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De : ArsèneLupin-mail
à : ClarkeGriffin-mail
Objet : Alors ?
C'est une fille ou un garçon ? Au fait j'adore la couronne de fleurs que tu as dans les cheveux.
Arsène.
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J'éclate de rire en lisant le mail d'Arsène qui semble être toujours au même endroit que moi. Destin ou harceleur ? C'est ce qui me fait rire, d'un seul mail, il alimente ma bonne humeur.
- Elle rigole toute seule, maintenant... Je crois qu'on la perd, dit Raven qui a l'air faussement dépitée.
Je lui tends mon téléphone pour que Wick et elle puissent lire le message. Et au même moment, ils lèvent la tête pour essayer de trouver où pourrait se cacher Arsène. Je regarde aussi au niveau de l'accueil mais le connaissant, il est bien planqué et personne ne peut le voir de là où il est. Mais je tente quand même ma chance et tape rapidement un message :
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De : ClarkeGriffin-mail
à : ArsèneLupin-mail
Objet : Va falloir être patient.
Je te ferais un dessin dans le carnet lundi pour te dire si je serai marraine d'une reine de la mécanique ou d'un petit prince.
Tu me fous vraiment la trouille, tu es toujours là où on s'y s'attend le moins. Arrête de m'espionner et sors de ta cachette.
Bonnie.
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J'attends quelques instants avant de me résigner, il ne me répondra pas. Je me tourne vers mon couple d'amis qui sont dans les bras l'un de l'autre avec leur bébé en plein milieu.
- Wick, si tu continuesà serrer Raven aussi fort, tu vas étouffer ta fille ! Lui criais-je pour l'embêter.
Il serre encore plus Raven contre lui pour me contredire alors que ma meilleure amie rigole. Il arrête au bout d'un moment et pose une main bienveillante sur le ventre rebondi.
- Bon, c'est pas que je ne vous aime pas les filles, mais faut que j'aille au travail, dit Wick qui fait une moue triste.
- Va bosser, homme ! S'écrie Raven qui le repousse.
- Et ramène nous en voiture au centre commercial pendant qu'on y est, rajoutais-je.
Raven s'accroche à mon bras pendant qu'elle lance les clés de la voiture à Wick qui s'éloigne déjà.
- On va rejoindre Octavia au centre commercial et en même temps j'irai acheter des vêtements pour ma filleule.
Je me penche vers son ventre, pose ma main dessus en faisant un grand sourire à Raven.
- Elle n'est même pas encore là que tu vas déjà la gâter ! Tu vas devenir la marraine la plus cool et la plus gâteuse de tous les temps.
Nous rigolons avant de nous séparer en voyant la voiture rutilante de Wick arriver. Je grimpe à l'arrière du véhicule en me saisissant de mon téléphone.
ClarkeG : On sera là dans 30 minutes, on se rejoint au 1er étage ?
OctaviaB : Parfait, je serai là ! Je suis contente de te revoir Clarke.
ClarkeG : Moi aussi.
Raven flâne devant une vitrine quand j'entends des pas pressants sur le parquet du centre commercial. Je lève à peine les yeux avant de sentir quelqu'un me serrer contre lui. Un peu étonnée à la première seconde, je reconnais Octavia à ses cheveux bruns qui me chatouille le visage. Je la serre contre moi même si je ne m'attendais pas à un tel élan d'affection venant de sa part. Au bout de quelques secondes, elle s'écarte de moi.
- Désolée, tu m'as manqué ces dernières semaines, me souffle-t-elle.
- Toi aussi tu m'as manqué, O'.
Raven se place à côté de moi, me fait un petit sourire et regarde Octavia.
- Octavia, je te présente Raven. Ma meilleure amie qui est enceinte jusqu'aux yeux, dis-je en posant une main sur son ventre.
- On dirait qu'il va exploser d'une minute à l'autre, rigole Octavia qui fait la bise à Raven.
- J'adore les explosions mais j'aimerais quand même accoucher normalement de cette petite fille !
- OH Mon Dieu ! Une petite fille ! S'écrie Octavia. Je connais la boutique parfaite, viens.
Elle attrape la main de Raven et la tire dans la galerie marchande. Raven éclate de rire en la suivant docilement. La bonne humeur de Octavia m'avait vraiment manqué et de la voir s'entendre avec Raven me rend heureuse. Je marche derrière elle en pensant à quelque chose. Il faut que je parle à Octavia de Bellamy et Echo. Il n'y a qu'elle qui puisse me répondre à certaines de mes questions, vu que la relation entre Bellamy et moi est comparable au froid de l'Antarctique. Et ça ne risque pas de s'arranger avec le temps. Nous passons des heures à flâner dans les boutiques, où je me fais violence pour éviter d'acheter tous les habits mignons que je trouve. Raven, superstitieuse dans l'âme, achète très peu de choses. Quelques body, quelques doudous... Je flashe sur un petit ensemble blanc et violet. Même Octavia a craqué sur une petite peluche en forme de tortue pour le bébé.
Nous nous posons dans un café parce que la femme enceinte se fatigue très vite. Je me rappelle que je devais voir Octavia car elle avait un projet pour moi.
- O', commençais-je, Bellamy m'avait dit que tu avais un nouveau projet de dessin à me confier.
- Oui, oui ! Son visage s'illumine alors qu'elle fouille dans son sac et y sort un grand carnet, notre tournée va commencer en février et je compte bien vous y voir !
- Avec plaisir ma belle, dit joyeusement Raven, j'ai déjà écouté toutes vos chansons, vous déchirez !
- Merci, ça me fait plaisir ! Au moins, j'ai déjà 2 fans ! Rigole Octavia. Donc Clarke, on aimerait savoir si tu pouvais faire les affiches, les flyers et...
