du donneur à cause de la présence d'une grosse tâche de rousseur sous le menton. Nous avons donc effectué un prélèvement afin de vérifier que cela ne soit pas l'indicateur de la présence d'un mélanome (il ne put s'empêcher de tourner le regard en direction d'Izzie en disant cela) qui aurait pu remettre en question la fiabilité du greffon. Après analyse, il s'avère que cela n'est qu'une pigmentation anormale de la carnation. La peau est fiable et par conséquent tout à fait adaptée à la greffe. Vous pouvez procéder sans risque au prélèvement.
- Génial ! s'exclama à moitié Mark, qui jubilait.
Cette opération, c'était apparemment quelque chose d'important pour lui. Il fallait dire qu'il suivait ce patient depuis près de dix ans, et lui avait promis qu'un jour il l'aiderait à retrouver un visage plus agréable. D'ailleurs, Sloan ne l'avouerait à personne, mais c'était l'un des patients qui l'avait poussé à se spécialiser dans la chirurgie reconstructive.
- Je m'occuperais d'effectuer le prélèvement, intervint alors Owen. J'ai besoin de deux personnes pour m'assister. Je demande le Dr Karev et le Dr Truman.
Alex se fendit d'un peti « yes ! » à peine audible tandis que Julia Truman, l'interne la plus douée d'Arthur, se contentait de sourire, heureuse qu'on lui confie une mission si importante.
- Docteur Stevens, ajouta Mark en la cherchant du regard, j'aimerais que vous aidiez le Docteur Grey à préparer le patient, je vous remercie. Pour les autres, désolé, je sais que c'est une intervention assez rare, mais je n'ai pas besoin de plus de monde, on risquerait de se marcher sur les pattes.
- Parfait, tout le monde dehors, conclut Owen.
La pièce se vida. Arthur s'approcha de Cristina en soupirant profondément, déçu de ne pas avoir été choisi.
- Ouais, comme tu dis, marmonna-t-elle avec dépit.
- Je devrais être content pour mon interne, mais là tout de suite, je la déteste, avoua le noiraud.
- Pareil avec Lexie, s'agaça Cristina.
- Voyez le bon côté, fit Meredith en les rejoignant, s'écartant du flot de médecins sortant de la chambre, on aura plus de cas puisque plein de monde est bloqué par cette opération.
- Pas faux, admit Arthur avec un haussement d'épaules.
- A part ça, coupa Georges qui étaient avec eux. Est-ce que je suis le seul à avoir remarqué qu'Izzie est bizarre ces temps ? Est-ce que l'un de vous sait si elle ne va pas bien.
- Aucune idée, fit Arthur, se renfrognant en pensant à elle.
- Elle doit être dans sa mauvaise période et c'est douloureux ce mois-ci, répondit Meredith mécaniquement. C'est ce qu'elle m'a dit ce matin en m'empruntant des tampons. T'inquiète pas.
Cette réponse ne satisfaisait pas O'Malley, qui sentait pourtant que quelque chose de plus grave était en train de se tramer. Son regard tomba alors sur Cristina, qui n'avait pas répondu à la question, ni réagi à la réplique de Meredith. Voilà qui était étrange. Leurs regards se croisèrent et un éclair de compréhension traversa le jeune homme. Cristina avait le regard fuyant de quelqu'un qui savait quelque chose mais ne voulait rien dire ! Il en était sûr, elle savait ce qu'avait Izzie.
Comprenant qu'il avait deviné, Cristina se sentit oppressée. Merde, Georges allait l'interroger au sujet de leur amie, elle le savait. Sauf qu'elle avait juré à la blonde de ne rien dire. Sans parler du fait que d'un point de vu déontologique, elle ne savait pas sur quel pied danser. Elles n'avaient pas clairement établi si Izzie venait se confier à elle en tant qu'amie, ou que médecin. Si c'était le deuxième cas, alors elle avait les poings liés par le secret médical.
Alors qu'elle réfléchissait à toutes ces choses, Bailey arriva vers eux, son porte-folio en main.
- Bon, vous êtes tous libres, Sloan ne vous a pas choisi ?
- On dirait bien, soupira Arthur.
- Ne prend pas cet air désespéré, il y a bien assez de travail pour vous dans cet hôpital, le rappela à l'ordre la petite femme. Cristina !
- Oui ? fit cette dernière en sursautant, sortant de ses pensées.
- Chambre 307, je t'offre un vol en solo, poursuivit Bailey en lui tendant le dossier de la patiente concernée. Hernie inguinale, tu as le bloc 4 à 18 heures. Je te laisse aller t'occuper de ta patiente, tu as droit à un interne pour la pré-op.
- Merci, fit presque pudiquement l'Asiatique, ne comprenant pas totalement le grand privilège qui s'offrait à elle.
En revanche, elle saisissait parfaitement l'occasion de ce fabuleux prétexte pour s'éloigner de Georges et de ses potentielles questions insistantes. Sans perdre de temps, elle s'éloigna dans le couloir en ouvrant le dossier, choppant un interne quelconque au passage.
Les autres la regardèrent avec des airs envieux ou jaloux.
- Ne faites pas ces têtes d'enterrement, il y aura de plus en plus d'intervention en solo pour votre promotion. D'ailleurs… Newton, j'ai demandé un service au Docteur Torres, elle ne sera pas là avant un moment. Tu es maître à bord en ortho et si elle n'est pas de retour à 16h00, tu auras le droit de poser une plaque sur la jambe cassé du patient de la 212, sous la surveillance du Dr Ming.
Arthur fit une grimace de contentement (même s'il aurait bien aimé travailler un peu dans d'autre service afin de se diversifier, savoir que ça allait être lui le responsable aujourd'hui lui faisait infiniment plaisir).
- Grey et O'Malley, j'ai toute une pile de post-op pour vous, ont un qu'il faudra peut-être réopérer. Tenez-vous prêt au cas où.
- C'est mieux que rien, admit Meredith en haussant les épaules.
- Parfait, alors au boulot !
Le groupe se dispersa, chacun partant vaquer à ses occupations. Il était à peine neuf heures, et aucun d'eux ne se doutait que dans quatorze heures, une tempête allait souffler sur leur vie.
