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Prisonniers
Chapitre 11
Carolina ne se souvenait pas de s'être endormie. Et pourtant, quand elle rouvrit les yeux après un long, très long moment, elle s'aperçut qu'elle avait de nouveau succombé au sommeil. Et ce, toujours fourrée dans les bras de son vampire préféré. Elle n'avait pas rêvé, elle en était certaine. Il lui avait bel et bien dit qu'il l'aimait aussi. Et ils s'étaient vraiment embrassés. Rien qu'en repensant à cet instant, des étoiles scintillèrent au fond de ses yeux. Depuis le temps qu'elle en rêvait… Depuis le temps qu'elle attendait cet instant. Doucement, elle se redressa, quittant à regret son étreinte protectrice, et lui jeta un coup d'œil. Il avait à nouveau les paupières closes, mais la jeune femme ne fut pas dupe.
- Vince, tu dors encore ?
- Non, répondit-il sans ouvrir les yeux.
« Et il a plutôt pas intérêt… » marmonna Chaos.
La Turk ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment et se contenta de sourire. Il allait de mieux en mieux. C'était une bonne nouvelle.
- Ça va, vous deux ?
Vincent hocha la tête, et l'entité qu'il portait en lui grommela un « ouais » peu convaincu. Carolina soupira, elle aussi commençait à en avoir ras-le-bol de cette fichue grotte. Elle se leva, s'éloigna de quelques pas et s'accroupit au bord de l'eau pour boire un peu. Puis elle se releva, revint vers Vincent et Chaos… et se sentit vaciller. Elle s'appuya sur le mur, tremblante. Elle, par contre, ça n'allait pas des masses, en fait. Elle avait l'impression que ses jambes avaient du mal à la porter. Ah, et elle commençait à avoir faim, aussi. Vraiment.
« Hey Caro, ça va ? »
Elle se reprit aussitôt et vint rapidement se rasseoir auprès d'eux. L'ex-Turk ouvrit les yeux et la dévisagea un instant, soucieux. Elle tenta de le rassurer d'un sourire.
- Vous en faites pas, ça va très bien.
- Tu commences à fatiguer, Carolina, constata Vincent.
- Peut-être un peu, oui… reconnut-elle en se passant une main dans les cheveux. T'en fais pas, ça va.
- Hm, fut la seule réponse de l'immortel, peu convaincu.
Face au regard dubitatif que lui lançait son ami, elle haussa les épaules avec indifférence, puis tendit le bras et attrapa son portable, qu'elle ralluma. Aussitôt, il se mit à vibrer et à émettre différents sons sans pouvoir s'arrêter.
« C'est quoi ce cirque ? » s'exclama Chaos, intrigué.
Carolina éclata de rire.
- Harcèlement téléphonique, commenta-t-elle avec un sourire. Je crois que j'ai bien fait de l'éteindre.
« Ah ouais, quand même… » finit par lâcher l'entité lorsque le portable redevint silencieux au bout de cinq longues minutes. « Ouais, t'as rudement bien fait, parce que sans vouloir te vexer, ça m'aurait soûlé de l'entendre sonner toutes les cinq secondes… »
- Tu me vexes pas, t'inquiète, le rassura-t-elle avec bonne humeur. Ça m'aurait gonflé aussi.
Elle finit par consulter son téléphone, sans pouvoir retenir un soupir amusé. Elle avait des tas d'appels manqués. Et des tas de SMS. De la part de Reno, de Cid… et aussi un ou deux de Rufus. Tiens, et un autre de… Tseng ? Ben ça alors, pour une fois qu'il se souvenait qu'elle avait un portable… oui, parce qu'il avait un peu tendance à l'oublier. Du coup, quand il avait un truc à lui dire, ça passait souvent par Reno. D'ailleurs, à propos du rouquin… elle avait surtout des SMS venant de lui, en fait.
Reno : Ça va ?
Bon. Le grand classique.
Cid : Ça va ?
… Hm. Lequel des deux avait copié sur l'autre ?
Rufus : J'espère que tu vas bien.
Carolina pouffa. Non mais ils s'étaient tous passé le mot ou quoi ?
Reno : Ça va ?
Elle fronça les sourcils. Euh, il s'était gouré ou il l'avait fait exprès ? Le connaissant, les deux options étaient possibles…
« Alors, ça donne quoi ? » l'interrogea Chaos, curieux.
- Pour l'instant, ils sont tous en train de me demander si je vais bien.
