Bonjour mes amours ! Comment allez-vous ? J'ai enfin repris les cours (doucement, seulement deux pour l'instant ahah), j'en avais marre de rester chez moi à étudier. Je pense que certain.e.s d'entre vous sont encore en vacances pendant une semaine.

Au moment où j'écris ces lignes, je désespère parce qu'il ne me reste plus que le chapitre 11 de réserve, le chapitre 12 est à moitié écrit. Donc je pense que je vais consacrer la fin de mon après-midi et une partie de ma soirée pour écrire. La fin d'année se profile doucement, la fatigue est tenace... mais j'ai l'impression que le mois d'avril est déjà plus supportable que le mois de mars. Je rêve de vacances...courage moi-même, encore neuf semaines ahah Et vous, vous avez quand vos prochaines vacances ?

Je vous laisse avec ce chapitre, qui contient l'après-midi père-fille ! Bonne lecture. :D

Réponses aux reviews anonymes :

Cecile : C'est toujours ce que l'on se dit après coup, oui, mais comment savoir ce qu'il se passe dans sa tête ? Comme tu dis, il manque encore une pièce au puzzle... J'ai hâte de vous publier l'après-midi Drago/Elia. :D Oh mais tiens, c'est dans ce chapitre... (a) ahah Comme je te l'ai dit sur ma page, Pansy aura un rôle à jouer dans cette fic. Mais je n'en dis pas plus. :p Comme tu dis, c'est encore chaud entre Drago et Hermione, mais il faut du temps au temps... Ça va bouger. :p Hé oui, l'amitié entre Hermione et Harry est essentielle dans les deux sens. Merci pour tous tes encouragements ! :D Merci à toi pour la review. Bisous !

Marie : Super. :) Je publie tous les vendredis.

Eva : ahahah attention quand même que c'est la partie émergée de l'iceberg... (a) Ouiii ! Elle est adorable cette gamine. Même moi je craque alors que je l'ai inventée. xD Ca fait un peu dissociée, pas vrai ? ahah Je crois que tu vas autant aimer la relation entre Teddy et Elia qu'Elia en elle-même. :D Merciii

Comme toujours, merci à l'Impératrice Charlotte.


I'm always screaming my lungs out

J'expulse toujours mes poumons à travers mes cris,

Till my head starts spinning.

Jusqu'à ce que ma tête commence à tourner.

(…) is the way

(...) c'est ma façon

I cope with life. Won't keep my voice down.

De m'en sortir. Je ne baisserai pas la voix.

Know the words I speak are the thoughts

Les mots que j'utilise sont les pensées

I think out loud.

Que j'exprime à voix haute.

.

Let's leave no words unspoken

Libère les mots que tu n'as jamais prononcés.

And save regrets for the broken.

Et laisse les regrets pour ceux qui sont brisés.

Will you even look back when you think of me?

Regarderas-tu en arrière lorsque tu penseras à moi ?

All I want is a place to call my own

Tout ce que je veux est un endroit pour me rappeler

.

Keep your hopes up high and your head down low.

Garde espoir et ton mental chutera lentement.

.

Still got something left to prove.

J'ai encore des choses à prouver.

It tends to keep things movin.

Ça permet aux choses de continuer à bouger.

While everyone around me

Pendant que tout le monde autour de moi

Says my last days are looming

Dit que mes derniers jours sont proches

Overhead but what the hell

Mais pour l'amour de Dieu

Do they think they know?

Pensent-ils réellement savoir ?

All I want, A day to remember.

OoOoO

Chapitre 10 : All I want (Tout ce que je veux)

Sur le coup de dix heures, en ce mardi huit février deux mille onze, Hermione reçut un hibou express en provenance du Centre gynécomagique de Londres.

Des mots étaient griffonnés à la va-vite sur un parchemin.

Rose a accouché. Salle 12.

