Disclaimer : Rien ne m'appartient, ni Harry Potter, ni Hannibal (série), tout est à JK Rowling, Thomas Harris et Bryan Fuller.

Bêta-Reader : Chipuliara !

/ ! \ AVERTISSEMENTS / ! \ : Je vous invite à aller les lire dans le prologue (parce que mine de rien, ça prend de la place ! xD) C'est cependant important de savoir dans quoi vous vous lancer ! Merci :)

RAR :

Artemis : Je suis vraiment contente que ça te plait ! Je sais pas si ça peut être qualifié d'adorable, sauf si, bien évidemment on ne parle pas de la même scène ! xD En tout cas, merci pour ta review, bonne lecture :)

Cathy : Hahahaha ! Ouais, Harry en mode totalement indigné ! Je trouvais ça marrant et je le voyais très bien réagir comme ça ! Pour ta question… Est-ce que Harry est vraiment devenu un dieu ? Eh bien… Comment dire… Oui et non… C'est compliqué comme question parce qu'il pense vraiment qu'il est un dieu mais il a ses faiblesses comme tout le monde ! Mais il montrera dans les prochains tomes qu'il n'est peut-être pas qu'un sorcier comme tous les autres ! En tout cas, je suis contente que tu aies aimé, merci pour ta review et bonne lecture :)

Magnolita : Mouhaha, voui, effectivement ! Chaud bouillant ! Je suis contente que tu aies aimé x) Vouiiii, tu verras ce qui va advenir de ces deux là et j'espère que tu ne seras pas déçue ! En tout cas, merci pour ta review et bonne lecture :)

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Merci pour vos reviews, vos favoris et vos follows

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Chapitre 10

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Ecosse, 19h

Fleur rejeta d'un coup de poignet une mèche de cheveux qui s'était échappée de son chignon de combat. Elle souffla, un petit nuage de fumée blanche se formant devant sa bouche, fouilla dans ses vêtements à la recherche de l'objet qui scintillait, lui indiquant que quelqu'un cherchait à la contacter. Elle grimaça à la sensation de sa robe collant à son corps et ferma l'œil gauche quand une goutte de sang dégoulina de son front.

Quand elle sortit son miroir à double sens, elle le déverrouilla avec hâte, souillant la surface froide à cause du liquide écarlate qui coulait sur ses doigts. Le visage euphorique de Seamus se dessina sur le miroir et Fleur haussa un sourcil élégant. Ne savait-il pas qu'elle était occupée ? Elle le leur avait dit pourtant. Ne me dérangez qu'en cas d'extrême urgence.

- Fleur ! commença Seamus sans vraiment la regarder. Devine qui on- Wow !

Il fronça les sourcils, son nez se plissant de dégoût. Elle releva les yeux au ciel, se retenant de toutes ses forces de ne pas jeter simplement le miroir sur le sol pour pouvoir s'amuser tranquillement.

- Qu'est-ce tu me veux, Seamus ? Je suis assez occupée.

Elle sourit quand un râle de douleur s'éleva derrière elle et elle fit un signe vers la source du bruit pour lui demander de patienter. Seamus faisait de grands gestes devant son visage, la bouche tordue dans un rictus répugné.

- Tu as du sang sur… En fait, tu as du sang partout, dit-il finalement en arrêtant ses gestes.

- Je sais, soupira-t-elle ne cachant pas sa frustration.

L'hémoglobine la recouvrait des pieds à la tête, comme si elle venait de se baigner dans une piscine de sang. Encore chaude, Fleur la sentait commencer à sécher par endroit la tiraillant désagréablement et lui donnant envie de se gratter. Elle aurait aimé pouvoir finir sa mission, revenir au manoir et prendre une douche pour enlever tout ce rouge qui jurait sur sa peau pâle – ça lui donnait un air de cadavre, c'était en partie pour cela qu'elle n'aimait pas se salir pendant ses missions. Ça et le fait qu'elle devait frotter pendant des jours pour enlever le sang sous ses ongles. C'était d'un ennui.

- Où es-tu ? demanda Seamus en essayant de regarder par-dessus son épaule.

Fleur le regarda, blasé. Comptait-il vraiment essayer de voir quelque chose derrière un miroir ? Elle inclina la tête sur le côté, lui laissant volontairement une vue sur la rue derrière elle. Elle eut le plaisir de le voir écarquiller les yeux, d'abord de surprise avant qu'une étincelle d'admiration ne s'illumine dans ses orbes bleus.

- C'est magnifique, souffla-t-il en continuant de regarder derrière elle.

Fleur releva les yeux de son miroir et observa les alentours. Ce n'était pas le premier mot qu'elle aurait choisi pour décrire le massacre qui l'entourait. C'était un carnage. A perte de vue s'étendait des cadavres d'homme, de femmes et d'enfants. Encore chauds pour certains, ils ressemblaient à des gens lambdas qui se seraient simplement endormis à la merci du froid de novembre. La majorité d'entre eux regardait vers le ciel comme un dernier au revoir au soleil, et ceux à plat ventre regardaient droit vers elle de leur regard mort.

Elle n'avait eu aucun remord à tous les tuer et elle pouvait les regarder dans les yeux sans ressentir une once de culpabilité. Elle sourit en croisant les orbes foncés de l'Alpha de la meute et leva une main pour lui faire savoir qu'elle ne l'oubliait pas. En réalité, elle avait pris plaisir à tous les tuer, un par un, devant l'Alpha dont le cœur – s'il en avait un – se brisait à chaque loup-garou tombant sous ses sorts. Elle l'avait entendu hurler à la lune, un cri lupin à l'agonie, demandant de l'aide à l'astre – ou à tous ceux qui pouvaient l'entendre – mais l'aide n'était jamais venue et, avec elle, l'espoir avait disparu alors que Fleur décimait la meute à elle-seule.

Un contre trente-trois. Elle était nettement en infériorité numérique et surtout, elle n'équivalait pas à la puissance physique d'une meute de loups. Et pourtant, elle s'en était sortie. Elle était victorieuse, elle, sorcière française à demi-vélane, et elle garderait comme souvenir de cette journée une cicatrice le long de son avant-bras. Elle l'exhiberait, portant fièrement ce souvenir à même sa peau qui apprendrait à tous qu'elle avait exterminé une meute de loups-garous à elle toute seule et qu'elle était encore là pour narrer cet après-midi.

- Qu'avais-tu à me dire de si urgent ? demanda-t-elle de sa voix douce.

Elle savait que le sang qui la recouvrait totalement contrastait avec ses manières charmantes et délicates mais elle aimait en jouer. Qui penserait que cachée derrière ce joli minois se trouvait une guerrière de sang-froid qui tuerait tous ceux qui se mettrait sur le chemin d'Harry Potter ? Elle était corps et âme liée au mage noir et elle avait elle-même tendue les poignets pour qu'il l'enchaine. Elle aimait être à ses côtés, défendre ses idéaux, faire partie du Cercle. Elle portait la cape argentée avec supériorité et noblesse. Elle appréciait que son nom soit associé à celui d'Harry.

- Harry te demande au Manoir au plus vite.

Fleur releva un sourcil, surprise.

- Pourquoi ?

- On a retrouvé Lucius.

Fleur releva les deux sourcils, carrément étonnée. Sérieusement ? Lucius Malfoy ? Ils le cherchaient depuis des années et ils n'avaient jamais réussi à avoir ne fût-ce qu'un seul indice sur l'endroit où ce rat se cachait pour échapper à sa sentence. Fleur n'avait pas été celle chargée de le retrouver mais elle avait aidé les autres quand elle-même n'avait pas d'indice sur la localisation de Greyback et elle avait vu à quel point ils semblaient tous patauger dans le chaudron.

- Finis ce que tu as à faire et rentre rapidement, reprit Seamus sans lui laisser le temps de lui poser des questions. Tu ne voudrais pas contrarier Harry, tu sais à quel point il déteste attendre quand il est pressé.

- Je sais. J'arrive aussi vite que possible.

