Blacknemesis : J'ai eu peur que tu ne rentres pas avant que je poste !!! Tu voudrais épouser Harry ? Je croyais que tu craquais pour Drago ?! Je te dirais presque la même chose que dit Bill à Hermione dans ce chapitre ! En effet, Drago détourne le regard autant par tact que pour se préserver. Quant au Pov de Drago, il n'avance pas pour l'instant, je suis sur le One shot pour « le troisième œil ». Mais je m'y remettrais un jour, promis ! Enoooormes bisous

Vif d'or : ne t'excuse pas de ne pas avoir reviewé plus tot, tu es quand même arrivé à temps et la review n'est pas une obligation, même si elle fait très plaisir !! Alors, BlackNemesis a réussi à te persuader d'écrire ? préviens moi quand tu postes ! Bonne année à toi aussi quoique ce soit encore un peu tôt (mais va savoir avec le décalage horaire) et bisous !

Chimgrid : Alors comme ça tu te sers de mes écrits comme excuse pour ne pas réviser ?! Bouhou c'est pas beau !!! mdr ! Remarque je te comprend, personnellement j'ai horreur des études, il n'y a rien de plus rébarbatif que de rester des heures devant ses notes en essayant de faire rentrer dans son cerveau les mots que l'on a marqué… mange des frites en me lisant, ça ne me gêne absolument pas et c'est déjà beau de m'avoir laissé une review ! moi aussi j'ai beaucoup aimé « entendre » Harry dire enfin « nous », c'était une sacrée étape pour lui ! pour la langue des signes je ne la parle pas mais je suis réellement fascinée par elle et je rêve de pouvoir l'apprendre. L'éclair désigne Harry en effet, je ne sais pas si c'est le signe employé dans ce langage mais sachant que les sourds ont tendance à inventer un signe pour une personne en fonction d'un signe distinctif, ça m'a parut évident. Ses amis du net, on en reparlera un peu mais ce n'est qu'anecdotique dans l'histoire. Et sinon voici un nouveau chapitre pour te distraire des tes études !!!

Niil iste : Je suis contente que cette fic continue à te plaire…

Nfertiti: En effet, Drago et Harry sont assez complémentaires même s'ils ont en commun d'être tous deux traumatisés en fait mais ça, vous le saurez quelques lignes plus bas…

Crasysnape 9 et 10: Harry en effet ne pourra pas être arrêté pour ses meurtres mais je doute que malgré son ancien goût pour cela il aurait accepté de tuer des innocents. Drago ne s'entend toujours pas avec Ron et Hermione mais sait que Harry a besoin d'eux. Bonne lecture !

Minerve : 40 jours, ça risque d'être long en effet mais il leur faut bien ça pour réfléchir à leur relation, non ?

Grafield : Que serais-je sans ta review hebdomadaire ? Je ne préfère pas me poser la question ! Pour Noël je n'ai pas été spécialement gâtée, prise en otage chez ma belle sœur pendant près de 24 heures arg !! Oskour ! Mais j'y ai survécu et me revoilà parmi vous ! Harry en carême ? Oui, il risque d'en baver ! ils ont déjà été séparé plus longtemps mais cette fois Harry n'a pas un Zabini à poursuivre pour s'occuper et il y a de grandes chances qu'il se retrouve rapidement en manque mais il n'avais qu'à faire les choses correctement, hein ? Un dessert comme Drago ça se mérite !!mdr !

Smirnoff : Que de compliments… Réaliste ? Merci de le préciser, j'en doutais à force de coups de théatre tordus !

Ambre 1.2.3.4.5.6.7.8.9.10 ! : Tout d'abord merci d'avoir reviewé tous les chapitres ! Quel enthousiasme !Amoureuse de ma fic ? Waow ! Désolée elle est prise, je l'ai fait je me la garde !!! C'est vrai que Harry est déroutant. Curieux que vous soyez plusieurs à attendre des excuses de Drago alors que c plus Harry qui s'est servi de lui qu'autre chose.

Lunenoire : 40 jours, c'était parce qu'il fallait choisir un chiffre, j'avais pas d'idées spéciales… et merci pour tes encouragements !

