Bonjour tout le monde,

D'abord, je voudrais vraiment tous vous remercier pour vos reviews, vos ajouts en fiction favorite, etc... Lorsqu'on écrit quelque ch

ose, on finit toujours par se dévoiler, d'une certaine façon. Le regard des autres est parfois dur, mais vous parvenez toujours à chasser mes doutes.

Je m'excuse du retard qu'a pris cette histoire, j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.

Ce chapitre ne comporte pas énormément d'action, mais il est charnière ;) (Les OOO représentent un changement de PoV)

Bonne lecture !

The pomme d'Happy


La débâcle des sentiments

PANIQUE

Attablée en face de Jenna, Elena ne pouvait empêcher un sourire d'étirer ses lèvres. Sa tante l'observait depuis plus de cinq minutes et faisait ce qu'elle pouvait pour garder son sérieux et paraître comme l'adulte responsable qu'elle était censée être, mais pour le moins elle y peinait.

Au bout d'un moment, n'y tenant plus, elle se lança, sous le regard amusée de sa nièce qui s'attendait à une conversation épique.

-C'était plutôt… Surprenant et torride.

-Mmm…Oui... A quoi as-tu assisté exactement ?

-Crois-moi, j'en ai vu assez, sourit narquoisement sa tante. Je suppose que ça signifie que toi et Matt c'est fini ?

-Oui, avoua Elena soudainement attristée.

-Des regrets ? demanda Jenna en notant son air peiné.

-Non, aucun, je sais que c'était la seule chose à faire. Mais je m'en veux de l'avoir blessé. Tu aurais du voir son regard…

-Il finira par te pardonner, n'en doute pas ! Et donc, toi et le charmant randonneur sortaient ensemble…, changea-t-elle de sujet en jouant l'innocence.

Elena se mordit la lèvre, embarrassée, craignant que sa tante ne la juge. Il est vrai que rompre avec celui qui était à ses côtés depuis toujours pour aller embrasser un autre quelques heures plus tard n'était pas une idée des plus honorables. Et cela lui faisait mal d'imaginer que l'on puisse penser qu'elle n'était qu'une allumeuse, qui courait après tout ceux dont les gênes comportaient un chromosome Y.

Elle-même, en temps normal, aurait vite catégorisé quelqu'un agissant de la sorte. Mais au-delà de ses principes, elle savait qu'il était impossible pour elle de renoncer à voir Damon. Dans son monde détérioré, où les ténèbres menaçaient à tout moment de l'engloutir, il était la seule lueur qui subsistait. Elle se sentait bien avec lui, comme si sa simple présence parvenait à lui procurer un sentiment de sécurité et de sérénité. Lorsqu'il était là, elle oubliait le désastre que constituait sa vie et toute peur la quittait.

Elle, d'habitude si prudente et sensée, ne pouvait expliquer ce besoin irrépressible qui la prenait. Jamais auparavant elle n'avait vécu d'alchimie si brusque et forte.

Non, elle n'avait aucun remords, même si elle se détestait pour cela. Certains diraient sûrement que l'accident l'avait rendu égoïste et capricieuse, mais tant pis, elle ne pouvait simplement pas s'éloigner de l'unique personne qui arrivait à éclairer ses pensées.

Elle en était là dans son introspection quand Jenna lui passa la main devant le visage.

-Tu étais partie loin chérie…

Elena lui offrit un sourire d'excuse.

-Tu trouves ça étrange, pas vrai ? Que je me sente proche de Damon.

-Pas du tout. Cet homme est incroyablement sexy, répondit sa tante avec un regard complice. Mais plus sérieusement, il te rend le sourire et c'est tout ce qui compte pour moi !

Pour confirmer ses dires, Elena sourit. Jenna était vraiment quelqu'un d'incroyable. La situation n'était facile pour personne mais sa tante s'en tirait extrêmement bien, même si Jeremy faisait son possible pour lui compliquer la vie. Il faudrait d'ailleurs qu'elle ait une discussion à ce propos avec lui. Elle soupira à cette idée, ce serait tout sauf facile.

-A table ! Fais-le venir ce soir, je cuisinerais. Ou on commandera des pizzas, rectifia-t-elle en jetant un coup d'œil au morceau de chair brûlée qui avait été un steak.