Elle ne voulait pas décevoir Harry, lui qui lui avait tout donné. Elle allait devoir abréger. Et même si elle avait voulu cette vengeance depuis des années – qu'elle en rêvait chaque soir depuis plus de mille cinq cent cinquante nuits – elle y mettrait fin plus tôt qu'elle ne l'avait phantasmé. Pour Harry, elle renoncerait même à se délecter de sa vengeance si cela l'aidait.

Seamus acquiesça d'un signe de tête puis coupa la conversation. Fleur frissonna quand un vent froid venant de l'Atlantique s'enroula autour de son corps. Elle rangea le miroir dans la poche arrière de son pantalon de combat et rejeta la tête en arrière. Le ciel gris paraissait se boucher de plus en plus au fils des heures. Elle se demanda si Bill l'observait d'où il se trouvait et s'il était fier d'elle. Elle ferma les yeux quand elle sentit un flocon de neige tomber sur son front. Les premières neiges de l'année. Elle prit cela comme un signe et elle sourit tendrement.

Oui, il était sans aucun doute fier d'elle et de ce qu'elle était devenue – une femme forte et indépendante. Et Bill serait assurément satisfait de voir sa mémoire vengée.

Un gémissement de douleur retentit dans le paysage silencieux et Fleur soupira en sortant sa baguette. Elle se détourna du ciel gris et tourna son visage vers Greyback qui se vidait doucement – et douloureusement – de son sang. Elle l'observa, lui et ses traits grossiers, son corps massif, ses cheveux gris, ses mains crasseuses, ses ongles jaunes et ses dents pointues. Il était exactement comme dans son souvenir – celui où il se penchait au-dessus du cadavre de Bill pour le dévorer. Et elle ressentit une vague de haine l'envahir. Elle resserra son poing autour de sa baguette.

Ses pas sur le gravier crissèrent alors qu'elle avançait vers le mâle Alpha qui, entouré de sa meute décimée, ne ressemblait plus au loup-garou sanguinaire qui aimait transformer les petits enfants dans leur chambre. Elle se demanda comment quatre ans de cavale avaient pu changer un tel homme – comment avait-il pu passer de Mangemort barbare à Alpha magnanime ? Était-ce les liens de la meute qui l'avait tant changé ? S'était-il rendu compte qu'un loup-garou avait besoin de ses semblables pour se contrôler ?

Fleur eut un rictus sardonique. Dommage pour lui, il avait plus de dix ans de retard.

Elle continua d'avancer, le bas de sa cape se teintant du sang de ses ennemis et créant derrière elle un chemin écarlate. Devant elle, Greyback maintenait une main pressée contre son flanc, essayant comme il le pouvait de retenir les organes qui essayaient de sauter dans le vide. Il tenta de se reculer mais la force lui manquait et il cessa de bouger, le souffle court mais les yeux en alerte.

Fleur lui sourit doucement et vint s'agenouiller devant lui. Elle posa une main délicate sur un de ses genoux et tapota du bout des doigts l'os qu'elle distinguait en-dessous. Il gémit comme un loup en cage et tenta de s'éloigner. Elle grimaça. En dehors de sa ressemblance physique avec le Greyback de son souvenir, l'homme qui se trouvait devant elle n'avait rien à voir avec le loup-garou aliéné qui avait tué son mari. Il semblait aussi faible qu'un nouveau-né maintenant qu'elle lui avait coupé brutalement le lien avec sa meute et ses yeux l'imploraient de mettre fin à son supplice.

- Tu as de la chance, dit-elle dans un souffle. J'avais prévu quelque chose de lent et de douloureux mais mon Maître exige ma présence au plus vite alors je vais abréger tes souffrances.

- Mer…ci…

Sa voix était rauque, semblable à un aboiement de chien malade. Il toussa violemment et du sang coula sur son menton. Elle se releva gracieusement, passa sa main dans les cheveux entremêlés et resserra ses doigts autour des mèches grises. Elle concentra sa magie dans son bras et le souleva aussi facilement qu'une plume.

- Ne me remercie pas, remercie plutôt mon Maître. Sans Harry Potter, tu aurais subi la plus longue agonie que personne n'ait jamais connue.

Elle leva sa main gauche, celle qui tenait sa baguette. Elle susurra son sort et prit plaisir à le voir écarquiller les yeux quand il comprit ce qu'elle s'apprêtait à faire. Carnificare.

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Angleterre, 19h30

Harry se demandait comment Lucius avait fait pour intégrer la résistance. Le Mangemort avait participé à la bataille finale, il avait tué un certain nombre de personnes et il était pourtant caché par ces traîtres de rebelles. Étaient-ils tous si désespérés qu'ils avaient fermé les yeux sur le passé peu recommandable du Lord Malfoy ? Sûrement l'étaient-ils… Après tout, il était le plus grand mage noir de tous les temps et il pouvait les écraser d'un clignement d'œil. Que disait le dicton déjà ? Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Les rebelles étaient tombés bien bas s'ils acceptaient dans leurs rangs un Mangemort en déchéance.

Harry ricana en continuant de faire les cents pas dans la salle du trône. Il sentait sur lui les regards interrogateurs de son Cercle qui attendait un mot de sa part pour partir. Il se retourna avec grâce et volupté vers ses amis et les vit tous trépigner d'impatience. La perspective de trouver enfin Lucius mettait son Cercle sur les nerfs. Ils avaient tous une dent particulièrement aiguisée envers l'aristocrate qui avait fait de leur vie un enfer. Parce qu'à chaque évènement traumatisant, Lucius avait été là – même si parfois, il n'avait été qu'un spectateur passif. Mais pour Harry, être un simple spectateur pouvait parfois être bien pire que d'être l'acteur principal.

C'était lui qui avait négligé le petit Draco alors que ce dernier demandait simplement à recevoir l'attention qu'il méritait. C'était lui qui avait refourgué le journal de Riddle à la jeune Ginevra, sans chercher à savoir si cela pouvait la tuer ou pas. C'était lui qui avait essayé d'assassiner Harry. Il avait été dans le cimetière quand Voldemort était revenu tout comme il avait été présent au département des Ministères quand Sirius était mort. C'était à cause de lui que Draco avait dû prendre la marque et c'était aussi de sa faute si Narcissa était morte de la main de Voldemort pour simplement avoir montré son soutien à son fils qui s'était relié à l'Ordre du Phénix.

Mais alors qu'Harry aurait pris un grand – très grand – plaisir à lui faire regretter toutes ses fautes passées et à le jeter aux pieds de Draco qui aurait pu obtenir la vengeance qu'il recherchait depuis des années, Lucius Malfoy s'était évanoui dans la nature et plus personne n'avait eu de nouvelles de lui – et pourtant ses espions le cherchaient à travers le pays depuis quatre ans maintenant.

Harry avait presque oublié que Lucius avait été à Serpentard et qu'essayer de l'attraper revenait à essayer de saisir une anguille à main nue. Mais il ne referait pas deux fois la même erreur. Aujourd'hui, il attraperait Lucius et il allait s'en assurer en prenant avec lui la totalité de son Cercle officiel.

- Bon ! s'exclama-t-il en frappant dans ses mains. Et si on y allait !

- Harry, Fleur n'est pas arrivée, lança Dean.

Harry fronça les sourcils, laissant ses yeux glisser sur les membres de son cercle. Effectivement, il manquait la jolie demi-vélane. Qu'avait-elle de plus important à faire que de venir participer à la capture de Lucius ?

- Pourquoi n'est-elle pas ici ?

- Lavande lui a envoyé les coordonnés de la localisation de la meute de Greyback, répondit Seamus.

Ça avait dû être un car-na-ge ! pensa Harry avec un sourire fier. Dès qu'elle reviendrait, Harry lui demanderait de lui prêter ses souvenirs, qu'il se délecte de la violence dont elle avait fait preuve. Quatre ans qu'elle lui courait après et enfin, elle avait le droit de tuer l'homme qui lui avait enlevé Bill.

- Deux le même jour, mes amis, c'est à marquer d'une pierre blanche ! rit-il. Et bientôt, l'intégralité des Mangemorts sera à notre merci, les rebelles se prosterneront à nos pieds et plus rien ne pourra nous arrêter ! ajouta-t-il avec force.

