Salut tout le monde !

Cette fois je suis un peu plus rapide que la fois précédente. xD En même temps, ce chapitre n'apporte pas tant que ça de graaaandes choses... On va juste savoir pourquoi Zack est en prison, soit la réponse à la question que tout le monde m'a posée. xD

Je n'aime pas particulièrement ce chapitre, mais il est quand même, je pense, particulièrement important dans le déroulement de l'histoire... Je crois qu'on peut dire que c'est un chapitre clé, même. Mais pour plus de précisions, lisez ma petite note à la fin. =) (Si ça vous intéresse)

Sur ce, je ne m'éternise pas : Bonne lecture ! ^^ Et merci à tous d'être là, tant de temps après le début de la fanfic. =)


Chapitre 11 : Il paraît que la confiance est difficile à acquérir

Roxas crut qu'il allait s'étrangler.
Vanitas, comme gêné, ou bien embarrassé, ou bien embêté, c'était un peu difficile à savoir, le relâcha doucement et s'écarta de lui – un pas, deux pas en arrière, et c'était un monde qui les séparait maintenant.

« Il y est, bordel, poursuivit Vanitas, et tout à coup l'angoisse reparut dans sa voix, enfin, pas pour longtemps, enfin, je crois, mais enfin, tu comprends, quoi, et en fait, je… »

Sa voix mourut avant même qu'il ne puisse terminer sa phrase et le cœur de Roxas loupa un battement pour le coup de la surprise. Bordel, qu'il n'était pas habitué à voir son meilleur pote dans un état pareil. Bordel, ce que ça lui faisait mal de le voir dans un état pareil. Bordel, ce qu'il se sentait impuissant face à tout ça, comme si toute la misère du monde lui tombait d'un coup sur la gueule. Bordel, c'était quoi ce sentiment étrange au fond de lui, qui serrait ses poumons et quelque chose un peu au-dessus de son ventre ?

Il fallait qu'il fasse quelque chose – en théorie.
Il était le meilleur pote de Vanitas, et Vanitas n'allait visiblement pas bien, et malgré sa fierté de six kilos et demi Vanitas se confiait à lui, alors il était de son devoir d'aider Vanitas – CQFD.

En pratique c'était pas aussi simple. Avant de pouvoir faire quelque chose, fallait trouver quoi faire exactement ; avant de pouvoir aider Vani fallait avoir une idée de comment l'aider, et dans la tête de Roxas en ce moment-là c'était un peu le vide sidéral, niveau inspiration. Page blanche sous ses yeux et bonne chance à l'écrivain qu'il était, lancé dans l'aventure d'aider une personne avec pour seule indication celle qu'il fallait que l'histoire finisse bien ; mais comment réussir à bien finir l'histoire s'il ne savait même pas pourquoi Zack était en prison, et combien de temps exactement il y resterait ?

Alors, il fit ce qu'il y avait de plus facile, et de plus égoïste à faire ; il se posa une question. Et lui, qu'est-ce qu'il attendrait de Vanitas, si les rôles étaient inversés ? Qu'est-ce qu'il voudrait que son meilleur pote fasse si lui, Roxas, avait terriblement besoin de son aide, parce que tout à coup il arrivait une merde à Cloud, son seul appui dans cette vie de chiottes ? Qu'est-ce qu'il demanderait, secrètement, tout au fond de son cœur, à cet homme-là, qu'est-ce qu'il le supplierait de faire pour empêcher que le puzzle s'éclate, passe sous l'aspirateur, qu'il finisse brisé et quasiment impossible à raccommoder ?

Un mot, une phrase, ou bien un geste, une caresse comme celles que Cloud, pour l'embêter, glissait quelquefois dans ses cheveux en bataille ; une parole, une discussion, un cadeau, du réconfort matériel éphémère, des promesses en l'air – il ne savait pas. Et il détestait ne pas savoir. Il ne pouvait s'approcher de lui et lui dire « tout ira bien, t'en fais pas » ; il ne pouvait pas et ne voulait pas jouer les grands frères rassurants, façon « t'inquiète pas, je suis là », et ce même si c'était peut-être ce qu'il manquait à Vanitas, parce qu'il n'était pas Zack et que jamais il ne saurait agir comme Zack.
Roxas avait Cloud – et s'il perdait Cloud, il avait Vanitas pour le materner. Vanitas avait Zack – mais s'il perdait Zack, il n'avait pas Roxas pour le materner, parce que Roxas, il était clairement nul pour réconforter les gens et pour s'occuper d'eux.