Hermione sauta presque immédiatement de sa chaise, comme si un Billywig l'avait piqué. Elle se précipita hors de son bureau, rejoignant plus vite que jamais le bureau des Aurors. Harry semblait dans le même état qu'elle.

« Tu l'as reçu aussi ? », souffla-t-il.

« Oui. »

D'un hochement de tête, ils s'accordèrent pour quitter le Ministère ensemble. En sortant, ils croisèrent Malefoy, qui sembla étonné.

« On n'avait pas une réunion ? »

« Reportée. Mon meilleur ami a accouché. »

Malefoy haussa un sourcil, avant de se fendre d'un bref sourire.

« Je savais que Weasley n'était pas tout net, mais de là à ce que ce soit lui la femme du ménage… »

« Heu…je voulais dire… »

« J'ai compris, je me fichais de toi, Potter. » Il posa rapidement son regard sur Hermione, tellement rapidement qu'elle crut avoir imaginé. « Mes félicitations aux parents », dit-il avant de faire demi-tour.

Hermione resta coite quelques secondes, ayant du mal à imaginer que Malefoy pouvait être aussi…sympathique ? Enfin, tout était relatif, mais il venait quand même de faire de l'humour…

« Hermione, tu viens ? », l'appela Harry, la sortant de ses pensées.

« Oui, oui. »

Quelques minutes, après avoir traversé le Ministère et transplané, ils arrivèrent au Centre gynécomagique et se dirigèrent d'emblée vers le numéro de la salle indiquée dans le mot de Ron.

Ouvrant la porte après autorisation, ils découvrirent Ron, Molly, Arthur, Hannah et, enfin, Rose et son bébé. Le sourire d'Hermione se dessina instantanément.

« Félicitations », dit-elle en cœur avec Harry.

« Merci », répondit Ron, visiblement ému. Hermione le trouva adorable ainsi.

« Alors…comment s'appelle cette merveille ? »

Les parents se regardèrent, un sourire accroché aux lèvres – un sourire fatigué pour Rose, ce qui rappela son propre accouchement à Hermione -, avant que Rose ne déclare :

« Elle s'appelle Mia. »

OoOoO

Harry et Hermione prirent congé dans les vingt minutes suivant leur arrivée. Ron était certes leur meilleur ami, il n'en restait pas moins que sa femme venait d'accoucher et qu'elle avait surtout besoin de repos et de se retrouver avec son mari et sa fille.

Hermione imaginait suffisamment bien – et Harry le savait pour l'avoir déjà vécu par trois fois -, que Molly allait les étouffer avec ses remarques et conseils en tout genre, « Il faut nourrir l'enfant au sein, ne surtout pas le laisser dormir quand c'est l'heure du repas, ne pas lui donner tel aliment avant l'âge de six mois », sans parler de son omniprésence épuisante, si pas davantage que l'accouchement.

Hermione plaignait Rose. S'il y avait bien une chose à laquelle elle avait pu échapper en accouchant dans le secret, c'était bien cela. Et vu la distance, elle n'avait pas mal vécu l'implication de sa propre mère lorsqu'elle lui rendait visite. En revanche, ses rappels incessants pour parler au père, ça avait été une autre affaire…

Au moment de partir, elle avait glissé à Rose qu'au moindre besoin elle n'hésite pas : un repas, une aide-ménagère quelconque… elle pouvait même essayer de s'arranger avec Harry pour occuper Molly ! Plus n'était pas nécessaire, et ce n'était pas le moment le plus propice pour les visites. Elle aurait des occasions futures de leur rendre visite.

Sans compter qu'elle avait d'autres Fléreurs à fouetter.

Depuis la nuit qu'Harry avait passée chez elle, suite à sa rupture avec Ginny, elle ne cessait de repenser aux propos qu'il avait tenus : « Il semblerait que tu ne sois pas rentrée que pour Élia ».

Il avait raison, elle le savait. Mais par Merlin, ce n'était pas facile de savoir ce qu'elle voulait. Elle avait tellement pris l'habitude de faire taire ses ressentis pour ignorer la réalité, qu'aujourd'hui elle était bien en peine de mettre des mots sur ses besoins.