Il leva les deux bras alors que Seamus applaudissait avec ferveur. Il se sentait surpuissant et comme il venait de le dire, rien ne pouvait l'arrêter. Ni la mort, ni la peur, ni ces rebelles pitoyables qui sangloteraient bientôt en embrassant ses pieds pour implorer son pardon. Il était invincible. Il était un dieu et incessamment sous peu, tous ses plus fidèles amis auront connu la jouissance de la vengeance dûment acquise.

- Ron ! lança-t-il. Ma cape !

Son meilleur ami leva les yeux au ciel mais s'approcha, les mains tendues devant lui, la cape pliée reposant sur ses paumes. Il la déplia d'un geste sûr et passa derrière lui. Harry ferma les yeux en sentant dans son dos la chaleur qui se dégageait du corps de son bras droit. Il frissonna en se souvenant la session de sexe qu'il venait d'avoir avec Lecter et Graham – il s'efforça de ne pas penser à la tentative d'assassinat contre sa personne pour ne pas tuer accidentellement les membres de son Cercle et il préféra se concentrer sur le souvenir toujours vivace du sexe du psychiatre à l'intérieur de lui. Il se laissa aller en arrière, appréciant le torse musclé de son ami contre son dos.

Ron passa ses bras autour de ses épaules et ses mains refermèrent la cape autour de son cou. Il resta plus longtemps que nécessaire et Harry sourit vicieusement en rouvrant les yeux. Tous les membres de son Cercle l'observaient, visiblement impatients d'y aller. Mais Harry se refusait de transplaner sans Fleur – elle avait tout autant le droit de participer à cette descente qui deviendrait mémorable. Lucius Malfoy était le dernier Mangemort toujours en liberté – maintenant que Fleur était en train de tuer Greyback – et il ne le laisserait pas les narguer plus longtemps. Sa corruption et sa lâcheté avaient suffisamment sali sa création. Il était grand temps qu'Harry y mette un terme.

- Mes amis… reprit-il avant de se faire couper par le bruit caractéristique d'un transplanage.

Il se retourna vivement, un sort de mort sur le bout des lèvres, mais un sourire se dessina sur ses lèvres quand il remarqua qui venait d'apparaître devant lui. Fleur semblait tout droit sortie de l'enfer. Du liquide rouge recouvrait l'intégralité de son corps, tant qu'on ne distinguait plus la blondeur de ses cheveux sous la couche de sang. Sa peau était maintenant d'un rouge terne et ses yeux d'un bleu vif paraissaient briller au milieu de toute cette hémoglobine. Son souffle était court, sa poitrine se soulevait difficilement et elle regarda Harry droit dans les yeux avant de jeter quelque chose à ses pieds.

Ça roula rapidement jusqu'à lui et, par pur réflexe, Harry posa son pied dessus pour stopper sa route. Il haussa un sourcil en remarquant ce qu'il venait exactement de stopper. La tête découpée de Greyback avait laissé une traînée de sang sur son passage et une expression de pure terreur se peignait sur son visage mort.

Harry se pencha en avant, passa presque tendrement ses doigts dans les cheveux sales du loup-garou. A bout de bras, il souleva la tête et la tint devant son visage. Ses yeux étaient révulsés et Harry embrassa la joue ridée avec une légèreté presque tendre.

- J'espère que tu pourris en enfer, Greyback. Tu ne nous manqueras pas.

Puis, comme si elle n'avait jamais existé, il jeta la tête sur le côté avant de s'avancer vers Fleur qui tomba à genoux devant lui. Il sourit une nouvelle fois et posa sa main sur ses cheveux rougis par le sang.

- Ma douce Fleur, soupira-t-il, tu as fait du bon travail.

- Tout pour te plaire, Harry.

Son sourire s'agrandit. Il se recula, laissa ses doigts glisser sur le crâne de la jeune femme et claqua des doigts, une seule fois. Le sang qui recouvrait son amie disparut, la laissant aussi distinguée et propre qu'elle l'était toujours. Il eut un grognement de contentement envers la cape argentée nouvellement immaculée et il attrapa le visage d'ange de l'aînée des Delacour. Ses doigts s'enfoncèrent dans son menton alors qu'il lui relevait la tête jusqu'à ce que ses yeux bleus le regardent avec gravité et attente.

- Bill serait fier de toi et de ce que tu accomplis quotidiennement à mes côtés.

Elle ferma brièvement les yeux, son visage se tendant vers lui et il raffermit sa prise autour de son menton, s'attendant presque à voir des bleus apparaitre sur sa peau de porcelaine. Pas une grimace ne crispa ses traits fins et elle rouvrit simplement les yeux, les levant immédiatement vers lui, de l'adoration passant dans ses prunelles azures. Il lâcha doucement son visage, caressa sa joue du dos des doigts et lui tendit la main.

- Relève-toi, ma chère, et rejoins-nous pour assister à la fin de Lucius Malfoy.

Elle glissa sa petite et délicate main dans la sienne et il referma ses doigts autour des siens, l'aidant d'une pression à se remettre sur ses pieds. Il l'invita à rejoindre les autres membres du Cercle et il leur fit face avec toute l'arrogance qu'il avait en lui.

- Mes amis, aujourd'hui nous serons victorieux. Je ne peux pas imaginer une autre finalité. Le bras droit de Voldemort tombera sous nos sorts. J'ai confiance en vous et en vos capacités. Ce soir, Lucius Malfoy croupira dans nos cachots et la victoire contre les Mangemorts sera nôtre !

Harry se tourna vers Ron qui lui fit un petit geste de la tête, l'impatience faisant luire ses yeux bleus. Il posa sa main sur son bras et le pressa tendrement. Ils n'avaient jamais été aussi près de réussir. Il y avait toujours eu la présence des autres Mangemorts qui avait terni leur précédente victoire mais aujourd'hui… Aujourd'hui, Lucius était le dernier et il rejoindrait ses geôles plus rapidement qu'un vif d'or, là où était sa véritable place.

- Rappelez-vous, reprit Harry les yeux toujours posés sur son meilleur ami. Je le veux vivant.

Il les sentit tous s'incliner devant lui avant qu'ils ne transplanent, un par un. Harry sourit, pressa une nouvelle fois le bras de Ron avant de le lâcher. Il le regarda disparaître et Harry ferma les yeux, laissant sa magie envahir son corps. Ce soir, les Mangemorts ne seraient plus qu'un lointain souvenir. Leur vengeance serait étanchée et il n'y aurait plus que les rebelles sur son chemin jusqu'à son monde parfait. Mais il les écraserait, un à un s'il le fallait. Il y arriverait parce qu'il était Harry Potter et sa création serait de nouveau parfaite et en paix.

Un sourire se dessina sur son visage et Harry disparut, sa cape blanche virevoltant derrière lui.

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Ecosse, 19h40

Poudlard était comme coupé du monde. Colin Crivey ne savait pas ce qui se passait en-dehors de ce château. Plus aucun journal n'était accepté dans l'enceinte de Poudlard, depuis qu'Harry avait rallié la Gazette à sa cause. McGonagall s'efforçait de maintenir les élèves dans l'ignorance pour ne pas qu'ils succombent à la peur. Elle voulait que les enfants puissent apprendre en paix et les nouvelles d'Harry Potter ne feraient que les déconcentrer.

Malheureusement pour lui, les professeurs étaient eux aussi obligés de ne pas se tenir informés par les journaux. Du coup, Colin ne savait pas ce qu'Harry faisait dans le monde extérieur. Il ne savait pas où en était la question de la résistance ou si les Raids continuaient de faire trembler le monde sorcier. Il se doutait qu'Harry n'aurait pas stoppé toutes activités à la découverte des groupes rebelles mais qu'avait-il fait ? Avait-il augmenté les attaques pour prouver à tous qu'ils avaient tort de s'en prendre à lui ? Ou s'était-il fait plus calme pour frapper un grand coup quand il en saurait plus sur la résistance ?

Harry ne lui avait donné aucune nouvelle depuis le dernier parchemin qui datait d'une semaine. Zacharias devient encombrant. Dénonce-le. Il n'avait pas encore pu le dénoncer mais il avait commencé à mettre le doute dans l'esprit de McGonagall. Il avait « mener l'enquête » comme elle le lui avait demandé et aujourd'hui, il allait jouer le grand final.

