Bonsoir tout le monde. Il est minuit passé donc techniquement, on est mardi, alors voici le 11ème chapitre.

Je sais que j'ai mis vos nerfs à rude épreuve dans le précédant, mais j'ai bien peur que ça ne soit pas terminé. hum hum...

Merci à tous ceux qui me lisent et aussi qui m'écrivent. Vous êtes supers ! Mais si, je vous aime, même si je vous fais souffrir un peu. Ce chapitre est un peu plus sombre que les autres, j'espère que vous aimerez quand même.

Bonne lecture... ;)

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Chapitre 11 :

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Sam arriva le premier sur les lieux. En chemin, il avait appelé le capitaine et l'équipe de la scientifique pour recueillir les premiers indices. Il n'y avait pas une minute à perdre. Il savait que les premières heures étaient cruciales dans une disparition d'oméga. Les réseaux de revente étaient très organisés et pouvaient faire disparaître définitivement un oméga en quelques heures. Il fallait agir vite avant que Castiel ne soit revendu à un bordel ou à un riche alpha qui ferait de lui son esclave.

Lorsqu'il arriva, Sam se précipita vers Dean toujours assis par terre, et dont le regard absent témoignait de l'état de choc.

- Dean ?

Dean ne bougea pas, ni ne le regarda. Sam s'accroupit face à lui.

- Dean ! Allez, relève toi !

Il le secouait maintenant par les épaules, toujours sans obtenir la moindre réaction.

- DEAN ! Cria t'il.

La gifle qu'il lui administra aurait pu réveiller un mort. Et ce fut effectivement le cas. Dean releva la tête, semblant enfin s'apercevoir de sa présence.

- Sam ? Dit Dean d'une voix blanche ...Ils ont pris Cass...

- Je sais Dean. On va le retrouver. Allez debout vieux! Je vais t'aider. On va tous t'aider.

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L'équipe arriva au grand complet. Tout le monde était là malgré l'heure avancée. Ses collègues avaient appris par Sam que Castiel était le compagnon de Dean. Beaucoup furent surpris de cette nouvelle.

- Dean, en couple ? Ben merde alors ! S'était exclamé Benny.

Mais ce fut sa seule remarque. Peu leur importait que leur collègue ne leur en ait jamais parlé. C'était Dean. Tous savaient qu'il ne se livrait jamais, sauf parfois avec Sam. Dean était de la maison. Castiel était son oméga. Donc c'était la famille. Et dans cette unité, encore plus qu'ailleurs, quand on touchait à la famille, tout le monde répondait présent.

Dean, à l'écart, regardait ses collègues s'affairer autour de la voiture de Castiel. Il vit Abby relever les empreintes à l'intérieur, sur la portière, sur le volant. D'ordinaire, elle ne venait jamais sur le terrain, préférant analyser dans son laboratoire aseptisé les indices recueillis par d'autres. Mais ce soir, elle était là, pour être sure que rien, pas le moindre petit détail ne serait oublié. Ducky était là, lui aussi. Et pourtant sa présence n'était pas indispensable. Il n'y avait pas de corps à autopsier.

Pas encore... murmura une petite voix dans la tête de Dean.

Le médecin légiste faisait un prélèvement du sang trouvé sur l'appui tête. Du sang. Le sang de Castiel...

Des techniciens réalisèrent également des moulages des empreintes de pas au sol et des roues des voitures sur la terre meuble du petit parking. Tout était passé au peigne fin.

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Dean les regardait comme dans un rêve au ralenti, comme si il assistait à tout ceci en spectateur. Ca ne pouvait pas être la réalité. Parce que dans la réalité, c'était lui qui cherchait les indices. Lui qui regardait les familles des victimes d'un air compatissant. Enfin surtout Sam. Parce que lui, ça n'était pas vraiment son fort.

Mais là, c'est lui qu'on regardait avec pitié. Ses collègues semblaient l'éviter, et l'observaient presque avec crainte, comme si il était un objet dangereux, une bombe qui pouvait exploser à chaque seconde. Tous, sauf Sam qui restait à ses côtés, silencieux. Lorsque Bobby s'approcha de lui, Sam s'éloigna un peu.

