Bonsoir à tous!
Bon d'accord, il est dimanche. Je sais, je sais, j'ai promis de poster les chapitres samedi, mais il faut me comprendre. Je jouais aujourd'hui un tournoi de badminton régional et devait vraiment me reposer hier. Pour me reprendre, j'écris ce chapitre et le poste maintenant même, alors que je suis extrêmement fatigué :P
Honnêtement, je ne suis pas trop certain de la direction que prend la fanfic, MAIS je peux vous dire (pour répondre aux peurs de certains lecteurs) que je n'intègre pas un personnage à mon scénario sans qu'il n'ait d'utilité. Je vous laisse déduire ce que ça veut dire pour la vie amoureuse d'Harry. Je sais déjà comment tout se termine, mais j'ai de la difficulté à remplir les trous par moments. Mais bon, je passerai au travers!
Voici les réponses aux reviews, qui ont été un peu moins nombreuses que d'habitude, mais bon, on ne peut pas toujours tout avoir hein? :P
Klaude : haha! J'espère qu'Harry a eu une aussi grosse surprise que mes lecteurs, c'était le but :P. Et effectivement, il était temps qu'il aie un prof plus compétent que Rogue pour ce genre de cours très importants.
Aurysadik : Lire la note d'en haut, je te laisse te faire tes propres conclusions. L'évènement Katie n'était pas prévu avant l'écriture même, mais le plan final reste le même.
Sheltan : Merci bien! J'aime savoir que mon style plait aux lecteurs, c'est une très bonne motivation. Ton commentaire m'a bien fait rire, mais non, pas de polygamie dans mon histoire, juste des histoires de cœur complexes. Bienvenue parmi mes lecteurs, je te dédie ce chapitre que j'espère tu apprécieras!
Au chapitre!
Edit : bon, j'ai eu quelques problèmes avec FFnet en postant le chapitre (problèmes d'incompétence de ma part, entre autres), alors le voici (enfin!)!
La retenue
Samedi dix heures, Harry se dirigeait vers la classe de défense contre les forces du mal, ou aurait lieu sa retenue. Heureusement que les sélections de quidditch n'auraient lieu que lundi, les professeurs ne voulant pas allouer le terrain la fin de semaine par souci d'égalité pour les deux maisons qui ne l'auraient pas. Katie l'aurait décapité…
La semaine avait été assez banale, en dehors de sa première journée de cours. Bien entendu, banal n'est pas vraiment banal quand on parle du monde de la magie, et en particulier de Poudlard. Il avait eu un autre cours avec Dumbledore qui avait traité à peu près des mêmes choses que le premier, à savoir la perception de son environnement. L'exercice à exécuter avait été un peu plus difficile, car le directeur lui avait demandé d'examiner des objets plus précis qu'il lui donnait, sans l'usage de ses yeux. Harry avait prit un temps pour comprendre l'utilité de l'exercice, mais il avait ressenti qu'effectivement, sa concentration s'améliorait pendant ces laps de temps, ce qui était le but avoué de la manipulation.
Ron avait commencé à faire preuve de procrastination vis-à-vis de ses devoirs, comme d'habitude, mais Harry l'avait un peu moins suivi cette fois-ci, à la plus grande joie d'Hermione. Il était plus motivé que jamais à réussir cette année, pas seulement par anticipation d'un combat final avec un mage noir détraqué, mais aussi parce qu'il voulait avoir de bonnes perspectives de vie après ledit mage noir. C'est donc dans un silence studieux que les trois amis avaient passé les dernières soirées. Hermione finissait toujours très rapidement ses devoirs et se remettait à travailler sur son projet personnel, qu'elle gardait toujours secret, en leur disant néanmoins qu'ils sauraient bientôt. Cette situation rappelait de plus en plus la SALE à Harry, qui ne savait pas s'il fallait anticiper avec joie le moment ou Hermione présenterait son projet…
En dehors des études, Harry avait incroyablement hâte de jouer au Quidditch. Le sport lui manquait plus que jamais, surtout parce qu'il n'y avait pas joué depuis l'interdiction d'Ombrage l'année précédente. Encore plus excitée que lui à l'idée de jouer, Katie l'avait enrôlé en tant que capitaine adjoint pour parler à tout le monde des sélections et placarder chaque babillard de l'école avec l'affiche correspondante. Quatre-vingts dix-sept. L'école comptait quatre-vingts dix-sept babillards répartis sur sept étages. Harry avait donc passé assez de temps avec la jeune demoiselle… ce qui n'était pas pour lui déplaire, tout compte fait.
