Je voudrais remercier ce qui se sont donné la peine d'écrire des reviews, elles me font vraiment plaisir ! Sur ce la suite, et après cette suite, y aura une autre suite et ainsi de suite. Ahah. Hum...
South Park appartiendra toujours à Trey Parker et à Matt Stone. Le copyright, c'est un truc sérieux.
En espérant ne pas me faire punir
Résumé des précédents chapitres : Butters aimerait que sa vie change. Il a l'air démoralisé et Kenny souhaite le réconforter. Il se rapproche de lui dans le bus, puis en classe jusqu'à le convaincre de le suivre après les cours. Il l'emmène dans un bar et après plusieurs verres, Kenny l'emmène chez lui. Une fois dans sa chambre, les choses deviennent physiques. Les deux garçons finissent par coucher ensemble. Butters se sent enfin heureux du fait de l'attention que lui accorde Kenny. Le lendemain matin, ils se réveillent l'un contre l'autre. Aucun des deux ne regrette leur nuit, mais lorsque que Kenny dit à Butters qu'il n'était qu' "coup comme ça", Butters rentre chez lui, déçu. Il se fait finalement punir pour trois semaines et, une fois la punition levée, il décide de prendre l'air. Il se fait tard et il reprend la direction de sa maison. En passant devant celle des McCormick, il surprend Kenny, sortant de chez lui, en larmes. Butters reprend alors sa route, mais le regrette aussitôt et retourne voir Kenny. Il s'assied près de lui. Celui-ci lui explique ce qui ne va pas et lui demande s'il peut serrer Butters dans ses bras.
Chapitre 11 : Libéré
Kenny sent l'alcool et la cigarette, l'odeur naturelle de sa maison, à mon avis. Il me tient dans ses bras, parce que je lui ai dit qu'il pouvait le faire. Comment aurais-je pu dire non ? Il a besoin d'un soutien, je suis là, et je l'aime, même s'il ne le sait pas.
Je viens de faire un sacré pas en arrière en ce qui concerne ma résolution : tourner la page. Je suis blottit contre lui et on pourrait croire que c'est lui qui essaie de me réconforter. C'est vrai dans un sens, en ce moment, mais on peut dire que cette espèce de câlin est tout le contraire d'un réconfort. Le fait d'être contre lui fait battre mon cœur plus fort que lorsque je suis terrorisé ou à bout de souffle. Je suis là où j'ai envie d'être, là où j'ai envie de rester toute ma vie. Pourtant je sais que ce moment est éphémère et que demain tout redeviendra comme avant, il m'ignorera et continuera de sauter toutes ces stupides nanas et tous ces stupides gars. La logique voudrait que je profite du moment présent, que je savoure ce confort, cette odeur désagréable déposée sur ses vêtement et que j'aime quand même, car c'est la sienne. Que je savoure ce moment qu'il m'accorde – ou plutôt que je lui accorde – et même cet espoir idyllique qui envahit chaque personne lorsqu'elle est contre l'être aimé. J'aimerais bien la jouer comme ça, Carpe Diem, mais je n'y arrive pas, à chaque fois que je me dis que tout va bien, que j'ai de quoi être heureux dans la situation où je suis, mon cerveau pessimiste vient me rappeler à l'ordre pour me dire que tout n'est qu'illusion, que le bonheur n'est pas encore là, qu'il ne suffit pas d'y croire. C'est parfois dur de revenir à la réalité, alors en ce moment, j'évite de trop rêver.
« Butters… Merci. Merci d'être là. » Je sais qu'il est sincère, cette fois ci, mais ces mots signifient tellement peu.
« De rien… Je devine que tu en as besoin, ça me fait plaisir. » Si je voulais rêver, là, maintenant, j'imaginerais Kenny me dire qu'il m'aime et qu'il veut passer sa vie à mes côtés. Là, il m'emmènerait loin, loin de cette ville que je hais, loin de tous ces gens qui me fuient, ces gens qui me jugent, qui me blessent et me regardent d'en haut. On vivrait heureux, il arrêterait la débauche et se consacrerait à moi. On irait se marier dans le Massachusetts et on passerait toute notre vie ensemble.
Je remarque qu'imaginer qu'on rêve, c'est rêver aussi. Je soupire face à ma stupidité, des fois je m'étonne moi même.