Elle poursuivit sa lecture. Au moins, ça l'occupait un peu.
Tseng : Rufus m'a averti de ton absence. Garde espoir, il y a forcément un moyen de sortir de là.
Ah, génial. Maintenant, tout le monde était au courant qu'ils s'étaient fait coincer dans cette grotte comme des andouilles. Elle priait quand même pour qu'au moins Elena ne le sache pas. Sinon, elle allait vite devenir invivable, après ça. Déjà que leur relation n'était pas au top…
Rufus : J'ai averti Tseng de ce qu'il t'est arrivé. J'espère que tu tiens le coup. Ça doit être difficile pour toi, mais si Valentine est à tes côtés, alors je ne me fais pas de souci. Accroche-toi.
Oui, enfin, elle était aussi capable de se débrouiller toute seule, hein, après tout elle était une Turk, elle avait pas besoin de Vincent pour survivre !
Euh… quoique, songea-t-elle en se rappelant qu'il lui avait tout de même sauvé la vie de nombreuses fois lors de l'éboulement de la grotte.
Reno : Ça va ?
D'accord. Là, elle avait sa réponse : il le faisait exprès.
Reno : Zut, j'avais pas vu que je t'avais envoyé trois fois le même message, désolé ^^'
Bon. Peut-être qu'il l'avait pas fait exprès, finalement. Elle secoua la tête en souriant. Non mais quel clown, celui-là.
Cid : Surtout, te presses pas pour m'répondre, hein…
Oui, bah, elle avait éteint son portable, hein. Alors zut, là, voilà.
Reno : … J'ai demandé si on pouvait pas tout exploser à coup de torpilles et ton père vient de m'envoyer balader… :'(
Cid : Ton abruti de Turk voudrait lui aussi tout exploser à coup de torpilles, t'es vraiment sûre que c'est pas possible ?
Euh… non mais ils étaient bouchés ces deux-là ou quoi ? Ça faisait vingt fois qu'elle leur répétait que NON, ils ne POUVAIENT PAS tout faire exploser à coup de torpilles ! Sauf s'ils voulaient les tuer au passage. Et puis, qu'est-ce qu'ils avaient tous avec leurs torpilles ? Y'avait bien plus marrant, comme joujoux instables et particulièrement dangereux ! Genre de la dynamite, des explosifs, des obus, des bombes makonuléaires… Bah non, ils pensaient qu'aux torpilles. Enfin, c'est vrai que vu que l'un était avec son vaisseau et que l'autre avait un hélico, ils avaient peut-être pas d'autre armement lourd disponible, effectivement… mais enfin, quand même ! Ils étaient pas trop inventifs, les deux loustics, là…
Reno : Ton père m'énèèèrve :-/
Cid : Il est soûlant ce mec
« Alors ? »
- Cid et Reno qui se tapent dessus, pour changer.
« Pff, dommage de louper ça… »
Vincent soupira, Carolina sourit.
- T'auras d'autres occasions, t'inquiète pas.
« J'espère bien ! »
Reno : Au moins, y'a un avantage, tu m'évites une journée de boulot ! :-)
Non mais quel flemmard, celui-là. La jeune femme se promit de lui flanquer une claque dès qu'elle le reverrait.
Reno : Mais bon, j'aurais préféré que ce soit en d'autres circonstances… j'espère que tout va bien, de ton côté.
Au moins il se faisait du souci pour elle. Bon, et sinon, c'était bientôt fini, tous ces SMS ?
Cid : Comment t'arrives à supporter ce mec à longueur de journée ?
Reno : Ça fait un moment que tu m'as pas répondu, j'espère que ça va…
Reno : Héhooo ? T'es là ?
Reno : Youhou ?
Reno : ?
Reno : ?
Reno : ?
Et avec ça, dix-sept appels manqués. Douze de la part du rouquin, trois de la part de son père et deux de la part du Président. La totale, quoi. Euh, deux minutes… Rufus avait bien essayé de l'appeler ? DEUX FOIS ? Non mais il allait pas bien ? Elle lut encore quelques messages en souriant, puis envoya un même SMS à Reno et à Cid afin de les rassurer.
