Salut tout le monde !

Aujourd'hui, on continue la quête de la conquête du monde en faisant un gros pas en avant dans l'avancement de l'objectif final ! J'espère que le chapitre vous plaira !

Merci à Misstykata pour son commentaire et oui, j'aime brisé mes lectures :3

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.Marco était content qu'ils soient en hiver et en période scolaire encore, parce que ce qu'il se passait actuellement sur l'île n'était pas quelque chose qu'on pouvait expliquer à des touristes.

Izou et Jozu avaient été suivis jusqu'ici, menant ainsi à une attaque massive de leur base par des groupes armés venant des quatre coins du globe, même si principalement de la Chine.

Cela donnait lieu à des vagues de soldats les attaquant sur l'île, cherchant à faire le plus de dégâts et parvenir à récupérer le scientifique que ses hommes avaient enlevé.

Le blond vida en un tour de main le chargeur de ses deux flingues sur une troupe d'hommes avant de se mettre à couvert derrière un mur de l'hôtel pour recharger, laissant les balles de kairoseki voler sans le toucher.

L'oreillette qu'il portait se manifesta, lui disant que le poste de sécurité voulait lui parler.

- Ouais ! lança le blond en réponse au bipbip à son oreille.

Il se pencha hors de l'angle de couverture pour tirer avant de se remettra à l'abri.

« Ace et Kennichi sont de retour, ils ont le Codex ! Le scientifique commence le décryptage ! » annonça le gars de la sécurité.

- Verrouillez la salle où est branché le Codex en vous assurant que notre homme reste dedans.

« Bien reçu ! »

Marco interrompit la communication et termina de recharger ses armes avant de se pencher hors du couvert de l'angle pour recommencer à tirer sur les envahisseurs, ne cherchant même pas à savoir s'il faisait mouche ou pas, préférant tirer dans le tas que prendre le temps de viser.

- HIT THE DECK !

Sans chercher à comprendre, Marco se jeta à plat ventre sur le sol au son de la voix d'Ace et bientôt une immense boule de feu passa au-dessus de sa tête pour griller à point ses adversaires dans des cris de douleur totalement abominables. Il se releva en voyant qu'aucun de ses adversaires ne pouvait revenir à l'assaut et se tourna vers sa compagne.

- Le scientifique commence le décryptage, il faut tenir jusqu'à ce qu'il ait fini. Ou que le groupe adverse se lasse, yoi, expliqua Marco

- Ok.

Le blond avait presque dû tendre l'oreille pour entendre le mot et le ton disait qu'elle n'allait pas bien. Généralement, il précédait une crise de larmes.

- Ace ?

La jeune femme secoua la tête et marcha entre les cadavres roussis pour s'éloigner du blond et de la zone.

- Ace…

Elle connaissait ce ton. C'était celui du « me fais pas croire que tout va bien quand c'est pas le cas ».

- On peut en discuter plus tard ? demanda la jeune femme. On peut juste pas se permettre d'avoir cette conversation alors qu'on se fait assaillir de partout.

Elle avait un point.

Posant une main dans son dos, il l'embrassa sur la tempe pour lui souhaiter un bon retour à la maison avant de filer avec elle jusqu'à trouver une autre escarmouche. L'île si calme habituellement, seulement rendu vivante par les cris des singes et le chant des oiseaux, était désormais envahie de hurlements, de cris, d'injures, de tirs et d'explosions. L'herbe était poisseuse de sang et les corps la jonchaient sans qu'on puisse y faire quoi que ce soit.

Les décombres commençaient à s'accumuler, des flammes à se propager, donnant un air de fin du monde au paysage de leur base de combat.

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Marco était épuisé, mais il devait régler tous les détails avant d'espérer pouvoir se reposer. D'abord, le scientifique et le Codex. Avec Blamenco, le Phénix alla rejoindre la salle de recherche qui s'ouvrit pour eux, surprenant le scientifique qu'ils avaient embauché pour le décryptage du Codex. Ce qui surprit l'homme, c'était qu'il tentait en vain de s'enfuir depuis tout à l'heure, s'acharnant sur la porte dans l'espoir de la voir s'ouvrir, pour qu'elle consente à le faire au dernier moment, le laissant à quatre pattes sur le sol, surpris.

- Vous alliez quelque part ? s'enquit Marco avec nonchalance.

Il regarda son frère avec un geste explicite de la tête et Blamenco alla examiner le Codex et les notes prises par le scientifique.

