Je reposte le chapitre 11, ce n'était pas la bonne version... Les changements ne sont pas énormes, mais ils seront importants pour la suite !

CHAPITRE 11 RETOUR COMPLIQUE

Adélia allait-elle réellement passer la nuit dehors ? Par une tempête de cette ampleur ? Elle était trempée jusqu'aux os, elle claquait des dents. Quelle idiote, elle aurait vraiment dû rentrer plus tôt ! Les portes étaient condamnées, certes. Mais peut être qu'elle pouvait passer par une fenêtre… Encore fallait-il en trouver une ouverte. Elle fit le tour de la grande salle, mais les fenêtres étaient définitivement trop hautes. Adélia reparti donc vers l'horloge. Ici, les fenêtres étaient à bonne hauteur, mais toutes fermées : et comme pour les portes Alohomora ne marchait pas. Elle pourrait bien escalader le mur pour trouver une fenêtre ouverte, mais avec la pluie, c'était beaucoup trop dangereux. Et voler en se métamorphosant en cygne était impensable : elle n'arrivait pas à décoller à plus d'un mètre du sol. Dans un élan de rage et d'épuisement, Adélia frappa la fenêtre de son poing. Le carreau de verre du coin de la vitre explosa, et elle se retrouva avec des centaines de morceaux de verre dans la main, et du sang partout. Absolument génial, il ne manquait plus que ça au tableau. Mais soudain elle eut une idée. Si la fenêtre était fermée, et qu'elle ne pouvait pas la déverrouiller, elle pouvait toujours casser le verre pour entrer ! Quelle était la formule ? Elle était sûre de l'avoir déjà entendue quelque part…

- Bombora… Ultima !

Rien ne se passa. Ce n'était probablement pas la bonne formule.

- Bombarda Ultima ! Bombarda Ulti.. Multi… Bomarda Multima ? Bombarda MAXIMA !

D'un coup tous les petits carreaux de verre explosèrent, mais la structure métallique était restée intacte. Ainsi, certes, le verre avait disparu, mais la structure l'empêchait de passer : les carreaux devaient à peine faire 20cm carré… Même en cygne, elle ne passerait pas.

- Ohé, il y a quelqu'un ? Hurla-t-elle à travers la grille de métal. C'est Adélia, les portes sont fermées !

Aucune réponse. Elle attendit, en surveillant du coin de l'œil les détraqueurs qui n'étaient plus qu'à quelques dizaines de mètre. Soudain, elle vit passer un fantôme. Une femme.

- Attendez ! Attendez ! S'il vous plait !

Le fantôme s'arrêta.

- J'ai besoin de rentrer dans le château, mais les portes sont fermées… Vous pourriez m'aider ?

La silhouette argentée vint se positionner en face d'Adélia de l'autre côté de ce qui restait de la fenêtre.

- Les élèves ne sont pas censés être dehors à cette heure-ci. Vous avez enfreint le règlement.

- Je sais, je sais bien, répondit Adélia agacée, mais maintenant il faut vraiment que je rentre, je suis gelée. Vous pourriez faire ouvrir la porte ?

Le regard de la jeune femme s'attarda longtemps sur Adélia, avant qu'elle ne s'éloigne « Non, c'est impossible, tout le château est sécurisé ».

- Ne partez pas ! Hurla Adélia.

Décidément, elle n'était vraiment pas aidée dans cette école. Et qu'est-ce qu'elle voulait dire par « tout le château est sécurisé » ? Adélia se résigna à s'accroupir au pied du mur de pierre, laissant la fatigue s'emparer d'elle. Cela faisait environ 10 minutes que le fantôme était parti, et elle commençait à s'endormir quand soudain, la température chuta. L'air devint glacé, et elle vit du givre couvrir le sol. En levant les yeux, elle se retrouva face à une cagoule noire, entourée d'une cape déchirée dont dépassaient deux mains putréfiées à l'odeur pestilentielle. Adélia recula, décidément, ces créatures n'étaient pas les plus gâtées de la nature. Cependant, le détraqueur ne se rapprocha pas plus prêt. Au bout de quelques minutes, il détourna le visage vers la gauche, d'où se mit à émaner une forte lumière. Adélia vit alors une biche argentée faire fuir la créature d'un coup de tête, et les autres détraqueurs reculer de plusieurs dizaines de mètres.

- Miss Lawford êtes-vous totalement inconsciente ?! Hurla une voix provenant de sa droite comme la lumière quelques instants plus tôt.