Selana : la fic comporte encore 4 chapitres et un épilogue, on est pas encore à la fin ! Et oui, Drago a bien signé « je t'aime ». merci pour ton enthousiasme !

Fleur fanée : en effet le « tue moi » est un peu difficile à comprendre. Alors un petit indice pour que tu puisse suivre : imagine que tu aimes quelqu'un, qu'il vienne de t'insulter, d'essayer de t'étrangler puis d'essayer de se suicider et enfin te dit qu'il t'aime : tu ne douterais pas de quelqu'un qui change si facilement de sentiment ? tu ne souffrirais pas de l'entendre te dire mal les mots que tu attendais ? Pourrais tu en avoir assez marre de tes merdes persos et des siennes pour préférer la solution d'avant ?

Alinemcb54, Ornacula , Vert emeraude, Melusine, Tama: merci !!!

Shetane : Je t'ai fait peur ? Pas d'inquiétude avec moi ça finit toujours plutôt bien ! Je me vois mal laisser les persos en plein désespoirs, j'ai essayé une fois dans « post mortem » mais j'ai pas réussi ! Oui, c'est bien « je t'aime » que Drago a signé dans le dos d'Harry (tu en aurais eu confirmation si tu avais fait attention à la chanson du début de chapitre qui donne toujours l'état d'esprti de Dragp)

Celines/Line/C-line : je ne connais pas le film dont tu parles, j'ai fait une recherche et le sujet n'a rien à voir. Si tu déteste Ron (décidément après Drago connard, Ron imbuvable !) je te préviens qu'il va réapparaitre et sera présent jusqu'au bout donc si tu continue à me lire c'est à tes risques et périls (je te défend aussi de critiquer Ron, sais pas, suis contre la liberté d'expression avec toi !)

Littlething : Coucou toi ! Je suis contente de voir que mon histoire te plait toujours. La phrase que tu cites m'a intriguée, j'ai fait une petite recherche et ai trouvé : elle viens d'une chanson de AqME qui s'appelle « je sais » que je n'ai pas encore écouté mais dont les paroles collent bien avec le harry de cette fic :

J'essaie de voir la vie en rose
Mais un voile la recouvre
Les pensées sombres que l'avenir m'impose
Me font espérer qu'après la nuit
Le jour se lève enfin
Je sais qu'il est temps pour moi d'apprécier la joie
D'oublier les maux, de dire les mots
Pour voir maintenant la lumière

Je suis celui qui peint la nuit en sombre
Celui qui voit tous les jours la pénombre
Je suis celui... qui a été

Mais peut-être trop sensible pour oublier
Vous ne savez pas ce que me coûte un sourire
J'entends, je vois, je sens le mal
Mais peut-être est-ce le monde qui m'entoure?

Je suis celui qui peint la nuit en sombre
Celui qui voit tous les jours la pénombre
Je suis celui... qui a été

Je me hais encore plus que vous me haïssez

Chapitre 10

40 jours

Pour me comprendre,
Il faudrait savoir qui je suis.
Pour me comprendre,
Il faudrait connaître ma vie
Et pour l'apprendre
Devenir mon ami.

Pour me comprendre,
Il aurait fallu au moins ce soir
Pouvoir surprendre le chemin d'un de mes regards
Triste mais tendre, perdu dans le hasard.

Pour me comprendre, Michel Berger

Je rentrais donc chez moi seul, dépité, mais déterminé à montrer à Drago que je n'étais pas tel qu'il se l'imaginait, confondant sentiments et attirance physique.

Je me repassais en boucle la scène que nous venions de vivre, me demandant si la folie me guettait et prenais la décision d'essayer de me contrôler plus souvent, en commençant par me retenir d'écrire tout de suite à Drago mais je ne tins pas longtemps.

Au bout de quelques minutes, je me jetais sur mon écritoire et commençais ma

première lettre.

La réponse ne se fit guère attendre.

Harry,

Je suis surpris de voir que la première question que tu me pose concerne ce

que j'ai signé derrière toi à ton départ. Tu n'aurais pas dû voir cela, je

ne signais que pour moi-même et ne souhaite pas te répondre sur ce point, ce

sera une des rares fois où je te refuserais une réponse, du moins pour l'instant. Par contre, le

signe de l'éclair sur lequel tu m'interroge est le signe pour désigner Harry

Potter. Tu peux donc en déduire que nous parlions de toi quand tu m'as vu avec

mon oncle ce jour là.

