Je sais, je sais, ENFIN une nouvelle partie! Ça fait littéralement des années que je n'avais plus travaillé sur cette traduction. Mais je peux vous promettre que je traduirais jusqu'au dernier des chapitres écrits par Scorch! Juste pour info, ça veut dire qu'il en reste encore au moins 4 (en plus de celui-ci) ;-)


Jour 31...

"Hé bien?" demanda-t-elle, souriant en tournoyant de sorte que sa jupe flirtait autour de ses cuisses. La jupe était bleu marine avec des marguerites blanches brodées autour de l'ourlet et elle complimentait joliment sa blouse blanche à manche courtes qui venaient avec des marguerites bleu marine brodées sur les bords. Sa tenue était jolie, magnifique même, mais semblait ne pas aller d'une manière ou d'une autre, presque enfantine en comparaison avec sa personnalité.

"C'est super," commenta Angélus. "Si tu étais sur le point de concourir dans un match de tennis Olympique." Il fit une pause. "Enfin, à part pour les bigoudis roses dans tes cheveux et les chaussons en peluche sur tes norteils." Norteils. Seigneur. C'était vraiment une fille.

Son sourire heureux s'effaça et elle lui lança un regard noir, carrément pas impressionnée par sa déclaration. "Ok," dit Cordélia tandis qu'une main venait se planter sur une hanche. "D'abord je ressemblais à une ecchymose sur pattes, après à un sous-marin jaune humanisé et maintenant à une wannabe de Wimbledon. Dis-moi, oh Swami de Donna Karen, que devrais-je porter?"

Il soupira de soulagement. "J'ai cru que tu ne le demanderais jamais."

Elle le regarda se lever avec enthousiasme de là où il était allongé sur son lit, la pousser avec enthousiasme hors de sa propre penderie et fouiller avec encore plus d'enthousiasme dans ses tenues. Ses sourcils atteignirent des sommets sans précédent tandis qu'il commençait à maugréer entre ses dents, ses mains balançant activement des vêtements variés par-dessus son épaule, accompagnant ses actions par d'occasionnels fredonnements d'approbation ou de dégoût.

Deux piles commencèrent à se former derrière lui, celle à gauche devenant plus haute que celle sur la droite. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser que la pile de gauche était ce qu'il désapprouvait.

"Ça?" Angélus leva un pantalon à fines rayures fait sur mesure et une veste assortie. Il secoua la tête. "Joli, mais pas pour notre rendez-vous." Le pantalon atterrit à droite. "Les robes sont jolies..." Une robe vert émeraude faite de soie était la suivante à l'inspection, mais non. Apparemment c'était trop, "Formel. Un petit morceau mignon et sexy, mais formel."

La mâchoire de Cordélia tomba par terre tandis que la création unique de Valentino s'en alla voler dans les airs. Que faisait-il, bordel? Ne savait-il pas combien ça coutait? "Hey!"

Il entendit sa plainte et s'en fouta royalement. Un top jaune pâle arriva avec un pantalon de cuir rouge. Comme son dos était tourné vers elle, elle ne vit jamais ses yeux virer au bronze. "Prend ça et met-le de côté. Tu le porteras pour moi plus tard." La tenue atterrit à côté de la pile de droite.

"Si je le portais ce soir, ce problème serait réglé." Elle lui arracha la tenue des mains, la couchant soigneusement sur le lit jusqu'à ce qu'elle puisse prendre un cintre de sa penderie.

"Vrai," convint Angélus et il lui lança un regard par-dessus son épaule avant de se retourner vers la tâche de choisir ce qu'elle allait porter. "Mais alors mon avis serait inutile, tu ne crois pas?"

Elle fit un geste d'étranglement avec ses mains, ne s'arrêtant que quand des yeux suspicieux se dirigèrent dans sa direction. "Je crois que tu devrais te dépêcher de me choisir quelque chose à porter parce que je ne rajeunis pas." Seigneur, il était tellement exaspérant.

Il secoua la tête. "La patience est une vertu."

"Une vertu que je n'ai vraiment pas et que je n'envisage jamais d'avoir. Je veux sortir, Angel," geignit à moitié Cordélia. "On n'est pas sorti depuis une éternité et je m'ennuie."

Cette fois, ce fût lui qui fit un geste d'étranglement mais, contrairement à elle, il ne cacha pas sa frustration. Il lui fit face avec un visage sans aucune expression. "Tu n'as jamais pensé à acheter moins de vêtements?"

Elle le fixa comme s'il était cinglé, se demandant s'il était sérieux. Une seconde passa et elle commença à rire. "Elle était bonne celle-là, Angel. Vraiment. La meilleure que j'ai entendue de toute la journée." Moins de vêtements. Ha!

La façade inexpressive d'Angélus n'hésita pas, non pas qu'elle s'en souciait évidemment "Après tu me diras qu'il me faudrait une penderie plus petite."

Il jeta un œil à la penderie en question et se retourna vers elle avec un sourcil arqué. "Hé bien..."

Cordélia lui fit un tape sur l'épaule. "Oh toi alors!" Elle soupira au travers de ses gloussements. "Où était cet humour quand tu avais ton âme?"

"La blonde l'avait jeté aux toilettes."

"Par blonde, je suppose que tu veux dire Buffy. Elle a certainement un don pour ça." Sa voix sortit un peu plus cassante qu'elle ne l'avait voulu.

"Tu peux le répéter."

"Elle a certainement un don pour ça."

Des yeux bruns rencontrèrent des yeux noisettes et ils sourirent de manière identique. "Bref," Cordélia prit une autre robe de la tringle, la tendant pour son inspection. "Et celle-ci? C'est à la fois élégant et pratique, fait d'un mélange de coton doux, donc ça tient chaud et froid en même temps."

Angélus regarda le vêtement d'un air critique. C'était joli, il devait l'admettre. La couleur était pâle, pas bleue ni grise, mais quelque part entre les deux, et ça lui rappela un matin de printemps anglais. Il imagina la robe sur elle et se lécha les lèvres devant la délicieuse image qu'elle créait. Il pouvait imaginer des pinces à cheveux assorties tirant ses boucles sombres loin de son visage, lui permettant d'admirer sa gorge quand il le choisirait, et sa bouche brillerait avec un gloss aromatisé tandis que de longs cils sombres battraient coquettement.

Elle suivit sa langue alors qu'il traçait ses crocs et mordait sa lèvre inférieure, faisant monter une goûte de sang qu'il lapa sans hésitation. Elle agrippa le cintre, déglutissant alors qu'elle l'imaginait laper son sang à elle de la même façon. Il devint un peu difficile de respirer quand il fit un pas vers elle, puis un autre et puis un autre, ne s'arrêtant que lorsque son dos fût juste contre le fond de la penderie, le cintre serré en une prise aux articulations blanches.

