Disclaimer : Je ne tire aucun bénéfice de l'écriture de cette fiction, si ce n'est un immense plaisir. Shingeki no Kyojin appartient à ce cher Hajime Isayama, et le scénario de cette fiction sort de ma tête. Il est donc un peu poussiéreux.

Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez tous bien ! Bon eh bien, il a pris son temps mais il est là, le nouveau chapitre de cette fiction. Le temps du déni est terminé, je suis forcée de me faire une raison et d'être honnête avec vous : le délai de publication entre chaque chapitre ne sera sûrement plus d'une semaine, ni de deux. Pourquoi ? Eh bien parce que j'ai repris les cours et que j'entre en master, ce qui signifie boulot en pagaille, mémoire et stage. De plus, ceux qui ont eu la curiosité d'aller sur mon profil ont pu y apprendre que je suis malade et que, des fois, je n'ai tout simplement pas l'énergie d'écrire et de publier. Mais je promets de publier régulièrement. Cette fiction sera terminée, c'est une chose que je vous dois à vous, et aussi à moi-même.

IMPORTANT : pour être au courant de la progression de mon travail, je vous invite à lire régulièrement la rubrique « dernières nouvelles » de mon profil, où j'essaie de ne pas avoir l'air trop morte.

Je me dois aussi d'avouer que je me suis un peu égarée cet été sur le fandom du Hobbit, notamment à cause du pairing Bagginshield qui est devenu mon OTP tous fandoms confondus, sur lequel j'ai d'ailleurs fait une traduction. Je vais d'ailleurs continuer à travailler dessus, je pense, ce qui ne veut pas dire que je délaisse la Théorie des âmes sœurs, bien sûr.

Alors, ce chapitre : il est fouillis et je le déteste, mais il contient des passages importants pour l'histoire. Il contient également un clin d'œil au Hobbit, parce que je suis comme ça moi, on ne m'arrête pas.

Oh et en passant, merci infiniment pour les merveilleux messages que j'ai reçus récemment, ça sauve des vies ce genre de gentilles paroles !

Je souhaitais également vous parler d'une série que j'encourage vraiment tout le monde à regarder : il s'agit de Steven Universe. C'est série est à double fond, c'est-à-dire que la surface et la forme s'adressent aux enfants (les super pouvoirs, les monstres, tout ça) mais la série en elle-même, la profondeur de l'histoire est évidemment adressée aux adultes et il n'y a aucune chance que le moindre morveux comprenne ce qui se passe réellement dans ce dessin animé. Il traite de thèmes comme l'amour sous toutes ses formes, le deuil, la dépression et les insécurités, le pardon, l'identité mais également l'identité sexuelle, qui sont tous des thèmes très importants, je pense. C'est un bijou de Rebecca Sugar et je vous invite à le regarder, en anglais c'est très facile à trouver sur Internet et pas trop dur à comprendre. Si vous avez des difficultés, vous pouvez le chercher en français mais ça risque d'être plus rare. Je fais cette « promo » car la saison 4 vient de commencer, je l'ai vue et elle m'a soufflée.

Voilà, réponses aux reviews anonymes, petit questionnaire en bas, on se retrouve tout de suite et bonne lecture !

Nekoko 3 : Coucou Nekoko ! Comme toujours, merci de me laisser un gentil commentaire à chaque fois, c'est ce qui me pousse à continuer ! Je suis enchantée que le chapitre t'ait plu ! Alors je ne répondrai plus aux hypothèses concernant le couple caché, car l'une des lectrices l'a trouvé et je dois avouer que je ne m'y attendais pas, héhé. Concernant Annie, tu auras du nouveau dans ce chapitre. Au plaisir de lire à nouveau une review de toi, bisous et merci beaucoup !

Chapitre 10 : Qu'est-ce que je ne ferais pas pour toi ?

« - Maman, tu as vu mon T-shirt Jurassic Park ? cria Eren depuis le haut des escaliers.

- Il est au sale, trésor.

- Hein ? Mais j'en ai besoin ce soir !

- Vraiment ? Il fallait y penser avant de le porter pour aller jouer au Paintball, mon cœur.

- Mais Mamaaaan ! Je n'avais pas le choix, c'est Levi qui m'a défié !

Carla pénétra dans la chambre de son fils, sereine, un panier en plastique en équilibre sur sa hanche. Ignorant le jeune homme échoué nonchalamment sur le lit, elle déposa avec soin une pile de vêtements propres sur le bureau.

- En parlant de Levi, comment va-t-il ?

- Il se porte à merveille. D'ailleurs, on va au cinéma tout ensemble, ce soir. Il sera là. Pitié, ne me demande pas encore de lui dire de ta part à quel point il est gentil et bien élevé. C'est vraiment gênant, tu sais.

La jeune mère, occupée à suspendre un manteau propre à un cintre, jeta un regard indigné à Eren.

- Il faut bien que quelqu'un le lui dise, renchérit-elle. C'est la vérité et un enfant a besoin de recevoir des compliments lorsqu'il les a mérités. D'autant plus qu'il s'est élevé tout seul, alors il a deux fois plus de mérite.

Se dressant sur la pointe des pieds, elle attrapa une grande valise à roulettes perchée au-dessus du placard.

- Je veux que tu commences à la remplir ce soir, intima-t-elle, pour que nous fassions la liste de ce qu'il manque avant la fin du week-end.