- Ca va aller, fiston ? Demanda le vieil homme de son habituel ton bourru, mais pourtant plein d'inquiétude.

Dean le regarda sans répondre. Bobby se demandait même si il le comprenait. Il se rapprocha de Sam.

- Ramène le chez lui. Et reste avec lui. J'ai peur qu'il fasse une connerie dans son état.

Le capitaine connaissait les deux garçons depuis leur enfance. Il était un ami du père de Dean. Il l'avait regardé élever son fils à la dure, après la mort de sa femme, assassinée par un criminel. Il avait souvent tenté de raisonner John, de lui expliquer qu'un enfant ne s'élevait pas comme on forme un soldat. Peine perdue.

Pendant son adolescence, Dean avait failli mal tourner, commençant à boire plus que de raison. Mais Bobby l'avait pris sous son aile, lorsqu'il était entré dans la police. Et Dean avait petit à petit pu se débarrasser de ses vieux démons, avec l'aide de Sam, son meilleur ami. Celui qui avait toujours été là pour lui. Et réciproquement d'ailleurs.

Dean n'était pas devenu sobre. Ça, c'était un miracle auquel même Bobby avait dû renoncer, mais maintenant il buvait avec ses amis pour s'amuser, et non plus seul pour se détruire.

Mais ce soir, Bobby avait peur pour Dean, peut être encore plus que pour cet oméga disparu. Il avait peur qu'il n'aille noyer son angoisse dans une bouteille de whisky et qu'il replonge. Définitivement.

- Bien sur Bobby.

Sam jeta un coup d'œil en direction de Dean, mais n'aperçut que l'obscurité. Il le chercha partout, mais son ami n'était nulle part. Son téléphone sonna dans sa poche. Dean !

- Dean ? Mais où tu es ? Qu'est ce que tu fous bordel !

- Je vais le retrouver Sam. Dit Dean d'une voix terriblement calme.

- Reviens, on va le faire ensemble. Toi et moi, comme toujours. Dis moi où tu es.

- Non, Sam, je ferai tout ce qui sera nécessaire pour le retrouver. Tout, tu m'entends ? Et je ne veux pas que tu sois mêlé à ça. Je t'appellerai. Tiens moi au courant si vous trouvez quoi que ce soit. Ajouta t'il en raccrochant.

Sam fixa son téléphone comme si il pouvait lui donner les réponses que son ami lui avait refusées. Il se passa une main dans les cheveux. Et merde ! Il savait de quoi Dean était capable. Il allait au devant de gros ennuis quand il était dans cet état là. Non, rectifia Sam pour lui même, en fait, il ne l'avait jamais vu dans cet état là, et ça le terrifiait.

Il se dirigea vers son capitaine. Sam avait toute confiance en Bobby Singer. Il savait que l'homme couvrirait Dean autant que son autorité le lui permettrait, quitte à y laisser son poste si nécessaire. Il lui raconta leur brève conversation.

- Merde ! L'idiot ! Retrouve le Sam. Tu t'en sens capable, avec ta blessure ?

Sam acquiesça.

- Nous, on s'occupe du reste ici. Repris le capitaine. Tiens moi au courant, dès que tu as du nouveau. Ok ?

- OK, toi aussi Bobby. Dit Sam en s'éloignant.

Le capitaine hocha la tête et retourna vers ses hommes. Putain de merde ! La nuit promettait d'être longue !

_ l'idiot !

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Dean savait d'avance que tous les efforts de ses amis ne serviraient à rien. Il n'y aurait pas d'empreinte dans la voiture, le sang trouvé serait celui de Castiel, ce qu'il savait déjà, et les moulages seraient d'un modèle trop courant sur ce parking fréquenté pour apporter le moindre indice.

Si il voulait sauver Castiel, il devrait le faire à sa manière. Et il devrait le faire seul. Il ne pouvait pas entraîner Sam là dedans avec lui.

Dean avait donc faussé compagnie à ses collègues, à Bobby et à Sam qui discutaient à quelques mètres de lui et avait rejoint sa chère impala. Assis au volant, il avait pris quelques secondes pour respirer, et pour réfléchir.