Nul de meilleur ami, nul de frère, égoïste à la con, niveau zéro en relation humaine.

« Heu..., bredouilla-t-il, je sais pas trop quoi dire mais... Tu sais si... Enfin pourquoi... ?
– Conduite en état d'ivresse, débita à toute vitesse Vani, enfin j'crois, mais il aurait pu s'tuer, quoi, merde ! »

Que faire ? Que répondre ? Que faire que répondre que faire que répondre ?
Le cœur de Roxas dans sa poitrine s'était mis à battre vachement fort et il arrivait plus à réfléchir tellement qu'il stressait, qu'il avait peur de faire ou de dire ou de dire ou de faire une sacrée connerie que son meilleur pote ne lui pardonnerait jamais ; et puis en face de lui Vani semblait flippé, préoccupé, comme s'il relâchait d'un coup toute l'angoisse accumulée derrière cette façade amicale depuis qu'il avait reçu le coup de téléphone. Et bordel, même si Roxas le connaissait depuis vachement longtemps, il l'avait jamais, jamais, jamais vu comme ça.

Alors il décida de faire un truc – comme ça, sur un coup de tête. Le truc le plus con de sa vie, sans doute. Il le regretterait plus tard, s'il en avait encore le courage et la force, si la honte l'avait pas enterré vingt mètres sous la surface de la Terre. Pour le moment, il le faisait, et c'était tout ; pour le moment, il s'était approché, un peu hésitant, il avait effleuré les doigts de son meilleur pote, de son meilleur pote bordel, et il avait passé ses bras autour de son cou, pour glisser ses ongles contre les mèches noires de ses cheveux, pour attirer un peu son visage contre lui et simplement l'enlacer, comme un putain de gros con sentimental.

Il se détesterait, après coup. Pour le moment il pensait plus trop. Il avait fermé les yeux. Y'avait Vanitas qui s'était tu, et il lui semblait bien qu'il pouvait entendre sa respiration, encore rapide et saccadée, avec les battements de son cœur, trop rapides eux aussi. Il savait pas si ça allait l'aider, tout ça. Il savait pas si ça allait pas plutôt le mettre en colère, en fait. Il savait pas – il verrait bien.

Et puis, soudain mais doucement, il sentit les bras de Vanitas passer autour de sa taille, et ce même Vanitas, d'habitude si fort, si fier, d'habitude si courageux, toujours à prendre les choses avec humour et sarcasme, enfouir sa tête dans son cou, sur son épaule, contre lui. C'était troublant. Et ça le gênait. Mais sans le déranger. Ses joues brûlaient de honte, son cœur battait la mesure de ses supplications intérieures – pitié, pitié, pitié qu'on ne les voie pas – mais rien en lui ne trahissait une hypothétique envie que son meilleur ami s'en aille. Ça ne le dérangeait pas, non, non. Et s'ils avaient été chez Vanitas, ou chez lui, dans sa chambre, enfermés, là où personne ne pouvait les voir, alors peut-être qu'il aurait même enlacé ce garçon en retour ; mais pour l'heure, il se contenta simplement de jouer, doucement, avec une mèche de ses cheveux, doux et lisses.
Contre son cœur, il pouvait sentir celui de son ami ralentir, et contre son épaule, progressivement, ses inspirations et expirations ralentir.

« Merci, Roxas, finit-il par souffler avant de se redresser. Merci... »

Il avait eu peur, certainement ; vraiment peur, tout en était vraiment inquiet pour son frère, ce frère à qui il tenait au moins autant que Roxas tenait à Cloud et qui croupissait en taule pour une affaire à la con qui aurait pu lui coûter la vie. Mais il avait tout contenu en lui – à cause du blond, et putain, ce qu'il pouvait s'en vouloir pour ça, même si maintenant c'était fini. Il avait angoissé, il avait tout relâché d'un coup, et maintenant ça irait mieux – vraiment mieux. Zack ferait pas trop longtemps en prison, Zack avait tué personne, Zack s'était pas tué lui non plus, et de toute manière leur père était riche, il achèterait sa libération, sûrement, enfin, si c'était possible, mais Roxas l'avait vu dans les films, alors sûrement qu'il le ferait.
Enfin, le fait était que c'était pas tout à fait la question principale du moment.