- D'accord, fit distraitement Eren en pianotant sur son téléphone.

Avec un soupir résigné, Carla récupéra son panier à linge tandis que Mikasa pénétrait dans la pièce.

- Jean et Armin viendront bien au cinéma ce soir, déclara la jeune fille en poussant du pied les obstacles qui lui barraient la route.

- Tous les deux ? gémit Eren. Génial, il ne faudra pas les laisser s'asseoir ensemble ou ils vont passer la soirée à se palper les amygdales.

- Eren ! s'exclama sa mère. Un peu de classe, je te prie.

- Ça se voit que tu ne leur as pas tenu la chandelle, répliqua le jeune homme en se relevant de son lit.

- J'aimerais beaucoup rencontrer ce fameux Jean, sourit sa mère. Je suis curieuse de savoir ce qui a plu à Armin chez ce garçon.

- Oui, on aimerait le savoir aussi, grommela Eren.

- C'est Eren, mais en plus grand, se contenta d'ajouter Mikasa.

- Je vois, c'est pour ça qu'ils ne s'entendent pas, conclut leur mère tandis que son fils s'étranglait dans ses protestations.

Le téléphone sonna et Carla quitta la pièce. Tandis qu'Eren jetait au fond de sa valise quelques objets pris au hasard, Mikasa s'étendit de tout son long sur le lit.

- Armin m'a dit qu'il a proposé à Annie de venir. Elle a refusé, évidemment.

- Quelle nouille ! Je sais qu'Armin est trop modeste pour se douter qu'elle est amoureuse de lui, mais là, son ignorance le rend cruel.

- J'essaierai de lui parler », soupira Mikasa.

XXX

« - Ils sont là, indiqua Eren à sa sœur, tandis qu'ils sortaient de la bouche de métro.

Il pointa du doigt les deux silhouettes qui se tenaient de l'autre côté de la route. Emmitouflé dans un large manteau en laine blanche, Armin les aperçut et leur fit de grands signes. Alors que les deux nouveaux venus traversaient la rue pour les rejoindre, le petit blond s'esclaffa et se tortilla dans tous les sens lorsque Jean s'approcha par derrière et l'emprisonna dans ses bras, soufflant de la buée dans son cou.

- Pitié, grogna Eren, mais lorsqu'il se tourna vers sa sœur, elle souriait.

- Réjouis-toi pour lui, répondit-elle. Il a l'air si heureux. »

Ensemble, les quatre amis rejoignirent le cinéma. En tournant à l'angle de la rue, ils se retrouvèrent au milieu de la foule qui se pressait à l'entrée de l'établissement.

« - C'est bondé ! cria Armin pour couvrir la cohue environnante, tandis que Jean le tirait par la manche vers l'entrée du cinéma.

- Les autres sont à l'intérieur, répondit Eren sur le même ton, ils ont nos tickets d'entrée.

Lorsqu'ils eurent réussi à se faufiler à travers la file d'attente, ils trouvèrent Petra qui les attendait devant le guichet d'accueil.

- Bonsoir, les salua-t-elle en souriant. Venez, nous vous avons gardé des places.

En pénétrant dans la salle à l'éclairage tamisée, Eren repéra le reste du groupe, installé dans l'une des rangées centrales. Il reconnut Hanji assise en bord de couloir, à côté de Connie et Sasha. Cette dernière avait confié son sac à main à son petit ami, ses propres genoux étant encombrés de toutes les sucreries qu'elle était parvenue à transporter en un seul voyage. Marco était également présent, ainsi que Christa.

- Ymir n'est pas venue ? souffla-t-il à sa sœur.

- Non », se contenta-t-elle de répondre.

Le regard inquiet qu'elle lui jeta, cependant, indiqua clairement qu'elle aussi s'inquiétait de la dégradation des rapports de leur amie avec Christa.

Tandis que Mikasa prenait place à côté de Marco et que Jean et Armin s'installaient à sa suite, Eren aperçut Levi dans l'autre moitié de la rangée, une place vide à sa gauche. Le jeune allemand alla s'y installer, sachant qu'elle lui était réservée. Il se retrouva assis entre Levi et Petra. Il adressa un sourire à Erwin par-dessus la tête de Levi et s'enfonça dans son fauteuil.

« - Il y avait un barrage humain devant l'entrée, glissa-t-il à Levi.

Son ami, vêtu d'un sweat gris foncé, avait la tête appuyée contre le dossier de son fauteuil, sur lequel il avait préalablement posé une serviette en tissu. Question d'hygiène. Il contemplait les spots publicitaires qui défilaient sur l'écran géant, le regard perdu.

- C'est normal, lui répondit le brun d'un air distrait. C'est le dernier volet de la saga, et la première séance de diffusion.

Eren sortit de son sac une barre de céréales et la tendit à Levi qui l'attrapa machinalement, habitué à ce genre d'attentions.

- Tu n'aurais pas dû. En plus, Petra m'a donné un sandwich.

- Ce n'est pas assez. Comment était ton entrainement ?

- Comme d'habitude.

Eren se tourna vers Levi, l'air sévère.

- Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Tu es bizarre. Non, regarde-moi, protesta-t-il lorsque Levi voulut détourner la tête. Tu as vu la taille de tes cernes ? Dis-moi ce qu'il se passe.