Ils étaient toujours très confortables l'un avec l'autre, probablement parce qu'ils se connaissaient depuis plusieurs années. Cependant, Harry n'était pas dupe, pas plus qu'il était aveugle. Il avait beau avoir la capacité émotionnelle d'une cuiller à soupe (on devait au moins lui donner ça, se disait-il, si Ron avait celle d'une cuiller à thé…), il savait ce qui était en train de se passer. Katie semblait lui envoyer un message lui disant qu'elle semblait intéressée à passer du temps avec lui, et à mieux le connaitre. Harry, de son côté, se sentait un fort désir de répondre à cette invitation implicite, pour la simple et bonne raison qu'il s'entendait très bien avec la jeune fille, avec qui ils avait plusieurs intérêts et opinions communs. Une petite partie de lui qu'il ne voulait pas vraiment écouter lui disait qu'il voulait tenter sa chance parce qu'une autre n'accepterais peut-être pas son handicap comme Katie semblait le faire. Lui s'acceptait maintenant, mais il voyait bien que certains lui lançaient des regards indiscrets parfois…
Bien entendu, le statut de Co-capitaine lui avait apporté d'autres bienfaits que de passer plus de temps avec la jolie capitaine. La salle de bain des préfets avait réglé son problème de lac gelé : la baignoire était assez longue pour y faire quelques longueurs, et les multiples robinets étaient toujours amusants à tester. Harry avait bien entendu cherché un sort qui servait temporairement à repousser les fantômes à la bibliothèque, et l'avait lancé sur les robinets en éprouvant le plus fort sentiment de dégoût qu'il pouvait ressentir. Mimi Geignarde ne le reprendrait pas dans son bain, cette fois…
Harry frissonna d'horreur, imaginer mimi et un bain à la fois était assez dégoutant, même dans le cas de figure ou le fantôme n'en serait pas un… par contre, imaginer un bain et quelques autres personnes… Il se ressaisit avant d'approfondir sa pensée, il était rendu devant la porte de la classe de défense contre les forces du mal. La retenue durerait jusqu'à six heures, le début du repas du soir, avec une pause de trente petites minutes pour le déjeuner… la journée allait être longue.
Il était quelques minutes à l'avance, sachant que le professeur était décidément du genre à lui donner une autre retenue pour avoir été en retard de quelques minutes à la première. Il en était venu après son deuxième cours avec l'homme à le voir comme un second Rogue… excepté qu'à sa connaissance, James Potter n'avait rien fait à Angus Campbell!
Quelques minutes plus tard, des bruits de pas retentirent, passé l'angle du couloir. Harry n'y aurait probablement pas fait attention d'habitude, mais il était en train de pratiquer l'exercice mental prescrit par Dumbledore et le bruit lui était facilement parvenu. Il rouvrit les yeux et se décolla du mur sur lequel il s'était adossé pour faire face à son professeur. C'est donc avec surprise qu'il vit apparaitre de corridor adjacent McGregor. Il croyait qu'elle allait tout simplement passer son chemin et le laisser tranquille, mais elle s'immobilisa dans le couloir à coté de lui.
Étrange. Intéressant aussi, mais étrange. McGregor semblait avoir écopé une retenue aussi, et elle était la seule autre élève, à ce qu'il sache, à avoir été envoyée à l'infirmerie suite à son cours de défense. La corrélation, si elle existait, était un peu étrange. Il faudrait peut-être creuser le sujet…
McGregor l'avait laissé tranquille durant les quelques derniers jours. En fait, tout le monde semblait l'avoir laissé tranquille durant les derniers jours, y compris Malfoy, ce qui était surprenant. Il semblait à Harry qu'ils n'avaient pas échangé de paroles depuis le début de l'année, après les deux tentatives avortées du blond. Malfoy fils avait pourtant de quoi se vanter, depuis que son père avait été libéré de prison. Ou depuis qu'il était capitaine de l'équipe de serpentard, alors qu'Harry n'était qu'adjoint. C'était assez bizarre…
Il n'eut pas le temps d'approfondir sur le sujet que le professeur Campbell faisait son apparition dans un couloir venant de la grande salle, lui-même avec presque cinq minutes de retard sur l'heure prévue. Il semblait contrarié, aussi Harry se dit-il qu'il ne devrait pas plus le provoquer pour la journée, même si sa punition était totalement injuste.
