Heya minna ! Nouveau chapitre !
Je sais, ça fait longtemps, mais bon, ces derniers temps j'ai affaire à pas mal de trucs chronophages et une fois fini, j'ai pas forcément la motivation d'écrire ^^'
Enfin bref, un grand merci à Oriane Wyllt pour ses corrections toujours au poil !
Et merci à Leda Az et Sehri pour le follow !
Sur ce, je ne vous embête pas plus longtemps et vous souhaite une bonne lecture :)
La fin du mois de janvier approchait.
Law patientait, assis sur une chaise dans une salle d'attente. À force d'insister, il avait enfin réussi à convaincre Tami d'aller voir un médecin pour son état. Elle était dans la salle de consultation depuis bien vingt minutes et sa patience commençait lentement à se consumer.
Quand enfin la porte s'ouvrit sur la jeune femme et le médecin, il se leva et s'approcha d'elle.
- Alors ? demanda-t-il d'un ton neutre.
- Elle fait une dépression, annonça le toubib avec un air peiné sur le visage. Je vous suggère de la faire sortir pour qu'elle puisse se changer les idées.
- Je n'y manquerai pas. Autre chose ?
- Je vous ai fait une ordonnance avec de quoi calmer les choses, si besoin.
Le jeune homme remercia le doc, avant de prendre sa copine par la main pour quitter le cabinet après avoir réglé la note. Jetant un œil à la liste de médicaments, il claqua la langue avec agacement.
- Que des saloperies qui assomment…
Il rangea le papier dans sa poche, prenant place derrière le volant tandis que Tami prenait place sur le siège passager, peu fière.
- Eh, l'interpela-t-il. Ça va aller, bébé, je vais pas te laisser tomber.
Elle afficha un bref sourire au goût amer. Il prit sa main dans la sienne, la serrant brièvement avant de démarrer le moteur.
- Doflamingo va encore te dire que je suis une gêne, si tu t'occupes de ça au lieu de ton boulot, pointa-t-elle d'une petite voix.
- J'emmerde Doflamingo, fit-il sans la moindre émotion.
- Law ?
- Quoi ?
Tami attendit quelques secondes avant d'exprimer le fond de sa pensée.
- Je voudrais qu'on parte.
- On va partir, Tami.
- J'espère que ça arrivera bientôt, alors… J'ai l'impression que tout sera foutu si on traîne trop.
Il lui jeta un rapide coup d'oeil, et voyant la façon dont elle tordait ses doigts, il comprit rapidement que sa dépression ajoutait une certaine paranoïa. Elle était sur le point de perdre sa seule famille, normal qu'elle craigne de le perdre également.
« Tu voudrais pas crever tout de suite, espèce de parasite... » grogna-t-il mentalement à l'intention de cet imbécile qui lui servait de frangin.
Fin janvier. L'anniversaire de Tami était pour le lendemain, dans deux jours, ça ferait un an qu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois. Le temps était passé très vite, il était arrivé beaucoup de choses.
Quand il rentra de son boulot ce soir là, un sourire presque imperceptible jouait sur ses lèvres.
- Tami ? fit-il en voyant que la jeune femme était toujours debout à cette heure-ci. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Elle leva ses yeux vers lui, et il put y voir quelque chose qui le rassura immédiatement. Une petite lueur de vie qu'il n'avait pas vu depuis longtemps dans ses yeux violets. La demoiselle se leva, s'approcha de lui et le prit dans ses bras.
- Il est mort, dit-elle d'une voix calme et avec un soulagement qui le surprit.
- … Je suis désolé. La voiture est prête et j'ai l'argent. Demain je préviendrai Rosinante et mes hommes, puis je dirai à Doflamingo que nous serons dehors toute la nuit pour ton anniversaire. On partira.
- D'accord… souffla-t-elle. De toute façon, je veux pas assister à l'enterrement.
- Je pensais que tu voudrais le faire, au contraire, s'étonna-t-il encore.
- J'en ai vu assez… j'en ai marre, j'arrête les frais.
Elle ne bougea pas de là où elle était, respirant calmement. En la regardant comme ça, le jeune homme se dit qu'il avait l'impression d'une libération, pour elle. Avoir été enchaînée à son frère malade pour finalement le voir mourir était sans doute plus douloureux que la mort du gars en elle-même.
- Ah vraiment ? fit Doflamingo quand il annonça son absence jusqu'au lendemain. Et pourquoi ça ?
- Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Tami, répondit calmement le jeune homme. J'ai pensé que sortir nous ferait du bien à tous les deux.
- Et ton travail ?
- Sachi et Penguin s'en chargeront à ma place, je leur ai donné toutes les instructions, ils sauront me remplacer sans problèmes.
La parrain se pencha vers l'avant. De derrière ses lunettes, impossible de dire ce qu'il pensait, mais il aurait juré qu'il avait fermé les yeux, plongé dans une profonde réflexion.
- Très bien, finit-il par dire. Je vous accorde cette nuit. Mais n'oublie pas que tu prends ma place dans moins d'une semaine, ce n'est pas le moment de te relâcher.
- Je le sais, père, assura Law.
- Tu peux te retirer, j'ai encore une chose à finir en attendant.
- Bien.
Il ressortit du bureau de son père adoptif, satisfait de son mensonge. Bien sûr, il ne pouvait pas nier que de berner celui qui s'était plus ou moins occupé de lui pendant toutes ces années et qui le voyait comme son héritier, ça ne lui faisait pas rien… Mais la perspective d'une vie loin de toutes ces magouilles, avec Tami et peut-être son oncle était bien plus attirante.
Sachi et Penguin étaient aussi au courant de toute l'affaire, il avait pris soin de tout leur expliquer, alors pendant la nuit, au lieu de le remplacer dans son boulot, ils prendraient l'avion pour partir à l'étranger, afin que la Family ne leur tombe pas dessus.
- Tout est prêt ? demanda Rosinante quand le jeune homme revint dans ses appartements en fin d'après-midi.
- Tout est prêt, confirma-t-il. Où est Tami ?
- Je l'ai envoyée sous la douche.
- Parfait.
Il se pencha à l'oreille de son oncle pour lui annoncer ce qu'il avait prévu, chose qui surprit grandement le blond, avant qu'il n'affiche un énorme sourire.
- Ok, ça marche, fit-il joyeusement. Passez une bonne soirée, je vous servirai de chauffeur.
- Occupe-toi juste des billets, on te rejoindra.
Quand la jeune femme, dans sa jolie petite robe noire, vit le jeune homme en costume sortir à son tour de la salle de bain, ses joues semblèrent prendre feu.
- Comment tu me trouves ? demanda-t-il avec un sourire.
- … Wow… souffla-t-elle.
Il eut un sourire amusé et s'approcha d'elle pour l'embrasser chastement.
- Cette soirée est assez spéciale pour nous deux, j'ai décidé de mettre le paquet, fit-il en lui prenant la main. Allons-y.
Elle hocha la tête avec un vrai sourire, chose qui lui avait manqué pendant sa phase de dépression. Ce n'était pas encore tout à fait partie, mais une énorme part de son stress semblait déjà s'être envolée. Il montèrent dans la voiture de luxe qu'il avait fait préparer, Rosinante se chargerait un peu plus tard de conduire celle qui avait leurs affaires pour le départ, bien plus discrète.
Il mit le moteur en marche et ferma les yeux quelques secondes, le temps de se faire à l'idée que c'était la dernière fois qu'il mettait les pieds dans ce qui avait été sa maison pendant onze longues années.
Le point de non retour, comme on dit.
Enfin, il fit sortir le véhicule du garage et s'éloigna du domaine de la Family.
- Attends… C'était pas juste une couverture ? s'étonna la demoiselle quand il s'arrêta devant le restaurant où les attendait une table.
- Joyeux anniversaire, bébé, sourit-il.
- Mais… t'es sûr que c'est pas risqué ? demanda-t-elle avec une légère agitation.
- Non, t'en fais pas, on mange juste ici pendant que mon oncle prend les billets d'avion.
Voyant son air un peu inquiet, il reprit son sérieux et leva une main pour empaumer son visage.
- Eh, c'est juste une soirée, c'était déjà prévu par Doffy, on ne risque rien jusqu'à demain, assura-t-il.
Elle le regarda quelques secondes, puis finit par afficher un sourire timide, hochant légèrement la tête.
Tami se laissa retomber sur le matelas, un peu essoufflée par leurs ébats. Leurs beaux vêtements étaient maintenant étalés un peu partout sur le sol de leur chambre d'hôtel et ses cheveux ne ressemblaient plus à rien, mais elle se sentait bien.
Elle vint se lover contre son amant, restant de longues minutes dans ses bras alors que leur souffle se calmait peu à peu.