- Eh bien… euh… j'ai… j'ai fini mon travail… alors… je voulais rentrer chez moi !

La peur transpirait de chaque cellule de l'individu.

Il avait des regrets et prévoyait de se rendre très certainement, faisant que ça relancerait un assaut qu'ils essuieraient plus difficilement cette fois. Il avait vu l'allure de certains blessés et il savait qu'il devrait aller aider en suivant pour le traitement de ceux-ci.

- C'est tout bon, assura Blamenco.

- Vous n'avez que deux options, mais rentrer chez vous n'en fait pas partie, yoi, répondit le Phénix à l'homme en le relâchant.

Celui-ci poussa un cri d'agonie et prit la fuite, espérant réussir à quitter l'endroit en vie.

Il s'effondra au sol quand une plume de feu lui traversa la gorge, le laissant là, agonisant.

- Va donner à manger aux piranhas pour moi avant de te mettre au travail, réclama le grand chef.

- Pas de souci. Ils en ont marre de la nourriture congelée qu'on leur envoie d'habitude et je pense que notre congélateur à cadavre doit être plein à cause de l'assaut de tout à l'heure.

Le chef quittait déjà les lieux, courant presque dans les couloirs pour atteindre le poste d'infirmerie.

Surchargé, comme il s'en doutait.

Sans adresser le moindre mot à Jiru ou Cassandra qui étaient déjà au travail, Marco jeta son manteau sur le bureau pour aller se laver les mains, les manches déjà roulées et les lunettes sur le nez.

- Qui est le prochain ? demanda le Phénix en se séchant les mains de ses flammes.

Un homme se leva en se tenant son bras ensanglanté et Marco se mit au travail avec son zoan et ses flammes régénératrices.

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Ace revint dans la base après avoir aidé à extraire les corps des décombres et éteint quelques incendies. Ils auraient besoin de faire beaucoup de réparations pendant qu'Izou et Haruta travaillaient sur une histoire pour expliquer pourquoi il y avait eu des combats chez eux. Bien heureusement, ils étaient en période creuse, mais sans les touristes, ils auraient des problèmes bien plus importants.

Elle s'arrêta devant l'infirmerie en voyant qu'il y avait moins de monde que la dernière fois qu'elle était passée devant. Elle jeta un œil à l'intérieur pour voir une coupe d'ananas bien reconnaissable avec ses lunettes sur le nez mettant à profit son expérience de médecin de terrain dans l'armée à bon escient. Sans vraiment le réaliser, elle s'appuya contre le montant de la porte en silence, le regardant faire, observant son application dans son travail, ses conseils et ses recommandations, ses coups de gueule devant les patients agaçants ou les lubies sadiques de Cassandra.

- Ace ? Tu es blessée ?

Elle sursauta en entendant Jiru s'adressait à elle. Elle secoua la tête.

- Être une logia a plus d'un avantage. Je me demandais juste comment vous aviez fait pour soigner autant de gens depuis mon dernier passage devant le poste de soins.

- On te rendra ton oreiller de plumes quand on n'aura plus besoin de lui, assura Cassandra en tirant par le col un client récalcitrant qui voulait se faire soigner par le Phénix qui était déjà occupé.

La brune ne fit aucun commentaire et quitta la pièce.

Marco retrouva sa compagne dans son semblant de pyjama, assise au pied du lit, parcourant quelques photos qu'il ignorait qu'elle avait.

- On a eu deux morts de ce que j'ai vu, souffla-t-elle doucement sans lever les yeux des photos.

- Un est mort sur le billard avant que je me joigne à l'équipe. Cassandra est de sale humeur, c'était elle qui l'opérait, yoi. On procèdera aux enterrements demain matin.

L'homme tira le rideau qu'on avait enfin installé pour laisser de l'intimité au couple et retira son manteau qu'il accrocha à un cintre dans sa penderie.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Marco.

- Des photos avec mes frères, avant l'accord.

Elle les rangea dans son sac à proximité et ramena ses genoux contre sa poitrine alors que son amant s'asseyait à côté d'elle sur le sol, lui caressant doucement le dos, attendant qu'elle lui dise ce qui la tracassait.

- Tu savais que Dragon comptait utiliser nos opérations comme diversion ?

- Non, mais c'était à prévoir. Qu'est-ce qu'il a fait pour te mettre dans cet état, yoi ?