Concernant tes questions sur mes parents :

Quand j'ai compris vraiment tout ce que ce terme impliquait, je n'ai plus été fier de ce qu'ils faisaient que devant les autres élèves de ma maison, agir autrement m'aurait probablement coûté la vie. Je n'ai pas souhaité devenir un Mangemort : même si j'ai tendance à considérer que notre race est plus évoluée, je n'ai pas pour autant envie de la rendre unique.

Le sort des moldus m'est indifférent.

Je ne souhaitais pas non plus être au service de quelqu'un, et surtout pas d'un mutant reptilien, fut-il le plus grand sorcier de ce monde. D'autant plus qu'il m'aurait gravé sur le bras sa marque d'un goût plus que discutable.

Je n'ai cependant jamais souhaité la mort de mes parents : ils étaient comme ils étaient, mais j'étais leur fils. Te demander moi-même de les tuer a été la chose la plus dure que j'eus à faire de ma vie. Je l'ai fait en échange de la parole du Ministre de la Magie de ne pas saisir mes biens, à l'exception de ceux que mon père utilisait pour la magie noire dont je n'ai nul besoin même si je saurais m'en servir.

Si j'ai quitté le Manoir Malefoy, préférant le vendre, c'est je suppose pour la même raison que tu a décidé de quitter celui des Blacks : personne ne souhaite vivre dans un mausolée où les mauvais souvenirs prennent plus de place que tout le reste. Rester au Manoir m'aurait rappelé en permanence que mes parents n'étaient plus.

Avant de terminer ma missive, je tiens à t'avertir que je ne tolérerais pas

que tu utilise notre correspondance pour me faire part de tes désirs et

fantasmes à mon sujet. Je n'ai que faire de tes envies, ce que je veux

c'est te prouver que tu n'as pas besoin de moi et si tu respectes notre

accord, quand ces 40 jours seront passés, tu constateras que j'avais

raison.

Bonne journée

Drago Malefoy

Un accord...J'aurais plus facilement parlé d'ultimatum. Il aurait pu être difficilement plus cassant mais je l'avais mérité et ne me décourageais pas, trouvant chaque jour un flot de questions à lui poser, découvrant ainsi qu'en effet je savais bien peu de choses sur lui.

Chaque fois qu'Hedwige me revenait, je me précipitais sur sa lettre, espérant y trouver un mot, une expression, un "cher" inscrit devant mon nom qui me laisse espérer que cette épreuve qu'il m'imposait avait un sens. Un « Harry » était sans doute un effort déjà considérable de sa part, lui qui jusqu'ici ne m'avait appelé que par tout une série de sobriquets. Je me rappelais encore la façon qu'il avait eu de le prononcer et ce souvenir m'était un précieux réconfort.

Parfois cette situation m'exaspérait, je me demandais s'il ne jouait pas une fois de plus à me manipuler, cette idée me rendait fou mais je prenais le risque.

Peu après, je me rendais au Ministère de la Magie. J'avais prévenu Drago de ma visite, pour ne pas être soupçonné de faillir à ma promesse en le surprenant là bas mais j'espérais pourtant l'y trouver et c'est en le cherchant des yeux à chaque croisement de couloirs que j'arrivais dans le bureau de son oncle. Il était en réunion, je le distinguais dans la pièce voisine à travers la vitre de séparation. Je m'adressais donc à sa secrétaire qui m'attendait, les papiers nécessaires en main. Je ne fus pas étonné de constater qu'il ne s'agissait plus de la même personne. Celle-ci était brune, assez petite et boulotte, dynamique et efficace : en un temps record elle m'avait donné toutes les indications nécessaires et fait signer mon contrat. Je ne voulais pas prendre le risque d'avoir une fois de plus sur la conscience la mort d'innocents, c'est pourquoi j'avais décidé, bien que le goût du sang m'aie quitté, de devenir officiellement le bourreau du Ministère jusqu'à ce qu'une autre personne se propose à ce poste. Je ferais mon travail, proprement et simplement, et une fois remplacé, je déciderais de mon avenir. Pour l'instant j'ignorais ce que je voulais faire à long terme. Le métier d'Auror, assez proche de celui que je menais en solo actuellement ne me tentait plus : je ne souhaitais plus passer mon temps à voir l'horreur de ce monde, je m'en étais gavé à en vomir et j'aspirais à un peu de paix.

