_ J'ignore si tu m'as consacré tant de temps par simple fierté masculine, pour me récupérer dans le but de prouver à Chaude Pluie que tu l'as battu à son propre jeu, ou si tu es sincère mais ce que je sais en revanche c'est que j'ai besoin de temps pour trier tout ça dans mon esprit. J'aimais le Eric amnésique donc j'imagine que je t'ai aimé ensuite parce que je voulais m'accrocher à l'idée qu'il restait un peu de lui en toi mais si je dois t'aimer à l'avenir je veux t'aimer pour l'ensemble de ta personnalité, malgré les points qui ne me plaisent pas.
Je réfléchis à sa réponse. Elle venait d'avouer m'aimer pour la personne que j'avais été pendant mon séjour chez elle mais elle ignorait si elle pourrait m'aimer en incluant tous les autres traits de ma personnalité. Donc elle m'aimait… Quand j'étais amnésique c'était une version épurée de moi, sans tous ces siècles de trahisons et de pouvoir, une version sans la carapace que j'avais dû me forger pour survivre, et elle avait aimé cette version donc elle m'aimait. J'étais aux anges à cet instant, mon amour était réciproque ! Elle avait juste besoin d'être rassurée… Mon aimée aussi avait connu sa part de trahisons et de déceptions…
_ Nous prendrons le temps qu'il te faut pour me faire de nouveau confiance mon amour, lui certifiais-je en lui caressant la joue.
Ma belle amante baissa timidement les yeux et reposa sa joue sur mon torse. Ses doigts caressèrent la peau renouvelée au niveau de mon estomac. J'étais couvert de sang et si je ne prenais pas rapidement une douche son odeur deviendrait épouvantable.
_ C'est un gâchis total, commenta mon aimée attristée.
_ Quoi donc ?m'enquis-je surpris par cette remarque.
_ Tu étais bien habillé et tout et maintenant ta chemise est bonne à jeter et je doute que le sang s'enlève de ton pantalon !
Je ne pus me retenir, j'éclatai de rire. Mon aimée boudait parce qu'elle était triste que le combat ait salit ma tenue qu'elle appréciait.
_ Dis-moi mon amante, mon pantalon était-il à ton goût ?susurrais-je suggestif.
Elle comprit le sous-entendu et me frappa sans conviction le torse, me faisant rire de plus belle. Je n'arrivais toujours pas à croire que la partie qu'elle préférait de mon anatomie soit mes fesses. Jamais une femme –ou un homme d'ailleurs- n'avait évoqué une préférence pour mes fesses mais venant de Sookie c'était si mignon.
L'enfermant dans mes bras je me relevai et m'apprêtai à m'envoler.
_ Attend ! Et pour Karl ? Son créateur t'a dit ce qu'il lui avait fait ?
_ Non, soupirais-je réalisant que nous devrons le chercher. S'il l'a tué nous pourrons en retrouver la trace mais faisons ça demain, nous avons tous les deux besoin de repos.
_ S'il l'a enterré ?
_ Je n'avais pas réfléchi à ça, avouais-je. On ne peut pas le déterré si simplement si c'est le cas. S'il est blessé ça le tuerait. Il faudra attendre de voir ce qu'il se passe. Nous reviendrons demain si tu veux.
Mon aimée hocha la tête, se faisant manifestement du souci pour le vampire. Je lui embrassai le front et lui caressai la joue avant de l'aider à s'agripper à moi pour voler jusqu'à chez nous. Le vol fut silencieux. Ma douce devait être épuisée émotionnellement après cette soirée éprouvante. Dès notre arrivée je la portai à la salle de bain. Pensant qu'elle voudrait avoir de l'intimité –on ne sait jamais avec Sookie- je me dirigeai vers la porte mais une petite main m'attrapa le poignet, m'interdisant de quitter la pièce. Je me retournai lentement de Sookie, ancrant mon regard au sien pour essayer de deviner ce qu'elle attendait de moi. Avec ma compréhension précaire de sa logique je traduisis qu'elle voulait que je reste mais que nous n'aurions pas de relations sexuelles. J'imagine que je pourrais y arriver, en tout cas je m'efforcerais de ne pas céder pour bien lui montrer que notre relation ne se basait pas uniquement sur le sexe.