Elle me tend le carnet que je feuillette en lisant en diagonale les idées qu'elle a notées. Je vois d'autres notes qui ont dû être sûrement noté par les autres membres du groupe et quelques croquis vite fait dessinés. Je lève les yeux pour voir Octavia qui fait un grand sourire comme si elle s'attendait à ce que je découvre une surprise. Elle fait un geste de la main pour que je tourne la page. Je lui obéis, je vois un titre, puis 5 compositions et une date. Je réfléchis à toute vitesse et me rends compte de ce qu'elle me demande.
- Non !? M'écriais-je tandis que Raven me rafle le carnet pour comprendre. Vous allez sortir un album officiel ?
- Oui ! Un EP de 5 titres, me confirme Octavia qui a l'air sur un petit nuage. On veut que tu dessines la pochette de l'album, s'il te plaît.
- Mais bien sûr ! Je la serre contre moi, sincèrement heureuse pour elle.
Octavia, Lincoln et les autres ont vraiment travaillé dur pour faire connaître leurs musiques et leurs univers. Des tonnes d'idées m'arrivent en tête, va falloir que je travaille dessus le plus vite possible.
- Et pour fêter ça, champagne ! Rigole Raven qui lève le bras pour interpeller un serveur qui trottine vers notre table. 2 mojito et un Bloody Mary sans alcool, s'il vous plaît.
- Vous voulez un jus de tomate, quoi ? Demande le serveur avec antipathie.
- Jeune homme si vous ne voulez pas avoir le fameux jus de tomate en question sur votre belle chemise blanche, je vous conseillerais de changer de ton et de m'apporter mon Bloody Mary sans alcool. Finit Raven avec un sourire belliqueux mais avec un ton froid.
Le jeune serveur quitte notre table en ronchonnant dans sa barbe alors qu'Octavia est morte de rire, la tête contre la table. Elle lève sa main vers Raven qui fait de même et elles se tapent dans les mains. Je les rejoins dans leurs rires, ça fait du bien de se lâcher comme ça sans penser aux mauvaises choses.
- Je crois que ma fille est contente que j'aie rembarré le serveur, elle fait la macarena dans mon ventre.
Raven s'empare des mains d'Octavia et des miennes pour les poser sur son ventre. Octavia a l'air septique avant d'arborer un grand sourire quand elle sent la même chose que moi.
- Ma chérie, je crois que tu vas avoir une nouvelle tata à ta naissance, dit tout doucement Raven qui regarde Octavia.
- Tata Octavia ! M'écriais-je. Bienvenue dans la famille !
Cette dernière pouffe de rire en même temps que Raven. C'est ce que j'aime chez ma meilleure amie, si elle s'entend bien avec une personne, elle fait en sorte de la mettre à l'aise. Ce n'était pas le cas quand je l'ai connue où elle se méfiait des gens mais si elle s'entend bien avec Octavia, c'est qu'elle lui fait bonne impression. Elle a le même âge que nous, elles ont rigolé tout l'après-midi ensemble et semblent avoir le même fort caractère. Je suis contente qu'Octavia s'intègre à notre cercle intime.
Le serveur arrive, plaque un énorme sourire hypocrite sur son visage en servant nos boissons. Nous levons nos verres pour trinquer.
- À la musique, à la future petite princesse et c'est tout ! Dis-je précipitamment en me rendant compte qu'il n'y a rien de positif à fêter pour moi. Octavia boit une gorgée de son cocktail avant de braquer son regard sur moi.
- Je sais que tu as entendu des choses, et je suis aussi ici pour répondre à tes questions, Clarke, me dit doucement Octavia, mais on peut en parler une prochaine fois.
Raven pose brusquement son verre et se tourne vers Octavia.
- Pas si vite Pocohantas ! De quoi tu parles ?
- Elle parle de Bellamy, Raven. Lâchais-je en tournant ma paille dans mon verre.
- Hoou, ça risque d'être intéressant !
Raven s'installe confortablement sur la banquette avant de poser ses coudes sur la table et de nous regarder toutes les deux.
- Je n'avais pas vu Bellamy dans un état comme ça depuis des années, commence Octavia qui fixe un point sur la table, depuis une semaine, il n'est plus le même. Il ne m'a pas parlé de tout, je ne sais que quelques brides de votre situation... Tout avait l'air idyllique, vous flirtez, vous vous embrassez et après ça part en cacahuète ! Tu sors avec Finn, Bell ramène...
- Echo chez vous, finissais-je sa phrase. C'est à cause de Bell et de son aventure avec Echo que tout ça est parti en vrille. Il m'a menti ! M'enportais-je.
- Qu'est-ce que tu sais vraiment sur Echo ? Me demande-t-elle en se rapprochant de moi.
- Le soir du vernissage, je l'ai vue devant la galerie embrasser ton frère et Finn m'a confirmé qu'Echo était sa petite amie...
- Et tu crois ce crétin de Finn, maintenant ? Oui Echo a embrassé Bellamy mais même lui a été étonné de ce geste. Parce qu'Echo n'est pas sa petite amie, je te le jure Clarke.
Je la regarde dans les yeux, je ne la connais que depuis quelques mois, mais je vois dans ses yeux qu'elle ne ment pas. Et le poids de la culpabilité s'insinue en moi. J'ai jugé sans savoir. J'ai accusé Bellamy d'avoir une copine alors qu'il est célibataire.
- Mais pourquoi alors il m'a menti en reportant notre dîner ? Il ne pouvait pas simplement me dire qu'il hébergeait une amie ? Dis-je curieuse de connaître enfin les réponses à mes questions.
- C'est super compliqué entre eux depuis des années, me répond Octavia qui se gratte l'arrière du crâne comme son frère quand il est nerveux. Ce n'est pas à moi de te donner toutes les réponses, la vie privée de mon frère ne regarde que lui mais je crois bien que tu dois lui parler.
Une boule de nervosité se forme dans mon estomac alors que Raven a l'air de profiter du spectacle en mâchouillant sa branche de céleri.
- Mais la conversation téléphonique...
- Un malentendu, Clarke. Me rassure Octavia qui prend ma main. Quand Echo l'a embrassé ce fameux jour, il l'a laissé faire avant de la repousser. Il ne parlait pas de toi, il parlait d'Echo. C'est elle qu'il veut chasser de sa vie pas toi, je te le jure.
