Coucou les gens !

Après une fin pourrie et m'être assurée que tout le monde était vivant suite à 2012 (et je ne parle seulement du 21 décembre mais des excès du aux fêtes !), je reviens avec la suite et la réponse à toutes vos questions ! J'espère que le chapitre vous plaira, il m'a donné du fil à retordre parce que je voulais arriver à cette tout en restant réaliste au niveau des personnages... J'espère ne pas m'en être trop mal sortie...

Encore un grand merci à Midnight Fantasy Abby, et Rukie-chan pour leur review.

Et une bonne lecture ;)

« Je passe ma vie à l'obscurcir parce que la lumière me gêne » Boris Vian.

Chapitre 10.

-Comment était-ce ? Cette pause dans tout ce qui vous tourmentait ?

-Comme si…comme si tout devenait clair. Plus rien ne me semblait sombre, je pouvais réellement profiter d'un moment sans qu'une voix ne me dise que je ne le méritais pas.

-Est-ce que ça a été mieux ? Vous êtes-vous sentie mieux après cet évènement ?

-Je ne sais pas. Oui et non j'imagine. C'est difficile à expliquer. Je crois, qu'à l'époque, j'étais surtout terrifiée.

-Par quoi ?

-Tous ces mensonges.


Au fond, y as-tu vraiment cru un seul instant à ces mensonges ? Toi, plus que quiconque était capable de lire en moi. Même si tu ne disais rien, même si j'ignorais cette lueur d'inquiétude qui résidait quelque part, au fond de tes prunelles. Tu as toujours su.

Merlin, Fred, si tu pouvais savoir en cet instant. Je donnerais tout ce que j'ai, ma vie en premier, pour te revoir ne serait-ce qu'une seconde. De nouveau sentir tes lèvres sur les miennes, tes bras autour de moi. Il n'y avait que dans ces moments-là que je me sentais vivante, entière.

Cette brûlure qui m'accompagne depuis que tu es parti est insupportable. Elle me coupe la respiration, me tue intérieurement alors que mon corps résiste. Je voudrais m'arracher le cœur pour qu'il cesse de se tordre de douleur à cause du manque. Je voudrais oublier cette douleur tout en me souvenant de ton image. Mais, l'un semble définitivement aller avec l'autre dorénavant.

Et pourtant, je suis là, cherchant à comprendre ce qui me maintient en vie alors que mon âme et mon cœur ne veulent que te retrouver…


Victoria s'éloigne d'un coup, plaquant une main sur sa bouche sans oser regarder celui qui lui fait face.

Fred se réveille également et son euphorie se calme directement en voyant l'air paniqué de la belle brune. Il lui prend doucement le menton et la force à le regarder. La peur inexplicable qu'il a lue dans ses yeux s'estompe et sa respiration redevient normale.

Victoria tente un sourire et sa main part sans son autorisation caresser celle de Fred, toujours sur sa joue. Ses lèvres sur les siennes ont amenés un sentiment tellement puissant en elle que la brune a pris peur. Elle n'est pas habituée à ressentir des sentiments positifs avec une telle force. Et Victoria a aimé ça. Ce sentiment de plénitude. Comme si tout se transformait et prenait une importance nouvelle. Comme si le bonheur de ressentir la chaleur de Fred Weasley était devenu tout ce qui comptait et que le monde sorcier pouvait s'effondrer en même temps sans qu'elle ne s'en aperçoive.

Alors, voulant plus que tout garder cette sensation qui s'estompe doucement, la brune attire le visage du roux à elle et selle leurs lèvres. Le premier baiser a été hésitant, montrant la peur de l'autre quant à la réaction de son vis-à-vis. Celui-ci est plus franc et légèrement désespéré du côté de la jeune fille. La brune semble terrorisée à l'idée que cet instant finisse et que tout ce qu'elle tente d'oublier ne revienne la hanter. Victoria s'accroche à Fred de toutes ses forces, collant son corps au sien. La chaleur qu'il lui apporte est nouvelle et bienfaitrice. Elle veut la garder aussi longtemps que possible.

Un bruit de toussotement les fait sursauter et Victoria s'éloigne comme si elle venait de se brûler.

-Allez faire vos cochonneries ailleurs, râle une fille qui doit être à Poufsoufle au vue de son uniforme.

Victoria se relève d'un bond et part sans demander son reste, Fred sur ses talons qui arbore un sourire d'illuminé.

Ils s'arrêtent tous deux au bout d'un long moment sans oser se regarder. Victoria ne sait pas ce qu'elle doit dire ou faire. Que dit-on après un tel évènement ?

Finalement, Fred récupère un air sérieux qui met la Gryffondor mal à l'aise.