Vu nos états déplorables une douche semblait plus appropriée qu'un bain donc après m'être débarrassé de mes vêtements pendant qu'elle se chargeait des siens je la tirai vers l'immense douche. Il s'agissait d'une douche assez particulière puisqu'elle ne comportait qu'une seule et longue paroi parallèle au mur et à la place d'un bac à douche classique le sol carrelé différemment était très légèrement incliné autour d'une grille d'évacuation. 5 viking aurait put s'y doucher sans se gêner mais je gardai Sookie collée à moi. J'actionnai l'immense pommeau de douche rectangulaire fixé au plafond et pris des produits que Pam avait acheté spécialement pour mon aimée. Je m'attelai dans un premier temps à la nettoyer de la terre assombrissant sa jolie peau crémeuse. En gage de ma bonne volonté je ne survolai pas les zones érogènes si familières de son corps, ignorant les cris désespérés de mon esprit me commandant de me fondre en elle et de ne plus jamais la laisser partir. Quand elle sentit la noix de coco en plus de son parfum habituel je ne pus m'empêcher d'enfouir mon nez dans son cou, respirant pleinement l'odeur de la vie fourmillant dans ses veines. Mes mains étaient sur ses hanches, verrouillant son corps contre le mien. Le geste aurait pu paraître déplacé mais mon aimée passa ses bras autour de mon cou, soupirant d'aise en reposant son front contre ma poitrine. L'eau chaude qui s'écoulait sur nos corps enlacés avait créé une épaisse brume, donnant un aspect très romantique à la scène. Nous étions seuls, protégés par cet épais brouillard chaleureux et nous nous câlinions tendrement. Le moment était parfait.
Je dû m'éloigner de son corps si sexy pour nettoyer ses cheveux encore entachés par son séjour en terre. Pour se faire je me déplaçai dans le dos de mon aimée et massai consciencieusement son cuir chevelu. Je sus que j'étais parvenu à l'éloigner de toutes ses angoisses en la sentant s'abandonner sous mes massages, soupirant d'aise comme si rien d'autre n'existait. Quand je rinçai ses doux cheveux elle me repoussa. Avais-je fait quelque chose de mal ? Bon, d'accord, j'étais dur comme jamais mais j'avais fait en sorte de ne pas l'allumer en me collant à elle. Je réalisai alors qu'elle avait juste décidé de me laver à mon tour. J'étais toujours imprégné de l'odeur du sang même si ses traces avaient pour la majorité disparues. Mon aimée se chargea de remplacer l'odeur du combat par celle de qu'elle sentait elle-même. Jamais je n'avais laissé quelqu'un faire ça pour moi, je trouvais ça trop intime dans le sens où ça engageait une implication sentimentale. Elle prit les mêmes soins que moi, ne me taquinant d'aucune façon pour éviter les dérapages.
Malheureusement mon plan échoua, je ne pouvais pas rester si indifférent. Mes mains voyagèrent sur tout son corps pour apprécier ses courbes délicieuses et la douceur de sa peau. Elle en faisait de même, brûlant ma peau sur son passage. Nos caresses n'étaient pas intimes dans le fondement mais elles étaient l'œuvre d'une passion pure et la sensualité qui en découlait était divine. Mes lèvres étaient dans son cou, le frôlant en créant ainsi des frissons chez mon amante, quand Pam frappa comme une furie à la porte, rompant toute l'alchimie du moment. Je stoppai mes caresses, fermant les yeux en soupirant fortement. Ça ne pouvait arriver qu'à moi ce genre de chose !
Mon aimée arrêta l'eau et me tira hors de la douche. Je l'enveloppai dans une épaisse serviette blanche, ignorant le tambourinement de Pam sur la porte –ce n'était pas pour rien qu'elle était renforcée, j'avais déjà anticipé ce genre d'indiscrétions avec Pam- et en pris une pour moi, baisant juste la main de mon amante avant de faire face à mon enfant.
_ Enfin !s'exclama-t-elle en faisant les 100 pas dans ma chambre. Je croyais que tu ne sortirais jamais !
_ Dis-moi que tu m'as interrompu pour une bonne raison au moins, grommelais-je.
_ Bill Compton est venu au club. Il a demandé à voir Sookie.