Le téléphone du jeune homme se manifesta et avec un grognement de mécontentement, il se releva et alla chercher son pantalon pour en sortir le portable, regardant le message qu'il venait de recevoir.
- Doffy ? s'inquiéta la jeune femme.
- Nan, notre avion part à 5h34 du matin.
- … Il est quelle heure ?
- Près de 23h. On a encore un peu de temps, fit-il avec un air joueur.
Mais Tami ne riait pas.
- C'est tentant, avoua-t-elle avec un sourire désolé. Mais je préfère qu'on ne prenne pas de risque, on ferait mieux de partir.
- D'accord, d'accord, accorda Law avec une moue déçue.
- Désolée… On fera des câlins plus tard ? proposa-t-elle ensuite.
Le sourire amusé de son amant lui dit qu'il se consolait bien vite de sa déception alors qu'il enfilait son pantalon. Elle même s'en alla en quête de ses propres habits histoire de pouvoir être sortable, mais au moment de se diriger vers la porte, il la retint, lui attrapant doucement le poignet.
- Attends, il y avait quelque chose que je voulais faire avant de partir, fit le jeune homme.
Sans la lâcher, son autre main dans le dos, il mit un genou à terre.
- Tu sais déjà ce que j'ai l'intention de te demander, sourit-il en voyant les yeux de sa compagne s'écarquiller.
- Oui… répondit-elle avec une drôle de voix, la gorge nouée.
- Tami… Est-ce que tu veux bien de moi jusqu'à la toute fin ?
Il sortit l'écrin de derrière son dos, montrant un simple anneau d'or qui brillait dans la semi-obscurité de leur chambre d'hôtel. La jeune femme commença à verser des larmes silencieuse qu'elle tenta d'arrêter en s'essuyant avec sa main.
- Law… Je t'aime de tout mon cœur… souffla-t-elle. Mais je ne peux pas…
Sous le choc du refus, elle put dégager sa main de la sienne et recula pour se retrouver contre la porte, fouillant dans son sac pour lui tendre une lettre.
- Il y a des agents à la porte, fuis par la fenêtre, souffla-t-elle d'une voix bien plus basse. Je les entends.
- Quoi ?
- Fuis. Je t'en prie, Law, sinon ils vont t'arrêter, ou pire…
- Mais… fit-il, perdu. Mais toi ? Tami ?
Le visage de la demoiselle se tordit de souffrance, elle ne put supporter son regard.
- Je suis l'une des leurs.
Law perdit toutes ses couleurs.
- Quoi ? répéta-t-il.
- Tout est expliqué dans ma lettre, lui dit-elle. Maintenant, vas-t'en, tout de suite.
- Mais c'est-…
- Allez !
Complètement perdu, venant de voir son monde s'effondrer, le jeune homme finit par obéir, se dirigeant vers la fenêtre qu'il ouvrit en grand, avant de dé-escalader la façade du bâtiment, agissant tel un automate pendant que son esprit tentait encore de digérer l'information.
Tami, une agent infiltrée…
Il finit par toucher terre et se rua en direction de sa voiture, mettant en marche le moteur et roulant plein gaz jusqu'au seul lieu à sa connaissance où il serait en sécurité. C'était là où Rosinante devait les rencontrer avant qu'ils ne prennent l'avion…
- Putain… souffla-t-il d'une voix tremblante.
L'adrénaline mélangé au sentiment de trahison donnait un cocktail au goût amer.
- Putain de merde ! rugit-il en frappant le volant avec son poing.
Il prit à la corde le virage qu'il avait failli manquer et arrêta le moteur une fois arrivé à destination. Son cœur lui faisait mal. Sa fierté lui faisait mal.
Il se sentait trahi, dépouillé de tout.
Doflamingo l'avait prévenu… Et il avait été naïf. Tami l'avait bien eu, avec son cinéma…
- ET MERDE !
Il sortit de la voiture, laissant là les clés pour que quelqu'un puisse la prendre, comme il l'avait prévu dans son plan afin de brouiller leur piste. Leur planque n'était qu'à deux pas, et il s'y rendit rapidement, bouillonnant d'une rage contenue. Fort heureusement pour Rosinante, il n'était pas encore là, et put donc échapper à l'ouragan qu'était Trafalgar Law, lequel se mit à se défouler sur le mobilier, pulvérisant tout ce qui passait à sa portée.
Pendant de longues minutes qui passèrent en un éclair dans son esprit, il s'acharna à tout détruire, avant de rester pantelant. Il se redressa, reprenant une façade froide tout en plongeant la main dans sa poche, prêt à en sortir son flingue.