Il avait tout d'abord appelé Michel, et lui avait expliqué la situation. Castiel était vivant, ça il en avait la certitude. Il aurait été bien incapable de l'expliquer, mais il le sentait jusque dans ses tripes.

Mais il avait été enlevé. Probablement par des trafiquants d'oméga. Et il fallait faire vite pour le retrouver avant qu'il ne soit expédié par avion ou par cargo n'importe où dans le monde. Il lui expliqua que ses collègues étaient entrain de tout faire pour le retrouver par les voies légales. Et que lui, allait se charger des autres voies.

Michel resta un moment silencieux, semblant encaisser tout ce que Dean lui disait.

- Dean, si vous avez besoin de quoi que ce soit, argent, relations, ou autre, dites le moi. Et je dis bien quoi que ce soit. Reçu ? Répéta finalement Michel sur un ton grave.

- Cinq sur cinq. Répondit Dean en écho à une autre conversation tout aussi sérieuse qu'ils avaient eu quelques jours auparavant. Il raccrocha.

Son deuxième coup de fil avait été pour Sam. Son co équipier, son ami, son frère. Sam ne comprenait pas que Dean devait s'éloigner de lui pour le protéger. Et aussi parce que Sam l'aurait empêché de faire ce qui devrait forcément être fait. Sam n'était pas assez fort pour ça. Ou plutôt trop bon, trop honnête.

- Où es tu ? Lui avait il demandé.

Dean n'avait pas répondu. Il ne pouvait pas dire à Sam qu'il se rendait à présent, seul, dans un des quartiers les plus dangereux de la ville. L'endroit était surnommé le purgatoire. C'était un véritable cloaque, sombre, sale, où se retrouvaient tous les monstres les plus repoussants et les plus assoiffés de sang de la création. Des gars qui n'auraient pas hésité à égorger leur mère si ça avait pu leur rapporter un peu de pouvoir ou d'argent. Si quelqu'un savait où était Castiel, il le trouverait là bas. Comment le faire parler serait une autre paire de manches. Mais Dean ne manquait pas de ressources. Il improviserait.

Son dernier coup de fil fut pour Benny. Dean savait que son collègue connaissait bien le purgatoire. Il y avait passé beaucoup plus de temps que lui, lors d'une mission d'infiltration qui avait duré plus d'un an. Benny n'était toujours pas totalement remis de cette expérience, des choses qu'il y avait vues, et de celles qu'il avait dû y faire aussi. Ce boulot vous bouffait un homme !

Il en avait parfois parlé à Dean lors de leurs soirées au Road house après avoir descendu quelques verres. Dean n'en avait jamais rien raconté à Sam. Il n'aurait pas compris.

- Benny, donne moi un nom. Qui est ce que je dois trouver au purgatoire pour avoir des réponses?

- ...

- Non, je ne te dirais pas où je suis. Et j'irai, même si tu ne m'aides pas. Ce sera juste plus difficile, c'est tout.

- ...

- Merci Benny ! Je te revaudrai ça. Pas un mot à Sam, ok ?

Dean raccrocha. Il savait ce qu'il devait faire.

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Edgard était un homme important dans son petit univers. Et si dans la vie quotidienne, c'était un simple responsable de chantier, au purgatoire, c'était un monstre, à l'appétit vorace. Il était craint, respecté. Des légendes couraient sur son compte, racontant qu'il avait un jour forcé un de ses lieutenants à se sectionner lui-même une main, en punition d'un échec. Dean n'était pas sûr que cette histoire soit vraie, mais Benny lui avait dit que ce Edgar savait tout ce qui se passait au purgatoire. Il était l'homme auquel Dean devait parler.

C'est pourquoi l'alpha se trouvait à ce moment là au volant de son impala, garée dans une ruelle sombre, devant ce bar minable à cinq heures du matin, à guetter la sortie d'un des hommes de main d'Edgard, qui allaient forcement le guider vers son boss.

