Chapitre 11 : Here I go (again)
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En colo à Poudlard … argh. Achevez-moi tout de suite. Je préfère une mort rapide plutôt qu'une lente agonie comme celle que je suis en train de subir. Remus explique le fonctionnement des maisons aux nouveaux.
Vivien et moi échangeons un regard chargé d'ennui. Je me mets à bâiller os-ten-si-ble-ment. Remus me jette un regard noir mais continue ses explications. Je veux mon lit. Sérieusement, puisqu'ils entraient à Poudlard, ils pouvaient au moins potasser l'Histoire de Poudlard. C'est la moindre des choses. Et à cette heure-ci, je serais déjà en train de pioncer. Ma vengeance sera terrible.
Enfin, le discours se termine, et il nous donne congé. Je me lève d'un bond et sort de la Grande Salle.
« Miss Potter ! »
Quoi encore ? C'est pas possible, ils ne peuvent pas se passer de moi ou quoi ? Je me retourne, agacée, prête à gueuler sur celui qui a osé intervenir. Remus arrive à grands pas.
« Je pense qu'une petite conversation dans mon bureau s'impose fait-il en me regardant droit dans les yeux. »
« On ne peut pas remettre ça à demain ? demandais-je, exaspérée. »
« Non. Maintenant. »
Il se dirige vers son bureau. Je soupire, et lui emboîte le pas. Au nom de Merlin, qu'est-ce qu'il se passe encore ? Pour une fois que je n'ai rien fait ...
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« Asseyez-vous Miss. »
J'obtempère. Je le regarde en haussant un sourcil, je sais qu'il déteste que je me foute de sa gueule – un prétexte de plus pour que je le fasse.
« Félicitations pour votre promotion professeur commentais-je d'une voix suave. »
Il fronce les sourcils. Gagné ! Je l'ai foutu en rogne. Ha, je suis trop forte.
« Laisse tomber le ton officiel Lily. »
« Lilian l'interrompais-je. Pour toi, ça a toujours été et ça restera Lilian. »
Je croise les bras.
« Alors, qu'est-ce que j'ai fait cette fois ? Attends, laisse-moi deviner … ensorceler le festin de début d'année ? Terroriser les premières années ? Martyriser les elfes de maison ? Insulter Pandora ? Insolence envers un professeur ? »
« Non. »
Il me tend un bout de parchemin. Suspicieuse, je le prends et le parcourt rapidement des yeux. Folle de rage, je me lève d'un bloc.
« Non mais pour qui il se prend ? S'il y a quelqu'un qui doit se faire soigner c'est lui, pas moi ! »
« Calme-toi. »
« NON ! »
La violence de ma réplique le fait sourciller.
« Je peux y aller ? demandais-je d'une voix tremblante de rage. »
« Lilian, tu … »
« Merci le coupais-je avant de me casser vite fait. »
Je jure que la première personne qui moufte va morfler. Qui que ce soit. Prions pour que je tombe sur Peeves.
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« Des QUOI ?? demande Vivien, estomaqué. »
« Des séances de psychanalyse répondais-je. »
« Et ça sert à … intervint Dan en haussant un sourcil, l'air franchement interrogateur. »
« Texto, mon cher père a décidé que j'avais besoin « d'aide que lui ne peut plus m'apporter ». Par conséquent, il a décidé de « faire appel à quelqu'un d'extérieur à notre querelle », un « spécialiste très compétent ». »
Vivien émet un sifflement admiratif.
« Maintenant, je sais de qui tu tiens ta dextérité à manier l'hypocrisie, l'euphémisme et ta capacité à éviter les corvées. Chapeau le papounet. »
Agacée, je lui lance un regard noir de chez noir. Il lève les mains en signe de reddition.
« J'ai rien dit, je retire. Mais tu avoueras que … »
« La seule chose que tu arriveras jamais à me faire avouer Malefoy, c'est que tu me gonfles particulièrement en ce moment répliquais-je avec acidité. »
Il émet un petit rire.
