Chapitre 11:
Bonjour chères lectrices (lecteurs?), j'espère que ce nouveau chapitre saura satisfaire vos désirs, sachant que la fin (de cette histoire) approche car l'ultime chapitre porte le n° 14. pour celles (ceux...) qui ne connaîtraient pas ces chansons auxquelles je fais référence, je suggère qu'elles (ils) aillent les écouter via Internet car elles appartiennent totalement à l'atmosphère du récit, lui donnent davantage de "matière", j'ai écrit tout cela en écoutant ces musiques. Je vous remercie encore et toujours de votre fidélité (notamment celles qui m'écrivent comme Gwladys, Marion, Laura et Miriamme).
Historia de un amor (chanté par Roberto Alagna, entre autres...)
Paris, début 1947
Alors qu'elle s'apprêtait à infliger à son corps les gestes incontournables que l'on attend d'une femme invitée à une soirée de cet ordre, Élisabeth regrettait déjà d'avoir plié en promettant à Charlotte de se rendre au gala de charité organisé pour collecter les fonds nécessaires au bon fonctionnement du service de pédiatrie dans lequel son amie travaillait désormais, ainsi que pour l'orphelinat qui y était rattaché. Elle- même y avait effectué un stage quelques semaines plus tôt, la détresse de ses enfants amputés de leurs racines, l'avait percutée en plein cœur. Elle s'était donc résolue à participer à cet «évènement», dans le dessein modeste, de réparer une petite part de leur calvaire. Elle avait accepté mais ce soir, sa conscience la tenaillait et lui signifiait l'inanité de tels actes...Elle réfléchissait aux actions plus politiques qui pourraient offrir un cadre plus humain à ces petites victimes sans nom. Tout le faste d'après- guerre avait été réuni en ce haut lieu des soirées parisiennes, les lumières éblouissaient les chalands, les parures des femmes rivalisaient avec ce déploiement de magnificence. Les ombres noires des hommes accentuaient malencontreusement cette ostentation. Lizzie et Charlotte ravalèrent leur orgueil et s'engagèrent dans le hall d'entrée munies de leurs cartons d'invitation. L'odieuse présence de Mme De Bourg accompagnée de son fidèle serviteur, j'ai nommé le Dr Colin, ramena Élisabeth à la raison profonde qui avait mené ses pas jusqu'à cette mascarade arrogante dégoulinante de bons sentiments éphémères.
Détournant rapidement le regard, elle croisa celui d'un inconnu qui soutint le sien, un sourire engageant affiché dans le but évident de lui plaire, à elle seule. A son grand déplaisir, le Dr Colin s'était dangereusement approché de Charlotte, manifestement incapable de battre en retraite alors qu'il avait déjà posé, d'un geste de propriétaire, ses doigts boudinés sur son épaule. «Mlle Lucas! Quelle merveilleuse soirée n'est- ce pas? Comme me le faisait remarquer, mon aimable bienfaitrice…
- Oups! Pardonnez- moi, je suis terriblement maladroite ce soir… Oh, Mon Dieu, je crois que j'ai ruiné votre chemise, ainsi que votre coiffure et… Ah, ça, si je m'attendais…Dr Colin!
- Mlle Bellet! Élisabeth Bellet! Que faites- vous ici? Hurla celui que Lizzie avait (bien involontairement évidemment…) assailli à l'aide d'un verre de vin de Bordeaux (pour la bonne cause uniquement).
- Et bien, je bénéficie d'une invitation en bonne et due forme, M. Colin. Et que me vaut l'honneur de vous…euh…rencontrer ici ce soir?
- Mon estimée…Le bon docteur s'apprêtait à répliquer lorsqu'il fut interrompu, pour la seconde fois déjà, par une formidable voix, reconnaissable entre toutes.
- Dr Colin, pourquoi vos cheveux et votre figure sont- ils trempés? Oh! Mais qu'avez- vous fait des vêtements de mon défunt mari? » La grande dame exigeait des réponses.
