Disclamer : Harry Potter appartient à JKR , mais cette histoire est à moi.

Correction chapitre : AnitaBlake93100


Chapitre 10

Voldemort se demanda s'il devait être choqué ou rire de la situation. Voir son bel invité penché au-dessus de l'entrecuisse du cadeau qu'il avait si soigneusement mis de côté pour Severus, avait de quoi surprendre même le plus craint des mages noirs. Quand le mage avait senti le puissant déploiement de magie sauvage et vengeresse exploser dans son manoir, il avait tout abandonné pour se rendre à la source. Son premier réflexe avait été de se rendre dans la chambre du petit elfe qu'il hébergeait sous son toit.

Mais avant même d'avoir fait le quart du chemin, le Lord avait su que cela ne venait pas des quartiers de son invité. Il avait alors suivi les émanations de magie qui l'avaient étonnamment, mais sans réelle surprise, conduit dans les geôles. En prenant la volée de marches qui y menait, Voldemort avait failli piquer un fou rire. Toutefois, il s'était retenu, car un tel comportement n'était pas digne d'un grand mage noir tel que lui. Ce qui était à l'origine de ce presque fou rire était nul autre qu'Ohtar.

En effet, lorsque Voldemort avait descendu la volée de marches qui conduisait au sous-sol, là où se trouvaient les cellules des prisonniers, il avait eu l'agréable surprise de trouver l'oncle du petit elfe solidement fixé au mur, dans une position abracadabrante, la tête en direction du sol. Celui-ci était en train de gigoter dans tous les sens comme un pauvre poisson hors de l'eau en maugréant méchamment. Le Lord, retord et ayant un moment oublié les raisons qui l'avaient conduit là, avait pris le temps de se moquer de l'elfe en mauvaise posture.

_ Au lieu de vous conduire comme un enfant, aidez-moi à descendre de là ! Lui avait ordonné l'elfe grognon.

Ce qui n'était pas et de loin la meilleure façon de demander de l'aide au Lord noir.

_ Je vois que l'insolence est une caractéristique spécifique à votre famille, avait relevé Voldemort avant d'ajouter : excuse-moi, mais j'ai une urgence à régler.

Le mage qui avait très moyennement apprécié que l'on ait osé lui donner un ordre n'avait pas non plus oublié l'intervention de l'oncle un peu plus tôt lors de son tête-à-tête avec Harry. Et étant ce qu'il était, c'est à dire un ancien serpentard, Voldemort avait vu là un excellent moyen de vengeance. Un sourire ravi aux lèvres, le mage avait suivi les émanations de magie venant d'Harry qui s'étaient légèrement calmées. La vague de magie était passée d'une rage violente à une satisfaction mauvaise. La tempête de colère et les rafales de magie brute s'étaient peu à peu estompées.

Voldemort avait laissé Ohtar accroché au mur sans une once de remords. Il avait ensuite passé la porte en miettes de l'une des cellules pour se figer devant le spectacle incongru que lui offrait le petit elfe noir. Debout au-dessus d'un prisonnier, une paire de ciseaux dans une main, une pince au bout de laquelle pendait ce qui ressemblait à s'y méprendre à un sexe d'homme, Harry avait un sourire de satisfaction sur les lèvres. Le mage avait discrètement porté sa main à son paquet pour vérifier qu'il était toujours bien à sa place. Rassuré sur ce fait, il avait poussé un petit soupir de soulagement avant de dire :

_ Par la barbe de Merlin, qu'es-tu en train de faire ?

_ Je fête mes retrouvailles avec un vieil ami, lui répondit Harry sur le ton de l'évidence avec un sourire adorable étirant ses lèvres.

Le mage resta debout, immobile, devant le sourire céleste de l'elfe en ne sachant ni quoi dire ni quoi faire. Voldemort eut quelques difficultés à concilier l'image du parfait petit gryffondor de l'ancien Harry Potter à celui du petit être au visage d'ange couvert du sang de sa victime qui se tenait devant lui. La partie inférieure de la victime en question était recouverte de tellement de sang que le Lord s'étonna de la voir toujours de ce monde. Pourquoi ne mourait-il pas ? se demanda Voldemort avec curiosité. Pendant qu'il s'interrogeait sur ce fait étrange, son regard fut attiré par l'épée enfoncée jusqu'à la garde dans la poitrine du moldu. Le moldu quant à lui, avait la bouche ouverte, la langue pendue et les yeux révulsés. Son étonnement ne fit qu'augmenter à cette vue.

_ Veux-tu te joindre à nous pour les festivités ? lui proposa aimablement le petit elfe en posant avec précaution le membre sectionné de son jouet dans une petite balance qu'il avait fait apparaitre.

Le mage grinça des dents en portant une nouvelle fois la main à son entre-jambes. Réconforté de sa présence et se faisant la promesse de ne jamais agacer le petit démon, il répondit ensuite à la question du jeune elfe tout en se demandant s'il ne devait pas se jeter un charme de protection sur ses bijoux de famille.

_ Non merci, c'est trop salissant pour moi, refusa-t-il avant de matérialiser une chaise sur laquelle il prit place. Puis-je savoir pourquoi il est toujours en vie malgré toute cette perte de sang ? demanda-t-il ensuite.

_ Pas vraiment. Tout ce que je sais, c'est qu'au moment de lui planter cette lame recouverte de magie dans le cœur, j'ai su que cela allait le maintenir en vie quoique je lui fasse. Et comme j'ai énormément de choses à lui faire, j'ai pensé que ce serait une très bonne idée de suivre mon instinct. De plus, cette épée lui inflige en continu l'équivalent d'un doloris à plein puissance, lui révéla Harry en s'emparant d'un couteau mortellement affûté avant de le reposer et de prendre une grosse aiguille.

_ Comment as-tu su pour sa présence ici ?

_ Tu ne me demandes pas pourquoi je lui fais cela, lui demanda Harry au lieu de répondre à la question.