Son homologue soutint son regard quelques secondes, avant de soupirer.

- Ce n'est rien, vraiment. C'est Kenny. Il n'est pas rentré la nuit dernière. Et même si ce n'est qu'un vieux con… Je me suis inquiété. Mais il m'a appelé tout à l'heure, et tout va bien. Il a dû s'oublier dans un bar, c'est tout.

Il accorda l'ombre d'un sourire à Eren, puis ouvrit la barre de céréales et mordit dedans.

- Arrête de me dévisager. Je te dis que ça va, vraiment.

Alors que le jeune allemand s'apprêtait à répondre, les lumières restantes s'éteignirent soudain et la salle se retrouva plongée dans l'obscurité, tandis que des injonctions au silence se propagèrent dans le public.

- J'ai du mal à y croire, chuchota-t-il malgré tout. Tu n'es pas aussi chiant que d'habitude, c'est louche.

- Ça va aller, Jaeger ? Tu n'auras pas trop peur du dragon, dans le noir ?

- Je retire ce que j'ai dit.

- Ils vont bientôt fermer les portes, c'est ta dernière chance d'aller voir La Reine des Neiges à la place.

- Continue comme ça et je vais y aller. De toute façon, il a l'air un peu bidon ce film. La Bataille des Cinq Armées, c'est ça ? Je n'ai même pas vu les deux premiers. Certainement pas aussi bien que la première trilogie. »

XXX

« - Arrête de pleurer, Eren, répéta Mikasa pour la quatrième fois.

Leur séance de cinéma terminée, ils se dirigeaient à présent vers la bouche de métro la plus proche pour rentrer à leurs domiciles respectifs. Si chacun d'eux avait beaucoup apprécié le film, Eren avait pour sa part, du mal à digérer le dénouement tragique de l'intrigue.

- Mais ils sont morts tous les trois ! se lamenta ce dernier, en se mouchant bruyamment.

- Ce n'est qu'un film, soupira Jean qui marchait en queue de groupe, un bras autour des épaules d'Armin.

- Ne la ramène pas, Kirschtein, je t'ai vu pleurer aussi. »

Il finit éventuellement par commencer son deuil sur le trajet, tandis que les conversations dérivaient sur d'autres sujets. Son attention fut attirée par Hanji et Sasha qui marchaient devant lui.

« - Mais si, chuchota la jeune fille aux cheveux auburn, c'est pour ça qu'Ymir n'est pas venue. Et je ne pense pas que ça va s'arranger de sitôt.

- Je trouve que Reiner exagère vraiment, répondit Hanji sur le même ton. Cela dit, c'est de bonne guerre. Elle n'a aucun droit de réagir comme ça alors qu'elle n'a jamais été sincère avec Christa.

- Chuuut ! insista Sasha.

- En parlant de gens sincères… continua sournoisement Hanji pour elle-même.

Abandonnant Sasha, la jeune fille aux lunettes recula de quelques mètres et vint enlacer Levi, qui discutait avec Erwin.

- Comment ça va, ma poule ?

- Lâche-moi, espèce de cinglée, répondit Levi avec agacement et tirant sur les bras qui l'enserraient.

Il finit par se dégager de l'emprise et poussa son amie à une distance raisonnable.

- Ton T-shirt est affreux, au fait.

- C'est un T-shirt officiel du groupe Gorillaz ! s'exclama Hanji, outrée, en rabattant les pans de son manteau contre sa poitrine. Un simple gueux dans ton genre ne peut pas apprécier tant de talent. »

Eren n'écouta leur chamaillerie que d'une oreille, préoccupé par les propos qu'avait tenus Sasha. Que se passait-il entre Christa et Ymir ? La petite blonde allait-elle réellement délaisser son amie pour se tourner vers Reiner ? Maintenant qu'il y pensait, rien dans le comportement de la jeune fille n'avait jamais laissé penser qu'elle ressentait de l'amour pour la jolie rousse. Quel calvaire cette situation devait être pour Ymir, songea Eren. Devoir mutiler ses sentiments pour parvenir à les contenir dans le moule dans la relation amicale, devoir prétendre s'en satisfaire et prétendre n'avoir rien à cacher. Comme je te comprends, Ymir.

Peut-être lui enverrait-il un message, une fois rentré chez lui, pour s'assurer de son moral.

Lorsqu'ils arrivèrent devant la bouche de métro, leurs éclats de rire résonnaient jusqu'au bout de la rue. Jean avait mis Eren au défi d'arriver le premier jusqu'à la station de métro en portant quelqu'un sur ses épaules. Le jeune allemand avait donc transporté une Petra rougissante sur ses épaules en trottinant aussi rapidement qu'il le pouvait sans faire perdre son équilibre à la jeune fille. Sur ses talons, Jean menaçait à tout moment de le rattraper, un Armin plus que réticent jeté en travers de son épaule. Le petit blond ayant catégoriquement refusé de participer, Jean avait dû le soulever et le porter comme un vulgaire sac de pommes de terre.

Finalement, Eren et Petra furent déclarés grands vainqueurs de la course. Il la reposa en prenant garde à ne pas soulever sa jupe. Le groupe se réunit et tous se saluèrent, se préparant à rentrer chez eux. Petra embrassa Eren sur la joue et lui ébouriffa les cheveux.