Quand je quittais le bureau je me rappelais la scène qui s'y était déroulé il y a peu et me demandais si j'allais pouvoir sortir de cette impasse où je m'étais fourré, s'il y avait vraiment un avenir possible entre Drago et moi.

« Ne soyez pas préoccupé Monsieur Potter, je sais que vous y arriverez » dit une voix derrière moi. Je me retournais pour faire face à Madame Kelly qui me tendait les doubles des documents que j'avais omis de prendre mais quand je croisais son regard et son sourire, je compris qu'elle ne parlait pas de la mission qu'elle venait de me confier et me demandais si elle avait deviné mes pensées et comment elle pouvait être sûre de ce qui arriverait.(1)

J'ai recommencé à prendre contact avec les miens qui s'étaient retrouvé victimes de ma folie et mon orgueil.

Je commençais par les morts, en me rendant sur la tombe de mes parents et de mon parrain, de mes amis morts au combat et je retrouvais une partie de mon humilité.

Après avoir effectué ma mission, je me suis ensuite rendu à Poudlard.

Hagrid me serra dans ses bras, risquant de me rompre les os, comme si nous nous étions quitté la veille, comme si je n'avais passé 8 mois à l'ignorer.

Il me conduisit lui-même jusqu'à la gargouille de pierre et prononça le mot de passe.

Le bureau de Dumbledore était toujours aussi impressionnant. Je commençais d'office par lui demander pardon, mais il m'arrêta tout de suite, me pria de m'asseoir et me dit que c'était à lui de me présenter des excuses. Sidéré, je l'écoutais me dire que s'il m'avait correctement préparé au combat, à lutter contre le désespoir et la souffrance, il avait omis de me préparer à

la victoire. Il s'accusait de mon égoïsme et de ma folie. M'ayant trop souvent caché certaines informations pour me surprotéger, il s'accusait d'être responsable du fait que j'avais appris ces choses dans de mauvaises conditions. Que si mes parents avaient bien tout fait pour me rendre puissant ils m'avaient désiré avant tout.

Je ne m'attendais pas à ça. J'en restait bouche bée, me disant que j'aurais pu demander des explications avant de laisser libre cours à ma colère, et en même temps , si j'étais soulagé, je me disais que tout cela n'avait plus autant d'importance que j'en avais mis à l'époque : aimé ou pas, mes parents me seraient à jamais inconnus et cet amour qu'ils avaient eu pour moi, je ne le ressentirais jamais. Une fois de plus, comme ça avait été le cas pour mon parrain, j'avais laissé des discussions épiées décider de mon attitude. Nous discutâmes encore un bon moment et je me rendis compte à quel point j'avais été injuste avec mon ancien directeur : il avait fait de son mieux, malgré son grand âge, pour m'aider et s'il avait eu des torts j'en avais eu aussi en me daignant jamais lui faire confiance.

Harry,

Ce que tu m'as dit de la réaction du Professeur Dumbledore m'a surpris : je l'ignorais capable de reconnaître ses erreurs même s'il en a oublié une partie dans son discours mais à son âge, peut-on encore le lui reprocher ?

Tu me demandes si suite à ton attitude dans le bureau de mon oncle je pense que tu es fou : non, je ne le pense pas, cependant je crois que tu as besoin d'aide et espère que tu trouveras le moyen de te contrôler, même si la discipline n'a jamais été ton fort.

Je ne considère pas qu'à ce moment précis tu étais pleinement conscient de tes actes, d'autant plus que je t'avais provoqué.

Je ne pense pas qu'une telle scène se reproduira et suis sûre que tu feras en sorte d'arriver à te contrôler. Ce sera un travail de longue haleine mais je suis sûr que tu y parviendras.