Elle mangea avec Jenna puis celle-ci dut retourner à ses présentations et Elena se retrouva une fois de plus totalement désœuvrée.

Elle s'installa à son appui-de-fenêtre et inscrivit dans son cahier les évènements qui avaient constitués sa matinée, s'attardant sur le temps passé avec Damon.

Relatant rapidement la rencontre avec son frère.

Elle se sentait encore étrange en repensant à Stefan. Il l'avait fixée et examinée comme s'il voyait une créature fabuleuse ou un fantôme, et cela l'avait rendu mal à l'aise. Elle ne voulait pas se retrouver prise entre les deux frères, surtout en ayant connaissance de leurs antécédents à ce niveau. Le mieux serait de l'éviter autant que possible, de toute façon elle n'avait pas grand-chose à lui dire et il ne lui avait pas paru particulièrement sympathique. Et si Damon préférait ne pas passer de temps avec son propre frère il y avait forcément une raison, il était plus sage de lui faire confiance et de s'en tenir éloignée.

Décidée à agir de la sorte, quelle ne fut pas sa surprise quand sur le seuil, d'où lui était parvenu le son de la sonnette, elle découvrit Stefan.

Son expression sérieuse s'était un peu atténuée et un sourire éclairait son visage, cependant Elena eut un vague sentiment déplaisant de piège se refermant sur elle. Elle le salua tout de même poliment et attendit qu'il déclare la raison de sa visite.

-Je tenais à m'excuser de la mauvaise première impression que j'ai du te faire. Je ne voulais pas te paraître insistant, et j'ai bien senti que je t'embarrassais.

-Tu ne m'embarrassais pas, mais c'est vrai que j'étais un peu gêné. Ta relation avec Damon m'a l'air complexe et je ne veux pas m'immiscer entre vous.

-Tu oses dire ce que tu penses ! sourit-il soudain largement.

Elena fronça les sourcils, pensive. Quelque chose clochait et ce n'était pas pour lui plaire. Déterminée à en finir, elle dédaigna les règles de politesse et ne lui proposa pas d'entrer :

-Pourquoi es-tu venu ? La véritable raison.

Il perdit son sourire et redevint sérieux :

-Il faut que je te parle de Damon, et il faut que tu m'écoutes.

-Vraiment ?

-C'est important, soupira-t-il.

-Très bien, je ne peux pas t'en empêcher, mais je ne promets pas de croire tout ce que tu me diras.

-Tu sais, c'était le meilleur des frères qu'on puisse rêver d'avoir. Nous étions soudés, il était mon meilleur ami, celui à qui je voulais ressembler et à qui je racontais tout. Et puis Elle est arrivée… Je n'ai pas voulu ce qui s'est passé, mais je ne pouvais m'en empêcher, j'étais totalement sous son emprise…

-Tout comme Damon. Partager celle qu'on aime ne doit pas être facile.

-Oui. Mais étrangement ce ménage à trois ne nous a pas découragés. C'est après, lorsque nous l'avons perdu que les choses ont dégénéré.

-Elle est partie ?

Il secoua la tête.

-Elle a péri, dans un incendie.

-Oh. Je suis désolée…

Voilà qui expliquait pourquoi ils avaient tant de mal à tourner la page. Se reprendre après une rupture n'était déjà pas évident, mais quand une personne à qui l'on tient meurt, c'est impossible de ne pas en être transformé. Elle en savait quelque chose.

-Depuis ce tragique… accident, il n'est plus le même. Lui auparavant si gentil et naïf s'est endurci. Il s'est détourné de ses émotions. A tel point qu'il a commis pas mal d'erreurs, de grosses erreurs. Qui se sont révélées fatales pour certains.

-Tu…Tu es en train de me dire que ton frère est un psychopathe… ? Sérieusement… Je ne veux pas en écouter davantage.

Elena grimaça, cette conversation qui dès le départ lui semblait déplacée se révélait à présent complètement malsaine. Paniquée, elle voulut refermer la porte sur lui mais il attrapa le panneau de bois d'une seule main, et il fut alors impossible à Elena de l'y obliger. C'était comme essayer de bouger un roc. Surprise, la jeune femme recula brutalement, se cognant contre le chambranle. Une lame de bois se détacha, s'enfonçant dans sa chair. Elle cria en observant son bras abîmé, d'où une perle de sang s'échappa.

