Hey ! Désolée pour le retard ! Je suis enfin en vacances alors je vais être assez rapide sur ce coup-là pour aller fêter ça avec mes potes ! (hmhm)
Réponse rapide ici pour celles à qui je n'ai pas le temps de répondre, je suis sincèrement désolée ;
Ananda : merci pour tout ! tes reviews me font toujours chaud au cœur, surtout ta manière de relever cette flamme chez Fudo (décidément, tu l'aimes beaucoup, ce Fudo battant hein ?) Je te mettrai un message complet le plus tôt possible ! On a pas mal de choses à rattraper ! :D
Anatase : Merci pour ton PM d'encouragements ! Je l'ai vu après coup mais ça m'a fait très plaisir (et entre nous, je devrai éviter de penser à Kido et Fudo avant un exam au risque de me liquéfier de tendresse devant le juré xD)
J'espère que ce chap te plaira !
Rose : NON MAIS ça va pas de publier Famille Forcée la veille de mon oral ?! J'ai dû résister à l'envie insoutenable de le lire à cause de toi ! xD J'espère que le BAC de français s'est bien passé pour toi aussi, je reviewerai ta fic dès que je pourrais ! :D
Pour les autres, merci de suivre cette fiction et j'espère que ce chapitre vous plaira ! ;)
Enjoy~ *cours faire la fête avec ses amis*
《Je peux résister à tout sauf à ta tentation.》Ne m'embrasse pas, je t'en prie, ne m'embrasse pas...
Kido.
Et tout fut perdu à cet instant, quand leurs lèvres furent scellées.
Bien sûr, au lieu de le repousser comme le lui hurlaient tous ses sens, Kido répondit au baiser dans une certaine allégresse. Le cœur y était, c'était une certitude, il battait dans tout son corps, puissamment, indubitablement, il rythmait le moindre de ses mouvements. Mouvements qui s'étaient d'abord limités pour le châtain à saisir les bras du garçon, à les serrer dans ses mains sans savoir s'il tentait de le rapprocher de lui ou au contraire, de l'écarter. Le briquet lui échappa des doigts, tomba au sol dans un maigre bruit de plastique, rejoignant la cigarette du brun et celle du professeur que ce dernier avait lâché aussi. Kido ne parvenait plus à aligner deux pensées. Il pressait étroitement ses lèvres à celles du plus jeune, les capturait par assauts en se gorgeant de ses soupirs et de ses réponses enthousiastes. La baiser était chaud et humide, avec un arrière-goût de café. Il n'avait pas cette indécence grivoise des passions, ni la sagesse des habitudes. C'était un baiser comme pour se dire "enchanté de te connaître" et "j'avais tellement hâte de te revoir", tout à la fois. Fudo avait fini par céder et passait ses mains le long de son cou pour venir saisir les angles de sa mâchoire, caressant avidement ses joues, et finissant par se perdre dans ses cheveux dans un gémissement soulagé.
Kido commençait à perdre la tête, se demanda si c'était le manque d'oxygène, et s'éloigna tant bien que mal de son cadet. Il resta pantelant un moment, reprenant son souffle, perdu dans l'expression déterminée de l'autre, dans ses yeux tempétueux, dans ses certitudes ancrées et son courage toutes voiles dehors.
Il se laissa donc faire, incapable de protester, lorsque Fudo s'approcha de lui, l'attrapa par le col du manteau avec une violence pleine de douceur pour l'embrasser à nouveau, sentit que la fièvre prenait possession de son corps. Il plongea une de ses mains dans la crinière insolente de Fudo, l'autre maintenant son buste près du sien. Le garçon défit son écharpe d'un geste maladroit et brusque, tira dessus pour approfondir leur baiser. Kido sentit que le plus jeune se mettait sur la pointe des pieds pour combler les quelques centimètres de hauteur qui les séparaient, sentit un frisson fondre le long de son échine. Il sut qu'il ne pouvait plus se cacher à présent : son cœur battait assez fort pour qu'on puisse le sentir au travers de tous ses vêtements, il en était certain. Et le carburant de toute cette vie en lui, ce qu'il avait tenté par tous les moyens d'ignorer, de renier, de rejeter, il ne pouvait plus le fuir.