Je laisse tomber ma tête entre mes mains et respire fortement. J'ai eu faux sur toute la ligne, je sais que je peux avoir confiance en Octavia. Bell n'est pas avec Echo et c'était d'elle qu'il parlait. J'entends Octavia chuchoter quelque chose à Raven pendant que je ressasse tout dans ma tête. Si je l'avais laissé parler, il m'aurait sûrement dit tout ça. Mais ça n'empêche qu'il s'est montré odieux avec moi à la fin de notre conversation, et ça je ne peux pas lui pardonner.
- Je pense que tu devrais aller parler avec Bellamy, mettre les choses au clair... continue Octavia qui pose une main douce sur mon bras.
Je relève brusquement la tête pour la regarder. Raven lui fait un non de la tête, connaissant déjà ma réponse.
- Hors de question ! M'éructais-je.
- Ce n'est pas en ayant un comportement comme ça que les choses s'arrangeront, dit Octavia légèrement remontée.
Raven pose une de ses mains sur mon bras et l'autre sur celui d'Octavia avant de dire avec sagesse :
- Ton frère s'est comporté comme un con avec elle... Et je pense qu'elle a tous les droits d'être en colère contre lui.
- Octavia, lui dis-je doucement, Ton frère m'a dit mot pour mot « Je comprends mieux qu'avec ton caractère de merde tu sois toujours seule et que tu n'aies jamais eu de mec. »
- Quoi ? Octavia se lève d'un seul coup sous le regard étonné des gens autour de nous. Il a dit ça ?
Je hoche la tête alors qu'elle se rassoit, prend avec rage son téléphone sur la table et tape furieusement dessus. J'échange un regard avec Raven et nous nous doutons de l'identité du destinataire de ce message. Octavia ne lâche pas son écran des yeux jusqu'à qu'il vibre de nouveau. Et pendant de longues de minutes, Octavia s'énerve contre son téléphone avant de le passer à Raven. Mon amie regarde longuement l'écran en hochant la tête et en souriant de temps à autres avant de me passer le téléphone.
O' : A ce moment précis, j'ai envie de t'arracher la tête !
Bell : Quoi ? Qu'est-ce que j'ai encore fait...
O' : Dire à une fille qu'elle a un caractère à la con et qu'elle n'a jamais eu de copains à cause de ça, ce n'est pas le meilleur moyen de la draguer.
Bell : Tu es avec Clarke ? De toute façon, ça ne te regarde pas !
O' : Ça me regarde quand je vois que 2 personnes que j'aime beaucoup sont tellement bornés et têtus pour se parler franchement pour s'autodétruire comme ça !
Bell : ...
O' : ALORS TU TE SORS LES DOIGTS DU... ET TU VAS T'EXCUSER !
Bell : C'est trop compliqué, et je ne pense pas que Clarke veuille me parler pour l'instant.
O' : Qu'est-ce que tu en sais en plus, patate ?! Tu es allé lui parler au café ? Tu lui as envoyé un message ? NON ! Et si tu veux encore procréer dans les années à venir, je te conseille fortement de mettre ton ego de côté, une fois pour toute.
Bell : Je vais bosser. On en parle ce soir.
Je rends le téléphone à mon amie alors que je me dis que Bellamy et moi avons le même caractère. Nous avons chacun fait des erreurs, notre discussion n'en était pas une et maintenant nous sommes trop fiers pour en parler calmement. Octavia remet sa main sur mon bras pour me tirer de ma transe.
- Je sais que tout ça ne me regarde pas, continue Octavia, mais derrière ce masque d'indifférence, Bell est blessé. Je ne l'avais jamais vu aussi heureux depuis que vous êtes devenu amis. Il sifflotait tout le temps, il partait plus tôt de l'appartement pour pouvoir te voir au café et il avait tout prévu pour votre rendez-vous. Puis tout est parti en vrille, Bell a été odieux au travail, il est infecte avec moi et il reste dans sa chambre pendant des heures.
- Octavia, lui soufflais-je, je te promets d'y réfléchir. Je t'ai écouté mais je n'irai pas parler à Bellamy, pour l'instant. La discussion est close.
Je sais que je parais encore plus têtue en réagissant comme ça. J'ai eu tort mais j'ai besoin de temps. Octavia semble lâcher l'affaire avant de prendre son téléphone et d'envoyer un message à quelqu'un. Je crois que j'ai jeté un froid dans la conversation mais Raven me fait un sourire rassurant.
- On va dans la boutique d'articles d'arts avant de rentrer ? Me dit-elle en se relevant difficilement.
-Oui ! J'ai 2-3 choses à acheter.
Je m'empare de nos achats avant d'avancer vers la fameuse boutique en question avec la femme enceinte à mon bras. Octavia est toujours plongée dans son téléphone et j'espère sincèrement que je ne l'ai pas froissée. Je m'approche d'elle en lui donnant un petit coup de coude. Elle lève ses yeux surpris avant de croiser mon regard et de me faire un grand sourire.
- Tout va bien, O' ?
- Oui, t'inquiète. Je parlais à Lexa, j'avais un truc à lui demander.
Soulagée que nous ne soyons pas en froid, je prends aussi son bras et nous marchons jusqu'à ma boutique préférée. J'attrape un panier et fonce dans les rayons en quête de nouveaux pinceaux et aquarelles. Octavia parle à voix basse avec Raven et je me demande bien ce qu'elles manigancent toutes les deux. J'arrive au niveau des carnets et les regarde attentivement. À force de parler très souvent avec Arsène, les pages s'amenuisent de plus en plus. Il faut vraiment que je m'achète un nouveau carnet. J'en prends un en main qui me semble magnifique. Une couverture en cuir brun, une sorte de pierre précieuse au milieu et un loquet en métal pour le fermer. Je touche la reliure en souriant, je suis sure qu'il plairait à Arsène. Mes deux amies me rejoignent et regardent ce que j'ai dans les mains.