_ Je connais parfaitement tes motivations, lui dit Voldemort heureux du passage au tutoiement que l'elfe avait adopté naturellement.

_ Ah bon ! Et comment ? questionna Harry en passant l'aiguille sur une flamme.

_ À ton avis, pourquoi l'ai-je mis spécialement de côté pour ton père ? demanda satiriquement Voldemort. Et je suis certain que si tu utilises ta petite tête, tu sauras comment j'ai su.

_ C'était donc bien lui le fameux présent que tu resservais à mon père, dit Harry en commençant à coudre les lèvres de sa victime avec l'aiguille. Tu as certainement eu recours à la Legimentie ou à un moyen tordu de ce genre pour soutirer ces informations, poursuivit-il en se saisissant de la paire de ciseaux pour couper la langue du moldu qui pendouillait lamentablement sur le coin de sa bouche.

_ Pourquoi n'utilises-tu pas la magie ? voulut sincèrement savoir le mage noir. Et es-tu vraiment obligé de faire ça à la moldue, c'est vraiment révulsant ! ajouta-t-il avec répulsion.

_ Dit le plus féroce et craint des mages noirs, le railla Harry en poursuivant sa couture après avoir posé la langue près du sexe de l'homme. Je trouve ça plus satisfaisant de le faire de mes propres mains que de recourir à la magie. Je trouve cela trop impersonnel alors que la manière moldue te permet de mieux profiter de l'instant.

_ Tu en as encore pour longtemps ?

_ Pourquoi ? Aurais-tu des choses à me dire ou à faire avec moi ? demanda Harry en reprenant le couteau pour couper soigneusement les paupières du moldu.

_ J'ai une quantité astronomique de choses que je voudrais faire avec toi, mon bel ange, lui dit Voldemort d'une voix gourmande.

_ Une quantité astronomique de choses, releva Harry. Comme quoi par exemple ? lui demanda ensuite innocemment le jeune elfe tout en commençant à enlever la peau de son ancien bourreau qui se tortiller vainement sous la douleur.

_ Pour commencer, prendre un bain bien chaud en ta compagnie.

_ Pourquoi donc ? As-tu besoin que je te frotte le dos ? s'enquit Harry sans le regarder.

_ Le dos, mais aussi autre chose, dit Voldemort d'une voix affamée et prédatrice.

_ Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais frotter d'autre pour toi mis à part ton dos, fonça mignonnement des sourcils Harry. Quoi qu'il en soit, je pense que cela serait plus pratique d'utiliser la magie ou bien de le faire avec l'aide d'une brosse de bains comme le font les Moldus. Si tu veux, je connais un très bon sort pour cela ou si tu préfères la méthode moldue, je peux aussi te montrer comment utiliser la brosse. Je veux bien te montrer comment bien t'astiquer, proposa aimablement Harry tout en continuant sa besogne tranquillement. Comme si, écorcher un homme vivant de surcroit était tout à fait normal et anodin. Le secret avec la brosse moldue, poursuivit-il d'un ton professoral, c'est d'empoigner le manche fermement et en douceur pour éviter qu'elle ne glisse de nos doigts. Ensuite, il faut faire de délicats et fermes mouvements de bas en haut.

_ Oh oui ! J'ai hâte que tu m'astiques le manche... euh ! Le dos, se reprit le mage dont les yeux brillaient d'une lueur impudique. Et ensuite, s'enthousiasma Voldemort en fermant les yeux de délice.

_ Apparaît Dumbledore en petite tenue faisant une danse du ventre, retentit à brûle-pourpoint la voix mielleuse d'Ohtar.

Suite à cette déclaration, une image très réaliste d'un Dumbledore portant un string rose à dentelle, une nuisette affreusement transparente et de la même couleur que le string, perché sur des talons moldus avec le visage couvert d'une tonne de maquillage se dessina devant les yeux du mage. Celui-ci fut tellement traumatisé par l'apparition qu'il crut que son cœur allait lâcher sur l'instant. Si Voldemort n'avait pas été ce qu'il était, il aurait déjà vomi tripes et boyaux. Cependant, étant le plus grand et le plus craint de tous les mages noirs que le monde sorcier ait connus, il ne fit que faire une grimace de dégoût et d'exaspération devant l'intervention inopportune. Il aurait dû le saucissonner quand il en avait eu l'occasion, tient ! se fit-il la réflexion.

Après s'être remis du choc provoqué par l'image mentale provoqué par le frère tout aussi agaçant que son désagréable et insolent maître des potions, Voldemort demanda à Ohtar qui lui souriait narquoisement, ce qu'ils étaient venus faire dans les cachots et comment ils les avaient détectés. La question avait été posée, car Voldemort avait fait en sorte que seules les personnes à qui il indiquait l'emplacement des geôles puissent s'y rendre. Si une personne qui n'était pas dans la confidence tentait de s'y rendre sans son accord, elle était frappée d'une malédiction qui le faisait tourner en rond pendant des jours voir des semaines avant que le mage ne se décide à le délivrer ou bien qu'il ne choisisse de le laisser mourir d'épuisement.

_ Mon adorable petit-neveu souhaitait découvrir ce que vous et mon frère lui cachiez. Il a une sainte horreur des secrets, le saviez-vous ? lui apprit Ohtar en souriant.

_ Et comment avez-vous fait pour trouver son emplacement ? J'ai placé un sort qui empêche toute personne n'ayant pas mon accord d'y accéder.

_ Je suis un elfe ! lui rétorqua dédaigneusement Ohtar. Je n'ai besoin de l'approbation d'aucun sorcier pour me rendre où je veux. Ma nature fait que je peux détecter toutes les sources de magie et les contourner sans problème. Seuls les sorts mis en place par ceux de mon espèce peuvent me poser de la résistance.

