Fiction Naruto Shippuden : Battle Royale.
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Shikamaru se rassit dans la grotte et posa une main sur son front. Il était graisseux, et il sentit quelques légers grain de sable, et de sel. Il huma une dernière fois l'air de la mer, et se retourna vers l'émanation de l'odeur de sang, qui emplissait toute la grotte. Shikamaru soupira et renouvela le bandage de Choji, qui dormait encore. Le pauvre était crevé et ses blessures n'arrangeaient rien à la chose le stress, le couteau, le Programme, tout cela l'avait fait délirer pendant un bon quart d'heure. Son ami avait lui aussi perdu ses moyens face à sa crise de délire, et l'avait aidé à s'assoir dans la grotte, près du port et de la mer, en zone G-6. Il enleva la gaze, le pansements et nettoya la plaie au désinfectant. Il fit une petite inspection de la plaie : il l'avait recousue à l'aide de fil chirurgical, et elle semblait commencer à cicatriser très légèrement, du moins elle ne saignait plus autant. Il redécoupa des pansements et de la gaze, et nettoya la plaie à nouveau, puis renoua le bandage autour de la cuisse un peu surélevée. Choji se réveilla au contact du bandage et du liquide sur sa cuisse, et sourit à Shikamaru, un sourire triste.
Bon, tu te réveilles, c'est déjà ça.. Qu'est-ce que j'ai pu avoir peur, t'imagines même pas, vieux...
« Ça m'a bien fait flipper ce coup de feu, et ce cri aussi. Pas toi ? demanda le gros garçon.
- Oui plutôt. Les deux provenaient de directions différentes. Je pense qu'il y a eu un mort au moins. C'est con pour lui.
- Pourquoi lui ? Ça peut pas être une fille aussi ?
- Non, répondit son ami. Le cri était celui d'un mec, et il y a eu aussi d'autre gémissements assez forts depuis. Je pense qu'il en est mort.
- Bah.
- Ça n'a pas l'air de te traumatiser plus que ça, je me trompe Choji ?
- Non, en fait je n'arrive pas vraiment à réaliser notre situation mais..»
Choji perdit son sourire. Il se redressa encore un peu, et appuyé contre la paroi de la grotte, il regardait le soleil se lever. Shikamaru jeta un œil à sa montre, cinq heure du matin, le matin du mardi quatorze mars, un beau matin de printemps.
Ils s'étaient retrouvés peu après être sortis de l'école. Choji avait foncé vers le sud, près du port, dans les grottes formées par la marée, où ils se trouvaient maintenant, ayant suivit les instructions lui avait données avant qu'il ne parte. L'entrée de la grotte était cachée par plusieurs excavations et rochers qui masquaient la fente plutôt grande qui permettait de laisser une personne à la fois. Shikamaru l'avait rejoint une dizaine de minutes après, et l'avait hélé, sachant que la zone était inoccupée sur le moment, car il avait courut jusque là, mais avait fait un détour par la clinique, pour prendre des médicaments pour son ami blessé.
Là-bas il avait fait le tour de la petite clinique locale et s'était servit en désinfectants, pansements, matériel et en avait rempli son sac personnel. Il avait découvert que son arme octroyée par le Programme était un pistolet semi-automatique Beretta 92. Une arme qui était utile, mais pas géniale non plus, les Beretta n'étant pas de bon semi-auto. En revanche ce fut une surprise quand il découvrit deux bipers reliés l'un à l'autre dans le sac de Choji. Comme une blague incitant le participant naïf à envoyer un message à l'autre, pour se consoler de sa solitude. Cependant, si on fonctionnait en binôme, ce pouvait être d'une certaine utilité, même s'il ne savait pas vraiment s'en servir, ce gadget datant du siècle dernier.
En binôme.. Même dans ce jeu circuler à deux ne pouvait pas laisser prétendre que les intentions du duo étaient pacifiques, et les risques de trahisons étaient d'autant plus grands, que l'un descende l'autre pour son propre profit. Ils pouvaient bien croiser d'autres personnes, mais en qui avoir confiance ? Le trio Uzumaki, Uchiwa et Haruno, ceux-là étaient des gens bien, mais comment les contacter sans risquer de se faire tuer en se faisant repérer par un élève se prêtant au jeu ? Et Choji ?
