CHAPITRE 10
Il était 21h, et Bellamy venait juste de fermer le café. Il avait eu des clients tardifs et n'avait pas voulu les mettre dehors, alors il avait attendu sagement, en nettoyant les tables puis les machines. Il avait même tout préparé pour le lendemain matin. Quand il passa la porte de son appartement, il vit que celui ci était plongé dans le noir, enfin presque parce que la seule lumière, ainsi que le seul son qu'il entendait, provenaient de la télévision. Alors il n'alluma pas, et s'avança doucement. Clarke était allongée dans le canapé, recouverte de la couverture qu'il utilisait lui pour dormir. La blonde semblait s'être endormie et Bellamy se mit à sourire. Elle était belle, et il se rendit compte qu'il adorait ce qu'il voyait. Peut-être que Jasper avait raison, il ne voulait pas qu'elle déménage. Mais avait-il seulement le droit de le montrer? Ce n'était pas comme si leur histoire ressemblait à quelque chose, ni même comme si elle existait. Mais il commençait enfin à se l'avouer, et pour ça, il avait fallu l'intervention d'Octavia ET de Jasper. Il était pourtant un grand garçon, il pouvait se débrouiller seul. Mais il fallait pour ça qu'il accepte l'éventualité de faire entrer quelqu'un dans sa vie.
Alors qu'il se rapprocha jusqu'à s'accroupir devant le canapé et donc devant Clarke, et fit attention à ne pas faire de bruit. Ce n'est qu'une fois juste devant son visage qu'il se permit de la réveiller en lui caressant la joue. Elle ouvrit les yeux, calmement, et plongea son regard dans le siens. Lui sourit, alors que le silence régnait pendant quelques secondes, pour lui laisser le temps de se réveiller.
_ Salut... Excuse moi je rentre tard... Tu as faim?
Elle hocha la tête avant de se frotter les yeux et d'écarter la couverture qui était placée sur son corps. A cet instant, Bellamy découvrit qu'elle était en pyjama, un petit short et un débardeur, et il déglutit. Il se souvint alors de leur nuit, de son petit corps qu'il avait découvert avec ses lèvres, sur sa totalité. Ce petit corps qu'il avait aimé. Il l'avait trouvée plus que magnifique, et maintenant encore. Il recula et se redressa, essayant de cacher ses joues qui rougissaient. Oui, il ne voulait pas qu'elle parte. Ils s'avancèrent tous deux à la cuisine, et Bellamy ouvrit le frigo pour voir ce qu'ils allaient manger.
_ Tu aimes le fromage?
_ Oui.
Elle ne dit rien de plus, et Bellamy sourit. Elle se réveillait à son rythme et il devait avouer qu'il aimait bien la voir comme ça. Elle ressemblait un peu à une enfant qu'on sort de son lit. Alors il sortit quelques pommes de terre de son placard et le fromage, et une fois le plat prêt, il le mit au four quelques minutes.
_ Tartiflette, histoire que ça te réchauffe.
_ Tu es un vrai cordon bleu tu sais!
_ Je sais! Tu verras que ça va te manquer quand tu vivras chez Jasper.
_ Moui.
Il essaya de trouver son visage mais elle le cacha comme elle pouvait. Venait-elle de lui faire comprendre qu'elle était triste elle aussi de déménager? Il n'en était pas sûr, et ne voulait pas s'imaginer des choses. Elle avait sans doute dit ça pour lui faire plaisir, ou pour ne pas montrer qu'elle se fichait de savoir ce qu'elle mangerait quand elle aurait sa chambre chez Jasper. Il remarqua qu'elle frissonnait, alors il se débarrassa de la petite veste à zip qu'il avait sur lui et la déposa sur ses épaules. Clarke lui sourit, avant d'enfiler chacun de ses bras dans les manches. Puis il commença à mettre la table.