Fudo sépara leurs lèvres pour reprendre sa respiration, mais n'éloigna pas leurs visages pour autant. Il posa son front contre le sien, ferma les yeux pour laisser à son aîné le temps de détailler ses cils bruns, ses joues rosies par le froid de l'air marin et par la chaleur du baiser.
Kido resta immobile, ne bougeant plus de la position où il s'était arrêté, un bras dans le dos du garçon, et l'autre main dans son cou. Leurs souffles blancs dans l'air frais du soir se mêlaient délicieusement. Le bruit de la clochette de l'entrée du restaurant les alerta et ils se séparèrent instinctivement en voyant des gens -un groupe d'amis apparemment- sortir en bavardant, sans leur accorder le moindre regard. Kido renifla et dirigea son regard vers le sol, son cœur battant toujours aussi fort, incapable d'assumer ce qu'il venait de faire. Si ça se savait, ils auraient des problèmes tous les deux, et lui surtout, parce qu'il allait être tenu pour responsable. On n'accusait jamais l'instinct, bizarrement, mais toujours sa victime. Mais à raisonner comme ça, Kido se dit qu'il trouvait la meilleur des excuses aux pires crimes du monde, et se dit qu'au final, mieux valait assumer être coupable. Fudo semblait attendre qu'il dise quelque chose, alors il réfléchit un instant et lui demanda, fébrile :
«Tu sais ce qu'on vient de faire ?»
Sa voix était rauque, mal assurée.
«On s'est embrassés.» répondit le brun en haussant les épaules. «Et alors ? On sait tous les deux que c'était consentant.»
«Qu'est-ce que ça vaut, ce qu'on sait tous les deux, par rapport à ce que vont croire tous les autres ?» Kido haussa le ton, inconsciemment, et ne s'en rendit compte que quand il vit l'étudiant tressaillir. «Tu es mineur.» reprit-il plus calmement. «Tu ne peux pas consentir.»
«Honnêtement, Kido. On est plus à ça près.»
Entendre le garçon prononcer son nom le fit frémir. Certes, ils avaient déjà dormi, pris un café, étaient sur le point de se fumer une clope ensemble. Mais si ça n'avait été que tacite jusque-là, c'était désormais avéré : ils s'étaient embrassés, embrassés. Le jeu des mots, des regards, des sourires, ils savaient tous les deux qu'ils voulaient plus que ça, mais franchir le pas, Kido savait que ce n'était pas une bonne idée. La morale l'en empêchait, cette excuse des gens pour regarder tout de travers.
«Pourquoi vous avez encore l'impression de commettre un crime ?» lança le brun dans un élan rageur. «Le seul crime qu'il puisse y avoir dans cette histoire c'est l'intolérance des autres. Je demande pas la lune ! Je veux juste être avec vous !»
«Tu sais très bien ce que ça implique. Le problème ne vient pas de nous mais il faut que tu comprennes, Fudo, on va être bombardés et enterrés, si ça venait à se savoir.»
Le brun bouillonnait, l'enseignant sentait sa détermination impétueuse comme une onde d'énergie qui émanait de lui.
«J'ai pas dit qu'on allait le crier sur tous les toits.» reprit-il alors d'un calme sourd et tendu.