L'homme sortit. Dean l'avait déjà coffré pour des délits divers, en particulier de violence envers des omégas. Encore une fois, ses pensées dérivèrent vers Castiel. Où était il ? Et plus important encore, qu'est ce qu'on était entrain de lui faire subir ?

Dean fit un énorme effort de volonté pour reléguer ces pensées dans le coin le plus retiré de son esprit. Il ne pouvait pas se permettre de se laisser déconcentrer. Il devait suivre ce salopard et faire parler Edgar.

Le salopard en question semblait bien éméché. Il titubait. Il se plia en deux et vomit dans le caniveau.

Merde, il ne va pas pouvoir conduire ! Fait chier !

Dean voyait son plan tomber à l'eau. Ce mec était trop bourré, il allait être incapable de le mener à son chef. Dean devait réfléchir. Et réfléchir vite.

Il pensa une seconde à la possibilité d'appeler Sam. C'était lui la tête pensante de leur duo. Celui qui avait les idées géniales, qui élaborait les plans. Il secoua la tête. Pas question. Il y avait peu de chances que Dean soit toujours flic lorsqu'il aurait retrouvé Castiel. Et Sam ne méritait pas ça.

Il sortit de sa voiture et s'approcha silencieusement de l'homme assis à même le bitume détrempé de la ruelle.

Il jeta un coup d'oeil autour de lui, personne aux alentours.

Dean l'empoigna par les épaules et l'ivrogne commença à grogner.

- Putain, lâche moi, qu'est ce que tu veux connard ? Dit il d'une voix pâteuse.

Dean lui envoya un direct dans la mâchoire qui le mit KO. Il chargea l'homme sur son épaule, en regardant de nouveau autour de lui pour savoir si leur petite altercation allait faire venir du monde, mais la porte du bar resta fermée. On pouvait bien se faire égorger dans cette ruelle sordide, personne ne viendrait à votre secours et de toute façon personne n'en aurait rien eu à foutre.

Dean se dirigea vers l'impala, l'homme toujours inconscient sur son épaule, et le fourra sans ménagement dans le coffre de la voiture. Il se mit au volant et démarra. D'une main, il composa le numéro de l'aîné des Novak, tout en conduisant.

- Michel, vous m'avez dit que je pouvais vous demander n'importe quoi pour retrouver Castiel, c'était sérieux ?

- ...

- Parfait. Alors j'ai besoin de vos compétences médicales.

Dean lui expliqua rapidement ce qu'il attendait de lui et lui donna l'adresse où le retrouver.

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Le médecin arriva rapidement sur les lieus, sa trousse à la main. Il trouva Dean assis dans une petite pièce sombre d'un hangar désaffecté. Un homme inconscient, menotté, était couché sur un lit dont le matelas taché avait définitivement connu des jours meilleurs.

- Il n'a pas repris connaissance. Expliqua Dean. Je ne l'ai vraiment pas frappé fort, il devrait être réveillé.

- Le coup, plus l'alcool…. Il a le teint cireux, jaunasse, c'est une véritable épave. Cet homme doit avoir un foie dans un état catastrophique. Constata Michel qui ne pouvait s'empêcher de se comporter en médecin malgré la situation. Si on ne fait rien, il va cuver toute la journée. Mais avec une perf de polyvitamines et une bonne réhydratation, il devrait être réveillé dans quelques heures.

Le médecin se mit au travail. L'homme grogna de nouveau lorsque Michel enfonça le cathéter dans son avant bras, mais ne se réveilla pas. Il était vraiment ivre mort.

Une fois la perfusion branchée en débit rapide, les deux hommes s'assirent à côté du lit, chacun perdu dans ses sombres pensées. Pas le choix, il fallait attendre. C'est Michel qui rompit le premier le silence.

- Que crois tu qu'il soit entrain de lui arriver ? Demanda t'il, faisant écho aux pensées qui torturaient Dean au même moment.

Malgré la situation, Dean eut un petit sourire amer en entendant l'aîné des Novak le tutoyer. C'est vrai que kidnapper et séquestrer un homme, ça créait forcément des liens.

- Je ne pense pas que tu aimerais que je réponde à cette question.

Michel désigna le corps toujours inconscient sur le lit.