Clarke se contrôlait pour ne pas que ses joues deviennent de plus en plus rouges, et que Bellamy ne la voit comme ça. Elle avait beaucoup apprécié le fait qu'il lui passe sa veste, encore chaude. Mais surtout, cette veste portait son odeur, cette odeur qu'elle avait appris à aimer avec le temps. Cette odeur qu'elle ne sentirait bientôt plus. Quand elle était partie du café, elle avait enfilé son pyjama et s'était enroulée dans sa couverture avant d'allumer la télé. Mais elle ne l'avait pas regardé. Elle était restée enroulée dans le tissu, pensive. Elle commençait à s'habituer à cet appartement, qu'elle trouvait à son goût, savait où chaque chose était rangée dans les placards, avait sa place sur l'étagère de la salle de bain, ainsi que sur l'étagère des gels douche dans la douche. Elle commençait à se sentir un peu à sa place ici, et elle allait devoir partir. Elle savait que c'était prévu, et que c'était elle qui avait demandé à Bellamy si elle pouvait encore rester le temps de trouver ses meubles, mais maintenant, elle se surprenait à vouloir qu'ils n'arrivent jamais. Et elle s'en voulait. Avait-elle réellement le droit de vouloir ça? Alors qu'ils étaient simplement des amis? Amis? Ça, elle ne savait réellement pas si c'était le bon mot pour les décrire. Elle s'était souvenue de leur nuit, bien que ce soit pour la réconforter elle, et sans aucun engagement derrière. Mais au fond, ça avait laissé une marque sur son coeur, comme une emprunte. Et elle savait que cette partie marquée, serait réservée pour lui, au cas où. Et puis, à force de réfléchir, et bercée par son odeur, elle avait fini par s'endormir.
Elle le regarda déposer le plat sur la table avec un sourire, et la bonne odeur de fromage lui parvint au nez. Elle laissa sortir un gémissement, signe que ce qu'il avait fait était réellement appétissant, et s'assit sur sa chaise. Sa chaise. Elle mangeait toujours à la même place, si bien qu'elle savait que c'était sa place. C'était drôle tout de même.
_ Bon appétit Clarke.
_ Bon appétit Bell...
Elle baissa les yeux sur le plat fumant, cachant ses joues rouges. Ce soir, elle devait vraiment ressembler à une gamine, elle en était sûre. Et il devait l'avoir grillée à des kilomètres à la ronde. C'était pas bon du tout.
Ils avaient mangé en se racontant leurs journées, comme le ferait tout couple qui ne s'était pas vu de la journée. Comme si c'était tout ce qu'il y avait de plus normal. Mais aucun ne s'en formalisa pas. Et puis ils avaient regardé un film, collés l'un à l'autre, enfouis dans cette couverture que Clarke avait piqué quelques heures plus tôt. Quand Bellamy avait vu qu'elle s'était endormie, il n'avait pas pu se résoudre à la réveiller une nouvelle fois, alors il avait attrapé la télécommande et avait éteint la télé, plongeant le salon dans le noir complet. Puis il avait collé son torse contre le dos de la blonde, et passé un bras autour de sa taille pour la rapprocher encore plus de lui. Il en avait envie. Voir besoin. Fermant les yeux, il avait soupiré de bien être, et n'avait pas tardé à s'endormir. C'était la deuxième fois qu'il dormait bien, qu'il était serein, et reposé. Et il savait que c'était un des effets qu'avait Clarke sur lui. Il savait aussi que d'ici quelques jours, il reprendrait un rythme de sommeil plus saccadé et plus perturbé. Alors il ne fallait pas qu'il s'habitue à ça, à cette paix.
[..]
_ Mademoiselle Griffin?
_ Oui c'est moi.. Répondit Clarke lorsque son téléphone sonnait pendant sa pause de midi.
_ Bonjour c'est le livreur, j'ai vos meubles, je peux être là ce soir pour vous les déposer.
_ Ah oui super! Je vous attendrai à 18h au café « L'Aurore » si vous voulez. C'est en face de l'appartement.
_ Très bien on fait comme ça. A ce soir.
Elle raccrocha et se mit à sourire. Sourire qui était pris entre deux sentiments.
_ Tu as pas l'air si heureuse que ça.