Il finit par se détendre, se baissa pour ramasser sa cigarette tombée au sol, se laissa tomber pour s'asseoir en tailleur sur l'asphalte. Il alluma nonchalamment sa tige sous le regard pensif de l'aîné, tira une longue bouffée qui fit luire le rouge de la cendre à l'extrémité du cylindre. Puis Kido se dit qu'il avait besoin de se calmer les nerfs lui aussi, s'assit aux côtés du plus jeune en saisissant la cigarette au sol, la posa entre ses lèvres et tendit la main pour avoir le briquet. Il l'abaissa progressivement lorsque l'étudiant se pencha vers lui pour l'allumer lui-même, inspira pour faire prendre la flamme, et finit par porter ses doigts à ses lèvres pour éloigner la clope. Il la regarda, absent, entre son index et son majeur, le bout fumant. Il s'aperçut finalement que ses doigts tremblaient, se demanda s'il s'agissait plus du froid, de la nicotine ou des effets du brun sur lui. Il conclut qu'il s'agissait d'un mélange des trois, se refusant à l'évidence que Fudo y était pour beaucoup.
Il tira de nouveau quelques petites taffes, dans le silence du vent qui s'était mystérieusement calmé, écouta le crépitement caractéristique des cigarettes qui brûlent, de la sienne et de celle de Fudo. Il se dit que deux clopes en une journée pour un non-fumeur faisaient beaucoup, qu'il allait jeter le paquet en rentrant chez lui : personne d'autre ne s'encrasserait les poumons avec cette saleté de paquet. Il baissait toujours les yeux vers sa main pour regarder la cigarette se consumer lentement. Il ne savait pas vraiment ce qu'il y avait de fascinant à fixer la cendre rougeoyante d'une tige, son léger filet de fumée traçant des ondulations de serpent dans l'air avant de s'évanouir. Il donna un petit coup sur le filtre avec son pousse pour faire tomber la cendre avant qu'elle ne chute sur son manteau et osa un regard vers Fudo. Lui aussi fixait ses mains, et elles aussi tremblaient, mais à en voir les paupières mi-closes du garçon, c'était cette fois plus l'effet de la nicotine que le fantôme de leur étreinte.
Il ferma les poings, soudain, et Kido fut sortis de ses pensées.
«Comme on vole un magazine dans un bureau de tabac. Un peu en clandestin. Ça me suffirait.» marmonna l'élève, et l'homme mit un moment à comprendre de quoi il parlait.
Celui qui venait de lui dire de ne pas prendre ça comme un crime lui avait suggéré de rester dans la clandestinité un instant. Kido sourit : comme quoi, il savait bien de quoi ils parlaient tous les deux. Fudo avait compris que ses convictions sur ce qu'étaient la morale et la déontologie -des inventions sous prétextes d'interdire des choses qui dérangeaient l'avis général- n'avaient plus cours maintenant. Il ne s'agissait plus de discuter sur un canapé par une nuit neigeuse, mais d'assumer une relation interdite et sanctionnée, et de contrôler ses conséquences.
Kido savait ce que ce ton signifiait : il voulait qu'ils restent ensembles, quoi qu'il arrive, il ne voulait pas briser le lien entre eux. Le professeur s'interrogea sur ses motivations : avait-il à ce point envie de se taper un prof ? Un adulte tout simplement ? Peut-être même qu'il espérait de l'argent.
Il se sentit finalement horrible de spéculer de telles horreurs, qu'il savait qui plus est parfaitement fausses : il ne savait pas pourquoi, mais Fudo semblait tenir à leur relation, sincèrement.
«Je peux aller chez vous ce soir ?» demanda le cadet en jetant son mégot un mètre devant lui.
Il ne le regardait pas, fixant la fumée qui ondulait du cadavre de la cigarette.
«Oui.»
Kido fut surpris par sa propre réponse. Le brun hocha pensivement la tête, sans vraiment ajouter quoi que ce soit. Le professeur se demanda ce qu'il essayait de faire. Le vent salé se leva de nouveau, s'engouffra dans leurs cheveux sans invitation alors qu'une petite bruine l'accompagnait, se collant à leurs visages glacés. Le châtain décida que c'était un temps à rentrer chez soi, se leva et tendit la main au plus jeune pour l'aider. Celui-ci accepta volontiers, saisit fermement la main tendue et refusa de la lâcher lorsqu'il fut debout. Ils se dévisagèrent un moment, immobile dans le brouillard levant sur le port, leurs mains étroitement mêlées, jusqu'à ce que Kido s'aperçoive que le brun ne le retenait plus depuis quelques secondes déjà. Il lâcha sa main en soupirant, le fit passer devant lui en posant délicatement sa paume dans son cou.
