Merci beaucoup pour vos commentaires.

Si vous avez moins de 16 ans je déconseille de lire ce passage;

CHAPITRE 11

Quartiers de Tony

Gibbs se prépara un café, avec celui qu'il avait apporté de chez lui. C'était une habitude qu'il avait prise depuis bien longtemps. Il ne se déplaçait jamais sans avoir ''une dose de survie'' de sa drogue favorite dans son sac de voyage.

-Tu en veux un ?

-Non, merci.

-Parle-moi, Tony, dis-moi quelques chose, n'importe quoi. Ce n'est pas dans ton habitude d'être aussi silencieux.

-Je vais aller prendre ma douche.

Il entra dans la minuscule pseudo-salle de bains.

Gibbs soupira… non, vraiment rien n'était encore gagné.

-Quel foutu caractère, c'est pas possible ! se marmonna t-il à lui même.

Pendant que son café coulait, il prépara son lit pour la nuit.

L'eau coulait depuis un bon moment maintenant, détendant les muscles de son cou. Il allait devoir prendre un autre médoc, sa main l'élançait vraiment fort. Quel con il pouvait être parfois ! Il savait pourtant que son poignet était fragilisé pour l'avoir déjà pété deux fois. Tout ça ne serait pas arrivé s'il - son père - n'était pas venu et s'il ne se trouvait pas sur ce maudit rafiot. Si on moins le mur avait était en placo au lieu d'être en acier, ce serait le mur qui aurait eu mal, pas lui…et son poignet ne serait pas pété. Bon sang, presque deux mois à devoir se farcir un plâtre ! Pff, ça lui apprendrait : la prochaine fois il serait moins con.

Et comment se laver les cheveux correctement avec une seule main ? Vraiment pas pratique ! Demain, il irait voir le coiffeur du bord. Un type sympa, ce Will, un peu simplet sur les bords mais gentil. C'est clair qu'il n'avait pas été engagé pour ses prouesses physiques ou sa capacité au combat mais c'était un bon coiffeur, peut-être même très bon. Encore que, pour effectuer les coupes militaires réglementaires, 2mm sur tout le crâne, ça ne servait généralement pas à grand-chose qu'il soit doué ou pas pour la coiffure. Mais en l'occurrence pour Tony qui, du fait de son statut d'agent de liaison du NCIS, pouvait garder une coupe de cheveu civile, ce talent que possédait Will s'avérait être un avantage. L'armée était tenue d'engager, pour certains postes de moindre importance, un certain quota de personnes ayant un handicap et Will en faisait partie.

Will était également un passionné de films. Tony et lui pouvaient parler des heures de leurs préférences mutuelles. Le jeune homme avait d'ailleurs été impressionné par la collection de dvd que possédait Tony (et encore celui-ci, faute de place, n'avait emporté qu'une infime partie de sa DVD thèque avec lui. Il avait seulement choisi ses films favoris). Tony l'avait même invité à venir en regarder quelques uns dans sa chambre, Will n'ayant pas de télé dans ses quartiers, qu'il devait de plus partager avec deux autres personnes.

À cet instant, il entendit qu'on toquait à la porte de la chambre.

« Tiens, quand on parle du loup….. » se dit-il.

Tony arrêta l'eau, se sécha avant d'enfiler un bas de jogging et de sortir de sa minuscule salle de bains. Il entendit Gibbs qui était en train de parler à son visiteur.

-Je suis désolé, mais Tony n'est pas dispo...

- Laisse-le entrer le coupa-t-il en entrant dans la pièce.

Gibbs s'écarta alors pour laisser passer un jeune homme plutôt maigrichon qui devait avoir une bonne vingtaine d'années.

-N'aies pas peur, Will, entre. J'avais oublié qu'on était jeudi.

Tony se tourna vers son père.

-Will, je te présente Gibbs, mon ancien patron. Gibbs, voici Will, le coiffeur du bord. Tous les jeudis, on a pris l'habitude de visionner un film ensemble.

« Patron… Tony l'avait de nouveau présenté comme son ancien patron. Quelque part, ça lui faisait mal d'entendre ça. Il aurait tant aimé que son fils le présente comme étant son père, ce qu'il était d'ailleurs. »

Les deux hommes se saluèrent amicalement.