« - Ne déprime pas trop à cause de ce film, le taquina-t-elle. Si ça peut te remonter le moral, je déguiserai Levi en nain. Il suffira de lui mettre une fausse barbe, et vu sa taille, ça devrait donner quelque chose d'assez réaliste.

Eren éclata de rire, couvrant l'exclamation outrée de Levi.

- Ça te fait rire ? » le menaça le brun en faisant mine de le poursuivre.

Emporté par son hilarité, Eren se déroba brusquement vers l'arrière pour échapper à Levi lorsque celui-ci tenta de l'attraper, et recula jusqu'au milieu de la route. Pris dans le feu de l'action, les yeux fixés sur le visage de Levi, il vit distinctement le sourire de son ami se muer en une expression terrifiée. En revanche, il entendit à peine le cri que poussa Petra, la voix couverte par le bruit déchirant des pneus qui freinèrent sur l'asphalte.

« - Attention, EREN ! »

Trop tard, songea le jeune en regardant la voiture arriver sur lui.

XXX

« - 12,8 de tension, c'est parfait ! conclut joyeusement l'infirmière en retirant le tensiomètre du bras d'Eren.

Celui-ci, un petit miroir circulaire entre les mains, contemplait les différentes écorchures qui recouvraient son visage, enduites de Bétadine. Si certaines n'étaient que de petites égratignures, d'autres, et notamment celle sur sa pommette droite, avaient réellement mis sa chair à vif. Enroulant l'instrument, l'infirmière jeta un regard chaleureux à Carla qui se tenait debout, les bras nerveusement croisés sur la poitrine, au milieu de la pièce.

- Il va bien, ne vous en faites pas, madame. La voiture avait déjà beaucoup ralenti quand elle l'a percuté. Il aura sûrement de sacrées courbatures demain, et quelques bleus, mais aucun dégât interne. Seulement les égratignures que je viens de soigner. »

Carla acquiesça, trop secouée pour émettre le moindre son. Lorsque le téléphone de la maison l'avait réveillée, plus tôt dans la nuit, elle avait eu la très mauvaise surprise de se retrouver en communication avec un policier lui informant que son fils avait été renversé par un conducteur saoul à la sortie du cinéma. Elle avait donc attrapé son sac à main et enfilé une veste à la va-vite pour sauter dans sa voiture et rejoindre le centre hospitalier qui avait pris Eren en charge. Arrivée là-bas, vêtue d'une chemise de nuit et les cheveux en pagaille, elle avait certainement eu l'air d'une folle en déboulant dans le service des urgences pour hurler sur son fils. Elle ne s'était calmée que lorsque qu'elle avait constaté que le jeune homme n'avait quasiment rien.

« - Vraiment, maman, avait insisté Eren. Je n'ai même pas été assommé. Je voulais juste rentrer à la maison, mais ce sont les autres qui m'ont forcé à rester allongé et qui ont appelé l'ambulance. »

On l'avait ensuite informée que le conducteur n'avait pas cherché à s'enfuir et avait été interpelé par la police à l'arrivée de l'ambulance, et qu'il était, aux yeux de la loi, considéré comme responsable de l'accident.

« - Il faudra féliciter tes amis, déclara l'infirmière. Ils ont eu les bons réflexes. Venez madame Jaeger, il y a des papiers à signer et les policiers veulent vous parler. Quelques formalités, rien de plus.

Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle manqua de se faire renverser par les amis d'Eren qui se précipitèrent dans la salle et le prirent d'assaut.

- Comment ça va ? demanda Armin tandis que Mikasa et Petra tentaient de l'étouffer dans leurs étreintes simultanées.

- Tu as eu des points de suture ? renchérit Sasha.

- Tu aurais donné ton corps à la science, si tu étais mort ? le questionna très sérieusement Hanji en s'asseyant au bout du lit.

Lorsque tout le monde fut rassuré de son état de santé et qu'il retrouva sa sphère privée, Eren remarqua que Levi l'observait, debout dans l'encadrement de la porte. Son visage était fermé et il ne répondit pas au sourire que lui offrit le jeune allemand.

- Il s'en veut beaucoup de ne pas avoir réagi assez vite, lui chuchota Petra en aparté.

Eren finit, à grands renforts de regards suppliants, par appâter Levi jusqu'au bord du lit, où Petra lui céda sa place.

- Bordel, cracha-t-il entre ses dents serrées, tu étais sorti pisser quand ils ont distribué les cerveaux ou quoi ?! On ne court pas au milieu de la route dans la plus grande ville du monde !

Son ton était glacial, et Eren eut, un instant, la douloureuse impression de se retrouver en face du Levi de leurs débuts. Mais une braise rougeoya dans les yeux de son ami lorsqu'il se pencha en avant et embrassa maladroitement Eren sur la tempe. Satisfait, le jeune allemand se réappuya contre le dossier du lit et soupira.

- Quand-est-ce que je vais pouvoir sortir d'ici ? Ça pue le désinfectant et ça me rappelle trop de films d'horreur.

- Il faut que ta mère finisse de remplir les formalités et ensuite tu pourras sortir, répondit Levi en saisissant son menton pour examiner les écorchures sur son visage. Je donnerais cher pour avoir ce type en face de moi, siffla-t-il avec colère.

- Ah oui ? le taquina Eren en le regardant par dessous ses cils. Et qu'est-ce que tu lui ferais ?

