Genre : science-fiction, supernaturel
Raiting : K ou K+
Disclaimer : Blabla habituel, et puis vous le savez, quoi…
Note : écrit en écoutant le thème principal d'assassin's creed révélation.
Ode fugitive
Fierté
Pégase, vaisseau de Todd, couloirs
Todd dirige les quatre arrivants encadrés de soldats wraith et de Seely qui ferme la marche, à travers un dédale de couloirs qui semble vouloir ne jamais se terminer. Le regard de Seely oscille entre Solène, qu'il est ravi de revoir, son commandant, auquel il a juré allégeance, et l'autre femme, celle qu'il a déjà vue sur Terre. Il revient sur Solène, se dit qu'elle a vraiment l'air fatigué, se demande ce qu'il a pu se passer, ce qu'elle a pu vivre, quelle inquiétude ! Il se demande alors si elle aussi s'est inquiété pour lui durant leur séparation, il est sûr que oui, mais il préfèrerait qu'elle le lui dise. Elle s'est déjà bien occupé de lui, c'est vrai, mais il voudrait qu'elle continue, avec elle, tout semble aller bien. D'ailleurs, a-t-elle déjà fait une erreur ? Elle lui a sauvé la vie, donné le nom d'un héros ( même si il est humain, ce n'est pas négligeable, de plus elle ne connaît pas de héros wraith ), et surtout, elle l'a remis à un des commandant les plus grands, même si ce n'est pas le plus puissant, et le plus noble parmi tous les commandant wraith. Seely sait que Todd n'a pas besoin de lire dans ses pensées pour savoir qu'il regarde Solène en ce moment même, alors il détourne le regard. Il ne veut pas que son commandant s'énerve ou soit agacé par son comportement. Même s'il ne peut rien faire contre l'intérêt dérangeant qu'il porte à l'humaine, il peut au moins éviter de la regarder avec autant d'insistance. Seely ne veut pas déranger son commandant, encore moins l'énerver. Après tout, c'est à lui qu'il doit d'être là aujourd'hui, d'être libre parmi les siens. Et ce qu'il désire plus que tout aujourd'hui, c'est de rendre son commandant fier, fier de lui. En parlant de fierté, en voilà une qui l'incarne avec grâce et grandeur, cette fierté. Quelque part, elle ressemble à son commandant, mais aussi à Solène. Cette femme est grande à la peau noire, les cheveux tressés de fines nattes toutes ramenés sur le haut de sa tête par un ruban rouge. Il voit ses nattes se balancer de droite à gauche au fur et à mesure qu'elle marche. Quelle démarche gracile, ça ne ressemble pas à la démarche des occidentaux, il y a quelque chose de plus sauvage là-dedans. Une sauvagerie qu'il voit dans les yeux de son commandant. Celle qui incarne la sagesse des choses vues, des expériences, de la guerre… Il y a aussi ce port de tête qui indique qu'elle a conscience de sa sagesse, qu'elle a conscience qu'elle sait des choses que d'autres ne sauront jamais. Le même port de tête que Solène, celui qu'elle avait quand il l'a rencontrée. A présent elle semble plus sereine, comme si en plus de savoir, elle était prête à apprendre aux autres et des autres… Ce que son commandant commence à peine à avoir. Il aimerait tant être comme eux, son commandant et Solène, mais il veut d'abord les rendre fier. Autant fier de lui que cette femme est fière d'être, avec son ruban rouge qui zigzague. Hypnotisant…
Avant, il s'en serait voulu de penser tout ça, ce n'est pas digne d'un wraith. Avant, il aurait voulu revenir à l'époque où il ne savait pas penser comme ça. Cette époque où il pensais au groupe et uniquement au groupe. Il n'aurait jamais eu d'idée égoïste, n'aurait jamais eu d'ambition, car c'est le groupe qui doit avoir des ambitions. Au début, il ne s'est même pas rendu compte qu'il pensait égoïstement, il croyait sincèrement penser au groupe en voulant le mener à la Terre. En fait, tout ce qu'il voulait c'était rentrer, partir de cette prison. Plus il pensait au moment où ses frères viendraient sur Terre, plus cette idée devenait le moment où ses frères viendraient le chercher. Quand Solène lui à proposé de le remettre à un commandant, il n'a pas vraiment hésité ; non pas pour remettre la position de la Terre à Todd ( il la connaissait déjà ) mais pour revenir parmi les siens, parmi ceux de son espèce, ceux qui pensait comme lui. Quand il y est arrivé, il a réalisé qu'il avait changé, qu'il ne pensait plus comme eux. Alors, il regrettait amèrement le temps où c'était la cas, où il était vraiment comme les autres, puis il s'en voulait de penser comme ça, il se disait que la seule pensée qu'il aurait dû avoir, pour le groupe, c'était de regretter de ne pas être mort et d'imposer ainsi sa présence dérangeante aux autres. Mais un jour, il ne savait plus trop comment, ni quand exactement, il avait cessé de penser ainsi. Son commandant, qu'il respectait plus que n'importe qui, qui était l'un des rare wraith ayant vécu la guerre contre les anciens à être encore en vie, son commandant agissait égoïstement. Il le voyait partir en mission, seul, juste pour le frisson de l'aventure, des missions dont les résultat améliorait les conditions de vie de l'équipage. A force, Seely a compris que l'on pouvait penser à soi, mais en même temps penser aux autres. Non seulement cette pensée le soulagea d'un poids, mais son estime pour son commandant fut plus grande encore, ainsi que sa loyauté.