« Heu, dis..., fit Roxas en lâchant doucement Vani. Tu crois que... Tu vas arriver à conduire jusqu'à l'appart' ? »

Amusé, l'adulte esquissa un sourire, un peu moqueur, preuve-même qu'il allait déjà un peu mieux ; et il attrapa le blond par les épaules pour le forcer à se retourner, le poussant un peu dans le dos pour qu'il avance.

« Me prends pas pour une tapette non plus, lança-t-il en rigolant. J'suis pas une fille, tu sais ?
– Des fois, j'ai des doutes, osa finalement plaisanter son pote. Tu reveux pas mon épaule pour pleurer un coup, d'ailleurs ? »

Vanitas se marra et son meilleur pote fit de même ; et puis alors, le plus âgé des deux, qui tenait toujours les épaules du second au creux de ses mains puissantes, l'attira violemment contre lui pour passer un bras autour de son cou, placer l'autre au-dessus de sa tête. Le maintenant ainsi d'une main contre son torse, il frotta énergiquement le haut du crâne blond de Roxas, qui s'énerva aussitôt ; mais putain, ce qu'il était chiant, quand il s'y mettait, celui-là ! Il faisait tout pour l'emmerder, et en plus ça réussissait toujours, ça devenait vachement lourd, à la fin !

« Putain, Vani, s'énerva le blond, lâche-moi, bordel ! »

Amusé, Vanitas sourit et s'exécuta ; mais sur son visage demeurait un semblant de sourire moqueur, tout comme dans ses yeux demeuraient une ébauche de tristesse, de mélancolie, d'incertitude. Clair, en même temps ; c'était pas terminé, tout ce bordel avec Zack, et toutes les emmerdes que ça avait ou allait causer – et pour dire vrai ça faisait même que commencer. C'était chiant, quelque part. Mais sérieux, quoiqu'il en soit, et quoique ça devienne, Roxas se promit que plus jamais il déconnerait comme il l'avait fait ce soir – plus jamais, surtout si c'était pour se récolter un putain de câlin de la part d'un Vanitas bien décidé à se foutre de sa gueule.

« Pas d'problème ma'am ! Lança ce dernier, et il glissa ses mains dans ses poches, avant de se calmer un peu, quand même, cette espèce de putain d'excité de sa vie. Tu viens ou tu rentres à pied ? »

Pas besoin de poser la question – l'était pas con, non plus, hein, songea l'adolescent, et il suivit alors son meilleur pote, histoire d'avoir quand même pas à passer la nuit sur le trottoir juste parce que ce connard, pour le faire chier, avait décidé de se barrer sans lui et de retourner à son appart' pioncer en douce pendant que lui se les gelait ici.
Ni une ni deux, les deux gars eurent super vite fait de reprendre la route ; toujours autant de feux rouges, et un trafic toujours aussi lent, mais entre eux, quelque chose avait changé. Quand Vani s'arrêta net parce que ce putain de feu passa au rouge en zappant l'orange, par exemple, Roxas jugea malin de se venger pour le semi-choc subit en frappant doucement le dessus de son casque ; en retour de quoi l'autre garçon démarra super vite, comme un putain de grand gamin bien décidé à gagner une course à la con, sans valeur aucune – et à vrai dire, ça les fit marrer tous les deux.