Comment faire pour le déplacer sans attirer l'attention ? Il pouvait les défendre à l'aide du Beretta, sauf qu'il n'y avait aucune garantie de réussite. Mais Shikamaru était confiant, envers Choji, et leur longue amitié. Ils s'adoraient mutuellement, et ne pourraient jamais penser à supprimer leur camarade. Ils étaient bien trop liés pour ça. Rien que de penser le tuer, Shikamaru frissonna une fois de plus, et bâilla longuement. Il avait dormi trois petites heures, et c'était tellement peu en comparaison de ce dont il avait besoin.
Si j'étais chez moi.. Si seulement j'étais chez moi, je serais encore à dormir, dans un lit chaud, confortable, à savoir que mes parents m'aiment, que la vie est encore longue devant moi, et que j'ai tout le temps qu'il faut pour être heureux. Mais, malheureusement je ne suis pas chez moi. Je suis ailleurs, un ailleurs cauchemardesque. Et je n'ai plus le temps de rien. Seulement celui de mourir, de tuer.
Ils se serrèrent l'un contre l'autre, cherchant un peu de chaleur, sous les vestes que le gros garçon avait prises et ce dernier reprit la parole.
« Tu sais, Shikamaru, je veux bien protéger qui tu veux, je veux bien me sacrifier pour toi ou mes amis, mais maintenant que je suis confronté à la réalité, cette réalité qui ne semble pas vouloir de moi, j'ai peur. Je connais bien ton sentiment, tu as peur toi aussi. Et pourtant toi au moins, tu auras le courage d'affronter cette vie qui nous est destinée pour les trois prochains jours, si nous ne mourrons pas avant, il ajouta, rêveur. J'aime ma famille, mes amis me sont chers, ma vie est belle, je ne veux pas m'en débarrasser aussi facilement. Je ne veux pas, non, pas pour le moment. »
Shikamaru haussa les sourcils, et se blottit contre la paroi, pensif lui aussi. La vie, l'avenir, tout ça, il avait le temps d'y penser, et en ce moment, il semblait plus lointain qu'il ne l'a jamais été. Le futur n'est jamais que du présent qui se précipitait à son encontre, disait-on. Shikamaru ne souhaitait pas vivre sa vie au jour le jour, et en profiter à fond, mais la déguster petit à petit, comme on suce un bonbon au goût acidulé, pour mieux en profiter.
C'était l'impression que la vie lui avait donné jusqu'ici.
Un bonbon acidulé.
Ça lui rappelait des souvenirs, cette formule.
Un bonbon, c'est ce qui l'attendait chaque fois qu'il avait eu une bonne à l'école, à l'époque de son primaire. Sa mère n'était pas partisane de cette méthode de récompense, mais son père l'approuvait. Shikamaru et son paternel se rendaient à une confiserie très réputée à Kyoto, et il lui achetait un bon sachet de douceurs, et alors son fils le remerciait, heureux de profiter de sa récompense. Son père était un adulte peu ordinaire, Shikamaru l'avait remarqué depuis, avec son intelligence hors du commun, et une sagesse peu ordinaire. Sa mère aussi était plus hors norme, dotée d'un caractère bien trempé, et aux idéaux indétrônables. Elle était la femme forte, la matrone qui contrôlait tout, la mère qui dirigeait sa maisonnée d'une main de fer dans un gant d'acier. Yoshino Nara était pour Shikamaru le pire personnage de l'histoire, le tyran détesté, le cocon familial, la tendresse absolue, sa mère en somme toute. Et qu'est-ce qu'elle pouvait lui manquer à ce moment précis où il avait tellement besoin d'elle.