« Mais c'est que tu deviens agressive ma chère… Rappelle-moi de ne plus jamais t'adresser la parole quand tu es en pleine période de règles ok ? »
Je fronce les sourcils.
« Heureusement que je ne suis pas susceptible ajoute Vivien en plantant un baiser sur ma joue et en m'ébouriffant les cheveux. »
En représailles, je le frappe sur le bras.
« Je suis brimé pleurniche-t-il. »
« Pauvre chéri fis-je en roulant des yeux. Appelle le 119 si tu es si malheureux ! »
Il me regarde avec de grands yeux. Dan et moi éclatons de rire. Il croise les bras et boude.
Comme je le regarde avec un sourire moqueur en me foutant de sa gueule, il prend un coussin et me tape sur la tête. Je réplique aussitôt en l'assommant avec ledit coussin. Peu de temps après, le canapé sur lequel nous étions nonchalamment affalés se transforme en champ de bataille, où une guerre oppose Daniel et Vivien à la pauvre jeune fille sans défense que je suis. Enfin, sans défense …
« Hé ! s'offusque Vivien, t'as pas le droit d'utiliser la magie ! »
« Ah bon ? Tu l'avais pas dit ! rétorquais-je avec un sourire angélique avant de lui envoyer un coussin en pleine figure. »
« Euh … Entschuldigung ? »
Je me retourne. Une grande perche blonde me fait un sourire.
« Du bist la fille de Harrry Potterrr ? »
Je fronce les sourcils.
« Ouais. »
« Ach. C'est tout ce que je voulais savoirrr. Danke de m'avoirr rrépondu. »
Elle tourne les talons et va s'asseoir à une table.
Bon. Si elle veut, après tout. Dan et Vivien la fixent d'un air interloqué.
« Tu sais à qui tu viens d'adresser la parole ? demande Vivien. »
« Nan. Et je m'en fous comme de ma première panade rétorquais-je. »
« C'était Gudrun Müller. »
« Ah. Je suis sensée savoir qui c'est ? demandais-je en regardant le chat de Dan, Marmelade, se faire les griffes sur les fauteuils. »
« Plutôt oui. C'est la fille du PDG de Nimbus. »
Pourquoi, pourquoi, pourquoi, POURQUOI est-ce qu'on doit TOUJOURS en revenir au Quidditch ? Il y a d'autres sports dans la vie !! Le basket, le foot, le base-ball, le rugby, le tennis, le ping-pong, le squash, le football américain, la balle au prisonnier, le water-polo, le polo tout court, le lacrosse, pour ne citer que quelques uns des jeux de balles. Alors pourquoi le Quidditch ? Pourquoi TOUJOURS le Quidditch ? Il n'a strictement rien de plus que les autres sports !
Bref. Toujours est-il que.
« Elle a pas de bol. Gudrun, franchement … Les gens devraient réfléchir à deux fois avant de choisir un prénom pour leurs enfants déclarais-je. »
« Tu dis ça pour elle ou pour toi ? demande Dan avec un petit sourire en coin. »
« Depuis quand est-ce que j'ai arrêté ne serait-ce qu'une seconde de penser à moi ? rétorquais-je. »
« Touché, coulé commente calmement Vivien. Et Potter remporte une fois de plus le prix de la réplique la plus pertinente. »
Je hausse les épaules.
« Ça fera jamais que 148 fois d'affilée depuis janvier répondis-je en attrapant Marmelade par la peau du cou lorsqu'il menace mon jean Diesel tout neuf – dernier cadeau de ma part à moi-même. »
Je le fourre dans les bras de son propriétaire, qui me regarde avec un air narquois.
« Amy, je pense que Marmelade essayait de te témoigner son affection en se frottant contre ta jambe. »
« Que cette boule de poils reste loin de mon jean si elle veut rester en vie, et qu'elle me témoigne son affection à distance répliquais-je. »
« Marmelade ? répète Vivien, affligé. Dis-moi que c'est ta sœur qui a choisi ce nom. »
Lynne Lupin. 9 ans. 1m20. Adorable, une véritable boule d'énergie. Fan numéro un de son frère, qui l'adore et ne lui refuse rien. Je me fous toujours de lui quand il cède une fois de plus à un de ses caprices. Elle le mène par le bout du nez.