- Alors on trouve son bonheur ? Me demande Octavia
- Oui, peut-être.
Je retourne le carnet dans l'attention de l'acheter mais le prix exorbitant me saute aux yeux. Et c'est la mort dans l'âme que je le repose sur l'étalage. Le téléphone de Octavia sonne, elle le sort de sa poche et je vois le prénom de Lexa apparaître sur l'écran.
- Euh... Je dois prendre cet appel...
Et avant qu'on puisse rajouter quoi que ce soit, elle quitte en vitesse le magasin. J'échange un regard suspect avec Raven. Je rajoute un petit livre et quelques peintures avant de me diriger à la caisse. Je n'ai pas beaucoup travaillé ces dernières semaines et je n'ai pas envie de manger de la soupe pendant 2 semaines parce que j'ai trop acheté de choses ici.
Nous sortons du magasin à la recherche de Octavia et déambulons dans la galerie commerçante.
- Au fait Clarke, commence ma meilleure amie, c'est quand ta fameuse session de pose cette année ?
Depuis que j'ai accepté de poser pour l'école, tous les ans vers les fêtes de fin d'années, nous organisons une énorme session de dessins où nous invitons les amateurs et les autres écoles à venir dans nos locaux. Je ne suis pas la seule modèle mais ce n'est jamais très plaisant et reposant de se faire scruter par des centaines et des centaines de personnes pendant une journée entière.
- Dans deux semaines. Tu peux venir avec Wick si tu veux...
- Je ne dessinerai pas mais je viendrai avec plaisir pour profiter du buffet hors-d'œuvre !
Nous éclatons de rire avant de nous arrêter de suite en voyant Octavia quelques mètres plus loin. Raven me pousse contre un des piliers pour que nous soyons cachés. Nous nous regardons avant de scruter ce qui éveille nos curiosités de mamies. Octavia dans les bras de Lincoln. Elle semble si calme et apaisée dans ses bras. Et ce câlin n'a pas l'air platonique vu la façon dont le métisse serre mon amie dans ses bras avec ses mains sur ses hanches. Je me doutais bien que quelque chose se tramait entre ses deux là depuis le concert, mais là, ça saute carrément aux yeux ! Je me demande bien qui est au courant de leur relation. Et si Octavia n'avait pas envie que ça se sache et s'était éloignée exprès de la boutique pour retrouver Lincoln ? Je prends mon téléphone et lui envoie un message.
ClarkeG : On vient de sortir du magasin. Tu es où ?
Octavia s'éloigne à peine de Lincoln pour prendre son téléphone et lire mon message. Raven me donne un coup dans l'épaule quand elle voit Lincoln se saisir du visage de notre amie pour l'embrasser sur le front. Ces deux-là sont définitivement ensemble.
OctaviaB : Je suis à côté de la grande fontaine, je vous y attends.
Je montre le message à Raven qui hoche la tête en s'asseyant sur un des bancs le temps d'une minute. Octavia s'éloigne de Lincoln mais caresse tendrement son bras en regardant dans toutes les directions. Au bout d'un temps suffisamment long sans éveiller les soupçons, nous sortons de notre cachette pour venir à leur encontre.
Quand nous les voyons, ils semblent être dans une discussion animée. Je fais un grand sourire quand Octavia vient vers moi.
- Regarde qui j'ai rencontré ! Me dit-elle en prenant ma main. Il était dans le coin et je crois que... en fait...
- Salut Clarke ! Me dit Lincoln qui semble sauver Octavia d'une situation un peu gênante. Je suis content de te revoir.
Il me serre brièvement contre lui avant de serrer la main de Raven.
- Moi aussi, ça fait longtemps !
- Merci d'avoir accepté de dessiner notre EP, nous te serons éternellement reconnaissant.
- Quelques places de concert, plus de Taylor Swift et ça m'ira parfaitement, lâchais-je avec un grand sourire.
Nous marchons tous ensemble vers la sortie en parlant de dessins et d'idées avant que Raven m'interrompe.
- Demain, tu viens un peu plus tôt ? J'aimerais discuter bébé, vomissements et ballonnements avec ma meilleure amie !
- Je dois faire quelque chose demain après-midi mais promis je viendrais plus tôt pour parler de ta transformation en Jabba Le Hutt !
Raven me pousse contre Octavia et Lincoln alors qu'on rigole tous. Je reprends ma vie en main demain. Première étape, confronter Finn sur son usurpation d'identité.
Reboostée par mon après-midi de la veille avec Raven et Octavia je pars au café affronter Finn. Ma confrontation avec Bellamy aura lieu plus tard. Je sais qu'il ne travaille pas aujourd'hui et j'ai déjà programmé quand j'allais lui parler. Mais si ce n'est pas à moi d'aller m'excuser, je lui enverrais un message vendredi prochain. Ça me laisse une semaine pour faire la liste des choses à lui dire.
Je me pose à ma place habituelle et prends le carnet en main. Pas de message d'Arsène. Légèrement déçue mais pas abattue, je prends mes crayons et dessine sur deux pages. Je dessine une petite fille aux yeux bleus magnifiques avec de longs cheveux bruns qui saute sur le capot d'une voiture sous le regard pleins d'amour de Wick et Raven. C'est comme ça que j'imagine ma filleule, le parfait mélange de sa mère et de son père. Puis, même si Raven flippe un peu, je suis sure qu'elle va être parfaite avec le bébé et qu'elle sera une mécanicienne d'exception. Je lève la tête pour voir Finn se diriger vers moi avec ma commande, je débarrasse ma table juste à temps.
- Voilà, Princesse. Me dit-il en se retournant déjà.
- Finn ! M'écriais-je un peu trop fort mais il se retourne pour m'interroger du regard. Je voudrais te parler, tu as le temps ?
Il regarde comptoir et la salle qui semble tranquille et vient s'installer devant moi. Je respire un bon coup avant de lâcher ce que j'ai sur le cœur.
- Je sais que tu n'es pas Arsène, Finn.
Il ouvre la bouche, puis la referme, semble réfléchir à des excuses avant de se raviser.
