Le crépuscule infini de l'humanité
le temps des loups

XXII – Un fou furieux


"Que dit ta conscience ? Tu dois devenir l'homme que tu es." Nietzsche


Personnages du chapitre

L'équipage de l'Ombre de la mort

Harlock : Capitaine de 'L'ombre de la mort', symbole de la résistance à Prométhium
Général Warius Zéro : Chef de la résistance galactique, à bord de 'L'ombre de la mort'
Capitaine de vaisseau Marina Oki : Ex-Commandant du vaisseau Karyu,
à bord de 'L'ombre de la mort'
Mimee : Jurassienne qui suit aveuglément Harlock

Autres personnages

La fourmi : Un rescapé de la première guerre de l'Union Terrestre. Crack informatique.
Sénateur Antonov : Conseiller attitré de la Présidente de l'Union Terrestre. En fuite.
Major primus Rahja Pal : Ex membre de l'armée de l'Union, dirige une flotte de civils en fuites face à Prométhium.


Nouveau plan bancal

Journal d'informations officielles humanoïdes : Une nouvelle offensive dans le secteur 34 a donné des résultats encourageants. Les traitres nimbuloïdes seront ainsi spécialement poursuivis et châtiés par les forces de sa majesté Prométhium….

- J'espère qu'ils s'en sortiront, dit Zéro en coupant l'holo-projecteur.
- Ils ont parfaitement mesuré les risques, reprit calmement Antonov en posant son cigare de Loyn.

Le brandy d'Inthe avait fait merveille chez tous les convives. Cette boisson avait la particularité de stimuler grandement les esprits, ce qui la faisait passer pour une drogue interdite dans nombre de systèmes stellaires. Toutefois, Zéro fit une exception et autorisa une distribution. Cela lui avait valu une énième explication avec Harlock, qui ne supportait pas que lui, Warius Zéro, prenne de telles décisions dans son vaisseau.

Plusieurs personnes, toutes assises, autour d'une grande table en bois antique verni, sirotaient avec plus ou moins de vivacité le fond de leur verre.

- Ton plan ne me plait vraiment pas, déclara le capitaine pirate après un long silence.

Tochiro Oyama, assis à sa droite, reprit :

- Pourtant, c'est astucieux. Culotté mais astucieux, nous allons enfin pouvoir…
- Non, coupa Harlock. Nous avons suivi tes instructions à la lettre Zéro, enfin presque à la lettre, dans l'unique but de pouvoir affronter en face les armées de Prométhium. Maintenant que nous touchons au but, tu veux changer ton fusil d'épaule ? C'est non.
- Je comprends ton point de vue, Harlock, dit Zéro d'un air las. Mais voix-tu, Prométhium a compris ma stratégie. Nous coups de main ne sont plus aussi efficaces et sa flotte ne se disperse plus. Un affrontement direct ne servira plus à rien.
- Tout à fait, s'exclama Tochiro. Nous devons tenter autre chose.

Le général en chef de la résistance regarda un instant Mimee qui jouait de son étrange harpe au fond de la pièce. Elle semblait si sereine au milieu de ce tumulte.

- Sénateur Antonov, êtes-vous d'accord ?
- Bien sur, général Zéro. Votre plan me parait moins risqué qu'une bataille rangée. Vous n'aurez droit qu'à un seul essai dans cette histoire.
- Mais vous, vous n'allez certainement pas survivre très longtemps une fois le processus déclenché, répondit Zéro.
- Au point où j'en suis. Le docteur m'a donné que quelques mois de survie tout au plus. Ces satanés robots savent s'y prendre pour donner une mort lente.

Antonov, encore récemment prisonnier dans une sinistre prison de l'Empire Mécanique, avait reçu une injection de nano-machines destinée à lui donner une mort lente et douloureuse. Prométhium trouvait qu'un test grandeur nature de sa nouvelle arme de terreur sur un humain de son calibre était tout indiqué.

Bien, nous irons donc chercher ce hacker informatique lorsque nous aurons vos informations, sénateur. Tochiro va vous conduire à votre navette. Merci encore pour votre sacrifice.

- Ne me remerciez pas encore. Je suis plus inquiet du sort de la Présidente qui va se sentir bien seule maintenant.