Avec lui directement devant lui et bloquant presque toute la lumière, Cordélia vit à quel point il était vraiment pâle. C'était incroyablement bizarre, si elle pouvait se permettre. A un moment, il ne semblait pas si pâle et le suivant, il faisait honte à Casper. Ses yeux étaient presque aussi noirs que ses cheveux et le contraste avec sa peau était à la fois contre nature et naturel. Et puis il y avait ses traits. Des joues et une mâchoires sculptées allaient bien avec sa bouche, malgré un contour de lèvres irrégulier, un nez un peu gros, et son front. Ses oreilles n'étaient pas trop petites ni trop grandes et il n'y avait aucun signe qu'il les ait jamais percées.

Angélus souleva un sourcil quand sa tête se pencha sur le côté, des iris noisettes examinant adorablement ce qui semblait être chaque centimètre de son visage. "Je suis un beau gars, pas vrai?" Sa bouche se courba diaboliquement tandis qu''un rougissement montait le long de ses joues.

"Bof," dit-elle avec désinvolture, réalisant entièrement qu'il pourrait la tuer pour cela, mais ce n'était pas drôle de jouer en toute sécurité. "J'ai vu mieux, j'ai vu pire." Là. Voyons comment il aimait ça. Elle eut l'envie de tirer la langue.

Sa mâchoire tomba un peu avec incrédulité. Elle voulait voir pire? Très bien. Il allait lui montrer pire.

Angélus prit un grand plaisir à la regarder sursauter quand il lui arracha la robe des mains et qu'il la fourra sur la tringle, laissant Cordélia sans barrière entre elle et pire. Ses paumes s'écrasèrent lourdement contre le mur derrière elle, se fichant du plâtre émietté sur le sol et des empruntes qui resteraient. "Ça, c'est assez beau?"

Elle avait peur et n'était pas honteuse de l'admettre, mais cela ne l'empêcha pas de faire face au vampire et elle le fit admirablement, tout en observant avec fascination son humanité devenir lentement démoniaque. Des stries d'os et de cartilage rendaient sa mâchoire proéminente et forçaient des dents peu tranchantes en deux rangées de crocs mortellement pointus, tandis que des orbes obsidiennes tournoyaient avec de l'or et du caramel. Elle l'avait déjà vu de près, mais pas de manière aussi intime, et dire que c'était une expérience était un euphémisme.

Déterminée à être intimidée le moins possible, Cordélia sourit de manière effrontée et se mit sur la pointe des pieds pour pouvoir lui chuchoter dans l'oreille. "C'est définitivement une amélioration."

Puis elle eut l'occasion de voir un vampire ressembler à un guppy et l'envie de se moquer de lui fût presque irrésistible. Presque, enfin, mais elle y parvint. A peine.

Ses mots furent un bon coup dur pour son égo et il ne pouvait s'empêcher d'être bouche bée devant elle alors qu'il luttait pour trouver un réponse qui la mettrait sur les fesses. Il devait féliciter la sorcière effrontée pour son toupet. "Espèce... Espèce de..." bafouilla-t-il.

"Gueuse?" offrit utilement Cordélia.

L'embrasser ou la tuer, Angélus essaya de décider quel châtiment elle méritait? L'embrasser ou la tuer, l'embrasser ou la tuer. Seigneur, il n'avait jamais été si confus. Peut-être qu'il devrait tirer à pile face et en finir. "Coquine," souffla-t-il avec un grognement, mais il n'alla pas plus loin.

Puisqu'elle était toujours sur la pointe des pieds, elle était en mesure de tracer les contours sans s'étirer et elle le fit. Allant d'une tempe à l'autre, puis au milieu de son front et le long de son nez, n'arrêtant l'exploration que quand elle atteint sa bouche en cœur. "Tu peux avoir les crocs sans les bosses?" demanda-t-elle d'un air interrogateur.

Huh? Ok, d'abord elle ne criait pas pour sa vie et ne suppliait pas pour de la pitié. Bien sûr elle avait peur, ce qui était escompté, mais elle semblait plus inquiète par le fait de le rabaisser un peu. Ensuite, elle tripotait son visage de gauche à droit et posait des questions. Jamais dans son existence une humaine n'avait été aussi peu affectée. Un regard sur son visage lui dit que non, elle était bien affectée, mais elle ne s'enfuyait pas.

Cela l'émerveilla jusqu'au silence et à la incapacité de faire quoi que ce soit d'autre que de la laisser faire ce qu'elle voulait avec lui.

"Hé bien?" demanda Cordélia. "Est-ce que tu peux avoir l'un sans l'autre?"

Angélus cligna des yeux et se sortit de la stupeur dans laquelle elle l'avait mis. "Je n'ai jamais essayé." Un doigt sur sa pommette droite lui dit de le faire. Il se concentra sur le fait de rétracter ses crocs tant en gardant le reste et c'était fichtrement difficile, donc il essaya de retirer les stries sur le haut de son visage tant en gardant les crocs. La réponse à l'air que cela lui donnait était écrite sur son expression amusée. "Bizarre à ce point-là?"

"Ouais," dit-elle avec un sourire qui devient rapidement une grimace tandis qu'elle tripotait son front.

"Quoi?"

"Je pensais juste à quel point un coup de tête de ta part doit être douloureux." Elle fit une pause, visualisant ces stries osseuses écrabouiller le nez d'un pauvre nul. "Ouille."

Il gloussa. "Ça m'est arrivé une fois," lui dit-il. "Pas par un autre vampire, mais un démon du nom de Boone."

"Vraiment?" Les yeux de Cordélia s'écarquillèrent avec une soif de savoir. "Dis-moi tout et n'omets aucun détail."

Angélus reprit la robe de la tringle et lui saisit la main, profitant de l'occasion pour accidentellement frotter son pouce sur la chair fragile cachant son pouls. Mmm. Délicieux. "Juarez," il la mena hors de la penderie, entièrement conscient qu'elle était pendue à ses lèvres. "Dans les années vingt," commença-t-il. "Je me suis battu avec un démon nommé Boone à cause d'un beau petit sac contenant beaucoup d'argent."

Sa voix devint évocatrice tandis que des souvenirs du bon vieux temps traversaient son esprit. "Son espèce a des câbles durs en acier qui sortent pour s'enrouler autour de leurs mains lors des combats."

"Attends une minute," Cordélia tira sur sa main pour attirer son attention. "Tu as commencé une bataille de coups de poings avec un démon aux mains en acier pour de l'argent?"