-Tu devrais vraiment aller voir l'infirmière, insiste-t-il.

-Il faut juste que je pense à dormir pour récupérer de cette fichue grippe, contre Victoria en serrant les poings -cette histoire vire au harcèlement.

-Ce que je pourrais dire ne changera rien, hein ? soupire-t-il en levant les yeux au ciel.

Victoria hausse les épaules et s'en va sans demander son reste et sans laisser au roux le temps d'ajouter quoique ce soit.

De son côté, Fred la regarde s'éloigner avec un mélange d'euphorie et d'inquiétude. Le moment qu'il a passé avec elle a beau dépasser tous ses rêves les plus fous, il y a définitivement quelque chose qui ne va pas. Pourquoi l'infirmière aurait-elle relâché Victoria si elle était toujours malade ? L'infirmière est complètement parano à ses heures perdues et elle ne laisse aucun élève s'enfuir sans s'assurer de son total rétablissement.

Et puis… elle s'est évanouit, Merlin ! Qui s'évanouit pour une grippe ?

Fred se passe une main sur le visage. Il n'est jamais resté concentré sur un sujet si sérieux depuis longtemps. En fait, tout ce qui ne concerne pas sa famille lui passe au-dessus de la tête en général. Et le voilà en train d'épiloguer sur quelque chose qui n'est en fait peut-être rien.

Et il commence à penser n'importe quoi par la même occasion.

Mais, tout de même, l'inquiétude est là, bien présente et il n'arrive pas à l'ignorer.


La journée de Victoria se passe calmement, la potion faisant effet. Elle se sent mieux, presque de bonne humeur mais, elle se demande si ce n'est pas simplement un effet de la potion. Ou peut-être que c'est Fred ? A-t-elle raison de s'attacher ? Non, sûrement pas. S'attacher est toujours une mauvaise idée.

Ceux à qui on s'attache finissent par se croire tout permis et fouinent partout. Et si Fred faisait le même ? Et s'il découvrait ses secrets ?

Victoria sait qu'il n'aura pas une bonne réaction sans vraiment comprendre pourquoi les gens réagissent comme ça. Après tout, n'est-ce pas à elle qu'elle fait du mal ? Et pour la bonne cause qui plus est. Tout ce qu'elle s'inflige, elle le mérite, la brune en est persuadée depuis longtemps.

Mais ces pensées se font plus vagues aujourd'hui. Elles sont toujours présentes, tapies au fond d'elle, s'apprêtant à bondir à la moindre inattention mais, ce n'est rien de plus qu'un bourdonnement. Ce même bourdonnement que le jumeau Weasley a réussi à créer en elle lors de leur baiser. En fait, à bien y réfléchir, cet état n'a pas disparu depuis…

Pourtant, l'angoisse de le revoir se fait peu à peu sentir. Qu'est-ce qui va se passer suite à la scène dans les toilettes ? Est-ce que ça fait d'eux…un couple ? Victoria fronce les sourcils, assise sur le fauteuil de la salle commune des Gryffondor.

Voilà un concept inconnu et plus qu'étrange pour elle. Parce que, pour être un couple, il faut faire confiance à l'autre, non ? On lui confie en quelque sorte une partie de soi, on lui donne un moyen de nous atteindre et nous faire du mal. Victoria est certaine qu'elle ne donnera jamais ce genre de confiance à qui que ce soit. Ce serait stupide, suicidaire ! La vie est déjà bien assez compliquée sans en rajouter avec des peines de cœur inutiles.

Et puis, rien ne dit que Fred pense qu'ils sont en couple ! Ce serait un peu prétentieux de penser ça. Après tout, ce n'est pas parce qu'on embrasse quelqu'un -ou qu'on répond à son baiser, peu importe- qu'on est officiellement avec. Rien ne prouve que le roux en aurait envie, de plus. Et qui le jugerait pour ça ? Personne ne voudrait d'une malade mental doté d'un corps difforme.

On s'assied près d'elle, la faisant sursauter et la brune se tourne avec surprise vers Ginny Weasley. La rousse a les lèvres pincées et des éclairs pleins les yeux. Son air revêche termine d'assurer Victoria sur son état d'esprit actuel : elle est furieuse.

-Tu as disparu toute la journée, entame-t-elle. Je me suis inquiétée ! Je n'ai pas vu mon frère non plus, donc, impossible de lui demander comment tu allais ! Ça t'aurait coûté beaucoup de me donner des nouvelles ? Ou de ne pas t'enfuir comme ça, simplement ?

-Inquiétée ? répète bêtement Victoria dont les yeux se sont écarquillés.