Ace joua un instant avec ses orteils avant de répondre d'une voix à la limite du murmure :

- Sabo a été envoyé pour infiltrer la Rêverie. Il m'a laissé un message sur mon téléphone digne d'un adieu.

- Je voulais attendre que la température redescende avant de passer à la phase suivante, mais je pense qu'en attirant l'attention ailleurs, on s'assurera que ton frère revienne en vie, yoi.

Elle se redressa et l'embrassa sur la joue.

- En quel honneur ? s'étonna le blond.

- Je n'ai rien demandé et pourtant tu viens de dire non à la logique et à la raison pour m'aider à garder un de mes frères en vie, sourit Ace.

Elle s'assit à cheval sur lui, l'embrassant doucement sur les lèvres cette fois, souriant quand il déposa une main sur sa joue pour approfondir le baiser tout en tendresse.

- C'est le minimum que je puisse faire après la situation difficile dans laquelle je t'ai mise, bébé, finit par dire Marco quand ils se séparèrent pour respirer.

- Si c'est pas une preuve d'amour…

- Doucement avec le sarcasme, surtout quand tu parles à l'homme qui t'a tirée de prison, jeune fille.

- Je pense que ma virginité est un paiement amplement suffisant pour ce sauvetage.

- Oh ? Alors pourquoi on est encore ensemble ?

- Peut-être parce que je suis bien avec toi et que tu es bien la première personne qui fasse autant attention à moi.

- Tant mieux.

Ace se laissa aller contre lui, reposant ses mains sur la chemise tachée de sang que portait le blond, fermant les yeux au son de sa respiration et de ses battements de cœur. Elle esquissa un sourire en le sentant refermer ses bras sur elle pour les rapprocher encore plus l'un de l'autre tout en posant son menton sur ses cheveux.

- Ton frère s'en sortira. Te faire du mouron pour lui ne changera pas les choses, yoi, chuchota Marco.

- Ok.

Il l'embrassa sur le crâne, souriant quand elle se mit à ronronner en réponse.

- Au lit, chaton ? proposa Marco.

Ace se releva souplement, l'attirant dans le mouvement et manqua de perdre l'équilibre au passage s'il ne l'avait pas rattrapé à temps, quand bien même elle termina rapidement à la verticale avec un homme à genou devant elle qui s'empressait déjà de se mettre à nu.

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L'alarme d'intrusion n'était pas ce qu'il fallait quand on dormait avec une jolie fille.

Aussi, c'était compréhensible que Marco enchaîne les jurons alors que le couple se séparait dans le lit pour enfiler les premières fringues potables qu'ils avaient sous la main. Alors que le blond ne s'embarrassait même pas de retrouver ses sous-vêtements, il entendait Ace de son côté grommeler contre les difficultés d'être une femme. Le couple quitta la pièce avec agacement, bien assez fatigué comme ça, voulant savoir ce qu'il en était. Le génie du crime se saisit du talkie-walkie qu'il y avait sur son bureau pendant qu'Ace s'attachait ses cheveux qui commençaient à prendre une légère longueur (ce qui plaisait beaucoup à son compagnon, pas qu'il lui ait encore dit).

- Ok, je suis debout. Le con qui a lancé l'alarme à intérêt à être sérieux, sinon, il fera partie de ceux qu'on enterrera demain matin, annonça Marco au poste de sécurité par son communicateur en suivant Ace hors du nid.

« On a un intrus qui a attaqué les vigies nocturnes à l'extérieur. Il a trouvé une des portes et essaie de la forcer !» annonça un des gars à la sécurité.

- Un gars seul ?

« Si j'en crois les photos que nous a refilé Portgas, notre homme ressemble à Jet Chan. »

Marco ferma les yeux.

Tout ce dont il avait besoin. Un gars qu'ils ne pouvaient pas tuer sous peine de le voir se faire sauter.

- Ok, je veux une équipe qui passe par une autre porte pour aller évacuer les vigies. Ce gars est l'affaire des commandants, yoi.

« Izou-san est déjà en mouvement et se dirige vers lui ! »

- S'il y a possibilité, utilisez les pièges abrutissants contre lui. Il ne doit en aucun cas mourir ou on sautera tous !

« On fait passer le message à Izou-san ! »

Marco rangea l'objet dans sa poche en accélérant le pas à la poursuite de la traînée de flammes qu'avait laissée sa compagne en se pressant jusqu'à la zone où devait être Jet Chan pour que ce soit Izou le premier arrivé.

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Les vieux pistolets avaient un avantage que les nouveaux n'avaient pas.