En ce qui concerne tes interrogations sur le fait que tu aise été espionné depuis ton installation au 4, Privet drive, en effet c'était bien mon père et ses acolytes qui s'en sont chargés et je crois qu'il a bien fallu attendre le combat final pour que tu puisses vivre sans être épié continuellement. Mon père avait pris l'initiative de cette surveillance : quand Hagrid est arrivé après la mort de tes parents et la disparition de Voldemort, il était resté sur place et a suivi la moto volante cachée sous sa cape d'invisibilité. Il savait que si son « maître » revenait à la vie il aurait besoin d'informations sur toi et espérerait que tu nous rejoigne pour s'assurer de sa puissance.

J'ai donc depuis ma plus tendre enfance entendu ton nom et mon père chantait tes louanges au moindre signe qu'il voyait de tes talents magiques : tu étais l'exemple à suivre, en même temps que, peut-être, l'homme à abattre plus tard selon le clan que tu choisirais. J'étais donc, avant même de te connaître, en même temps jaloux de l'attention que mon père te portait et fasciné par ta légende, et c'est donc tout naturellement que j'ai cherché, quand je t'ai rencontré, à devenir ton ami, autant parce que c'aurait été un honneur d'avoir un ami si puissant que parce que j'aurais pu lui obtenir des informations sur toi. Je serais ainsi remonté dans l'estime de mon père mais il a fallu que la belette m'en empêche et j'ai dû me contenter de t'épier en tant qu'ennemi ce qui ne m'a pas facilité la tâche. Comme je pouvais rapporter à mon père que peu d'informations il me faisait peu confiance et par conséquent me daignait pas m'expliquer tout ce que j'aurais dû savoir et qui aurait facilité mon emprise sur le groupe des Serpentards. A l'époque je souhaitais suivre les traces de mon père, n'ayant pas encore compris toutes les implications qui en découlaient. Quand il s'est retrouvé à Azkaban, j'ai pris conscience que Lucius Malefoy que je croyais parfait n'était peut être pas un modèle à suivre. Severus Rogue que j'ai interrogé à mon retour à l'école a achevé de me persuader que la carrière de Mangemort n'était pas la meilleure que je puisse prendre et tenta même de me persuader de me joindre à l'Ordre du Phoenix mais si je pouvais devant lui accepter que je m'étais fourvoyé durant toutes ces années il était impensable que je le montre publiquement et je me suis contenté de l'aider à récolter certaines informations grâce à mes compagnons de Maison, permettant de faire le tri entre ceux qui suivaient la voie de leur père et ceux qui désapprouvaient cette attitude, et d'avoir des renseignements précis sur les déplacements de leurs parents.

J'espère avoir répondu à toutes tes questions et te souhaite une bonne journée

Drago Malefoy

Je fus accueilli comme l'enfant prodigue par la famille Weasley. Je débarquais chez eux le week-end suivant ma visite à Poudlard, persuadé que si j'annonçais ma venue je trouverais porte close et je tenais à les rencontrer ne serait-ce que pour pouvoir dire à Drago que j'avais respecté mon engagement. C'étaient eux que j'appréhendais le plus de revoir, j'avais été particulièrement ignoble avec Ron.

Quand Arthur m'ouvrit la porte, il se figea de surprise et quand il retrouva ses esprits, au lieu de me refermer la porte au nez comme je m'y attendais, il appela sa femme qui s'agrippa à moi

de toutes ses forces. Elle m'annonça, radieuse, en entrant dans le salon dans lequel toute la famille était encore attablée. Hermione et ses parents étaient également présents, je venais de débarquer sans le savoir en plein repas de fiançailles.

Jamais je ne m'étais senti aussi mal à l'aise.

Ron et Hermione me fixèrent, puis se levèrent ensemble et s'approchèrent de moi. J'étais devant eux, prêt à recevoir leurs coups ou leurs insultes mais à ma grande surprise ils me prirent dans leur bras en me disant qu'ils ne pouvaient espérer meilleur cadeau de fiançailles.

Je me demandais s'ils n'étaient pas devenu fous: comment pouvaient-ils si vite oublier ma conduite, tous ces mois d'absence, le sort que j'avais jeté sur Hermione, et faire comme si rien ne s'était passé? Je ne méritais pas d'être si vite pardonné, j'étais une ordure et j'aurais préféré qu'ils me traitent comme tel.