« Entrez » fit-il d'une voix sèche. Décidément, le professeur ne semblait pas être matinal. Harry se demandait ce qui pouvait bien le mettre dans cet état. Les deux élèves entrèrent, même si Harry ne put s'empêcher de déceler une certaine défiance dans la lenteur de McGregor.
« Potter, tu corriges les troisièmes et quatrièmes années, McGregor les premières et deuxièmes. Les grilles de correction sont à côté de vous » Dit-il une fois entré dans la salle de classe, en pointant deux bureaux placés côte à côte au devant de la classe. « Je serai dans mon bureau » finit-il presque en grognant. Il se dirigea vers ledit bureau et claqua pratiquement la porte.
Harry souffla. De la correction d'essais des plus jeunes. Et la pile qu'il y avait sur le bureau! Effectivement, ce ne serait pas surprenant si il en avait pour toute la journée, le professeur avait rapidement donné des devoirs cette année. Harry se consola, au moins la pile de McGregor était comparable à la sienne en hauteur, il ne serait pas le seul à souffrir. Il s'attabla et prit la première copie.
Une copie passa, puis deux, puis trois. Il entamait la quatrième et la première heure de retenue allait se terminer quand McGregor pas loin de lui poussa un grand soupir de frustration et déposa sa copie sur le pupitre. Elle avait été très agitée pendant la dernière heure et même si Harry se fichait de son possible inconfort, il commençait à être agacé par le mouvement désagréable et continuel en périphérie de sa vision.
« Qu'est-ce qu'il y a? » Demanda-t-il, un peu excédé.
La jeune fille lui lança un regard noir, puis sembla peser le pour et le contre de sa réponse avant de la donner.
« Ces essais sont ridiculement difficiles à noter. Les pauvres premières et deuxièmes vont avoir des notes tellement peu représentatives que s'en est triste… » Elle semblait réellement agacée par ce fait, ce qui surprit Harry. Elle semblait être du genre à s'en balancer.
Une autre chose assez bizarre était la difficulté, il ne s'agissait que de noter les deux premières années, et Harry lui-même n'avait pas de problème avec ses corrections. Il était vrai qu'il avait beaucoup de facilité dans ce cours en particulier, mais tout de même…
« Va demander au prof, c'est son travail après tout… » Il ne voulait pas s'en mêler, décidément. Il sentait que McGregor ne pouvait lui apporter que des problèmes.
« Oui, je suis certain qu'il sera incroyablement content de m'aider, ce que tu peux être comique des fois Potter… » Dit-elle avec un dédain évident.
« Très bien, très bien, quel est le problème McGregor ? » lui répondit-il de la même manière.
Elle sembla le regarder avec un air incrédule avant de répondre :
« Sérieusement Potter, qu'est-ce que tu as appris à partir de ta deuxième année en défense? »
Harry réfléchit quelques instants et le déclic se fit.
« Heu bien, la couleur préférée de Lockhart, les sortilèges impardonnables, et la théorie de je ne sais plus trop quoi… Le professeur Lupin a été le seul bon professeur que j'aie eu dans cette matière, et encore, le plan de cours pour cette année a été changé si j'en crois ces copies… »
Il avait parlé avec un peu d'humour cette fois-ci. Il avait compris son point et souhaitait alléger l'atmosphère, qui était déjà prête à exploser au bout d'une heure. Elle avait raison en plus, c'était un miracle que qui que se soit dans son années ait passé ses BUSE en défense! Et puis, nul besoin de rendre la journée plus insupportable qu'elle ne l'était déjà. Elle lui répondit en effet sur un ton un peu moins léger, mais pas moins désespéré qu'auparavant :
« Ouais bon, en attendant je ne sais toujours pas quoi faire avec ça! » En pointant la pile gargantuesque de documents à côté d'elle.
Harry ne sut pas ce qui le prit à ce moment. Ça devait encore être son truc de sauver les gens, comme Hermione l'appelait. Ou peut-être un désir de tenir la dragée haute à la jeune fille d'ordinaire si insolente.
« Besoin d'aide? » fit-il d'un air légèrement narquois.
Elle eut l'air outrée une seconde, puis son visage exprima le mécontentement extrême alors qu'elle se rendait compte qu'elle ne pourrait pas terminer son travail sans son aide.