« Ouais. »
Vivien soupire de soulagement.
« Personnellement, si on m'avait laissé le choix, je l'aurais appelé Mistigri, mais bon, Lynne a été plus rapide que moi. »
« Merlin merci, ta sœur a été plus rapide dis-je, horrifiée. Mistigri ? C'est un croisé Kneazle pour l'amour du ciel, par un vulgaire chat de gouttière ! Vous, les mecs, vous n'avez aucune imagination. »
« On a déjà l'intelligence, la beauté, le charme, l'humour, on ne peut pas tout avoir réplique Vivien en s'étirant et en croisant ses mains derrière sa nuque. »
« Dommage qu'on ait oublié de vous distribuer la modestie ripostais-je violemment. »
Vivien ricane.
« J'adore quand tu montes sur tes grands chevaux, on dirait ta tante Hermione face au Ministre de la Magie. »
« Je prends pas vraiment ça comme un compliment maugréais-je. »
Sur cette phrase sibylline – pour eux – je vais me coucher.
On est si peu de filles qu'on est toutes dans le même dortoir. Je prends possession du lit près de la fenêtre. Les autres se présentent, une à une. Il y a Gudrun Müller, 16 ans, allemande ; Claire Spilzman, 15 ans, française ; Julia Rossini, 17 ans, italienne ; Cecilia Scarcelli, 17 ans, italienne ; Violet Garner, 13 ans, américaine et Natalia Troufimoff, 16 ans, ukrainienne.
Je grommelle vaguement mon prénom et mon âge, et Gudrun annonce fièrement :
« Die ist la fille de Harrrrry Potterrrr. »
Elles ouvrent des yeux ronds.
« Waouh souffle Violet. Ça doit être … super médiatisé … »
Ravie qu'elle n'ait pas sorti un truc du genre « ça doit être génial ! », je réponds :
« En effet. »
« Alors, fait Claire, tu es à Potdelard normalement n'est-ce pas ? Je veux dire, pour tes études ? »
« Mouais. »
« Tu dois peut-être connaître Chrystale, William et Audrey Weasley ? D'après leur mère, ils étudient ici. »
« Tu plaisantes ? m'exclamais-je
« Non. »
« Ce sont mes cousins ! D'où tu les connais ? »
« Ils étaient en vacances dans l'hôtel de mon père. »
Pour une coïncidence…
Les clans se forment automatiquement : Julia et Cecilia palabrent dans leur langue natale, Gudrun et Natalia tchatchent en allemand ? russe ? je sais pas en fait. Violet se met à discuter avec Claire. Ça me convient parfaitement et je vais me foutre au pieu.
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Je me suis réveillée à la bourre, comme d'habitude. Du coup, j'ai loupé le petit dèj – comme si ça pouvait me faire du mal de perdre les quelques kilos que Grand-Mère m'a obligée à ingurgiter lors des boustifailles dominicales – et j'ai rattrapé les Gryffondors au détour d'un corridor.
Pendant que je reprends mon souffle, Vivien me briefe rapidement sur la journée. On commence par « faire connaissance avec nos camarades ». En gros, deux heures à se faire chier dans une salle surchauffée. Après, on a Français – en fait, c'était une langue au choix, mais comme j'étais pas là, Vivien a choisi pour moi. Déjeuner. Activité – là encore, Vivien a choisi pour moi : je fais danses de salon. Le goûter expédié, Quidditch.
Celui qui réussira à me faire monter sur un balai n'est pas né – ou alors il mourra d'ici peu dans d'atroces souffrances. Claire se lance aussitôt dans un discours passionné sur la pop française actuelle lorsque Dan lui demande ce qu'elle écoute comme musique en France. Cette fille est un véritable moulin à paroles. In-su-ppor-table.
« Lilian, décrivez-vous en quelques mots suggère Hannah, qui anime le groupe. »
Mon sourire se fait machiavélique.