Antonov salua le général Zéro et suivi le petit gnome vers le hangar de l'ombre de la mort. La navette que Tochiro avait préparée regorgeait d'inventions farfelues. Le génial inventeur rechignait à laisser partir quelques unes de ses trouvailles, mais il n'avait pas le temps de les démonter une à une. Il regretterait son récupérateur de protons.

Une fois à bord, l'ancien sénateur passa quelques minutes à se remémorer ses anciens cours de navigation spatiale. Un homme politique de son envergure n'avait pas vraiment l'occasion de piloter. Passer son permis spatial maintenant lui causerait sans doute pas mal de difficultés insurmontables.

- Toutes les coordonnées sont programmées, je n'ai plus qu'à y aller.

Le petit vaisseau décolla lentement, et malgré le soin apporté par l'homme politique à son pilotage, sa trajectoire n'était pas très assurée. Il renversa quelques bidons d'huile pohtl et manqua de râper la peinture du plafond (une peinture à réflexion magnétique classe II quand même).

Zéro regardait à travers un hublot au fond du hangar le russe s'éloigner. Il aurait bien aimé le garder à ses côtés, car cet homme avait une expérience politique inestimable, qui aurait bien servi ses entreprises diplomatiques. Mais ses révélations récentes pouvaient enfin donner une victoire définitive aux derniers peuples libres face à l'Empire Mécanique.

Le temps joue contre nous, se dit Warius. Malgré la destruction de la flotte Minios, Prométhium envahit des systèmes entiers et ses usines fabriquent toujours plus de robots. Il faut frapper vite, fort et là où çà fait mal…


Les réfugiés

Combien de vaisseaux étaient-ils ? Aucun spécialiste digne de ce nom n'osait avancer un chiffre sérieux. Certaines rumeurs faisaient état de dizaine de milliers, voire de millions, voire de ces flottes. Quoiqu'il en soit, une multitude d'humains ou de leurs alliées avaient fui à travers ces vaisseaux faits de bric et de broc l'avancée des armées mécaniques

Certaines personnes avaient la chance d'être assez riches pour s'acheter leur propre vaisseau. Mais le premier prix de navette Xylonnienne capable de sauts warps avoisinant les 20 000 crédits, peu de personnes au final avaient les moyens de s'en acheter une. La plupart des réfugiés avaient donc pris d'assaut les cargos présents et tout navire capable de les amener loin des troupes de métal de l'Empire de Prométhium.

Dans le secteur DT-56, près de la planète Ajente, une flotte de ces cargos dérivait, sans but véritable. Traqués par les sinistres soldats de Prométhium, les rares survivants ne devaient leur salut que grâce à une fuite permanente, composée d'innombrables sauts warps. Malgré tout, les rencontres hostiles étaient nombreuses.

- Le rapport, mon major, dit l'homme en tendant un papier usé vers la silhouette.
- Merci.

Le major Rahja Pal, un brave indien, avait défendu son secteur sur Terre jusqu'au bout. Un peu par hasard, il avait embarqué dans un cargo en partance pour un système de la bordure. De fil en aiguille, il s'était vu attribuer le titre de 'chef' de la flotte présente, composée de quelques cargos classe G, d'un vieil escorteur auxiliaire de l'Union et de quelques navettes légères de type beta-4.

- Préparez le prochain saut warp Nous essayerons de nous ravitailler sur Ajente avant de partir.

Son ancien transpondeur militaire se mit à sonner, annonçant l'arrivé d'un message crypté enregistré. Pourquoi avait-il gardé cette relique à sa ceinture ? La surprise s'empara de l'indien, ainsi que des anciens soldats assemblés autour de lui.

- Un message du sénateur Antonov, rien que çà. Mince…

L'officier lut rapidement le contenu du message. Il devait localiser une certaine "fourmi", un réfugié parmi tant d'autres perdu au milieu d'un de ces cargos pleins d'apatrides. Puis l'exfiltrer vers un point de coordonnées valable 24 heures.

L'homme donna quelques ordres et lança un scan automatique des bases de données de la flotte. Le système renvoya au bout de quelques instants une réponse positive en affichant une photographie et le nom d'un cargo, le 'star saver IV'.