«Reste raisonnable, d'accord ?»
C'était presque une supplication. Le garçon hocha vaguement la tête et tous deux s'engagèrent vers l'arrêt du train qui les conduirait à destination.
Kido ouvrit la porte à son cadet, entra pour lui ouvrir le chemin. La nuit était bien avancée maintenant, il n'avait pas fermé les volets en partant, alors il faisait un peu froid dans son appartement. Il oubliait souvent que l'isolation n'était pas terrible au niveau de ses fenêtres, et qu'il devait impérativement les fermer s'il ne voulait pas dépenser des fortunes à chauffer l'air extérieur. Il fit signe au plus jeune de s'installer, posa son manteau sur son porte-manteau dans l'entrée, dégagea ses chaussures du passage. Il ne savait plus vraiment quoi penser. A part sa fonction de professeur, et ces quelques mois qui faisaient encore du garçon un mineur, avait-il quoique ce soit sur le cœur qui le rebute à accepter ses avances ? Honnêtement, il savait que non, qu'il était sous le charme du jeune homme depuis trop longtemps maintenant pour oser prétendre le contraire. S'il s'écoutait, il aurait déjà admis la vraie nature de ses sentiments, de ce qui faisait battre si fort son cœur dans sa poitrine, de ce qui le rendait moitié sourd à la raison.
La raison.
En fin de compte, était-elle pour ou contre lui ? Kido avait toujours raisonné, avec logique et rigueur, tout mathématicien qu'il était. La raison l'avait toujours mené aux bons résultats, avait toujours ouvert devant lui les meilleurs chemins. Pourquoi aujourd'hui se dressait-elle ainsi devant lui ? Le professeur se sentait déchiré, véritablement.
«Vous êtes fâché avec vos parents adoptifs ?» avait demandé le brun.
L'homme se rendit compte qu'il était immobile dans son entrée depuis quelques temps déjà, et s'approcha de son canapé en croisant les bras tandis que son étudiant se permettait de parcourir ses étagères du regard, l'attitude pensive.
«Pas vraiment, c'est mon père qui m'en veut. Ma mère et moi n'avons pas tellement de différents.»
«Pourquoi il vous en veut ?»
«Il ne comprend pas pourquoi je ne veux pas reprendre sa boîte. Il rechigne à l'idée de partir à la retraite et laisser son vice-président à la tête de l'empire Kido alors que ce n'est pas un Kido.»
«Il doit bien avoir un neveu ou un petit cousin qui reprendrait la boîte non ?»
«Je suis un des derniers Kido de la famille. Le frère de mon père adoptif n'a eu que des filles.»
Kido se rendit compte en fait qu'il était le dernier Kido de la famille. Il n'aurait certainement jamais de descendant ; son nom mourrait avec lui. Il se souvenait s'être posé plein de questions sur son nom, son vrai nom, celui qu'il portait avant son adoption. Il l'avait oublié à dire vrai, même s'il savait qu'il était inscrit sur son carnet de santé. Il savait qu'il avait un nom fantôme au fond de lui, qui allait mourir aussi bien que "Kido", qui le liait au moins un peu à sa petite sœur, même si elle avait changé aussi de nom, de ville, de vie, et qu'elle ne savait peut-être rien de son existence à lui. Il haussa les épaules, alla s'asseoir tranquillement sur le canapé, s'enfonça dans les coussins en posant ses pieds sur la table basse. Fudo, qui se promenait près de ses étagères, se tourna vers lui, le regarda un moment.
«Qu'est-ce que vous comptez faire, alors ?» demanda-t-il, comme si tout pour lui allait se réduire aux mots qu'il recevrait en réponse. «A propos de nous.»