« Très bien. » finit-elle par dire d'un air contrarié, « Amène-toi ici. » lui ordonna-t-elle.
Harry se leva donc et bougea sa chaise à côté de celle de McGregor. Peut-être le professeur se fâcherait-il s'il découvrait que ses deux élèves s'étaient entraidés ou même parlé, mais il n'en avait cure. Cette punition était une farce, de toute manière.
Pendant presque quarante-cinq minutes, elle lui pointa du doigt certains faits que les élèves plus jeunes avaient écrit dans leurs essais, la plupart étant totalement farfelus. Harry fut étonné de connaitre toutes les réponses sans les avoir vraiment étudiées. Il avait enseigné à L'AD l'an passé et avait appris toutes sortes de choses de base concernant la défense que manifestement tous ne savaient pas. Il donna donc un petit cours à la jeune fille pendant ce temps pour qu'elle soit apte à répondre aux attentes du professeur. Alors qu'il retournait à sa place pour les quinze dernières minutes avant la pause déjeuner, elle l'interpela :
« Tu sais Potter, tu ne fais pas un si horrible enseignant. Malfoy semblait prendre votre groupe de défense de l'an passé pour une grosse blague. »
« Hé bien ce ne serait pas la première fois que Malfoy se trompe sur mon compte… mais c'est vrai que l'AD a beaucoup aidé les élèves qui voulaient passer leurs examens l'an passé. » dit-il non sans beaucoup de fierté dans la voix. Hermione avait eu l'idée du club de défense, mais Harry avait été le professeur, et c'était en grande partie grâce à lui que les élèves avaient pu s'en tirer aux examens finaux.
« Tu ne me le fais pas dire, tout ce que j'ai appris dans cette matière, je le dois à mon père… »
Harry fut étonné, la jeune fille n'était habituellement pas si sociable, avec lui en tout cas. Probablement son soulagement de pouvoir finir le travail demandé, même si il faudrait se dépêcher durant l'après-midi pour rattraper la lenteur du matin. Harry trouvait cette conversation intéressante, en tout cas plus que la correction, et savait qu'il n'avait pas le temps de faire une copie avant le déjeuner. Il répondit donc :
« Ton père? Il est professeur de quelque chose? » Ça lui semblait une déduction logique, l'homme lui avait semblé très cultivé lors de leur rencontre, ainsi que dans les mots de la lettre qu'il lui avait envoyé cet été.
Elle rit légèrement, ce qui surprit Harry, qui était de plus en plus déboussolé. McGregor? Rire? Il devait avoir dit quelque chose de très comique…
« Non non, pas professeur, juste un bon pédagogue, avec beaucoup de connaissances. Mais l'imaginer devant une classe est assez risible… » Dit-elle comme pour justifier son petit éclat. Ses yeux eux, par contre, semblaient encore rire.
Un silence suivit sa déclaration et perdura un moment. Elle regarda l'horloge puis déposa sa plume de correction, alors qu'il ne restait que deux minutes à la première partie de leur retenue. Elle reprit la parole, voulant manifestement combler le silence qui s'était installé pour le temps restant, probablement par désir de ne pas travailler.
« Non, mon père est propriétaire des Haras McGregor… il élève des chevaux ailés, les meilleurs de toute la Grande-Bretagne! » Rajouta-t-elle devant l'air d'incompréhension d'Harry. Elle était indéniablement fière de la réputation de l'entreprise de son père, et avait l'air de quelqu'un qui pouvait parler de chevaux ailés avec autant de fougue qu'Hermione les elfes de maison.
Le professeur sortit de la salle adjacente en trombe, les faisant tous deux légèrement sursauter.
« Mmm, je vois que je travail n'avance pas… C'est votre perte, s'il n'est pas complété d'ici six heures, vous rattraperez cette retenue la fin de semaine prochaine! » Dit-il avec un sourire mauvais. « Allez ouste, vous avez trente minutes pour manger, soyez à l'heure. »
McGregor sortit en vitesse de la salle pendant qu'Harry se levait et ramassait sa canne accotée contre son bureau. Il sortit de la salle que son professeur ferma à clé derrière lui et se hâta vers la Grande Salle. Combler la distance entre les deux points lui prenait presque dix minutes, deux fois, ça lui laissait à peine dix minutes pour manger!
Il descendit donc rapidement et s'attabla à côté de ses deux amis.
