« Je ne sais pas trop, Rose, » dit John, regardant le petit bâtiment devant lui avec malaise.
« Oh, allez Docteur, où est ton sens de l'aventure ? » le taquina Rose en lui donnant un petit coup de coude.
« Mais c'est permanent, Rose. Ça ne s'enlèvera pas sous la douche, » lui rappela-t-il. Elle entoura ses bras autour de son cou.
« Pourquoi as-tu si peur ? » demanda-t-elle doucement.
« Et si jamais quelque chose arrive et que cela ne devient rien d'autre qu'un douloureux rappel d'une relation ratée ? » dit-il vivement.
Rose secoua la tête doucement et l'embrassa. « Je t'aime, » chuchota-t-elle entre ses lèvres. « Et ça, rien ne le changera, Docteur. Jamais. »
Il posa son front contre celui de Rose. « Je t'aime aussi, Rose. » Il se redressa. « Très bien, faisons-le. »
Une heure plus tard, ils sortaient en trébuchant, ivres d'adrénaline. John étudiait le bandage enroulé autour de son biceps droit. Rose ajustait son jean sur la gaze en bas de son dos. « Oh, Donna et Jack vont péter les plombs quand ils découvriront que nous avons des tatouages ! » s'écria John en riant.
« Je sais ! Sans parler de leur mère, » gloussa Rose.
« Oh, j'avais oublié M. et Mme Harkness, » gémit-il, se frappant le front. « Ils vont nous tuer, » grimaça-t-il.
« Nous avons tous les deux dix-huit ans, Docteur, et de toute façon, nous n'avons pas besoin de leur permission, » dit Rose en reniflant.
John sourit et l'attira dans un baiser intense. « Faisons quelque chose de fou, » expira-t-il.
« Nous avons des tatouages, Docteur. Qu'est-ce qui peut être plus fou ? » demanda-t-elle.
« Marions-nous. »
Jack gémit et enfonça son oreiller plus fort contre sa tête pour assourdir le bruit de son téléphone portable. Lorsqu'il entendit Donna toquer à son mur, il roula et s'empara du téléphone. « Qui que ce soit, vous feriez mieux de vous acheter une putain de montre, » grogna-t-il.
« Ah ! Bonjour Jack! » Il releva sa tête et, en effet, il était deux heures trente-quatre du matin.
« À quoi tu joues, John ? »
« J'ai besoin d'un témoin, Jack. »
« Pour quoi faire ? » demanda-t-il sans vraiment payer de l'attention à son interlocuteur.
« Rose et moi allons nous marier ! » dit joyeusement John à l'autre bout du téléphone.
Jack se leva d'un seul coup et tomba du lit. « Aïe ! Merde ! » jura-t-il en se frottant le dos.
« Jack ? » demanda John, inquiet.
« Est-ce que tu viens de me dire que toi et Rose, vous allez vous marier ? À deux heures du matin ? John, nous ne sommes pas à Vegas ! » l'informa Jack, complètement abasourdi.
« Eh bien, ton père peux le faire. Il a une licence pour… marier les gens. »
Jack fronça les sourcils. « Est-ce que tu es bourré, John ? »
« Non, c'est juste que… ah… j'essaye de parler-Oh Rose, » gémit John.
« Hey ! Arrête ça ! » brailla Jack en se relevant et en sortant de sa chambre, se dirigeant vers celle de sa demi-sœur.
« Ouais, désolé pour ça. Bref, Rose et moi, nous nous sommes demandés si toi et Donna, vous accepteriez d'être nos témoin et si ton père pouvait nous marier, » expliqua John.
Jack tendit son bras et secoua l'épaule de sa sœur. « Donna. Donna réveille-toi, » dit-il.
« Dégage... » marmonna-t-elle.
« Donna, sérieusement, réveille-toi bon sang, » grogna-t-il.
Donna se retourna et lui lança un regard noir. « Qu'est-ce que tu fous, Jack ? »
« John et Rose veulent se marier. Ce soir, » l'informa-t-il.
« Quoi ? » hurla-t-elle, en s'emparant du téléphone. « Non mais ça va pas la tête ? » s'écria-t-elle.
« Bonjours Donna ! » l'accueillit John.