«Je ne sais pas.»
Il vit les sourcils du garçons se lever, se retint de rajouter qu'il n'y avait pas vraiment réfléchi : c'était faux. Son monde tournait autour de Fudo depuis quelques temps, dire qu'il n'avait pas pensé à leur situation serait un mensonge pitoyable. Il devait avouer, déclarer la seule solution qu'il avait trouvé à leur problème. Le brun avait profité de son inattention pour prendre un livre dans sa bibliothèque et le feuilleter passivement, semblant s'arrêter sur les pages au hasard pour les parcourir.
«Je crois que tu me plais..» s'enquit Kido, et le livre échappa aux mains du jeune homme.
Celui-ci bredouilla une excuse en le ramassant, et Kido dut passer sa main sur sa mâchoire pour dissimuler le rouge sur ses joues, alors qu'il distinguait du coin de l'œil le même embarras sur celles du brun. Le cœur de Kido s'était de nouveau emballé, il se pinça les lèvres dans la monté de son impatience. Il commençait à se demander si ça avait été une bonne idée de le faire venir chez lui. Plus aucun d'eux n'osait parler après la déclaration du professeur, Fudo lui tournant résolument le dos, comme s'il s'intéressait sincèrement aux reliures des livres sur l'étagère. L'homme se dit qu'il était le seul à pouvoir ajouter quelque chose.
«Mais il ne se passera jamais rien avec un de mes élèves, et un mineur en prime.» dit-il calmement, et le mouvement de tête que fit le garçon dans l'angle de son champ de vision lui fit craindre une réponse qui achèverait son mental de fer.
«Non, vous ne comprenez pas »
La réplique avait été déchirée et déchirante. Kido sentit son torse se compresser sous l'effet de son intonation, sous l'effet de l'émotion qui vibrait derrière son non tranchant. L'étudiant tenta de reprendre un peu son calme, déglutit pour contrôler sa voix, essaya de ne pas faire tomber le livre de nouveau.
«Vous ne pouvez pas décider pour moi de cette façon. J'ai besoin de vous, maintenant.»
«Ne hausse pas le ton, ce n'est pas le but. Je ne veux pas avoir d'histoire avec le lycée et...»
«Et ce que je veux, moi ?»
Fudo posa brutalement le livre qu'il tenait sur la table encombrée de la salle à manger, s'approcha de Kido, tendu. Celui-ci allait répliquer que ce n'était plus du droit, mais plutôt du devoir, à ce niveau, qu'ils ne pouvaient pas faire autrement. Pourtant le brun ne lui en laissa pas le temps, il monta à quatre pattes sur le canapé pour l'embrasser, doucement, délicieusement, langoureusement, ses mains encadrant son visage. Un gémissement de surprise échappa au châtain, alors que le plus jeune le forçait à s'allonger, et il agrippa son sweater sans comprendre ce qu'il se passait, tentant de ne pas répondre au baiser. Mais de nouveau, son cœur s'emballa, sa peau frissonna et chaque parcelle devint assez sensible pour sentir le poids de l'air. Fudo soupira, happa ses lèvres avec l'avidité d'un loup qui dépèce sa proie, et tout à la fois avec la douceur d'un lycéen qui tient la main de sa petite amie. Il caressa ses épaules, son bras gauche, par-dessus sa chemise, alors que son autre main défaisait maladroitement sa cravate. Kido sentait le sang pulser à ses oreilles, ne parvenait plus qu'à capter les soupirs langoureux et impatients qu'ils émettaient. Dans l'effervescence de leurs corps étroitement serrés, le professeur parvint à séparer leurs lèvres, et le regretta aussitôt qu'un gémissement lui échappa, lorsque le garçon embrassa son cou. Il voulait lui dire d'arrêter, mais rien n'obéissait plus à son cerveau : aussi, alors qu'il voulait éloigner le garçon, il resserra sa prise sur le sweater, passa sa main dans les cheveux bruns insolents, poussa un soupir de plaisir en sentant cette bouche affamée partir en exploration dans sa clavicule. La sensation palpitante de leurs corps en pleine recherche l'un de l'autre, c'était comme si la foudre galvanisait tous leurs muscles, comme s'ils n'étaient plus que les pantins de leur désir.