Colin frappa à la porte du bureau directorial et attendit patiemment qu'on l'autorise à entrer. Lorsque la voix sèche de Minerva s'éleva de l'autre côté du battant, il déglutit difficilement, se remettant dans le rôle du pauvre professeur détruit par la guerre. Il trembla en entrant dans le bureau et regarda vers la directrice, le cœur au bord des lèvres. Il espérait que son visage serait assez pâle pour inquiéter la vieille directrice.

- Mon petit, dit-elle d'une voix plus douce, avez-vous du nouveau ?

Colin se laissa tomber sur une chaise en face du bureau de McGonagall, comme si toute la misère du monde pesait sur ses frêles épaules. Il leva vers elle des yeux cernés d'angoisse et il sourit intérieurement quand il la vit se tendre d'inquiétude. Harry serait fier de lui et de son jeu qui rivalisait avec les meilleurs acteurs d'Hollywood.

- Je sais qui c'est, souffla-t-il comme s'il avait peur qu'on puisse l'entendre et l'abattre sur le champ.

- L'espion ? répondit Minerva sur le même ton.

Colin acquiesça par de nombreux signes de tête paniqués et il regarda autour de lui, s'assurant que personne ne l'écoutait. Il observa plus attentivement la directrice et il sentit son ventre se contracter de culpabilité. Colin fronça intérieurement des sourcils, surpris. Il n'avait plus ressenti de culpabilité depuis bien longtemps. C'était bizarre, pas vraiment agréable.

Minerva semblait avoir vieilli de vingt ans en une seule semaine. Ses joues étaient creusées, son front, ridé de contrariété. Des cernes tombaient sous ses yeux par manque de sommeil réparateur. Était-ce de la peur qu'il distinguait dans ses iris las ? Colin n'avait jamais vu McGonagall avoir peur.

Elle avait toujours paru maîtresse de ses émotions et elle n'avait pas tremblé devant Voldemort. Elle n'avait eu aucun problème pour faire face à Harry Potter pour le bannir de Poudlard et lui interdire l'entrée à sa célèbre école de sorcellerie. Alors était-ce plus que de la peur qui la détruisait de l'intérieur ? La flamme qui avait autrefois parcouru son vieux corps semblait s'être éteinte. Colin se demanda si elle allait finir par prendre sa retraite – elle en avait assez fait et il faudrait qu'elle pense à elle avant de mourir.

Reprenant son rôle d'espion, il se pencha au-dessus de son bureau, posant ses mains à plat sur la surface lisse.

- C'est Zacharias.

- Smith ? demanda Minerva, visiblement choquée.

Elle écarquilla les yeux et sa bouche s'ouvrit sans qu'un son ne passe la barrière de ses lèvres. Elle se laissa tomber en arrière, le choc se lisant sur son visage parcheminé. Elle cligna plusieurs fois des yeux et Colin se demanda si elle ne faisait pas une crise cardiaque. Si elle s'écroulait devant lui, Colin ne ferait rien pour la sauver – et il pleurerait à qui voudrait l'entendre que tout était arrivé si vite qu'il n'avait rien pu faire.

- Etes-vous sûr de vous, mon petit ? demanda-t-elle finalement.

Colin se retint de toutes ses forces de lever les yeux au ciel en claquant sa langue contre son palais. Bien sûr qu'il en était sûr. C'était Zacharias Smith parce qu'Harry voulait s'en débarrasser. Point. Ça aurait pu être n'importe qui d'autre mais c'était tombé sur ce pauvre Zacharias qui n'avait rien à se reprocher sauf qu'il semblait avoir énervé la mauvaise personne. Et puis, ce n'était pas à proprement dit un mensonge parce que Zacharias faisait vraiment partie du groupe d'Harry. Il n'était qu'un Fidèle parmi d'autres et Harry devait craindre de le voir lui tourner le dos pour un camp qui lui accorderait plus d'importance.

- J'ai côtoyé Harry Potter juste avant la chute du Ministère, madame, et je peux vous dire que je suis terrifié à l'idée de rester un jour de plus au contact de cet homme.

Il eut le plaisir de la voir frissonner et il sourit intérieurement en sachant qu'il avait gagné. Minerva semblait parfois oublier qu'il avait été en admiration devant Harry pendant toutes ses années à Poudlard et qu'il avait vu sa métamorphose de « gentil petit Gryffondor sauveur du monde sorcier » en « Mage noir le plus puissant que le monde n'ait jamais porté ». Remettre sur le tapis la carte de la peur d'Harry était une idée de génie, se congratula-t-il mentalement.

- J'oublie parfois à quel point vous avez été proche de Potter quand il est devenu fou, dit-elle en frissonnant une fois de plus.

- Oui madame, et je regrette chaque jour que Merlin fait de lui avoir fait confiance.

Elle se pencha en avant et vint tapoter sa main de ses doigts fripés. Colin la regarda faire en serrant les mâchoires, désireux de s'éloigner de son toucher trop maternel pour lui. Il n'aimait pas quand les gens bien le touchaient, comme s'il redoutait que leur bonté le contamine.

- Nous le regrettons tous, Colin, nous le regrettons tous, souffla-t-elle.

Elle se tourna vers le portrait où dormait paisiblement Albus Dumbledore, une lueur triste faisant miroiter ses yeux derrière ses lunettes carrées. Elle soupira, semblant prête à s'écrouler sur place. Colin se leva et attendit qu'elle se retourne vers lui.

- Vous devriez vous reposer, professeur. Le pire reste à venir.

Minerva hocha faiblement la tête, hotta ses lunettes et se frotta les yeux. Elle soupira de nouveau, plus lasse qu'il ne l'avait jamais vue auparavant.

- Qui aurait pu prédire que nous serions en guerre des années après la fin de celle contre Voldemort ? dit-elle.

Elle ne s'adressait à personne en particulier mais Colin répondit quand même, faisant attention à bien prendre la voix de petit garçon qui essayait de rassurer sa grand-mère dépressive.

- Une chose est sure, ce n'est pas Trelawney, plaisanta-t-il.

Minerva sourit, d'un petit sourire fatigué mais elle sourit quand même et Colin se félicita d'avoir à nouveau gagné des points de confiance. Il lui sourit en retour et tourna les talons. Il devait envoyer un message à Harry pour lui confirmer que McGonagall croyait en lui et qu'il était sûr maintenant d'être dans ses petits papiers. Le mage noir allait être tellement fier de lui.

A la porte, il s'arrêta et regarda la directrice de Poudlard par-dessus son épaule :

- Honnêtement, Minerva, reposez-vous. Pour le moment, Potter nous laisse en paix, prions Merlin et les quatre fondateurs pour que cela reste ainsi de nombreuses années.

- Vous avez raison, Colin. Je vais me retirer pour le reste de la soirée. Bonne nuit, Colin.

- Bonne nuit, professeur.

Colin s'inclina et sortit du bureau. Il descendit les escaliers en sifflotant, pensant vaguement au pauvre Zacharias qui allait être jeté au pilori par sa faute. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres alors qu'il enfouissait ses mains dans les poches de sa robe de sorcier. Il n'avait aucun remord à le dénoncer pour sauver sa tête et puis, il ne faisait que suivre les volontés d'Harry.

Colin fit un mouvement de tête vers une de ses élèves et continua son chemin vers ses appartements. Il se demanda ce que faisait Harry et il regretta brièvement d'être enfermé dans Poudlard plutôt que d'être à ses côtés. Mais son rôle près de McGonagall était nécessaire et Colin aimait enseigner. Tout aurait été plus simple si Harry avait décidé de prendre Poudlard – il aurait pu continuer à enseigner et il aurait été informé immédiatement de tout ce que faisait Harry. Il aurait été au courant de tous les Raids, arrestations, massacres auxquels le Cercle et les Fidèles participaient.

Colin soupira. Malheureusement pour lui, il allait devoir attendre sa prochaine sortie à Pré-au-Lard pour apprendre les dernières nouvelles.