« Passe-moi Rose, » ordonna-t-elle.
« Salut Donna. »
« Bon sang Rose, à quoi vous pensez tous les deux ? Vous avez seulement dix-huit ans, pourquoi se presser ? Oh, une minute, tu n'es pas enceinte, hein ? »
Jack pâlit. Il n'était pas prêt à devenir oncle. Particulièrement à cet âge.
Rose eut le culot de rire au nez de Donna. « Non, Donna, mais le Docteur et moi, nous nous aimons, et nous voulons nous marier. M. et Mme Smith, » dit-elle d'une voix rêveuse.
« Ma chérie, tu es saoule ? » Donna tenta de la ramener à la raison.
« Je suis parfaitement sobre. »
« Pourquoi se presser ? » redemanda Donna, désespérant de savoir quelle était la raison de cette décision.
« Nous voulons être mari et femme, Donna, » répéta Rose.
« Très bien, écoute, pourquoi ne viendriez-vous pas à la maison, mmh ? Pour en parler. » Donna écouta Rose qui exposa la proposition au Docteur, lequel acquiesça.
Jack s'affala sur son lit, absolument épuisé. Cela avait prit près de deux heures, mais après avoir vu les tatouages et avoir réalisé que le Docteur et Rose était toujours sous un rush d'adrénaline, il avait été facile de leur faire renoncer à leur projet et d'attendre qu'ils soient tous à l'université. Les tempéraments s'étaient enflammés et les défenses s'étaient levées, mais tout était rentré dans l'ordre, et Rose et le Docteur étaient retournés à l'appartement que le père de Jack avait construit pour eux après que les parents du Docteur soient décédés. Cela n'avait pas été facile, de subitement devoir partager la salle de bain avec deux nouvelles personnes, mais ils avaient finalement trouvé leur rythme.
Jack posa son bras sur ses yeux, bloquant la lumière du soleil. Il ne savait pas ce que ses parents auraient fait si Rose et le Docteur avaient insistés pour aller au bout de ce qu'ils voulaient.
« Pourquoi est-ce que tu dois partir ? » gémit John, ramenant Rose près de lui en espérant que la chaleur de sa peau contre la sienne serait suffisant pour la garder avec lui.
« Docteur, nous en avons déjà parlé, » répondit Rose en se blottissant contre lui, « Si nous voulons nous marier, nous avons besoin d'avoir de bons travails, ce qui veut dire une bonne éducation, d'accord ? »
« Mais pourquoi l'Amérique ? Il y a plein de bonnes universités ici. »
« Je suis née en Amérique, John, je devrais au moins prendre l'avantage des écoles qu'ils ont là bas, » lui rappela-t-elle en prenant une grande inspiration pour se rappeler l'odeur de sa peau.
Elle n'allait pas vraiment aller à l'école en Amérique, il lui manquerait trop. Mais puisque son père allait là bas, elle pouvait au moins voir quel genre d'universités ils avaient. Ils partaient seulement trois mois. Trois fois rien pour d'autres personne, mais toute une vie pour eux.
John plaça plusieurs baisers sur la clavicule de Rose, espérant l'attirer assez pour qu'elle oublie le voyage. Elle gémit et s'arqua contre son corps. « J'ai besoin de m'habiller, » bégaya-t-elle, « pour que je puisse faire mes valises. »
« Ne fais pas tes valise. Faire ses valises est mauvais, » marmonna John contre sa poitrine. « Faire tes valises t'emmène loin de moi.»
Elle passa la main dans ses cheveux et l'attira dans un baiser, leurs langues se battant pour la domination, John en ressortant clairement vainqueur. Il la fit rouler sur le dos et tira le drap sur leur tête.
« John ? Rose ? Mon père voudrait savoir si tu as fini de te préparer, Rose, » demanda Jack, toquant à leur porte. Celle-ci s'ouvrit sur un John grincheux et fronçant des sourcils qui portait un boxer décoré de bananes.
« Elle est en train, » grogna-t-il, revenant à son lit et s'y jetant à plat ventre.
Jack sourit à la scène puérile du Docteur. Rose sortit de la salle de bain, remontant la fermeture éclair d'une petite trousse de voyage. Elle regarda son petit-ami avant de sourire et de secouer la tête.