J'essayais de le leur faire comprendre mais tout ce qui pu sortir de ma bouche à ce moment fut un gémissement étranglé. Je m'installais à table avec eux et les discussions reprirent comme si j'avais toujours été parmi eux depuis le début, je ne comprenais pas pourquoi ils me faisaient un tel cadeau. Je restais silencieux la plupart du temps, me sentant de trop malgré leurs attentions, ou plutôt leur attitude détachée qui faisait croire que le fait que je sois avec eux était la chose la plus naturelle du monde.

Personne ne me traiterait comme je le méritais?

Après le repas, Ron me demanda de le suivre dans le jardin. Je lui dis ce que je pensais et il me répondit que l'essentiel était que je sois là.

Il m'apprit que je n'avais pas été le seul à réagir aussi violemment et étrangement après la lutte menée : Neville qui avait combattu vaillamment sur le champ de bataille avait passé plusieurs semaines à Sainte Mangouste dans un état inquiétant, complètement prostré, avant de se réveiller. Hermione avait cessé de lire pendant 6 mois et était passé par une phase durant laquelle elle n'avait pas prononcé un seul mot. Lui-même, pourtant peu enclin aux effusions, avait passé plusieurs semaines sans pouvoir s'empêcher d'étreindre tous ceux qu'il aimait et de remercier le ciel qu'ils soient encore vivants.

Il me dit en souriant que c'était d'ailleurs grâce à ces symptômes qu'il avait enfin montré à Hermione ses sentiments et qu'ils en étaient aujourd'hui à se fiancer. J'avais mis plus de temps à me remettre selon lui pour la seule raison que j'avais payé le prix le plus élevé de cette guerre. Je les avait fait souffrir mais il savait qu'à cette époque ils avaient tous à lutter contre leurs propres souffrances et si eux l'avaient combattus ensemble, avoir choisi de la combattre seul dans mon cas n'avait pas dû faciliter les choses.

Je me sentis soulagé d'un poids énorme et me demanda comment j'avais pu vivre tout ce temps sans l'amitié et la compréhension de Ron et des autres. Je le pris dans mes bras avec force et quand je me rendit compte de ce que je faisais, je me détachais de lui en lui reprochant de m'avoir transmis son symptôme. C'est à ce moment là qu'Hermione nous rejoint, me reprochant en riant d'accaparer son fiancé. Malgré le sourire sur son visage, je ne pouvais oublier la grimace de souffrance qui l'avait déformé quand je lui avait lancé un Doloris. Le discours de Ron avait beau être pertinent, rien ne pourrait effacer la monstruosité que je lui avais fait subir et elle le devina en me voyant garder mes distances avec elle. Pendant que Ron , derrière elle, la prenait par la taille d'une façon protectrice et touchante, je me disais que moi qui avais tant voulu les voir enfin ensemble, j'avais failli ne pas assister à ça et que je ne me le serais jamais pardonné. Hermione me dit alors qu'elle ne pouvait prétendre que ce que je lui avais fait subir n'était rien, mais qu'elle avait bien plus souffert de mon absence et que c'était cela qu'elle avait du mal à oublier en me voyant, et non le sort que je lui avais lancé. Je la pris dans mes bras en lui demandant pardon et elle me répondit en m'embrassant sur la joue. C'est alors que Bill arriva et nous voyant ainsi enlacés, Hermione entre nous deux, lança un tonitruant « Décidément, future belle-sœur, il te les faut tous ! Dommage que je n'aie pas sous la main un appareil photo pour immortaliser un tel sandwich ! » Nous nous mimes à rire et rejoignirent les autres.

Cela faisait huit mois que je n'avais pas ri. Là aussi je me demandais si pendant ce temps je n'avais pas tout simplement oublié de vivre.

Harry,

Je suis « ravi » d'apprendre que la famille belette est réapparu dans ta vie. je pense en effet que cette bande de rouquins dégénérés te manquait plus que tu ne voulais bien te l'avouer. Ne me remercie pas pour ça, je ne t'ai jamais poussé à relier avec eux, juste à les revoir, au pire t'ai-je encouragé à faire ce que tu voulais faire. Une fois de plus…

Oui, je tiens toujours à ce que nous ne nous voyions pas,

Oui, je reste persuadé qu'au bout de cette période tu te rendras compte que tu as confondu plaisir et sentiments.