- Comment le sais-tu ?
- Il me l'a simplement dit. Il m'a tout dit. Dis-je penaud mais un peu triste d'avoir joué de lui pendant une semaine.
- Il te l'a dit ? Vraiment ? Finn se rapproche de moi comme si il était choqué de ce que je viens de lui dire.
- Oui. Il m'a prouvé que tu n'étais pas Arsène. Et j'ai toujours eu un doute, pour être honnête avec toi. Je pose ma main sur son bras quand je le vois regarder au loin. Je comprends pourquoi tu as fait ça, mais tu n'as plus besoin de jouer un rôle avec moi.
Il se lève brusquement et reprend son plateau avant de faire quelques pas.
- Je ne sais pas ce qu'il a de si spécial pour que tu t'accroches à lui après tout ça.
Je n'ai pas le temps de le retenir qu'il est déjà parti au comptoir, en train de le nettoyer rageusement. Je ne comprends pas le sens de sa phrase. Connaît-il l'identité d'Arsène ? Et qu'est ce qu'il v en disant que je m'accrochais à lui après tout ça ? Je me vois mal lui demander l'identité de mon correspondant après ce qui s'est passé entre nous. Je n'ai pas le temps de m'interroger plus longtemps qu'un sifflement provenant de ma poche m'interromps. Un mail d'Arsène. Pas d'objet ni de texte, juste une pièce jointe. Je l'ouvre. Et je rougis violemment et plaque l'écran contre ma cuisse. Je mets le téléphone sous la table pour regarder de nouveau la photo. Le fameux tatouage en question avec juste un drap blanc qui cache tout autour et un rayon de soleil qui illumine les détails de cet Arsène encré. Je remarque de nouveaux indices. Le tatouage est sur une peau mate et sur une cuisse plutôt musclé. Un deuxième mail arrive et je me demande si c'est encore une nouvelle photo.
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De : ArsèneLupin-mail
à : ClarkeGriffin-mail
Objet : J'aime.
J'aime la teinte rouge que tes joues prennent quand tu regardes mon tatouage. Je ne pensais pas que tu serais aussi bouleversée par cela.
Arsène qui joue vraiment au Papy Michel avec Bonnie.
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Je regarde autour de moi, Arsène est là. Quelques touristes sont installés à la table, pas d'habitués à cette heure-là. Je regarde dehors en cas où mais je ne trouve aucune trace de mon admirateur secret. Je scrute les alentours sans trouver d'indice. Je braque mon regard vers le comptoir où je vois Lexa qui met son téléphone dans son pantalon puis lève les yeux vers moi. Elle tapote sa poche gauche, me fait un petit sourire avant de me faire un clin d'œil.
D'ordinaire je passe mon dimanche à me balader dans Paris et à courir les musées. Mais aujourd'hui, je n'ai qu'une seule envie, c'est de ne rien faire. Le comportement de Lexa hier a aiguisé ma curiosité. Elle pourrait être Arsène au vu de tous les indices que j'ai récolté ces derniers temps mais ça me paraît trop gros pour être vrai. Trop évident pour Arsène de se dévoiler comme ça. Mais je laisse l'idée que Lexa soit peut-être Arsène dans une un coin de ma tête. Je m'affale sur mon canapé en regardant Netflix quand je reçois un message de Octavia :
OctaviaB : Désolée de te déranger un dimanche, mais j'aurais besoin de toi. Tu peux passer à l'appart ?
ClarkeG : Tout va bien ? Bellamy n'est pas là ?
OctaviaB : Bell est à la salle de sport. J'ai un petit coup de mou... Je peux compter sur toi pour me remonter le moral ?
ClarkeG : Bien sûr ! Je m'habille et j'arrive.
OctaviaB : Prends ton temps. Je suis en train de faire 2-3 trucs. Dans 1h ?
ClarkeG : Ok.
35 minutes plus tard, je suis dans le bus qui m'emmène à l'appartement de mon amie. J'espère que tout va bien et qu'il n'y a rien de grave. Peut-être qu'elle me parlera de sa relation avec Lincoln. En attendant d'arriver chez elle, je gribouille quelques idées pour The Duff. Toujours dans le style comics mais plus traditionnel avec des portraits de chaque membre du groupe. Octavia m'a laissé la liste des chansons présentes sur le EP et je les réécris sur mon carnet. Il faut que je trouve l'inspiration pour cette commande spéciale, je n'ai pas envie de la décevoir.
Je tape le code d'accès à la porte de l'immeuble avant de grimper les escaliers. Je ne suis pas revenue ici depuis la fameuse soirée où j'ai chanté avec Bellamy dans le salon. Je chasse cette scène de mes pensées, ce n'est pas le moment de penser à lui. Je suis ici pour Octavia. D'ailleurs, j'ai dû faire un boucan pas possible en montant car mon amie est déjà sous l'encadrement de la porte. Elle me fait un grand sourire en m'attirant contre elle. J'essaie de reprendre mon souffle en même temps qu'elle me tire dans le couloir de l'appartement.
- Hey... Ça va, O' ? lui soufflais-je en la serrant contre moi.
- Oui, ne t'inquiète pas. M'assure-t-elle. Accroche ton manteau au patère, j'arrive.
Je la regarde du coin de l'œil alors que j'accroche mes affaires au mur. J'entends quelques bruits dans l'appart et me demande bien ce qu'elle fait. J'avance timidement dans le logement alors que je vois Octavia passer à côté de moi avec son manteau sur le dos. Je me retourne pour lui faire face, et sens qu'elle est nerveuse.
- On sort ? Lui demandais-je.
- Je suis désolée Clarke, je devais le faire. Les yeux de Octavia se font suppliants alors qu'elle se saisit de ses clés. Je commence à paniquer et me demande bien ce qu'elle me fait comme plan foireux. Des bruits de pas derrière moi me font sursauter alors que je regarde toujours Octavia.
- Mais qu'est ce qui passe ? m'énervais-je.
