Disclamer : à part Gahou, ces perso ne sont pas à moi.

Bonne lecture et merci infiniment pour vos reviews !

Apprivoise-moi

Chapitre 11 : Première mission : être apprivoisé

Ce fut une odeur sucrée et alléchante qui le sortit de ses songes. Une odeur difficilement oubliable, qui contracta son estomac et le fit déglutir.

Il avait… faim. Terriblement faim. Etant donné qu'il n'avait rien mangé la veille, cela n'avait rien d'étonnant.

Il ouvrit les yeux et les frotta doucement avec ses poings serrés, avant de les relever vers le chinois qui dormait toujours. Il semblait tellement calme quand il dormait. Tellement gentil.

Gahou sourit, de ce petit sourire un peu endormi et béat, et leva doucement sa main pour la faire glisser sur la joue du chinois, essayant peut-être de l'amadouer pour le réveiller à son tour. Il avait tellement faim… Il était plus que temps de manger pour lui, mais si le visage de Wufei se contracta dans une petite moue ennuyée, il ne se réveilla pas pour autant et le garçonnet soupira.

L'odeur flottait autour d'eux, et son odorat infaillible, de mèche avec son estomac, le poussa bientôt à s'échapper des bras puissants du chinois pour aller chercher lui-même ce dont il avait besoin.

Tout doucement, Gahou descendit du lit, tirant un peu sur les draps pour se retenir, ce qui dérangea le chinois dans son sommeil et ce dernier se tourna dans le lit en grognant. Les oreilles de l'enfant se levèrent, guettant le moindre signe de réveil ou de mouvement de la part de son compagnon. Il n'avait guère envie de s'aventurer dans cette étrange maison sans Wufei, mais la faim commençait à contracter son estomac et il finit par renoncer à la présence de son garde du corps favori pour aller jeter un coup d'œil vers l'endroit d'où s'échappait l'odeur alléchante.

Lentement, avec toutes les précautions du monde, il se glissa hors de la chambre et s'arrêta dans le couloir, attentif au moindre bruit suspect.

De l'eau coulait un peu plus loin et Gahou plia le nez : qu'est-ce qu'ils avaient tous avec l'eau ? Pourquoi vouloir toujours de laver comme cela ? Lui qui détestait cela, il était servit depuis qu'il connaissait ses nouveaux amis !

Prudemment, à pas de velours, il se dépêcha d'atteindre l'escalier, jetant un coup d'œil désolé devant la porte fermée de la chambre où reposait son ami blond. Il faudrait d'ailleurs qu'il vienne voir s'il allait bien.

L'horrible créature hurlante qu'il avait rencontré la veille semblait avoir quitté la maison, il aurait donc le champ libre.

Une porte s'ouvrit soudain et sursautant, le gamin courut jusqu'en bas des escaliers avant de se cacher derrière le pilier de la rambarde. Très lentement, il osa jeter un coup d'œil sur la silhouette impressionnante du géant qui venait de sortir de la salle de bain, ses cheveux bruns dégoulinants encore d'eau.

D'un pas rapide, Heero rejoignit sa chambre, laissant ainsi toute liberté à Gahou qui pour sa part, dés le japonais disparu, s'était remis en quête de nourriture, bien décidé à mettre la patte sur ce qui l'attirait depuis tout à l'heure.

Il finit par trouver enfin l'entrée de la cuisine et allait se précipiter à l'intérieur, quand un mouvement et un bruit de vêtements froissés, le figea net.

Ah zut !

Le deuxième géant brun était là, en train de sortir quelque chose d'un sac, qu'il disposait dans une corbeille. Quelque chose qui sentait vraiment bon, et Gahou en saliva d'avance.

Il n'avait pas vraiment le choix : il lui fallait absolument manger… Avec un peu de chance, le géant ne lui refuserait pas cela…

Il s'avança avec toute la prudence du monde jusqu'à la table, qu'il contourna lentement pour s'approcher du brun.

Trowa disposait les croissants pour le petit-déjeuner, et il sourit en en sentant le parfum qui s'échappait. Il s'était levé tôt pour aller en acheter, connaissant le petit faible de son japonais préféré pour les délicieuses viennoiseries, et il ne regrettait pas son achat.

Il sourit en imaginant le plaisir qu'il allait faire à Heero, quand une chaise bougea soudain, grinçant sur le sol et il tourna un regard surpris vers sa gauche. Et si ses yeux cherchèrent un quelconque intrus à hauteur humaine, il finit par les baisser vers le petit bout de chou qui essayait de se cacher derrière une des chaises, sans grand succès, et lui laissait un regard partagé entre la peur et la curiosité.

Le sourire de Trowa s'étira et il pouffa légèrement, très amusé par le gamin.

Il ne s'était absolument pas attendu à ce que Wufei et Quatre trouve un enfant dans les cellules d'Oz, - à vrai dire, qui s'y serait attendu ? – mais il était heureux néanmoins qu'ils l'aient sortir de cet enfer. Ce n'était pas la place d'un enfant et en apercevant les petites oreilles tremblotantes du gamin, Trowa sentait une colère sans nom monter en lui devant la cruauté inimaginable d'Oz. Comment pouvait-on faire cela à un enfant âgé à peine de quelques années ? Ils avaient dû l'arracher à sa mère, s'il n'était pas né dans une éprouvette, comme nombre d'expérience d'Oz… Son enfance avait dû se passer dans une cage, surveillé et analysé sans cesse par des scientifiques qui osaient dire qu'ils travaillaient pour l'humanité.