Même délire tandis qu'ils déconnaient et se racontaient connerie sur connerie tout en roulant ; c'était n'importe quoi, ça rimait à rien, et leur semblant de conversation se faisait niquer toutes les trois phrases par un putain de klaxon ou un con qui freinait trop fort, mais de toute façon même sans ça y'avait des « Quoi ? » et des « J'ai pas entendu » chaque tranche de vingt secondes et bordel, ce que ça pouvait être drôle.
Ça faisait du bien, de se parler comme ça, et de se comprendre sans vraiment s'entendre, de se marrer pour le même truc sans savoir vraiment ce que c'était que ce truc en question. Un truc oublié, perdu puis retrouvé, sûrement – un truc qu'ils avaient eu toute la journée à l'école, plus en début de soirée, et que s'il avait déconné après le coup de téléphone, bah maintenant il allait à nouveau super bien et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Fin, happy end, tout le monde il est beau tout le monde il est heureux tout le monde il est gentil, et les deux amis arrivèrent enfin à l'appartement de Vanitas, avec sacrément la dalle au ventre et fatigués de surcroît. A moins que la bouffe soit assez bonne pour leur redonner une bonne pelée d'énergie, sûrement qu'ils devraient laisser tomber tout projet de soirée films-jeu vidéo-au lit à minuit passée ; mais au fond, c'était pas si grave.
Surtout que, selon Vanitas, qui avait retrouvé le sourire lorsqu'il ouvrit la porte, y'aurait des pizzas pour le repas.
Et vu la tonne de bouffe qu'il décida de commander, peut-être bien qu'ils tiendraient la nuit, finalement.


Le réveil, ça craignait un max, ce matin-là.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, tout ce que Roxas put sentir fut un poids léger mais notable, volumineux et doux, s'écraser sur son visage, bientôt accompagné de la voix un peu moqueuse de son meilleur pote, et il lui fallut alors facilement une ou deux minutes pour réaliser pleinement sa situation.

« Hé, Cendrillon, debout, faut aller à l'école ! »

Bon, déjà, premier point ; Vanitas était une quiche en ce qui concernait les princesses Disney. Et accessoirement, il venait de réveiller Roxas en lui balançant un oreiller dans la tronche, alors il allait le payer – mais plus tard, se promit le blond lorsqu'il se retourna sur le ventre pour enfouir son visage dans un second coussin, moelleux et confortable. C'était pas le sien, ça – il était même carrément mieux, celui-là, en fait.

Deuxième point ; la chambre d'amis, la soirée pizzas-films jusqu'à deux heures et demie du mat', et ça le faisait déjà chier d'imaginer qu'il allait devoir se lever pour s'habiller et aller à cette foutue école de merde, surtout qu'il avait sûrement zappé, la veille, de ramener chez Vanitas la partie de ses cours qui traînait pas dans son sac ou dans son casier. Sérieux, ce matin-là, les profs, les devoirs et les cours, il les emmerdait grave.

« Cendrillon c'est pas celle qui pionce, crétin, lança-t-il à son pote tout comme il lui lança le coussin dans la gueule.
– Je vois que monsieur s'y connaît, se moqua alors Vani, et il attrapa l'oreiller des deux mains. Un fan caché, j'parie ?
– Oh, sérieux, va t'faire. »

Sur cette douce et délicate réplique Roxas, cette fois réveillé pour de bon, s'arracha à la douceur des draps chauds pour passer rapidement une main dans son bordel de cheveux ; il avait gardé son super pyjama à têtes de mort, tout noir, et il s'y sentait bien, et ça le faisait chier de s'habiller, mais fallait bien, et pis merde. Vanitas balança le coussin à côté de lui, sur le lit, et puis sortit de la chambre, lui conseillant à la va-vite de se dépêcher un peu, histoire qu'ils soient pas trop en retard.

Le blond, lui, ça le fit marrer. Avec Vanitas, de toute manière, quand il s'agissait d'école, on était toujours en retard. Vu tous les cours que le jeune homme avait manqués ou en partie loupés, à vrai dire, c'était quasiment pas étonnant qu'il y soit toujours, dans ce foutu lycée.

Une dizaine de minutes plus tard, ou une quinzaine peut-être, Roxas entra dans la cuisine où s'était déjà installé son meilleur pote, avec trois tartines et un pot de Nutella laissé ouvert, bouchon traînant à côté – et la cuillère, elle était où ? Tout en se balançant sur sa chaise, Vani releva la tête vers son ami et nouveau colocataire, et il apparut au blond que visiblement, il avait jugé mieux de fourrer la cuillère directement dans sa bouche plutôt que sur un bout de pain.