Ce connard avait osé ? Je ne pouvais peut-être pas le tuer -mon aimée m'en empêcherait- mais j'avais d'autres moyens pour me débarrasser de lui. Mon amante sortit de la salle de bain, toujours enroulée dans la serviette que je lui avais donné, ses cheveux démêlés. Pam la dévora du regard avant de croiser le mien –meurtrier- et de se tenir à carreau. J'avais déjà partagé des amantes avec Pam mais elle pouvait rêver pour avoir Sookie !
_ Il y a un problème ?s'informa Sookie en percevant mon humeur.
_ Bill a demandé après toi, lui répondit Pam.
_ Tu n'as qu'à lui dire que je passerais demain chez lui, éluda mon aimée peu désireuse de s'attarder sur le sujet.
_ Il n'est pas chez lui, grimaça Pam. Il est enchainé au sous-sol du club…
Maintenant j'attendais l'explosion de fureur de mon aimée mais elle ne vint pas. A la place elle haussa les épaules et dit à Pam qu'elle irait au club demain pour régler ça. Pam –aussi étonnée que moi- nous quitta prestement, craignant certainement qu'elle change d'avis.
Mon aimée sortit de la chambre à ma grande surprise et en revint la serviette à la main, son pyjama dessus. Elle me repoussa sur le lit après avoir rangé la serviette, s'installa dans mon dos sur le lit et me défit avec douceur mes tresses avant de me brosser les cheveux. Ce silence n'avait rien de lourd ou de gêné, il était sociable et apaisant.
_ Je t'amènerais au Croquemitaine demain, l'avertis-je songeur. Si ça ne prend pas trop de temps avec Bill on pourra chercher Karl ensemble mais si c'est trop long je demanderais à Pam de rester avec toi pendant que j'irais là-bas.
_ J'aimerais apprendre à tresser mes cheveux comme les tiens…
Ça n'avait vraiment rien à voir avec ce que je venais de dire mais ce n'était pas plus mal. Je n'avais vraiment pas envie de me disputer ou de la contrarier.
_ Je te montrerais comment faire sur Pam à l'occasion, promis-je.
Mon aimée se leva pour ranger la brosse et s'installa sous les draps pour dormir. J'en fis de même après avoir abandonné par terre ma serviette.
_ Je te préviens : si je te choisis et que tu continues à faire ça je vais vivre chez Pam !
Je ris devant ce petit saut d'humeur mais elle riva ses yeux aux miens, me faisant comprendre qu'elle était extrêmement sérieuse. J'arrêtai immédiatement de rire et me pliai devant ce nouveau caprice –il y aurait toujours moyen de reparler de ça plus tard…
Comme la dernière fois elle vint se blottir dans mes bras, ignorant à dessein ma nudité, et s'endormit rapidement. Je restai donc plusieurs minutes à l'observer, songeant à la chance que j'avais d'être encore en vie pour pouvoir rattraper mes erreurs.
OoOoOoOoOoOoOoOoO
Mon aimée venait de quitter notre chambre pour s'habiller dans celle de Pam. Rien que cette petite distance m'était douloureuse, j'avais besoin de l'avoir à nouveau avec moi. Trouvant qu'elle mettait beaucoup de temps –les femmes…- je partis la chercher. Depuis sa transformation elle avait privilégié des couleurs sombres –hormis en présence de Karl- mais là c'était plus que coloré. Sa robe descendait jusqu'à ses pieds qu'elle masquait complètement et était taillée dans un tissu arborant de vives couleurs le tout dans un ensemble abstrait. Pour ajouter à son charme naturel mon aimée avait frisé encore plus ses cheveux et les avait attachés d'une façon complexe extrêmement jolie. Bref, elle était une fois de plus sublime.
_ Tu aimes ?sourit-elle joyeuse en désignant sa robe. Un cadeau de Pam.
_ La beauté de cette robe fait vraiment fade à côté de la tienne mon aimée, répondis-je sincère. Mais ce serait peut-être plus approprié de mettre autre chose ce soir… Si tu veux toujours aller chercher Karl du moins…
Je savais qu'elle avait oublié et j'aurais pu en tirer profit mais je ne voulais pas qu'elle me choisisse faute d'avoir une autre solution. Personne n'aurait été gagnant dans ce cas de figure. J'avais besoin de retrouver Karl. Mon amante avait besoin d'avoir un autre choix pour satisfaire ses attentes.
_ Mais je n'ai rien d'autre à porter, geignit ma douce. Les tenues de Pam sont vraiment très révélatrices….
