Correctrice: LittleKimi
Yoka: Ça ne s'est pas mal passé du point de vue de Severus... Mais dans la tête de Harry c'est une toute autre histoire :p On continuera à voire le chien oui, et Harry va déjà mieux, c'était juste le stress. Tu as déjà dit que tu aimais mais ça ne fait pas mal de réitérer lol XD.
yini: Contente que tu aimes :) Et c'est juste les débuts de leur relation... Il y aura des hauts et des bas.
Bonne lecture!
Prise de Conscience
"Harry?" Une main le secouait avec insistance, "Harry, réveille-toi."
"H'mione, va-t'en," râla Harry, "J'suis fatigué." Il était étendu confortablement et au chaud. Il n'avait pas besoin de se lever pour l'instant, alors pourquoi le dérangeait-elle?
"Le professeur Lupin m'a demandé de vérifier que tout va bien. Il a dit que tu étais malade," expliqua-t-elle, inquiète, "Il a aussi dit que tu devrais manger quelque chose. Quelqu'un t'a apporté de la soupe."
Harry ouvrit les yeux. Il vit les contours flous de la salle commune, et Hermione debout près du canapé sur lequel il était allongé. Il avait balancé sa robe sur le dos du canapé, puisque il n'avait pas pu aller plus loin que cela, avant de s'endormir.
Quelqu'un avait envoyé à manger? C'était gentil. Il avait un peu faim, maintenant qu'il y pensait. Il lui semblait se souvenir d'avoir eu une matinée difficile. Quelque chose concernant Snape et...
Les souvenirs revinrent brutalement à l'esprit endormi de Harry.
"Oh, bordel." Il se redressa en sursaut. Il prit ses lunettes de la table où il les avait laissées. Il se leva d'un bond, regardant autour de lui avec frénésie. Apparemment ils étaient les seuls ici.
"Harry?" demanda Hermione, "Qu'est-ce qui ne va pas?" Elle fit un pas en arrière, alarmée.
Quand Ginny l'avait ramené, Harry s'était senti tellement exténué qu'il s'était affalé sur l'endroit convenable le plus proche. Il était tombé dans un sommeil si profond que, l'espace d'un instant, il avait eu du mal à différencier rêve et réalité. Maintenant qu'il était bien réveillé, il aurait vraiment aimé que cette matinée soit un mauvais rêve.
Il se tourna vers Hermione, "Qu'est-ce ce que tu as raconté à Lupin?" demanda-t-il d'une voix dure. C'était de sa faute. Si elle n'avait pas ouvert la bouche, n'avait pas fourré son nez là où ça ne la regardait pas, il aurait pu passer rapidement sur cette affaire d'examen, il en était convaincu.
Elle le dévisagea, "Eh bien, je lui ai dit pour les bleus sur ton bras," dit Hermione doucement, "Et comment ils ne te nourrissaient pas correctement."
Harry la fixa du regard, "Tu n'avais pas le droit." dit-il d'une voix basse.
"J'étais inquiète pour toi." Elle croisa les bras sur sa poitrine, se renfermant sur elle-même, "Pourquoi? Qu'est-ce qu'il s'est passé?"
"Tu n'avais pas le droit, pas du tout.", répéta-t-il, sa voix se brisant.
"Harry?" dit Hermione prudemment. Elle relâcha ses bras et s'avança, comme si elle allait mettre une main sur son épaule.
Harry sentit qu'il commençait à trembler. Il s'éloigna, hors de sa portée, jusqu'à ce que ses jambes heurtent le canapé, sa respiration rapide.
À chaque fois. Ça arrivait à chaque fois. À chaque fois que n'importe qui se plaignait du traitement de Harry aux Dursley, ça ne faisait qu'empirer les choses.
Il s'affala sur le canapé, couvrant son visage de ses mains.
"Tu vas bien?" La voix de Hermione semblait distante, et il y avait comme un grondement dans ses oreilles. Il secoua vivement la tête. Il s'était déjà senti plus mal que ça auparavant, mais pas souvent.
"Snape est mon foutu tuteur.", dit Harry à travers ses mains. Il ne pouvait pas voir le visage de Hermione, mais son absence de réaction lui indiqua qu'elle ne s'attendait pas à entendre ça.
La portée de la chose le percuta brutalement, alors qu'il la disait tout haut.