« Tu déjeunes le matin, toi ? Fit l'aîné des deux camarades, prenant appui sur le rebord de la table pour se balancer, encore et toujours. J'l'aurais pas cru.
– Eh bah si, répondit l'adolescent, l'air las. Allez, file une cuillère, j'ai la dalle. »

Roxas se laissa tomber sur la chaise à l'opposé de celle de Vanitas et ce dernier sourit avant de pointer l'index droit en une direction latérale, sur leur côté.

« Tiroir. »

Le blond soupira, puis se releva.

« J'te hais.
– Moi aussi. »

Il s'était habillé rapidement pour pouvoir prendre un petit-déj' sympa avec son meilleur pote mais visiblement cet enfoiré n'était pas du même avis ; il l'avait même pas attendu, ce con, et voilà qu'il débarrassait ses propres affaires, laissant toutefois la pâte à tartiner et le pain sur la table, et qu'il se cassait pour aller foutre on savait pas trop quoi – Roxas, ça le faisait chier. Mais fallait dire qu'il avait pas trop le choix. Et heureusement, ou malheureusement suivant le point de vue, les événements de la veille étaient encore bien présents dans son esprit, incrustés comme du vieux calcaire tout merdeux, alors ça lui passa vite ; et c'est presque machinalement qu'il embarqua dans son sac les quelques affaires dont il avait besoin pour la matinée, avant d'aller squatter la salle de bain pour se maquiller et se donner par conséquent une tronche à peu près convenable.

Lorsqu'il eut terminé, il sortit de la pièce en s'étirant et rejoignit son pote qui l'attendait dans l'entrée, iPod en main, musique dans les oreilles, l'air visiblement ennuyé – si toutefois c'était bien de l'ennui. Ils partirent sans un mot, sinon une réplique certainement narquoise à la con que le blond daigna même pas écouter, et quoiqu'il fasse, quoiqu'il pense, le garçon ne pouvait s'empêcher de se repasser en boucle les événements de la veille.

Sur le chemin de l'école, même bordel, d'ailleurs ; deux yeux dorés ne cessaient de fuir les siens, encore, toujours, sans cesse. Ce connard devait vraiment le faire exprès ; ou alors, y'avait autre chose. Mais cette autre chose, Roxas était pas sûr de vouloir la connaître ; il était pas sûr, bordel, il savait pas ce que ça pouvait être et s'il fallait qu'il encaisse à nouveau le genre de nouvelle qu'il avait encaissé la veille, peut-être bien voire sûrement qu'il y survivrait pas. Aider les autres, les écouter, leur poser plein de questions et se taper l'incruste dans leur vie privée, c'était vraiment pas son trip.

Et du côté de Vani, ça devait être à peu près le même schéma.
Envie mais pas courage de parler ; après tout, si ça avait marché hier, ça déconnerait peut-être aujourd'hui, et ça foirerait demain pour toujours, et c'était pas ce qu'ils voulaient, ni l'un ni l'autre. Quelque part, Roxas savait tout ça. Il avait bien conscience qu'au fond, Vanitas ne demandait qu'à lui parler encore un peu, lui demander un truc peut-être, ou bien simplement rester avec lui, voire – et putain ce serait beaucoup ça quand même – sentir sa main sur son épaule quand vraiment tout se cassait la gueule ; mais borné comme il était, plus obstiné que jamais, il le cachait et il se le cachait, l'enfouissant au plus profond de lui-même comme un putain de secret qu'il aurait voulu voir oublié pour toujours.

Et puis soudain, alors qu'ils entraient dans la cour de l'école, quelque chose changea.
Ça avait changé la veille, quand le blond avait fait le premier pas ; et là ça changeait comme la veille, comme si quelqu'un allait encore faire le premier pas. Ce même premier pas qui avait déjà été fait, certes ; mais qu'il fallait refaire, à chaque fois, inlassablement, jusqu'à ce que ça passe, jusqu'à ce que le courant passe et que la compréhension devienne presque innée, que y'ait plus ni gêne ni honte ni regards ni mépris ni rien, et ça c'était quasiment impossible.