-Qu'est-ce qui est arrivé à ton poignet ? demanda le nouveau venu avec curiosité

-Oh, heu… ! j'ai tapé dans le mur de ma cabine.

-Pourquoi ? On n'a pas idée de frapper un mur en métal ! dit le jeune homme, un peu surpris.

-Je sais, Will. Je ne sais pas ce qui m'a pris, un instant de folie sans doute.

-Je vais te laisser tranquille, si tu as de la visite….

-Non, reste. Ça ne pose aucun problème. Qu'est-ce que tu aimerais regarder ce soir ?

-Si on se faisait le troisième volet du parrain ?

-Parfait.

Tony ouvrit un placard pour y prendre le film, brancha le lecteur dvd sur la télé et lança le film.

Will prit les deux chaises du bureau et les installa devant la porte avant de s'asseoir sur l'une d'elles. Tony prit place sur sa couchette, laissant l'autre chaise à Gibbs.

Les deux jeunes gens avaient l'air de bien s'entendre. Gibbs fut content de voir que son fils s'était fait un ami à bord. Le jeune coiffeur avait l'air d'être un peu limité intellectuellement mais il paraissait très gentil, et c'était le principal. Pour avoir passé tant d'années chez les marines, il savait à quel point il était important d'avoir un collègue sur lequel on puisse compter quand on restait des mois en mer, loin de sa famille et de ses amis.

Malgré qu'il n'ait pas tout compris au film, n'ayant pas vu les deux volets précédents, Gibbs avait apprécié de pouvoir partager une des passions de son fils. Il avait bien envie d'en partager plus. Il était même prêt à voir n'importe quel film, même un film d'horreur, si cela signifiait de passer un moment avec lui.

Après le film, Will prit congé en remerciant Tony et laissa les deux hommes entre eux. Tony rangea le dvd dans sa boite et remit les chaises en place, refusant l'aide de Gibbs qui avait fini par aller prendre sa douche.

Quand celui-ci ressortit de la salle de bains, Tony était déjà allongé sur son lit et faisait semblant de dormir. Seule la lumière de la couchette supérieure éclairait la pièce avec une lueur diffuse.

Gibbs observa un moment son fils qui lui tournait le dos. Il se rendit bien compte qu'il ne dormait pas, sa respiration n'était pas assez régulière. Non, en fait, le jeune homme semblait plutôt préoccupé.

Il grimpa dans son lit sans dire un mot et éteignit la lumière.

Après un long moment de silence, il entendit Tony se racler la gorge.

- Aussi loin que je me souvienne, avant que ma mère ne meure, on était une famille tout ce qu'il y a de plus heureuse en apparence . Il était souvent pris par son travail, mais nous consacrait une bonne partit de son temps libre. Il adorait maman et faisait tout ce qui était en son pouvoir pour lui faire plaisir. Et il se débrouillait toujours pour être présent lors de mes rencontres sportives. Et aussi, il prenait mon parti quand elle m'habillait en costume marin et que je me mettais à râler parce que j'avais horreur de ça. Dans l'ensemble, il était plutôt sévère avec moi mais il était juste…et je l'adorais.

Entendre Tony dire tout haut qu'il avait adoré l'homme qui lui avait volé sa place de père dans la vie de son fils lui fit mal au cœur. Mais il réalisa immédiatement que sa réaction était égoïste et, qu'au contraire, il aurait dû se sentir heureux que son fils reçoive de l'amour de la part de cet homme qui l'avait traité comme son propre fils. Après tout, à la base, ce n'était pas la faute de Mr Doërti si on lui avait caché la naissance de Tony, mais celle de son père et des parents de Lucia.

Tony se tut quelques instants et se replongea dans les souvenirs heureux de son enfance avant que toute sa vie soit bouleversée. Au bout de quelques minutes, il reprit enfin la parole mais le ton de sa voix se fit plus amer… ne laissant aucun doute que les souvenirs suivants lui étaient beaucoup moins agréables.

