CHAPITRE 11 : Une mission contre la montre.
Qui était le plus surpris des deux ?
Zora, en voyant le Capitaine Crochet prisonnier et attaché au tronc d'un arbre.
Ou Crochet, en voyant les joues de la jeune femme peinturées de bleue, portant sur sa tête, un chapeau de plume rouge. Son ancienne camarade de bord auprès les indiens.
Tous les deux se regardèrent sans se lâcher. Elle pouvait voir dans les Topazes du Capitaine toute la haine du monde. La jeune femme comprit qu'il devait croire qu'elle les avaient trahies en se joignant auprès des Indiens. Elle entrouvrit la bouche puis aurait voulu lui expliquer que tout ceci n'était qu'un accident, d'ailleurs, elle ne savait toujours pas par quel moyen elle avait quitté le navire. Tout ceci était encore trouble dans l'esprit de la jeune femme, mais probablement aussi dans celui du Capitaine. Lorsque ses yeux se posèrent dans ceux de Crochet, tout ce qu'elle pouvait ressentir était un sentiment de mal-être. Néanmoins, sans vraiment savoir pourquoi, son cœur battait à toute vitesse et semblait nerveuse. Sa présence la déstabilisait au plus haut point.
Elle ne savait pas vraiment que ce qu'elle ressentait été une joie cachée ou de la peur. Ce qu'elle savait c'est qu'elle était en quelque sorte prisonnière et devait sortir de ce pétrin.
Le Chef des Indiens lui ordonna de brûler, elle-même, les enfants et le Capitaine, vifs. Les autres regardèrent leur « déesse » en attendant qu'elle accomplisse sa mission. Zora recula en secouant la tête. Ses yeux étaient horrifiés. Elle ne pouvait pas faire une chose pareille. Elle qui avait déjà du mal a ébouillanter des crabes quand il s'agissait de cuisiner, alors des être humains étaient pire encore. Elle se sentait tout d'un coup prise au pigée et devait trouver au plus vite une solution. Elle devait s'expliquer auprès d'eux, qu'elle n'appartenait déjà pas de ce monde, et qu'elle s'appelait tout simplement Zora et pas , et qu'elle trouverai une solution pour éviter cette tragédie.
Elle va devoir se la jouer ruser. Ils croient tous qu'elle est leur déesse et qu'elle pourrai a elle seule faire revenir la Princesse disparue. Elle fronça les sourcils, réfléchissant à un plan stratégique tout en essayant de garder son sang-froid. Ne pas montrer qu'elle a peur. Elle posa un bref regard vers le Capitaine qui celui l'accueillit en fronçant durement les sourcils, puis, elle le replaça en direction du chef. Elle devait se montrer prudente, trés prudente, les Idiens étaient loin d'être stupide.
Pourquoi avouer qu'elle n'est pas la déesse Tinania alors qu'elle pouvait se servir de cette opportunité pour aboutir à ses fins ? Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, ce que le Capitaine ne manqua pas de voir.
Elle replaça une mèche de ses cheveux flamboyants avant de souffler un bon coup. Elle devait réussir ou sinon, tous brûleront vifs.
- Il est inutile de les brûler vifs. Elle gloussa légèrement face aux regards impassibles des autres. Elle avança légèrement puis reprit.
- Moi, déesse Tinania , je pourrai sans problème retrouver la Princesse Lily la Tigresse. Mais pour cela, vous devez laisser mes am..euh ces personne en vies.
Le Chef la regarda longuement avant de se mettre subitement à parler de sa langue maternelle. Zora sursauta puis se ressaisit très vite. Elle pouvait voir les irises froides de Crochet puis dévia aussitôt son regard. Quant aux enfants perdus ils étaient presque soulagés.
L'angoisse dura plusieurs minutes avant qu'un grand silence n'éclate.
- Trois -jours -pour - trouver - Princesse- Lily -Lla -Tigresse. Avait conclu le chef en fixant la jeune femme d'une expression plus que sérieuse. Trois-jours-trois-couchés-de-soleil.
La jeune femme souffla un bon coup, soulagée puis hocha la tête. Elle s'approcha lentement de Crochet.
- Puisse cet homme m'accompagner pendant mon voyage. Sa voix était presque suppléante. Je me sentirai presque en sécurité. Et puisque je suis la déesse Tinania, vous ne pouvez pas y vous opposer. Et depuis quand, moi déesse, dois-je me soumettre a un temps définie ? Ne devez-vous pas m'obéir ?!