Leur poids.

Quand ils n'avaient plus de munition, ils servaient de parfaites armes contondantes. Ce qui l'arrangeait énormément dans cette situation puisqu'il n'était pas possible d'abattre ce jeunot arrogant. Le garçon torse-nu se battait certes avec des arts martiaux, mais il était vif, agile et surtout mortel. Si Izou n'avait pas passé sa vie entière à se battre contre des monstres des océans qui portaient l'appellation d'équipage de Yonkou ou marine, il se serait fait avoir.

Il para avec un pistolet une des mains de l'homme et repartit à l'assaut, tenant ses armes par le canon pour frapper le jeune chinois avec les crosses.

Que ce soit avec ses coups de pied ou ses coups de poing, l'homme visait pour tuer ou faire très mal.

Le commandant ne savait pas combien de temps il pourrait tenir, mais certainement pas longtemps.

Il fut reconnaissant en voyant une cage de plexiglas sortir du plafond et tomber sur ce Jet Chan, l'emprisonnant à l'intérieur. Izou recula avec prudence, et regarda le gaz commencer à envahir le caisson, reconnaissant à sa couleur verte son utilité : gaz étourdissant. Bientôt, l'intrus ne put lutter plus et tomba dans les pommes, obligé de respirer le produit du piège.

C'est à cet instant que le reste des commandants arriva.

- Tout va bien, Izou ? s'enquit Haruta.

- Disons que ce piège m'a sauvé la vie, je pense pas que j'aurai réussi à lui résister plus longtemps. On est clairement au niveau au-dessus par rapport à la blondasse de l'autre fois.

- S'il a réussi à te mettre en difficulté, j'ai peur de ce que les autres peuvent donner, avoua Fossa.

- Frostanova est spécialisée dans l'infiltration et l'assassinat. C'est le KGB qui l'a formé spécialement pour le HAMMER. Dirk est con comme un balai. Tant qu'on lui dit où frapper, il frappera correctement. Steele est une autre paire de manche, marmonna Ace alors que le caisson remontait dans le plafond.

- Steele, j'en fais mon affaire personnelle, yoi, coupa net Marco en lui serrant une épaule.

- On fait quoi de lui ? demanda Atmos.

- Au frais pour l'instant et sous bonne garde. Ace, tu nous ressors le dossier à son sujet qu'on se débarrasse rapidement de lui. Mais demain matin, yoi. Là, ce soir, je retourne au lit ! Et la prochaine alarme que j'entends, je vous la fais bouffer à tous !

Et d'un pas agacé, l'homme s'en alla.

- Je te souhaite d'avance une bonne nuit avec le piaf en colère, ricana narquoisement Thatch en offrant une accolade à l'amante de leur chef.

- J'arriverai bien à le calmer assez pour qu'il ne soit plus aussi en rogne demain matin, mais je comprends son sentiment.

Et elle partit à la poursuite du blond, lui sautant sur le dos avant qu'ils ne tournent l'angle.

- Ils ont été dérangés durant leurs affaires, pronostiqua Vista avec un sourire.

- C'est évident.

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Ace regardait l'hélico prendre le large pour le Tibet, avec Namur et Atmos à bord, afin de kidnapper le vieil ermite qu'était devenu le maître de Jet Chan. C'était leur seule piste pour savoir comment briser leur invité. Et briser cet homme était leur unique solution pour se débarrasser de lui sans se mettre tous en danger à cause de la bombe. Sans parler que l'homme pouvait réussir à s'échapper à n'importe quel moment. Combien de fois elle-même s'était-elle faîte prisonnière dans le seul but de s'évader afin de s'infiltrer plus facilement dans une base et réussir sa mission.

Son téléphone sonna, la tirant de ses pensées.

Elle se détourna de l'héliport et pêcha son portable au fond de la poche de son manteau noir, essuyant par réflexe l'écran avant de jeter un œil à l'identifiant.

Smoker.

Elle esquissa un sourire et décrocha :

- Le grand chef sait que tu continues de m'appeler ?

« Ce qu'il ignore ne peut pas lui faire du tort et s'il demande, j'essaie de te soutirer des informations voire de te localiser. » répondit le soldat à l'autre bout de sa voix grave et rauque.

- C'est ton poste, pas le mien.

Elle se mit à errer sans chercher à voir où elle allait, marchant au hasard entre les palmiers et les restes du combat de la veille.