_ Je ne savais pas cela, marmonna Voldemort dans sa barbe. Je vais devoir avoir une sérieuse conversation avec ce perfide potionniste, pesta-t-il ensuite. Je trouve qu'il m'a caché bien trop de choses.

_ Cela ne m'étonne pas de mon frère, il est parfois très cachottier.

_ Sinon, ce que fait votre neveu ne vous perturbe pas ? demanda avec curiosité Voldemort.

_ S'il avait été autre chose qu'un elfe noir, certainement. Mais il se trouve qu'il en est un. Donc, non, pas vraiment.

_ Pourquoi le fait qu'il soit un elfe noir à avoir là-dedans ?

_ Je ne sais pas si mon frère vous l'a dit, mais nous les elfes sommes très rancuniers. À l'extrême même.

_ Non, il ne m'en a pas fait part.

_ Eh bien, maintenant, vous le savez. Pour nous, le mot vengeance a une importance capitale. Nous nous faisons un point d'honneur à rendre au centuple ce que l'on nous fait. Pour les elfes de la surface la vengeance est une question d'honneur et pour les elfes souterrains, les elfes noirs, c'est un culte.

_ Un culte ! C'est si important que ça les représailles ?

_ Très important. Vitale même. Pour que vous preniez la pleine mesure de cela, je vais vous citer un exemple. Regardez ce qu'ils ont fait aux sorciers après la trahison de Merlin. Ils les ont tant persécutés qu'ils ont été obligés de se cacher des moldus. Les elfes noirs font de la vengeance une doctrine, un rite de passage même. Ils ont même développé des méthodes de torture parfois inimaginables tant ils sont horribles. Et ils sont allés jusqu'à mettre au point des sorts qui maintiennent leurs prisonniers en vie durant des jours et des semaines pour leur permettre de les torturer en toute sérénité.

_ Cela en est presque effrayant. Je me demande si le fait que votre neveu soit un Drow, même si nous ne savons pas ce que cela veut dire, ne fait pas de lui un elfe noir à part. Et de ce fait moins sanglant que les autres, dit Voldemort.

_ Je ne le crois pas.

_ Pourquoi dites-vous cela ?

_ Parce que j'ai remarqué quelque chose d'étrange avec sa magie.

_ Étrange ! Pouvez-vous développer ? demanda Voldemort avec inquiétude.

_ J'ai l'impression que quelque chose tente d'entrer ou de sortir de sa magie. Quelque chose de très sombre, sauvage et franchement effrayant.

_ Qu'est-ce que cela peut bien être ? Vous pensez que ça pourrait être un Parasite Magique ?

Les Parasites Magiques étaient des esprits de sorciers qui étaient morts avec tellement de haine et de rancœur dans leur cœur, qu'ils n'avaient pas pu passer de l'autre côté à leur décès. Et comme leurs ressentiments étaient trop violents, ils n'avaient pas pu se changer en fantôme comme ceux qui résidaient à Poudlard. En effet, pour qu'un sorcier puisse devenir un fantôme à sa mort, il fallait deux conditions. La première était que le sorcier ou la sorcière soit mort de façon injuste et qu'il éprouve de grands regrets à ce moment-là.

Ensuite, était cela le plus difficile, c'était que le sorcier ou la sorcière éprouve du ressentiment envers la chose, la créature, l'origine, la personne ou les personnes responsables de son trépas. Cependant, ce ressentiment ne doit être ni trop peu ni trop fort. Il doit être à la limite entre la haine complète et le début du pardon. Sans cela, le sorcier ou la sorcière devenait des Parasites Magiques. Des esprits invisibles, dévorés par la haine et la jalousie qui passent leur éternité à tenter de revenir à la vie pour se venger de ceux qu'ils jugent responsables de leurs malheurs mêmes si ce n'est pas le cas ou simplement pour revivre une autre vie.

Pour revenir dans le monde des vivants, ils s'accrochent et siphonnent la magie d'un sorcier ou d'une sorcière pourvue de grandes capacités magiques, car les sorciers avec de faibles sources magiques meurent à la seconde où un parasite touche sa magie. Les Parasites Magiques étaient des cousins des Détraqueurs. Seulement, contrairement à leurs cousins qui provoquent le désespoir à leur contact, les parasites magiques eux, déclenchent la haine et des envies de meurtres qui ne s'apaisent que quand le sang est versé. Après le premier meurtre, le Parasite s'installe dans le corps de son hôte et lui siphonne sa magie jusqu'à la dernière goutte. Ensuite, il prend la place de son hôte à l'insu de tous.

_ Je ne crois pas, répondit Ohtar après un long silence.

_ Alors que pensez-vous que cela puisse être ? Est-ce en rapport avec cette histoire de Drow à votre avis ? questionna le mage.

_ Je ne sais pas, mais cela se pourrait bien. Il va falloir être très attentif à cela. Je vais envoyer un message à mon père pour lui demander de nous prendre un rendez-vous avec un spécialiste des flux magiques pour qu'il puisse l'examiner.

_ Je vous laisse donc vous en charger, mais tenez-moi au courant tout de même. Je veux être présent au moment de la rencontre, déclara Voldemort en jetant un regard curieux vers Harry.

Celui-ci poursuivait sa sale besogne sur le moldu qui avait maintenant perdu la quasi-totalité de sa peau.

_ C'est toutefois perturbant de savoir que c'est Potter qui est en œuvre là, devant moi. Je n'arrive pas à le reconnaitre, dit le mage les yeux posés sur les mains gantées et couvertes de sang d'Harry.

_C'est normal qu'il vous paraisse différent. À la minute où il a pris possession de son héritage, sa personnalité profonde en a été modifiée, lui confia Ohtar. Maintenant qu'il est devenu un elfe noir, son côté calculateur, mesquin, égoïste et vengeur a pris le pas sur le reste. Ne vous attendez donc pas à le voir agir comme Harry Potter, mais comme Lómion Argawaen Lakh, le nom que lui a choisi la Devineresse avant son enlèvement.