Quand il voyait cette petite vie qu'on avait massacré si jeune, Trowa en doutait fortement. La science tuerait l'homme, tout comme elle avait essayé d'étouffer cette petite vie qui n'avait rien demandé à personne.

Il soupira et essaya de sourire à Gahou. Désormais, c'était à eux de s'en occuper, et de lui montrer que la vie était bien plus belle qu'il n'avait pu l'imaginer. Tout comme Wufei, Trowa comprit enfin pourquoi il se battait et cela lui fit du bien. La paix était si utopique quelque part, mais Gahou était bien réel lui.

- Bonjour Gahou.

L'enfant leva un peu plus ses oreilles en entendant son prénom, qu'il aimait de plus en plus depuis que le chinois le lui avait donné. Le sourire de l'homme était apaisant, rassurant. Gahou se sentit rassuré et il s'approcha, même si une once de méfiance courait toujours en lui. Il semblait prêt à détaler au moindre mouvement suspect de Trowa, et ce dernier, habitué au contact avec les animaux sauvage grâce à son séjour dans le cirque de sa sœur, comprit aussitôt qu'il devait faire attention. Il resta paisible et attendit que l'enfant se rapproche suffisamment, qu'il gagne sur sa peur, tout en l'observant d'un œil amusé.

Il était terriblement mignon ce gosse, et le français comprenait un peu mieux pourquoi le chinois avait aussi vite craqué. Il fallait dire qu'il s'agissait d'un véritable exploit, pour réussir à briser la carapace de Wufei et Trowa n'en admirait que plus le petit bout de chou qui s'avançait vers lui.

Gagnant un peu en confiance, Gahou s'approcha suffisamment de Trowa et, en même temps que son petit estomac lançait un borborygme impressionnant, il tendit les bras vers le français, ou plutôt vers les croissants qu'il avait encore en main. Son regard suppliant et sa petite moue gourmande firent pouffer de rire le français, qui lui montra alors une viennoiserie :

- C'est ça que tu veux ?

Les yeux de Gahou s'agrandirent et il se mit à sautiller sur place, couinant légèrement en tendant toujours les bras aussi haut, et ses pitreries finirent d'attendrir Trowa qui s'agenouilla, croissant en main et sourire sur les lèvres.

- Tiens alors, il est pour toi.

Il ne lui tendit pas, se contentant juste de le mettre dans sa paume ouverte, afin d'obliger le gamin à avancer vers lui. Gahou n'hésita pas longtemps, tiraillé par la faim et il se précipita sur le croissant dans lequel il mordit à pleines dents, ce qui amena un nouveau rire de la part du français.

Tout doucement, il leva sa main et vint la poser sur la tignasse du gamin, qu'il caressa gentiment, retrouvant les gestes qui apaisaient les animaux sauvages.

Gahou sursauta à peine et releva un regard méfiant vers le français, essayant de deviner s'il lui voulait le moindre mal. Mais devant son sourire et son silence, qui semblaient plutôt apaisants, il finit par abandonner ses doutes et il continua de manger son croissant, se régalant avec appétit sous le regard conquis de Trowa.

Il avait réussi à l'apprivoiser.

Fier de lui et complètement sous le charme du gamin, Trowa sursauta en voyant débouler soudain un chinois affolé et haletant dans la cuisine, qui s'écria :

- Où est Gahou ??? Tu l'as pas vu ???

Il roulait des yeux paniqués et tremblait presque, si bien que devant un tel tableau, le français en resta béat un court instant.

Gahou avait fait des miracles !!! Non seulement il avait réussi à apprivoiser un chinois aussi inabordable que Wufei, mais il l'avait véritablement transformé en mère-poule !!

Un petit sourire terriblement taquin se dessina sur ses lèvres, alors que l'enfant, ravi de voir Wufei, fourra le dernier morceau de croissant dans sa bouche et courut se jeter dans ses jambes, s'agrippant à lui cette fois-ci non plus par peur, mais bien de joie.

Le français observa avec amusement la surprise et le soulagement envahir le chinois… Décidément, ils étaient aussi mignons l'un que l'autre ces deux-là !

Les yeux de Wufei se baissèrent vers Gahou, cramponné à sa jambe, qui relevait déjà un visage réjoui vers lui, arrondi par ses joues remplies, et il se sentit soudain ridicule…

Ah ben… Oui,il avait eu faim et il était descendu… Oui, c'était normal… Il… Mais pourquoi avait-il paniqué ainsi quand il avait vu le lit vide ?

Rougissant un peu devant son camarade, il se pencha et attrapa le bout de chou, qui se bouina aussitôt dans ses bras avec bonheur, et il balbutia :

- Faut faire attention… Qu'il ne sorte pas… Avec ses oreilles et sa queue… Faudrait pas que quelqu'un le voit…

Leur maison étant située en pleine nature, le français hocha la tête d'un air entendu, retenant à grand-peine son envie de rire.

- Oui, bien sûr.

Le chinois lui lança un regard méfiant avant d'abandonner la partie, et il prit une chaise pour s'y asseoir avec Gahou dans les bras, qui ne mit pas longtemps avant de tendre ses bras vers Trowa, réclamant un autre croissant.

Et quand le français approcha sa main du panier à croissants, le chinois le distança rapidement et s'en empara avant lui, pour le donner aussitôt à l'enfant.

Et devant ses joues rouges et son petit regard jaloux, Trowa eut le plus beau sourire du monde !

Comment ne pas craquer devant ces deux-là ?

A suivre….