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Virginie, 15h

- Comment pouvons-nous nous faire pardonner ?

La voix de Will résonna dans l'habitacle de la voiture et il referma ses doigts autour du volant. Son pouce commença à tapoter doucement un rythme insonore alors qu'il se forçait pour que ses yeux ne dérivent pas de la route. Hannibal, à ses côtés, était totalement muet et il se demanda même un instant s'il l'avait entendu.

Mais il aurait fallu être sourd pour ne pas entendre sa question et Hannibal était tout sauf sourd. Alors pourquoi ne répondait-il pas ? Peut-être… Peut-être qu'il ne voulait pas être pardonné. Peut-être qu'une seule et unique baise lui suffisait et qu'il ne voulait plus voir le sorcier. Dans ce cas… Will enfermerait dans un coffre mental toutes les sensations qu'il avait ressenties, toutes les images qui envahissaient son esprit à intervalle régulier, toutes les choses qu'il n'aurait pas dû ressentir.

- Tu veux te faire pardonner ? demanda-t-il.

Il se tourna vers Hannibal, toujours silencieux et reporta son attention sur la route, la gorge serrée. Il ne savait même pas pourquoi il avait mis ce sujet sur le tapis. Sûrement parce que ça le tracassait de savoir qu'Harry était parti de chez eux en pensant qu'ils voulaient encore le tuer. Parce que… ce n'était pas vrai, n'est-ce pas ? Sur le coup, Hannibal et lui avaient sauté sur l'occasion. Le sorcier était tranquille, paisible – presque fragile tant son visage semblait détendu – et il était totalement à leur merci.

En un coup d'œil, ils avaient pensé à la même chose : « c'est l'unique chance que nous avons si nous voulons nous venger. » Mais Will n'avait jamais vraiment voulu le tuer. Enfin, si, il l'avait voulu, mais c'était en partie pour que le sorcier ne tente pas de s'accaparer Hannibal – il s'était nourri de la jalousie qu'il avait ressentie – même si elle était étonnamment moindre –quand Harry était apparu dans la cuisine pour happer les lèvres du psychiatre.

Quand Harry avait transplané de leur lit, laissant son odeur sur le drap chaud, Hannibal s'était simplement rallongé en soupirant un blasé « on aurait dû le voir venir, ça » et Will n'avait pu qu'acquiescer faiblement, le souffle court comme s'il venait de courir un marathon et à son tour, il s'était allongé. Ils avaient gardé le silence – chacun perdu dans ses propres pensées – jusqu'à ce que le téléphone d'Hannibal sonne.

Jack les avait priés de venir à son bureau pour qu'ils parlent tous ensemble, avec Alana, de l'avancement de l'enquête. Will avait tout de suite pensé à la possibilité que l'homme se soit réveillé de son coma et qu'il avait pu les décrire mais Hannibal avait dénié, ils l'auraient su par les médias à l'affût du moindre ragot. Cependant, ça n'avait pas empêché Hannibal de prendre un couteau sur lui, au cas où. Will avait préféré prendre le téléphone qu'Harry leur avait donné, ne sut-on jamais.

Et maintenant, ils étaient là, dans un silence mi-agréable, mi-pesant et Will n'avait pas pu retenir sa question. Parce qu'il avait besoin de savoir ce qu'ils allaient faire vis-à-vis de Potter maintenant qu'ils avaient couché avec et qu'ils avaient essayé de le tuer.

- Et toi ? demanda finalement Hannibal, le faisant presque sursauter.

- Pourquoi faut-il toujours que tu détournes les questions que je te pose ? C'est une déformation professionnelle ?

Un petit sourire satisfait se dessina sur les lèvres fines du psychiatre. Will plissa les yeux. Il n'aimait pas ce sourire – enfin, si, il l'aimait beaucoup mais pas aujourd'hui. Pas alors qu'il n'avait pas répondu à sa question.

- Donc toi, tu veux te faire pardonner, reprit Hannibal.

- J'ai jamais dit ça ! s'indigna Will en continuant de lui jeter de fréquents coups d'œil.

- Tu l'as fait en esquivant ma question.

- Tu as esq… Oh !

A son tour, Will sentit un petit sourire naître sur ses lèvres et il se détendit dans le siège conducteur – depuis quand était-il tendu bon sang ? Il sentit comme un poids disparaître de sa poitrine et il prit une profonde inspiration pour la première fois depuis qu'Harry avait disparu de leur lit.

- Tu veux te faire pardonner aussi.

Ce n'était plus une question, Will en était sûr lui aussi. Hannibal et lui n'étaient pas si semblables mais ils réfléchissaient relativement de la même manière et il fut presque soulagé de savoir qu'il n'aurait pas à tout oublier de leur moment passé avec le sorcier. Mais il préféra ne pas y penser, réfléchissant déjà à un moyen pour se faire pardonner leur petite tentative d'assassinat.

- Tu as des idées ? demanda-t-il plus enjoué qu'il ne l'avait initialement voulu.

- Pas pour l'instant mais rien ne presse, d'accord ? Potter doit se calmer avant qu'on ne fasse quoi que ce soit, il serait capable de nous tuer avant qu'on ait le temps de dire un mot si on précipitait les choses.

Will hocha la tête, reconnaissant la logique imparable de son amant. Harry avait eu l'air relativement énervé – bien qu'en y réfléchissant bien il avait semblé plus blasé qu'agacé mais il était préférable d'attendre un certain temps avant de le confronter. Il avait ressenti une partie du pouvoir du sorcier quand ils avaient couché ensemble et il ne voulait vraiment pas en être la victime.

- Je te trouve bien calme à propos de tout ça…

- Je n'ai pas l'habitude de montrer mes émotions.

- Je sais, sourit tendrement Will.

Et depuis qu'ils étaient ensemble, Will avait appris à lire dans ses yeux et dans son langage corporel. C'était souvent le seul moyen qu'il avait pour savoir ce qu'il ressentait, bien qu'Hannibal commençait à s'ouvrir de plus en plus avec lui. Mais en ce moment, il aurait bien voulu savoir ce qui se tramait sous le crâne du psychiatre.

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Will s'assit presque à contrecœur sur une des chaises que Jack lui désignait et regarda du coin de l'œil Hannibal faire de même. Il bougea un peu ses épaules pour que sa veste grise s'adapte à sa nouvelle position. Finalement, il s'installa confortablement, faussement détendu alors qu'il se demandait pourquoi ils étaient là.

Alana Bloom était élégamment installée sur la troisième chaise qui faisait face au bureau, les jambes croisées et les mains entrelacées sur ses genoux. Will sentait son regard bleu sur lui et il était certain qu'elle observait attentivement ses faits et gestes ainsi que ceux d'Hannibal. Il se força à rester détendu, se tourna vers elle et lui offrit un petit sourire, celui qu'il lui faisait quand il avait des sentiments pour elle.

Elle le regarda, un instant surprise, et elle le lui rendit, moins vrai que les précédents mais pas tout à fait accusateur non plus. Will se demanda à quel point ils étaient proches de la vérité, Jack et elle, et combien de temps il leur faudrait pour finalement se rendre compte que depuis tout ce temps, ils s'étaient faits rouler dans la farine avec une dextérité qui ferait pâlir d'envie le plus doué des boulangers du monde entier.

Et comment tout cela se terminerait ? Will pensait à Jack comme quelqu'un de persévérant. S'ils réussissaient à s'enfuir, à partir loin d'ici, à refaire leur vie, il les chercherait sans relâche. Des années après, il continuerait de fouiner dans les rapports de police du monde entier pour trouver le détail qui le mènerait jusqu'à eux et tout recommencerait encore et encore. A moins que l'un d'entre eux ne meurt et, à bien y réfléchir, Will misait sur Jack.

Ils en avaient un peu parlé avec Hannibal et il savait que lorsqu'ils sentiraient les mâchoires de ces requins se refermer trop douloureusement autour d'eux, ils en viendraient à cette extrémité. Ce serait lui ou eux et même si Will sentait son cœur se serrer à la pensée de tuer Jack qui avait un peu – beaucoup – favorisé leur rencontre, il préférait le voir périr plutôt que d'avoir à supporter la mort d'Hannibal. Il savait qu'il ne pourrait pas y survivre, il aimait trop son amant pour continuer à évoluer dans un monde sans lui.