Snape allait être son tuteur légal. Qu'est-ce que ça voulait dire? Que la prochaine fois que Snape lui donnerait une retenue, il pourrait lui donner une correction aussi? Qu'un enseignant frappe ses élèves était contre le règlement de l'école, mais un tuteur pouvait balancer n'importe quelle punition qu'il le souhaitait, comme le rappelait souvent Vernon à Harry.
Le seul rayon d'espoir était que Snape avait dit que ça allait être temporaire. Peut-être qu'à son retour, Dumbledore pourrait arranger ça.
Certes, mais Harry pensait que Dumbledore l'avait envoyé chez les Dursley pour commencer.
Et c'était certain, Dumbledore l'avait renvoyé là-bas cet été. Le ministre l'avait bien dit.
Et il avait presque dégobillé sur les chaussures de Snape.
Est-ce que ça rendait la situation meilleure ou pire, qu'il ne l'avait pas fait? Cela aurait été un moyen, aux conséquences minimes, de se venger des railleries méprisantes de l'homme. Il l'avait fait devant Pétunia une fois. Elle lui avait juste tendu une brosse à récurer, et d'une voix dégoûtée, lui avait dit de frotter le sol. Ça avait été la dernière fois qu'il n'était pas arrivé aux toilettes à temps (ou le seau, s'il était puni).
"Je suis sûr que tu as des questions.", avait dit Snape.
Harry avait près d'un million de questions, mais alors qu'il avait ouvert la bouche pour les poser, la voix de la tante Pétunia résonna dans son esprit, agressive, "Ne pose pas de questions."
Les questions, ce n'était jamais bon. Les questions, ça vous valait une gifle et un renvoi au placard. Les questions, c'était dangereux. Il valait mieux uniquement prendre ce qu'on vous donnait. La seule et unique règle était "Ne pas poser de questions."
Alors que Snape parlait, Harry pouvait très clairement voir Pétunia dans sa tête. Elle portait une robe bleue sophistiquée, et elle, Vernon et Dudley s'était préparés à aller quelque part. Énervée par ses questions répétées, elle l'avait giflé fort. Assez fort pour le faire chanceler, étourdi, "Ne pose pas de questions." avait-elle dit d'un ton sec, "Je te l'ai déjà dit. Les monstres n'ont pas le droit de poser des questions." Puis elle le frappa de nouveau, assez fort pour le faire tomber par terre. Le souvenir s'achevait là, comme s'il avait été coupé, et Snape était assis devant lui, attendant une réponse.
Une vague de nausée l'avait submergé, "Non, monsieur. Aucune question." avait-il dit, comme il l'aurait dit à Vernon. Il n'était pas assez stupide pour tomber dans ce piège.
"Puis-je partir maintenant?" Il n'avait aucune idée de la réaction qu'aurait Snape s'il se contentait de partir en courant. C'était tout ce qu'il avait pu faire pour atteindre les toilettes et ne pas rendre son petit-déjeuner dans le couloir. Ça aurait été complètement humiliant.
Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu une réaction pareille, probablement depuis son arrivée à Poudlard. Tante Pétunia avait toujours été assez claire; elle n'avait pas du tout le temps pour les bêtes malades. Et c'était bien pire si elle pensait qu'il faisait semblant.
Ça lui était arrivé plusieurs fois à l'école; la plupart du temps avant un examen ou quand il savait que le gang de Dudley lui réservait quelque chose de particulièrement désagréable. Il faisait attention à ce que les enseignants n'en sachent rien, parce qu'il ne voulait pas qu'on l'envoie à la maison. Généralement, la crise passait après qu'il ait vidé son estomac et, bien qu'il soit fatigué pour le reste de la journée, il arrivait à faire avec.
Snape avait été si bizarre avec lui quand il était malade par contre.
Quand il avait passé la porte, Harry avait supposé qu'il s'agissait d'un autre élève. Quand il avait entendu la voix de Snape, son estomac s'était retourné, le faisant vomir tellement fort qu'il pensa que ses tripes allaient suivre aussi.
Snape avait seulement lâché un son irrité, au lieu de crier. Il avait essuyé le visage de Harry avant de lui donner une couverture. Il avait semblé un peu embêté, mais pas en colère. Il avait donné un jour de repos à Harry. Quoique cela était sûrement dû au fait que les autres professeurs rechigneraient à le voir vomir dans leur cours aussi.