- Et s'il refuse de parler. Ou s'il ne sait rien.

Dean le regarda droit dans les yeux et Michel vit la détermination dans son regard.

- Ne t'inquiète pas pour ça. Il parlera. Et je n'attends pas d'infos de lui, juste qu'il me mène à son chef. Lui il saura. Lorsqu'il sera réveillé, tu partiras, et moi je ferai ce que je dois faire.

Michel fixa Dean assis sur cette chaise, le dos voûté, les coudes sur les genoux et les mains jointes soutenant son menton. Il attendait le réveil de cet homme pour le faire parler, le torturer si nécessaire, Michel l'avait bien compris. Le médecin frissonna.

- Tu l'aimes à ce point ?

Dean resta silencieux.

- … Mon frère, tu l'aimes à ce point ? Répéta Michel.

Dean soupira. Il allait répondre lorsque l'homme sur le lit commença à s'agiter. Il fut pris d'un sursaut, se retourna comme il pouvait avec ses entraves, et vomit sur le côté du matelas.

Prenant conscience de sa situation, maintenant qu'il était réveillé, il tira sur ses menottes attachées à la tête du lit. Son regard se posa sur les deux hommes qui le fixaient.

- Mais...qu'est ce qui se passe ? Qui vous êtes, vous ? Pourquoi je suis attaché ?

Dean se leva et s'approcha de lui, menaçant.

- Ta gueule connard ! C'est moi qui pose les questions ! Tu y réponds et ensuite tu la fermes. Et si tu me dis ce que je veux entendre, peut être...et je dis bien peut être...que tu repartiras d'ici en vie.

- Putain, j'ai rien à te dire. Laisse moi partir ! Sinon j' vais te buter !

Dean ricana et le frappa durement au visage, lui éclatant la lèvre inférieure qui se mit à saigner.

- Vraiment ? Et tu comptes t'y prendre comment ?

Il allait le frapper de nouveau lorsque Michel intercepta son poing. Dean se retourna furieux.

- Va-t'en, bordel! Tu devrais déjà être parti. Il faut que je…

- Tu ne comprends pas. Je ne veux pas t'empêcher de faire parler cette ordure. Mais j'ai une méthode plus efficace.

Il sortit un petit flacon de sa trousse et le montra à l'alpha.

- Du penthotal. On l'utilise en anesthésie. Mais correctement dosé, il peut avoir d'autres usages. On l'appelle communément le sérum de vérité.

L'homme essaya de se débattre lorsqu'il vit le médecin s'approcher de lui, seringue en main. Il criait, menaçait les deux hommes, mais ses yeux exprimaient la peur. Michel injecta le produit dans la tubulure de la perfusion. En quelques secondes le faciès de l'homme changea. Il se détendit, ferma les yeux, alors qu'un sourire béat apparaissait sur son visage sous l'effet du puissant barbiturique.

- Wouhaaaa. Mais c'est super ton truc ! Dit l'homme d'une voix ébrieuse.

Dean s'approcha.

- Je veux que tu me dises tout ce que tu sais sur les trafics d'omégas en cours.

- T'as pas dit « s'il te plait »… Chantonna l'homme hilare complètement shooté.

Dean le gifla.

- Hé ! Pas la peine de t'énerver comme ça. Continua t-il de sa voix pâteuse. Qu'est c'que tu veux savoir déjà ?

- Les omégas ? Est-ce qu'il y a des réseaux de revente actifs en ce moment ?

- Pourquoi ? T'en veux un ?

L'homme articulait de plus en plus difficilement.

- Pasque si t'en veux un, c'est facile… Y en a tout plein qui vont arriver bientôt. Si ton pote est sympa et qu'il me redonne de sa came, je te ferais choisir en premier. Promis!

- Je te parle pas de ceux qui arrivent. Je veux savoir qui s'occupe de ceux qui partent. Qui s'occupe des enlèvements et de la revente?

L'homme commençait à s'endormir. Dean l'attrapa par les épaules et le secoua. Il se réveilla en sursaut.