Le jeune Alpha, qui avait parlé plus pour lui-même que pour les autres, tiqua nerveusement tandis que ses pommettes rougirent.

- Je lui apprendrais à ne pas rater son coup, la prochaine fois.

Son ami s'esclaffa et observa Connie et Sasha qui tripotaient le matériel médical sous le regard désapprobateur d'Armin. Mikasa discutait calmement avec Petra et Jean, mais les jointures de ses mains restaient blanchies et Eren comprit qu'il aurait droit à une mise au point à leur retour à la maison.

- Erwin et Christa sont rentrés chez eux, mais ils ont demandé de tes nouvelles par message.

Il se tourna pour répondre, mais fut interrompu par un infirmier brun, guère plus âgé qu'eux, qui pénétra dans la salle de soins. Son visage était avenant, bien que son expression légèrement incertaine.

- Bonjour, Eren Jaeger... ? le salua-t-il en regardant ses fiches. Tu as beaucoup de visiteurs, à ce que je vois. Hep, ne touchez pas à ça, vous deux, c'est du matériel stérilisé !

S'approchant du lit, il déboucha son stylo et griffonna sur une feuille avant de la nuit tendre.

- Voici une ordonnance en cas d'hématomes persistants. Tu devras également prendre rendez-vous chez ton médecin pour une visite de contrôle, c'est important, d'accord ?

Eren le remercia, tout en jetant un regard à son badge d'identification. Moblit Berner.

- Ta maman a réglé les formalités, tu es donc libre de la rejoindre. Tu as des questions ?

Avant que le concerné ne puisse répondre, Hanji se releva d'un bond et s'exclama :

- Moi, j'en ai une !

L'infirmier se retourna, intrigué, et eut un mouvement de recul embarrassé lorsque la jeune fille empiéta impunément sur son espace personnel.

- Euh, oui ?

- Je peux visiter votre morgue ?

Pris au dépourvu, l'infirmier jeta un regard troublé aux deux garçons, cherchant à déterminer s'il s'agissait d'une plaisanterie. Devant le regard blasé de Levi, il comprit qu'il n'en était rien.

- Je suis navré, commença-t-il, mais ce n'est pas possible, et puis… Est-ce que c'est un T-shirt officiel de Gorillaz ? demanda-t-il soudain, les yeux rivés sur les vêtements de Hanji.

- Oui, répondit-elle surprise, en écartant les pans de sa veste.

- Ça alors ! J'ai exactement le même !

Sur ces mots, le dénommé Moblit déboutonna brusquement sa blouse d'infirmier et l'ouvrit, révélant un T-shirt identique à celui d'Hanji, sous les regards atterrés (et écœuré, pour Levi) des deux amis. La jeune fille laissa alors échapper un gloussement qu'Eren n'avait encore jamais entendu venir d'elle, et l'infirmier la regarda comme s'il n'avait jamais rien vu d'aussi charmant.

- C'est dégueulasse, commenta Levi, et Eren le réprimanda d'une tape sur le bras.

- Sois gentil. »

XXX

Lorsqu'Eren, Mikasa et leur mère arrivèrent chez eux, vers deux heures du matin, ils eurent la surprise de trouver Grisha assis dans le salon. Le téléphone collé à l'oreille, il coupa la communication en les voyant arriver et les salua.

« - Je commençais à m'inquiéter, informa-t-il. Moi qui pensais vous faire une surprise en rentrant plus tôt que prévu de ce voyage, c'est plutôt vous qui m'avez surpris.

Puis il remarqua le visage ensanglanté de son fils.

- Que s'est-il passé, enfin ?

- Ton fils s'est fait renverser par une voiture », annonça Carla d'un ton sévère en retirant ses chaussures.

Plus tard, lorsqu'ils eurent raconté leurs mésaventures nocturnes, que leur père eut suffisamment sermonné Eren pour son imprudence et qu'il eut jeté un œil aux ordonnances fournies par l'hôpital, Carla mit un point d'honneur à rapporter à son mari le comportement exemplaire de leurs amis au moment de l'accident.

« - Et le fameux Levi était là aussi ?

- Oui. Il avait l'air si inquiet… C'est lui qui a téléphoné aux urgences. Je lui ai laissé mon numéro de portable, au cas où Eren s'attirerait de nouveau des ennuis.

Elle laissa un ange passer, pianotant nerveusement des ongles sur la surface de la table de la cuisine, puis se décida à aborder le sujet qui la préoccupait.

- Tu sais, il lui a passé un sacré sermon, à la sortie de l'hôpital.

- Et ?

- Eren s'est laissé faire. Il n'a rien dit, pas un mot. Et Mikasa avait l'air d'approuver.

Grisha releva la tête de sa tasse de thé fumante, surpris. Il n'était pas dans le nature de son fils de se laisser réprimander sans riposter et encore moins dans la nature de Mikasa d'autoriser quelqu'un d'autre qu'elle à pouponner Eren.

- Tu crois que... ?

- Je ne sais pas. Mais il faut lui en parler, dans le doute. »

Eren descendit les escaliers pour saluer ses parents. Fraichement douché pour se débarrasser de l'odeur de l'hôpital, il n'avait qu'une chose en tête : son lit. Lorsqu'il entra dans la cuisine, ses deux parents semblaient presque l'attendre.

« - Nous aimerions te parler un instant, trésor.