Élisabeth prit son amie par le bras et l'entraîna dans la direction opposée, rapidement et le plus discrètement possible. Leur chemin, ainsi faisant, les amena jusqu'à un certain gentleman qui en profita pour se présenter à elles. Charlotte, témoin de l'étincelle dans l'œil du séduisant jeune homme, s'éclipsa promptement afin de lui laisser toute latitude pour charmer son amie, qui avait bien besoin de se divertir. Les manières conquérantes de celui- ci avait d'abord attiré Lizzie, ravie d'être l'objet de son désir, puis elle avait déchanté au fur et à mesure qu'il s'empressait et maintenait hardiment le rapprochement entre leurs corps... Lorsqu'elle s'entendit interpeler par une voix familière mais devenue rare.
«Charles! Oh, c'est incroyable! S'exclama la belle, soulagée de la distraction mais aussi pleinement heureuse de ses retrouvailles inopinées.
- Élisabeth! Je ne saurais exprimer le plaisir intense que j'éprouve à vous revoir!" Charles extatique, emprisonna Élisabeth en une embrasse franchement fraternelle. Lorsqu'il s'écarta d'elle, à regret, elle se trouva instantanément perdue dans le regard blessé d'un autre revenant, celui qui n'avait jamais cessé de forcer les verrous de son esprit, à travers ses propres rêves et regrets d'amour. Son propre échec sentimental s'était personnifié en cette silhouette si bien dessinée, mise en valeur par sa tenue de cérémonie. Il détourna le visage, incapable d'assister à ces effusions entre son ami et...cette aguicheuse. Il avait abusé des cocktails alcoolisés ce soir, rempli d'inquiétude et d'impatience causées par la fugue de Georgie, sa toute petite sœur qui l'avait abandonné, sans raison, sans adresse. Il avait tenté de la retrouver lui- même depuis le premier jour d'absence mais avait échoué et envisageait d'engager un détective privé car même si elle envoyait régulièrement de ses nouvelles, il ne désirait rien d'autre que la revoir pour s'assurer qu'elle allait bien, simplement. Il avait jusqu'ici réussi à éviter de sombrer dans une noire mélancolie, mais jusqu'à quand?
Un éclair de lumière traversa son cerveau alors que ses yeux se posaient sur le visage honni de «George! Espèce de fumier!» Darcy avait foncé comme une masse sur le partenaire d'Élisabeth. L'effet de surprise avait accordé un avantage certain à l'agresseur qui avait mis à terre sa cible ayant trop tardé dans sa réponse.
Qui eut deviné que ce gala connaitrait une telle apothéose? Les fonds avaient heureusement été collectés en début de soirée, ce pugilat digne d'une taverne remplie d'assoiffés, n'aurait donc pas de conséquence directe, dommageable sur ces objectifs humanitaires.
Les corps des deux belliqueux étaient pris dans une violente étreinte, où le sang et la sueur se disputaient la vedette. Un cercle de spectateurs s'était formé et croissait à vue d'œil...hommes et femmes maquillaient leur fascination par l'affectation, le mépris affichés sur leurs faces rosies par l'excitation du moment. Cependant quelques uns, dont Charles, parvinrent à les séparer alors que le dénommé George chancelait dangereusement avant de s'écrouler sur le sol. L'un des témoins poussa le Dr Colin à ses pieds afin qu'il lui administre les premiers secours. Quant à Élisabeth, elle s'était retrouvée au chevet de William, dont les blessures superficielles (elle s'en était assurée) nécessitaient tout de même quelques soins. Elle nettoyait ses plaies à l'eau et au savon après l'avoir isolé dans un petit salon attenant à la salle de bal.
«Où est George? Grinça Darcy tentant de regarder son ami dans les yeux. Cela était d'autant plus difficile qu'un magnifique cocard était en cours de formation autour de son œil gauche.
-Je crois qu'ils ont appelé une ambulance pour l'évacuer aux urgences les plus proches, tu l'as laissé dans un sale état, William...admit Charles, toujours abasourdi.
-Tant mieux, il l'a bien mérité ce...aïe! Qu'est- ce que vous faites! Vous me faites mal! Reprit Darcy passablement énervé après Élisabeth qui tentait de maintenir une serviette pleine de glace sur son œil lésé.