- Hein ? Mais arrête de m'secouer comme ça, j'vais gerber ! Mais non, on les envoie pas, les omégas, nous, on les fait venir… On prend pas ceux d'ici. Ils sont trop durs à dresser. Personne n'en veut. Les acheteurs, ils veulent de la viande docile.

L'homme ferma les yeux. Dean le saisit par le col de son blouson et le gifla de nouveau. L'homme sursauta et essaya d'échapper à sa poigne.

- Mais arrête ! Y a pas moyen de pioncer avec toi… Tu vas me casser mon trip, mec…

- Dis moi où je peux trouver Edgar ! PARLE !

L'homme se mit à rire sans pouvoir s'arrêter.

- Edgar ?…Parvint il à articuler entre deux éclats de rire. Il mange les pissenlits par la racine. Tu r'tardes, mec ! Il s'est fait descendre y a au moins deux semaines. Maintenant, y a un nouveau shérif en ville. Mais chuuut…faut pas le dire…c'est un secret. Ajouta t'il tout bas en souriant bêtement.

Il essayait de poser son doigt sur sa bouche mais sans y parvenir à cause des menottes.

Dean le secouait de plus en plus fort.

- PARLE CONNARD ! QUI ?

L'homme grogna.

- Tu fais chier ! Je te dirais rien à toi, t'es pas sympa. Dit il avec une moue enfantine contrariée. Puis il regarda Michel. Mais viens là toi. Toi, t'es un pote. Je vais te le dire à toi. Mais tu diras rien aux autres, hein ? C'est un secret, d'accord. Si il sait que j'ai parlé…Houuu ! J'vais passer un sale quart d'heure. Rit il.

Michel s'approcha. Et l'homme murmura à son oreille. Michel prit Dean à part dans la chambre.

- J'ai rien compris à ce qu'il a dit. Il a parlé d'un certain Gordon qui dirigerait le purgatoire. Il serait le nouveau bras droit du « patron ». Tu comprends quelque chose ? Qu'est ce que c'est que ce purgatoire ? Et qui est ce patron ? Avec le penthotal, il peut délirer. Je ne sais pas si tout ce qu'il dit est fiable.

L'homme, perdu dans son délire, se mit à caqueter en rigolant.

- Un poulet ! C'est ça qui est l'plus drôle ! C'est un p'tit poulet !

Contrairement à Michel, Dean comprenait parfaitement ce que cet homme leur avait dit, mais il était complétement stupéfait. Gordon ! Putain de merde !

Dean n'appréciait guère son ancien collègue, mais il n'aurait jamais imaginé ça. Et de nouveau « ce patron » ! Ca changeait complètement la donne. Il ne s'agissait plus d'un trafic d'oméga. C'était pire.

Les pensées défilaient à toute allure dans la tête de Dean. Il se repassait le dossier. Si Walker était un ripou, tout s'expliquait parfaitement. Leur enquête qui avait piétiné pendant des semaines, les scènes de crime sans aucun indice exploitable, ses doutes sur la culpabilité d'Alastair, son suicide étrange dans sa cellule au moment où il était arrivé avec Kevin pour l'identification. Dean avait prévenu Gordon de tout préparer. Et à leur arrivée, il était mort. Putain tout collait!

Dean regardait l'homme endormit sur le lit. Il n'en revenait pas. Il sentit une rage sourde l'envahir.

- Si. Je comprends parfaitement, Michel. Castiel n'a pas été enlevé par des trafiquants. C'est l'étrangleur!

- Quoi? Mais c'est impossible. Ils ont dit qu'il était mort.

- Faut croire qu'on s'est trompé. Je le connais ce Gordon. Putain, c'est un flic, un collègue !

Michel le regardait stupéfait à son tour.

- Bon, on a plus besoin de celui-là. Reprit Dean. On va le laisser attaché là jusqu'à ce que j'ai trouvé Gordon. Je veux pas qu'il l'avertisse.

- Il n'y a pas grand risque. Entre sa cuite et le penthotal, les chances qu'il se souvienne de quoi que ce soit sont presque inexistantes. Il va dormir encore pendant des heures. Répondit le médecin.

Ils se retournèrent vers l'homme qui ronflait bruyamment maintenant qu'on le laissait enfin tranquille.