- Oui, je sais, soupira le jeune homme. J'ai été stupide, ce soir. J'ai oublié les règles de prudence les plus basiques, j'ai fait peur à tout le monde et j'ai gâché la soirée de mes amis, acheva-t-il en baissant honteusement les yeux. Mais c'était un accident, d'accord ? Ça n'arrivera plus, je ferai plus attention à partir d'aujourd'hui.

Il affronta de nouveau le regard de ses parents, et sa voix trembla.

- J'ai eu très peur, vous savez. Je comprends ce qu'ils veulent dire, maintenant, quand ils répètent que ça n'arrive pas qu'aux autres. Et je sais que j'ai eu beaucoup de chance.

Sa mère se leva pour l'enlacer et l'embrassa sur le front.

- Je suis fier de toi, répondit son père. Je garde à l'esprit que ce n'est pas entièrement de ta faute et que ce conducteur était ivre. Il aurait pu t'arriver la même chose en traversant un simple passage piéton. Parce qu'on ne peut faire confiance à personne, tu comprends ? Alors sois prudent. Ne laisse pas à qui que ce soit la moindre opportunité de te faire du mal.

Eren acquiesça en repoussant doucement Carla.

- Cependant, reprit celle-ci, ce n'est pas ce dont nous voulons te parler.

Elle se rassit à table, et l'invita à l'imiter.

- A l'hôpital, j'ai aperçu Armin et ce fameux Jean. J'ai même eu l'occasion de leur parler. Jean est un charmant garçon. Il est poli et très attentionné envers Armin.

- Ouais, c'est quelqu'un de bien, concéda Eren. Je le critique tout le temps, mais c'est pour la forme. Au fond je l'aime bien et il est très attaché à Armin. C'est de ça que vous vouliez me parler ? Ça vous tracassait à ce point ?

- Eh bien, nous trouvons que Levi est également quelqu'un de très bien. Il nous a fait très bonne impression le jour du cambriolage, et encore plus après ce qui s'est passé cette nuit.

- D'accord... ? continua Eren, incertain du message qu'essayaient de lui transmettre ses parents.

Carla coula un regard vers son mari en se tortillant sur sa chaise, les doigts crispés autour de sa tasse. Il l'avait rarement vu aussi embarrassée.

- Et nous n'avons pas pu nous empêcher de remarquer que vous étiez très proches, reprit Grisha. Alors nous avons pensé qu'il était nécessaire de te signifier notre… bienveillance et notre soutien en ce qui concerne tes choix.

- Quoi ?

- Ce que nous essayons de te dire, trésor, c'est que nous t'aimons tel que tu es, et que nous t'aimerons quoiqu'il arrive. Peu importe ce que tu choisis de faire, ou qui tu choisis de fréquenter.

Eren eut peur de comprendre.

- Ça ne les dérange pas que tu sois gay, Eren, fit une voix catégorique derrière lui.

- Mikasa ! réprimanda Carla, rougissante, tandis que son fils se retournait pour toiser la nouvelle arrivante.

La jeune fille, en chemise de nuit dans l'encadrement de la porte, n'eut pas l'air impressionnée.

- C'est bien de ça qu'il est question, non ?

- Wow, fit brusquement Eren en se levant. Du calme. Au temps pour moi, je n'avais pas saisi que c'était une de ces conversations totalement awkward sur la sexualité. Vous pourriez me prévenir, la prochaine fois, avant de me tendre une embuscade ? ajouta-t-il à l'attention de ses parents. Et pour votre information, il n'y a rien entre moi et Levi, je ne sais pas d'où vous sortez ça ! C'est mon ami, c'est tout. Mais j'apprécie votre bonne volonté, vraiment. Allez, bonne soirée.

Mikasa regarda son frère pratiquement s'enfuir hors de la pièce, puis tourna la tête vers les deux adultes figés de surprise.

- Il ment », se sentit-elle obligée d'informer.

XXX

Levi éteignit la plaque de cuisson et déposa le wok au milieu de la table. S'asseyant, il jeta un regard incrédule à son oncle assis en face lui. Mal rasé, à peine réveillé et puant l'alcool, mais tout de même là. Toutes les fois où son ainé avait pris la peine de venir manger avec lui ces cinq dernières années pouvaient être comptées sur les doigts d'une main.

Kenny rabattit le journal qu'il était en train de lire et remercia son neveu lorsqu'il le servit. Un silence lourd pesa dans la pièce, tandis qu'ils entamaient leur petit déjeuner. Levi sentait de temps à autre le regard de son oncle passer brièvement sur lui mais décida de ne pas y prêter attention.

L'écran de son téléphone s'éclaira, signalant un nouveau message. Eren, lut-il. Il sourit.

« - Alors, hem… Comment va Eren ?

Ce fut si soudain que Levi ne put réprimer un sursaut. Il dévisagea son oncle, déstabilisé.

- Quand la petite Petra est passée, l'autre soir, elle m'a dit qu'il s'était fait percuter par une bagnole le week-end dernier.

- Oh, c'était bénin, répondit Levi sur un ton qui se voulait neutre. Il est retourné en cours dès lundi, et les égratignures commencent déjà à partir.

- Brave gamin, déclara le plus vieux.

Le silence se fit de nouveau, durant quelques minutes.

- Et toi ? Les cours et tout… Ça va ?