Toute sa vie tournait autour d'Élia, de la famille qu'elles formaient à elles deux…ou presque. Non seulement, elles n'étaient plus seules, puisqu'elles étaient à présent entourées d'une multitude de sorciers et sorcières, même si Harry était le plus présent de tous, mais, en plus, maintenant il fallait également prendre en compte la variable Malefoy.

Et à son propos, ce qu'Hermione voulait était noyé dans un combat intérieur, duquel il était difficile d'identifier le camp allié et le camp adverse. Elle ne savait pas quelle place donner au sorcier. Devait-elle lui laisser prendre la place de père qu'il souhaitait, au risque que cela blesse Élia ? Devait-elle lui laisser une place dans sa propre vie, sachant que ça allait forcément être le cas s'il en avait dans la place de sa fille ? Devait-elle agir autrement avec lui, lui parler, comme le lui avait suggéré Harry ?

Elle n'avait pas de réponse à ces questions, pas plus qu'elle n'en avait à la question de Maître Walden. Celui-là, elle l'avait complètement oublié. Elle l'avait percuté dans les premiers jours de son arrivée au Ministère, et bien qu'elle l'ait croisé plusieurs fois depuis puisqu'ils travaillaient dans le même département, ils n'avaient jamais échangé davantage que des politesses de rigueur.

Il l'avait interceptée dans le couloir, un jour, alors qu'elle se rendait à la cafétéria pour déjeuner avec Harry.

« Maître Granger ? »

Elle avait levé la tête dans sa direction, s'étonnant une nouvelle fois de la hauteur de son homologue.

« Oh bonjour, Maître Walden. Comment allez-vous ? »

Il s'était raclé la gorge, un comportement inhabituel qui avait surpris Hermione.

« Hum ! Bien. Je voulais vous proposer quelque chose. »

« Je vous écoute. »

« Il y a un excellent restaurant sur la Quatrième Avenue. Voudriez-vous m'y accompagner, disons, ce samedi, dix-neuf heures ? »

Hermione avait marqué un arrêt, ne s'attendant absolument pas à une telle demande. Elle était à mille lieues d'imaginer qu'elle intéressait le Manitou.

« Eh bien pourquoi pas, je n'ai rien de prévu », avait-elle répondu sans grande conviction.

« Parfait, je viendrai vous chercher dans ce cas. »

Hermione avait traversé le département, presque sans en avoir conscience, ne s'apercevant même pas qu'elle était arrivée à destination. Harry l'observait, inquiet.

« Ça va, Hermione ? »

« Oui, oui. Juste…il semblerait que j'aie un rendez-vous galant. »

« Il semblerait ? », releva-t-il.

Hermione soupira.

« Maître Walden, affaires familiales. Il m'a demandé pour sortir. Je dois en conclure quoi ? »

Harry rit.

« Que malgré ton charme évident, tu te perçois davantage comme une mère, et pas comme une femme resplendissante. »

Hermione sourit, le frappant avec douceur à l'épaule.

« C'est avec toi que je devrais sortir, imbécile. »

OoOoO

Élia marchait, ou plutôt trottinait en direction de la salle de classe dans laquelle elle avait habituellement son cours de potions. Mais aujourd'hui, c'était un autre événement qui l'y amenait : son père, ayant tenu sa promesse, lui avait envoyé un hibou pour lui proposer de se voir le samedi après-midi.

Sa déduction avait donc été bonne : l'ami dont il parlait dans sa première lettre était bien le Pr Zabini. Elle était à deux pattes de Boullu de la porte qui permet l'accès à la salle de classe, quand elle entendit un morceau de conversation entre ce qui semblait être son père et son professeur.

« …la Weaslette avec Pansy, sérieusement. Qui aurait cru ? », s'étonna la voix de son père.

Élia s'arrêta net, bien trop curieuse.