« Félicitation pour le double coup. La vengeance est bonne ? »

- Sur le moment, elle avait un goût de miel, mais sortir d'un quintuple enterrement lui a donné un goût de cendre.

« Je ne m'excuserai pas pour les pertes, on sait tous les deux que c'est comme ça que ça marche. »

- Ouais. Malheureusement. C'est pour ça que je ne ferai certainement pas machine arrière. On continuera sur cette lancée un moment. Et j'espère que le moment venu, les grands chefs auront assez de bon sens pour s'incliner.

« Ou sinon ? »

Ace s'arrêta pas loin des ruines de ce qui fut l'aile casino de l'hôtel, à proximité de la falaise menant à la mer. Elle posa un pied sur un morceau de gravats, regardant le large.

- Sinon… le palier suivant ne sera pas aussi gentil. Si ce qu'il veut peut se faire, vous aurez deux chances de courber l'échine. Les deux dernières chances feront des morts. Personne ne veut en arriver là, mais si c'est le seul moyen pour qu'on l'écoute, ainsi soit-il.

« Je vois. Et vous avez réussi à corrompre un scientifique dans ce but, en plus. »

- Pas suffisamment. Il a eu des regrets. On joue à ce jeu depuis assez longtemps pour savoir qu'il n'est plus de ce monde. Je n'ai aucun remord. Ces années à être un chien en laisse m'ont privée de cette capacité.

« M'en doute. »

- Autre chose ?

Il y eut un long silence à l'autre bout avant que le fumeur ne parle de nouveau :

« Issho-san est parti pour la Rêverie. Il m'a néanmoins demandé, si jamais je t'avais en ligne en son absence, de prendre de tes nouvelles et de m'assurer que le piaf prenait soin de toi.»

- Je ne souffre pas du syndrome de Stockholm, je n'ai pas été violée, je ne suis pas humiliée, on ne remet pas en question mes compétences parce que je suis une femme… Je ris, je pleure, je me fais des amis… que demande le peuple !? Je découvre même que je suis capable de gérer une équipe !

La demoiselle se détourna de la mer pour regarder au travers l'énorme trou dans le mur pour voir quelques pirates et Blenheim expliquer à renfort de grands gestes le projet de reconstruction de l'hôtel à Marco. Sentant le regard de la brune, le blond détourna la tête de son frère pour la regarder, mais celle-ci avait déjà détourné les yeux pour retourner au grand large.

- Et aussi stupide que ça puisse paraître, je crois bien que je suis en train de tomber amoureuse, avoua -t-elle en essayant d'ignorer la rougeur de ses joues.

Smoker eut un rire rocailleux à l'autre bout du fil.

- Chaton ? appela Marco.

- Je dois te laisser. Merci d'avoir pris de mes nouvelles.

« Profite de cette vie tant que tu le peux, on sait tous les deux ce qu'il adviendra si on t'attrape. »

- Et je tomberai avec le sourire, cette fois.

Ace raccrocha et rangea son téléphone. Elle sauta des gravats sur lesquels elle était perchée pour rejoindre le blond et lui sourit de toutes ses dents.

- Kemuri-chan est mère poule ! Nihi !

L'homme roula des yeux dans ses orbites et passa un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui, l'embrassant sur le sommet du crâne avant de rapporter son attention sur ce que racontait son frère, esquissant un sourire quand il la sentit accrocher deux doigts à l'arrière de sa ceinture de tissu, comme pour s'assurer qu'il ne s'éloignerait pas d'elle.

Pas qu'il en ait l'intention.

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Nouvelle réunion pour préparer la nouvelle phase de leur plan.

Ils avaient les informations, maintenant, il fallait construire tout ça.

- On a tous mis nos têtes pour réfléchir à ce qu'il nous faut, et en plus d'être rare, c'est très cher, et même sur le marché noir, c'est ultra contrôlé, informa Blamenco qui était levé à la table pour faire le rapport à l'assemblée. La meilleure solution, c'est le vol, mais les matériaux en question attireront l'attention. Ça va du fioul pour la fusée à du titanium pour sa construction. Si on va attaquer directement quelque chose comme la NASA, autant placarder nos intentions dès maintenant. J'ai peut-être deux ou trois solutions alternatives, mais ça prendra du temps.

- Très bien, je te laisse un mois pour me confirmer ça, passer le délai, on fera un détour dans les lieux spécialisés et tant pis pour le secret, yoi, annonça Marco. Mais on peut pas laisser les choses ainsi quand on a d'un côté ce Jet Chan toujours en cellule et de l'autre, tous les regards sur nous, yoi.