"Hé bien, ça et la jolie petite séniorita aux yeux verts qui le gardait." Il la vit rouler les yeux et sourit. "J'étais un fils de pute arrogant..."

"Etais?"

Il jeta la robe sur le lit et l'honora d'un regard noir odieux. "Tu veux entendre l'histoire ou pas?"

La gueuse se contenta d'asseoir ses fesses, entièrement amusée par son son insulte. "Je suis touuuuuute ouïe."

Angélus plissa les yeux avec suspicion avant de continuer. "Donc j'étais là, à faire une révérence devant la foule et prêt à prendre la main de la jeune fille, ajoute à ça la jubilation qu'un victorieux peut légitimement avoir et tu obtiens une cible facile. J'ai eu à peine le temps de faire un sourire à Miss Yeux Verts avant que l'un de ces câbles d'acier ne s'écrasent sur mon visage." Il laissa sortir un sifflement. "Je dois te dire Cor, ça fait fichtrement mal. Beaucoup."

Cordélia pouvait bien l'imaginer.

"Je suis tomber. La tête sur le pavé, le sang coulant et avec un mal de chien. C'était à son tour de jubiler et il l'a fait. Juste au-dessus de moi. Il a offert de me donner une mort gracieuse avec une mise à mort rapide."

"C'est gentil de sa part. Alors qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite? Tu t'es levé pour lui botter les fesses ou est-ce que tu as dit bonne nuit?"

"Boone avait peut-être un talent pratique au combat, mais même lui ne peut pas supporter un coup de pied rapide dans les parties." Elle gloussa. "Il s'est pris mon quarante-six en plein dedans, et ce fût assez pour le surprendre et me donner du temps pour me débarrasser des étoiles et me lever. Il a reçu un poing sur la mâchoire, j'en ai reçu un dans l'estomac. Il a fait gentiment connaissance avec un mur et j'ai dit bonjour à une table. On s'est battu pendant trois heures et demi."

"Et puis qu'est-ce qu'il s'est passé?"

"Le soleil s'est levé."

Elle attendit d'en avoir plus, mais cela ne vint jamais, et ce fût au tour de Cordélia de ressembler à un poisson. "Et c'est tout? Le soleil s'est levé? Pas de j'ai gagné, il a perdu, ou j'ai enfoncé un objet pointu et brillant dans son cœur et j'ai rigolé pendant qu'il s'étouffait avec son propre sang ?" Il sourit et secoua la tête. "Excitant," maugréa sarcastiquement Cordélia.

Angélus lui lança un autre regard noir. "C'était excitant."

"Laisse-moi deviner, vous vous êtes serrés la main et avez vécu heureux pour toujours. Ouais. Très excitant."

"C'était excitant!"

"Tu y crois si ça te permets de te sentir mieux."

Quand aucune réponse n'arriva, elle regarda au travers de ses cils pour le voir debout avec une main sur sa hanche et secouer un doigt dans sa direction. Le silence dura jusqu'à ce qu'il trouve les mots qu'il cherchait clairement. Comment osait-elle le remettre en question? "J'ai fait des choses excitantes. J'en ai faites."

Cordélia ne put simplement pas s'en empêcher. "Qu'est-ce que tu as fait? Tu les as toutes rêvées?"

Angélus se retrouva face à son précédent dilemme. L'embrasser ou la tuer, et là tout de suite, il penchait vers tuer. "D'accord, je propose un marché. Je gagne ce soir, tu retires ce que tu as dit et tu dis, très fort, que je suis la personne la plus excitante que tu as jamais rencontrée. Tu gagnes, tu dis quand même très fort que je suis la personne la plus excitante que tu as jamais rencontrée."

Il y eut une pause d'une fraction de seconde avant qu'un rire plein d'humour ne rebondisse sur les murs de la chambre, les vibrations faisaient trembler le lit et les inspirations d'air lui faisaient mal au ventre. Ses bras s'enroulèrent autour de ses flancs comme pour s'empêcher de tomber en lambeaux tandis que de chaudes larmes s'échappaient de ses yeux étroitement fermés. Il n'avait d'autre choix que de rester là à regarder et attendre qu'elle se ressaisisse.

Finalement, après ce qui sembla être des heures, les gloussements de Cordélia s'atténuèrent en hoquets et reniflements accompagnés d'un soupir occasionnel. "Tu n'es peut-être pas l'homme le plus excitant que j'ai jamais rencontré, mais tu es certainement le plus drôle. Sauf si tu étais sérieux concernant ces enjeux...?" Un regard sur son visage fut une réponse suffisante. "Ce que tu étais, évidemment."

"Non, vraiment?" De l'acide dégoulina de sa langue alors qu'il essayait de ne pas trouver son rire aux larmes à ses dépends séduisant, mais il ne semblait simplement pas pouvoir se raccrocher même à de l'irritation feinte. Lentement, son expression mécontente se fondit en ce sourire qui lui était propre. "J'étais sérieux. Bien que je puisse être persuadé de changer d'avis..."

"Et comment puis-je te persuader de le faire?"

N'était-ce pas une question tendancieuse?

Angélus réfléchit un instant. "Je trouverais quelque chose."

Elle sourit d'un air narquois. "Je n'en ai aucun doute. Maintenant, ma robe et moi allons faire connaissance pendant que tu gardes tes mains baladeuses hors de mes affaires."

"Tu dis ça seulement parce que j'ai trouvé ton premier journal intime," souligna-t-il de manière suffisante. "David Hasslehoff, Cordélia?" Il fit claquer sa langue avec consternation. "Et moi qui pensais que tu avais du goût."

Il parvint à peine à éviter le chausson jeté dans sa direction, un geste qui ne servit qu'à accroître sa bonne humeur et ses gloussements l'accompagnèrent dans la salle de bain. Elle n'y était pas depuis plus de cinq secondes quand il prit la décision d'offrir son aide et il lui fallut quelques pas silencieux pour atteindre la salle de bain, où il posa prudemment sa main sur la poignée de la porte, la faisant tourner d'une façon qui ne fit absolument aucun bruit.

Angélus pressa l'oreille contre le bois gris et lisse, écoutant le vêtement numéro trois tomber à terre. Il ne se souvenait pas qu'elle ait mis de sous-vêtements avant son petit spectacle de variété et ça voulait dire que, d'ici un instant, elle serait aussi nue que le jour. Super. Ouaip. Voilà qu'arrivait le top.

Souriant, il ouvrit la porte toute grande et la trouva appuyée contre l'évier, inspectant ses ongles et totalement habillée. Son regard s'abaissa et découvrit un tas de petites serviettes sur le sol, qu'elle avait manifestement fait exprès de faire tomber. Quand son attention remonta jusqu'à son visage, il trouva une paire d'yeux noisettes clignant de manière oh si innocente.