« Ça fait quoi ? Un mois qu'elle a quitté Potter. Elle n'a pas perdu de temps », soupira le Pr. Zabini.

« Toi, tu es désabusé », fit remarquer le premier.

Élia fronça les sourcils. Elle n'était pas certaine de bien comprendre ce que ce mot signifiait, mais elle espérait que la suite de la conversation l'éclairerait. Elle savait que sa mère était particulièrement touchée par l'attitude de Ginny à son égard, et si elle entendait quelque chose qui pourrait l'aider…

« Mets-toi à ma place aussi. J'avais un plan cul régulier, pas de prise de tête, juste du plaisir. Bon elle me reprenait un peu parfois, parce que tu sais bien… ma grossièreté n'est pas des plus safe », expliqua-t-il, alors que le père d'Élia ricanait. « Mais elle est tellement indépendante que je ne risquais pas de me retrouver avec une pression d'engagement. Puis six mois plus tôt, elle se barre aux Pays-Bas pour son association LGBT. Déjà, imagine ma frustration sexuelle. Et là, elle m'apprend qu'elle a l'intention de s'engager dans une relation sérieuse avec Weaslette et que notre relation est terminée. Elle en a l'intention, par Merlin ! Depuis quand Weaslette est attirée par les filles, tu peux me le dire ? Elle prend ses rêves pour des réalités. »

Quelques secondes passèrent sans que l'un ou l'autre ne reprenne la parole. Élia se sentait quand même un peu mal à l'aise d'entendre une telle conversation, surtout qu'il s'agissait de la vie privée de l'un de ses professeurs.

« Tu n'auras aucun mal à te retrouver une sorcière, Blaise. Vu comme tu es bâti, elles se battront pour toi. »

Le noir rit.

« Certes. Mais qui dit qu'elle ne voudra pas que je lui mette la bague au doigt ? Je ne veux pas de ça, Drago. Pas maintenant en tout cas. »

Ce fut autour de son père de soupirer.

« Ouais, je sais. »

Un silence s'installa, et Élia décida qu'il était temps pour elle de faire son entrée. Elle frappa alors à la porte de la salle de classe.

« Oui ? », répondit immédiatement son professeur.

Elle ouvrit légèrement la porte, passant sa tête à travers. Elle voulut parler, mais voir son père la tétanisa. Ce n'était pas qu'elle avait peur c'était justement qu'elle avait tellement envie de le voir, de lui parler, peut-être même de lui faire un câlin. Mais elle ne savait pas s'il accepterait, il lui semblait si tendu et distant, qu'elle se disait qu'il n'aimait peut-être pas ça.

« Je vais vous laisser », fit alors le Pr. Zabini, en tapant l'épaule de son ami. « Amusez-vous bien ».

Il disparut à l'arrière de la classe, qui menait à son bureau, et Élia se retrouva seule avec son père. Elle ne savait pas quoi lui dire.

« Tu veux qu'on aille faire un tour ? », lui proposa-t-il.

Elle acquiesça, et le suivit donc à l'extérieur de la classe, traversant les couloirs pour sortir dans le parc du château, où la fin de l'hiver se faisait encore sentir. Par automatisme, Élia se frictionna les mains.

Elle ne savait pas quoi dire. Elle regardait le paysage, le lac se dessinant sur leur droite, la forêt interdite en face, avec la cabane qui était celle de l'ancien garde-chasse. Elle sentait la présence de son père à ses côtés, ses pas foulant le sol avec légèreté. Pour elle, c'était déjà extraordinaire, ce qu'elle vivait. Elle en avait tellement rêvé…

« J'aimais bien venir ici quand j'étais élève », dit alors son père, lui montrant du menton un arbre à quelques dizaines de mètres d'eux. « Je venais me poser ici avec mes amis, et on se moquait des Poufsouffle qui passaient. Ou on provoquait des Gryffondor ».