- O' ! Pourquoi tu as pris mes clés de maison ? Je dois sortir plus tard pour aller au... La voix de Bellamy résonne dans tout l'appartement et je comprends le plan de Octavia.
Je fonce vers elle pour essayer de l'empêcher de m'enfermer ici avec son frère mais elle est beaucoup plus rapide que moi. Elle se faufile derrière la porte, la claque et la ferme à clé. Je sens que Bellamy est juste derrière moi parce qu'il souffle fortement. Il doit être aussi énervé que moi.
- Octavia Aurora Blake, je te jure que si tu n'ouvres pas la porte dans la seconde, je détruis ta guitare ! Menace Bellamy qui a l'air vraiment en colère.
- J'ai mis la guitare en sécurité, je savais que tu allais jouer sur la corde sensible, railla Octavia avant de reprendre son sérieux. Vous êtes tous les deux des têtes de mules, je n'ai trouvé que cette solution pour que vous puissiez vous parlez. Alors ne vous entretuez pas, parlez, mettez les choses au clair. De toute façon, je ne reviens que dans quelques heures.
Et elle nous plante là, comme deux cons. Je l'entends descendre les escaliers alors qu'un rire nerveux sort de ma bouche. Je ne pensais vraiment pas qu'elle serait capable de cela. Je souffle un bon coup avant de pivoter et de voir Bellamy. Et malgré toute la tension qui règne entre nous, la scène qui s'offre à moi me coupe le souffle. Bellamy est torse nu, les cheveux encore mouillés de sa douche et ne porte qu'un jogging qui tombe bas sur ses hanches. Je m'étais toujours focalisée sur ses boucles brunes, ses taches de rousseur mais là, ça n'a rien à voir avec ce que j'ai pu voir dans ma vie. Aucun des mannequins qui a déjà posé pour moi ne peut rivaliser face à la statue grecque en face de moi. Ses muscles sont parfaitement sculptés, son ventre plat. Mes yeux n'écoutent pas mon cerveau quand je regarde le bas de son corps. Son pantalon est tellement bas que je peux voir le fameux V masculin. Mais soudain, il disparaît de ma vision quand Bellamy décide de remonter brusquement son pantalon alors qu'il semble gêné. Ses yeux sombres me scrutent intensément. S'il me regarde comme ça et que le silence règne toujours autant, les prochaines heures vont être longues. Très longues.
- Je vais enfiler un T-shirt. Va dans le salon, je te rejoins.
Avant que je n'aie pu rajouter quelque chose, il disparaît dans sa chambre. Je me dirige vers le canapé, de toute façon je suis bloquée ici. Je n'ai aucune autre solution. Je m'assoie et regarde le plafond en respirant fortement. Il faut que je me calme et que cette fois ci, nous discutions vraiment Bellamy et moi. Je ferme les yeux en me concentrant sur ce que j'aimerais lui dire. Je les garde toujours fermés quand je le sens s'asseoir à côté de moi, il semble me laisser le temps de me ressaisir. Au bout de quelques secondes, j'ouvre les yeux et le fixe. Il a l'air fatigué, les traites tirés mais je pense que je dois être pareil.
- Clarke, sa voix est étrangement enroué, cette fois-ci écoute moi jusqu'au bout, s'il te plaît.
- Je te le promets, je crois qu'on a beaucoup de choses à se dire.
Il hoche la tête, s'installe plus confortablement dans le canapé et expire bruyamment avant de parler doucement :
- Lors de notre dispute de la semaine dernière, tu m'as reproché de ne rien savoir sur moi. Et tu avais raison. Et pour tout comprendre, il faut que je te parle de mon passé.
- D'accord... Je t'écoute. Je croise les bras sur ma poitrine, prête à attendre ce qu'il à me dire.
- J'ai vécu les 18 premières années exclusivement avec ma mère et ma sœur. Commence-t-il, mon père est au abonné absent depuis ma naissance et celui d'Octavia est mort quand elle avait deux ans.
- Vous n'avez pas le même père ? Demandais-je choqué. Ils se ressemblent tellement que c'est difficile à croire pour moi. Désolée, je t'ai interrompu.
- Pas de soucis. Oui. Le père de Octavia était quelqu'un de bien. C'est un peu le père que je n'ai jamais eu. Et quand il est mort, ça a brisé le cœur de ma mère, on est venu s'installer dans la région pour être proche de notre famille. Puis quand j'ai eu 17 ans ma mère est tombée gravement malade.
Malgré toute la colère que je ressens envers Bellamy, ma compassion prend le dessus et je pose ma main sur la sienne. Il regarde nos mains et semble se détendre légèrement.
- Un cancer du sein, me dit-il gravement en me regardant dans les yeux, et un an ça s'est propagé dans tout son corps. Octavia avait 14 ans. Je m'occupais comme je pouvais d'elle. Et 5 jours après mes 18 ans, ma mère est partie. Je ne pouvais pas élever Octavia seul. Alors ma tante, nous a accueillis ici.
Il fait un grand geste de la main pour me montrer l'appartement. Je me rends compte qu'il prend sur lui, les larmes aux bords des yeux. Octavia avait raison, Bellamy est quelqu'un de sensible derrière cette carapace.
- Anya nous a accueillis avec beaucoup d'amour, essayant d'être une seconde mère pour nous. Octavia s'est bien adaptée à la situation mais pas moi. J'ai commencé à déconner et Anya m'a inscrit à des réunions pour les jeunes qui ont perdus leurs parents. C'est là que j'ai connu Echo.
Même si je sais que cette dernière n'est pas la petite amie de Bellamy, ça me fait bizarre de l'entendre prononcer son prénom. Je fais un geste de la main pour qu'il continue son histoire.
- Ses parents sont morts dans un accident d'hélicoptère lors d'un voyage touristique. Et elle vivait chez sa grande sœur. Elle aussi a commencé à ne plus aller en cours, à boire et à fumer. Nous sommes tombés amoureux. Finit-il par dire en regardant ailleurs. Mais au lieu de nous sauver l'un l'autre, on a échoués ensemble. Je ne voyais plus Octavia, je ne rentrais presque plus à la maison puisque que j'enchaînais soirée après soirée avec Echo. Notre relation était passionnelle et destructrice. Désolé, je ne devrais pas te parler comme ça de mes histoire d'amour après que...