Mon oncle ne porte effectivement pas le nom de Malefoy, pour la bonne raison qu'il est de tradition, dans la famille, d'évincer purement et simplement les membres de celle ci qui auraient le mauvais goût de n'être pas parfaits. J'imagine déjà le rictus que tu dois faire en lisant ces mots.

Par parfait j'entend sans la moindre malformation.

Quand j'ai atteint l'âge de 15 ans, mon père m'a donné accès aux archives familiales, une tradition supplémentaire, mais il ne s'attendait pas à ce que je les consulte vraiment et ce que j'y ai trouvé était édifiant.

C'est ainsi que j'ai appris que l'image de la famille parfaite que nous donnions avait un prix plus élevé que je ne le pensais : j'aurais du avoir un frère.

Il est né avant moi mais il était handicapé ,un de ses bras étant atrophié. Peu de temps après, il est décédé sans qu'on prenne la peine de préciser comment. En consultant d'autres documents je me suis rendu compte que régulièrement certains enfants dont le nom apparaissait n'étaient plus jamais cité par la suite comme faisant partie de notre arbre généalogique. Et je finis par trouver l'explication de tout ceci.

A force de vouloir ne se reproduire qu'entre sangs purs il n'est pas rare que certaines familles dont la mienne se retrouvent avec un taux élevé de consanguinité, donc de plus en plus de risques de tares congénitales. Seulement la mienne, décidant qu'il était impensable que les Malefoy acceptent cette situation, a prit comme habitude de supprimer purement et simplement les membres qui ne seraient pas « présentables ».

C'est aussi en lisant ces archives que j'ai découvert que j'avais un oncle que mon père croisait régulièrement au Ministère mais dont il feignait d'ignorer l'existence.

Comme son handicap n'avait pas été découvert dès sa naissance, il vécu quelques temps parmi les siens, et quand sa surdité fut découverte, ma grand-mère réussi à persuader son mari de se contenter de l'abandonner : il se retrouva donc à l'orphelinat où une famille de sang mêlés vint l'adopter.

Quand j'ai découvert tout ceci, mes idées sur la supériorité des sangs purs en ont souffert…

J'ai appris la langue de signes pour ne pas perdre un temps fou à communiquer par écrit et mon oncle m'a aidé à récupérer mes biens que le Ministère voulait saisir. Biens dont je lui ai versé une partie puisque étant de mon sang il aurait du hériter également.

Même si je respecte encore mes aînés je ne peux m'empêcher d'être soulagé à l'idée de ne jamais contribuer à perpétuer le nom de Malefoy.

Je pense avoir répondu à toutes tes questions pour aujourd'hui, je vais donc te laisser.

Bonne fin de journée,

Drago Malefoy

Le ton neutre de ses lettres m'horripile, je me demande encore pourquoi j'attends toujours d'y trouver un quelconque encouragement, ne serait ce qu'un mot qui me dise que je n'ai pas tort de me contenter d'obéir aveuglement à ses instructions comme un gentil petit toutou. Cette situation me rend dingue. D'un autre côté, il répond à mes questions et je n'aurais jamais cru qu'il m'en dise autant, je lui ai fait du mal et pourtant il me donne de nouvelles armes pour le blesser, bien que je n'en ai aucune envie. Je comprends mieux pourquoi il m'a imposé de passer par l'écrit, je suppose qu'il aurait eu du mal , étant donné la fragilité de notre relation et mon talent pour agir comme il ne le faut pas face à lui, à me dire tout cela face à face. Il aurait sans doute eu peur de lire dans mon regard de la compassion qu'il aurait confondu avec de la pitié.

(1) Si vous vous posez la même question que Harry Potter, voilà la réponse : elle est au courant et sait que comment cela va se terminer pour la bonne raison que elle, c'est moi et par conséquent, étant l'auteur de cette histoire je sais qu'il va s'en sortir hé hé ! Cette histoire m'a tellement plu quand je l'ai écrite que je me suis amusée non seulement à m'y insérer en figurante (je suis réellement secrétaire, au chômage donc si l'un de vous recherche une assistante… mais je m'égare !!!) mais que j'y ai aussi mis, à différents endroits de cette histoire, mon nom de plume ainsi que mon vrai nom et prénom.