Élia regarda son père, penchant la tête sur le côté. Elle trouvait cela ridicule, mais elle ne pouvait pas empêcher son sentiment de vouloir en savoir davantage.

« C'était qui tes amis ? Le Pr. Zabini ? »

Le regard perdu, son père lui répondit.

« Notamment, oui. En tout cas, sur mes deux dernières années de scolarité. Il y avait aussi Pansy Parkinson, et dans une certaine mesure, Theodore Nott. »

Élia acquiesça, reconnaissant le prénom évoqué un peu plus tôt.

« Qu'est-ce qu'ils sont devenus ? »

« Pansy est journaliste pour un magazine féministe, et Theo est potionniste dans une boîte pharmaceutique. Il est marié et père d'un petit garçon et d'une petite fille. »

« Et… », commença Élia. « Tu m'as donné des photos dans ton album. Il y en a beaucoup avec tes parents. Eux…, ils sont comment ? Ils te ressemblent ? »

Son père glissa ses mains dans son costume trois-pièces noir, regardant au loin. Élia se demandait pourquoi il évitait autant son regard. Mais peut-être que c'était normal quand on pensait à des souvenirs.

« Mmmh ! Mon père est décédé en 2009 d'une alcoolisation importante. Il avait quelques problèmes de santé. Il était très protecteur envers ma mère et moi, et je crois qu'il ne pouvait pas supporter l'idée qu'il n'avait pas pu nous protéger de la guerre. Ma mère…est une femme extraordinaire. Très douce, mais forte. Elle a toujours soutenu mon père dans ses choix. Je ne sais pas si je leur ressemble. Enfin… Je ferai toujours tout pour protéger ma famille, c'est une certitude. »

« Ta femme et ton fils », ajouta Élia.

« Oui », répondit-il en posant enfin son regard sur elle. « Et toi aussi, maintenant. »

Élia avait senti son cœur s'accélérer, tant elle était heureuse de cette révélation.

« Et ton fils, il te ressemble ? »

Un sourire fleurit sur le visage de son père.

« C'est déjà un vrai Serpentard. C'est un frimeur, qui ne cesse de charmer son entourage. »

« Toi, tu charmes ton entourage ? », fit Élia d'une voix étonnée.

« Quand c'est nécessaire, oui. »

Élia repensa à leur première rencontre. Ce jour-là, sa mère lui avait dit « ton père, lui, s'il sait s'entourer, c'est pour en tirer des avantages ». Il n'avait pas semblé apprécier cette remarque, mais force était de constater qu'elle avait eu raison.

« Pourquoi maman…a l'air de penser que c'est quelque chose de mal, et pas toi ? »

Son questionnement était bien réel. Élia avait été éduquée d'une certaine façon, c'est-à-dire dans l'honnêteté, mais elle n'était pas idiote. D'autres sorciers pensaient différemment, et le fait que son père en fasse partie l'intriguait.

Il plissa légèrement les paupières, comme s'il évaluait ses options – entre vérité, mensonge et vérité en demi-teinte -, avant de déclarer :

« Parce qu'on n'a pas été éduqués à travers les mêmes valeurs familiales. Pour moi, le plus important, c'est de surveiller ses arrières, d'être plus intelligent que les autres en prévoyant nos coups avant qu'eux ne le fassent ou ne s'en aperçoivent. Tu as déjà joué aux échecs sorciers ? », lui demanda-t-il.

Élia acquiesça. Elle avait quelques fois joué avec ses voisins – quand elle vivait en France - Louis et Léon, même si ce n'était pas l'activité préférée des deux garçons.