Pourtant, Vanitas se retourna, et le regarda, l'air un peu grave, embarrassé sur les bords, presque gêné – l'air pas normal, ouais, putain de pas normal pour un Vanitas – ; et il posa la main sur son épaule, et il l'observa de ses deux centimètres de plus, droit dans les yeux, comme s'il allait lui annoncer la fin du monde ou un autre événement à la con tout aussi improbable et flippant.

« Écoute, Roxas..., hésita-t-il un peu, et dès lors il détourna légèrement la tête, ses yeux fuyant vers le ciel gris, plein des menaces d'orages proférées par la météo. J'sais que... Enfin t'vois... Ce soir, j'vais voir Zack... »

Il marqua une pause, embêté, sans vraiment savoir trop quoi dire, et Roxas le regarda d'un air bizarre, sans vraiment comprendre c'était quoi ce délire de lui faire des déclarations pareilles s'il était même pas foutu de tout balancer d'une traite. Bon, okay, la veille, ça avait pris ; pas cette fois. L'ambiance était pas la même, en même temps. Y'avait un peu plein de gens qui passaient à côté d'eux, les scrutaient de leur position bien éloignée, leur jetaient des regards mauvais sûrement en les traitant d'on-ne-savait-pas-trop-quel nom d'oiseau qui faisait chier Roxas d'avance, et non, décidément, pas de câlin ici, ni ailleurs, ni aujourd'hui ni demain, ni plus jamais parce qu'un seul ça suffisait largement et c'était même trop.

« S'te plaît, finit par balancer Vani, tu veux bien venir avec moi ? J'sens j'y arriverai pas tout seul, et puis, enfin tu comprends... »

Sans vraiment comprendre, l'adolescent dévisagea d'un regard surpris le visage de son meilleur ami ; et calmement, immobile devant lui, il l'entendait s'expliquer, se justifier, sans pour autant passer par la case excuse, lui demander à nouveau de bien vouloir l'accompagner, sans savoir vraiment où arrêter son discours où ne s'enchaînèrent bientôt plus que des « ben voilà », des « alors » et autres « et puis c'est tout » – mais pourquoi il en faisait tout un plat, au fait ?

Et puis soudain, Roxas réalisa un truc – et il s'effraya du comportement de Vani, avant de s'effrayer encore plus de son propre comportement. Il était pas censé l'envoyer chier, là ? Refuser de l'aider en se foutant de sa gueule, lui dire qu'il était assez grand pour se débrouiller tout seul ? Ou alors, il était pas censé lui répondre, plutôt que de le laisser attendre ? Lui dire qu'il venait, le rassurer comme il savait pas le faire ? Aller avec lui ?

Mais bordel, il savait plus ce qu'il faisait. Les prisons, c'était chiant et moche et déprimant et trop surveillé. Et il avait rien à aller y foutre. Et de toute manière même si Cloud y finissait il se disait qu'il y irait même pas le voir. Mais en même temps il sentait que Vani avait besoin de ça – besoin qu'il lui sacrifie sa fin d'aprèm où il aurait de toute manière rien à foutre, besoin qu'il l'aide à passer ce cap difficile, et mine de rien c'était la première fois qu'en deux jours il lui montrait autant de faiblesse et bordel, qu'est-ce que ça le déstabilisait.

Il avait jamais été faible, Vani, pourtant.
Et c'était pour ça qu'ils s'étaient si bien entendus dès le début. C'était pour ça qu'ils s'engueulaient et se réconciliaient tout le temps. Pour ça qu'ils avaient pu tous deux endurer d'apprendre à se supporter, à s'en foutre des insultes ou des plaisanteries à la con de l'autre, à se rendre compte qu'au fond ils avaient pas mal de points communs, qu'ils pouvaient être de bons potes.

Et si ce côté de Vanitas disparaissait, et si ça se défonçait comme c'était en train de le faire juste là maintenant, alors peut-être qu'au final le blond serait plus capable de l'apprécier – et fallait avouer que ce serait sacrément la merde, vu qu'il venait de s'installer chez lui pour une durée plutôt indéterminée.