_ Que veut dire son nom ? demanda le mage noir qui avait senti un frisson désagréable lui traverser le dos à l'énoncé du nom.

_ Lómion signifie fils du crépuscule, Argawaen veut dire taché de sang et Lakh est victoire contre la mort. Ce n'est pas anodin si nos noms sont choisis par la Devineresse et pas par nos parents, vous savez.

_ Pourquoi cela ?

_ Nos noms définissent notre moi profond et ce que sera notre vie. Ils sont le reflet de nos âmes et de nos personnalités. Prenez en exemple celui de mon frère. Il n'est heureux qu'en étant enfermé dans ses cachots à fabriquer des potions. Sans compter que de toute l'histoire des Sindars, jamais un elfe n'a été aussi doué pour la magie de l'esprit que lui. Son nom elfe est : Eressëa Fëanturi. Eressëa qui veut dire le solitaire et Fëanturi, maître des esprits. Vous voyez ce que je veux dire ?

_ En effet.

_ Bon, je vais faire une petite pause, déclara soudainement Harry. Je me sens un peu poisseux, je vais donc aller prendre un bain, annonça Harry en s'étirant tout en contournant la table torture. J'aime les bains, ils sont très agréables, dit-il en dépassant les deux adultes en pleine discussion. Oh, je pense que tu vas devoir trouver un autre cadeau pour papa, dit-il à l'intention de Voldemort. Celui-ci est un peu abimé et on n'offre pas de cadeaux cassés, c'est très mal vu, sourit-il malicieusement.

L'elfe quitta ensuite la cellule en chantonnant joyeusement. Il se rendit d'un pas dansant dans sa chambre suivi de près par les deux autres. En franchissant le seuil de sa porte et sans attendre d'être dans la salle d'eau, le jeune elfe commença à se dévêtir en laissant négligemment tomber ses habits au sol, créant un chemin de ses vêtements couverts de sang derrière lui. Voldemort suivait ce petit spectacle improvisé avec délectation, quand l'ombre d'Ohtar se déplaça devant lui, lui gâchant la vue.

Qu'avait-il donc fait pour mériter tant haine injustifiée à son égard ! C'était plaint en son for intérieur le Lord en se retenant de jeter un doloris bien mérité à l'elfe. Comme s'il connaissait les intentions du mage, Ohtar se tourna vers lui et lui fit son plus beau et charmant sourire.

_ N'est-il pas exquis, mon adorable petit-neveu ? lui dit-il en éclatant de rire devant le regard assassin que lui dédia Voldemort.

Harry se rendit dans la salle d'eau pour n'en ressortir qu'une heure plus tard. Pendant ce temps, son oncle et Voldemort jouaient à celui qui avait le regard le plus menaçant. Quand enfin le jeune elfe concéda à faire son apparition dans le salon, ce fut dans un peignoir en soie verte très légère qui lui collait presque à la peau. Une longue serviette entourait sa longue chevelure blanche. Pieds nus, il prit place sur un des quatre fauteuils se trouvant dans le coin de lecteur où étaient déjà installés les deux adultes. Dès son apparition, jusqu'au fauteuil, Voldemort ne l'avait pas quitté des yeux.

Le mage se faisait l'image d'un obsédé doublé d'un pervers à trop suivre du regard son jeune invité. Le Lord ne se reconnaissait pas dans cet homme à la limite du dépravé tant il ne faisait que songer au corps du jeune elfe et aux différentes façons dont il pourrait le déguster. Il n'avait encore jamais été aussi tenté et attiré par un corps que celui du fils de son mangemort.

Le Lord savait pourtant que même s'il le désirait avec tant d'intensité, il ne pourrait jamais se permettre de faire quoi que ce soit avant la majorité et sans le consentement du petit ange démoniaque. Et même si ces deux conditions venaient à être réunies, il avait encore le barrage du père et de l'oncle à passer avant d'atteindre le fruit défendu. Voldemort poussa un long soupir de résignation devant cette constatation.

Mais le mage ne perdit pas espoir pourtant, car pour la première fois de sa vie, il bénissait son imbécile d'ancêtre d'avoir rédigé le contrat qui avait mené sa descendance dans la déchéance, puis à sa presque extinction. Quand le Lord avait découvert ce que Salazar Serpentard avait infligé à sa lignée et les implications qui allaient avec, il avait été outré. Ensuite, il avait cherché avec désespoir une solution pour l'éviter. Lorsqu'il s'était finalement rendit compte qu'il n'y avait rien qu'il pouvait faire pour défaire ce que son ancêtre avait fait, il s'était résigné à accepté de mauvaise son sort.

Mais depuis qu'il avait posé les yeux sur le jeune elfe, il avait revu sous un autre œil les contraintes que le contrat apportait. Il prit donc la sage décision de faire valoir ses droits auprès de Severus. Si le jeune elfe avait été apparenté à un autre que le maître des potions, le mage ne se serait pas donné la peine de demander la permission avant de prendre ce qui lui revenait de droit. Mais la situation étant ce qu'elle était et connaissant le caractère du père, mais surtout, parce qu'il craignait de se faire empoisonner par le père en question ; Voldemort trouva plus sage de rendre les choses plus officielles, dirions-nous.

Il décida donc de faire sa demande dès que le mangemort reviendrait pour les Vacances de Noël. Mais en attendant le retour de Snape, rien ne l'empêchait de commencer à apprivoiser son jeune invité. Enfin, si cet imbécile qui lui servait d'oncle arrêté de l'interrompe à chaque fois qu'il se trouvait en tête-à-tête avec lui. Voldemort poussa un énième soupir de désespoir et de frustration.

_ Vous allez bien l'ancêtre ? demanda Harry pas le moins du monde inquiet pour lui pour une noise et en souriant narquoisement.

Il avait posé la question à Voldemort dans le seul but de voir s'il n'y avait pas un moyen de rire du mage une nouvelle fois. Chose qu'il commençait réellement à apprécier depuis son réveil dans les bras du mage.