-Arrêtez de vous agiter ou dans quelques instants vous serez complètement borgne, M. Darcy. Lizzie avait pris un ton neutre, professionnel.
-Mais pourquoi lui as- tu sauté dessus? Tu l'as appelé George, tu veux dire que ...oh, My God! C'est Wickham? C'est ça? Bien qu'il parlât dans sa langue maternelle, Élisabeth n'avait aucun mal à en comprendre le sens. C'est lui qui a essayé de détruire Pemberley en 1945, quand tu te battais pour libérer l'Europe des nazis...
-Oh, Mon Dieu, vous voulez dire que j'ai passé la soirée avec un incendiaire?
-Et même pire que cela, Miss Élisabeth, je le crains...Mais ce n'est pas à moi de vous raconter...Il fixait son ami intensément afin d'appuyer sa supplique silencieuse. D'ailleurs, je vais voir si tout est résolu là- bas. N'oubliez pas de venir me saluer quand vous partirez, Lizzie. Son sourire intimidé lui fit comprendre combien il lui avait manqué, leur avait manqué.
-Oui, bien sûr Charles. Je ne voudrais pour rien au monde manquer l'occasion de discuter avec vous, dans un environnement...disons, plus serein. Sourit Élisabeth, pleine de grâce. Puis se tournant vers son patient la couvant d'un regard noir. Alors, vous pourriez m'expliquer ce déchaînement de violence?»
William n'avait jamais eu l'intention de se justifier, il n'avait d'ailleurs pas imaginé un instant que ce fut elle qui le lui demanderait. Il aurait cru que la tante de Richard l'eut exigé, que Charles l'eut supplié, mais elle, non certainement pas, même dans ses rêves les plus extravagants. La violence des émotions qu'il avait contenues jusqu'ici firent exploser ce qui restait, après cette rixe, de ses défenses. Jamais une femme, autre que sa propre mère, ne l'avait vu si vulnérable, si nu, lui, William Darcy...ne sut plus retenir ses larmes de peur pour sa sœur, de honte pour sa conduite impardonnable, de frustration à l'égard de cette femme qui le tenait dans ses bras prête à lui accorder l'absolution totale et plus encore s'il le demandait. L'âme sensible d'Élisabeth rejoignit cet homme en pleurs, dont la détresse l'avait atteinte au plus profond d'elle- même, partageant un bain de larmes en préambule d'une longue conversation qui devrait prendre place en d'autres lieux. Elle le berçait très doucement contre son cœur, ses lèvres effleurant sa chevelure maintenant complètement ébouriffée pendant qu'il s'abandonnait pleinement au creux de ses bras, à elle, elle seule.
Charles prit soin de son ami et le raccompagna à l'hôtel où ils séjournaient non sans avoir arraché à Élisabeth la promesse qu'elle viendrait leur rendre visite dés le lendemain (enfin étant donné que c'était déjà «demain», après quelques heures de repos honnêtement mérité) sous prétexte de veiller au bon déroulement de la convalescence de leur patient.
Sitôt arrivée à destination et accompagnée de Charlotte encore sous le choc, Lizzie s'écroula sur son lit, encore vêtue de sa robe de soirée et tomba dans un sommeil mouvementé. Elle en fut arrachée quelques heures plus tard par la sonnerie de la porte d'entrée. Le visiteur insistant, elle en conclut qu'elle était seule dans l'appartement et devait obligeamment répondre à cette obstination. Elle rassura son interlocuteur en lui criant qu'elle arrivait incessamment lorsqu'elle entendit la voix de Georgiana lui répondre derrière la porte.
«Cendrillon, tu as dépassé la permission de minuit? Il est 2 heures de l'après- midi et tu n'es toujours pas levée? S'exclama joyeusement Georgie dont le ventre rond devançait le reste de sa personne d'un grand nombre de centimètres dorénavant.
-Georgie! Tu es sortie sans tes clés? Grogna sa colocataire au réveil douloureux, disgracieux.
-Et, oui! Les femmes enceintes deviennent distraites, ma chère. Tu devrais le savoir maintenant...Oh, quelle mine épouvantable!