Carolina : Vous en faites pas, on est toujours vivants ;-)
Bon, euh… réflexion faite, pas sûr que ça les rassurerait vraiment, mais tant pis, le message était envoyé. Et elle avait la flemme de leur écrire tout un roman simplement pour leur rappeler l'évidence suivante : ils étaient coincés et si personne ne trouvait de solution, ils allaient crever. Elle ne voulait pas y penser. Elle s'obstinait à croire vainement qu'ils parviendraient à s'en sortir. Même si au fond d'elle-même, elle en doutait de plus en plus et n'y croyait franchement plus. Mais même si tout semblait perdu, ça faisait du bien de s'accrocher à quelque chose, parfois. À un simple espoir, aussi vain et futile soit-il. Alors elle se raccrochait à ça. À cette idée qu'elle survivrait. Avec Vincent. Elle essayait d'imaginer les réactions de son père, de Reno, de tout le monde, quand ils apprendraient qu'ils s'étaient embrassés. Et ça la faisait rire toute seule, doucement. Ça lui changeait les idées. Ça lui rendait un peu d'espoir. C'était déjà ça.
N'ayant pas envie de se faire harceler à nouveau, elle éteignit encore une fois son portable. Chaos approuva.
« Bonne idée ! On pourra pioncer tranquille. »
- Parce que t'as encore l'intention de dormir ? s'étonna la jeune femme.
« Nan, m'enfin bon… »
Carolina pouffa, cette entité était vraiment irrécupérable, et Vincent leva les yeux au ciel. Elle l'observa avec hésitation.
- Vince, je peux ?
« Toi, par contre… » commenta Chaos avec amusement.
- Oh, boucle-la.
- Bien sûr, accepta l'immortel sans prêter attention à la joute verbale qui se déroulait entre la Turk et l'entité. Viens.
Elle s'approcha et se blottit contre lui. Il l'enlaça et elle murmura d'une petite voix :
- Merci.
Il caressa doucement ses cheveux bruns et blonds, déposa un baiser sur son front.
- Je t'en prie.
« Mais c'est que vous êtes mignons, tous les deux… » s'attendrit Chaos.
- Tais-toi, lui intimèrent-ils en chœur.
Ils se regardèrent, échangèrent un sourire complice. Carolina ne put résister à la tentation : levant la tête, elle posa ses lèvres sur celles du beau vampire.
- Ça doit pas être facile tous les jours.
- Tu n'imagine pas à quel point, soupira-t-il.
« Merci, surtout faites comme si j'étais pas là… »
La jeune femme rit doucement, reposa sa tête contre le torse de Vincent et ferma les yeux. Elle n'avait pas grand-chose d'autre à faire, de toute manière.
OOOOO
- Mais t'es complètement con ou quoi ? Si on explose ce putain d'rocher ils s'en tireront pas vivants, j't'ai d'jà dit !
- Mais qu'est-ce que tu veux qu'on foute d'autre, aussi ? Je vais quand même pas rester planté là à me tourner les pouces en attendant qu'ils crèvent bien gentiment là-derrière !
- Laisse tomber, d'toute façon tu t'inquiète que pour Caro ! Vince tu t'en fous, avoue-le !
- Mais c'est même pas vrai !
- Arrête d'me raconter des conneries, tu fais qu'lui tourner autour depuis qu'elle est arrivée à la Shinra !
- Bah et alors, c'est pas de ma faute si on s'entend bien, merde ! Lâche-moi un peu les baskets, je fais ce que je veux ! Et puis c'est sa vie à elle, aussi, c'est pas parce que t'es son père que tu dois tout le temps la surveiller !
- Connard.
- Enfoiré.
Les deux hommes se tournèrent le dos et s'ignorèrent royalement. Aucun ne bougea pendant dix bonnes minutes. Cid alluma une cigarette (pour changer) et Reno envoya un énième SMS de détresse à sa collègue Turk. Finalement, ce fut lui qui céda en premier. Il se retourna et soupira en se passant une main dans les cheveux.
- Bon, ok, c'est peut-être pas une bonne idée.
- C'est pas une bonne idée tout court, grogna le pilote sans même daigner se retourner.
- Oh, ça va, commence pas à faire chier, hein.
Ça, c'était le truc à ne pas dire. Cid se retourna illico et lui jeta, cinglant :
- T'as sans doute une autre idée lumineuse pour les faire sortir de là ?
- Euh, non. Mais t'en as pas non plus, il me semble, assena le jeune homme.
Le pilote blond grommela dans sa barbe et croisa les bras.
- Ouais, c'est vrai, finit-il par reconnaître avec mauvaise humeur.
