Quand Eros rencontre Thanatos

Le cercle des reviewers anonymes :

Guest : Ooooh pas mal du tout ! Sirius/Draco je crois que j'en ai jamais lu, mais là ça m'intrigue du coup !
Charlie/Harry, je suis archi fan et Rodolphus/Harry j'avoue que j'ai jamais pensé à chercher !
En tout cas je suis diablement d'accord avec toi !
Merci ! A bientôt !

Sarah : Coucou Sarah ! :D Oh on le voit peu mais à la fin il est bien là :P
Haha t'es l'une des seules à l'avoir remarquée ! Tellement douteuse cette rime !
Merci beaucouuuup, c'est vraiment adorable !
Et merci pour la chocolat, je suis assez soudoyée maintenant (et malade ? xD) !
Mais c'est pas bête du tout ça ! C'est vrai qu'il y en a pas beaucoup sur les couples du tournoi ! Alors que c'est TROP exploitable ! Threesome je suis pas très fan à part avec les jumeaux, où ça passe ! Mais parce que je les vois un peu comme une seule personne xD Sinon j'en raffole pas ! Mais oui c'est sûr que ça surpeuple pas le site, même s'il y en a !
Merci encore et gros bisous à toi, Sarah ! *coeur coeur*
PS : tu envisages de te créer un compte fanfiction. net ? :D Ce serait super chouette !

Arwen Jedusor : ooooh merci pour les chocolats virtuels qui ont été dûment dévorés virtuellement :D
Je pense aussi, j'ai peur de l'altitude mais ça doit être assez exaltant effectivement ! Ouais SURTOUT avec Lucius, hein, j'ai bien compris :P Allez retourne dans la salle à bavouille ! xD
Oui c'est vrai qu'on sait pas trop dans les livres mais bon... ça laisse plus de place pour les fanfics :D
Haha tu verras, tu verras !
Merci mille fois *te retire ton bavoir* !
A bientôt ! :D

Note

Merci à vous, vous vous êtes déchaînés sur le chapitre suivant et je croule sous le chocolat ! C'est pour ça que, dans ma grande mansuétude (Euh…), je poste aujourd'hui au lieu de samedi ou dimanche :D Remerciez-moooooooooi avec plus de chocolaaaaaaat !
Sincèrement merci en tout cas et je vous donne rendez-vous en bas…
Bonne lecture !


Chapitre Onzième
Baignade rime avec… Embrassade ?

L'étendue d'eau était calme, plusieurs dizaines de mètres sous nos pieds. L'impression tenace que je pouvais saisir l'éternité en tendant la main assez haut vers le ciel m'arracha un large sourire.

Buck nous fit faire plusieurs plongeon brutaux, fendant la surface de la mer de ses pattes, répandant des gerbes d'eau tout autour de lui, chose qui eut tôt fait de nous tremper jusqu'aux os. Je m'ébrouai, pestant à demi sans pouvoir me départir de mon sourire. Buck garda une allure plus calme après cela, à basse altitude, nous menant vers l'horizon lointain, sans destination précise.

Je détachai mes mains du buste de Lucius et me tournai d'un mouvement souple dans l'autre sens, plaquant mon dos contre le sien. Il me sentit remuer, mais ne dit rien, comprenant la manœuvre.

– Cet état… Je voudrais le ressentir en permanence, lui dis-je, le vent sifflant moins à nos oreilles tandis que Buck ralentissait encore.

Lucius eut un rire et, intrigué, je laissai ma tête tomber sur son épaule, tournant mon visage vers lui. Très proche.

– Quoi ? lui demandai-je.

– Trois fois rien. C'était simplement la même pensée qui me traversait l'esprit. Je ne comprends le mot liberté que lorsque je suis condamné. Voyez l'ironie du sort.

– Eros et Thanatos, encore une fois.

– Eros et Thanatos, confirma-t-il alors que la rive se dessinait à nouveau, tout près.

Lucius tourna soudain son visage vers moi, si proche que nos lèvres s'effleurèrent. Je tressaillis, les yeux écarquillés. Il eut un sourire insolent et se laissa soudain basculer sur le côté. Je sursautai et me penchai juste à temps pour le voir plonger, son corps adoptant une courbe appliquée. Il perça la mer presque sans remous et ressurgit quelques secondes plus tard, dégageant ses mèches de son visage.