_ Tu ne me tutoies plus ? remarqua Voldemort en grimaçant devant l'appellation désobligeante. Et je ne suis pas si vieux que ça.

_ Pour commencer, je trouve que c'est plus convenable de se maintenir au vouvoiement. Nous n'avons pas élevé les dragons ensemble tout de même ! Ensuite, bien sûr que si ! Vous êtes vieux. Très vieux même. Plus vieux que mon père pour tout dire. Et en plus, vous êtes un vieux pervers, lui asséna Harry sans pitié.

_ Ai-je l'air de ressembler à une personne âgée ? demanda Voldemort en bombant le torse tout en se convainquant qu'il n'état pas dans son intérêt d'endoloriser le jeune insolent.

Lui, vieux ? N'importe quoi !

_ Je n'ai que quatre-vingt-neuf ans ! ajouta-t-il tout fier. Je suis encore jeune et un très bel homme de surcroit. Qui oserait dire le contraire, hein ! Finit-il avec une pointe d'arrogance.

_ Quoi ! s'écria Harry en ouvrant exagérément les yeux. Vous êtes aussi vieux ! Beurk, quelle horreur ! ajouta-t-il en cachant un sourire amusé derrière ses mains. La magie fait vraiment des miracles ! Vous devriez donner un peu de votre potion au vieux citronné, suggéra-t-il ensuite. À mon avis, il en a largement plus besoin que vous.

La tête que fit Voldemort quand Harry eut fini de parler était à mourir de rire. Et Ohtar ne se priva pas de le faire. Il fut rapidement rejoint par son neveu dont les éclats cristallins firent oublier immédiatement à Voldemort ses envies de meurtre.

_ Bon, si vous avez fini de vous moquer de moi, je pourrais te dire ce que je viens d'apprendre par l'un de mes espions au ministère.

_ Quand vous dites espion, vous voulez dire Lucius Malfoy, lui dit Harry avec un reste de rire dans la voix.

_ Exactement, ne chercha même pas à nier le mage en dévorant Harry des yeux.

_ Alors ?

_ Alors quoi ? demanda le Lord en fixant Harry avec incompréhension.

_ Que vous a dit ce cher Malfoy ? demanda Harry de la façon dont il aurait parlé à un attardé mental.

Et incontestablement, son oncle fut repris d'un fou rire irrépressible tant l'attirance que le mage portait à son neveu était évidente à cet instant. C'était amusant, car du portrait que son frère lui avait peint du mage, il ne retrouvait rien quand Voldemort se trouvait en présence de son petit-neveu. Mais cela ne voulait pas dire que le mage avait cette attitude grotesque devant tout le monde. Non, loin de là même.

D'après ce qu'Ohtar avait pu apercevoir depuis son arrivée, Voldemort était un homme cruel qui n'hésitait pas à recourir à la violence pour régler ses affaires, à châtier ceux qui lui manquaient de respect ou qui le décevaient. Donc, le voir devenir cette chose ridicule en présence de son neveu était tout bonnement tordant.

_ Lucius m'a apporté un fait étrange, finit néanmoins par dire Voldemort.

_ Quel fait ? demanda Harry.

_ En premier lieu, il semblerait que votre fausse famille moldue a disparu dans d'étranges circonstances sans laisser de trace. Leur maison a été détruite par un feu étrange qui n'a laissé aucune empreinte de magie ni d'autre chose. Ce qui est certain, c'est que les propriétaires ne se trouvaient pas à l'intérieur quand la maison a pris feu. Une absence plus ou moins très troublante d'autant plus que ma marque ait été vue au-dessus des runes. En second lieu, l'auror Alastor Maugrey a aussi été retrouvé mort chez lui. Et une fois de plus, aucun usage de magie n'a été détecté sur les lieux.

_ Les deux événements se sont-ils produits le même jour ? demanda Harry en serrant les dents.

_ Non, à deux jours d'intervalle. Ta fausse famille en premier, puis l'auror. Pour l'instant, personne ne semble relier les deux affaires ensemble. Ce qui est complètement idiot, car ma marque est aussi apparue chez l'ancien auror.

_ Avez-vous une idée de qui pourrait être derrière tout cela ?

_ Je n'en suis pas encore certain, mais à mon avis Dumbledore n'y est pas étranger.

_ Vous avez certainement raison. Cela doit être lui, à n'en pas douter. Mais je me pose la question: pourquoi a-t-il éliminé l'auror ? Je comprends qu'il puisse vouloir effacer les preuves de son forfait avec les déchets qui me servaient de famille, mais l'auror, je ne vois pas l'intérêt.

_ Peut-être avait-il appris quelque chose sur lui. Il s'en serait alors débarrassé pour qu'il ne puisse pas reporter ce qu'il a découvert, proposa Ohtar.

_ Mais comment s'y est-il pris pour rendre sa magie indétectable ? se demanda Voldemort avec intérêt.

_ Si je ne savais pas qu'il était bien un sorcier, je dirais qu'il a eu recours à la magie des elfes, indiqua Ohtar.

_ Ce pourrait-il que des elfes se soient alliés à lui ? s'alarma Voldemort.

_ Non, c'est impossible.

_ En es-tu certain ?

_ Parfaitement. Seule ma race entretient des relations avec les sorciers et les moldus. Les autres races ne les portaient pas dans leur cœur et ils préféreraient se couper un membre que de se trouver en présence de l'un ou l'autre des deux peuples.

_ Et les elfes noirs, demanda doucement Harry.

_ Que veux-tu dire par : les elfes noirs ? interrogea son oncle.

_ Eux, est-ce qu'ils pourraient s'allier à un sorcier si cela leur était profitable ? précisa Harry.

_ Oui, certainement, lui répondit son oncle. Ils pourraient parfaitement mettre leur animosité de côté le temps de parvenir à leurs fins. Mais on a plus entendu parler d'elfes noirs depuis des années.