Will soupira. Il était totalement accro. Si quelqu'un lui avait dit qu'il connaîtrait ce genre d'amour – passionnel, ardent, tendre et destructeur à la fois – il l'aurait expédié dans l'hôpital psychiatrique le plus proche en un temps record. Il avait aimé Alana mais rien de comparable avec ce qu'il ressentait pour le psychiatre.

- Je vous ai appelés pour vous faire part d'une hypothèse que nous avons formulée avec le Dr Bloom en relisant les différents dossiers sur l'Éventreur de Chesapeake, attaqua Jack en replaçant un dossier qui dépassait de la pile.

Hannibal leva un sourcil, leur demandant silencieusement de continuer et Will ne laissa rien paraître, bien qu'il puisse sentir son cœur battre un peu plus vite. Il plongea sa main dans la poche de sa veste, son rythme cardiaque ralentissant légèrement quand ses doigts touchèrent la coque froide du téléphone gracieusement offert par Harry. Il sortit un mouchoir pour ne pas attirer inutilement l'attention d'Alana dont les yeux aussi perçants que ceux d'un aigle ne semblaient pas vouloir se détourner d'eux.

- Will vous nous avez dit, il y a plusieurs mois, que la dynamique du tueur avait changé.

Will se rappelait vaguement l'avoir dit sur leur deuxième scène de crime. Ce n'était pas tant qu'il avait voulu les mettre sur leur piste, que parce qu'il avait été obligé de le dire, légèrement par dépit, parce que les techniciens auraient pu remarquer un détail qui leur aurait prouvé que quelque chose avait changé. Et cela aurait été trop suspect qu'il ne le remarque pas avec son empathie.

Il hocha la tête, attendant la suite avec appréhension.

- Et si ce n'était pas un, mais deux tueurs, reprit Jack en jaugeant visiblement leur réaction.

Alana n'avait pas détourné les yeux de leurs visages et Will haussa un sourcil en réponse alors qu'Hannibal se contentait de frotter son menton à l'aide de son index. Un petit silence plana dans le bureau de Jack vite comblé par Hannibal.

- Deux tueurs, répéta-t-il. Ça m'a traversé l'esprit lors du meurtre d'il y a trois mois mais j'ai rapidement mis cette idée de côté.

Jack les regarda attentivement avant d'échanger un bref coup d'œil avec Alana et Will sentit les poils de ses avant-bras se dresser. Ils savaient. Ils savaient qu'ils étaient deux et que c'était eux. Et s'ils ne le savaient réellement pas alors ils se rapprochaient dangereusement et ils avaient de plus en plus de doutes.

- Pourquoi ? demanda finalement Jack.

- Tout simplement parce que je ne comprenais pas pourquoi l'Éventreur de Chesapeake aurait accepté un binôme. D'après son profil, il ne pourrait pas supporter de ne pas être l'unique créateur de ses meurtres.

- Peut-être qu'on s'est trompés dans le profil, dit Alana en tapotant son genou.

- Peut-être, dit Hannibal en hochant la tête vers elle.

Will suivit l'échange en silence, gardant pour lui ce qu'il pensait réellement. Il fit semblant de réfléchir en remarquant que Jack l'observait toujours sous couvert de suivre lui aussi la conversation entre les deux psychiatres.

- Et vous, Will, qu'est-ce que vous en dites ?

Il haussa les épaules, une moue perplexe sur les lèvres.

- J'en dis qu'on devrait accepter toutes les éventualités. Jusqu'ici nous avons conclu que l'Éventreur était un pur sociopathe et nous n'avons jamais trouvé sa piste. Si aujourd'hui, ils sont effectivement deux tueurs, ils risquent de faire plus d'erreurs.

- Vous suggérez qu'on attende simplement ?

- Je dis qu'ils ont déjà fait une erreur avec Sullivan Harris…

- Si ce sont eux, rétorqua Alana, ses yeux brillants comme s'il venait de lui donner la preuve qu'il faisait partie du complot.

Will retint ses yeux de se lever vers le ciel et il se tourna à demi vers elle pour la regarder bien en face.

- Le lendemain nous avions une nouvelle victime sur les bras et nous savons que c'était l'Éventreur. C'était un message, je vous l'ai dit.

- Contre Harris, approuva Jack.

Will acquiesça d'un signe de tête.

- Vous pensez qu'ils vont essayer de tuer Harris ?

- Ce serait logique, intervint Hannibal en regardant Will. Ils voudront éliminer la menace qui plane au-dessus d'eux, en admettant qu'ils soient effectivement deux.

Jack attrapa un dossier qui traînait sur son bureau et l'ouvrit. Il lut quelques phrases en diagonale et Will voulut se pencher en avant pour voir de quelle victime cela parlait.

- J'en doute, reprit Jack, mais nous ne devons négliger aucune piste, n'est-ce pas ?

- Bien sûr, valida Hannibal en hochant la tête.

Mais Will savait que Jack ne doutait pas de son hypothèse et qu'il avait des soupçons les concernant. Cependant, tant qu'il n'avait pas de preuves, il ne pouvait rien faire contre eux et si son plan était de les faire paniquer pour qu'ils commettent des erreurs, il se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Jamais plus ils ne feraient d'erreurs et ils allaient essayer de rectifier le tir avec Harris. En regardant brièvement vers son amant, il sut qu'il savait aussi et qu'il avait tout compris des manigances du profileur.

Tout cela ne promettait pas de fin heureuse.

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Angleterre, 23h30

Harry descendit d'un pas guilleret les escaliers qui menaient aux cachots, s'égaillant un peu plus quand il commença à entendre les cris qui venaient d'en bas. Il portait toujours la cape blanche que Ron l'avait aidé à revêtir avant le Raid, qui coulait sur les marches sales comme une traîne de mariée. Il frissonna, une fois, quand il arriva dans les cachots, son corps ayant besoin de s'habituer à la fraîcheur humide des geôles de son Manoir.

Il s'arrêta à l'entrée des cellules, regardant avec envie la porte close de la Chambre des Murmures d'où s'élevaient les cris d'agonies de leur nouvel invité. Il avait presque envie de traverser les prisons en courant, ouvrir à la volée la porte et se délecter du spectacle, se repaître de la douleur de Lucius, de ses cris et de son désespoir.

Mais il avait un petit détour à faire avant.

Trainant légèrement des pieds, il marcha jusqu'au petit bureau dont une vitre laissait voir l'intégralité des cachots et permettait de contrôler les allers-et-venues de tous. Il n'y avait aucune porte. L'intérieur était sommaire, ne contenant qu'un petit bureau en bois, une chaise et un mur intégralement recouvert d'affiche. Une petite alcôve dans le mur donnait sur une simple pièce, tout aussi petite que le bureau, où il n'y avait qu'un lit à peine plus confortable qu'une paillasse, un lavabo, une douche et des toilettes.

Harry regarda à peine le mur tapissé d'affiches de recherche, reportant toute son attention sur le Gardien qui, les yeux dans le vide, se balançait d'avant en arrière sur sa chaise. Il aurait très bien pu entrer dans le bureau et simplement faire ce qu'il avait à faire mais Harry avait conscience de la tâche ingrate qu'il avait donné aux Gardiens et quand il daignait venir les voir, il prenait toujours un peu de son temps pour leur parler, eux qui ne conversaient avec personne pendant des semaines – voir des mois.

- Bonsoir, Gardien, dit-il en restant à l'entrée de la pièce.

Il ne s'aventurait jamais bien loin dans cette salle trop petite, trop sale et trop humide. Pas qu'il avait peur ou quoi que ce fût, mais les Gardiens ne réagissaient pas très bien aux intrusions dans leur vie privée, vers la fin de leur mandat. Harry calcula brièvement. Celui-ci était ici depuis huit mois.

- Est-ce ça va ? demanda-t-il.

- Oui-oui-oui-oui-oui-oui, Maî-maî-maître-maître, répondit le jeune homme.

- Calme-toi.