Le contact du papier le surprit un peu.
Il sortit de sa poche la lettre un peu froissée qu'elle lui avait donné.
« Je t'aime de tout mon cœur », lui avait-elle dit.
Menteuse.
Le jeune homme voulut la déchirer, la réduire en confettis et tout brûler. Mais il ne put pas. Ses mains ne lui obéissaient plus. Après quelques tentatives, il poussa un soupir et ses bras retombèrent le long de son corps.
Faible. Il était faible. Alors il déchira l'enveloppe et déplia la lettre qu'elle contenait, commençant à la lire.
« Law,
La première chose que j'aimerais te dire, c'est que je suis profondément désolée. Si tu es en train de lire, c'est que je n'ai pas réussi à empêcher les choses de mal tourner.
Je te dois la vérité, alors la voici :
Mon prénom est bel et bien Tamashii, c'est quelqu'un que nous connaissons tous les deux qui me l'a donné. Mais c'est tout que ce j'ai, qui se rapporte de près ou de loin à une identité. Je n'ai jamais eu de vraie famille, j'ai été vendue à la naissance à une cellule particulière des forces spéciales.
Toute ma vie j'ai été entraînée pour me battre et m'infiltrer, pour finalement mettre tout ça en pratique depuis mes 15 ans. L'année dernière commençait ma troisième mission : démanteler la Family et m'assurer que l'agent qui s'y trouvait déjà reste en vie. On m'a donné pour instruction de t'utiliser pour me faire entrer dans la Family. De gagner ta confiance d'une façon ou d'une autre.
Kurei est bien vivant, il n'est pas mon frère et ses jours n'ont jamais été en danger. C'était la couverture qui nous servait pour que je lui fasse mon rapport chaque semaine, qu'il transmettait ensuite au QG. C'est juste mon aîné, celui avec lequel on me met en équipe. Si tu te poses la question, non, je ne l'aime pas, bien qu'il passe son temps à me faire des avances.
Au début, je me suis contentée de jouer mon rôle, essayer d'avoir ton attention pour pouvoir t'approcher. Mais je t'ai vu te démener pour offrir une chance à la pauvre fille que j'étais, j'ai commencé à avoir des doutes. Tu n'étais pas comme ils le prétendaient dans mon briefing. Quand tu m'as parlé de l'accident avec Tashigi, j'ai vraiment commencé à regretter de faire ce boulot. À l'origine, je m'étais portée volontaire pour m'assurer que notre infiltré aille bien. La seule personne de qui je me sentais proche.
Je n'ai pas osé lui en parler. J'avais peur de sa réaction, mais aussi du fait qu'il puisse me surveiller. Alors je continuais de faire mon boulot en silence. Il me donnait des infos, des plans du manoir, et je refilais tout ça à Kurei quand je lui rendais visite.
Il y a deux mois, j'ai tenté de lui dire que je ne voulais plus, la première fois que je t'ai demandé de rester hors de la chambre à l'hôpital. Il m'a dit qu'il réfléchirait à te laisser partir si j'acceptais ses avances. Je n'ai pas couché avec lui.
Non, ça c'était hors de question, j'étais déjà en train de trahir ta confiance.
Mais j'ai accepté sa proposition parce que je voulais te protéger. Je suis idiote, et je me sens sale, et au final, ça n'a servi à rien. Je suis vraiment, vraiment désolée.
Mais Law, chaque fois que je t'ai raconté quelque chose de personnel, j'étais sincère. Que ce soit mon comportement violent quand j'étais petite, ou n'importe quoi d'autre que je t'ai raconté. Je ne t'ai pas menti, la Tami que tu connais, c'est la vraie, même si je t'ai caché mes origines.
Tu peux m'en vouloir toute ta vie, tu peux vouloir ma mort, même, mais quoi qu'il arrive, je suis heureuse de t'avoir rencontrée. Grâce à toi, j'ai connu l'amour, la joie, le bonheur de juste passer du temps avec quelqu'un qu'on aime. J'ai même pu rêver d'un avenir, d'une vie à tes côtés, et pour tout ça, merci. Merci infiniment.
Pardonne-moi de ne pas pouvoir partir avec toi. Si tu lis cette lettre, il y a de fortes chances que je me sois faite arrêter pour trahison.
Si c'est le cas, il ne me reste pas longtemps à vivre.
Je serai exécutée très bientôt.
Adieu Law, je t'aime.
-Tami. »