C'était une des raisons pour laquelle il l'aimait tant, sa bonne éducation l'empêchant de critiquer ou de se montrer vulgaire. Si adorable ma Sookie… Pour résoudre le problème j'ouvris l'armoire, en tirai un pantalon en cuir noir que je lui tendis. Mon aimée avait raison, les tenues de Pam étaient trop osées et je refusai de la voir sortir avec l'une d'elles sur le corps. J'avais cependant une autre idée… Je revins dans notre chambre et pris une tunique de viking dans mes affaires. Comme c'était la mienne elle serait trop grande pour elle mais avec une ceinture placée sous la poitrine ça ferait à la fois moderne et élégant. Quand j'arrivai dans la chambre mon amante était en soutien-gorge, finissant de mettre son pantalon. La vue était plus qu'alléchante mais il me fallait me faire violence pour me contenir. Je la vêtis moi-même de la tunique, choisissant ensuite une ceinture élastique noire dans les affaires de Pam pour la placer sous sa poitrine. Elle était radieuse.
_ Qu'est-ce que pense Pam de tout ça ?me demanda mon aimée pendant le trajet jusqu'au club, se référant à notre relation.
_ Je me fiche de ce que Pam peut bien penser, m'étonnais-je, hautain sans le vouloir. Elle est mon enfant, son avis n'a pas à m'influencer.
_ Donc c'est comme ça que tu la considères ? Un larbin ? Quelqu'un qui doit exécuter tes ordres et qui n'a jamais son mot à dire !
Je me doutai bien que ça déraperait à un moment ou à un autre. Sookie cherchait toujours la petite bête…
_ Ce n'est pas ce que j'ai dit. Pam est mon enfant, tu es mon amante. Sur l'échelle de mes priorités tu passes avant elle et si elle n'est pas d'accord avec cette relation elle devra garder ses remarques pour elle.
Je sus immédiatement que j'avais été trop rude dans ma façon de parler car mon aimée s'enferma dans un mutisme douloureux pour moi. Quand je tentais de prendre sa main pour l'apaiser en la caressant de façon circulaire sur le dos de celle-ci elle la recula vivement, comme si mon contact la brûlait. Nous ne devions pas être à plus de 5 mn du club et nous roulions sur une route droite encadrée par de la verdure. Je m'arrêtai sur la chaussée de la route et sortais de la voiture, faisant le tour pour ouvrir la portière de mon aimée.
_ Qu'est-ce que tu fais ? Nous devons aller au Croquemitaine !protesta ma douce alors que je lui offrais ma main pour l'aider à sortir.
_ Nous n'irons pas là-bas avant d'avoir eu une petite discussion.
Je savais très bien que si je laissai trainer les choses Bill en profiterait pour les tourner en sa faveur et ce n'était pas acceptable. J'avais assez de chefs d'accusation sans avoir à rajouter en plus les tensions entre Sookie et moi pour lui faire gagner des points. Mon aimée croisa ses bras sur sa poitrine, refusant puérilement de me suivre, donc je dû utiliser les grands moyens. Usant de ma vitesse surhumaine je la sortais de la voiture et la jeter sur mon épaule avant de m'enfoncer dans les bois –les portières étaient verrouillées, je n'étais pas fou. Ma douce se transforma en furie qui me cria dessus sans relâche en me rouant de coups. Son jeune âge me permettait d'être tranquille mais j'avais peur qu'elle se fasse mal à force de taper.
_ Me frapper ne t'amèneras nulle part mon aimée, l'informais-je en continuant à marcher.
A ma grande surprise ma belle amante cessa de gigoter. Je criai victoire trop vite, 3 secondes plus tard elle me pinçait les fesses. Pour le coup elle obtint une réaction. Mes crocs étaient descendus et mon entrejambe n'avait certainement jamais été aussi dure si rapidement. Je m'arrêtais donc de marcher et posai mon aimée à terre, juste devant moi, pour la regarder au fond des yeux.
_ Si tu ne veux pas que je te ravage jusqu'au bout de la nuit ne refait jamais ça, l'avertis-je d'une voix rauque.