Je serre sa main et caresse sa paume pour le rassurer.
- Je ne vais pas te cacher que ça me pince un peu le cœur de t'entendre parler comme ça d'une ex, lui confiais-je, mais nous avons tous un passé.
Je lui fais un sourire rassurant avant de lui demander de me raconter la suite.
- Anya m'appelait le roi rebelle. Un jeu de mot avec mon surnom. J'avais un caractère à la con, à prendre de mauvaise décision mais à protéger ceux que j'aime. Dit-il en souriant tristement. Mais comme le destin ne nous lâche jamais, Anya est décédée renversé par un camion l'année de mes 19 ans.
- Je suis vraiment désolée, Bell. Les larmes me montent aux yeux, je n'ai jamais connu de pertes aussi subites dans ma famille.
- J'ai dû me prendre en main du jour au lendemain, pour moi mais surtout Octavia. Dit-il en me regardant de nouveau dans les yeux. J'avais perdu ma mère et ma tante, je n'allais pas survivre si je perdais Octavia. J'ai arrêté les soirées, j'ai commencé à travailler à l'Ark'afé et des cours du soir. Anya nous a légué cet appartement, les premiers mois on s'en sortait, mais ça devenait de plus en plus difficile. Alors nous avons décidé de prendre des colocataires. Echo était une évidence pour moi, même si notre relation devenait compliquée. Elle avait gardé ses mauvaises habitudes alors que moi j'avais tourné la page. Puis j'ai fait la connaissance de Jasper lors d'un cours et il s'est joint à notre colocation.
Bellamy se lève du canapé pour aller nous chercher à boire, discuter autant lui a donné soif. Il revient quelques instant plus tard en tendant un verre.
- Je crois qu'on mérite bien un verre. Je lui souris en entrechoquant nos verres.
- Cette colocation nous a fait du bien, ça permettait à Octavia et moi de penser à d'autres choses. Jasper se comportait comme un grand frère avec elle et même Echo était là pour les problèmes de filles. Par contre, en parallèle, Echo continuait ses conneries alors j'ai décidé de me séparer d'elle. Mais elle est restée vivre avec nous. Malheureusement, ça créait des tensions. Au bout d'un an, Jasper est parti parce que l'appart était trop loin de l'école d'art qu'il venait d'intégrer. Alors ce n'était que nous 3 pendant quelques mois.
- Octavia a l'air de détester Echo, mais au vu de ce que tu me dis, je ne comprends pas pourquoi.
- J'y viens, reprend-t-il, même si nous n'étions plus ensemble, que Echo allait voir d'autres mecs et qu'elle faisait des aller-retour Paris-Londres, nous avons continué à nous voir. En fait... on continuait de coucher ensemble. Bellamy n'ose plus me regarder dans les yeux, son visage est tout rouge et il se gratte la tête. On a vécu les mêmes choses, j'étais très attaché à elle. Et il y à trois ans, on s'est remis brièvement ensemble. Je travaillais au café, Octavia venait de fêter ses 18 ans, j'étais enfin à la fac. Echo voulait qu'on se redonne une vraie chance. Elle a repris les cours, a arrêté les soirées et la drogue. Mais ce que je ne savais pas, c'est qu'elle avait un plan pour évincer Octavia de ma vie.
Bellamy met sa tête entre ses bras et respire fortement. Je me doute bien que de ressasser toute cette histoire ne doit pas lui faire du bien mais pour l'instant je n'ai pas beaucoup de réponses à nos problèmes.
- Je t'en prie continue ton histoire, lui soufflais-je en tapotant son bras.
- Elle avait fait des démarches pour envoyer Octavia dans un internat à l'autre bout de la France en se faisant passer pour moi et s'était renseignée pour faire vendre l'appartement. Elle voulait qu'on ne soit que tous les deux pour faire un tour du monde. C'en était trop pour moi, et je l'ai virée de chez nous et de ma vie définitivement. Et ces trois dernières années, j'avais de temps à autres de ces nouvelles et d'une manière je lui ai pardonné ses erreurs. Et quand elle a débarqué à la galerie, je n'ai pas compris ce qu'elle faisait là.
- Je vais te dire ce que j'ai vu ce soir-là. Commençais-je, je suis revenue de la réserve, je t'ai vu sortir de la galerie, Echo t'a sauté dessus. Puis elle t'a embrassé et tu l'as embrassée en retour. Et Finn m'a dit que c'était ta petite amie, alors j'ai tourné le dos et je suis partie.
- Je ne l'ai pas embrassée ! S'emporte-t-il, j'ai été étonné qu'elle m'embrasse comme ça après autant de temps, je me suis laissé faire pendant quelques secondes avant de la repousser. J'aurais dû le faire de suite vu les dégâts que cela acausés...
Il tourne la tête pour me regarder et son regard est peiné. Je sais que j'ai jugé trop vite.
- Elle m'a dit qu'elle avait reçu un message comme quoi je voulais la revoir et qu'elle était venue exprès de Londres pour ça. M'explique-t-il. Je lui ai dit qu'il devait y avoir eu erreur mais vu qu'elle avait déjà pris ses billets, elle était coincée pendant 1 semaine ici. Et je l'ai hébergée. J'aurais dû te le dire, je n'aurais pas dû te mentir. Mais comment t'expliquer que mon ancienne copine et plan cul venait habiter chez moi alors qu'on essayait de commencer quelque chose tous les deux...
- Si je ne t'avais pas évité pendant des jours et si je t'avais tout de suite dit que je t'avais vu avec Echo, on aurait pu éviter une dispute. Mais je dois te demander, Bellamy, de qui parlais-tu pendant ta conversation téléphonique ?
Même si Octavia m'a assurée que Bell parlait d'Echo, je veux être certaine de cela.