-Oui, c'est le rôle d'une amie de s'inquiéter quand son amie va mal !

Victoria ouvre la bouche plusieurs fois sans rien trouver à redire. Ginny s'est inquiétée. Pourquoi cette constatation la remplit à ce point de culpabilité ? Parce qu'elle se rend compte que même dans ce domaine elle ne parvient à rien ? Mais comment est-elle censée savoir que Ginny voulait être rassurée ? Il n'y avait aucune raison de s'inquiéter, par Merlin !

-Désolée, grimace Ginny en voyant l'air perdu de la brune. Je devrais me contrôler de temps en temps. Je vais vraiment finir par te faire peur.

-Si elle n'a pas encore fuit, elle ne le fera pas maintenant, intervient une voix.

-Fred Weasley, grince Ginny.

-Comment tu as su ? demande celui-ci avec un air déçu.

-George ne serait pas venu ici tout seul, explique Ginny en haussant les épaules.

Il y a un silence tendu alors que Victoria fixe ses mains, que Fred la fixe et que Ginny suit la scène avec perplexité. Un coup d'œil de son frère la renseigne cependant sur la nécessité de sa disparition immédiate et la rousse soupire et s'éloigne en marmonnant.

Fred prend la place de sa sœur et le silence s'alourdit encore plus.

-Alors…comment ça va ?

Le roux a envie de se donner une baffe. Arrivera-t-il un jour à l'aborder sans paraître pour un parfait idiot ? À en juger par le tressaillement des lèvres de la brune, elle le trouve particulièrement amusant.

-Bien, répond-t-elle cependant. Tu veux quelque chose en particulier ? enchaîne-t-elle toujours sans le regarder.

-Oui, avoue-t-il avant de prendre une grande inspiration. C'est à propos de…ce qui s'est passé…tu sais, tout à l'heure.

-Ah oui, ça.

Fred reste un instant bouche bée. La brune semble complètement blasée à ce sujet, il aurait pu lui dire qu'il voulait lui parler de la pluie qui ne cesse depuis deux jours qu'elle n'aurait pas eu une autre réaction !

Puis, il la voit briller, cette lueur d'amusement qu'il croise souvent dans les yeux de son jumeau quand il se moque de quelqu'un. Fred fait la moue une seconde, pas sûr de savoir s'il doit être heureux de lui apporter de la joie ou s'il doit être vexé qu'elle plaisante sur un sujet aussi sérieux -au moins pour lui. Puis, se disant qu'il serait déplacé qu'un jumeau Weasley réprouve une plaisanterie -même centrée sur lui-même -, il décide de continuer.

-J'aurais voulu savoir ce que tu en penses, finit-il dans un souffle, soulagé que les mots soient sortis.

-Et toi, qu'est-ce que tu en penses ?

Fred aurait dû savoir que ce ne serait pas si simple ! Merlin, pourquoi est-il aussi hésitant ? Il ne l'a jamais été avec une fille. Bien qu'il doit avouer que la faible probabilité d'être repoussé l'a plutôt aidé… Alors que là, avec Victoria, il ne sait pas à quoi s'attendre.

Et avoir ses grands yeux bleus plongés dans les siens n'aident pas non plus. Il faut qu'elle dise oui ou il ne répond plus de rien ! Il se sent capable de l'enlever et de la séquestrer jusqu'à lui soutirer un oui définitif ! En gros, il devient dingue !

-Je crois qu'on pourrait essayer, tente-t-il maladroitement. On pourrait être bien…ensemble.

-Qu'est-ce que tu fais de l'éventualité où l'un de nous se retrouve avec le cœur brisé ? contre-t-elle en se détournant.

-Je…n'y ai pas pensé, avoue Fred en fronçant les sourcils -elle peut se montrer si pessimiste, quand elle veut. Mais ça ne viendrait pas de moi !

-Pourquoi ?

Le roux reste un instant hébété. Pourquoi ? Pourquoi quoi ? Il est vraiment censé connaître la réponse à cette question ? Ce n'est pas le genre de chose qui s'explique. Il se sait juste incapable de lui faire mal d'une manière ou d'une autre !

-Te faire souffrir est la dernière chose que je veux, tente-t-il alors.

Il y a un silence alors que Victoria continue de contempler les flammes. Aucun des deux ne remarque qu'ils sont le centre d'attention. Même si leur conversation reste silencieuse, les élèves présents les fixent et attendent de voir comment ça va se terminer -meurtre sanglant ? Embrassade mièvre ?