- Écoute, je sais bien que tu peux pas me supporter, et je te rassure c'est réciproque, t'inquiète, mais faut bien qu'on se calme trente secondes. Sérieusement, insista-t-il en voyant le regard dubitatif du père de Caro, tu penses vraiment qu'on pourra les aider si on reste là à se gueuler dessus comme des gamins ?
Cid demeura silencieux. Même si ça lui en coûtait, il devait bien admettre que le rouquin avait raison. Il finit par lâcher à contrecœur :
- Ok. Trente secondes seulement.
C'est toujours ça de gagné, soupira intérieurement Reno.
Finalement, aussi pathétique et égoïste que cela puisse paraître, il en arrivait presque à être content que Carolina ne soit pas amoureuse de lui, au final. Parce qu'avoir Cid pour beau-père, ç'aurait vraiment été infernal. Voire même mortel, au bout d'un moment…
OOOOO
Les mains derrière le dos, Rufus avait quitté son siège et contemplait pensivement Midgar depuis la baie vitrée de son bureau, du haut du soixante-deuxième étage de la seconde Tour Shinra. Il avait des tas de formulaires administratifs à compléter. Des papiers à signer. Des corrections à apporter ici ou là. Et Elena qui viendrait lui faire son rapport dans moins d'une heure, avec la froideur qui la caractérisait désormais, et ce depuis que Carolina avait intégré les Turks et qu'elle s'était révélée être particulièrement douée. Il n'y avait aucun doute, la blonde était ravie du mauvais tour que le destin avait joué à sa collègue. Et la mort de Carolina ne l'affecterait nullement. Il avait découvert Elena sous un jour nouveau. Lorsqu'elle avait elle aussi intégré les Turks quelques années plus tôt, le Président n'imaginait pas qu'elle puisse faire preuve d'autant de mauvaise volonté et de jalousie à l'égard d'une nouvelle recrue.
On frappa à la porte de son bureau et quelqu'un entra sans attendre de réponse, comme il le lui avait été ordonné quelques heures plus tôt. Rufus ne se retourna pas. Rien qu'à la manière de frapper, il savait qui venait de le rejoindre.
- Des nouvelles ?
- Highwind se trouve également là-bas, fit Tseng dans son dos.
Il esquissa un sourire pensif. Cid Highwind, bien sûr… quoi de plus normal ? Sa fille était en danger. Il aurait dû s'en douter, pourtant. Mais il n'y avait pas songé, et maintenant que le Wutaïen le lui disait… cela paraissait évident.
- Carolina et Valentine vont bien, poursuivit le chef des Turks. Mais aucune sortie n'a été trouvée. Ils sont prisonniers de cette grotte.
- Je m'en doutais, soupira Rufus en faisant volte-face. Elle me l'avait dit.
- Il faut trouver une solution rapidement, sinon…
- Je sais, le coupa-t-il, un peu plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu.
Il y eut un instant de flottement durant lequel les deux hommes se dévisagèrent en silence. Puis le Président se retourna à nouveau et reprit son observation de la ville, comme si de rien n'était.
- Que Reno envoie des rapports réguliers, et qu'il ne cause pas de souci, ordonna-t-il. Je n'ai pas envie d'avoir Highwind sur le dos s'il se produit quoi que ce soit…
- Bien, patron.
Il congédia Tseng d'un bref signe de tête, et celui-ci sortit sans un mot, l'air sombre. Même s'il ne le montrait pas ouvertement, lui aussi s'inquiétait pour sa jeune collègue. Il espérait qu'elle s'en tirerait. Et Valentine avec, même s'il ne se faisait guère de souci concernant l'immortel génétiquement modifié.
Le blond soupira et se passa une main lasse sur le visage, avant de se mettre à faire les cent pas dans la pièce. Il pensait à plusieurs théories, qu'il étudiait attentivement mais rejetait les unes après les autres. Aucune issue. Tout faire partir en fumée à coup de torpilles était bien trop dangereux. Dès que le mot « explosion » ou l'un de ses synonymes entrait en jeu, il ne fallait même plus y penser. C'était un coup à ce que Carolina et Valentine n'y survivent pas. Mais alors, que faire… ? Il n'y avait pas beaucoup d'autres solutions. Creuser un tunnel manuellement prendrait bien trop de temps. Un sauvetage par voie aérienne était également impossible, le poids des appareils serait trop lourd et tout risquerait de s'effondrer à nouveau. Rufus grinça des dents, frustré. La Shinra avait beau posséder une technologie exceptionnelle, elle lui était parfaitement inutile dès qu'il en avait besoin. Il était le Président de la Shinra. Il disposait d'un pouvoir incommensurable, il était l'homme le plus influent de ce monde. Mais malgré tout cela, en cet instant, il était réduit à l'impuissance. Et cela le dégoûtait au plus haut point.