Si seulement il savait que depuis huit heures, hier soir, lorsqu'une délégation du gouvernement s'était pressé alors à la porte de son domicile, pour annoncer la nouvelle à ses géniteurs, et que l'envoyé du ministère de la défense leur avait annoncé que leur unique rejeton avait rejoint le tribut à payer à l'État. Sa mère s'était alors effondrée sur le sol en carrelage de leur petite cuisine un peu vieillotte, et avait fondu en larmes. Les poings rageurs de son père s'étaient abattus sur la table de cette même cuisine, et les larmes aux yeux, il avait relevé sa femme, qui maudissait ce pays damné, condamné à envoyer des enfants à la mort, des enfants de la nation pourtant. Ils avaient claqués la porte au nez au commis du gouvernement après que son père l'eût jeté à la porte par un poing bien expédié, pour ensuite passer le reste de la nuit dans leur salon, sans dire un mot, sanglotant seulement.
Shikamaru ne savait pas non plus que le groupe antigouvernemental auquel appartenait son père, était convoqué par lui-même dans son salon, pour préparer une réunion à laquelle participeraient tous les membres de la région, et organisée dans le plus grand secret, pour porter un coup au gouvernement se mettait en place à l'instant où il se morfondait sur l'île. Le but de l'opération serait d'intervenir à la capitale, au siège du gouvernement, au conseil des ministres, et y causer un attentat à la bombe ou tout autre moyen destructif. Bien sûr il faudrait évaluer les dégâts, et prévenir les blessés, le nombre de morts à venir, et les conséquences qu'auraient un tel geste sur la nation, le pays et ses habitants. Ce serait le premier coup porté à l'État par leur organisation.
Nombreux y étaient les adhérents, bien que tous menacés par la découverte de leurs activités illégales et de la peine de mort qui en serait la promesse. Shikamaru savait en revanche que quoiqu'il advienne il y aurait des morts, ici ou ailleurs. La crainte du décès précoce provoqué par l'armée de ses parents le tourmentait toujours.
La mort.
Après tout, ne disait-on pas que la mort n'est qu'un recommencement ?
Que le cycle incontrôlable et incontrôlé de la vie reprenait toujours son court ? Oui.
Mais il trouvait que ce n'était pas juste, pas équitable.
Ceux qui souhaitaient, voulaient, désiraient au plus haut point vivre, qu'advenait-il d'eux ?
Ils étaient balayés par la volonté impénétrable de la vie, de la nature.
Le bruit que fit Choji en se dégageant légèrement de sa position initiale le fit revenir à lui.
« - Dis Shikamaru ? lui lança son ami.
- Ouais ?
- Tu penses quoi de la mort, et de la vie ? Et surtout du fait qu'on veuille supprimer des personnes aussi jeunes que nous ? »
Shikamaru se rassit sur ses fesses et se rétracta contre lui-même. La question l'avait fait tourner autour du pot, et il en était arrivé à un mal de tête pas possible.
Mais la solution s'impose d'elle-même. Il n'y a qu'à observer un peu notre système et la réponse vient tout de suite.
« Je pense que la vie, c'est un moment dont on doit profiter. C'est éphémère et si beau à la fois. Tu ne penses que c'est la plus grande de l'être humain que d'avoir contribué à créer la vie d'un autre être humain ? Moi, ça me rendrais tellement heureux.. La vie et la mort font parties d'un cycle, qui se construit autour d'elles. Elles sont.. comment dire.. tu vois ce qu'il advient des cadavres d'animaux mangés par leur prédateurs ? Hé bien, ils redeviennent du compost, de l'engrais pour la terre qui les a nourris depuis le début de leurs existences. Et c'est un juste retour que de retourner à la terre et à la poussière. C'est naturel. C'est pareil pour nous.. Enfin je ne dis pas qu'on doit mourir aussi jeune, et c'est ça qui est affreux.. Mais on fait parti de ce cycle éternel, du moins il l'est tant que la vie existe, elle aussi. Malgré tout, supprimer des légions d'enfants, du moins des êtres encore jeunes comme nous, je ne trouve pas ça hyper naturel non plus. C'en est même assez.. malsain.. Tu vas me dire que c'est plus que malsain, bien sûr, mais j'ai la sensation que la situation ne peut pas durer plus longtemps ainsi. D'ailleurs elle aurait du s'arrêter depuis longtemps. Tuer autant de personnes d'un seul coup.. C'est horrible.. En nous tuant les uns les autres, on ne profite de rien ni à rien. Ce n'est pas logique, du moins dans ce sens-là.. Et puis il y a bien sûr la notion d'éthique qui vise à ne pas tuer, ne pas blesser, et surtout préserver les jeunes, les enfants en particulier car ils sont un peu comme l'avenir du monde. C'est surtout cette facette-ci qui nous perturbe le plus. Je veux dire, on nous apprend depuis qu'on est tout petit de faire attention aux autres, d'être prévenant, de toujours veiller sur ceux qu'on aime, de ne pas faire preuve de violence envers les autres, de ne pas faire de mal, d'être gentil. Et dans notre situation, c'est tout le contraire qu'on nous encourage à faire.. ».