Kido chercha d'instinct les lèvres du plus jeune, sentant galoper sous sa chemise, sur la peau de son torse, le mouvement tremblant des doigts de la jeunesse. Il gémit de nouveau, et son partenaire lui fit écho, il partit à la découverte de sa peau vierge, comme si elle n'avait jamais été assiégée auparavant. Et le professeur rouvrit brusquement les yeux, sentant qu'on défaisait sa ceinture avec impatience, se rendit soudain compte de la situation dans laquelle il s'était mis.
«Fudo...»
Son souffle rauque lui fit horreur.
«Arrête...»
Il se demanda si le garçon entendait ou non ce qu'il disait. La panique l'empêcha cependant de réfléchir lorsqu'elle s'immisça dans son esprit ; l'enseignant prit enfin pleinement conscience de sa position délicate, allongé sur son canapé et coincé sous le brun, qui dévorait le creux de son épaule. La chemise était presque entièrement défaite, et sa ceinture tout autant. Sa braguette avait été descendue et Kido put entendre distinctement le tintement métallique d'une boucle de ceinture, celle du jeune homme cette fois. Il sortit enfin de sa stupeur.
Il saisit avec précipitation les poignets fins de Fudo, se rendit à peine compte qu'il en devenait violent. Il tint fermement dans ses grandes mains les avant-bras blancs du jeune homme, le força à se reculer, ignorant le gémissement de protestation qui lui parvint.
«Vous me faites mal..!»
Une voix rauque, ténue par les dents serrées du garçon lui fit comprendre qu'il allait trop loin, mais il ne put se résoudre à le lâcher. Il l'obligea à se lever, afin de se lever à son tour, le mena dans le couloir de l'entrée d'un pas pressé. Son pantalon glissait sur ses hanches, alors il lâcha un des poignets pour le remonter.
«Qu'est-ce que vous faites ?» demanda alors le brun d'une voix incertaine, et le soupçon d'innocence que le châtain y décela lui fit l'effet d'une irradiation.
«Tu ne peux pas rester ici.»
A ces mots l'étudiant tenta de briser sa poigne.
«Pourquoi ?» lança-t-il, comme s'il l'ignorait.
«Tu sais très bien pourquoi !»
Kido le lâcha finalement, et ramassa ses chaussures usées avant d'ouvrir la porte :
«Sors.»
Fudo lui jeta un regard noir.
«Même dans cet état vous trouvez le moyen de vous défiler...» siffla-t-il, courroucé.
«Sors !» Kido avait crié son ordre, le corps bouillant. Il ne tiendrait pas longtemps.
Et comme le garçon semblait commencer à le considérer avec une certaine inquiétude -une telle réaction de sa part avait effectivement quelque chose d'inquiétant-, le professeur l'agrippa de nouveau par le sweater et le jeta littéralement sur le palier, lui et ses chaussures, avant de claquer fermement la porte. Il s'appuya dessus, tremblant, la gorge nouée, tenta de ravaler la mort qui prenait possession de son âme.
«Vous êtes un hypocrite, sensei !» s'exclama Fudo de l'autre côté, et sa voix furieuse lui fit fermer les yeux dans une grimace d'amertume.
Il attendit que le couloir soit désert de nouveau, se laissa glisser contre la porte close. Son corps lui semblait glacé à l'extérieur, bouillant à l'intérieur. Il avisa son pantalon défait et sentit son cœur se contracter.
Au milieu de ce chaos se dressait avec fierté, le témoin téméraire de son incontrôlable désir, de ce démon, de cette soif, instable et dangereuse.