« Salut Harry, comment se passe ta retenue? » Demanda une Hermione conciliante. Elle avait trouvé très injuste la punition du professeur envers Harry, qui n'avait attaqué qu'en légitime défense.
« Ouais, on a vu McGregor entrer en retard elle aussi » renchérit Ron, « tu ne serais pas coincé avec elle par hasard? Si oui, le prof a vraiment découvert comment rendre ta retenue la plus pénible possible! » Le rouquin semblait vraiment empathique envers son ami à l'idée de passer la journée enfermé avec la serpentard, ou n'importe quel serpentard.
En fait, le début de journée d'Harry n'avait pas été si mal, tout compte fait, mais quelque chose l'empêchait de l'avouer à ses amis, à défaut de se l'avouer lui-même.
« Oui, nous avons la même retenue. » Se contenta-t-il de répondre. Ron sembla prendre sa réponse comme une marque de douleur et le regarda avec commisération et Hermione ne dit rien.
Il ne sut pas s'il avait rêvé mais, du coin de l'œil, il aurait pu jurer voir Katie avec un pli soucieux sur le front. Quand il se tourna vers elle pour mieux voir, elle lui envoya juste un gros sourire, auquel il répondit volontiers.
II se hâta de manger pour ne pas être en retard pour la suite de sa retenue. Il lui faudrait terminer de corriger tous les devoirs en cinq heures et demi sous peine de devoir en corriger bien plus la semaine prochaine. Il se leva à la fin de son repas frugal et se dirigea vers la double porte. Une fois dans l'encadrement, il sentit quelqu'un le bousculer assez violement et passer à côté de lui. C'était McGregor et sa bande de copines.
« Pousse toi, Potter, tu bloque le chemin! »
Harry ne sut pas pourquoi, mais il fut particulièrement irrité par la remarque. Elle qui lui était presque (il ne fallait pas exagérer, tout de même) sympathique une demi-heure auparavant le bousculait et l'insultait en public à présent. Il répondit au tac au tac.
« Ho, désolé McGregor, je croyais que ta tête enflée pouvait encore passer par la double porte, mais je m'étais manifestement trompé! Je te ferai plus de place la prochaine fois! » Il portait un faux air désolé qui ne convainquit personne, mais fit bien rire les trois maisons sympathisantes à Gryffondor. La jeune fille se retourna et continua son chemin, et Harry la suivit de loin. Manifestement elle n'était pas habituée de se faire répondre, et surtout pas par lui.
Le professeur arrive presque avec vingt minutes de retard cette fois-ci, voulant probablement leur laisser le moins de temps possible pour terminer le travail, les obligeant ainsi à reprendre la retenue en entier. Ils s'installèrent à nouveau à leur pupitre respectif et se mirent au travail alors que le professeur allait se barricader dans son bureau.
Cette fois-ci, aucun mot ne fut échangé pendant plusieurs heures. Alors que la cloche de cinq heures de l'après-midi sonnait, Harry déposa sa plume. Ça ne servait à rien. Il lui restait encore un bon quart du travail. Si seulement cette satanée McGregor ne lui avait pas fait perdre son temps ce matin, il aurait peut-être eut une chance, mais il était trop tard maintenant. Il ne récolterait que des crampes à la main en tentant de finir ce travail, et noterait à tors et à travers.
McGregor semblait avoir les mêmes pensées non loin de lui et déposa sa plume avant de se masser la paume de la main droite en grimaçant.
« J'imagine qu'on est pas sortis de l'auberge. Une autre retenue en perspective avec toi Potter » Elle avait dit ça d'un air détaché, comme si ça ne la dérangeait pas tant que ça. Ce n'était malheureusement pas le cas d'Harry, qui avait cru pouvoir avoir une interaction presque normale avec la jeune fille. Il avait bien entendu été amèrement déçu.
« Ça t'amuse hein? De me faire tourner en bourrique comme ça? » Demanda-t-il. Quelque chose dans la situation lui échappait manifestement, et il voulait savoir de quoi il s'agissait.
« Oui » Lui répondit-elle, tout simplement. « Tu es incroyablement drôle quand tu te frustres, et tu es tellement facile à toucher, tellement gryffondor… » Continua-t-elle en secouant la tête, comme si elle le prenait en pitié. Harry eut un petit ricanement.