« Et toi Butters, ça va mieux ? » Voilà le retour à la réalité, il n'est pas en train de me dire qu'il m'aime et nous sommes encore moins dans le Massachusetts.
« D-De quoi ? »
« Ta peine de cœur Butters, à ton avis, quoi d'autre ? » Parfois, il ferait mieux de se taire, je n'ai pas envie de parler de ça, surtout pas avec lui.
« Ah… » Je détourne le regard tandis que je suis toujours blottit dans ses bras.
« Ça ne va pas ? » S'il savait…
« C'est juste que… je n'arrive pas à passer à autre chose. » Maintenant, tant qu'il ne m'emmène pas dans ce foutu bar, tout va bien.
« Ah… Dommage… Enfin, euh, tu vois… Il faut que tu arrives à penser à quelque chose d'autre ou même à quelqu'un d'autre maintenant. C'est qui ce mec ? » Voilà LA question que je voulais absolument éviter. En aucun cas je ne peux lui dire, je peux juste me taire.
« Si tu veux le savoir tu peux toujours courir. » Il ferme les yeux et sourit, il pouffe légèrement et recommence à parler.
« Si tu me le disais, je pourrais surement t'ai- »
« Non. Je… Je ne veux pas que tu m'aides. » Je me détache de lui pour lui parler face à face.
« La dernière fois que tu as essayé de m'aider, ça m'a détruit un peu plus plutôt qu'autre chose. »
« Tu m'as dit que tu ne regrettais pas ! »
« Ça c'était avant que je rende compte que c'était vraiment une erreur. J'ai compris juste après que… »
« Que quoi ? » Il s'est levé, il est en colère, je le sens dans sa voix. A quoi bon le ménager maintenant.
« Que tu t'étais juste servi de moi… pour… pour tirer un coup ou je ne sais quoi, tu te fiches de ce que je peux ressentir au fond, la seule chose qui t'intéressais à ce moment, c'était mon cul, tout ce que tu voulais c'était m'utiliser, pour après me jeter et me laisser me morfondre comme je le faisais si bien avant ton passage. Sauf que maintenant c'est pire, j'aurais vraiment aimé que tu me laisses te céder la place dans le bus ou que tu arrives en retard en cours comme toujours. Je n'aurais jamais dû te suivre dans ce bar ni même montrer ma carte d'identité à cette serveuse. » C'est sorti, au moins une chose que j'avais sur le cœur est sortie, Dieu sait comme ça fait du bien.
« C'est ça que tu penses ? » Sa réponse me glace déjà le sang, je m'attends au pire.
« Tu penses que j'ai couché avec toi juste parce que j'avais envie de baiser ? Peut-être bien que oui Butters, tu regrettes ? Et bien pas moi, c'était franchement un des meilleurs coups que j'ai pu tirer et jamais je pourrais l'oublier. Si tu penses avoir fait une erreur, ça ne tient qu'à toi, si t'es malheureux à la base c'est pas ma faute non plus. Sache qu'au moins, quand j't'ai proposé de te remonter le moral, l'intention y était. »
« C'est faux Kenny ! Je suis sûr que tu avais tout prévu depuis le début ! »
« Genre je me serais donné tant de mal pour tirer un coup ? Mais écoute Butters, des dizaines de nanas et même quelques mecs me mangent dans la main, tirer un coup y a rien de plus facile, avec toi ou un autre, s'envoyer un l'air c'est s'envoyer en l'air ! »
« Alors pourquoi ? »
« Parce que c'est comme ça ! Maintenant, tu peux t'en aller, j'ai plus vraiment envie de te voir. » Un silence suit sa dernière phrase. Je décide de le briser.
« Tu vas rester là combien de temps ? » L'atmosphère se détend. Je m'inquiète pour lui, malgré tout.
« Ça dépend, parfois ça dure jusque quatre du matin, peut-être que dans dix minutes c'est fini. » Voilà pourquoi certains jours, il a une tête horrible. Il passe parfois plus de la moitié de sa nuit à subir les hurlements de ses parents.
« Je… Au revoir Kenny. » Il ne me répond pas, j'entends son dos glisser sur la porte d'entrée jusqu'à ce qu'il finisse assis sur le perron.
Butters, et dire que t'aurais pu rester tranquillement dans ses bras, mais bon, c'est pas le pays des bisounours non plus. Allez allez, prochain chapitre bientôt !