Le Gardien hocha précipitamment la tête plusieurs fois, ses yeux d'un marron terne restant fixé sur un point invisible. Harry soupira. C'était un jeune garçon d'une trentaine d'année, fièrement bâti et dont les muscles saillaient sous ses vêtements chauds. Huit mois plus tôt, il avait été relativement calme et fier du nouveau rôle qu'on lui avait assigné. Il avait été sain d'esprit aussi, arrivant sans mal à converser avec Harry. Maintenant, ce n'était plus qu'une larve, à peine bonne à répéter les mêmes mots inlassablement.

Huit mois à peine. Le plus robuste avait réussi à survivre dix mois et uniquement parce qu'il avait été le premier Gardien. A l'époque, les geôles n'avaient pas été aussi remplies qu'aujourd'hui et les tortures avaient été sans doute moins vindicatives. Après lui, il y en avait eu quatre autres qui avaient tous perdus l'esprit à cause des cris que les prisonniers lançaient sous les sorts de son Cercle. Le fait d'être enfermé vingt quatre heures sur vingt quatre, sept jours sur sept dans un étroit compartiment, n'aidait en rien ses Gardiens à rester en bonne santé mentale.

- Gardien ? demanda Harry pour capter à nouveau son attention.

- Oui-oui-oui-oui-oui-oui, Maî-maî-maître-maître.

- Dis-moi quel jour nous sommes ?

- Oui-oui-oui-oui-oui-oui, Maî-maî-maître-maître.

- Ouais, c'est bien ce que je pensais, soupira le mage noir.

Il entra dans le bureau, faisant fi de l'odeur de renfermé qui s'élevait dans la pièce. Il contourna la table en bois et attrapa le menton du jeune homme d'une main impérieuse. Il lui releva le visage et haussa un sourcil quand ses yeux tombèrent dans ceux tellement ternes qu'ils semblaient comme morts.

- Huit mois, dit-il en compressant sa mâchoire entre ses doigts d'acier, j'aurais pourtant cru que tu avais plus de moral que cela.

Harry le relâcha et l'observa reprendre sa position pour continuer de se balancer d'avant en arrière au rythme des cris de Lucius. Il allait devoir trouver un remplaçant, et rapidement. La présence du Lord Malfoy représentait une possible tentative d'évasion et il aurait besoin d'un Gardien fort psychologique et physiquement. Tout en cherchant le candidat idéal dans les rangs de ses Fidèles, il marcha vers le mur d'affiches.

Un sourire satisfait prit place sur ses lèvres alors qu'il rencontrait les regards de dégoût des différentes photos sorcières qui criaient en silence. Tous étaient barrés d'une croix rouges sangs sauf trois. Greyback, Malfoy et Bellatrix Lestrange. Doucement, il tira le poignard qu'il portait dans la ceinture de son pantalon et s'entailla l'index. Il le passa presque tendrement sur la photo du loup-garou le plus craint de Grande-Bretagne et traça une croix sur son visage qui souriait narquoisement, les dents aiguisées brillant sous le flash de l'appareil photo comme la promesse d'une mort douloureuse. Harry savait qu'avec Fleur la fin de Greyback avait été douloureuse et lente. Elle avait fait honneur à Bill et en même temps, elle avait honoré la mémoire de Remus. Harry était fier d'elle.

La photo de Lucius Malfoy était placée en hauteur, surplombant les autres de son air supérieur et Harry dut se mettre sur la pointe des pieds – et tendre le bras – pour l'atteindre. Il prit plaisir à dessiner un cercle autour de son visage – signifiant que l'aristocrate se trouvait entre ses mains mais qu'il n'était pas encore mort. Il prendrait autant de plaisir à dessiner une croix sur son visage quand il trépasserait sous leurs sorts. Comme il avait prit plaisir à dessiner une croix sur chacun de ces visages.

Essuyant son index sur l'avant de son pantalon en cuir, il se détourna du mur aux affiches, passa à côté du Gardien, ébouriffa ses cheveux délavés et sourit en l'entendant murmurer une litanie de « Maî-maî-maître-maître-maître-maître-maître ». Il se promit de trouver un remplaçant au plus vite et d'emmener ce pauvre gars à l'infirmerie avant de sortir de la pièce sans un regard en arrière.

Un sourire d'enfant sur les lèvres, il traversa les cachots avec une gaieté qui fit gémir de peur un ou deux prisonniers sur son passage. Laissant ses mains sur les barreaux, il s'avançant à grands pas, le bruit résonnant dans les entrailles de son manoir – comme un compte à rebours jusqu'au moment où il allait entrer dans la Chambre des Murmures.

Les cris de Lucius se faisaient de plus en plus forts, de plus en plus rapprochés, comme si ses bourreaux ne lui laissaient aucun répit. Harry lâcha un petit rire en pensant que c'était effectivement ce qui se passait derrière la porte close.

Il souriait toujours quand il ouvrit le battant menant à la Chambre mais il se figea sur le seuil. Le tableau qui se dressait devant lui était… bandant. Pas aussi bandant que Will et Hannibal en train de tuer ensemble, ni aussi jouissif que lorsqu'ils l'avaient touché et embrassé mais carrément satisfaisant à sa façon.

Pendu par les poignets, Lucius peinait à se tenir sur ses pieds. Son visage était un masque de pure douleur et sa poitrine se soulevait difficilement. Aucune plaie n'avait été faite sur sa chair mise à nue et Harry savait que les Amoureux Mortels préféraient commencer les séances de tortures par des sorts invisibles tels que le Doloris, l'étouffement, le briseur d'os ou la noyade. Au vu de l'eau qui coulait sur le menton pointu de l'aristocrate, Harry sut qu'ils étaient déjà passés par la torture inspirée du supplice moldu.

Il s'avança d'un pas, délaissant la cape d'un geste adroit de la main droite. L'étoffe coula de ses épaules et vint s'échouer au sol. Torse nu, Harry fit un geste de la tête vers Seamus et Dean qui s'inclinèrent sur son passage. Il s'avança suffisamment près de Lucius et caressa du bout des doigts le torse pâle et imberbe de l'aristocrate. Le prisonnier tenta d'un mouvement de s'éloigner de lui et le sourire d'Harry s'agrandit. Pauvre petit rat pris au piège. Il n'avait nulle part où aller et il était totalement à sa merci.

- Qu'est-ce que cela fait, Lucius ? Qu'est-ce que cela fait de savoir que ta vie se trouve au bout de mes doigts ? susurra Harry en se mettant sur la pointe des pieds, son corps venant épouser celui du blond.

Malfoy frissonna, tira sur les menottes à ses poignets, sans résultat. Harry sourit un peu plus en repoussant les longs cheveux blonds de l'homme en arrière, révélant une gorge pâle où la pomme d'Adam ne cessait de monter et de descendre au rythme de ses déglutitions de peur.

- Qu'aurait fait ton maître à un lâche comme toi ?

Harry se recula et se plaça doucement devant l'homme prisonnier. Il leva légèrement le visage pour que Lucius puisse le voir bien dans les yeux. Il attendit une réponse qui ne vint jamais. Il allait se détourner de lui lorsque l'ancien Mangemort lui cracha à la figure. Harry se figea et avec lui, les deux Majors dans son dos.

Il sentit, plus qu'il ne vit, Dean attraper le bras de Seamus pour l'empêcher de tuer Lucius d'un Avada Kedavra. Harry attrapa une poignée de longues mèches blondes et avec un calme olympien, essuya son visage avec la chevelure soyeuse.

Harry savait ce que Lucius cherchait : à l'énerver pour qu'il perde son calme et qu'il le tue sur le champ, sans douleur, sans torture. Sans doute cela aurait-il marché avec Voldemort mais Harry et lui ne jouaient pas dans la même cour. Lucius allait très rapidement le découvrir et regretter son geste.