_ Pourtant, je suis bien là, moi, lui fit remarquer Harry. Il se pourrait donc que d'autres le soient aussi.

_ C'est une bonne réflexion, Min Ai Ore. Pour écarter toutes traces de doute à ce sujet, je vais demander à quelques amis de mener discrètement une enquête sur cette possibilité. Si les elfes noirs sont de retour, nous devons nous en assurer et nous préparer au pire, leur révéla Ohtar.

_ Pourquoi nous préparer au pire ? demanda Voldemort.

_ Car si ce sont bien eux qui sont derrière ces meurtres, rien de bon n'en ressortira. Les elfes noirs ne vivent que pour et par la guerre, même si avant leur retrait ils étaient devenus plus sages. Et la seule raison qui les a stoppés dans leur conquête passée, c'est l'arrivée de leur premier roi.

_ Je comprends, mais que ferons-nous s'il s'avère qu'ils sont effectivement de retour ? demanda Harry.

_J'irais demander un Conclave des anciens pour leur exposer le danger.

_ Qu'est-ce que le conclave ?

_C'est une assemblée réunissant les plus anciens et les plus sages de nos représentants. Ce sont eux qui prennent les grandes décisions qui concernent notre peuple.

_ Et que feront-ils de cette information ? Voulut savoir Voldemort.

_ Cela dépendra.

_ De quoi ?

_ S'ils jugent que nous n'affabulons pas, ils mèneront leurs propres investigations pour s'assurer que la menace est bien réelle. Et si la réponse est positive, ils feront appel au Colloque des trois peuples.

_ Qu'est-ce ? Se renseigna Voldemort.

_ C'est une autre assemblée qui réunit cette fois les plus anciens et les plus sages des elfes Noldors, Sindars et Sylvains. Trois représentants de chaque peuple s'enferment dans une salle durant deux semaines et parfois plus, pour parler de la marche à suivre.

_ C'est drôlement long pour prendre une simple décision, fit remarquer Harry en fronçant le nez.

_ Nous aimons prendre notre temps, c'est dans la nature des elfes. Le temps ne s'écoule pas à la même vitesse pour nous que pour les sorciers et les moldus. Tu verras qu'au fil du temps il n'aura plus la même importance et signification pour toi que maintenant, lui expliqua patiemment son oncle. Donc, pour en revenir à notre discussion, tout cela ne se fera que s'il est prouvé que les elfes noirs sont bien de retour.

_ Prions donc pour que cela ne soit pas le cas, dit Voldemort.

_ Oui, en effet, dit Harry pas très enthousiaste.

Lui, il espérait de tout son cœur qu'ils soient effectivement de retour. Il avait le faible espoir que peut-être, la famille de sa mère était toujours de ce monde.

LDD

Albus Dumbledore rasait les murs de la plus célèbre école de magie de tous les temps. Le vieux sorcier avait la désagréable impression d'être suivi depuis deux jours, mais n'arrivait pas à détecter son suiveur. Le vieillard ne pouvait plus se servir de la magie de l'école pour découvrir l'identité de son pisteur comme il avait pu le faire quelques années plus tôt. En effet, lorsqu'un directeur est désigné pour prendre la direction de Poudlard l'école lui donne accès à une magie qui lui permet d'accéder à des passages et salles de classe secrètes et connues de personne, même de la fameuse carte des maraudeurs.

Ces salles cachées des trésors magiques perdus depuis des centaines d'années. Mais ce n'était pas tout. Le directeur de l'école avait aussi la possibilité de situer tous les habitants du château où qu'ils se trouvassent en faisant simplement la demande à Poudlard et en donnant le nom de cette personne. Cette mesure avait été mise en place à la création de l'école par les fondateurs afin de toujours pouvoir venir en aide aux étudiants si d'avenir, ils se trouvaient en danger. Mais comme il fallait s'y attendre, le vieux sorcier s'en était servi à des fins pas très moraux.

Ce qui avait obligé l'école à lui retirer certains privilèges. Cependant, Albus avait toujours accès aux salles cachées du collège et ce qu'ils y enfermaient par la même occasion. Le sorcier pourrait recourir à une autre méthode pour découvrir qui le talonnait de cette façon et pourquoi, mais cela l'obligerait à relâcher la prise qu'il avait sur le corps qu'il utilisait actuellement. Et après une si longue possession, le corps pourrait ne pas supporter un tel acte ou pire encore : le propriétaire légitime pourrait reprendre le dessus même s'il était devenu très faible à présent.

La seule fois où il avait eu le malheur de relâcher son emprise sur le corps, le propriétaire de celui-ci avait profité pour reprendre le contrôle et avait tenté de détruire son précieux trésor. Rien que de penser à la peur qu'il avait ressentie ce jour-là, le sorcier en rageait.

La première fois qu'il a pris possession du corps d'Albus Dumbledore, celui-ci était encore un très jeune homme. Le sorcier était à la recherche des reliques de la mort en compagnie de son amant Gellert Grindelwald. À cette époque, le Parasite Magique avait oublié tout de son passé. En ce temps-là, il était à la recherche d'un moyen de mettre fin à sa vie. Enfin à sa non-vie. Il était enfermé dans une grotte depuis de nombreuses années sans possibilité de s'échapper. Il avait commencé à perdre le peu de raison qui lui reste quand les deux sorciers avaient fait sauter les sortilèges qui le maintenaient prisonnier dans la grotte. Lorsque les défenses de sa prison avaient sauté, le Parasité avait été tellement surpris qu'il avait mis quelque temps à comprendre qu'il était enfin libre d'aller où il le voulait. Ce fut alors qu'il se dirigea vers la sortie, qu'il s'était accidentellement attaché à Dumbledore. Le Parasité avait été tellement déstabilisé par la magie du sorcier qu'il avait commencé à siphonner sans y avoir pensé, qu'il s'était rapidement détaché d'Albus.