Elle fusilla son interlocuteur du regard, furieuse de sa présence chez elle, ainsi que d'elle-même pour se laisser intimider aussi facilement.

Mais sa colère disparut, remplacée par de la crainte quand le visage de Stefan changea. Des veines sombres se détachèrent sur sa peau claire, sous ses yeux, cernant son regard. Ses pupilles se dilatèrent, donnant à ses yeux un air effrayant.

Subitement, il se retourna, lui montrant le dos. Quand il lui fit face à nouveau, nulle trace ne subsistait et Elena se demanda si elle n'avait pas rêvé. Mais le sourire d'excuse qu'il lui lança dissipa ses doutes. Apeurée, elle recula, s'apprêtant à déguerpir s'il se lançait à sa poursuite

Il leva les mains en signe d'innocence et s'avança vers elle.

-Pardonne-moi. Je ne te veux aucun mal Elena, il faut que tu me croies…

Il fit encore un pas en avant et se cogna contre un mur invisible, semblant être tendu à l'endroit même du seuil, l'empêchant visiblement d'aller au-delà.

Une seconde plus tard, il avait disparu !

Elena se laissa glisser contre le mur, tremblante. Elle ne comprenait rien à ce qui venait de se dérouler. Elle ne savait plus quoi penser, quoi faire. Totalement choquée, elle resta ainsi longtemps, tassée contre le mur, les bras enserrant ses genoux.

Elle ne sut réellement combien de temps elle passa dans cette position, par terre, mais par la porte d'entrée encore ouverte elle vit bientôt Damon venir à elle. Dans sa confusion, Elena ne réagit pas se contentant de le regarder arriver. Ses mèches couleur corbeau tombant de façon désordonnée sur son front contrastaient avec le bleu de ses yeux électrisants. Et avec son jeans, sa chemise et sa veste en cuir noires il était d'un effet saisissant.

Le cœur de la jeune femme se serra à l'idée de la conversation qu'ils devraient avoir et le tremblement de ses membres reprit de plus belle.

OOO

Damon observait Elena, furieux contre son frère pour l'avoir placé dans un tel état de léthargie. Quand Stefan était rentré à la villa, sa culpabilité était pratiquement palpable. Conscient d'avoir commis un impair, il lui avait raconté la scène avec la jeune femme sans minimiser les faits. Sa mine était si piteuse que Damon n'avait pas ressenti le besoin de l'enfoncer davantage, et s'était aussitôt précipité chez les Gilbert.

En la voyant ainsi : son regard noisette perdu, un peu fou, et ses mains prises de soubresauts, il craignit qu'elle ne refuse dorénavant de lui parler.

Sans qu'elle n'esquisse le moindre geste, il s'assit à ses côtés. Aussitôt, elle se jeta sur lui, enfouissant son visage contre son torse, sanglotant silencieusement. Surpris, Damon referma néanmoins ses bras sur le corps mince, l'un reposant autour de sa taille et l'autre traçant de légères arabesques dans son dos.

Quand ses pleurs se tarirent, Elena leva ses yeux embués vers lui. De la main, Damon effaça les larmes qui s'étaient étalées sur ses joues.

Elle ouvrit la bouche, puis la referma, renonçant apparemment à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres. Il prit alors les devants :

-C'est vrai.

La jeune femme secoua la tête, avant de la déposer à nouveau sur son torse, façon de détourner son regard du sien comprit-il.

-C'est ton frère, n'est-ce pas ? Le monstre…

Sa voix était éraillée, son ton peiné. Damon ferma brièvement les yeux, une nouvelle vague de rage envers Stefan affluant dans ses veines.

-Il ne peut pas te faire de mal, tant que tu ne l'invites pas à entrer, et que tu portes ceci, se contenta-t-il de répondre en attrapant du bout des doigts la boule d'argent qui reposait au creux de son cou.

Au contact de la verveine, sa chair se consomma lentement, diffusant une odeur de brûlé. Et malgré l'odorat humain moins développé d'Elena, il savait qu'elle le sentirait, et en tirerait les conclusions qui s'imposent…