Mais franchement, pourquoi était-il venu de toute façon? Harry avait même un vague souvenir de l'homme lui tenant la tête pendant qu'il vomissait. Mais c'était quoi ça? Il s'était attendu, dans le meilleur des cas, à ce que Snape lui balance une potion et lui dise de se débarbouiller. Pas à ce qu'il lui frotte le dos et l'envoie au lit, bon sang. C'était comme ça que les gens se comportaient envers les enfants normaux.
Il avait mal à la tête et son cœur battait fort, comme s'il avait couru un kilomètre, et il ignorait pourquoi. Il baissa la tête jusqu'à toucher ses genoux, essayant de ralentir sa respiration. S'il continuait à faire ça, il serait de nouveau malade et c'était la dernière chose qu'il voulait.
"Harry." La voix de Hermione semblait inquiète maintenant, "Qu'est-ce qu'il s'est passé?" demanda-t-elle encore une fois.
"Snape." Il ne leva toujours pas la tête, "Il a fait en sorte que les Dursley n'aient plus ma garde, je ne sais pas comment."
Un moment passa avant qu'elle ne réponde. Elle semblait incertaine quand elle le fit, "Eh bien... C'est bien non?" demanda-t-elle lentement, "Je sais que tu les détestes."
"Tu m'as entendu?" dit Harry en lâchant un rire aigu, hystérique, "Snape va avoir ma garde. Dis-moi, en quoi ça va être mieux? Il me hait." Il ravala sa respiration irrégulière, "Au moins, ma tante et mon oncle n'avaient pas une dent contre moi depuis le début. J'ai juste continué à tout faire foirer. Quand ça arrivera avec Snape, il me tuera."
Devrait-il vivre avec Snape dorénavant, en été, quand ils ne trouveraient personne qui ne veuille de lui?
Parce que c'était bien là le problème, n'est-ce pas? Personne ne voulait de lui. Oh naturellement, Snape pensait que beaucoup voudraient adopter le Survivant. D'après l'expérience de Harry, pour le Monde Magique, il était plus un symbole qu'un être humain. Non, il y aurait beaucoup de personnes qui diraient vouloir l'adopter, mais...
Oh, Snape allait être furieux lorsqu'il découvrira qu'il ne pourrait pas se débarrasser de Harry.
Que ferait-il? Avec un peu de chance, Snape ne le découperait pas en ingrédients pour potion, mais il allait sûrement rendre sa vie aussi misérable que possible. Au moins avec les Dursley, Harry avait pu leur échapper ces deux dernières années passées à l'école. Snape allait être omniprésent à chaque instant.
Harry laissa échapper un juron dans le creux de ses bras, essayant de retrouver son calme. De réfléchir logiquement. Il sentait son cerveau bloqué à la vitesse supérieure et ça ne ralentissait pas. Il avait moins peur de se rendre malade maintenant, et plus peur que son cœur n'explose.
Une petite voix lucide dans sa tête lui rappela que Snape lui avait sauvé la vie, plus d'une fois. Il avait tenu sa promesse en retirant sa garde aux Dursley sans en avertir le Ministère. En fait, il avait même été assez correct avec Harry depuis le début de toute cette affaire.
D'une certaine façon, c'était encore plus effrayant. Il ne savait pas quand le calme allait se transformer en tempête.
La main de Hermione était posée sur son épaule. Elle s'assit à côté de lui sur le canapé. La salle commune était calme, on n'entendait même pas le crépitement du feu. Tout ce que Harry pouvait entendre était sa propre respiration, laborieuse et rapide.
"Calme-toi," dit-elle d'une voix calme après quelques minutes, "Tout ira bien."
"MAIS QU'EST-CE QU'IL Y A DE BIEN DANS ÇA?" Il se dégagea violemment, repoussant sa main. Il bondit de son siège et lui cria dessus alors qu'elle s'asseyait, "Comment est-ce que ça pourrait BIEN ALLER? POURQUOI A-T-IL FALLU QUE TU AILLES CAFTER À UN PROF MERDE!" finit-il, à moins d'une dizaine de centimètres du visage de la jeune fille.