« Eh bien, la vie, pour moi, c'est un peu comme un échiquier géant. Tu peux faire tomber le roi, à condition d'avoir une tactique et de savoir exactement quels coups porter pour atteindre ton objectif. »

« Mmmh ! », fit Élia, songeant au sens de ses propos. « Le but, c'est de gagner, mais pas forcément de faire du mal ? »

« Oui, c'est ça. Ça dépend de ton objectif, en fait. Mais les victimes collatérales ne sont pas toujours importantes non plus. Surtout quand il s'agit de protéger les tiens. »

Élia hocha la tête plusieurs fois d'affilée. Elle n'était pas sûre d'adhérer à cette vision, mais elle comprenait qu'il s'agissait principalement d'une question de priorité. Elle se rappela alors de ce que Teddy lui avait dit sur son grand-père, et elle se demanda si ça avait un rapport avec ce que son père venait de lui expliquer.

« J'ai une question », annonça-t-elle.

« Je t'écoute. »

« On m'a dit que…heu… », hésita-t-elle.

Il lui lança un regard qu'elle perçut comme encourageant.

« Hum ! Il paraît que ton père était un méchant pendant la dernière guerre alors…je voulais savoir si…c'était pour ça. Pour une question de protection des siens. »

Élia l'avait vu. Imperceptiblement, il s'était tendu à l'évocation de cette information. Peut-être avait-il espéré qu'elle n'en sache rien. Il soupira.

« Ça répond à la même logique, oui », dit-il enfin. « Mon père…n'était pas un sorcier que tu estimerais beaucoup, je pense. À l'instar de ta mère, puisqu'elle considère que rien ne justifie le recours à la violence. »

« Mais pour lui, ça se justifiait. Pourquoi ? »

Un bref mouvement au niveau de ses lèvres donna un indicateur précieux à Élia : il n'était pas très à l'aise avec la conversation.

« Parce qu'il devait nous protéger, ma mère et moi. Il était prêt à tout pour ça. »

« Maman me protégerait envers et contre tout aussi. Mais elle le fait avec beaucoup plus de virulence que de réelle méchanceté », affirma-t-elle alors, arrachant un sourire à son père.

« Oui, sans aucun doute. »

« Les Serpentard sont juste…plus froids, dans leur manière de faire, non ? »

En réponse, il dandina la tête d'un côté à l'autre, pour souligner qu'il y avait du vrai dans son inexactitude.

« Ça dépend. Ils ont plus de fierté et de prétention, surtout. Alors qu'un Gryffondor fonce la tête baissée, quitte à paraître ridicule. Ce n'est pas pour ça que son action est illégitime, mais c'est vrai que leur crédibilité est un peu entachée, du coup. »

Comme toujours, Élia s'apercevait que la rivalité entre les deux maisons était remise sur le tapis dans une conversation. Mais c'était peut-être aussi parce qu'elle avait pour habitude de côtoyer des sorciers et des sorcières de tout horizon. Peut-être qu'avec des Poufsouffle, elle ne ressentirait pas cette rivalité.

« C'est pour ça que quand tu étais à Poudlard, tu ne t'entendais pas avec maman ? »

« Entre autres, oui… », commença-t-il, avant de soupirer. « Élia, est-ce que ta maman t'a déjà parlé des classes de sang dans l'idéologie de certains sorciers ? »

Élia confirma d'un hochement de tête. Sa mère lui avait parlé de la guerre à laquelle elle avait pris part, évidemment. Elle savait même qu'elle en avait été une cible privilégiée en raison du fait qu'elle était née de parents moldus. Avec l'éducation qu'elle avait reçue, elle ne voyait pas vraiment en quoi cela était une tare, c'était plutôt une richesse. Il fallait être vraiment fermé d'esprit pour rejeter des gens parce qu'ils avaient connu une autre réalité.

« Oui. Je sais qu'elle risquait sa vie pendant la guerre à cause de ça. Et…je suppose que comme ton père était dans l'armée du Seigneur des Ténèbres, tu n'es pas concerné par ça. Tes parents sont tous les deux des sorciers », éclaircit-elle.

« Oui, c'est ça. Pire que ça, j'ai été éduqué avec la croyance que seules les familles de sorciers avaient de la valeur. Mon père n'avait pas besoin de jouer beaucoup la comédie pour nous protéger. Et j'ai simplement reproduit cette croyance dans la haine qui animait mes relations avec ta mère », expliquait-il.