- Vous-déesse-Tinania-ne-pouvez-être-au-dessus-de-cette-loi. Lança un autre Indien.
L'un d'entre eux s'était mit à lire, de vive voix, toute la charte. Zora n'avait finalement pas beaucoup de droit, mais suffisement pour sauver la vie des enfants et de ce pirate.
L'Indien lui fit de gros yeux, ce qui éveilla du stresse chez la jeune femme. Des chuchotements se faisaient entendre puis de rires des enfants. Zora posa ses yeux de partout, quitte à éviter le regard impassible du Chef.
Elle risqua un regard vers son Capitaine puis remarqua que celui-ci était toujours aussi froid et tranchant. Elle caressa lentement sa chevelure puis reporta son regard vers le chef. Celui-ci finit par s'exclamer, sans savoir pourquoi ni comment, Zora comprit qu'il avait accepté.
Avant de libérer le pirate, un des Idiens le désarma de la tête aux pieds afin d'être sur qu'il ne fasse pas de coup bas. Un couteau perdu est très vite arrivé. Le chef leur expliqua qu'après ces trois jours, si la Princesse n'était toujours pas revenue les enfants brûlerons vifs, ce qui horrifie la jeune femme, quant à Crochet, pas le moindre du monde.
Trois jours. Trois jours pour trouver la Princesse. Les Indiens, après la « cérémonie » étaient rentré dans leurs tentes. Zora était seule avec Crochet puis comme un sentiment de peur envahissait son corps. Se retrouver seule face à cet homme, cet homme qui avait un regard de glace ne lui inspirait tout d'un coup moins confiance.
Elle ne savait pas combien de temps ce jeu de regard allait durer, tout ce qu'elle savait c'est qu'elle devait y mettre un terme. Elle n'avait pas beaucoup de temps pour retrouver Lily La Tigresse et était en train d'en perdre inutilement. Elle prit son courage et avança.
- Ne perdons pas de temps, nous avons que trois jours pour trouver la Princesse Lily La Tristesse.
Elle avança nerveusement lorsque la voix du Capitaine se fit en fin de compte entendre.
Nous ?
Avait-il dit.
Zora se retourna, elle pouvait voir la silhouette de Crochet avancer lentement et ses yeux transpercer l'obscurité.
- Vous avez bien entendu. Osa répondre la jeune femme en fronçant les sourcils.
Un ricanement grave se faisait entendre.
- VOUS avez une mission. Moi je vais tranquillement retourner à mon navire, mes hommes m'attendent. Répondit-il en balançant son crochet avant de tourner les talons.
Zora leva les yeux au ciel puis soupira. S'il ne voulait rien savoir, elle serait alors contrainte d'employer les manières fortes. Elle couru puis se posta en face de lui, le regard en colère. Ses yeux couleurs dorés osèrent transperçer pour la première fois ceux topazes du Capitaine, les mains sur les hanches, le regard mécontent. Ses cheveux rouges volaient au dessus de son visage.
- Vous venez avec moi ou sinon vous aurez affaire à moi ! Menaça-t-elle sans baisser son regard.
Elle pouvait voir la mâchoire de Crochet se crisper puis entendre un second rire.
- Arrêtez de rire ! Je vous propose un marché. Sous cette colère, le Capitaine arrêta de ricaner puis reprit un air outré. Comment cette petite femelle écervelée avait-elle osé lui répondre de la sorte ? Jack Crochet le pirate le plus filou, dangereux de tous les temps ? Il s'apprêtait pour lui donner une racler, mais fut littéralement coupé par cette dernière.
- Je ne sais pas à quoi vous jouer petite idiote, mais laissez-moi vous dire une bonne chose. Reprit Crochet durement. Sans moi, vous serez morte ! Vous me devez le respect ! Sans ma générosité de vous accueillir auprès des miens vous serez aujourd'hui qu'un cadavre sous terre !
Il parla à perte d'haleine, sans toutefois parvenir à effrayer la jeune femme.
- Alors disons que nous sommes quites. Vous me devez aussi bien du respect. Et laissez moi vous dire une bonne chose également, ce n'est pas parce que vous êtes le fameux Capitaine Crochet que je vais devoir me plier à vos désirs ! Pour moi, vous êtes une personne comme une autre. Vous ne me faites pas peur Jack Crochet !