- On sait jamais. Je ne veux pas prendre ce risque. Tu peux t'en occuper. Le garder endormi?

- Pas de problème.

Dean s'apprêtait à quitter la pièce.

- Dean…si c'est l'étrangleur … Commença Michel, les sourcils froncés.

Dean ferma les poings de rage, il comprenait très bien ce que l'aîné des Novak sous-entendait. Les chances de retrouver Castiel en vie venaient encore de chuter. Ca faisait plus de douze heures qu'il avait disparu. Douze heures entre les mains de ce monstre. Dean repassait dans sa tête les rapports d'autopsie des victimes. Le visage de Castiel vint se superposer sur celui du dernier corps retrouvé.

Il jeta un coup d'œil à Michel avant de quitter la pièce.

- Je te tiens au courant.

- Dean ?

Il se retourna. Le visage de Michel reflétait l'angoisse qu'il ressentait. Dean préférait ne pas savoir ce qu'on pouvait lire dans son propre regard. Les deux hommes se fixèrent une seconde sans rien ajouter mais ils se comprenaient en silence. Dean hocha la tête et partit. Il devait trouver Gordon.

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Dean connaissait les locaux de la crim' comme sa poche. Il avait déjà inspecté le parking. La voiture de Walker ne s'y trouvait pas, signalant probablement qu'il ne devait pas travailler ce jour là, mais Dean voulait s'en assurer. Il pénétra dans le vieux bâtiment par la porte de service, pour éviter de croiser ses anciens collègues. Pas de temps à perdre.

Il savait exactement où se trouvait le bureau de Walker, au premier étage. Il monta donc rapidement l'escalier et entra sans frapper dans la petite pièce. Mais elle était vide comme il le redoutait. Merde !

Dean ressortit et tomba nez à nez avec Cole visiblement surpris de le trouver là.

- Salut Dean. Qu'est ce que tu es venu faire ? Tu regrettes déjà ton ancien job ?

Dean tenta de prendre un air décontracté, pour ne pas attirer les soupçons de son collègue.

- Exactement ! Non, sérieusement, je cherche Gordon. Faut que je revois avec lui un point de détail pour pouvoir boucler le rapport sur l'affaire de l'étrangleur.

- L'étrangleur ? Mais cette affaire est résolue depuis au moins depuis dix jours et t'as toujours pas fini ce rapport ! Bobby va te passer une de ces soufflantes !

- Ouais, c'est bien pour ça que je cherche Gordon. Tu saurais pas où il est ?

- Il a pris un jour de congé. Une affaire personnelle à régler. Il a pas précisé.

Dean déglutit péniblement. Il savait bien quelle affaire Gordon avait à régler. Putain si ce fumier touchait à Castiel ...! Dean serra les poings.

- Ah, au fait Dean... Sam te cherche lui aussi. C'est peut être aussi au sujet de ce rapport d'ailleurs, il l'a pas dit. Faudrait arrêter de vous courir après les gars. C'est pour ça que vous avez pas assez de temps pour terminer la paperasse. Plaisanta l'officier.

- T'as raison. T'en fais pas. Merci Cole, je vais le rappeler.

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Dean quitta le bâtiment, repris l'impala et fit le tour de tous les endroits qu'il connaissait, où aurait pu se trouver Gordon. Sans succès. A cours d'options, il se dirigea finalement vers l'appartement de Walker et frappa à la porte. Evidemment personne. Dean regarda autour de lui brièvement puis crocheta la serrure et entra.

Il était déjà venu dans cet appartement, lorsqu'ils travaillaient encore tous les deux à la criminelle. Dean repensa à ces soirées passées avec celui qu'il pensait à l'époque être son ami, à boire des bières en regardant des matchs à la télé, ou à discuter des affaires en cours au boulot. C'était avant que Sam ne lui ouvre les yeux sur la vraie nature de Gordon. Putain, Sam ne savait pas à quel point il avait eu raison ! Et encore il était loin du compte ! Est ce que Walker était déjà un ripou à ce moment là ? Dean sentit la bile lui remonter dans la gorge.

