Le lieutenant Hawkeye déposa bruyamment une énorme pile de dossier sur le bureau du plus faignant des colonels. Le colonel en question sursauta, il adressa un grand sourire à sa subordonnée pour montrer qu'il était en plein travail, mais la page du dossier sur lequel il s'était endormi s'était décalquée sur sa joue, ce qui il faut dire lui faisait perdre toute crédibilité.

Son lieutenant rejoignit son bureau exaspérée en murmurant quelque chose qui ressemblait à « ah les hommes… ». Comme il était de bonne humeur et aussi pour impressionner sa subordonnée il prit le premier dossier et se mit à l'ouvrage. Son zèle fut de courte durée. Alors que son regard survolait la dernière page du rapport il remarqua qu'un carré rose fluo avait été ajouté au dossier. Détachant avec soin le post-it il lut : Colonel, il est précisément 8h46, je viens de poser la pile sur votre bureau. Félicitation vous en êtes à la dernière page du premier des 457 dossiers en retard, et si mes estimations sont exactes il ne doit pas être loin de onze heures. Je vous conseil vivement de vous mettre AU TRAVAIL !

Le colonel regarda sa montre 10h57.

Quelques instants plus tard, le dossier corrigé par le colonel finissait sur le bureau d'une jolie jeune femme blonde cependant aussi dangereuse qu'un homonculus quand elle était accompagnée de son pistolet, c'est-à-dire tout le temps. Sur le dossier était attaché la note suivante :

Vous me décevez lieutenant, il est onze heures moins trois. J'exige une compensation pour vos calomnies !

PS : Je passe vous prendre à huit heures pour le resto.

Une tornade blonde passa dans le bureau et lâcha devant l'alchimiste d'état, le même dossier accompagné d'une dizaine d'autres ! Le colonel survola en vitesse le dossier pour découvrir un post it identiques aux précédents. Il en trouva un finalement.

Colonel… blablabla… Oubli de signature page cinq… feignant… Fautes d'orthographe…. inadmissibles… page trois… Puis en post scriptum : Colonel, vous qui briguez le post de généralissime pouvez vous me rappeler la règle numéro deux ?

Le colonel relu une dernière fois le dossier pour éviter tout regrettable oubli de signature qui lui aurait valu quelques trous dans le crâne, puis passa à sa chère collègue le dossier enfin terminé avec le mot suivant :

La règle numéro deux ? Celle juste après le généralissime a toujours raison ? Il me semble que c'est si le généralissime a tord se référer à la règle numéro un.

Le colonel patienta. Mais ne voyant rien venir, il compléta une pile de dossier pour avoir une bonne excuse de revoir son lieutenant adoré. Presque aussitôt qu'il eut refermé le dernier dossier, sa subordonnée jusque là introuvable vint reprendre la pile de dossier et déposa sur le bureau un nouveau rapport auquel elle avait joint quelques mots au crayon de papier.

L'autre règle numéro 2 !

Le colonel se creusa la tête. Au cours des minutes qui suivirent, le lieutenant reçu une dizaine de rapports bâclés auxquels étaient ajoutés des notes incompréhensibles pour une personne qui l'eut interceptée.

- Interdiction de voler le croissant d'un autre militaire ?

- éviter en toutes circonstances le commandant Armstrong ?

- Ne jamais allumer une cigarette devant Havoc depuis que son médecin lui a interdit de fumer pour sauver ce qu'il reste de ses poumons ?

- Placer le plus de fois le mot petit devant Edward ?

- Ne jamais toucher à votre fauteuil ?

- Respecter le sommeil des autres ?

Il ne reçu comme réponse qu'une pile de dossier supplémentaire à chaque fois et à l'occasion toujours le même mot : TRAVAILLEZ !

N'obtenant aucune réponse le colonel froissa un morceau de papier et l'envoya sur la tête de son lieutenant. Surprise, elle lui adressa un regard noir, puis déroula le message :

Je vous en prie, dites le moi sinon je ne pourrais jamais me remettre au travail. C'est déjà assez dur de travailler devant une aussi jolie jeune femme que vous sans pouvoir l'approcher !

Le colonel fut persuadé de la voir rougir. En tout cas, dans les instants qui suivirent, un dossier arriva sur son bureau avec les mots :

Règle numéro deux : Aucune relation intime n'est permise entre les membres d'une même équipe pendant les heures de bureau !

Très rapidement s'en suivi un échange de dossier :

Justement, c'est après le bureau que je vous invite.

Vous êtes désespérant.

Vous connaissez le restaurant La dumelière ? J'avais l'habitude d'y emmener mes con… Mes connaissances…

Comment pouvez vous me comparez à vos conquêtes ?

Je n'ai jamais fait ça !

Attention mon magnum est détecté à un radar à mauvaise foi !

Dans ce cas, je vous compare ! Vous êtes nettement la plus jolie de toutes celles que j'ai pu courtiser jusqu'à présent !

Courtiser ! Elle tombait comme des mouches !

C'est vrai, vous êtes mon premier vrai défi.

Ça fait toujours plaisir. Je vous conseil d'arrêter maintenant sinon je ne répond plus de mes actes !

Et vous feriez pleurez la moitié de la population féminine de Centrale ?

La moitié ? Votre ego atteint des limites jamais atteintes.

Vous me pleureriez aussi j'en suis sur !

Non

Si

Non

Ha !

Quoi Ha ?

J'ai gagné !

Je vous demande pardon ?

Excuses acceptés !

Colonel je vous rappel que j'ai toujours mon révolver !

Depuis cinq messages vous me renvoyez le même dossier ! J'ai réussi pour la première fois, le lieutenant Hawkeye a pensé à autre chose qu'à son travail !

Elle fut sûrement blessée puisque aucun mot ne suivi, contrairement à la pile de dossier qui ne cessait d'arriver.

Et puis finalement, Roy posa un dernier dossier devant sa subordonnée et dit :

« Je vais manger. Tu viens ? »

Elle ne répondit pas. Elle se leva et prit sa veste sans que rien ne laisse à penser qu'elle l'avait entendu.

« Tu m'en veux ?

-Oui ! »

Le colonel sourit doucement et attrapa le poignet de son lieutenant. Elle le regarda avec un drôle de regard.

« Pardon je regrette.

- C'est faux.

- Tu me connais trop. »

Puis dans un sourire il colla ses lèvres à celle de sa subordonnée. Celle-ci résista quelques instants, pour la forme, avant de se laisser aller et d'approfondir le baiser. Puis à bout de souffle ils se détachèrent.

« Je crois que si tu n'embrassais pas aussi bien il y a longtemps qu'on ne serait plus ensemble Roy !

- Dis plutôt que tu es incapable de résister à mon charme légendaire !

- Embrasse moi au lieu de t'envoyer des fleurs !

- A vos ordres lieutenants !

Et voila ! Et un OS de plus ! C'est le deuxième en peu de temps ! Je suis fière de moi ! Etrangement j'ai de plus en plus de travail et je passe de plus en plus de temps sur l'ordi… Logique non ?

J'en profite pour remercier ceux qui m'ont laissé des reviews, qui me font très plaisir. En particulier à Whyle dont les commentaires me font toujours très plaisir.

A bientôt !