« Il est vexé de ne pas avoir réussi à me séduire pour rester ici, » expliqua-t-elle.
Jack jeta sa tête en arrière et rit.
« Je vous entends, » se plaignit John.
Rose referma son dernier sac en toile et le tendit à Jack, qui le prit et quitta la pièce. Elle s'assit à côté de John, en posant une main sur son dos. Elle le sentit se tendre sous ses doigts. Elle commença à tracer doucement des motifs sur son dos et ses épaules, mais il ne se relaxa pas.
« Tu m'en veux tant que ça ? » demanda-t-elle doucement.
Il ne lui répondit pas. Elle fredonna doucement, se baissant pour placer une trainée de baisers sur sa peau. Ça allait lui manquer, ces moments calmes avec lui, sentir sa peau contre la sienne, sentir son poids contre elle, la faisant se sentir en sécurité et désirée. Ses baisers lui manqueraient, son contact, la manière dont il pouvait la faire fondre d'un seul regard. Tout cela lui manquerait.
« Et si jamais tu trouve quelqu'un en Amérique ? Quelqu'un de mieux que moi ? » demanda John calmement.
« C'est impossible, » répondit Rose en se couchant à côté de lui, posant sa tête sur l'oreiller. Il tourna la tête vers elle.
« Et si tu rencontre quelqu'un et que tu tombe amoureux de lui ? Quelqu'un qui est mieux pour toi que je ne le suis. Quelqu'un qui n'est pas nul pour les rendez-vous. Quelqu'un qui n'est pas corrompu et rongé par la culpabilité, » lui dit-il en baissant les yeux.
Elle prit sa tête dans ses mains. « Il n'y a personne d'autre dans l'univers, ni même dans tous les autres univers, que j'aimerai jamais plus que je t'aime. » John leva les yeux.
Il prit sa main et la posa contre son torse afin qu'elle puisse entendre son cœur battre. « Parfois, j'ai l'impression d'avoir besoin de deux cœurs, juste pour contenir tout l'amour que je ressens pour toi, Rose Tyler. »
Rose cligna des yeux pour chasser ses larmes et l'embrassa, ayant besoin de le sentir en elle une dernière fois.
« Tu es sûre que c'est là où tu veux être Rose ? »
Il ne l'avait pas vu depuis qu'elle était partie, il y a presque deux mois. C'était supposé être un simple voyage avec son père à son lieu de naissance, mais c'était devenu plus long depuis qu'elle était tombée amoureuse de l'Université de New York. Elle y avait postulé et avait été acceptée, remplissant toute la paperasse, et elle allait commencer ses études la semaine suivante pour ses 20 ans. Elle avait téléphoné à John et lui avait demandé de passer la voir. Il avait 22 ans et commençait juste ses années d'étudiant et son doctorat, et il avait finalement trouvé du temps pour se rendre aux USA. Il savait déjà ce qu'elle allait dire avant même d'entrer dans son appartement.
« Oui, John. L'Université de New York est exactement ce que je recherchais. Les programmes et les matières qu'ils proposent sont incroyables et je n'en ai toujours pas choisi un pour l'instant, » lui dit Rose.
John passa une main dans ses cheveux. « Et tu compte t'installer ici définitivement ? » demanda-t-il, tripotant ses clés.
« Non, bien sur que non, mais je ne peux pas te dire quand je reviendrai. J'ai l'impression de devoir me trouver, John. Et je sens que je peux le faire ici. »
John hocha la tête. Ils ne dirent rien pendant un long moment.
Il releva finalement la tête. « Je t'aime, Rose. Alors voilà le marché. Dans cinq ans à partir de maintenant, de ce moment précis, si tu as trouvé ce que tu es venu chercher, reviens en Angleterre. Et nous serons ensembles. Maintenant, toi et moi allons commencer nos différentes carrières, et peut-être que nous avons besoin de nous concentrer sur ça au lieu de nous deux. Alors, cinq ans, et ensuite nous commencerons notre vie ensemble. »
Rose hocha la tête. Cinq ans.
Lorsque John prit un taxi pour retourner à l'aéroport, il ne put s'empêcher de penser, les gens partent toujours. Sans exceptions.