Il regarda par la fenêtre, le soleil commençait à décliner. Cela allait faire vingt quatre heures que Castiel avait été enlevé. Aucune des victimes décédées n'avait survécu aussi longtemps. Mais Dean ne voulait pas renoncer. Si Castiel était mort, il l'aurait senti. Forcément.

Il s'assit sur une chaise dans un recoin du salon, son arme à la main, face à la porte d'entrée, attendant que le propriétaire des lieux ne se décide à rentrer. La fatigue commençait à se faire ressentir. Il n'avait pas dormi depuis plus de trente six heures. Il s'assoupit malgré lui et fut réveillé en sursaut une heure plus tard par un bruit de clefs dans la serrure.

La porte s'ouvrit très lentement. Gordon se méfiait. Il avait dû être surpris en voulant ouvrir sa porte, de constater que celle ci n'était plus verrouillée. Dean se tenait juste derrière, et abattit son poing sur le bras de l'homme lorsqu'il le vit entrer, l'arme à la main. Son pistolet tomba au sol.

Dean l'empoigna par le col et le plaqua d'un bras contre le mur son flingue pointé entre ses deux yeux.

- Où est il ?

- Putain, mais où est qui ? Qu'est ce que tu fous là Dean ? Lâche moi !

- L'oméga que tu as enlevé hier soir ? Où il est ? Hurla t'il.

Gordon le regarda un instant, essayant d'évaluer la situation. Il dut voir dans les yeux de Dean que nier ne servirait à rien, puisqu'il reprit:

- Tu le retrouveras jamais. C'était un beau morceau, je te l'accorde. Mais c'est trop tard pour sauver cette petite pute. Le patron a déjà dû s'en occuper. Et même toi, tu ne voudras plus de ce qu'il en restera.

Dean savait qu'il essayait de le provoquer et ne voulait pas entrer dans son jeu, mais il ne put retenir un grognement de rage. Il serra les mâchoires. Ce fut suffisant pour Gordon qui en profita pour agripper les poignets de Dean essayant de lui faire lâcher son arme à son tour. Les deux hommes s'empoignèrent. Gordon frappa Dean dans les côtes, puis tenta de lui prendre son arme.

Les deux hommes luttaient au corps à corps, lorsqu'un coup de feu partit. Les combattants s'immobilisèrent.

Du sang commença à s'écouler des lèvres de Gordon qui s'effondra, plaquant ses mains contre son ventre. Son sang ruisselait entre ses doigts, imbibant ses vêtements. Dean se mit à genoux au sol à côté de lui, le saisit par le col et tenta de le redresser.

- Gordon, dis moi où il est. Où est Castiel ?

L'homme lui sourit d'un air mauvais. Sa vie lui échappait en même temps que son sang qui formait maintenant une flaque sur le plancher. Il ferma les yeux et sa main retomba.

- GORDON !

Dean savait qu'il était mort mais il ne voulait pas l'admettre. Il continuait de secouer le corps sans vie pour obtenir une réponse. Il le lâcha finalement. Dean regarda ses mains pleines de sang. C'était le sang de Gordon, mais lui voyait le sang de Castiel. Il n'avait plus aucune piste. Il en était sûr, en tuant Gordon, il venait de condamner Castiel.

Il se mit à hurler sa souffrance, dans un long cri rauque et primal.

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Dean resta là, sur le sol, immobile, plusieurs minutes. Puis il aperçut son arme posée à côté de lui. C'était la solution. La fin de son calvaire. Il l'avait perdu. A quoi bon continuer ?

Il saisit le revolver et pointa lentement le canon sur sa tempe.

Son doigt allait presser la détente lorsque son téléphone sonna. C'était un message de Sam.

Son ami lui en avait déjà laissé des dizaines pour lui demander où il était, mais Dean décida de lire celui là avant d'en finir. Le message était bref, juste quelques mots.

Dean, rappelle moi. On a du nouveau.

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Plus sombre, je vous avais prévenu...

Dean a eu un moment de faiblesse, faut le comprendre. Mais heureusement Sam sera là pour lui, comme toujours.

A mardi prochain pour la suite, si ça vous dit ...