Victoria réfléchit, un combat sans pitié la tourmente. Oui, il ne veut pas lui faire de mal mais, rien ne dit qu'il ne lui en fera pas ne serait-ce que contre sa volonté. On ne fait pas toujours ce qu'on veut. Et puis, elle aussi peut lui faire du mal. Et si la brune ratait tout ? Si elle s'y prenait mal ? Si elle le faisait fuir ? Et s'il venait à tout savoir ?

Pourtant, elle a envie d'essayer. Victoria veut de nouveau ressentir ce bien-être qu'il a été le seul à lui procurer. La brune veut être… à défaut de normale, la Gryffondor veut au moins être bien.

Fred attend, se contentant de la regarder du coin de l'œil avec appréhension. Voilà, il s'est lancé. Le roux craint seulement le résultat.

Il ne sait d'ailleurs pas à quoi il s'attendait. Peut-être une froide indifférence dont elle seule a le secret. Ou un sourire timide. Peut-être même un simple signe de tête.

Pourtant, la réponse vient dans un geste bien plus intime.

Victoria déplace légèrement son bras et sa main, discrète, touche celle de Fred du bout des doigts et de la caresser toujours aussi discrètement, délicatement. Le roux sent des frissons irrésistible lui traverser la main, le bras, l'épaule et finir par son corps entier. Les frissons voyagent jusqu'à son cœur qui se serrent d'une douce chaleur, d'un bonheur auquel il ne croyait pas vraiment. Parce que ce geste signifie qu'elle leur donne une chance, aussi mince soit-elle et peu importe combien elle n'y croit pas vraiment. Mais Fred lui prouvera qu'elle a bien fait de le laisser entrer dans sa vie.

Au moment où les doigts de la brune remontent dangereusement vers les siens, Fred les attrape et les entrelace aux siens. Et ils restent là, à se tenir la main, à se la caresser furtivement sans jamais se regarder. Ça leur suffit.


-Tu as vu ?

-Pour la centième fois, Ginny, oui !

-C'est super !

George lève les yeux au ciel en souriant. Ginny peut être intenable ! Et là, elle a viré hippogriffe en furie ! Pourtant, Fred et Victoria ne se sont même pas embrassés ou enlacés. Ils n'ont même rien annoncé ou quoi que ce soit d'autre. Ils restent dans ce fauteuil, sans se regarder à se tenir la main. Mais quand on connaît Victoria, c'est un énorme pas en avant.

Pourtant, George sent que ce ne sera pas aussi facile. Victoria cache quelque chose de sombre, de noir. Quelque chose qui l'empêche d'être heureuse, comme si toute lumière trop vive pour elle devait irrémédiablement être éloignée. Et Fred est de ces lumières là. Alors, oui, elle le laisse approcher pour l'instant.

Mais quand Fred s'approchera trop près, quand il commencera à savoir ce qui la ronge -parce que George connaît son jumeau et que celui-ci finira par savoir-, alors, que fera-t-elle ?

Elle rejettera sûrement, pour se protéger d'une menace qui n'existe que dans sa tête.

Et ils finiront par souffrir, tous les deux.


C'est bizarre. Après tout ce qui s'est passé, après toutes ces souffrances, après ta disparition, …Je n'ai jamais réussi à regretter mon choix de cette époque.

Tu m'as fait découvrir une vie nouvelle, une vie qui me donnait envie de sourire, d'aimer. De vivre, tout simplement. Les approches étaient timides, j'étais comme ça, pas forcément démonstrative. Ça n'a jamais semblé te déranger alors que tu semblais l'être de ton côté. Tu te contentais de ce que je pouvais te donner, comme d'habitude.

Ce contact de ta peau sous mes doigts, mon cœur qui a semblé exploser rien que par ce geste…j'avais peur de ce que tu me faisais ressentir et pourtant je m'y accrochais comme une noyée.

Bon sang, Fred, je ne comprends pas. Après tout ce qu'on a traversé, tout ce qu'on a enduré, j'ai cru que la vie voulait nous renforcer. J'y ai vraiment cru !

Je veux retrouver cette sensation. Je veux de nouveau entremêler mes doigts aux tiens et me dire que, oui, peut-être que la vie en vaut la peine, en fin de compte.

Parce qu'elle en valait la peine avec toi à mes côtés…


Et voilà, on arrive à la conclusion où Victoria laisse une chance à cette idée de couple qui l'effraie tant. Qu'en pensez-vous ? Vous trouvez qu'elle aurait dû refuser ? Comment vous voyez évoluer la suite ?

N'hésitez pas à me laisser une review, elles me motivent à écrire et j'en ai souvent besoin pour cette fic qui n'est pas toujours facile au niveau écriture et émotion ^^

Bye ! (Et bonne année à vous, on a survécu à 2012, ça se fête non ? :p)