« Névrosée hystérique à tendances anorexiques énonçais-je calmement. »
Vivien explose de rire, Dan lève les yeux au ciel et Hannah soupire. J'aime faire chier les gens.
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Trop bien. Le prof m'a sacqué dès la seconde où il m'a aperçu. Rappelez-moi pourquoi je déteste la notoriété de mon père déjà ? Ah, oui, justement pour ce genre de traitement.
« My name is Lilian Potter. » Intéressant, n'est-ce pas ? C'est fou ce que je me fais chier, et on n'en est qu'au premier cours. Je me lance dans un match acharné de morpion avec Vivien, que je remporte de justesse après 23 manches.
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Le cours de danse était d'un ridicule absolu. J'avais une furieuse envie de me jeter par la fenêtre quand la prof a commencé à expliquer ce qu'était la valse.
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Je vais tuer Remus Lupin. Il n'a plus que quelques heures à vivre.
Après le cours de danse, je rebroussais gentiment chemin pour aller à la bibliothèque, histoire de me renseigner sur le programme de l'année prochaine et de m'avancer en Potions, parce que, évidemment, je suis une vraie tache – pas ma faute si le prof me hait profondément. Je prenais donc la direction de la bibli, quand il surgit au détour du couloir.
« Miss Potter, je vous ferais remarquer que le terrain de Quidditch est de l'autre côté. Pourtant, avec votre connaissance du château, vous devriez le savoir … »
Loin de me démonter, je répliquais.
« Voyez-vous professeur, il y a plusieurs choses dans la vie que je me suis toujours refusée à faire. Le Quidditch en fait partie, entre devenir Auror et appeler mes enfants du nom de mes parents. »
« Je ne pense pas qu'on vous ait demandé votre avis. »
« Je ne pense pas avoir demandé à venir ici. »
Il leva les yeux au ciel. Je reprenais.
« Vous n'allez quand même pas m'empêcher d'aller à la bibliothèque ? »
« Si, justement. »
Je le toisais.
« Vraiment ? Je demande à voir. Qu'allez-vous faire professeur ? Utiliser l'Imperium pour me faire monter sur un balai ? Vous savez que c'est terriblement illégal ? »
« Lily, tu arrêtes de me les casser et tu vas à ton cours de Quidditch ! s'énerva-t-il. »
« Lilian corrigeais-je d'un ton ferme. Et tu peux toujours rêver. Je ne monterais pas sur un de tes putain de balai. »
« Ne sois pas grossière. »
« C'est toi qui as commencé. »
Il soupira.
« C'est dommage, ton oncle et ta tante devaient venir demain pour te rendre visite. Je vais devoir les avertir qu'en raison de ton indiscipline, tu es privée de visites. »
Je serrais les dents.
« Tu ne pourras jamais empêcher un Weasley d'entrer dans le château. Alors penses-tu, Fred et Jessica… »
Il fronça les sourcils.
« Retenue, ce soir, 8h. T'es collée pour la semaine. »
Je haussais les épaules.
« Comme si c'était exceptionnel. »
« Et, bien sûr, tes parents seront mis au courant. »
« La procédure habituelle. »
Je feignis de m'enthousiasmer.
« Génial, la 451e Beuglante de ma scolarité ! »
En rentrant dans mon dortoir, j'ai découvert que ma malle avait été fouillée. Par des pros. Tous mes Feuxfous Fuseboum, mes Marais Portatifs, mes Bombabouses et autres ont été confisqués. Mes fringues ont été remplacées par des uniformes.
« Um Gottes willen ! souffla Gudrun en entrant dans le dortoir. »
Je contemplais le massacre, impuissante. Et ma rage refit surface. Ah il veut jouer à ça ? Très bien. Il va en avoir pour son argent. On n'offense pas Lilian Ginevra Samantha Potter sans en subir les conséquences.
Il est temps de sortir la Carte et la Cape du placard. Je reprends du service. Et croyez-moi, ils vont s'en prendre plein la gueule.