-Puis, il y a eu l'accident où maman est morte et où j'ai été sérieusement blessé. C'est à ce moment-là que les docteurs se sont aperçus que j'avais une leucémie. J'ai commencé à recevoir des traitements qui me rendaient malade et qui m'épuisaient. Au début, à l'hôpital, papa venait passer du temps avec moi et essayait de me consoler…. mais je sentais bien que, déjà, il n'était plus tout à fait comme avant avec moi.

Après avoir reçu la greffe, une fois que j'ai eu le droit de rentrer chez moi, grand-mère est venue vivre avec nous à la maison. Papa s'est plongé de plus belle dans son travail et semblait de plus en plus souvent préoccupé. J'ai le souvenir que son avocat venait souvent le voir et qu'ils restaient enfermés des heures dans son bureau. Ça a bien dû durer plus de deux mois. Papa devenait de plus en plus taciturne, surtout avec moi. J'avais même parfois l'impression qu'il évitait au maximum de se retrouver seul en ma présence, comme s'il m'en voulait d'être encore là alors que maman était morte.

Ma grand-mère devait le sentir aussi parce que, même après ma rémission, Nonna est restée avec nous à Atlanta… jusqu'à ce qu'elle meure à son tour. Une fois qu'elle n'a plus été là pour prendre soin de moi, mon père s'est débarrassé de moi et m'a envoyé dans un pensionnat en Suisse où j'ai suivi toute ma scolarité. Un de ses pensionnats qui forme l'élite de l'élite. Je rentrais seulement pour Noël et les grandes vacances dit-il d'une voix étranglé.

L'émotion et la profonde tristesse qu'il ressentait s'entendait dans sa voix et Gibbs n'avait qu'une envie : descendre de sa couchette et prendre son fils dans ses bras pour le réconforter. Mais, se doutant que son geste ne serait sûrement pas le bienvenu, il s'abstint de bouger.

-Les premières semaines en pension ont été très difficiles pour moi. J'avais l'impression d'avoir été abandonné. Maman n'était plus là, Nonna non plus et mon père ne voulait apparemment plus de moi

Tony s'arrêta de nouveau de parler, la douleur qu'il ressentait à l'évocation de ces souvenirs lui était trop pénible, même après toutes ces années

-Il m'a déposé là-bas le trois janvier, pour ne venir me reprendre que le 28 juin. J'ai passé les vacances de février et de Pâques au pensionnat avec une poignée d'autres élèves restés coincés là-bas, tout comme moi. Je n'ai reçu aucun courrier ou coup de téléphone de la part de mon père pendant ces cinq mois.

Les deux mois de vacances qui ont suivis ont été un véritable enfer pour moi. Il m'a laissé tout seul dans notre nouvelle maison sous la garde de son majordome, une espèce de vieux vicelard qui me faisait une peur bleue. Il lui arrivait souvent de me tripoter ou de prendre ma main pour se la mettre dans le pantalon.

Un soir, j'en ai parlé à mon père, mais il ne m'a pas cru. Il m'a dit que je délirais et que je ferais mieux de ne plus inventer de mensonges pareils, si je ne voulais pas recevoir une nouvelle punition.

Alors, je n'ai plus rien dit et j'ai continué de subir les assauts de ce vicieux en silence. J'ai compté les jours qui me séparaient de la rentrée des classes, je savais déjà que je retournerais dans ce pensionnat.

Je ne passais plus de temps avec lui, comme avant. Dès qu'il rentrait à la maison, il s'enfermait dans son bureau et buvait. La seule chose qu'on partageait encore, c'était ses reconstitutions des grandes batailles historiques de la guerre de Sécession dans lesquelles il m'emmenait pour porter le pot de chambre à l'usage des 'soldats'

J'ai passé tout mon été 87 coincé entre les reconstitutions historiques et James, le majordome.

La rentrée a enfin fini par arriver et je suis reparti au pensionnat avec une certaine joie. Même si la discipline y était très dure, au moins là bas je me sentais en sécurité.

Sans que l'autre le sache ou s'en doute, des larmes se mirent à couler simultanément sur le visage des deux hommes. Gibbs serra rageusement les poings : si son fils avait été avec lui, rien de tout cela ne lui serait arrivé.