Adélia se releva péniblement, et sentit une vive douleur dans sa main droite.

Rogue se tenait devant elle, et il avait l'air plus que furieux. Elle dégluti péniblement. Elle aurait préféré passer la nuit dans le froid que ce soit lui qui la retrouve. Non mais de quoi elle avait l'air ? Quand il arriva à sa hauteur, il l'attrapa par les épaules et vérifia rapidement son état.

En reprenant constance, elle se mit à réfléchir à toute vitesse. Forcément, on allait lui demander des explications – Elle ne pouvait certainement pas admettre qu'elle était animagi et qu'elle avait passé l'après-midi dans la forêt interdite à rechercher un bassin où se dégourdir les pattes. Mais alors comment expliquer la situation dans laquelle Rogue l'avait retrouvée ?

- Suivez-moi, ordonna-t-il en lâchant ses épaules pour l'agripper par la manche et en la trainer fermement vers la grande porte du hall, qui visiblement avait été déverrouillée.

Ils traversèrent plusieurs couloirs, prirent plusieurs escaliers et semblaient se diriger vers les cachots. Donc le bureau de Rogue. Aïe, la soirée n'allait pas s'améliorer. Elle continua à réfléchir à des explications plus farfelues les unes que les autres.

Quand ils arrivèrent enfin, Rogue la poussa dans un fauteuil en cuir, contre le mur.

- Ne bougea pas d'ici, dit-il d'une voix menaçante avant de ressortir.

Adélia souffla. Rester calme, il fallait rester calme. Elle regarda autour d'elle. Les bocaux d'ingrédients de potion étaient minutieusement alignés, comme lors de son premier cours de potion. Souffre, bicarbonate, oeil d'anguilles, menthe poivrée… Tient, elle avait d'ailleurs utilisé de la menthe poivrée pour sa première potion. Mais Rogue ne la laisserait pas utiliser à nouveau ses ingrédients. Elle devrait se faire ses propres bocaux, il lui avait même donné la liste. Mais oui, la liste bien sûr ! La liste était l'excuse parfaite ! En rentrant de pré-au-lard, elle s'était arrêtée pour récupérer certains ingrédients, et prise dans la tempête, elle était en retard…

Rogue déboula dans le bureau, sa cape dansant autour de lui. Il avait l'air moins furieux que tout à l'heure, mais elle savait qu'il ne la laisserait pas s'en tirer sans conséquence.

Derrière lui apparurent Dumbledore et Mme Pomfresh, l'infirmière.

OoOoOoOo

« …Et les portes étaient déjà fermées quand je suis arrivée. » A la fin de son explication, Rogue ne semblait pas convaincu, mais Dumbledore sourit, lui dit que le plus important était encore qu'elle soit saine et sauve, et qu'elle passe la nuit au chaud.

Madame Pomfresh l'inspecta rapidement.

- Prenez du chocolat, c'est le meilleur remède contre une attaque de détraqueur, dit-elle en murmurant qu'elle aurait vraiment tout vu dans cette école.

- Non, je n'ai pas été attaquée, ça va.

Les trois adultes la regardèrent perplexes.

- Comment ça ? Vous n'avez pas vu de détraqueur ?

- J'ai retrouvé Miss Lawford à trente centimètre de la cagoule d'un détraqueur. Elle prendra ce chocolat quel qu'en soit son avis.

- Mais il ne m'a rien fait, je vous ass…

- Ne faites pas la gamine écervelée, miss Lawford. Avalez ce chocolat, sur-le-champ, répliqua Rogue en détachant chaque syllabe.

Adélia obéit, pendant que Mme Pomresh entourait sa main blessée d'une bande imprégnée d'essence de murlap, « un miracle contre les blessures ouvertes ».

- Bien, il n'y a pas de raison de s'attarder plus sur cette affaire. Adélia, je dois cependant te dire que ce n'est pas une période pour… S'éloigner du troupeau. Ce soir, tous les élèves dormiront dans la grande salle, pour des raisons de sécurité. Severus, je vous laisse décider du sort de cette jeune demoiselle, même s'il n'y a pas à mon avis de drame ici, ajouta-t-il avec un dernier sourire à Adélia avant de s'éclipser, suivit de Mme Pomfresh.

Rogue se tourna alors vers elle. S'il avait l'air plus détendu, il lui infligea tout de même deux heures de retenue le vendredi soir jusqu'à noël, avant de l'envoyer rejoindre les autres élèves dans la grande salle.