"Tu voulais quelque chose?"

Tuer, décida-t-il, définitivement la tuer.


Au début, Angélus avait été assez content de marcher à côté d'elle, son attention sur les différentes machines de jeux et écoutant Cordélia lui décrire comment jouer avec. Et puis le contentement disparut quand son attention commença à remarquer les hommes, de tout âge, la regardant d'une manière qui ne lui allait vraiment pas bien. Sa main s'abaissa et se glissa dans la sienne, et il l'attira un peu plus près de lui, envoyant une promesse de mort à chaque mâle.

Tenir sa main ne dura pas longtemps, purement pour la raison que quand les hommes la regardaient, ils suivaient son bras jusqu'où son droit de propriété était évident et continuaient leur chemin jusqu'à ce que ses jambes soient l'attraction principale. Angélus ravala ses croc et ôta son bras, à sa grande confusion, pour le placer autour de sa taille. Un type osa l'ignorer et il eut la putain d'effronterie de lui sourire, mais un éclair d'or s'en occupa rapidement.

Évidemment ça n'avait pas d'importance si ça c'était réglé car le visage du type était déjà retenu et l'arrêt de mort était déjà signé. Tout de même, cela n'empêcha pas Angélus de l'attirer plus près de son flanc. Une bonne initiative, décida-t-il joyeusement. Non seulement le message était haut et bien fort, mais ça lui rapporta aussi de magnifiques joues rougissantes et un énorme sourire. Ouaip, c'était une fichtrement bonne journée pour être lui.

"Je n'arrive toujours pas à croire qu'on se soit habillé sur notre trente et un pour aller faire du bowling," disait-elle et il arracha son regard intense d'un homme assez vieux pour être son grand-père. "J'ai l'impression d'être plus apprêtée pour un restaurant cinq étoiles."

"J'aime que mes femmes aient l'air belles pour moi."

Cordélia souleva un sourcil dans sa direction, se rapprochant encore plus de lui de sorte que son épaule touchait la sienne. "Mes femmes?"

Elle reçut un sourire narquois irritant en réponse. "C'est quoi ce jeu là-bas? Celui entouré par un million d'enfants."

"Oh, Mz. Pacman. Si tu commences, tu seras encore là dans un an. Ma mère a dépensé trente dollars dessus quand on est venu pour une fête d'anniversaire. Papa a dû menacer l'existence de sa carte de crédit pour la faire arrêter." La phrase de Cordélia fut coupée alors qu'elle regardait avec nostalgie les machines à ours en peluche et les machines à sous, et elle sentit l'envie monter. Non. Elle devait être forte. Elle ne cèderait pas. Elle pouvait et le ferait, elle resterait bien, bien loin d'elles.

Angélus lui donna un petit coup de coude tandis qu'il suivait sa ligne de mire, soupirant quand il vit les jouets en peluche. "Pitié, ne me dis pas que tu es l'une de ces filles."

"Qu'est-ce que tu veux dire? Ces filles?"

"Tu sais. Celles qui forcent leurs petits-amis à leur gagner un ours."

"Non, mais comme j'ai dit. Je ne suis pas défavorable à l'occasionnelle démonstration de romance, et si la dite démonstration de romance implique le fait de gagner un mignon chaton en peluche avec des tâches noires, loin de moi l'idée de le refuser." Elle se détourna pour qu'il ne puisse pas voir son amusement. Un vampire sans âme en rendez-vous galant avec une fille qui aimait les chatons en peluche. Pauvre petit. "Ne t'en fait pas dans ta petite tête, Angel. Ta réputation est parfaitement en sécurité."

"Oh, merci."

Il reçut une petite tape sur son bras. "De rien. Ok, les pistes sont par-là. Allons te battre."

"Je pense que tu voulais dire allons te battre."

Cordélia fit un reniflement pas très féminin. "Non, non. Je ne me suis pas trompée la première fois."

"C'est celààà." dit Angélus d'une voix traînante, allant de mémoriser les visages à inventer de nouvelles méthodes de torture. Certes, certains des vieux trucs étaient définitivement bien, mais les temps changeaient. On ne pouvait pas toujours vivre dans le passé. De plus, il n'y avait qu'un certain nombre de fois que le supplice Chinois de la goutte d'eau pouvait être fait avant de devenir ennuyeux.

Elle le laissa demeurer dans le déni et laissa tomber sa main gauche pour qu'elle couvre celle qui était paisiblement posée sur son ventre, et se détendit simplement contre lui pour savourer la calme promenade jusqu'à la piste qu'elle avait réservée avant de quitter la maison. C'était agréable, très agréable. Partager un sourire étrange avec son rendez-vous et échanger d'occasionnelles remarques pleine d'esprit tout en posant sa tête sur son épaule droite.

Ils atteignirent le comptoir qui distribuait les chaussures et, quand Cordélia s'avança pour payer, Angélus enroula ses doigts autour de son poignet. "Moi." Il regarda la vendeuse en une sorte d'ordre de ne pas prendre l'argent offert. "Je paye."

Cordélia roula les yeux face à l'étalage de machisme. "J'ai dit que j'invitais et ça veut dire exactement ce que ça dit dans le descriptif. J'invite. Quoi que tu veuilles peut-être revoir la location des chaussures. Dieu seul sait combien de personnes ont des infections fongiques."

"Quoi qu'il en soit, tu ne payes pas. Je suis né à l'époque où les hommes prenaient soin de leurs femmes. Je veux payer, ou devrais-je dire je vais payer. Pas de discussion."

Elle se tint là, laissant son regard la transpercer et n'ayant entendu que deux mots de tout cela. Pas ceux qui déclaraient qu'elle était sa femme ni ceux qui déclaraient qu'il allait prendre soin d'elle, mais les derniers mots de sa deuxième phrase. "Leurs femmes?"

Il sut qu'il avait gagné quand elle plia et rangea son sac. "Ça c'est une gentille fille," félicita-t-il, récompensant son bon sens avec un sourire affectueux et une tape condescendante sur la tête, à laquelle elle répondit en frappant sa main pour l'éloigner.

"Tu vas gâcher tout tes efforts." Angélus n'était définitivement pas comme les autres hommes. Il lui avait coiffé les cheveux, l'avait aidée à choisir quoi porter et avait joyeusement pris part à une discussion sur ce qui faisait les meilleurs draps. Le satin, la soie ou le cent pourcent coton. Il avait même avoué posséder une couette en cuir Italien, mais n'avait pas voulu lui dire combien ça avait coûté. Il n'en avait pas besoin, elle était bien en mesure de deviner.

