Garder le contrôle.

Bonjour, bonsoir,

J'espère que tu vas bien petit lecteur que tu sois assidu ou juste de passage. Sache que tu as ici sous tes yeux un texte très personnel mais où, je pense, pas mal de personnes peuvent se reconnaître.

Sinon je rappelle encore une fois que les créateurs Antoine Daniel et Mathieu Sommet ne m'appartiennent pas et que je me fiche royalement de leur vie personnelle.


Dévoiler.

Cacher.

Montrer.

Cacher.

Sortir.

Cacher.

Que faire ?

Où est l'équilibre ?

Je suis perdue. Une fois encore.

Dès que je parle fort. Dès que j'ai besoin de parler fort. Je baisse le volume.

Peur de se dévoiler, peur d'en montrer trop.

Besoin de garder mon jardin secret.

Besoin de garder pour moi certains mots.

Mais besoin d'en faire sortir d'autres.

Une cloison trop fine. Est-ce une aubaine ou un piège ?

C'est une aubaine car c'est une manière de dévoiler des choses sans les dire en face. C'est plus facile. Oui c'est lâche. Mais j'aimerais vous y voir. Ça permet d'amorcer un futur dialogue. Ça permet de rappeler subtilement une réalité peut-être balayée un peu vite.

Mais c'est un piège. Et si l'oreille curieuse n'était pas prête. Si elle interprétait mal. Si le sens n'était que compris en partie. C'est un risque.

Un risque mesuré me direz-vous ? Je ne sais pas.

Un risque inconscient. C'est certain.

Je ne me suis même pas rendu compte que nous parlions fort.

Peut-être qu'une partie de moi veut que ça se sache. Veut arrêter de porter ce masque. Veut que ce soit chose connue de tous. Pour être apaisé. Peut-être soulager cette colère en moi. Cette colère qui me donne des ailes. Des ailes qui ne demandent qu'à bruler. Bruler avant de m'emmener trop haut et de me faire tomber ensuite trop bas.

Je me laisse porter par les mots. Doucement. Car ici personne ne m'entend. Personne ne voit ce que je fais.

Sauf toi lecteur. Toi qui a la chance ou la malchance de lire ces mots et de me voir mieux que quiconque IRL.

Car j'essaye ici d'abolir les barrières et de laisser couler. Laisser couler comme le petit bouchon dans le fleuve qui espère rejoindre sans encombre la mer.

Laisser couler sans se faire bloquer par les branchages ni noyer par la violence du courant.

Les mains se rejoignent.

Hésitantes.

Un regard, puis se séparent.

Une respiration, un geste fébrile. Elles se serrent de nouveau l'une contre l'autre, l'une dans l'autre.

Les regards. Insouciants, compatissants, sympathiques, souriants, ignorants, invisibles, gênants, stupéfaits, soutenus.

Le jugement.

Vous n'êtes pas normaux.

Sales homos

Faites ça chez vous.

Loin de mes enfants.

Je lis ça dans les yeux. Je lis ça dans le monde qui nous entoure.

J'aime tellement te tenir la main Mathieu. C'est un réel plaisir. Mais je ne dois pas regarder autour. Car les regards me font mal.

Moi qui, plus jeune, voulait être différent, me démarquer, réalise que finalement c'est douloureux.

Ouvrir une plaie pour en guérir une autre. C'est le serpent qui se mord la queue.

Le pauvre.

Devoir affronter le regard des autres pour accepter le sien.

Beau retour de bâton tout de même.

Bordel de merde.

Oui je suis à l'aise. Ou pas. Je suis perdu.

Je suis perdu sans cesse. Sans cesse à la recherche de repères. Sans cesse à la recherche de modèles que nous devons nous-même créer.

Terrorisant en somme.

C'est pas un modèle dans lequel on se projette avec ta mère. On sait pas comment faire.

Oui papa tu as très bien résumé la situation.

Toujours choisir que montrer et que dissimuler.

Tout un art que j'apprivoise avec toi Mathieu. Moi pauvre Antoine qui avait l'habitude de brayer sur tous les toits en permanence, je me vois contraint de réfléchir avant de parler.

C'est très difficile pour moi.

Je me vois contraint de réfléchir avant d'agir.

C'est pas gagné du tout avec moi.

Je me vois contraint de te prendre en considération dans tous mes choix car ils nous concernent tous les deux.

Je ne suis plus seul aux commandes.

Les idées se bousculent dans ma tête. De telle sorte qu'aucune ne peut sortir.

Quel beau bordel.

C'est comme ça en général.

Et je me répète.

Montrer ou cacher ses pensées. Beaucoup trop compliqué pour moi.

Cette haine qui ressort de cette nécessité de cacher. Cette haine me hanterait et me boufferait si je ne la faisais pas sortir.

Si je ne la sublimais pas pour en faire quelque chose de constructif, d'utile. Autre que de la violence à l'état pur.

Car lorsqu'un regard un peu trop insistant se pose sur toi, sur moi, sur nous, parfois un long frisson me traverse et une bouffée de rage manque de me dévorer.

J'ai envie de tout casser. De hurler à la mort. De laisser sortir cette rage envers le monde. La laisser s'exprimer à l'état brut au lieu de la laisser blottie au fond de moi. Comme un fauve attendant son heure.

Parfois le lion s'éveille et menace de prendre le contrôle. De sortir et de tout saccager.

Mais à d'autres moments c'est la petite souris peureuse qui prend le contrôle et j'ai envie de fuir. De me blottir dans un petit trou pour ne plus en sortir.

Cette peur qui parfois prend le contrôle.

Mais lorsque je sens le lion se lever et commencer à tourner en rond dans sa cage, ou que je ressent que la petite souris sort de son terrier je prends un clavier pour faire sortir le tout.

Sublimer la rage dévorante du lion et la peur irrationnelle de la souris.

Faire sortir la substance dévastatrice.

La canaliser.

Pour ne pas me laisser emporter.

Maintenir le lion derrière les barreaux et garder la souris en retrait.

Même si parfois je rêve de les laisser s'exprimer pour, peut-être me soulager.

Mathieu. J'espère que tu n'assisteras jamais à la sortie du lion.

Car je ne sais ce qui se passera à ce moment. Mais cette colère envers le monde entier est bien présente. Bien enfouie. Mais malgré tout présente.

Mais j'essaye de canaliser cette once de folie en moi. Pour garder le contrôle.

Mais je ne veux pas te faire peur surtout. Le lion est bien dressé et il en faudra beaucoup pour le faire sortir de ses gonds.


Voilà voilà

J'espère que ce texte ENCORE PLUS SOMBRE QUE LES PRECEDENTS t'auras plus. Bonne continuation petit bousier des sables.

keurs sur toi

Et n'oublie pas que tu es magnifique