Mon aimée se mordilla la lèvre inférieure et baissa la tête honteuse. C'était plus que je pouvais en supporter ! Je relevais son menton avec mon index et écrasai mes lèvres sur les siennes avant qu'elle ne puisse réagir. Surprise par mon élan de passion elle perdit l'équilibre et nous nous retrouvâmes enlacés par terre, nous embrassant comme s'il s'agissait de notre dernière nuit ensemble. Mon amante ouvrit ses jambes pour me laisser m'y installer et gémit de plaisir contre mes lèvres. Pour la taquiner je reproduisais le mouvement du bassin que j'aimerais effectuer à l'intérieur d'elle mais en roulant la bosse qui déformait mon pantalon contre son intimité couverte. Mon aimée quitta mes lèvres et cria mon nom. Si je prenais autant de plaisir dans les préliminaires alors je n'osai même pas imaginer l'acte lui-même !
Même si je prenais beaucoup de plaisir à ce que je faisais je ne pouvais pas me permettre de continuer. Je voulais que la prochaine fois que nos corps danseront ce ballet amoureux Sookie m'ait choisi pour créateur, pas qu'elle ait juste cédée à une impulsion qu'elle regrettera plus tard. Je ne pourrais pas supporter qu'elle choisisse Karl –à supposer qu'il soit toujours en vie- si elle m'avait laissé goûter une fois de plus les charmes de son corps. Je ne pourrais pas supporter qu'elle choisisse Karl tout court d'ailleurs…
Je m'arrachai donc à regret de son corps, maudissant ma logique qui me poussait à attendre le bon moment pour savourer une étreinte amoureuse.
_ Qu'est-ce que tu fais ?geignit mon amante frustrée.
_ Nous ne pouvons pas faire ça maintenant, m'expliquais-je en l'aidant à se relever.
_ Mais j'ai envie de toi !pleurnicha-t-elle en se frottant à moi.
_ S'il-te-plait Sookie, soufflais-je torturé. Je veux que tu me choisisses définitivement, pas que tu écoutes tes hormones pour que tu me repousses par la suite.
Mon aimée comprit la gravité de ma déclaration et cessa de me pousser à bout, combattant le feu que j'avais allumé entre ses cuisses sans broncher. Je m'en voulais de l'avoir mise dans cet état mais c'était elle qui avait ouvert les hostilités !
J'avais complètement oublié la raison de notre escale en forêt et nous partîmes finalement sans avoir reparlé calmement de notre dernière discorde. Je croyais bêtement n'avoir rien à craindre de notre entrevue avec Compton, était-ce notre étreinte écourtée qui m'avait fait perdre le sens des réalités ? J'aurais dû savoir que Compton avait pas mal d'histoires qu'il utiliserait contre moi pour me faire perdre la confiance de ma douce.
Pam avait déjà tout prévu au club. Elle avait fait mettre une table et 3 chaises au sous-sol, de façon à donner un semblant d'aspect respectueux –c'était toujours mieux que de parler à un Compton enchainé au mur à l'argent… enfin, moi j'aurais préféré cette option. Des bouteilles de sang synthétiques pleines trônaient sur la table. Mon enfant avait dû vouloir cacher les supplices qu'avait subis l'ancien amant de celle que j'aimais mais il avait délibérément choisi de paraître tel qu'il était depuis qu'il avait été torturé. Ordure…
Je tirai galamment le siège de mon aimée pour l'y inviter et observai Compton avec dégoût. Ce dernier lui prit les mains en feintant l'extrême faiblesse, comme s'il était sur le point de mourir. Ce n'était pas encore le cas mais ça pouvait facilement s'arranger…
_ Sookie. Je suis content que tu ailles bien, souffla-t-il soulagé comme s'il avait cru que je lui ferais du mal.
_ Pam m'a rapporté que tu avais demandé à me voir, détourna-t-elle brillamment.
_ Oui, je sais à quel choix tu es confrontée et avant que tu fasses une bêtise je voudrais te dire qui est vraiment le vampire assis à côté de toi.
Il détourna quelques secondes son regard de celui de mon aimée pour me jauger avec mépris. J'avais compris sa tactique. Il voulait me faire perdre le contrôle devant ma douce amante pour qu'elle pense que je suis un monstre et pour ça il allait tout faire pour me provoquer. Je pouvais encaisser, Compton n'allait certainement pas gagner à ce jeu là !
_ Tu te souviens de l'humaine qu'il m'avait envoyée pour me remercier d'avoir bien voulu lui prêter tes services ?
Non, finalement ça allait très mal se passer…