Au bout d'une demie heure de marche dans les couloirs du vaisseau, Todd sembla se décider pour une salle, où ils entrèrent tous. Cette fois encore, une table, des chaises, des bougies, rien de plus. Les soldats restèrent à l'entrée, les autres s'assirent, mis à part Seely, qui se posta en retrait de Todd. Ce fut ce dernier qui débuta :
« Miss Travier, je suis ravi de vous revoir. Comme vous pouvez le constater, votre protégé est toujours vivant et sous mon commandement.
_Je vois ça, j'en suis soulagée, répondit-elle en français. »
La jamaïcaine ne put s'empêcher de pouffer en entendant son amie parler dans sa langue natale. Sheppard changea de sujet :
« Nous avons deux otages à vous proposer, Solène que vous connaissez déjà, et Tania, nouvelle venue.
_Et vous ne pouvez pas les garder sur Atlantis?
_Trop dangereux, on est sous les ordres de l'ONU, et c'est principalement eux qui nous ravitaillent. Je sais que pour vous ce serait une excellente occasion de nous voir mourir, dit-il en trainant sur les derniers mots, mais, si on en arrives là, on détruira Atlantis. Et, ce n'est pas parce-que la cité est détruite que les Goa'ulds ne pourront pas venir vous botter les fesses. Ils ont plus de connaissances que nous, alors ils peuvent très bien mener une guerre contre vous avec seulement quelques vaisseaux terriens au départ. J'ajouterais bien une suite, mais je pense que vous saisissez l'idée.
_C'est assez clair en effet. Cependant, comme je l'ai déjà dit, je n'hébergerais que l'une d'entre elles, sans armes, et je ne réponds pas de la réaction de mon équipage.
_Là aussi, rétorque Sheppard, la situation est assez claire. Je propose donc de les laisser décider, qu'en dites-vous ? »
Le wraith fit un hochement de tête approbateur. Tania commença ;
« Je reste. Solène connaît Atlantis mieux que moi et elle est totalement capable de cacher sa présence, ce que je ne saurais pas faire avant quelques heures passées sur la cité. Et puis, entre elle et moi, il n'y a pas de doutes, je suis la mieux armée, finit-elle avec un clin d'œil à l'intéressée.
_Je pensais plutôt la remettre aux athosiens ou aux géniis, dit le colonel.
_Oui bien sûr, lança miss Travier sur un ton ironique. Rappelez-moi votre version officielle ? Ah, oui ! Le docteur McKay faisait des modifications sur le vaisseau comme à son habitude, ce qui a provoqué une sortie de l'hyper-espace. Vous vous êtes, comme par hasard, retrouvé près du vaisseau de Todd, vous avez donc voulu sauter sur l'occasion et lui passer un petit coucou. Lui, pour une raison inconnue arrives sur le vaisseau, repère Tania, et l'enlèves ? Franchement Sheppard, votre histoire ne tient déjà pas debout, mais rendre visite aux athosiens juste après qu'un membre de l'équipage se soit fait enlever, et que le vaisseau ait probablement reçu des dégâts, désolée mais même des fonctionnaires ne vous croirons pas ! »
Là Tania, laisse échapper un petit rire, ce qui lui vaut d'être foudroyée du regard par le colonel.
« Et les détecteurs de la cité, rétorqua Sheppard, vous pensez pouvoir les désactiver ?
_Bien entendu !
_Et par quel moyen ?
_Avec le gène.
_Vous n'avez pas reçu de génothérapie, à ma connaissance.
_Je n'en ai pas besoin, je l'ai déjà. »
Le colonel Sheppard prend quelques secondes pour se remettre de l'information avant de dire, avec toute la classe que ce mot sophistiqué implique ;
« Hein ?