Choji garda les yeux ouverts sur le soleil levant. Le monologue de son ami l'avait fait réfléchir.
Oui, je sais que j'ai été plutôt cru mais il fallait lui exposer mes arguments. Il faut bien qu'il comprenne le concept, et le problème qu'il pose... Je suis certain de ce que j'avance, et je suis sûr que ce Programme sert à quelque chose.. Il doit avoir une utilité particulière, un but à atteindre, mais qui use des citoyens, de la population.. Allez réfléchis, fainéant ! Remues-toi les méninges mon Shikamaru ! Si seulement je pouvais être au calme, devant mon échiquier de shogi, sans rien qui puisse me perturbe... Mais là, dans ce cas-ci, c'est pas possible.. Rah, en plus j'ai faim, et ils nous ont filé à peine de quoi grailler ! Tu m'étonnes que j'arrive pas à penser, j'suis en manque de sucre. J'vais tomber en hypoglycémie si ça continue...
Shikamaru, son estomac grondant son mécontentement, se leva d'un geste brusque, et consulta à nouveau sa montre. Cinq heure et quart. Une heure à laquelle, ou les autres devaient dormir, trop fatigués par les évènements de la veille, ou veiller en claquant les dents de frayeurs. Il avait faim, et ce n'était pas les maigres provisions fournies par le gouvernement qu'ils allaient survivre tous les deux. Lorsqu'il s'était rendu au dispensaire de l'île, il avait remarqué un petit village vers le port. Il y a avait sûrement un magasin là-bas, et probablement de l'alimentaire. Les soldats de l'état n'allaient pas vider toutes les petites épiceries de chaque patelin réquisitionné pour le Programme, et au pire il pourrait s'approvisionner en bouffe dans les habitations.
« Hé Choji, tu sais quoi ? Il lança à son ami. »
Choji rouvrit les yeux qu'il avait difficilement fermés et lui prêta une oreille encore embourbée de sommeil.
« - Quoi ?
- Je crois que je devrais aller chercher à manger, je crève de faim, et y reste rien du pain des sacs. Y'a un patelin pas loin, tu vois ?
- Mais c'est pas trop dangereux de sortir d'ici, répliqua aussitôt Choji, totalement réveillé. J'veux dire, il fait jour, et en plus le village est un peu loin..
- T'en fais pas.. J'ai l'intuition que ça va aller. Crois-moi je sens que ça va aller. Je pense qu'en plus les bipers pourront nous êtres utiles. Je vais prendre le pistolet, comme ça, si au pire on m'attaque, j'aurais un moyen de me défendre.
- Et moi ? Tu me laisses sans rien pour m'aider ? Je te croyais moins égoïste vieux, le railla gentiment Choji.
- T'as vu comme moi que cette grotte était vachement bien planquée, et qu'on l'a choisie pour ça.. Je te promets que personne n'ira fouiner ici. Et puis, dans l'histoire, c'est moi qui prends le plus de risque. En plus, je te l'ai dit, on peut communiquer à l'aide des bipers.
- Hum , ouais, j'te fais confiance, ça va. Fais super attention à toi.. Y'en a qui sont prêts à jouer dans ce jeu de merde.. J'ai pas envie de perdre mon meilleur ami... »
Te fais pas de bile mec ! Je vais aller piquer un peu de graillon là-bas, je reviens et on pourra penser à un plan d'évasion le ventre plein ! Je te promets que je nous tirerai de cette merde profonde Choji, je te le jure sur mon honneur de fainéant !
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