– Rejoignez-moi. Nous ne sommes plus très loin, nous pourrons rejoindre la rive à la nage, me cria-t-il, les mains autour de la bouche pour faire porter sa voix.

Je le regardai, ahuri. Un court instant plus tard, je me redressai, accroupi sur le dos de l'hippogriffe.

– Attends-nous sur la berge, mon grand, indiquai-je à la bête en flattant son flanc.

Sans réfléchir, je plongeai. Le contact de la mer fraîche me vivifia et je fendis l'eau avant de remonter à la surface tout près de Lucius. J'aspirai une bouffée d'air et retirai d'un mouvement leste les mèches qui parsemaient mon visage. Ses cheveux à lui luisaient, ruisselants, plus blancs que blonds. Il semblait très à l'aise dans l'eau et avait apparemment pied là où je peinais à sentir le fond marin. Il m'observait sans rien dire et nous nous faisions face sans trop savoir ce que nous devions faire. Quelque chose venait de changer dans son regard, dans le mien.

Lucius s'approcha en deux brasses. Il m'observa et je baissai les yeux. Quand je les relevai, c'est lui qui les avait baissés, semblant en proie à une hésitation étonnante. Il n'y avait plus que ce silence presque gêné entre nous. Tendu. Et le clapotis apaisant de l'eau.

Il remonta doucement son regard sur moi, s'attardant sur ma bouche, puis accrochant mes yeux. Violemment. Je perdis les pédales en un quart de seconde, m'agrippant à sa nuque et joignant nos lèvres. Le contact m'électrisa et j'aurais juré la terre avait brutalement changé d'axe. Un fracas épouvantable résonna dans mon esprit, alors que s'entrechoquaient deux forces étranges au sein même de mon âme, de celle de Lucius. Mais rien… Vraiment rien n'aurait su me détourner de son corps contre le mien.

L'homme répondit à mon baiser avec une force qui m'aurait noyée s'il ne m'avait pas tenu si solidement. Il plaça une main dans mes cheveux en désordre, sans douceur, sans tendresse, avec une urgence qui me laissa pantelant. Je gémis contre ses lèvres sous le raz-de-marée de sensations qui m'envahissait, proche du vertige.

Il me relâcha quelques secondes plus tard, avalant une dernière fois mon souffle que je peinai à retrouver, me réduisant à un état de manque difficilement gérable. Je gardai les yeux fermés, mon front plaqué contre le sien.

– C'est une bêtise ça, non ? murmurai-je en ouvrant un peu mes yeux qui me renvoyèrent une réalité difficile.

Je m'agrippai à sa chemise pour ne pas couler alors même que c'était sa présence qui provoquait cette perte de contrôle brutale.

– C'en est une, en effet, confirma-t-il.

Il posa une main sur ma joue dans un geste presque désespéré. Il fronça les sourcils et laissa sa main tomber sur mon épaule avant de la reposer sur ma joue. Son geste était si… empreint de la confusion que soulevait l'événement que je saisis ses doigts et les serrai fort, fébrile. Recommencer. Se maîtriser. Recommencer ? Se maîtriser… ?

– Ce n'est qu'une bêtise de plus à mon compteur, soufflai-je. Regagnons la berge.

Avant qu'il n'ait pu ajouter quoi que ce soit, je me séparai de lui à regret et entamai une nage rapide pour regagner au plus vite la plage. Je sortis de l'eau sans me retourner pour vérifier qu'il m'avait suivi. J'essorai ma chemise en la torsadant entre mes doigts et retirai mes chaussures que je vidai, abattu. Puis, je relevai encore une fois mes mèches d'un mouvement bref, dégageant mon visage, laissant échapper un soupir bref mais chargé.

Enfin, j'osai me tourner. Seulement pour sentir le vestige me saisir à nouveau. Sa chemise blanche lui collait à la peau, dévoilant un torse que j'avais déjà vu, couvert de cicatrice et blanc comme l'albâtre. Il avait un air sauvage, les cheveux en désordre, des mèches couvrant son visage, les lèvres entrouvertes, les yeux perçants. Du sable avait recouvert son pantalon noir et lui donnait une allure de rescapé de naufrage. Mon allure, semblable à la sienne, confirmait au moins cela : nous étions des fichus naufragés. J'avais l'impression d'avoir été emporté par une vague au loin et de n'avoir jamais vraiment regagné la berge.