- Oui, répondit Levi, en priant mentalement pour que Kenny se taise.

- Tu pars bientôt en voyage ?

- A la fin de la semaine.

- Ok, ok.

Alors que leur échange semblait clos, son oncle revint à la charge une dernière fois.

- Si tu as besoin d'un truc… de thunes, tu le dis.

- Ouais… Merci. »

Ne tenant plus, Kenny se leva de table et attrapa une bière dans le réfrigérateur, avant d'aller d'asseoir devant la télévision, abandonnant son neveu à table. Débarrassé, soupira intérieurement Levi, troublé par cet échange. Lorsqu'il recommença à manger, cependant, ses épaules lui parurent étrangement moins lourdes.

XXX

« - Je n'arrive pas à croire que la semaine soit passée si vite ! s'exclama Armin en tournant à l'angle de la rue qui menait à l'institut, talonné par Eren et Mikasa.

Le vendredi matin était l'un des matins où Armin avait décidé d'accompagner ses deux amis de toujours au lycée. Une initiative prise par le petit blond pour ne pas trop délaisser ses amis, totalement approuvée par Jean.

- Le voyage est dans trois jours ! Je ne comprends même pas pourquoi il faut qu'on aille en cours aujourd'hui, il est évident que personne ne sera concentré ! continua de babiller le jeune homme en sautillant presque.

- Je pense que c'est surtout pour les dernières formalités, expliqua Mikasa, mais son ami ne l'entendit même pas, pris dans son enthousiasme.

La jeune fille se tourna vers Eren, qu'elle surprit en train de grimacer.

- Ça va aller ? lui demanda-t-elle, inquiète.

- Toujours ce bleu sur ma fesse gauche, répondit-il, mais il est presque parti. Il a pris une couleur kaki un peu –

- On se passera des détails, Eren, merci.

- J'espère que tu n'auras plus de courbatures d'ici lundi, commenta Armin. Le programme a l'air intensif, et on ne prendra pas tout le temps le métro.

- Il a l'air vraiment enchanté de ce voyage », souffla Eren à sa sœur.

Ils arrivèrent devant le portail du lycée où se tenait une partie de leurs amis. En apercevant Jean, Armin s'élança joyeusement et sauta dans les bras du grand brun, s'esclaffant lorsque ce dernier le souleva de terre.

« - Armin est un véritable antidépresseur, en ce moment ! », fit remarquer Sasha lorsqu'Eren arriva à sa hauteur.

Le petit blond était en effet particulièrement rayonnant depuis qu'il sortait avec Jean. A l'approche du voyage scolaire à Paris, il donnait l'impression d'être monté sur ressorts. Un comportement qui était le bienvenu, d'autant plus qu'il compensait le froid qui subsistait entre Ymir et Christa. On ne voyait plus les deux jeunes filles ensemble et elles ne fréquentaient leur groupe qu'à tour de rôle.

Le jeune allemand reporta son attention sur le couple, qu'il trouva en train de s'embrasser langoureusement. Réprimant une exclamation écœurée à la vue de son ami d'enfance dans une telle position, il observa néanmoins les élèves qui les entouraient, curieux des réactions. Si leur relation n'était plus un secret pour personne, les deux garçons n'avaient jusque-là pas eu pour habitude de s'exposer en public comme ils le faisaient ce matin.

Eren remarqua avec plaisir que les rares étudiants qui surprirent leur échange affectueux ne s'en formalisèrent absolument pas. En élevant son regard plus loin, il aperçut Annie, assise en compagnie de Berthold. La jeune fille observait Armin, un léger sourire sur les lèvres. Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? songea-t-il, abasourdi. Est-ce qu'elle est vraiment contente pour lui ou est-ce qu'elle est juste en train de s'imaginer à la place de Jean ?

« - Ne réfléchis pas trop, Jaeger. S'il y a une bourrasque, tu vas rester coincé avec cette expression ridicule.

Sans détacher ses yeux de l'Annie, il donna un coup de poing joueur à Levi.

- Qu'est-ce que tu regardes comme ça ?

- Les gens qui complotent dans l'ombre pour briser le cœur de mon meilleur ami.

En suivant la trajectoire de ses yeux, son ami remarqua également la jeune fille blonde.

- Certes, elle n'est pas nette, mais elle n'a pas l'air de comploter. Ce n'est pas elle qui est amoureuse d'Armin ?

- … Si, répondit Eren avec réticence.

- Elle a l'air d'être plutôt contente.

- C'est ce qui me dérange.

Levi poussa un faible soupir.

- Tu sais, elle s'est peut-être résignée. Il y a des gens qui veulent juste voir la personne qu'ils aiment être heureuse, même si c'est sans eux. Et si c'est vraiment son cas, ça veut dire que c'est quelqu'un de bien.

- Quel fin psychologue ! le taquina son ami.

- Lâche-moi. »

Ils reportèrent leur attention sur l'ensemble du groupe lorsque Petra les rejoignit. Celle-ci complimenta Mikasa sur sa coiffure – un joli chignon bas – tandis que Sasha tentait d'extorquer le reste de sa barre chocolatée à Connie. Un peu en retrait, Jean parlait à Marco, une expression très sérieuse sur le visage.

Puis, tout se passa très vite.