-Merci, toi aussi! Elles éclatèrent de rire dans un bel ensemble.»
Elles conversèrent longuement, soupesant chaque hypothèse, chaque réflexion, se levant de temps à autre pour évacuer toute l'effervescence intérieure qui les agitait l'une l'autre au diapason de leurs propos. La douce Georgie devint furie à l'évocation du seul nom de George Wickham puis complètement stupéfaite, ouvrit des yeux grands comme des soucoupes lorsque Lizzie lui mima la scène de leur échauffourée. Les bras croisés sur sa désormais opulente poitrine, La jeune fille raconta bravement toute l'histoire de ses relations avec ce vaurien, qui l'avait séduite à des fins purement mercenaires, après avoir tenté d'anéantir leur domaine du Derbyshire alors qu'elle était censée y passer l'été , ignorante, elle avait poussé l'innocence jusqu'à tomber amoureuse de ce monstre à la face angélique, à partager son intimité avec lui pour en recueillir aujourd'hui les fruits. Quand William les avait surpris une nuit où l'on ne l'attendait pas, la fureur l'avait gagné et il avait alors déversé toute son aversion pour cet individu méprisable devant sa sœur qui comprit enfin sa folie et en fut si mortifiée qu'elle n'osa pas avouer sa grossesse à ce frère déjà durement éprouvé. Élisabeth exposa son profond malaise à mentir plus longtemps à son frère si désespéré de ne pas la voir. Finalement Georgie lui confia dans un murmure aux intonations enfantines, sa décision.
A suivre
Paroles de «La historia de un amor» (poème de Carlos Almaran)
L'histoire d'un amour
Ya no estas mas a mi lado corazón
Tu n'es deja plus à mes cotés, mon cœur
En el alma sólo tengo soledad
Mon âme est remplie de solitude
Y si ya no puedo verte
Et si je ne peux plus te voir
Por qué Dios me hizo quererte
Pourquoi Dieu m'a t-il fait t'aimer
Para hacerme sufrir mas.
Pour me faire souffrir davantage
Fuiste toda la razón de mi existir
Tu as été toute ma raison d'exister
Adorarte para mi fue religión
T'adorer a été pour moi une religion
En tus besos yo esperaba
Et dans tes baisers j'attendais
El calor que me brindaba
La chaleur que m'ont offert
El amor y la pasión.
L'amour et la passion
Es la historia de un amor
C'est l'histoire d'un amour
Como no hay otro igual
Comme il n'en existe pas de semblable
Que me hizo comprender
Qui m'a fait comprendre
Todo el bien, todo el mal
Tout le bien et tout le mal
Que le dio luz a mi vida
Qui a illuminé ma vie
Apagándola después
Et qui l'a éteinte ensuite
Hay que vida tan obscura
Comme la vie est obscure
Sin tu amor no viviré.
Sans ton amour je ne vivrais pas.
Fuiste toda la razón de mi existir
Tu as été toute ma raison d'exister
Adorarte para mi fue religión
T'adorer a été pour moi une religion
En tus besos yo esperaba
Et dans tes baisers j'attendais
El calor que me brindaba
La chaleur que m'ont offert
El amor y la pasión.
L'amour et la passion
Es la historia de un amor
C'est l'histoire d'un amour
Como no hay otro igual
Comme il n'y en a pas de semblable
Que me hizo comprender
Qui m'a fait comprendre
Todo el bien, todo el mal
Tout le bien et tout le mal
Que le dio luz a mi vida
Qui a illuminé ma vie
Apagándola después
Et qui l'a éteinte ensuite
Hay que vida tan obscura
Comme la vie est obscure
Sin tu amor no viviré.
Sans ton amour je ne vivrais pas.
Fuiste toda la razón de mi existir
Tu as été toute ma raison d'exister
Adorarte para mi fue religión
T'adorer a été pour moi une religion
En tus besos yo encontraba
Et dans tes baisers j'attendais
El calor que me brindaba
La chaleur que m'ont offert
El amor y la pasión.
L'amour et la passion.