- On a eu une idée, Izou et moi, avança Haruta en se levant alors que Blamenco se remettait sur sa chaise. Ace, peux-tu nous confirmer que tout ce qui est HAMMER, ANVIL etc sont dirigés par des civils ?

- Des politiciens pour la grosse majorité, lui dit la demoiselle. Chaque pays a dix sièges au conseil, mais celui qui a l'argent est souvent celui qu'on écoute.

- Il y aurait donc une possibilité qu'on puisse infiltrer des hommes dans ces conseils en nous faufilant dans les affaires de leurs membres, pointa Izou en vivant son kiseru dans le cendrier à proximité. Une fois dedans, quelques mots et des documents bien travaillés peuvent faire beaucoup de mal pour que tout le monde se tire dans les pattes.

- On n'aurait donc plus à craindre de les voir s'allier contre nous, comprit Rakuyo.

- Y'a toujours le risque que la taupe puisse se faire prendre, mais c'est un risque qui vaut la peine d'être couru yoi. Ace, tu es celle qui connait le mieux le milieu, tu penses pouvoir aider ?

- Du moment que je peux toujours mettre mon pied bien profond dans le cul de Jet Chan avant qu'on se débarrasse de lui, je suis à bord.

- On réunit nos candidats et on te fait signe, ça te laisse le temps de préparer ce qu'on doit savoir.

- Y'a juste un truc à comprendre, c'est que chaque siège est déjà occupé, faudra certainement faire de la place.

- On gèrera, lui assura Haruta.

Des coups à la porte les détournèrent de la réunion.

- OUAIS ! appela Marco.

Un gars du groupe de Jiru passa la tête dans la salle.

- On en a fini avec le vieux. Ce qu'il a raconté avant de tomber raide est pas très concluant, mais on a que ça.

- Le corps ?

- Les piranhas avaient faim.

- A ce rythme, ils vont devenir gros et gras, marmonna Ace avec un sourire de coin.

Jiru se leva et prit la retranscription de l'interrogatoire qu'on lui donna avant de refermer la porte et de revenir s'asseoir.

- C'est d'une stupidité à toute épreuve. D'abord une vaniteuse, maintenant un orgueilleux, marmonna Jiru en secouant la tête. Et c'est ça les meilleurs agents du monde ?

- Ils font leur job et ils le font bien en général. Les grands chefs ne vont pas plus loin, répondit Ace.

- Et suffit de te voir pour comprendre qu'ils sont pas doués dans le recrutement des gars bien dans leur tête ! sourit moqueusement Thatch à sa voisine de gauche.

La D. se fit un plaisir de lui envoyer un coup de coude dans les côtes en réponse.

Marco attrapa le papier quand il fut envoyé en glissade le long de la table et le parcourut rapidement avant d'hausser les sourcils.

- On peut pas nier que ça semble correspondre au personnage en tout cas, soupira le blond. Tu voulais botter le cul de Jet Chan ? J'ai une excuse toute trouvée pour toi, Ace. Si on nous a pas raconté des craques, l'homme est tellement arrogant, orgueilleux et certains de ses compétences que lui prouver le contraire le briserait.

Jozu tendit une main pour prendre le document et le lire à son tour.

Ace resta longuement silencieuse et prit le document avant de le faire passer au suivant après lecture. Elle ouvrit la bouche, comme pour dire quelque chose, avant de la refermer et se frotter le visage.

- Je sais pas quoi dire. Non, la franchement, j'ai pas de mot.

- Avec la chance qu'on a, pour Frostanova, son point faible sera un nounours en peluche ! ricana Namur.

- Si c'est le cas, rien à faire, je le garde, grommela la D.

Elle regarda Marco qui le lui rendit en levant un sourcil.

- Tu le veux, il est à toi. Réglo ou truqué, c'est à toi de voir, yoi. T'as un compte à régler avec lui de façon plus personnelle.

- Je peux vraiment ?

L'expression de la demoiselle disait qu'on lui offrait Noël à l'avance.

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Jet Chan ne pu que rire moqueusement en voyant Ace sur un tatami, s'échauffant visiblement, quand Thatch et Jozu l'escortèrent dans la salle d'entraînement.

- Tu n'as toujours pas compris la leçon, petite impertinente ! Tu n'as rien à faire dans tout ça ! Ta place n'est même plus au foyer mais au fond d'une fosse commune ! se moqua le chinois dans un bon anglais si ce n'est avec un sacré accent.