Un bruit de dégoût vint de la droite de Cordélia et ils se tournèrent tous les deux pour regarder une fille avec des cheveux blond foncé vêtue d'une jupe kaki, d'un top rose discordant et de chaussures roses scintillants au bout pointu. "Ce sont les filles comme toi qui donnent une mauvaise réputation à nous autres."

"Excuse-moi?" exigea Cordélia, surprise par l'hostilité dans la voix de l'étrangère.

"Permettre à un... un homme de payer pour toi," la blonde regarda le couple avec mépris et ricana. "Tu lui fais probablement ouvrir les portes et tirer les chaises."

"Et quoi si je le fais?"

"Je ne me bats pas pour l'égalité pour que des filles comme toi fichent tout en l'air."

Angélus gloussa, attirant l'attention des deux filles. "Tu vois comme elle a habilement évité l'utilisation du mot foutre? J'imagine que des activités avec une forme de phallus autant impliquée sont bannies de son vocabulaire limité."

"Et tu vois comme je m'en fiche?" sourit Cordélia.

"Dites-moi," demanda-t-il à l'intruse. "Quel est votre avis sur les concombres?"

La vendeuse s'étrangla sur sa propre salive quand elle entendit la question de l'homme et elle ne put s'empêcher de regarder la fille blonde. Du bowling gratuit, des frites au fromage gratuites de la part de Ben, le type mignon qui travaillait à la cafétéria et des conversations comme celle devant elle. En plus, c'était un bon salaire pour peu de responsabilité. Seigneur, elle aimait son travail.

Angélus rigolait toujours tandis que Cordélia le tirait vers leur piste, ne s'arrêtant que lorsqu'ils furent là où restaient les boules. "Que le jeu commence."


De l'intense concentration remplissait des yeux noisettes alors que la boule s'élevait à hauteur de la bouche. Un un souffle fut inspiré et puis lentement expiré et ses doigts se préparèrent à lâcher au parfait moment. Elle recula d'un pas, amenant son pied droit en position, sa main se balança d'arrière en avant et resta tendue une seconde avant que la boule ne commence son voyage le long de la piste. L'anticipation la faisait regarder tandis qu'elle roulait rapidement vers la cible visée, un saut et un cri joyeux accompagnèrent la démolition de neuf quilles entières.

"Ouais!" Le poing de Cordélia frappa l'air et elle tourna en un cercle avec souplesse, faisant face à un vampire peu impressionné. "Essaye de battre ça."

Angélus croisa les bras sur son torse. "Difficile, je te l'accorde, mais pas impossible."

Elle balaya les mots avec un grand geste. "Parler, c'est tout ce que tu fais, mon pote. Rien que des parooooooles et aucune action."

"Je vais te donner de l'action, petite fille."

"Alors lève-toi et vas-y." ricana-t-elle joyeusement, se mettant sur le côté pour qu'il puisse passer d'un pas raide à côté d'elle sans lui désarticuler l'épaule avec sa conduite mesquine.

Il commençait à en avoir tellement assez de ses moqueries suffisantes et de ses sarcasmes et glorieux sourires narquois. Il était clair que la gueuse devait vraiment être remise à sa place et il était encore plus clair qu'il était le vampire à pouvoir le faire. Angélus attrapa la boule la plus lourde comme si c'était une plume, lui envoyant un regard meurtrier tandis qu'il s'approchait de la piste. "Laisse le maître te montrer comme on fait," fût tout ce qu'il dit, et il fit la démonstration de faire un strike avec un seul regard vers les quilles.

La suffisance de Cordélia disparut en une bouche bée alors que l'ensemble des quilles allaient s'écraser à terre. "C'est pas juste," accusa-t-elle, mais elle fût ignorée.

Angélus retira sa seconde boule et répéta ses précédentes actions, sauf que cette fois, son attention était vivement concentrée sur la brunette enragée. "Je pense que ça bat ton dix-neuf. Ou est-ce que réduire en miettes serait une description plus précise?"

Elle grogna alors qu'elle passait en coup de vent devant lui, de la colère et de l'humiliation suintant de tous ses pores.

Ah. Il n'y avait pas grand chose de mieux qu'une harpie crachante. Enfin, pas dans son monde en tout cas. "Allez, Cor," dit sa voix joyeuse. "C'est juste un jeu. Ce n'est pas gagner qui..." Des yeux le bombardèrent de feu noisette et le défièrent de finir cette phrase. "Non, non. Gagner compte définitivement."

"Je te déteste." siffla Cordélia et elle attrapa la boule avec tellement de force que son ongle se cassa. "Bon sang! Regarde ce que tu m'as fait faire!" Elle souleva sa blessure aux yeux du monde. "Tu me dois une manucure OPI."

Deux grandes mains agrippèrent un cœur mort. "Aw."

"Tu sais ce que tu es?"

Mince alors, elle était sexy quand elle était furieuse. "Qu'est-ce que je suis?" demanda-t-il avec un sourire d'appréciation.

"Un connard," bouillonna Cordélia. "Un gros et gigantesque connard maléfique."

Angélus fit semblant d'érafler sa chaussure sur le sol et de brosser le portrait d'un garçon rougissant avec son premier Playboy. "Aw mince, et je pensais que tu me détestais."

"Argh!" Elle agrippa des poignées de ses cheveux parfaitement coiffés, les tirant en l'air et ayant l'air à moitié cinglée. "La seule raison pour laquelle je ne te roue pas de coups par terre est parce que tu es plus grand que moi! Et puis, qui peut dire que ta prouesse n'est pas simplement la chance du débutant?"

"La chance du débutant?" Questionna-t-il avec un sourire suffisant. "En d'autres mots, tu es mauvaise perdante."

"Je ne suis pas mauvaise perdante! Tu es un..." Les mains de Cordélia s'agitèrent autour d'elle. "Mauvais tricheur. Ouais. Mauvais tricheur. Un gros et gigantesque connard maléfique." Parce que tricher était si manifestement ce qu'il avait fait. Il avait utilisé son truc de vampire pour faire ces strikes et c'était tricher. En fait, non, ce n'était pas tricher. C'était au-delà de tricher.

"Continue de me complimenter et je vais commencer à rougir."

Angélus se demanda si elle allait lui lancer un boule à la figure. "Je vais bien te faire rougir. D'humiliation." Ses talons firent un bruit de claquement horriblement fort qui le traversa alors qu'elle passait comme un ouragan à côté de lui, frôlant délibérément son épaule contre la sienne.