-Puis, les vacances de Noël sont arrivées et j'ai dû de nouveau rentrer à la maison. James était toujours au service de mon père et il a recommencé avec ses gestes déplacés pendant que mon père n'était pas là, c'est-à-dire pratiquement tout le temps. Le soir de Noël, mon père était tellement saoul qu'il en avait perdu connaissance et James… James n'a pas hésité à ...

L'évocation ce souvenir lui était si difficile que sa voix se bloqua dans sa gorge et Tony ne put retenir un sanglot. Il respira profondément pour essayer de se reprendre afin de pouvoir finir de raconter son histoire et continua

-Il m'a dit que….qu'il voulait que je lui donne son…son cadeau de Noël et qu'il…qu'il savait déjà ce qu'il voulait et….et….il m'a demandé…enfin il m'a plutôt ordonné… de…de prendre son sexe dans ma bouche et de lui faire une fellation. Et ça n'était que la première d'une longue série termina Tony d'une seule traite en fermant les yeux et en réprimant un haut-le-cœur.

Après toutes ces années, dès qu'il pensait à cette horrible soirée de Noël, il pouvait encore sentir sur sa langue le goût du sperme de James quand il avait éjaculé dans sa bouche. Il revoyait précisément le regard lubrique de l'homme tandis qu'il maintenait sa tête à deux mains pour s'enfoncer plus profondément dans sa gorge à grands coups de rein, manquant presque de l'étouffer ou encore l'expression de plaisir qui s'était affichée sur son visage quand il avait joui avec de longs jets puissants dans sa bouche. Ce jour-là, quand James l'avait enfin relâché, il avait couru jusqu'aux toilettes et avait vomi jusqu'à l'épuisement. A cet instant précis, il mourait d'envie de faire la même chose mais il ne voulait pas se donner en spectacle devant Gibbs, alors il se retint de toutes ses forces jusqu'à ce que ça passe.

Un silence de mort s'abattit dans la cabine. Gibbs était tellement horrifié parce ce qu'il venait d'entendre qu'il en avait perdu l'usage de la parole. Il sentit une vague de fureur déferler en lui et serra les poings jusqu'à ce que ses jointures blanchissent. Si à cet instant, M. Doërti avait été devant lui, il lui aurait démoli le portrait pour ne pas avoir protégé son fils alors que celui-ci lui avait parlé des agissements de son employé. Et s'il avait ce fameux James sous la main…. il lui arracherait le sexe à mains nues et lui enfoncerait dans la bouche jusqu'à ce qu'il meure étouffé et aille brûler en enfer !

Sentant que Gibbs était sur le point d'exploser et ne voulant surtout pas qu'il descende de sa couchette pour venir le serrer dans ses bras : il ne voulait pas s'écrouler devant lui et lui inspirer de la pitié….ou pire que ça du dégoût, quand il réaliserait à quel point il était un être faible, Tony reprit précipitamment le cours de son histoire.

-La fin de la semaine est passée assez vite et je suis retourné en suisse, jusqu'à l'été suivant.

Quand mon père venu me chercher pour me ramener à la maison, James était toujours à son service mais j'avais hérité d'une belle-mère en prime, donc il lui était plus difficile de me coincer dans des recoins sombres pour me tripoter. Puis, mi août, James a quitté la maison. Ma nouvelle belle-mère ne l'aimait pas du tout et du coup, mon père l'a renvoyé. Je lui en ai été tellement reconnaissant que je lui aurais sauté au cou ! Pour la remercier de m'avoir débarrassé de ce pervers, je me suis comporté comme un ange avec elle pendant ce qui restait des vacances.

Mais elle n'est pas restée Mme Doërti bien longtemps. En six ans, j'ai eu trois belles-mères différentes. C'est bien simple, quand je rentrais du pensionnat pour Noël ou les grandes vacances, je ne savais jamais si ça allait être toujours la même ou si ce serait encore une nouvelle Mme Doërti.