- Ton maître aurait été beaucoup plus clément que moi, Lucius. Tu en viendras à regretter ton pire cauchemar tant ce que tu vas vivre dans mes murs sera un enfer. Tu vas supplier, Lucius, comme jamais tu n'as supplié de ta vie et je continuerai. Je continuerai encore et encore. Et lorsque tu penseras que ton heure approche et que tu seras prêt à accueillir la mort comme une vieille amie, je te soignerai avec les meilleures potions qui puissent exister. Tu seras à nouveau en bonne santé et les tortures recommenceront. Tu vas apprendre à t'incliner devant moi, devant nous. Tu comprendras qu'ici tes paroles pleines de venin ne servent à rien et que ton or ne représente même pas le tiers de ma fortune. Et tu vas pleurer, Lucius, tu vas pleurer comme un enfant. Tu vas pleurer toutes les larmes de ton corps et t'accrocher à moi avec désespoir, je te le promets.

Harry s'éloigna doucement, sa main venant caresser tendrement la joue de l'homme qui avait passé sa vie à retourner sa veste pour sauver sa vie.

- J'espère que tu as profité de ta liberté, Lucius, parce que tu ne ressortiras jamais d'ici, je t'en fais la promesse.

Se détournant de son nouveau prisonnier, Harry marcha à grand pas vers la porte qu'il avait laissée ouverte et il sourit en entendant un petit rire fou venir d'une des cellules. Son speech avait été entendu de tous et au vu des gémissements de pitié qui s'élevaient des ombres, ils approuvaient ce qu'il venait d'énoncer à Lucius.

Avant de partir, il se tourna vers Dean et Seamus qui n'avaient pas bougé, tétanisés face au pouvoir qui l'entourait.

- Ne l'abimez pas trop. Draco rentrera bientôt à la maison et je suis sûr qu'il voudra faire joujou avec notre nouvel ami.

Les deux amants s'inclinèrent sur son passage, Seamus posant sa main sur son cœur et Harry sortit à grand pas. Il avait une lettre à écrire à son Colibri et le plus tôt serait le mieux. Il avait hâte de le revoir, Malfoy fils lui manquait.

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Pays de Galles, 1h15

- … tu ne voudrais pas échanger avec moi ?

Draco fronça les sourcils en entendant la voix de Justin Finch-Fletchley, un peu plus suppliante que d'habitude. Il s'installa sur une marche de l'escalier, en hauteur, à l'abri des regards de l'ancien Poufsouffle et tendit l'oreille, attendant de voir de quoi il parlait – et accessoirement à qui il parlait. Depuis des jours, il essayait de tomber sur la conversation qui aiderait Harry et peut-être qu'aujourd'hui, cela allait être la bonne.

Étrangement, depuis qu'il avait rejoint un groupe de la résistance, peu de personnes étaient ouvertement amicales envers lui. Draco eut un rictus sarcastique en frottant son avant-bras où la marque de Voldemort s'étalait sur sa peau pâle. Mais on était courtois en sa présence parce qu'il était un héros de guerre – il avait été du côté de l'Ordre du Phénix pendant Voldemort et il était avec la résistance maintenant qu'Harry était au pouvoir. Il y en avait quand même quelques-uns véritablement sympas avec lui, comme le jeune Leith qui voulait lui ressembler, mais dans l'ensemble, tout le monde restait suspicieux vis-à-vis de tout le monde.

- Non, répondit la voix de Katie Bell.

- Pourquoi ? s'indigna Justin, d'une voix pathétiquement implorante. S'te plaît, je ne peux pas y aller et Percy ne peut pas rester plus longtemps sans ravitaillement.

Draco se redressa, aux aguets. Percy Weasley… Salazar, s'il avait cru qu'en intégrant un misérable groupe de rebelles, il aurait la chance de découvrir où ce pathétique vermisseau se cachait depuis tant de temps, il y serait allé avec encore moins de réticence. Percy Weasley… Il n'en revenait pas de la chance qu'il avait. Harry serait fier de lui quand il le lui apprendrait qu'il avait découvert l'endroit où se cachait ce traître de Percy. Et Weasley – Ronald – serait sans aucun doute aux anges d'avoir retrouvé son cher frère.

Maintenant, si Katie pouvait lâcher une info sur son paternel, sa journée serait complète et Draco pourrait s'endormir le sourire aux lèvres. Il cacha un bâillement derrière sa main et tendit l'oreille pour entendre ce que les deux idiots racontaient.

- Tu vas aller voir la petite Aurore, c'est ça ? dit Katie, sournoisement. C'est pour ça que tu ne peux pas aller voir Percy ? Tu sais pourtant que c'est ton tour !

Draco leva les yeux au ciel, imaginant facilement le Poufsouffle rougir.

- Je sais ! Mais elle m'a invité à la rejoindre dans sa chambre, Katie. C'est la première fois depuis qu'on sort ensemble, tu te rends compte ? Ça fait des mois !

Draco entendit dans la voix de crécelle de l'idiot une pointe de frustration et il sourit, narquois. Aurore était une jeune fille d'à peine dix-sept ans qui menait tout le monde par le bout du nez, surtout ceux qui osaient tomber sous son charme – ce qui n'était absolument pas le cas de Draco qui n'hésitait pas à la remettre à sa place. Elle aurait pu aisément aller à Serpentard si son père – qui tenait à elle comme à la prunelle de ses yeux et qui veillait sur elle aussi ardemment qu'une lionne le ferait sur son lionceau – avait osé l'envoyer à Poudlard. Draco aimait bien cette petite, elle lui rappelait parfois Astoria Greengrass.

- Okay… dit Katie, semblant se résigner. Je veux bien te remplacer mais c'est la dernière fois. La prochaine fois, tu iras quand même. Nous sommes en guerre, arrête de penser avec ta queue.

Justin eut un genre de hoquet choqué et Draco se remit sur ses jambes prudemment. Il descendit les marches en silence, aussi furtif qu'un chat, sortit sa baguette et se cacha derrière un mur. Il observa Justin embrasser la joue de son amie avant de tourner les talons, sautillant presque de joie à la douce perceptive de partager la nuit avec Aurore. Katie le regarda partir en pestant tout bas et en secouant la tête.

Alors qu'elle lui tournait le dos, Draco leva sa baguette et murmura un sort semblable à la Trace, ainsi il saurait l'adresse exacte à laquelle elle se rendrait. Fier de lui, il remonta les escaliers pour rejoindre sa porte et il frôla la crise cardiaque quand un cri perçant retentit dans la pièce. Il referma précipitamment la porte derrière lui, de peur qu'on puisse voir le magnifique colibri qui attendait bien sagement sur le rebord de sa fenêtre – qu'il laissait toujours ouverte pour que les oiseaux puissent entrer à leur guise, bien qu'il pose un sort de protection météorologique pour empêcher le froid de s'insinuer dans la pièce.

Il s'avança à grand pas jusqu'à l'oiseau et décrocha délicatement le parchemin enroulé autour de sa patte. Il remercia le colibri d'une caresse sur la tête et remplit la petite mangeoire sur le bord de la fenêtre de nectar à colibri – constitué de sucre et d'eau – pour lui redonner toutes les forces nécessaires avant son départ. Il déplia le parchemin et un sourire naquit sur ses lèvres.

« Si vous avez appris assez de choses, mettez un terme à la mission. J'ai un cadeau pour toi. »

Il serra le parchemin dans son poing et sortit de la chambre pour aller prévenir Pansy. Ils allaient pouvoir partir bien plus tôt que prévu. Maintenant, tout ce qu'il fallait c'était un plan sans faille et ils pourraient enfin revenir à la maison. Et s'ils se débrouillaient bien, demain tout serait terminé. Il avait hâte de découvrir ce que son maître – son ami – avait prévu comme cadeau pour lui. Ce n'était pas tous les jours qu'Harry Potter offrait des présents. Il espérait juste que ce ne serait pas quelque chose d'ennuyant mais, connaissant Harry, ça ne pourrait qu'être intéressant.

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Aloooors ! Comment vous trouvez ? Je sais que c'est plutôt calme comme chapitre mais on en apprend quelques petites choses et surtout – surtout ! – Hannibal et Will qui se remettent en question et qui sont prêt à faire des choses pour reconquérir Harry. Ça vous a plu ? Je l'espère en tout cas :)

Comme d'habitude, le prochain chapitre arrivera mercredi prochain, soit le 19/04 ! Il y aura un peu plus d'action que dans celui-là :)

Bonne journée les gens !