Elle pouvait à peine voir au travers de la brume rouge de rage et parvint tout juste à lancer la boule en une ligne droite, où elle la regarda rouler le long de la piste et se fracasser au centre. Elle observa, comme quelques autres personnes, la quille du milieu vaciller momentanément avant de tomber en prenant les neuf autres avec elle. Elle cligna des yeux, n'étant pas certaine d'avoir réellement fait un vrai strike, mais la petite quantité d'applaudissement le confirma.

Le cri aigu de joie de Cordélia résonna dans ses oreilles et ses bonds de haut en bas s'inscrivaient sur l'échelle de Richter. Elle frappa des mains en se tournant pour faire face à Angélus, son visage remplit de pure joie. "Tu as vu ce que j'ai fait?"

"J'ai vu."

"Mon premier strike de la journée! You hou!" Elle sauta à moitié et bondit à moitié jusqu'à lui, ses bras allant s'enrouler autour de son cou et il supposa qu'il était escompté de lui qu'il fasse la même chose en retour. Ce n'était pas trop difficile lorsqu'il y réfléchissait et il ne perdit pas de temps pour la soulever par la taille, ses bras serrant douloureusement mais de la bonne manière, et il la fit virevolter. Il avait dû faire quelque chose de bien quand Cordélia planta un baiser mouillé sur sa joue.

"J'ai fait un strike! J'ai fait un strike! Je suis trop forte!"

Il avait une érection. Il était trop fort. "Oui, tu en as fait un," Angélus la reposa sur le sol, la regardant voler vers les boules, son regard entièrement focalisé sur la manière dont sa robe flottait autour de sa silhouette, mettant en valeur les fesses fermes et les cuisses tonifiées. Super.

"Tu es un maître" S'esclaffa-t-elle légèrement. "Pitié." Malheureusement le bonheur excité n'avait pas seulement fait fuir sa rage face à ses techniques de triche, mais aussi sa concentration, et sa boule rata d'un kilomètre. "Bon sang!"

Avant qu'Angélus n'ait l'occasion de reprendre ses jubilations, une voix étrangère parla derrière lui. "Tiens, tiens, tiens. L'équipe Chase est dans la place et en train de perdre," déclara un homme aux cheveux sombres avec un sourire narquois. "L'émerveillement ne cessera jamais."

La seule chose empêchant le vampire de briser le cou de l'intrus pour avoir insulter les capacités de bowling de sa copine fut la réponse froide de Cordélia. "Mr. Nevis," toutes traces d'excitation et de colère remplacées par un mur de néant. Angélus était sérieusement impressionné.

Elle s'avança jusqu'à Nevis, ses pas calmes et mesurés, et ses bras croisés sur sa poitrine. "Angel, c'est Mr. Bryan Nevis. Il joue pour la firme rivale de mon père. Mr. Nevis, c'est Angel, mon..."

"Petit-ami," finit-il pour elle juste pour que le message soit bien compris qu'elle n'était pas disponible.

Nevis lança un regard entre la fille de Chase et son escorte avec un sourcil arqué. "Ton père le sait?" Il ne serait pas surpris si cela n'était pas le cas. Will Chase n'était pas exactement la personne la plus facile à vivre quand cela concernait sa progéniture.

Angélus vint à côté de Cordélia. "Will représente mon club."

Ah bon? Cordélia cligna des yeux non seulement devant l'utilisation facile du prénom de son père, mais aussi l'énorme mensonge qui était venu facilement de la bouche du vampire. Voulant désespérément stopper une interaction qui mènerait soit à ce que Nevis perde sa tête, soit à sa chute par le biais d'histoires embarrassantes de son enfance, "Ça faisait plaisir de vous voir, Mr. Nevis. Je m'assurai de transmettre vos amitiés à mon père..."

Nevis eut un sourire sincère et Angélus eut le plaisir de voir sa dame rougir et se transformer en bouillie. L'homme était séduisant. Des mèches grisâtres contrastaient avec de sombres cheveux bruns et de sombres yeux bruns. De plus, il ressemblait à Will Chase et sachant que, au fond, Cordélia était une fille à papa, cela permit de lui faire comprendre qu'il regardait son tout premier béguin.

Oh, elle allait avoir tellement de chagrin à cause de cela, il allait probablement devoir fuir sa colère. Comme c'était amusant.

"Dis-lui que je raflerais la mise au prochain tournois," dit Nevis, ensuite il fit la grave erreur de lui ébouriffer les cheveux.

Les sentiments à l'eau de rose de Cordélia disparurent en un clignement d'œil et Angélus attendit l'effusion de sang. "Je lui dirais que vous êtes impatient de vous faire botter les fesses."

Nevis rit d'un rire qui se débarrassa de toute sincérité. "Ton père est à peu près aussi doué que toi."

"Excusez-moi?" La mégère crachante était de retour avec vigueur. "C'est bon. Vous et moi? On va voir. L'Équipe Chase versus les Porcs Pushers. Oups. Est-ce que j'ai dit Porcs? Je voulais dire Porcs."

Le regard de l'homme passa d'elle à son petit-ami. "Vous deux contre nous?" Il fit un geste vers les types derrière lui, qui étaient manifestement le reste des Pin Pushers.

"A fond et Nous," L'ongle cassé de Cordélia pointa d'abord elle-même, puis Angélus. "Allons. Vous. Réduire. En miettes." Chaque mot ponctué par des pas menaçants qui l'amenèrent droit devant le visage de Nevis.

"Je ne voudrais pas faire pleurer une petite fille."

"Petite fille? Pleurer?" Cordélia avait plus ou moins de la fumée qui sortait de ses oreilles. "Je vais vous en montrer des pleurs. Angel, annule notre partie et configure-en une nouvelle. On a un jeu à gagner." Elle suivit le vampire pour pouvoir chuchoter une stratégie. "Tu sais comme tricher est mal?"

Il acquiesça, un sourire se formant. "Oui."

"Tu utilises tous les trucs vampiriques que tu as pour tricher. Triche de tout ton petit cœur mort. Je veux leur faire mal. Je veux les réduire en tous petits morceaux minuscules. Je veux que cette partie soit légendaire. Compris?"

"Juste pour qu'on soit clair. Tu veux que je triche?"

"Exactement."

Angélus gloussa et attira son attention sur le fait qu'elle était maintenant devant son visage, ses mains agrippant le col de sa chemise et le secouant un petit peu. Il lança un regard vers où les Pin Pushers travaillaient sur leur propre stratégie, entendant chacun des mots qu'ils disaient. "Ok. Ce type, Graham, est en premier, avec Derek en deuxième. Comme Graham a l'air d'une mauviette, tu peux l'avoir."

Devant son regard, "Sans dire que tu es une mauviette, évidemment."