Un jeune homme encapuchonné qui marchait dans leur direction s'arrêta à quelques mètres des deux garçons. Pendant un instant, Eren crut reconnaitre Berthold, avant de se souvenir que ce dernier était déjà dans l'enceinte du lycée. L'individu interpella Jean, qui se tourna vers lui.

« - C'est bien toi, Jean Kirschtein ?

- Ouais ?

- On m'a donné quelque chose pour toi. »

L'individu se rapprocha de Jean, tout en plongeant sa main dans l'une de ses poches. Curieux, Eren tendit le cou pour savoir ce dont il s'agissait. Un éclair argenté lui parvint et il reconnut, trop tard, un couteau à cran d'arrêt. Avant que qui que ce soit n'eut pu faire le moindre geste, l'homme attrapa Jean par l'épaule, comme pour l'enlacer, et enfonça la lame jusqu'au manche dans son abdomen.

Puis, profitant des quelques secondes de flottement durant lesquelles tout le monde fut trop choqué pour agir, l'agresseur récupéra son arme et s'enfuit en courant.

Le sang d'Eren ne fit qu'un tour.

Aveugle et sourd à tout ce qui l'entourait, il se précipita à la poursuite du fuyard. Cependant, à peine eut-il atteint l'angle de la rue qu'une main l'attrapa brutalement par le dos de son manteau, le fit basculer et le plaqua au sol.

« - Qu'est-ce que tu fous Eren, merde ! retentit la voix de Levi.

Eren tenta vainement de se dégager, mais son ami le maintint par terre, se couchant presque sur lui.

- Lâche-moi ! Je dois le rattraper, Levi, vite !

- Pour te faire planter aussi ?!

Le jeune homme brun avait rarement eu l'air aussi furieux. Tremblant d'adrénaline, il se redressa et remit Eren sur ses pieds d'un seul bras.

- Regarde ce qu'il a fait à Jean ! protesta-t-il, tout aussi en colère.

- Il est armé, Eren, rétorqua Levi, les yeux luisants d'une émotion que son ami connaissait bien : la peur. Il te tuera si tu le poursuis. Je ne te laisserai pas te mettre encore en danger. Si tu veux le suivre, il faudra me passer sur le corps. »

La mise au défi était très claire, et le jeune allemand savait qu'il avait perdu d'avance. Aussi n'essaya-t-il même pas.

Ils revinrent au niveau du groupe et se frayèrent un chemin à travers la foule. Jean était allongé par terre, pâle comme la mort. Il luttait pour garder les yeux ouverts, et une flaque de sang grandissait sur le trottoir. Pas un sang comme celui qu'on avait l'habitude de voir dans les films, rouge vif et liquide. Il s'agissait d'un sang noir, épais, à l'odeur lourde et écœurante.

A côté du blessé, se tenait Armin, agenouillé.

Son ami Armin, qui encore quelques instants plus tôt irradiait de bonheur et qui s'évertuait à présent, le visage noyé de larmes et les mains ensanglantées jusqu'aux coudes, à presser sa veste contre la plaie de son petit ami pour stopper l'écoulement. Eren sentit de nouveau une colère sourde bouillir dans ses veines.

Hannes ne tarda pas à les rejoindre pour prêter main forte au blond. Certains élèves hurlaient, terrifiés, en découvrant le spectacle qui s'offrait à eux. Les professeurs tentaient, à grands renforts de cris, de mettre de l'ordre dans la cohue, sommant la foule de s'écarter de la scène. Erwin, Petra et les autres délégués vinrent rapidement les aider. Au loin, la sirène de la police ne tarda pas à retentir, tout comme celle de l'ambulance.

Un peu plus loin de l'agitation, Mikasa avait assis Marco sur un banc et s'évertuait à calmer la crise de nerfs qui s'était emparée de lui à la vue de son ami se vidant de son sang par terre. Puis le regard d'Eren fut attiré par une personne restée seule dans le parc du lycée. C'était Annie, restée assise sur le même banc qu'auparavant, et qui observait la scène, de loin. Et qui souriait.

« - Ne tire pas de conclusions hâtives, Eren, souffla son ami en se rapprochant de lui. Nous n'en savons pas encore assez pour nous le permettre. »

Eren ne répondit rien, mais se réfugia volontiers dans les bras de Levi lorsque celui-ci les tendit vers lui pour le réconforter.

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Questionnaire : qu'avez-vous pensé de l'agencement de ce chapitre et du déroulement des actions ? Qu'avez-vous pensé d'Armin et de Jean ? D'Annie ? Que pensez-vous qu'il va se passer, maintenant ? Le caractère de Moblit a-t-il été respecté, selon vous ? Qu'avez-vous pensé des interactions entre Levi et Eren dans ce chapitre ? Qu'aimeriez-vous voir arriver au prochain chapitre ?

IMPORTANT 1 : le titre du chapitre est à double tranchant. C'est « qu'est-ce que je ne ferais pas pour te rendre heureux/te protéger » mais aussi « qu'est-ce que je ne ferais pas pour t'avoir, peu importe le prix » et il concerne donc plusieurs personnages. Voilà, je tenais à le mentionner.

IMPORTANT 2 : Y a-t-il des garçons qui lisent cette fiction ? C'est une question qui me taraude et je serais très curieuse de le savoir, alors s'il y en a, je vous invite à vous manifester ! N'hésitez pas à faire un petit coucou.

Allez, à très bientôt chers amis.