Crochet manqua de s'étrangler et sans réellement le vouloir son unique main parti aussi vite de l'éclair et s'écrasa violemment sur la joue de la jeune rebelle. Il s'en voulut de son geste à l'instant même. Jamais de sa vie, il n'avait frappé de femme, mais elle l'avait tellement énervé qu'il n'avait pas su se retenir davantage.
Maudite femelle sans cervelle !
Zora leva lentement la tête puis caressa furtivement sa joue endolorie avant de froncer les sourcils.
- Vous m'avez sauvé la vie, j'ai sauvé la votre. Sans mon intervention, vous serez en train de brûler vif. Reprit-elle en essayant de garder son sang froid.
Le Capitaine ouvrit légèrement la bouche puis fronça les sourcils. Elle avait raison mais refusait de l'admettre. Il souffla un bon coup puis se calma.
- Qu'est-ce que vous me proposez ? Finit-il par dire, tentant d'apaiser l'atmosphère.
Elle plongea gravement ses yeux dans les siens avant de croiser les bras.
- Un marché. Elle fit une légère pause. Je vous bats à l'épée, et vous m'aidez à retrouver la princesse. Elle baissa ses yeux puis les releva instantanément. En contre partie si vous me battez, je ... Je partirai.
Crochet plongea son regard de glace dans celui de la jeune femme et eu un demi-sourire. Il remarqua à présent qu'elle avait quand même du cran. Jamais personne ne lui avait proposé ce genre de défi. Défier le Capitaine était quand même une demande plus qu'oser ! La plupart des gens le craignaient comme la peste et il a fallu que ce soit une femme, une femme qui n'est pas de ce monde qui ose, constamment s'opposer à lui. Elle possède un sacré courage, ou alors était-elle tellement stupide ou inconsciente ?
Il accepta le défi avec joie. Il ramassa deux longs bois et en balança un à Zora. Tous les deux se placèrent correctement, le combat pouvait commencer. Ils s'avancèrent doucement afin que les extrémités de leurs bois se touchent . Zora n'avait jamais gardé un visage aussi sérieux. Crochet fut le premier à attaquer, Zora l'esquiva en un rien de temps. C'était vraiment trop facile, un vrai jeu d'enfant. Crochet n'en tenait pas compte. Il continua à foncer sur la jeune fille, toujours dans les règles du combat de pirate, mais ce n'était pas pour autant qu'il la toucha.
Cette fois ci, c'est à son tour d'attaquer. Elle n'y va pas de mains mortes ! Elle enchaîna plusieurs styles d'attaques, que le Capitaine fut touché. Son manteau fut toucher sous les yeux surpris du pirate. Pendant plusieurs minutes, Zora le toucha à chaque fois. De grosse goûtes de sueurs perlaient le long de son cou et sa chevelure brune se collait à son visage.
Le Capitaine commençait sérieusement à s'énerver, il était entrain de se faire battre par une fille. Malgré l'épuisement, il donna tout ce qu'il pouvait à son dernier coup mais en un éclaire elle se retourna, donna un coup de pied au postérieur de Crochet afin de le mettre à terre, elle réussi à lui voler son bois et le plaça au dessus de sa tête. Le chef des pirate n'en revenait pas. La jeune le regardait de haut avec ses grands yeux noisettes . Puis elle se retira en laissant tomber les armes et lui tendit la main pour l'aider à se relever.
Le pirate n'accepta pas et se releva tout seul. Il profita de la distraction de la jeune femme afin de ramasser son bois et l'attaqua de nouveau alors qu'elle avait le dos tourné. Cette dernière savait que Crochet n'allait pas en rester là, elle le connaissait très bien dû aux livres et savait pertinemment qu'il détestait perdre.
Juste au moment ou elle se retourna, elle vit son crochet s'approcher de sa tête. Son réflexe fut de placer ses mains jointes et l'arrêta dans son élan. Le pirate n'en revenait pas de cet exploit. Il en resta bouche bée, aucune personne avant elle n'avait réussi à contrer aussi facilement Crochet . Il ne pouvait que tirer son chapeau. Décidément, plus il apprenait à la connaître et plus elle lui plaisait.
- Très bien. Vous avez gagné. Je vais vous aider à retrouver la Princesse. Céda le Capitaine en tournant les talons.
Zora eu un sourire satisfait. Elle avait réussi. Maintenant Crochet ne pourrai plus jamais dire que c'est une femme écervelée et inutile.
À suivre …