Je ne savais plus comment le regarder sans trahir chacune de mes pensées en un coup d'œil, aussi je baissai les yeux sur la mer qui garderait notre secret avec plus de calme que je ne le ferai.

Lucius me rejoignit et se plaça à mes côtés, à une distance raisonnable, proche tout de même. Il adopta la même attitude contemplative que j'affichais, bien que j'ignore tout de ses pensées en cet instant.

Je me tournai vers lui, cherchant quoi que ce soit dans ses yeux. Juste un indice… Il sourit et, sans même me regarder, il se dirigea vers Buck. Je le suivis et lorsqu'il eut pris sa place, il me tendit la main. Je la considérai et un rictus anima mon visage en la saisissant. Rictus qu'il repéra si j'en croyais le regard bref mais intense qui s'en suivit.

Ma main me brûla lorsque nos peaux entrèrent en contact. Et elle me brûla davantage lorsque je dus relâcher ma prise. La sensation dans mes bras quand je le ceinturai doucement manqua de me faire exploser de rage contre moi-même.

Buck décolla sous l'impulsion un peu sèche que je lui donnai, accompagné d'un sifflement bref. Le vol ne dura qu'une quinzaine de minutes et je me perdis dans mes pensées, emporté par le souvenir de ce baiser qui compliquait absolument tout.

Comment savoir si ce que je ressentais était de l'amour ou simplement une pulsion du moment ? Comment… Merlin, comment définissait-on l'amour ? Pourquoi quand je souhaitais le définir c'était Lucius qui m'apparaissait et plus le flou habituel ? Pouvait-on… pouvait-on aimer si vite ? L'impression terrible que le sentiment était là depuis des centaines d'années me laissa pantois, comme si mon corps et mon esprit ne pouvaient encaisser la sensation, mais que mon âme, elle, la comprenait avec une sagacité étonnante. C'était de l'amour. Un amour fulgurant, mais ancien. Et j'avais peur.

Buck se posa en douceur dans le parc du domaine et Lucius s'empressa de descendre. Il me tendit une main et je la saisis. Il m'aida ainsi à quitter le dos de l'hippogriffe bien que je n'ai besoin d'aucune aide. Mais j'avais cependant besoin du contact et je ne le refusai pas. Il relâcha tardivement ma main, laissant le toucher se prolonger jusqu'à je le rompe, mal à l'aise.

– Je… Je vais m'occuper de mes affaires, expliquai-je en catastrophe, me fouettant mentalement pour ma justification moisie. Buck, n'abîme rien du parc, le ciel et le domaine sont à toi !

L'animal émit un son joyeux et s'envola à nouveau. Je lui lançai un discret sort de désillusion au cas où il s'éloignerait de la campagne. Puis, je me dirigeai à pas vifs sur le manoir. Avant que je n'aie pu faire trois pas, une main saisit la mienne, me glaçant le sang. Je me retournai, sans comprendre. Lucius me fixait, l'air interrogateur.

– Nous n'en reparlerons donc pas ? souleva-t-il prudemment comme si j'étais une bombe à retardement à manier avec une extrême précaution.

Et peut-être était-ce l'image que je renvoyais en cet instant, les pupilles dilatées, le cœur battant si fort que je soupçonnais que c'en était visible et une chair de poule incontrôlable parcourant mon corps. Il saisit mon frisson que je recouvris aussitôt des mots les plus neutres que je pus trouver.

– Je ne vois pas l'intérêt d'en parler si cela ne se reproduit plus, c'était une erreur, comme vous l'avez dit, articulai-je avec soin, revenant à un ton très formel.

Il relâcha aussitôt ma main, affichant un air brièvement choqué avant de se recomposer un faciès impassible, froid.

– Nous sommes donc d'accord. Passez une bonne journée, Monsieur Potter, dit-il en me dépassant.

Je l'observai emprunter les escaliers du manoir avec une élégance rare. Il disparut à l'intérieur et aussitôt, je me plaquai contre un arbre, le souffle court. Je coupai immédiatement la douleur qui menaçait de me submerger. Je l'enterrai au plus profond qu'il m'était permis de le faire. Je me ressaisis et gagnai le manoir à mon tour.

Je déjeunai dans mon bureau et Creepy m'apprit que Lucius avait mangé dans ses appartements. Il avait demandé à ne pas être dérangé et j'imaginais qu'il y resterait sans doute cloîtré toute la sainte journée.