Cordélia plissa les yeux avec suspicion. "C'est celaaa. Ok, bon plan, mais Nevis est pour moi."

"Tu aimerais bien," dit-il avec un sourire entendu et il reçut un rapide petit coup de poing sur le bras. "Tu dois arrêté de flirter avec moi, Cor."

Elle attrapa une boule, grognant avec frustration alors qu'elle commençait à s'éloigner de lui, mais elle fit une pause. "Si ça c'est flirter, qu'est-ce que tu penserais si cette boule disait bonjour aux tiennes?"

"J'ai toujours dit que j'épouserais quelqu'un que je respectais." Ses mots étaient clairs, nets et tellement secs qu'ils laissèrent sa bouche aride.

Elle fût incapable de faire quoi que ce soit d'autre que de cligner des yeux. "Tu es bizarre, Angel. J'aime ça."

"Nonante-trois pourcent. Maintenant arrête de me distraire et va botter des fesses."


Il était debout au-dessus d'elle, ses yeux saisissant chaque détail minutieux des yeux vacillants et du nez plissé à la manière dont elle mettait une main sous son menton et l'autre sur l'oreiller qu'il avait utilisé. Ses doigts caressaient le doux coton et sa tête se blottissait davantage contre alors que son corps semblait s'enrouler autour. Un tout petit fredonnement s'échappa de ses lèvres ouvertes, et il put presque sentir son souffle alors qu'il réchauffait sa joue.

Angélus jeta un œil vers la fenêtre, un froncement de sourcil sur le visage alors que la faim augmentait. Il avait besoin de manger et vite ou sinon il allait grignoter la jolie chose qui dormait devant lui. Non pas que cela le dérangerait de goûter évidemment, loin de là en fait, mais cela serait bien plus amusant de la baiser d'abord. Et puis, c'était assez intéressant de voir si elle le laisserait volontairement la mordre. Probablement pas, du moins pas dans un premier temps en tous cas, mais cela serait certainement amusant d'essayer.

Il étouffa un petit rire. Sa curiosité inepte lui donnait définitivement l'avantage, surtout s'il y donnait un sens romantique, et cela semblait oh si bon. Il pourrait rendre cela complètement indolore pour elle, mais où était le fun là-dedans? Indolore n'était pas son style et il supposait qu'elle le savait maintenant, diable elle l'avait plus ou moins dit elle-même. Oh bien. Autant qu'il aimerait rester à fixer, il avait besoin de nourriture. Beaucoup de jeune sang savoureux, riche et chaud.

Il était à quelques secondes d'utiliser la porte de devant comme promis quand une voix fatiguée vint du lit. "Angel? Où est-ce que tu vas? Il est presque trois heures du matin."

Angélus se tourna lentement pour voir Cordélia se frotter les yeux avec l'arrière de sa main. "Je reviens bientôt," dit-il. "Enfin, si tu veux que je revienne..." Il laissa délibérément la phrase s'étirer jusqu'au silence, lui donnant le temps de réfléchir à sa réponse.

"Pourquoi je ne le voudrais pas? Où est-ce que tu as dit que tu allais, déjà?"

"Je n'ai rien dit, mais bien essayé. Je dois juste m'occuper de certaines choses," et de jolies brunettes pour assouvir mon appétit. Seigneur, plus il la regardait, plus il avait faim. L'odeur de son sang n'était pas aussi forte maintenant, mais cela était assez pour se concentrer sur tous les endroits qu'il pourrait mordre. Gorge, poignet, cuisse, sein. Ils semblaient tous tellement délicieux, tellement attrayants, il avait du mal à l'ignorer, mais ignorer il le fit.

Trop, trop tôt, et tout ça. Il devait la jouer comme il fallait ou elle porterait ses boyaux en jarretières... Et n'était-ce pas une pensée intéressante?

"Quelles choses? Tu veux que je vienne?"

Oh, s'il le voulait. Angélus se massa la nuque et soupira, décidant que l'honnêteté était la meilleure politique dans une situation comme celle-ci, et puis il aurait le bonus en plus de la regarder réaliser à qui, exactement, elle avait ouvert la porte de sa maison. "J'ai faim, Cordélia," dit-il, sa voix sortant en un grognement rauque. "J'ai envie de sang. J'ai besoin de sang."

A moitié endormie ou non, elle n'était pas stupide. Il allait chasser, se nourrir, boire, peu importe comment il appelait ça. Il allait tuer quelqu'un. Que pouvait-elle dire à cela si ce n'est rien?

"Je ne suis pas Angel," dit-il et il regarda intensément son visage pour quelque chose, n'importe quoi, qui lui dirait qu'elle pensait le contraire, mais il ne trouva rien. "Je ne me nourrirais pas de porcs."

Momentanément distraite, "Tu buvais du sang de porcs?"

Angélus dût sourire devant le dégoût dans sa voix. "Autrefois je mangeais des rats," puis il eut bel et bien un large sourire quand il vit ses joues virer légèrement au vert.

Cordélia frissonna comiquement, incapable de s'empêcher de demander. "Tu n'avais pas des boules de poils? Non, ne réponds pas. Je ne veux pas vraiment savoir." Elle prit une profonde respiration. "Il est trois heures du matin, le soleil sera bientôt levé et je ne veux pas tes cendres sur mon seuil." Ni nulle part d'autre. Comme dans une urne sur la cheminée de Buffy.

"Pourquoi? L'équipe de nettoyage est en vacances?" Son sourire disparut quand il vit de l'inquiétude sincère dans ses yeux.

"Juste... Sois prudent, d'accord?"

Angélus revint au chevet du lit et poussa gentiment sur son épaule, lui signalant de se recoucher. Quand elle s'exécuta, il tira les draps jusqu'à sous son menton, la regardant se blottir en dessous. Elle donnait l'impression que le lit était si chaud, si fichtrement attrayant, qu'il fut tenter de s'y glisser dedans avec elle. "Rendors-toi, Cor. Je ne serais pas long."

Cordélia fit un petit hochement de tête. "Promis?"

Il résista à l'envie de rouler les yeux purement parce qu'elle était réellement inquiète. "Promis."


Pour une fois, Sunnydale était calme et Angélus se retrouva à chercher dans tous les fichus recoins pour un bon repas. Tous ses efforts furent récompensés quand il croisa un couple ivre qui fraternisait dans le parc près de Restfield. Leurs gloussements ne durèrent pas et furent rapidement remplacés par des cris qui ressemblaient à de la musique pour ses oreilles. Pour rendre le tout encore mieux pour lui, la petite dame était une jolie brunette et, bien que la taille, la couleur des yeux, la silhouette, le parfum étaient erronés, il s'en contenta.