Alors il savait plus quoi faire. Oui ? Non ? Non ? Oui ? Oui-non-oui-non-non-oui-non-oui – droite ou gauche, gauche ou droite, choix cornélien, et putain ce qu'il aurait donné pour se sortir de cette putain de situation à la con. Ça l'énervait pas, non – ça le déstabilisait complètement, en fait. Il avait jamais vu Vanitas comme ça – pas son Vanitas, pas celui qu'il connaissait depuis si longtemps, pas celui avec qui il s'apprêtait à vivre.
Ça le faisait flipper comme la veille et fallait faire un truc pour arrêter ça. Alors il prit sa décision – complètement au pif.

« O-Okay, lâcha-t-il, calme-toi, mec, bordel, je viens ! »

Les doigts de Vani relâchèrent un peu la pression sur son épaule mais y restèrent clampés ; c'était chiant, mais encore supportable à côté de la seconde qui suivit. Ouais. Celle où Vani le chopa fort, en plein milieu de la cour, et l'attira vers lui, l'enlaça vite fait – la plus longue seconde de sa vie, sans aucun doute. La plus longue putain de seconde à la con de bordel de merde qui puisse exister sur cette Terre débile bourrée d'embrouilles.
La seconde. Celle où tout le monde tourna son regard vers eux. Celle avant laquelle c'était déjà pas triste – celle après laquelle c'était carrément pire que la merde. Celle après laquelle tout le monde allait jaser, raconter des conneries, se foutre de leur gueule ; celle après laquelle ils n'auraient plus jamais la tranquillité d'avant.

A vrai dire, Roxas était partagé entre l'envie qu'elle dure pour toujours et celle qu'elle n'ait jamais existé.
Le fait est que lorsqu'il repoussa violemment son meilleur pote, et lorsqu'il sentit son visage tout maquillé chauffer sous les regards moqueurs qu'il sentait sur lui, lorsqu'il envoya chier Vani, et lorsque Vani parut gêné avant de redevenir le Vani normal qu'il avait toujours connu, eh bah, Vani lui dit merci.
C'était un truc qu'arrivait une fois tous les six ans et là ça en faisait déjà un par jour.


Et voilà ! xD

Donc, si on récapitule : Zack n'est pas en prison pour longtemps, Roxas a enfin fait quelque chose pour autrui et Vani et lui se rapprochent, s'éloignent, enfin, on sait pas vraiment. Pourquoi ? En deux mots :

- Pour Zack : j'ai voulu garder un minimum de réalisme dans cette fanfic, et ne pas me laisser aller au mélodramatique en l'ayant rendu assassin ou je ne sais trop quoi du même genre. Je l'ai simplement mis dans une situation qui arrive, pas tous les jours mais quand même relativement souvent, et qui n'est, au fond, pas si grave que ça. =) Ça évite de plomber le moral de la fanfic pour encore vingt chapitres, du moins. xD

- Pour Roxas : C'est à cause de lui que ce chapitre est clé. J'ai voulu qu'il fasse un grand pas en avant (si si, un câlin c'est beaucoup xD), et il fallait que ça passe par Vanitas, car c'est la personne en qui il a le plus confiance (en dehors de Cloud).

- Mention spéciale Vani : Il fait beaucoup de foin pour relativement peu de choses, en fait... Mais j'ai beaucoup aimé lui donner ce trait de caractère plutôt sensible derrière son côté très violent, indépendant, tout ça. Je pense qu'au fond, il a besoin qu'on s'occupe de lui, même s'il dit le contraire. =) (Il ressemble à Roxas xD)

Bref, tout ça pour dire : Vanitas devient un personnage important de la fanfiction, et il gardera un rôle important, parce qu'il fait partie des rares gens que Roxas apprécie... Quant à Axel, s'il était moins présent ici, je vous promets qu'il sera là la prochaine fois. xD Jurééé. xD (Le pauvre, quand même...)

Merci pour votre lecture =3

Edit : La review d'Axygry me fait penser à rajouter quelque chose...

Je vous assure que Roxas n'est pas amoureux. Ni de Vanitas, ni d'Axel.

Pour Axel, on peut pas vraiment savoir, mais je peux vous dire qu'il sera là la prochaine fois (Je suis en train d'écrire le chapitre 12).

Mais pour Vanitas, est-ce que vous vous êtes posés la question ?