Tseng avait raison, il fallait trouver une solution. Le problème était… qu'il n'y en avait pas. Et le temps de faire arriver des machines là-bas pour déblayer les gravats et essayer si possible de faire bouger ces rochers de plusieurs tonnes, sans être certains d'une quelconque réussite, Carolina et Valentine auraient succombé depuis longtemps déjà. À pas lents, Rufus revint s'asseoir à son bureau, et prit sa tête entre ses mains, les poings serrés et les yeux fermés. C'était insupportable. Les savoir tous les deux enfermés là-bas, et ne rien pouvoir faire, être contraint d'attendre en espérant qu'un miracle survienne. Car oui, seul un miracle pourrait les sauver. Il se mit à prier la Déesse, en silence. Tant de vies avait déjà été prises, si injustement. C'était assez.
Il appréciait Vincent Valentine. Il l'avait rencontré plus jeune, alors que son père était toujours Président, avant que ne surviennent les événements avec la scientifique Crescent et le professeur Hojo… Puis il l'avait revu de nouveau quelques années auparavant. Cet homme était sage et juste, discret et réservé, il essayait de ne pas se mêler des affaires des autres, et possédait encore de nombreuses autres qualités, dont la plupart lui étaient certainement inconnues. Il n'avait pas à mourir, et encore moins de cette façon.
Mais il pensait surtout à Carolina. Dès qu'il l'avait vue pour la première fois, il avait senti que son cœur se rebellait, et elle était si jeune - il ne s'y attendait pas. Sans se soucier de ses états d'âme, il l'avait fait entrer chez les Turks. Toute relation entre eux deux était donc interdite, c'était le règlement, et il ne pouvait pas s'y soustraire sous prétexte qu'il était le Président. Son père l'aurait sans doute fait sans scrupule, et peut-être se serait-il lui-même laissé tenter par cette solution de facilité à une époque, mais celle-ci était depuis longtemps révolue. Sans réfléchir, trop peu habitué à écouter ce que lui disait son cœur, il avait lui-même fermé cette porte qui lui était pourtant ouverte. Alors depuis qu'elle était arrivée, depuis un an, il profitait comme il le pouvait des instants qu'il passait en sa compagnie. Il faisait ce qu'il pouvait pour l'aider, quand cela lui était possible. Elle ne comprenait pas toujours pourquoi il faisait ça, au début, elle l'avait trouvé un peu étrange, certes, mais avec le temps, cette impression avait fini par disparaître. Il l'avait vu dans ses yeux.
Et désormais, son cœur était déchiré. Ça lui faisait tellement mal, de savoir qu'elle était enfermée là-bas, que s'ils ne faisaient rien, elle allait mourir. Il ne pouvait rien faire, et cela le mettait en rage. Il rouvrit les yeux, tourna la tête. Tempe appuyée contre son poing fermé, il contempla le ciel gris. Et alors qu'il était habituellement si fier, si puissant, il sentit une larme glacée rouler le long de sa joue et se mit à implorer qui voudrait bien l'entendre. La Déesse. Aeris elle-même. N'importe qui.
Car pour la première fois de sa vie, Rufus Shinra n'avait plus le contrôle des événements. Il était totalement impuissant.
Je vous en prie. Sauvez-les.
Et voilà le chapitre 11 de "Prisonniers" ! :D J'espère qu'il vous a plu, n'hésitez pas à laisser une petite review si le cœur vous en dit !
Merci beaucoup de votre lecture et à la semaine prochaine pour le chapitre 12 ! ;)
Réponses aux reviews :
StrangeEye : Pour la grotte, tu as bien reconnu ^^ Je suis contente, n'ayant jamais joué à ce jeu, j'avais peur que la description ne soit pas terrible... quant à ce que je mijote... tu verras bien ! ;) Et pour le problème du huis-clos, je ne vais pas non plus te spoiler toute la fin (ce serait pas drôle sinon :p), mais sache qu'on en est aujourd'hui à un peu plus de la moitié de la fanfic... donc oui quasiment tout se passe dans cette fameuse grotte, mais l'histoire est bien plus courte que les précédentes ^^'