Le type s'en tira moins bien puisque c'était lui qui avait été sur le point de tirer son coup avec la fille. Certes, elle n'était peut-être pas Cordélia, mais c'était ce qu'il avait vu.

Cordélia ouvrant les cuisses pour quelqu'un n'étant pas lui et Seigneur, ça l'avait rendu si fichtrement furieux. Angélus se demanda si elle savait vers où ils allaient. Probablement. Elle n'était pas stupide, sa Cor, elle n'était pas naïve non plus. Elle devait savoir qu'ils allaient finir dans son lit avec elle le suppliant pour ce qu'il déciderait de lui donner.

Il sentit sa queue se tendre alors qu'il s'imaginait la maintenir couchée, ses cuisses ouvertes, sa bouche disant ce délicieux petit mot. Pitié. Pitié, Angel, dirait-elle avec des larmes dans les yeux, je ferais tout ce que tu veux.

Tout, répondrait-il. Mets-toi à genoux et supplie. Dis que tu es désolée, Cordélia. Désolée de l'enfer que tu m'as fait endurer, désolée pour les petites robes moulantes et le doux parfum. Désolée de m'exciter et de ne rien donner, désolée de...

"Alors, qu'est-ce qu'on a ici?"

Surpris, Angélus se retourna sur l'intrus avec un grognement, sa main allant directement à la gorge. Serrant gentiment la trachée et ne réalisant pas à qui il le faisait, il balança qui que ce soit contre le tronc de l'arbre le plus proche, ressentant de la satisfaction devant le bruit de craquement d'os. Ce ne fut qu'après que le brouillard fût dissipé dans sa tête qu'il vit Spike couché en un tas.

Angélus sourit oh si joyeusement. Cela ne pouvait pas arriver à un meilleur vampire. "Tu as dépassé l'heure d'aller au lit."

Spike grogna alors qu'il se relevait et se dépoussiérait. "Tu deviens un peu anxieux avec l'âge. Tu n'es pas avec le morceau?"

"Non, et ça ne te regarde pas où elle est."

Des mains aux ongles noirs furent levées en signe de reddition. "Je suis juste curieux, mon vieux."

"Ne le sois pas."

Spike gloussa, regardant la direction dans laquelle son grand-père allait. "Elle ne voulait pas gâcher son sommeil pour aller chasser, hein? Je ne peux pas dire que je lui en veuille. C'est un peu du sport sanglant, pas vrai?"

Angélus s'arrêta et leva les yeux vers les cieux. Pourquoi lui? "Tu ne m'as pas entendu quand j'ai dit que ça ne te regardait pas?"

"Allez, mon vieux. Qu'est-il arrivés aux jours d'autrefois, quand on allait boire un verre après avoir bien tuer?"

Cordélia n'était pas la seule intelligente dans la relation. Spike ne vit pas le sourire entendu sur le visage de son grand-père et il ne vit pas non plus la lueur briller dans les yeux du tigre. Angélus effaça toute expression avant de se tourner vers le blond. "Qu'est-ce que tu veux vraiment, la Guimpe ?"

"Une petite conversation c'est tout, rien d'inconvenant concernant ton Assistante." Il sortit ses cigarettes de sa poche, ouvrant et fermant le paquet avant de sortir son briquet. "Tu es couvert de son odeur, mon vieux. Si je n'en savais pas plus..."

"N'inquiète pas ta laide petite tête, mon vieux. J'ai été un gentil garçon."

Le ricanement d'incrédulité de Spike fit monter la colère dans le ventre de son grand-père. "Évidement que tu l'as été. C'est pour ça que la population brune de Sunnydale se réduit. Cassie Laycroft, un mètre soixante, pointure trente-six, Capitaine des pom-pom girls de Palmdale. Jennifer Stiles, un mètre cinquante-sept et une pointure trente-cinq. Capitaine des pom-pom girls de Palmdale après que la vie de Cassie ait été écourtée aussi tragiquement. Ça n'en fait que deux."

"Qu'est-ce que tu veux? De la culpabilité?"

"Tu deviens obsédé." Il y eut une pause tandis que les yeux bleus examinaient Angélus. "Non, pas obsédé. Tu es en train de craquer," s'exclama Spike avec de la victoire dans la voix. "Tu obtiens ce que tu veux. Assouvissant cet appétit avec des cueillettes dérisoires. Tu pourrais déclarer forfait, tu sais?"

Ça commençait à ressembler à la conversation qui avait commencé tout ce truc. "Tu crois toujours que je ne peux pas le faire, pas vrai?" Angélus rit d'un rire franc qui résonna dans le parc. "Tu as toujours été un idiot, Spike. Quarante jours était le marché et je m'y tiens. Ne serait-ce que pour te voir comme le mauvais perdant que tu es."

"Nul besoin d'insultes, mon vieux," dit Spike. "J'ai seulement tes intérêts à cœur."

Bien sûr qu'il les avait et Angélus était la reine mère. "Je suis touché. Maintenant si tu as fini de m'ennuyer..." Il n'attendit pas pour une réponse avant de commencer à marcher, laissant le vampire plus jeune fixer son dos avec un sourire suffisant sur le visage.

Angélus grinça des dents alors que les paroles de Spike faisaient le tour dans son esprit, la vérité qu'elles détenaient le frappant plus fort qu'il ne voulait l'admettre. Un baiser était tout ce qu'il faudrait d'elle et il serait foutu, il le savait et Spike le savait. Non. Il n'était pas faible. Il pouvait tenir jusqu'au bout.

Il allait gagner ce pari débile, ou mourir en essayant.


Angélus retourna à la maison de Cordélia et trouva la dame elle-même dans la cuisine, une tasse fumante dans la main et les ongles tapotant bruyamment contre la table tandis que ses yeux lançaient des éclairs avec une colère grandissante. Le peignoir qu'elle portait était attaché étroitement autour de sa taille, ses jambes étaient croisées et le chausson en peluche bougeait de haut en bas. Il connaissait cette expression. Il était dans le pétrin et il supposait qu'ils étaient sur le point d'avoir une discussion sur ses habitudes alimentaires.

Les épaules redressées, il se prépara pour la tempête en approche. Honnêtement? Il avait hâte d'entendre ce qu'elle avait à dire à ce propos. Probablement quelque chose du genre espèce d'horrible monstre, comment as-tu pu tuer un humain? Ou c'est fini, je ne peux pas te voir en peinture parce que tu es maléfique?

"Tu as vu l'heure à laquelle tu rentres?" demanda-t-elle, arquant un sourcil en une demande silencieuse.

A suivre...