Harper était une de ses collègues de travail, elle travaillait avec les enfants elle aussi mais en tant qu'assistante pendant la cantine et à la garderie. Elle l'aimait bien et les deux jeunes filles avaient vraiment sympathisé, si bien qu'elles déjeunaient presque tous les jours ensemble, avant qu'Harper ne soit de garde à la cantine. Clarke avait appris qu'elle était la petite amie de l'ancien colocataire de Jasper, qui venait emménager avec elle. Ce qui les avait rapprochées. Mais la jeune fille arrivait à lire en elle comme personne n'avait pu le faire jusque là. Ou bien si, tout le monde, car c'était connu que Clarke était un livre ouvert.
_ Si bien sûr, je vais pouvoir emménager chez Jasper, mais ça me fait bizarre.
_ Qu'est ce qui te fait bizarre? D'aller vivre chez Jasper? Ou bien de devoir reprendre l'habitude de dormir seule?
Clarke s'étouffa avec ses pâtes, et Harper se mit à sourire. Oui, elle lui avait un peu parlé de comment ça se passait avec Bellamy, et le fait que depuis quelques jours, ils dormaient tous les soirs ensemble. Ils n'avaient plus recouché ensemble, mais rien que la présence de l'autre avait l'air de faire le même effet. Et puis, ils s'y étaient habitué. Bellamy avait retrouvé le confort de son lit, et Clarke s'était habituée au confort de ses bras. Et ça allait se terminer.
_ Oh mon dieu, qu'est ce que j'ai fait? J'aurai jamais du prendre cette habitude...
_ ça c'est clair! Mais vous en aviez envie tous les deux il me semble, tu n'es pas la seule fautive Clarke. Dis toi que lui aussi va avoir du mal à dormir seul au début.
Oui elle n'avait pas pensé à ça. Pauvre Bellamy, elle s'était imposée chez lui, s'était étalée comme si elle était chez elle, et elle allait tout lui enlever. Peut-être que ça lui ferait autant bizarre qu'à elle. Ou bien peut-être que ça lui ferait du bien de retrouver un peu plus sa liberté chez lui. Elle ne savait pas trop quoi penser de ça.
_ Mais dis moi... Il ne se passe rien entre vous?
_ Non, rien du tout. On est amis... Je suppose.
_ Tu suppose ou tu es sûre?
_ J'en sais rien en fait...
_ Je reformule alors... Tu veux être son amie?
_ Non.
C'était sorti du coeur, et sans qu'elle ne le contrôle. Harper avait sourit, et Clarke avait ouvert la bouche pour montrer qu'elle était choquée de ce qu'elle venait de dire. Non elle ne voulait pas être son amie, car elle savait que c'était impossible. Au fond, elle voulait plus, bien plus. Elle voulait de nouveau ressentir ce qu'il lui avait fait sentir quand ils étaient revenus de leur journée sur les pistes, et pas seulement pour une nuit, mais pour le reste de ses jours.
_ Oh merde...
_ Et si ma belle... tu es amoureuse.
_ Oh merde... répéta-t-elle sous le regard amusé de son amie.
Oui, elle était dans la merde. Elle n'aurait jamais imaginé qu'elle tombe amoureuse si vite après ce que Finn lui avait fait, et encore moins de quelqu'un qu'elle ne connaissait pas avant quelques semaines. Mais c'était arrivé. En soit, était-ce si étonnant? Il était gentil avec elle, prenait soin d'elle, lui montrait que sa présence chez lui était quelque chose de tout à fait normal, et lui permettait d'avoir de l'attention. C'était au final, ce que les choses seraient devenues tôt ou tard. Il fallait juste qu'elle sache quoi faire, si elle devait lui dire ou bien faire comme si de rien était.
Coucou ! :D
Et voilà, une nouvelle arrivante de la tribu est arrivée :D
J'espère que ça vous plait en tout cas !
J'ai du monde à la maison ce week end, donc je ne pourrais vous poster la suite qu'à partir de lundi ^^
En attendant je vous fais de gros bisous !