Sur les coups de vingt-deux heures, après un dîner tardif, je me levai d'un bond, bien décidé à aller dormir pour enfin oublier. Je n'avais été capable de me concentrer sur rien de ce que j'avais entrepris. La soirée était étrangement mélancolique et douloureuse et je ne cessai de soupirer lourdement.

Je quittai mon bureau en silence, pénétrant le hall faiblement éclairée de deux chandeliers. Je me figeai en apercevant les valises avec les affaires de Sirius, toujours entreposées près de la cheminée. Je me dirigeai à pas lents vers elles. Ma soirée était déjà fichue alors peut-être était-il temps de… Je me laissai tomber sur le sofa et lorgnai l'une des valises pleine à craquer. J'inspirai une immense bouffée d'air et l'ouvris, murmurant :

– Puisqu'il le faut…

Je sortis les nombreux livres, étalés comme première couche. Il y avait également de vieux parchemins de cours, gribouillés d'une écriture fine et recouverts de dessins à caractères abstraits. Je souris en voyant également quelques messages adressés à mon père ou à Remus.

Puis, l'horreur me saisit à la gorge quand la dernière couche de fournitures se révéla à moi. Des photos. Des tas et des tas de photos. J'étouffai un sanglot en plaquant une main ferme sur ma bouche. Mes yeux débordaient presque alors que je saisissais les premières. J'aurais dû me ressaisir, me filer un bon coup de pied au fesse pour ne pas craquer juste en les apercevant dans ces fichues valises dont je n'étais même pas sûr de vouloir.

Je me recroquevillai dans le sofa, les photos serrées contre moi. Je n'osais même pas reposer le regard sur la première que j'avais vue. Une photo prise à mon insu lors de mon arrivée au square Grimmaurd l'été avant la cinquième année. On pouvait m'observer me jeter dans le bras de Sirius qui me réceptionnait solidement sous le regard bienveillant de Remus. On ne voyait pas mon visage, mais je savais ce que j'avais ressenti à ce moment-là : la certitude d'avoir trouvé l'endroit auquel j'appartenais, avec ma seule famille. La photo à défaut de laisser paraître mon visage, montrait amplement Sirius. La manière dont il avait saisi ma nuque avec une affection évidente et son visage… comme un reflet de tout l'amour que j'avais reçu de mes parents et dont je ne me souvenais pas.

Je n'avais pas fait mon deuil, loin de là. J'avais seulement recouvert la douleur en m'occupant l'esprit. Et Merlin savait que j'avais eu de quoi. Et maintenant… Maintenant que tout était calmé, je ne pouvais plus échapper à mes propres fuites. C'était insoutenable. Je rejetai la photo au loin, rageusement. Elle s'enflamma et je paniquai.

– Oh non, non, non, non ! murmurai-je dans un leitmotiv insensé en me précipitant pour éteindre le feu.

Je tremblais de tous mes membres en tapotant maladroitement la photographie, ma vue brouillée par mes larmes. Lucius surgit soudain dans mon champ de vision, s'agenouillant devant moi. Il saisit la photo et étouffa les flammes d'un mouvement de la main.

– Doucement, Harry. Elle est presque intacte, dit-il en me la tendant, saisissant ma main pour l'y déposer.

Je sursautai et tentai de me dérober, amorçant un mouvement affolé pour me lever et m'enfuir dans mon bureau.

– Harry, je vous en prie, arrêtez de fuir une seconde, dit-il en me barrant la route, sondant mon air catastrophé et mes yeux qui cherchaient une issue.

Sa remarque me fit l'effet d'un coup de fouet, le mot « fuir » semblant marquer ma peau. Je triturai nerveusement mes mains, tentant de me rassembler.

– N-Non, je suis désolé, vous n'auriez pas dû me voir dans cet état, c'est ridicule, c'est…, commençai-je en tentant de me dérober à son regard inquiet.

Mais ma voix se brisa, incapable de terminer une simple phrase. Lucius saisit mon bras, m'empêchant de partir et se pencha pour ramasser quelques-unes des photos que j'avais précipité au sol. Il me retira prudemment celle que j'avais manqué de brûler. Ma petite crise de nerf était en train d'envoyer balader toute forme de dignité que j'avais pu vouloir conserver face à Lucius.

– J-je rangerai plus tard, laissez-moi juste…

Il me jeta un coup d'œil puis observa la photo. Il fronça les sourcils. Puis, il se tourna à nouveau vers moi. Aucun jugement. Juste de la compréhension. Si bien que la honte déserta totalement mon organisme, ne laissant plus qu'un silence douloureux.