Son visage était très pâle, et elle se recroquevilla contre le dos du canapé, "Parce que je ne voulais pas que tu finisses comme Neville.", répondit-elle d'une petite voix brisée.
Harry s'arrêta, mortifié, prenant soudain conscience de ce qu'il faisait. C'était l'astuce préférée de Vernon; se tenir au-dessus de quelqu'un et hurler.
Il se laissa tomber, fixant les yeux effrayés de son amie alors qu'ils se remplissaient de larmes. Il ne savait pas quoi dire, "Hermione..." soupira-t-il, "Je..."
Elle fit un bruit qui sonnait comme une sanglot en se levant. Il l'entendit pleurer pour de bon lorsqu'elle le dépassa pour s'enfuir par le passage du portrait.
"Et merde.", dit Harry à la salle vide. Son adrénaline retomba, le laissant avec une sensation de vide glacial.
Ses yeux tombèrent sur le bol de soupe et un plat de sandwiches posés sur la table. Il les contempla et se mit à réfléchir. S'il se lançait à la poursuite de Hermione maintenant, ils finiraient juste par se disputer encore plus. La connaissant, elle pourrait même lui lancer un maléfice.
En plus, il avait plutôt faim.
Il soupira en se dirigeant vers la table pour prendre une chaise.
La soupe sentait bon. Un sortilège de réchauffement était placé dessus et la vapeur qui s'en échappait le tentait. Après quelques cuillerées hésitantes, le ventre de Harry commença à apprécier le repas chaud. Le reste de la soupe suivit plus rapidement. Cependant il ne put avaler qu'un demi sandwich, la nourriture solide ne passant que moyennement. Il décida de ramener les restes dans son dortoir pour les conserver dans sa malle. Peut-être qu'il n'irait pas au dîner ce soir non plus.
Il ne pourrait plus jamais regarder Hermione en face. Il avait plus qu'un peu honte, se rappelant de son visage en larmes. Plus il y pensait, plus il était honteux.
Il lui en voulait toujours pour avoir parlé aux professeurs, mais il aurait dû savoir qu'elle allait en arriver là. Elle ne pensait qu'aux pires scénarios possibles. Elle avait toujours des millions de raisons pour expliquer pourquoi les choses pouvaient mal tourner. Et elle semblait toujours penser qu'aller voir un professeur était la meilleure chose à faire.
Harry espérait vraiment que Hermione n'irait en discuter avec personne d'autre, que ce soit de leur dispute ou de ce qu'il lui avait dit. Il était très probable qu'elle le dise à Ron seulement, ceci dit.
Après avoir rangé les sandwiches supplémentaires, il regarda sa montre. Il était presque temps d'aller à son prochain cours. Il décida d'y assister, même s'il avait carte blanche pour le sécher. Rester seul ici lui sembla soudain intolérable. S'il restait là, Hermione allait probablement envoyer Ron et il serait obligé d'en parler avec lui. Il ne voulait vraiment pas avoir cette discussion avec Ron. Paradoxalement, il était moins probable qu'il parle à quelqu'un s'il allait en cours.
Il craignait également que Snape vienne le voir en personne. Il lui semblait se souvenir que le professeur lui avait dit qu'il le ferait.
Il faillit percuter Ginny, qui sortait du dortoir des filles, alors qu'il descendait les escaliers à la hâte pour rejoindre la salle commune.
"Ho! Désolé, Ginny.", dit Harry, lui tenant le bras pour éviter qu'elle ne perde l'équilibre.
"Merci, Harry", répondit-elle. Elle lui adressa un sourire plutôt faible.
"Tu vas bien?" demanda Harry, se demandant pourquoi elle était encore dans la tour de Gryffondor. Il espérait qu'elle n'avait pas été là-haut pendant tout ce temps à l'écouter se disputer avec Hermione (ou plutôt hurler sur Hermione).
"Ça va.", dit-elle en haussant les épaules. Si elle avait entendu, elle n'allait pas l'interroger là-dessus. Ginny était bien comme ça.
"J'avais juste besoin de chercher quelque chose de mon dortoir. À plus tard." Elle remonta les escaliers.
En traversant la salle commune, il reprit sa robe et son cartable, s'assurant que les saucisses de Sniffle étaient toujours dedans. Il irait à la recherche du chien après les cours.
