Partie 9: We were born sick, you heard them say it

Le soleil du matin me chatouillait le visage. Je m'enfonçai un peu plus dans mon duvet et remarquai le bras autour de ma taille. Je me retournai et crû voir un ange. Les rayons matinal rendait à sa peau sa couleur caramel. Ses cheveux, à peine plus en désordre que d'habitude, brillait et je ne me retins pas d'y passer mes doigts. Tellement doux. Ses épais cils bâtirent tel un papillon et laissèrent place à ces grand yeux émeraude dont j'étais tombé éperdument amoureux.

– Guten Morgen...

Sa voix était fatiguée, comme ses pensée apparemment.

– J'imagine que tu m'as dit bonjour. Bonjour à toi, dans ce cas.

Un faible sourire se dessina sur ses lèvres et je fis de même. Ses lèvres. Ses lèvres que j'avais tant appréciées la nuit dernière.

– Dis-moi que ce n'est pas ta mère qui te réveille. Car si elle nous trouve, nous sommes dans de beaux draps.

– Non, tout va bien. Elle et mon oncle partent toujours plus tôt que moi. Surtout si je me réveille en retard. C'est mes responsabilités.

– J'aimerais pouvoir rester au lit tout la journée en ta compagnie, mais j'ai tant de chose à faire! se plaigna-t-il.

Les journées ne changeaient pas. Seul les nuits étaient devenues différentes. Je pensais que nous nous lasserions de nos baisers, de nos étreintes. Mais pas du tout.Et ma famille, ou qui que ce soit, ne voyait rien.

Un soir pourtant, Eren était venu dans ma chambre avec une mine tourmentée.

– Que se passe-t-il? demandai-je, l'inquiétude en hausse.

– Il s'est passé quelque chose au village.

– Quelque chose de grave?

Pas de réponse.

– Eh bien? Raconte! Tu m'inquiète!

– Tu connais les Kirschtein?

– Bien sûr. Leur fils est un vrai casse pieds mais je sais qu'au fond c'est une bonne personne. Pourquoi?

– Justement. Sa famille devait héberger un de mes camarade, Marco Bodt . Lui et Jean se sont fait attraper en train de... eh bien tu sais... dans le lit.

Je n'en revenais pas.

– Je ne sais pas quoi penser. Est-ce que je devrais être surpris, apeuré, soulagé que nous ne sommes pas les seul? Rire?

– Je n'en sais rien.Ils ont passé la journée au commissariat. L'armée allemande insistait en posant la même question à Marco, encore et encore.

« Waren Sie gezwungen? » ce qui se traduit un peut près par "Avez-vous été forcé?".

Marco était un très bon soldat vois-tu. Nos supérieurs voulaient absolument le déculpabiliser. Mais il a à chaque fois répondu la même chose.« Nein... ». Il avait une expression neutre.Quant à Jean, il était assis et complètement terrorisé, ne comprenant pas un mot qui était dit. Tu aurais dû voir son visage, ses yeux écarquillé, son corps entier trembler.

Le plus il parlait, le plus sa voix se cassait. Il avait les yeux fermés et s'était assis en tailleur devant moi.

Quant à moi, les larmes menaçaient de couler.

– Marco n'était même pas bon en français. Je ne sais pas comment ils ont pu se rapprocher de la sorte.

Il marqua une pause puis ajouta:

– Ils les ont emmené juste avant que je ne rentre. Marco n'a pas réussi à se contenir plus longtemps. Quand les soldats les ont séparés pour les jeter dans deux voitures différentes, il a commencé de trembler autant que Jean et n'a pas arrêté de crier et de pleurer pendant que son partenaire était comme pétrifié en le fixant. Il n'a sûrement pas compris les déclarations d'amour que lui criait Marco.

Les larmes avaient fini par s'échapper.

– Mon dieu... chuchotai-je.Mon dieu! dis-je plus fort, ma voix se brisant.

Il finit par ajouter en chuchotant, ne s'adressant pas vraiment à moi:

– Und ich konnte nichts machen…

Nous restâmes un moment à pleurer silencieusement. Les larmes ne cessaient de couler.

– Ferais-tu la même chose? Ou m'abandonnerais-tu?

– Quel est cette question idiote. Je te l'ai déjà dit. Je te suivrai, où que tu ailles.

Avec cette réponse, je m'effondrai dans ces bras et une fois de plus, nous nous endormîmes dans les bras de l'autre, fatigué par nos pleurs.

Un peu de Jeanmarco ;(.