L'indien reprit son transpondeur et émit un code frénétiquement. Il obtint quelques messages d'erreurs avant de pouvoir émettre la réponse attendue par l'homme politique.

- Annulez le ravitaillement, cria-t-il en direction d'un Mortl assis aux commandes. Saut warp dans les coordonnées suivantes : GT-IU-98 secteur 3A.
- Heu, qu'est-ce qui se passe ? répondit l'extraterrestre visiblement désarçonné.
- Je viens de reprendre du service ! dit l'ex-officier.


Le sénateur Antonov, quand à lui, parut très soulagé de recevoir la confirmation qu'il attendait. Il avait envoyé son dernier message sur l'ancien système de télétransmission de l'Union Terrestre, en espérant avoir une réponse positive avant d'être découvert. L'ex major Rahja Pal avait trouvé ce qu'il cherchait et il acceptait d'obéir. L'ombre de la mort était maintenant au courant, et tout était question d'heures désormais.

De sa vitre le séparant du vide sidéral, le vieil homme politique vit des dizaines de vaisseaux se matérialiser au loin. Des cuirassés mécaniques, des escorteurs. Il reconnut 'le destructeur', 'le vengeur' parmi eux. Ils n'émirent aucun avertissement, et déclenchèrent leur feu destructeur en même temps.

Il est vrai que le seul canal encore universel pour joindre les anciens débris des flottes de l'Union n'était pas franchement protégé…


Encore un imbécile…

Warius Zéro prenait enfin un peu de repos. Malgré ses protestations Marina, encore convalescente, avait tenu à le rejoindre pour partager un petit instant d'intimité. Ils regardaient le 'Karyu', qui suivait la flotte un peu à l'écart, en pilotage automatique. Le devenir du dragon flamboyant les inquiétait.

Le commandant de la flotte de la résistance commençait à apprécier l'ombre de la mort, la qualité de son équipage et le côté casse-cou de son capitaine. Il voulait toutefois retourner sur son ancien vaisseau, avec Marina bien sur, car au final il représentait peut être plus l'esprit de la résistance à Prométhium que le vaisseau pirate. Et puis, il n'y aurait plus cette satanée histoire de fauteuil…

- Que sont-ils devenus maintenant ?
- Qui, Warius ?
- Ishikura, Nohara, Raï et tous les autres ?
- Je ne sais pas… Je me souviens d'avoir été toujours seule dans cette horrible prison.

Nous les retrouverons, conclut Zéro.

J'espère simplement qu'ils sont tous encore en vie… quelque part…

- Warius Zéro est demandé en passerelle, le général Zéro ! annonça une voie féminine dans son intercom.

Zéro maudit intérieurement l'émettrice du message qui le forçait à interrompre un pur instant de bonheur.

- Je ne te dérange pas au moins ? demanda Harlock à la barre.
- Umpf…

Le capitaine pirate sentit qu'il n'était le seul à savoir émettre des grognements d'ours lorsque la situation lui déplaisait. Marina Oki rentra peu après en passerelle, d'un pas assez lent.

- Comment vous sentez-vous ? mieux j'espère fit le pirate avec un accès inouï d'amabilité.
- Merci, çà va pour l'instant.

Marina Oki était en fait terrifiée par le bazar et l'ordre tout relatif qui régnaient au centre de l'ombre de la mort. Elle ne pouvait, en tant qu'ex second de Zéro de remarquer tout ce qui n'était visiblement pas à sa place, la propreté approximative et le laisser-aller patent des membres d'équipages. Seul Zéro, avec son uniforme et sa manie de se raser paraissait moins sale que les vauriens présents, mais avec une tendance négative. Mais elle saurait s'en occuper en temps utile.

Le visage de l'ex major indien apparut sur un écran de contrôle, en même temps que de multiples échos radars.

- Général Zéro, enfin. Je suis le major… euh l'ex major Rahja Pal. J'ai reçu un message très pressant de la part du sénateur…
- Antonov, reprit Zéro. Cela veut dire qu'il a réussi dit-il à voie basse.
- Votre "fourmi" est dans une navette, prête au transfert. Nous devons nous presser, les humanoïdes nous traquent surement.
- Allez-y nous sommes parés à l'accueillir…

Une petite navette, un modèle béta-4 en relatif bon état, trouva son chemin au milieu d'une force hétéroclite de vaisseaux de la Résistance. Elle se posa sans encombre et délivra sa cargaison : un petit kloin hargneux. Il regarda d'un air mauvais avec ses trois yeux son environnement et commença à frapper à qui mieux mieux tout pirate qu'il trouvait sur son chemin.