– C'est mauvais signe quand la douleur devient physique, n'est-ce pas ? soufflai-je, mon regard fiché dans le sien.

Ce qu'il vit dans mon regard le figea sur place et je m'empressai de baisser la tête. J'étais à moitié fou de douleur, comme puni pour avoir tant retardé cet instant. Je devais avoir l'air d'un malade mental, un fichu puzzle avec la moitié de ses pièces répandues au sol, à ses pieds.

– Harry, je suis désolé…

Cette simple phrase, chuchotée avec une pudeur touchante, me fit fermer les yeux, ramenant à la surface les pensées que je tentais de ravaler depuis plusieurs minutes. Les mots se précipitèrent hors de ma bouche, trébuchant, décousus, chancelants entre chacun de mes souffles anarchiques. Ils étaient pires que des cris de douleur, ce n'était plus que des suppliques fébriles que je n'avais même pas eu conscience d'abriter jusque-là :

– Il est mort Lucius, il n'y a rien qui le ramènera et je veux… Impossible, tout essayé, tout… il est… était si vivant ! Tellement vivant… ! J'aurais pu… Et maintenant il est… parti et je ne sais pas… Qu'est-ce que… Comment je suis supposé guérir… ? Je n'y arrive pas. Je n'y arrive plus, vous comprenez… Qu'est-ce que je dois faire ?

Je me pliai en deux sous la douleur et, en une seconde, Lucius derrière sur moi, ses bras solidement passés autour de ma taille. Il me redressa, me maintenant debout dans une étreinte puissante. Il plaça une main sur mon front, m'obligeant à basculer ma tête vers l'arrière et dégager ma gorge pour mieux respirer. Il me murmurait des « Shhhht » apaisants à l'oreille, sa joue collée contre mes cheveux.

– Tout ira bien, c'est juste une crise d'angoisse, respirez. Doucement…

Quand mon souffle se régula, il relâcha un peu la pression sur mon front, caressant mes joues brûlantes du revers de la main

– Je suis désolé, murmurai-je, la voix rauque. Vous ne… Vous ne devriez pas me voir comme ça.

– Êtes-vous naïf au point de croire que, si vous vous cachez suffisamment bien, les autres ne verront pas les blessures que vous vous efforcez de dissimuler. Vous ne les dissimulez qu'à vous-même, vous vous mentez. Je le vois, n'importe qui peut le voir. Et je vois aussi qu'en ce moment-même, à travers la douleur, vous ne vous êtes jamais senti aussi vivant alors même que vous avez l'impression de mourir.

Comment… ? Je ne dis rien. Il avait soufflé ses derniers mots, comme une confidence un peu amère et beaucoup trop exacte. Je me tournai entre ses bras et m'accrochai désespérément à son dos, puisant de la force en lui alors que la mienne m'abandonnait.

J'ignorai combien de temps nous restâmes ainsi, immobiles, enlacés.

– Je ne sais pas ce qui m'arrive, mais je n'ai pas envie que vous mourriez, soufflai-je en fermant les yeux, le serrant plus fort.

Je laissai mes mots s'installer entre nous.

– Je n'ai pas envie de mourir non plus. Mais je n'ai pas le choix, dit-il en raffermissant sa prise sur moi, appliquant sans hésitation la même pression sur mon corps que celle que j'exerçais sur lui.

Il ne craignait pas de me briser. Pas parce que je l'étais déjà, mais parce qu'il jugeait que rien ne viendrait à bout de moi. Et surtout pas lui. Une confiance infinie en ma capacité à me relever le poussait à s'agripper à moi de la même manière que je m'agrippais à lui. Alors qu'il ployait inexorablement, à mesure que l'échéance de sa mort approchait.

La vérité me saisit. Cruelle. Je m'amourachai d'un condamné à mort. Comment pouvait-on vouloir souffrir à ce point ? Pouvait-on seulement faire pire ? Je ne dis rien cependant, estimant que poser plus de mots rendraient les choses plus réelles, plus douloureuses.

Au bout de quelques minutes, Lucius me dirigea doucement vers le sofa et me força à m'y allonger. Je me laissai faire, serrant les photos contre moi.

– Je reviens, me dit-il avant de s'éclipser à l'étage.