« Tu seras surprise alors de savoir que le choixpeau voulait me placer à Serpentard… c'est moi qui l'ai convaincu de me mettre à gryffondor. » Il ne savait pas pourquoi il avait dit ça, et savait que ce n'était probablement pas l'aveu le plus intelligent à faire, mais ça semblait lui avoir cloué le bec. Elle répondit cependant, en se remettant de son choc :
« Toi à serpentard? S'en est presque comique Potter, tu n'aurais pas fait une journée. » L'idée d'un Potter à Serpentard semblait la faire immensément rire.
« Et pourquoi donc? » Ne put s'empêcher de demander le jeune homme.
« Potter, tu n'as manifestement aucune idée de comment les choses se déroulent chez les serpentard » dit-elle assez sérieusement, en contraste avec son expression précédente. « C'est une maison ou tu ne peux même pas discerner tes amis de tes ennemis dans la majeure partie de cas, et ou tout le monde est prêt à utiliser tes points faibles pour avoir un avantage sur toi. Honnêtement, j'ai la vie plus facile que d'autres à cause que mon père est bien connu dans le monde sorcier, mais entre les sympathisants mangemorts et ceux qui sont juste manipulateurs, la vie est parfois… »
« Difficile », finit-il. Il savait effectivement ce que c'était de vivre constamment sur ses gardes, ayant vécu chez son oncle et sa tante toutes ces années de jeunesse. Il se garda de lui dire, mais serpentard ne lui aurait probablement causé aucun problème.
« Oui… difficile. » répéta-t-elle. Harry aurait pu jurer qu'elle avait l'air triste en disant ça. Une idée lui vint.
« Et les amis dans les autres maisons? Si on ne peut pas faire confiance aux serpentard, ce que je veux bien croire! » Il avait sorti l'insulte plus comme une blague que comme une insulte, et espérait qu'elle le prendrait comme tel. Il fut soulagé de l'entendre rire une deuxième fois dans la journée de son rire cristallin.
« Tu as un sens de l'humour après tout Potter, ta répartie de tout à l'heure, et maintenant ça… Non, si un serpentard aurait un ami dans une autre maison, sa réputation serait réduite en miettes… »
« Et c'est pour ça que tu te sens obligée d'être aussi incroyablement désagréable avec les gens comme moi en public, et correcte en privé? Ou est-ce que ça relève de ton mauvais caractère? » Poursuivit-il sans la laisser développer sa pensée.
Elle se tut en comprenant la manipulation. Il l'avait mise en confiance en la mettant en situation ou elle croyait être l'experte, en parlant de quelque chose qui lui pesait manifestement sur le cœur. Elle s'était confiée dans une moindre mesure, et il avait refermé le piège. Maintenant, elle devait avouer les vrais raisons de son comportement désagréable, ou tout simplement avouer qu'elle avait incroyablement mauvais caractère et était arrogante comme pas deux. Il lui fit un sourire de vainqueur, qu'il avait vu sur son père dans la pensine de Rogue, lui semblait-il.
Elle ouvrit la bouche et la referma, estomaquée et ne sachant vraiment pas quoi dire. Elle la rouvrit finalement et répondit, l'air résignée :
« Je retire ce que j'ai dit Potter, tu aurais fait un bon serpentard. » Elle semblait légèrement appréhensive, et peut-être un peu frustrée de s'être fait avoir. Harry s'était rendu compte que dans l'entreprise de la maîtrise de ses émotions, il était rendu bien meilleur à distinguer celles des autres. Il sourit d'un air carnassier et reprit :
« Ça ne répond pas à ma question, McGregor. »
Elle devint distinctement plus mal à l'aise. Prise au pied du mur, elle ne pouvait faire autre chose que répondre.
« Je dois avouer avoir… un peu mauvais caractère… » Commença-t-elle, avant de se faire couper par Harry.
« Un peu? » fit-il en relevant un sourcil, sarcastique. Elle le regarda fixement, vexée, mais il ne se départit pas de son sourire.
« Un peu » répéta-t-elle posément. « Mais c'est effectivement plus une question d'apparence, la plupart du temps… » Elle semblait peiner à prononcer ces paroles qui lui arrachaient des grimaces. « Les sarcasmes, c'est un peu… ha, laisse tomber Potter, tu ne comprendrais pas… »
Harry hocha la tête, respectant le désir de silence de la jeune fille. Il avait compris ce qu'elle voulait dire. Quand il était à la petite école, il avait eu le temps de se faire un ami avant que Dudley ne le chasse. Cet ami s'était retourné contre lui et lui avait envoyé des paroles blessantes à la figure par peur de son cousin, mais en rétrospective, il était évident qu'il ne l'avait fait que pour être comme tout le monde. Ce que McGregor voulait dire c'était qu'en fait, les sarcasmes n'étaient qu'une manière de plus de communiquer quand les vrais mots, ceux qu'on voulait prononcer, étaient interdits.