- Je pense que tu as mal interprété les choses Clarke, me dit-il en reprenant ma main, je parlais d'Echo. Je disais à Octavia que je regrettais de m'être laissé embrasser par Echo et que je ne pouvais pas la virer de l'appartement du jour au lendemain. Elle a changé, elle est devenue beaucoup plus responsable. Elle a aussi essayé de me faire changer d'avis sur notre ancienne relation. Octavia l'a su et m'aengueulé parce que tu étais dans ma vie désormais. Je ne voulais pas être avec Echo, je n'ai jamais voulu revenir auprès d'elle et j'ai promis à ma sœur de couper tout contact avec Echo.
Il se rapproche de moi, son corps à quelques centimètres de moi. Je ne bouge pas et le regarde droit dans les yeux.
- C'est ce que j'ai fait, murmure-t-il, j'ai dit à Echo que je ne voulais plus avoir de contact avec elle, même amicaux. Parce que j'avais rencontré quelqu'un qui comptait énormément pour moi.
Il braque son regard de braise vers moi et je sens de nouveau cette chaleur parcourir tout mon corps. L'air se charge d'électricité et je sens que je vais encore craquer si je ne m'éloigne pas de lui. Je me lève subitement du canapé et attrape mon verre pour le boire d'un coup. Bellamy ne me lâche pas du regard.
- Clarke... Au moment où j'ai posé mes yeux sur toi, tout le reste avait disparu. Mes soucis, Echo, tout. Il n'y avait que toi dans mes pensées.
Il a lâché sa phrase tellement bas que j'ai cru avoir une hallucination auditive pendant quelques secondes. Je ne pensais vraiment pas que je comptais autant pour lui. Je me rassois à côté de lui où je pose ma main sur son bras. Mon pouce caressant distraitement sa peau.
- Je te voyais au café, puis on est devenu amis et on s'est embrassés, me confie-t-il, j'avais, j'ai envie de mieux te connaître. J'ai cru devenir fou quand tu t'es éloignée de moi sans aucune raison après le vernissage, que tu sois sortie avec Finn et que tu l'aies embrassé... D'ailleurs, pourquoi ?
Cette fois-ci c'est moi qui suis gênée. Je gratte ma la tête en réfléchissant à ce que je vais pouvoir lui dire. Je n'ai pas envie de lui mentir mais je n'ai pas non plus envie de lui parler de ma correspondance avec Arsène.
- Accepter de sortir avec Finn est une vengeance à la con, qui m'a fait sentir mal, et le baiser c'est lui qui l'a initié. Je me suis laissé faire aussi avant de m'éloigner. C'était une mauvaise idée.
Il hoche la tête et pose son autre main sur la mienne.
- J'ai pété un plomb chez toi, Clarke. Je n'aurais jamais du te parler comme ça, t'embrasser sauvagement et de t'insulter. Mes paroles ont dépassés mes pensées, je n'aurais pas dû insinuer ces choses-là sur ta vie privée. Me confie-t-il avec une voix rauque, ses yeux ne quittant pas les miens, je suis vraiment désolé pour tout ça, pour Echo, pour ma réaction chez toi et mes mots blessants.
J'ai écouté tout ce qu'il avait à me dire, j'ai compris pourquoi il m'avait caché son histoire sur Echo. J'ai l'impression de mieux le connaître à présent. Je sais pourquoi désormais il ne se livre pas facilement sur ses émotions.
- Je comprendrais que tu ne me pardonnes pas. Lâche-t-il au bout d'un moment.
Je ne devrais pas lui pardonner si facilement après ce qui s'est passé chez moi mais je vais le faire parce qu'il compte pour moi.
- Si tu as besoin de mon pardon, je te le donne. Tu es pardonné. Mes paroles faisant écho à celles que j'ai dites à Arsène il y a quelques jours.
Il prend ma main dans la sienne et entremêle ses doigts au miens. Je me rapproche de lui, mais je dois lui dire ce que j'ai sur le cœur.
- Mais pour l'instant, je pense que la meilleure des choses pour nous c'est de rester amis avant de tenter autre chose.
Il baisse la tête vers moi et j'essaie de sonder son regard, mais c'est peine perdu, des fois il peut vraiment être mystérieux.
- Les choses entre nous sont allés très vite, trop vite, continuais-je, j'ai l'impression de te connaître par cœur et en même de ne rien savoir sur toi, c'est étrange. Je veux prendre le temps cette fois-ci.
Son regard est peiné avant qu'il se ressaisisse et me tire un peu plus contre lui.
- J'attendrais le temps qu'il faudra, Princesse.
Je pose ma tête contre son épaule en fermant les yeux, ma main toujours dans la sienne. Le surnom « Princesse » ne me dérange plus désormais puisque je l'assimile à mon roi rebelle.
Helloooo, it's meeeeee... (OK j'arrête de me prendre pour Adèle)
Alors, désolée pour la semaine de retard dans la publication, j'étais chez ma BFFOOF et Bêta qui corrige super vite (AmandineH) à Caen, d'ailleurs un OS à 4 mains arrivera bientôt ! Et j'ai eu des problèmes de connexion internet... (Et aussi, j'ai un peu flemardé. Vous pouvez me lancez des tomates)
Sinon, j'espère que la discussion Bellarke est à la hauteur de vos espérances et que je n'ai perdu personne à cause de Bellamy torse nu. (Vanille, est-tu encore vivante ?) Est-ce que vous vous attendiez à Octavia et Lincoln ? Le trio des filles vous plaît-ils ? JE VEUX TOUT SAVOIR ! Dites moi tout dans les reviews !
Le prochain chapitre sera posté le 9 mars (2 jours après mes 25 ans...) ! Au menu, la fameuse session de pose de Clarke, un Noël pleins de câlins, un nouvel an un peu trop alcoolisée et... une scène de rencontre entre Clarke et Arsène. Soyez au rendez vous dans 15 jours !
Merci encore à chacun d'entre vous.
A très bientôt,
-Géraldine.