- Mais il est fou ! cria Zéro en se levant.
- Euh… nous avons du le "persuader" de coopérer, s'excusa le major indien. Il n'avait pas vraiment envie de venir travailler pour vous.

Et moi je n'avais vraiment pas envie de perdre du temps avec çà se dit Zéro.

- Du calme, nous ne vous voulons aucun mal, dit zéro à travers une diffusion. Nous essayons juste de ….

Quelques grands bruits un peu sourds, des coups de poing peut-être, retentirent au loin et Zéro vit à travers une caméra le petit être faire un vol plané digne d'un poisson-volant de Tyldine. Puis il aperçut Harlock qui rajustait son gant droit.

- Il est calmé Zéro… je te l'apporte, finit le pirate en coupant la communication.

Bon, je crois que son approche diplomatique est plus efficace finalement.

Le Kloin passa directement du hangar de débarquement à l'infirmerie. Le docteur Zéro commençait à se plaindre, car il avait suffisamment de blessés, traumatisés et éclopés en tout genre à soigner comme cela. Il ne fallait pas en rajouter. Finalement, Warius Zéro, Harlock et Marina Oki interrogèrent leur nouvelle recrue, solidement attachée à un lit destiné aux forcenés.

- Vous n'avez pas le droit ! Je suis innocent, je proteste, ce ne sont pas des méthodes dignes de la police galactique !

Les trois officiers se regardèrent avec un air surpris. Décidément, ce n'était pas gagné avec ce phénomène.

- Nous ne sommes pas la police, expliqua Zéro. Nous sommes des… militaires.
- L'autre guignol avec sa cape noire, il ressemble plus à un pirate qu'à un militaire, remarqua le Kloin. Et puis la nana elle vient faire quoi ici ?
- La … nana ? demanda Zéro incrédule face à une Marina outrée.

Après un court instant de silence, Warius Zéro devança avec une rapidité foudroyante Harlock, qui avait eu la même idée que lui au même moment. Un nouveau crochet du droit ramena le nouveau venu à de meilleurs sentiments et déclencha un flot de jurons de la part de son homonyme.

- Nous ne sommes pas de la police, insista Zéro. Mais nous savons faire … mieux en termes d'interrogatoire si vous voulez…

La terreur remplaça la colère dans les trois yeux du petit être. Il avait touché un point sensible apparemment.

- Je voudrais évoquer avec vous le code … Z.


Le virus

L'extraterrestre devint blême et il suffoquait. Comment ces humains pouvaient-ils être au courant ?

- Qui êtes-vous ? finit-il par dire lentement, avec une voix étrangement calme.
- Je suis Warius Zéro. Voici Marina Oki et Harlock.
- Warius Zéro… vous avez eu bien du courage de défendre la Terre dans de telles conditions. Mais c'est quoi… çà ? Ces vaisseaux ? On dirait une bande de pirates dégénérés et…

Le kloin fut stoppé net par le poing de Harlock, qui se plaça avec une vivacité inouïe juste devant ses trois yeux. Il était sur le point de franchir encore une fois la ligne jaune.

- Nous sommes sur 'l'ombre de la mort' à la tête d'une flotte de la résistance, reprit Zéro.
- Alors, tout était vrai, fit le kloin.
- Que croyiez-vous ? ajouta Marina encore outrée. Que la police spatiale enverrait une flotte comme celle-ci juste pour votre petite personne ?
- Non, je parlai de la résistance à Prométhium. Nous entendions des rumeurs, mais nous ne pensions pas que des êtres vivants combattaient encore…

Et bien mon vieux Warius, il faudra investir dans des attachés de presse au plus vite…

- Trêves de plaisanteries. Nous voulons votre code Z pour neutraliser définitivement les soldats robots de l'Empire Mécanique.