La fin de ma scolarité s'est bien passée. Je m'étais habitué à la vie en pensionnat et je m'étais fait quelques bons amis. J'ai eu mon bac à dix sept ans et après ça, je suis entré à la fac. Là, il y a eu un énorme clash entre mon père et moi. Comme je ne voulais pas suivre les cours qu'il voulait que je fasse, il m'a coupé totalement les vivres. Ça ajouté à toutes les tensions qui existaient déjà entre nous… c'est là que j'ai pris la décision de ne plus porter son nom et de garder seulement celui de maman… même si garder son nom m'aurait plus facilement ouvert les portes de toutes les facs les plus prestigieuses. J'ai pu payer mes études grâce à une bourse sportive mais, suite à une fracture et à l'incapacité de reprendre le sport de haut niveau, je n'ai plus eu droit à ma bourse. J'ai tout juste eu de quoi finir de payer mon semestre en cours et ensuite, je suis entré directement à l'école de police. Mon père l'a encore plus mal pris, avoir un fils flic, ça fait mauvais genre dans le milieu. Ça n'a fait qu'empirer notre relation... mais je crois que, d'un autre côté, ça l'a presque arrangé que je ne porte plus son nom à ce moment-là.

Tony s'interrompit pendant quelques instants, plongé dans ses pensées puis continua.

- En fait, je crois qu'il m'a toujours reproché la mort de ma mère. L'accident était plus ou moins de ma faute. Je n'arrêtais pas de faire l'imbécile à l'arrière de la voiture, j'étais déchaîné ce jour-là. Ma mère m'a demandé de me calmer mais je ne l'écoutais pas. Elle avait peur que je ne finisse par vomir et que je salisse le nouveau costume de marin qu'elle m'avait acheté deux jours plus tôt et que j'avais sur le dos.

Comme je n'obéissais toujours pas, mon père s'est retourné pour me dire de rester tranquille… et il n'a pas pu voir à temps le camion griller le feu et arriver sur nous. Parfois, quand je dors, j'entends encore les cris de maman quand elle a vu le camion foncer sur la voiture. J'entends encore le bruit du verre brisé et de la tôle froissée. Je pouvais à peine bouger, ma jambe me faisait mal et dans mon ventre, la douleur était terrible. Je me souviens d'avoir vu un bout de métal qui en sortait et j'ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillé trois jours plus tard, j'étais à l'hôpital. Ma grand -mère se trouvait à mon chevet et m'a annoncé que ma mère était partie rejoindre mon grand-père au ciel.

Tony se tut, il n'arrivait plus à parler. Le trop-plein de mauvais souvenirs qu'il venait d'évoquer l'avait épuisé et il se sentait complètement vidé, incapable de ressentir la moindre émotion supplémentaire.

Gibbs descendit de sa couchette et posa une main sur l'épaule de son fils. Il avait envie le prendre dans ses bras, le réconforter mais il n'osa pas le faire. Il avait trop peur d'être rejeté.

-Je suis vraiment désolé d'apprendre tout ça.

-Tu voulais savoir ? Et bien ! maintenant, tu sais.

Tony repoussa brusquement sa main et lui tourna le dos pour dissimuler le flot d'émotions qui se bousculait dans son esprit.

-J'ai besoin de dormir. Je suis fatigué, j'ai sommeil et j'ai une tonne de boulot à faire demain.

-Tony, je…

-S'il te plait, ne dis rien.

Découragé et le cœur lourd, Gibbs regagna lentement sa couchette, sur laquelle il resta étendu dans le noir pour une nuit sans sommeil.

Il ne bougea pas quand, un petit moment plus tard, il entendit Tony se lever et aller dans la salle de bains. Le jeune homme se pencha au-dessus de la cuvette des toilettes et vomit tout le contenu de son estomac. Puis, il se rinça la bouche et se passa de l'eau sur la figure. Il ouvrit ensuite l'armoire à pharmacie et avala un somnifère avant de retourner se coucher.

Le lendemain matin, après une nuit bien trop courte, Gibbs se leva. Il contempla un instant Tony qui semblait toujours dormir. Il se dirigea vers le bureau pour se préparer une pleine cafetière de son breuvage favori. Il aurait bien besoin de ça pour tenir toute la journée !

L'odeur du café frais réveilla Tony. Il se tourna dans son lit et ouvrit les yeux. Gibbs était assis en face de lui et le regardait d'un air pensif. Il se passa une main sur le visage avant de s'asseoir. Il se sentait un peu vaseux à cause du comprimé qu'il avait pris pour pouvoir dormir.