- Épargne-nous tes commentaires machistes, va, demanda la D. en resserrant sa courte queue de cheval.

- Quand tu auras fini de raconter tes conneries, gamin, tu sauras que c'est ton adversaire. T'arrive à la vaincre, je te laisse prendre ma tête, yoi, annonça Marco qui se tenait debout devant le tapis d'entraînement.

- AH ! Splendide ! Une pierre, deux coups ! Je ramène la traîtresse et ta tête, criminel !

- Ne vends pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

- C'est votre vie et votre chienne, pas mon problème.

- Tu as de la chance qu'Ace ait réclamé ton cul pour le botter, parce que je t'aurai condamné à manger tes propres merdes jusqu'à la fin de tes jours. Un peu comme dans le film The Human Centipede, sauf que ça impliquera juste ta sale gueule et ton cul, yoi. Alors, avant que je décide de cesser d'être un Evil Genius pour me changer en Mad Scientist, monte sur ce tapis.

Jet Chan se contenta de rire moqueusement.

- Ne me tente pas, vraiment, je suis à deux doigts de mettre la menace à exécution. Je pense même en commencer un vrai, en rajoutant Steele à la chaîne.

Jet Chan conserva son sourire moqueur mais retira ses ballerines pour monter sur le tapis, s'inclinant machinalement.

- Ace ? appela Marco.

- J'en rêve depuis longtemps, je ne ferai pas machine arrière, répondit la jeune femme.

Il la regarda joindre ses mains en salut, honneur que ne lui rendit même pas son adversaire, avant de se mettre en garde.

- Ta garde, Jet Chan, reprocha Ace.

- Pas besoin devant une fillette.

Les anciens pirates connaissaient assez la brune depuis le temps pour savoir que le sourcil qu'elle haussa était un très mauvais signe.

SBAM !

Elle venait de faire un coup de pied retourné sauté qui avait crocheté au passage l'homme derrière la tête pour l'envoyer voler plus loin contre un mur.

- On aurait peut-être dû fixer une limite, songea Jozu.

- Ca doit faire mal, grimaça le cuisinier en se massant la nuque.

- Il l'a cherché, yoi, sourit narquoisement Marco. Chaton, c'était un joli coup mais ne prends pas la grosse tête. Reste concentrée et sérieuse, va, ok ?

Ace hocha la tête, attendant le retour de son adversaire sur le tapis. Jet Chan se releva, passa une main sur son visage pour réaliser qu'il saignait du nez. Il se mit à hurler quelque chose en chinois qui échappa à tout le monde et fonça à l'assaut… pour se prendre un front kick dans l'estomac. Il recula en rageant et secoua la tête pour retourner au combat, cette fois, plus concentré, réalisant que son adversaire avait un certain calibre au minimum.

- Tu vas ramper à mes pieds, femme ! gronda le chinois.

Avec la vivacité d'un serpent, il attaque d'un coup de pied dans les chevilles puis dans le menton pour faire retomber son talon sur le visage de son adversaire qui esquiva chaque coup avec un minimum de gestes. Tout juste son pied à terre, il s'en servit comme pivot pour un coup de pied circulaire avant de sauter pour changer de garde et partir dans un coup de poing fouetté sur le côté. Il ramena son poing gauche et se donna dans le mouvement de hanche assez d'élan pour envoyer le droit, puis retenter de prendre dans les entrailles qui s'était légèrement rapprochées dans une de ses énièmes esquives. Voyant qu'il faisait de nouveau chou blanc, il redressa brutalement son avant-bras pour la frapper sur le côté du visage, ne touchant encore une fois que du vent.

Marco avait un sourire aux lèvres en regardant le combat.

Jet Chan avait l'écume aux lèvres de rage alors qu'Ace restait concentrée, se contentant pour l'instant de l'esquiver. Depuis qu'elle était arrivée ici, quand elle ne devait encore que le tuer, elle avait progressé. Elle s'était poussée à fond, d'abord dans l'espoir de réussir sa mission, puis pour prouver à tout le monde qu'elle pouvait être utile et que la sortir de sa prison n'était pas une décision stupide d'un homme énamouré.

Et les résultats étaient juste là.

Ace sauta en l'air pour esquiver un énième coup, ses pieds arrivant aisément au niveau du crâne de Jet Chan qui était pourtant loin d'être petit. Comme pour le prouver, elle éjecta de nouveau l'homme du tatami avec un coup de pied dans le visage.