Harlock ne prenait plus de gants au sens figuré. Il avait assez perdu de temps comme çà, et il ne rêvait que de délivrer enfin les humains et gouter à nouveau à la liberté.

- Je ne sais pas comment vous connaissez l'existence de ce code, mais je ne peux pas vous le donner. Il a été détruit et il faudrait un équipement de pointe et un travail acharné pour le recréer.

Marina eut une quinte de toux violente et faillit s'évanouir, au grand dam de Warius Zéro. Elle dut partir prendre un repos indispensable. Son état ne s'améliorait pas vraiment, et Zéro s'inquiétait au plus haut point. Il faisait en sorte que cela ne se voit pas, mais son esprit était constamment torturé.

- Qu'est-ce que ce code exactement ? demanda Zéro au petit kloin.
- C'est un peu compliqué à expliquer. Je ne sais pas par où commencer?
- Par le début, c'est une bonne option, trancha Harlock, avec son regard perçant.
- Ben, euh, voilà. Je dois avoir maintenant 600 ans. J'ai participé à l'élaboration du programme initial de robotisation sur Râmétale. La reine Prométhium voulait robotiser son monde agonisant et recruta la fine fleur des ingénieurs pour concevoir les corps robotisés idéaux. Je faisais partie de cette équipe.

Le docteur signala rapidement à Zéro que Marina se reposait et que son état était satisfaisant.

- Une fois la robotisation achevée, la reine fit exécuter l'ensemble des concepteurs. Elle traqua avec ses "soldats de Thallium" tous ceux qui avaient eu accès un jour à ce programme, pour ne pas risquer de dévoiler un point faible chez sa nouvelle armée. Tous mes collègues furent pourchassés et impitoyablement tués. Je suis peut-être l'un des rares survivants.
- Et ce code, dans tout çà ? Harlock n'aimait pas les digressions.
- Le code est en fait un virus informatique, qui permet de prendre le contrôle ou de désactiver l'esprit des robots. Nous l'avions crée en laboratoire afin de stimuler nos programmes d'intelligence artificielle et les rendre plus robustes. Mais Prométhium craignait que cela soit une arme contre elle. Il a été détruit lors de la guerre, avec mon matériel et le reste.
- Pouvez-vous le recréer ? demande Zéro.
- Ce serait possible, mais avec beaucoup de matériel et du temps. Et j'y gagnerai quoi ?
- Quelques crochets du droit en moins, fit Harlock.

Warius Zéro fit un signe de la main, invitant son bouillonnant camarade à plus de retenue. Tout ne se traitait pas avec les poings et les pieds, même si cette solution avait l'avantage de la rapidité. Mais le général de la Résistance était un peu désemparé. Il ne pensait pas devoir encore acheter un concours de mercenaires. La voix de Mimee résonna quelques instants dans sa tête puis il ne perçut plus rien.

Tout simplement se dit-il…

- Que gagnerez-vous ? Eh bien, vous n'aurez plus à fuir ou à craindre Prométhium et toute sa clique sinistre. Vous pourrez recommencer du début, vivre enfin la vie que vous désirez. Je peux vous payer, mais nous n'en sommes plus là.

Le silence pesant indiquait que le kloin réfléchissait sérieusement à son argumentaire. L'argent ne semblait pas l'intéresser, pas plus qu'une hypothétique gloire.

- J'ai besoin d'ordinateurs, de temps, et de beaucoup d'infusion de Pirhyne…. Avez-vous au moins des terminaux dignes de ce nom ?

Harlock défit les liens du kloin et demanda Tochiro. Il glissa à l'oreille quelques mots au petit homme, qui regarda d'un air furieux l'extraterrestre. Sans un mot, il le prit par la main et le conduisit à une salle un peu à l'écart dans le vaisseau. Zéro et Harlock les suivirent.

- Mon laboratoire, fit Tochiro en entrant.

De nombreux ordinateurs, reliés avec des fils multicolores emplissaient la pièce. Tochiro venait de créer un prototype de serveur absolument incomparable. Toute la pointe du matériel de l'ex Union Terrestre se trouvait là, au service du petit ingénieur qui passait son peu de temps libre à bricoler tout ce qu'il pouvait.

Le petit kloin sourit avec sa bouche visqueuse.

- Je crois que je vais pouvoir me mettre au travail….