Harry sourit, se décidant à lâcher une autre bombe, figurativement bien sur, sur la jeune fille. Il avait beaucoup d'abus verbal à rattraper, après tout, même s'il savait maintenant que tout ça n'était que du bluff.
« Dis-moi McGregor… maintenant que nous avons établi que j'aurais fait un bon serpentard… » La jeune fille le regarda avec un regard mauvais, d'où pointait cependant un peu d'une émotion cachée, mais positive. « Parlons de tes traits gryffondoriens! »
Elle ne s'attendait manifestement pas à ça.
« Mais de quoi tu parles Potter? » Elle semblait piquée par l'idée d'elle en gryffondor. Que son tartan soit rouge à l'effigie du lion passe encore, mais en terme de valeurs et d'idéologie, il y avait une marge, tout de même!
« Je parle de gens qui agissent sur un coup de tête, sans trop réfléchir… tu sais, comme se précipiter sur des débris de chapiteau pour sortir quelqu'un d'en dessous des décombres… » Il avait dit cela avec un air entendu. Il ne cherchait pas à prouver quelque chose. Il souhait juste lui faire savoir qu'il savait qu'ils étaient quittes.
« Quoi? Mais… Je veux dire, tu m'avais… enfin… » Bégaya-t-elle. Harry trouvait son malaise incroyablement comique. Oui, ils étaient vraiment quittes, pour cette journée sous le chapiteau, et pour tout ce qu'elle lui avait fait subir depuis le début de l'année.
Harry avait bien calculé son coup. Il restait cinq minutes avant le coup de six heures, et le professeur jaillit de son bureau, voulant laisser le moins de temps possible à ses élèves pour finir le travail et ainsi les renvoyer en retenue une fois de plus. McGregor n'aurait pas le temps de répondre à la boutade finale d'Harry, qui en était plus que content. Elle avait été déstabilisée, mais il fallait lui faire confiance pour se remettre sur ses pieds rapidement et rétorquer, elle et sa langue de… serpent?
« Ho mais qu'avons-nous là? On dirait que vous allez devoir revenir ici samedi prochain, même heure. » Les paroles avaient décidément été prononcées avec un plaisir malsain, mais Harry s'en fichait. La journée avait été plus qu'instructive, et pas si désagréable, après tout.
« Parfait, professeur. » répondit-il sans la moindre défiance, ce qui n'empêcha pas ledit professeur de le fixer d'un air mauvais.
Harry se leva, retrouva sa canne, et marcha vers le porte, qu'il ouvrit. Il s'écarta sur le côté et dit :
« Ha oui, j'allais oublier, moi et ta tête ne pouvons pas passer la porte en même temps. Après toi McGregor! » Il avait employé un ton un peu plus mordant que d'habitude en disant ça, et la jeune fille passa devant lui d'un air hautin.
Dans le couloir, ils croisèrent une bande de serpentard qu'Harry ne se souvenait pas avoir vu souvent auparavant, des quatrièmes années si sa mémoire était bonne.
« Ha la ferme Potter! Je n'ai pas besoin de tes commentaires désobligeants, passer une journée en ta mauvaise compagnie est déjà largement suffisant! » dit-elle avec morgue, assez fort pour que tous l'entendent.
« Toujours un plaisir de te mettre en rogne, McGregor! » Répondit Harry sur un ton semblable, avec un sourire en coin que personne ne vit. Ils s'échangèrent des regards pleins de hargne qu'eux seuls pouvaient comprendre comme étant de l'amusement, et partirent dans des directions opposées, même si les deux allaient ultimement dans la grande salle.
Une fois seul, Harry sourit, d'un sourire authentique. Ça expliquait énormément de choses. Bien entendu, il n'aurait jamais la paix en public, mais ils se comprenaient, à présent. Cette année allait peut-être être plus amusante que prévue…
Il attendit quelques minutes afin qu'elle soit loin devait en compagnie de ses « amis » de serpentard, et prit le chemin de la grande salle, le son de sa canne frappant le sol d'un rythme enthousiaste se répercutant entre les murs vides du château.