- Avec du pop-corn, ça aurait été mieux, yoi, commenta Marco.

Jozu lui tendit un sachet sorti de nulle part dans lequel le blond piocha avec délice pour profiter du spectacle.

- Avec une énergie et une souplesse pareille, ce doit être un régal au lit ! taquina le cuistot, ce qui lui valut une taloche de la part de ses frères.

Ace ignorait totalement les spectateurs, se contentant d'attendre, un poing sur la hanche, que Jet Chan veuille bien revenir.

- Depuis le temps que j'attends ce combat et tu m'offres un duel d'une stupidité sans pareille. Vraiment, Jet Chan, tu peux pas faire mieux ? maugréa-t-elle. Ou au minimum garder la tête froide ?

D'un pas chancelant, il revint vers le tapis et pour ce nouveau round, Ace passa à l'attaque. D'abord lentement, puis accélérant progressivement sa vitesse, ne restant jamais deux fois au même endroit, usant de ses pieds et de ses poings de façon aléatoire. Rapidement, le rythme fut assez haut pour que l'homme ne puisse pas parvenir à le tenir.

Puis, ils s'arrêtèrent, haletant tous les deux.

Lentement, ils se remirent en garde, comme s'ils chargeaient de toute leur énergie leur poing. C'était au premier qui toucherait l'autre.

Ils se fixèrent un instant dans le blanc des yeux, ne battant même pas des paupières.

- KIAI !

Les trois commandants firent un pas en arrière avec l'énergie dégagée par la demoiselle dans le coup de poing retourné qu'elle infligea à Jet Chan. Elle ne le toucha pas, mais il termina tout de même à terre, tremblant.

- Qu'est-ce que tu fous, je t'ai pas touché ! s'indigna-t-elle.

- Elle a même pas conscience de ce qu'elle vient de faire, comprit Jozu.

- La vache, elle a le Haoshoku, souffla Thatch totalement abasourdi.

- J'arrive même pas à être surpris, yoi ! sourit largement le Phénix.

Jet Chan regarda avec effroi Ace et se remit debout sur ses jambes tremblantes.

De nouveau, ils se remirent en garde, l'agent secouant la tête pour essayer de s'éclaircir les idées même s'il ne pouvait rien faire contre la sueur désormais froide qui avait remplacé celle due à l'effort du combat.

Jet Chan frappa, mais Ace bougea au dernier moment, attrapant le crâne du chinois au vol sous son bras, l'y maintenant prisonnier, ancrant ses pieds dans le sol pour ne pas se faire renverser. Son adversaire se débattit de toute ses forces, mais impossible de se libérer.

- Et c'est ça le grand artiste martial ? Le meilleur agent de l'ANVIL ? Retourne à l'entraînement, va, mon gars ! se moqua Ace en toquant de sa main libre sur les cheveux noirs de son ex-collègue.

Et pour bien rajouter du sel sur la blessure, elle lui frotta le crâne, lui ébouriffant les cheveux, avant de le lâcher. L'homme tomba face contre terre et resta au sol un moment, avant de se redresser quand elle se pencha vers lui.

- Tu veux de l'aide pour te remettre debout ?

Le hurlement de l'asiatique fut entendu dans toute la base. Il rampa hors du tapis pour s'éloigner au maximum d'Ace avant de se relever dans des mouvements maladroits et de prendre la fuite, se cognant dans les gens et les murs au passage.

- Je vais m'en charger, avant qu'il ne fasse un accident, soupira Thatch.

Et il s'éloigna à la poursuite de l'homme effrayé.

- J'imaginais pas que je lui foutais autant la frousse, nota avec perplexité Ace en se grattant une joue d'un air embarrassé.

Elle quitta le tapis et chaussa ses claquettes.

- Tu viens de faire usage du Haki, je pense que c'est compréhensible qu'il ait la trouille, pointa Jozu.

- Haki ? Juste le sensitif ! Je suis pas folle, si je le tue, on saute tous !

- Haoshoku.

L'air perplexe de la jeune femme disait qu'elle n'était clairement pas au courant de ce à quoi référait l'homme-diamant. Marco n'avait certainement pas envie de s'embarrasser des détails. Il enlaça la jeune femme par derrière et l'embrassa en souriant sur la joue.

- Tu as été magnifique. Superbe.

Ace ne pouvait que rire d'embarras.