OoOoOoOoOo

Quand elle entra dans ce qui était normalement un réfectoire, ou une salle d'étude, elle fut face à un spectacle surprenant. Les tables avaient laissé place à un champ de sac de couchage, où les élèves dormaient alignés en rang d'oignon. Acacius et Gemma, les préfets de Serpentard étaient encore debout et déambulaient entre les élèves.

- Enfin tu es la ! Chuchota Gemma. Mais ou-est-ce que tu étais passée ? Tu vas nous faire perdre des points avec des idioties pareilles !

Visiblement, Gemma était sur les nerfs. Adélia ne prit pas le temps de lui répondre, et se dépêcha de se glisser dans un sac de couchage pourpre qu'Isidora lui avait réservé.

- Alors ? L'interrogea celle-ci.

- Alors, merci de m'avoir couvert. J'avais besoin d'aller chercher des ingrédients pour mon cours de potion, et il y en a certains que l'on ne trouve que dans la forêt interdite.

Isidora la fixa un instant. C'était évident qu'elle ne croyait pas un instant à son explication. Adélia déglutit. Il fallait qu'elle gagne du temps, pour qu'elle puisse décider ce qu'elle pouvait révéler a ses nouveaux camarades et ce qu'elle ne pouvait pas. Adélia changea alors de sujet.

- Dis-moi plutôt ce qu'on fait tous ici et pourquoi le château est devenu une forteresse !

- Apparemment Sirius Black a été vu, du coup les froussards de Griffondor sont paniqués.

- Vu, c'est-à-dire ?

- Oui oui, vu ! Il aurait même attaqué le copain rouquin de Potter.

Adélia se souvint du garçon roux qui accompagnait Harry Potter. Elle les avait croisés dans la volière avant son cours de potion.

Marcella Warrington, membre de leur dortoir pour qui Adélia n'avait que très peu d'affection, dormait a sa gauche. Elle avait écouté leur conversation, alors qu'Adélia pensait qu'elle dormait. Elle s'en rendit compte, lorsque Marcella intervint dans leur discussion.

- Je suis sure que ce n'était pas des ingrédients pour ton cours de potion mais pour un usage personnel. Sinon tu n'aurais pas eu de problèmes.

Adélia et Isidora se tournèrent vers elle.

- Tu n'as pas besoin de potion anti-pustule, ni de remède haleine de gobelin. Par contre c'est évident que tu veux refaire ta couleur.

Adélia ne compris pas vraiment où elle voulait en venir.

- C'est donc ça ! S'exclama Isidora.

- Tu me donneras les instructions, poursuivit Marcela, j'aimerais bien aussi me faire une teinture argentée comme ça. Tu utilises quoi d'ailleurs ? Crin de licorne, pierre de lune ?

Adélia réfléchit pendant quelques minutes. Elle ne se faisait pas de teinture. Elle avait les cheveux naturellement argentés. Mais elle pouvait s'en servir comme excuse pour éviter de leur révéler la vraie raison de son escapade.

- Haha, comment tu as deviné Marcella ? Demanda Adélia en tentant d'être naturelle. Mais je n'ai pas la recette, c'est mon elfe qui la prépare normalement. Elle m'a simplement écrit pour m'informer qu'il y avait une rupture de stock de… de Poudre de pierre de lune, et donc j'ai décidé d'aller en trouver moi-même pour lui envoyer !

- C'est fou comme c'est bien fait, commenta Isidora qui semblait se satisfaire de cette explication. Mais tu aurais pu nous le dire. Au lieu de nous mentir.

Sur cette dernière phrase, son amie se retourna et posa la tête sur son oreiller. Fin de la conversation.

- Quelle susceptible… Commenta Marcella.

Avant de se tourner de son propre coté pour dormir, Marcella lui chuchota :

- Ne me remercie pas. – Adélia la regarda en essayant de comprendre ce qu'elle voulait dire –. C'est évident que ta couleur est naturelle. Isidora est juste trop crédule pour s'en rendre compte. Par contre il faudra que tu me dises ce que tu étais réellement en train de faire.

Sur ces dernières paroles plutôt désagréables, Marcella lui tourna le dos. Adélia fut incapable de trouver le sommeil. L'année commençait difficilement. Elle avait envie de courir hors de cette salle, ne plus revoir ses camarades, s'enfuir du château. Elle aurait du mal à attendre la prochaine escapade, pour retrouver le calme de la forêt interdite.