_Le docteur Keller a vérifié quand elle m'a fait ses examens, je lui ai demandé de ne rien dire, pour ne pas donner une raison de plus à l'état major de m'éloigner de mon chez moi. Il s'avère que mon gène est plus actif que le votre donc je peux discuter avec la cité sans passer par le fauteuil, même si la conversation serait plus complète et plus directe avec. En bref, je peux rester sur Atlantis sans soucis et Tania est la plus à même de survivre ici pendant le temps où vous règlerez le problème Goa'uld. »
Tous se taisent, certains se demandent ce que va répondre le militaire, mais en le voyant se rassoir au fond de son siège, tous comprennent que Solène a gagné. Todd demande ;
« Et de combien de temps parlez-vous ?
_Quelques jours, répond Sheppard. Une semaine au plus, après ce délai, si il n'y a aucun changement, on les enverra toutes les deux chez les Athosiens. Cette solution n'est que provisoire. Nous ne pouvons pas le faire maintenant, car, eh bien, disons que notre plan de vol ne prévoit pas la nouvelle Athos, comme l'a si justement fait remarquer miss Travier.
_Soit, il y avait justement un sujet dont je voulais m'entretenir avec le docteur Keller, établissons un contact dans les cinq prochains jours.
_Nous sommes d'accord pour cinq jours alors, en voyant le hochement de tête de son interlocuteur, le militaire poursuit ; alors on se revoit sur M2R-441, comme d'habitude. »
Après quelques salutations d'usage, les convives, toujours guidés par le commandant du vaisseau, s'en retournent aux F-302, toujours encadrés par des soldats et Seely. Alors qu'ils sont sur le chemin du pont d'embarquement, Sheppard reçoit une émission radio ;
« Colonel Sheppard, ici le colonel Caldwell à bord du Dédale, peut-on savoir quand est-ce-que vous rentrez ? Certains membres de l'équipage commencent à s'inquiéter »
Sheppard entend aussi la voit de McKay qui doit encore s'époumoner pour une raison ou une autre.
« Colonel, ici Sheppard, on vient à peine de finir, tout va bien, on a eu ce qu'on voulait.
_Vous me raconterez tout quand vous serez à bord. Pour l'instant je peux vous informer qu'il s'est passé des choses ici aussi.
_Ah ? Qu'est-ce que McKay a encore fait ?
_Eh ! Ça veut dire quoi ça ? S'écrie le physicien.
_Rien colonel, mais nous avons reçu un message d'Atlantis. Une délégation de l'ONU est prévue pour dans sept jours, au prochain contact intergalactique. Il m'est avis que le départ précipité du Dédale sans informer qui que se soit, n'est pas passé inaperçu.
_Surtout avec Tania à bord, une civile qui n'est pas censée connaître l'existence du projet Stargate, ou l'existence de vaisseaux spatiaux.
_Exact. Il espèrent que nous la ramèneront sur la cité.
_Ils se mettent le doigt dans l'œil, précise McKay.
_Je suis bien d'accord avec vous, docteur, ajoute Caldwell.
_Pour une fois ! Commente ce dernier. »
Rodney ne l'a sûrement pas entendu, mais Sheppard si, le soufflement a peine perceptible, suivit du murmure du commandant du Dédale ;
« Comme vous dites.
_Colonel, on rentre au bercail, préparez-vous à nous accueillir !
_Bien reçu. »
Plusieurs heures plus tard, Tania se retrouve seule dans ce qui va lui servir de chambre pour les jours à venir, prêtée par Todd. Elle soupire. Le vaisseau terrien est déjà parti, la laissant seule avec ses fantômes. Sur l'autre vaisseau elle pouvait se concentrer sur ces gens sans se faire repérer, discuter avec eux, ou même jouer aux cartes, bref, elle ne pensait pas à ce qu'elle avait vécu. Maintenant elle est là, seule humaine au milieu de ses prédateurs naturels n'existant que dans cette galaxie. Et pourtant, pour la première fois de sa vie elle se sent comme les autres, capable de les entendre discuter par télépathie, Solène avait raison, c'est ahurissant, cependant, là où la française semblait ravie, elle se sentait perdue, et démunie… A tel point qu'elle préférait enterrer ses capacités, du moins, provisoirement. Solène lui avait dit qu'elle devrait courir, mais la voilà dans l'attente, décidément, elle n'était pas à l'aise. Elle se lova dans sa couchette, position fœtus, et pensa à cette époque où ils étaient tous ensembles, à Philadelphie. Elle se demanda comment Solène avait fait pour passer d'une fierté égocentrique comme celle qu'ils avaient à celle qu'elle a aujourd'hui, cette nouvelle fierté que Tania n'arrives pas à définir. Tout en se posant ces questions, la jamaïcaine s'endort, un sommeil agité de rêves, des rêves appartenant au passé, celui du groupe, mais surtout celui de la française…