Cependant, les quelques secondes où il s'était nourri de la magie de Dumbledore lui avait permis de recouvrer quelque peu ses esprits. Ainsi, il s'était remémoré les événements qui l'avaient conduit à son enfermement. Désirant à tout prix retrouver un peu plus de ses souvenirs, le Parasite avait tenté de se rattacher au sorcier. Cependant, avant qu'il n'ait pu s'approcher d'Albus, l'amant de se dernier s'était dressé entre lui et sa proie. Le Parasité s'était alors empressé de plonger dans la magie de ce dernier pour se sustenter, malheureusement la magie de Gellert, contrairement à celle de son compagnon n'avait pas les mêmes propriétés. Et même si elle était bien plus puissante que celle d'Albus, elle ne permettait pas au Parasite de retrouver sa mémoire. Fou furieux, le Parasite s'était acharné sur le corps de Gellert et lui avait infligé plus sorts de torture dont il ne savait pas où il les aveint appris. En voyant son amant se faire attaquer, mais n'arrivant pas à détecter l'origine de l'attaque, Albus s'était mis à supplier pour la vie de sn compagnon en échange de la sienne.

Profitant de l'aubaine, le Parasite avait quitté le corps de Gellert qui s'était écroulé sur le sol comme une masse inerte et avait investi le corps de Dumbledore. Voulant s'assurer du contrôle total du corps, le Parasite avait poussé Albus à tuer son amant, mais ce dernier était parvenu miraculeusement à ignorer l'ordre et s'était enfui de la grotte en laissant l'homme qu'il aimait seul et allongé sur le sol d'une grotte dans un très mauvais état. Ce fut après cette rencontre que Gellert était devenu le mage noir que tous connaissaient. D'après le Parasite, les tortures qu'il avait infligées au sorcier en plus de l'abandon de son compagnon étaient certainement à l'origine de sa folie. Bref, après le départ de Dumbledore de la grotte, le sorcier était tombé par hasard sur un couple de moldus qui était en train de faire du camping. Le Parasite était alors parvenu à l'obliger à les tuer. Ainsi, il était parvenu à prendre le contrôle total du corps Dumbledore. Avec ce nouveau corps, il était parvenu à retrouver ses souvenirs, mais ceux-ci étaient complètement déformés.

Ce fut ainsi qu'il s'était convaincu que son frère, le Roi Ulric, l'avait tué avant de lui voler son trône. Aveuglé par la colère, il avait préparé minutieusement sa vengeance durant des mois. Et le jour où il avait appris que la reine était sur e point d'accoucher, il s'était introduit dans le château que son frère lui avait volé, avait tué la femme qui l'avait trahi en épousant son frère après que celui-ci l'ai tué ainsi que toutes les personnes qui s'étaient trouvées dans la pièce avant de kidnapper l'enfant d'Ulric. Sa vengeance était presque parfaite. Maintenant, il lui fallait reprendre ce qui lui appartenait et puis tuer son frère. Après les meurtres de la reine et des elfes qui occupaient la chambre de cette dernière, le Parasité s'était rendu chez la Devineresse des elfes noirs afin de lui demander conseil sur la marche à suivre. Cette dernière lui avait alors parlé de la Prophétie du dernier Dragon prophète.

Le Parasite ne savait pas pourquoi, mais il s'était convaincu que cette dernière le concernait lui, et que l'enfant en question était celui de son frère, surtout quand il a été question de Drow. Le Parasité s'était alors félicité d'avoir placé une malédiction mortelle sur l'enfant qui s'activerait à ses onze ans. Ce problème étant résolu, le Parasite avait demandé à la Devineresse comment il pouvait récupérer son ancien corps, car il était hors de question pour lui de vivre un jour de plus dans le corps d'un sorcier.

_ Seul le cœur encore libre d'un Dragon peut faire revenir ton corps mort, lui avait dit la voix laconique de la Devineresse.

_ Le cœur d'un Dragon et libre de surcroit ! s'était étonné le Parasite.

_ Seul le cœur encore libre d'un Dragon peut faire revivre ton corps mort, avait redit la voix succincte de la Devineresse.

_ Où puis-je en trouver un, car aux dernières nouvelles, il n'y a plus de Dragon en ce monde ?

_ Là où vont et viennent les enfants sorciers.

Après cette phrase, la Devineresse avait mis dehors le Parasite sans lui laisser le temps dire un mot.

Il n'avait fallu qu'une semaine au Parasite pour comprendre ce que lui avait dit la Devineresse. Ayant maintenant un but en tête, le Parasite s'était présenté à l'école de magie pour jeunes sorciers d'Angleterre et avait postulé pour un poste de professeur. Ce fut ainsi qu'il était devenu professeur de métamorphose à Poudlard avant d'en devenir le directeur. Cependant, malgré toutes les années qu'il avait passées à chercher le cœur du Dragon qui se cachait à Poudlard tout en préparant minutieusement son retour pour reprendre sa place de roi à son frère, il n'était jamais parvenu à mettre la main dessus. Et maintenant il commençait à perdre patience. Il lui fallait absolument qu'il mette la main sur ce cœur avant qu'il ne commette un génocide au château. Et il commençait à très sérieusement y penser.

Depuis qu'il avait fait tuer Harry Potter, le Parasite était devenu impatient. Sans oublier que depuis qu'il avait senti le réveil de l'enfant annoncé par la prophétie, son instinct lui disait de tout faire pour retrouver son corps s'il voulait survivre à un affrontement avec ce dernier. Heureusement pour lui, les craintes qu'il avait éprouvées envers Snape s'étaient rapidement envolées. Le sorcier n'était pas celui qui venait de se réveiller, car si cela avait été le cas, il l'aurait senti immédiatement au petit-déjeuner le lendemain matin. La somme de magie qui avait explosé ce soir-là avait été bien trop grande pour que le sorcier ait pu la cacher sans qu'il ne l'ait remarqué. Au moins une crainte qu'il pouvait rayer de sa liste.