Élia plissa les yeux.

« Mais…tu as dû dépasser ça à un moment donné pour j'existe, non ? »

Son père prit une grande inspiration avant de souffler par le nez.

« Pas totalement. Mais… ça n'a plus autant d'importance. Disons que je suis capable de l'occulter, jusqu'à un certain point. »

« Oh. Et ton père, il en penserait quoi s'il savait ? »

À l'instant où la question avait franchi ses lèvres, elle se rendit compte qu'elle avait occulté la mère dans ses questions. Comme si instinctivement, elle savait que les mères étaient plus tolérantes envers leurs enfants. Ou bien parce qu'elle avait besoin de se constituer l'image d'un père.

Son propre père, bien réel lui, haussa les épaules.

« Il n'apprécierait sans doute pas, mais il n'est plus là pour me dicter ma conduite », répondit-il.

Elle ne le connaissait pas et ne le connaîtrait jamais, mais elle se sentit triste pour lui. Ça ne devait pas être facile de savoir que son propre père n'approuverait pas ses choix.

Tout doucement, père et fille reprirent le chemin du retour, jusqu'à arriver aux portes du château.

« Eh bien, il est temps que je rentre », déclara-t-il. « Mais on avisera d'un nouvel après-midi si ça te tente. »

« Oh oui ! », s'exclama Élia aux anges en lui sautant dessus pour le prendre dans ses bras.

D'abord, il se raidit instinctivement. Mais très vite, bien qu'en agissant de manière un peu gauche, il répondit à son étreinte en passant ses bras dans le haut de son dos.

« Merci », souffla-t-elle.

Elle ne le remerciait pas pour le câlin elle le remerciait pour sa présence, pour le fait qu'il lui laissait l'occasion d'apprendre à le connaître. Elle se sentait heureuse de pouvoir mettre un visage, des expressions – même limitées -, une intonation de voix et des verbalisations d'idées sur la personne que représentait son père.

OoOoO

Le dîner avec Maître Walden avait été un désastre. Hermione avait fini par déballer tout ce qu'elle avait vécu ces dernières années, en étant mère célibataire, honteuse d'avoir engendré une descendance d'un être aussi infâme que Malefoy. Elle en avait parlé tout le long du repas, se plaignant de l'obligation de lui laisser une place dans sa vie, ne supportant même pas sa présence.

Son homologue l'avait laissée parler, ne l'interrompant à aucun moment. Au final, Hermione ne savait rien de lui, elle ressentait juste tellement de colère envers Malefoy, envers elle-même, et il avait fallu qu'elle déverse tout cela à un étranger. À un étranger, mais qui était spécialisé dans la matière qui la concernait.

De cette manière, elle le mettait inconsciemment au défi de lui rappeler ses torts, auquel cas il pourrait directement se brosser pour un second rendez-vous.

Le dîner avec Maître Walden avait donc été un désastre, et pourtant…lorsqu'il l'avait embrassée en quittant le restaurant, Hermione ne l'avait pas repoussé. Lorsqu'il lui avait proposé de rentrer avec lui, elle n'avait rien fait non plus pour l'en dissuader.

Finalement, ce dont elle avait besoin, c'était encore et toujours de s'oublier. Qu'elle ait dix-neuf ou trente-et-un ans.


Mais que fait Hermione ?! ahah Vous avez un nouveau moment entre Drago et Elia, mais également des informations concernant Ginny ! Il semblerait qu'elle ne se trouve plus au Japon avec Luna... Et la fille de Ron est enfin née. Vous me connaissez, aucune information n'est anodine, prenez, prenez donc... et surtout, exposez-moi vos théories ahah

Au programme de la semaine prochaine : un Carnaval entre Potter et Granger, une évolution dans la relation père-fille et quelques petites informations sur ce qu'il s'est passé douze ans plus tôt...

A très vite et plein de paillettes de licorne sur vous ! *cœur*