Le Parasite sortit de ses pensées quand il arriva devant une porte invisible pour tous autres yeux que ceux des directeurs de Poudlard. Il l'ouvrit et pénétra à l'intérieur en s'assurant que personne ne le suivait. Ensuite, il referma la porte derrière lui. Avant que là cette dernière ne se ferme sur lui, on pouvait apercevoir trois corps ligotés fermement sur des chaises.

Il y avait un homme très massif avec une grosse figure rose, une grosse moustache, un cou presque inexistant, de petits yeux humides et d'épais cheveux blonds. Sur sa droite, un jeune adolescent de la même corpulence et physique et sur sa gauche une femme mince et blonde, disposant d'un cou deux fois plus long que la moyenne et au visage chevalin.

LDD

Après que le maître des potions ait retourné leur blague contre eux, les jumeaux avaient eu droit aux moqueries le reste de la journée. Ce n'était pas juste ce qui leur arrivait, geignirent les jumeaux en cœur. Normalement, leur blague aurait dû changer Snape en un mélange de Mimi Geignarde avec ses couettes faites de rubans rose bonbon, de la barbe bien fournie et pleine de miettes de Hagrid, d'un teint vert caca à la peau, puisqu'il semblait aimer cette couleur; et pour finir, des magnifiques robes que Dumbledore affectionnait tant pour parfaire le tout.

Mais Snape avait non seulement découvert leur farce, mais il avait pris le temps de la retourner contre eux. Se retrouver victime de leur propre blague n'était pas vraiment amusant, ils devaient se l'avouer. Les jumeaux étaient assis dans un canapé près de la cheminée de leur salle commune. Ils étaient en train de pleurer sur leur triste sort après que toutes leurs tentatives pour mettre fin aux effets de la potion qui les avait transfigurées en des mini-Snape aient échoué.

_ Je vous avais prévenu de ne rien faire, mais comme d'habitude vous en avez fait qu'à votre tête. Bien fait pour vous, leur asséna cruellement Hermione en retenant un sourire.

_C'est bon, ce n'est pas la peine d'enfoncer le couteau dans la plaie non plus. Intervient Ron en essayant à son tour de ne pas rire.

_ Mais tout de même, c'est vraiment déconcertant de vous voir comme ça, dit Neville de sa petite voix.

_ Moi, je les trouve vraiment craquants comme ça, dit Ginny en les regardant les yeux brillants d'amusement.

_ Craquant ! s'épouvanta Ron. Tu n'es pas sérieuse, hein Gin' ? Tu veux certainement dire beurk ! Je crois que je vais vomir, ajouta ensuite Ron devenu vert.

_ Non, je suis sérieuse ! Ils sont trop mimi, enfonçant du clou la jeune sorcière.

_ Hermione, dit-moi que je n'ai pas entendu ce que je viens d'entendre.

_ Comment peux-tu ne pas entendre ce que tu viens d'entendre ? C'est débile comme phrase, fut la réponse d'Hermione.

_ Neville, mon pote, dit quelque chose.

Mais Neville avait explosé de rire en voyant la tête que faisait Ron.

_ Oh, les mecs, je crois que c'est de famille ! La sœur a aussi le béguin pour la chauve-souris, retentit une voix masculine dans la salle sous les rires gras des élèves.

_C'est dommage, ils auraient pu faire un plan à quatre, mais Snape n'aime pas les roux ni les taches de rousseur.

_ Tu es mon soleil, mon étoile, la lumière qui éclaire mes sombres nuits. Ta chevelure ébène est aussi paradisiaque que l'éden. Sans toi je ne suis plus rien. Oh, mon amour ! Accepte mes sentiments. Fait de moi tien et je t'appartiendrais pour toujours mon doux et magnifique Snape, déclara Fred avec ferveur devant la salle ébahie.

Un silence abasourdi accueillit cette déclaration avant qu'une explosion de rires ne remplisse la pièce. Fred serra les poings et pinça ses lèvres de contrariété. Son jumeau se leva et le poussa vers la porte d'entrée de la salle en voyant qu'il s'apprêtait à faire une autre déclaration humiliante. Les deux jeunes sorciers marchèrent au hasard des couloirs de Poudlard en faisant bien attention à éviter les professeurs et préfets qui faisaient leurs rondes. Ce fut au détour d'un couloir qu'ils surprirent le directeur qui traversait un passage à vive allure.

Une minute après son passage, ils virent leur professeur de potions lui emboîter le pas en faisant tout pour passer inaperçu. Se jetant un regard de connivence et sans avoir à dire quoi que ce soit, ils suivirent les deux sorciers en essayant de se faire le plus discrets possible. Mais au bout de quelques mètres, le directeur commença à jeter des regards soupçonneux derrière lui. Ils perdirent peu après la trace de Snape, alors que le directeur tournait sur un passage qu'ils n'avaient encore jamais vu, une ombre vêtue de noir leur tomba dessus sans prévenir.

_ Alors messieurs, deux copies de moi ne vous suffisent pas pour vous amuser ! Il vous faut aussi l'original. Cependant vous me voyez navré pour vous, car je n'ai toujours aucune passion pour les carottes frisées à taches de rousseur. Retournez à votre dortoir, l'heure d'aller au lit pour les cornichons est déjà passée.

Les jumeaux étaient rouges de honte, mais n'ouvrirent pas la bouche. Ils firent demi-tour et s'apprêtèrent à partir d'un pas rageur, quand Snape les arrêta.

_ Il est bien évident que je vous attends demain soir dans ma classe pour vos deux heures de détention suite à cette petite escapade nocturne, leur lança-t-il avant de partir dans une volée de robe.

On pouvait voir un sourire satisfait sur le visage de Snape, alors qu'un soupir de dépit échappait aux deux jeunes gens.