Une fatigue incommensurable me saisit, comme si j'étais vidé de toute énergie, de toute émotion. Je somnolais lorsqu'il revint pourtant peu après. Je refis surface quand il étendit une couverture sur moi et s'assit à terre, contre le canapé. Un silence apaisant s'installa et sa présence était étonnamment rassurante. Une telle force tranquille émanait de lui… Je me tournai vers lui, collant presque mon nez contre son cou, blotti dans la couverture.

– Vous avez connu mes parents. Comment étaient-ils ? demandai-je.

Cette question, je n'avais jamais osé la poser à Sirius ou Remus, pourtant les mieux renseignés, de peur de voir cette douleur renaître dans leurs yeux. Lucius se tourna à demi vers moi, sondant mon regard, semblant y chercher cette même douleur que j'avais redoutée chez mes parrains. Il n'y trouva sans doute qu'une profonde apathie et le besoin de savoir, puisqu'il se détourna.

– Je ne suis pas le mieux placé pour vous en parler, murmura-t-il.

Je posai une main sur son épaule, l'adjoignant à m'en dire plus. Il plaça sa main sur la mienne, ne la relâcha pas, mêlant nos doigts, et soupira.

– Je n'étais pas exactement ami avec eux, mais je l'étais avec Severus. Il s'entendait encore avec Lily à l'époque. J'ai toujours eu le plus grand respect pour elle malgré… Malgré les croyances de ma famille, je savais m'incliner devant le savoir et son application. Or, votre mère était une sorcière de talent et possédait une très belle magie, l'une des plus douces que j'ai connue à l'exception de la vôtre. Motivée par aucune sorte de haine, de colère ou de sournoiserie. J'ai toujours pensé que James et Severus étaient très semblables, fous d'amour pour la même jeune femme. Ils étaient tous deux très fiers, très enfermés dans des principes auxquels ils ne dérogeaient qu'en présence de votre mère. L'un et l'autre auraient sans doute pu être amis si la vie avait été faite autrement, amorça-t-il, la voix douce et basse.

Un petit silence s'installa et je remuai un peu dans ma couverture, resserrant ma prise sur la main de Lucius.

– Vous en avez peut-être douté parfois mais James et Lily s'aimaient sincèrement, c'était une évidence.

Je me sentais rassuré d'entendre ça. Sirius me l'avait dit, Remus aussi. Mais ils avaient été mêlés à l'histoire et proches de mon père. Sans doute n'étaient-ils pas très objectifs.

– Votre père a changé… Pendant la septième année. Je crois que la perte de ses parents, des sorciers de talents disparus dans la première guerre, a eu l'effet d'une claque. Il a cessé ses moqueries et a rangé sa fierté démesurée bien qu'il ait toujours gardé cette manie insupportable avec ses cheveux : il les décoiffait perpétuellement. Il a également arrêté de tourner autour de Lily, considérant qu'il avait déjà perdu sans doute. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle a réellement commencé à le regarder différemment, j'imagine. Je me souviens juste de son trouble quand James la saluait normalement dans les couloirs alors qu'elle avait été habituée à des débordements d'attentions incroyablement lourds, si vous me passez l'expression, venant de lui. Je pense que d'une certaine manière elle s'est aperçue que l'attitude de James ne lui manquait pas, mais que ses regards chargés, oui…

Je me laissai bercer par sa voix alors qu'il reconstituait l'histoire de mes parents avec plus de détails qu'on n'avait jamais pu m'en donner. Je m'endormis sans trop savoir à quel moment, mais pour la première fois, je rêvai de mes parents sans me sentir mal. Juste un rêve très doux, porté par la voix de Lucius qui laissait des images d'eux se former dans ma tête.

A suivre…


Blabla de J' :

...

Chaud. Froid. Chaud. Froid. Tranquille le rhume que je vous inflige ? :D Mais sortez le champagne ! Après 11 chapitre nous avons le droit au premier baiser placé sous le signe du sable dans les yeux, du sel dans le slibard et des crabes qui pinçouillent les orteils ! (ou comment ruiner l'atmosphère romantique durement désirée et difficilement instaurée…)

En fait je blablate parce que je flippe chaque fois qu'il y a une avancée de ce type entre les personnages. Du coup voyez comme je réussis à vous égarer ! En tout cas, je suis assoiffée de vos avis parce que j'avais grandement hâte de vous larguer ce chapitre qui fait enfin bouger les choses du point de vue la romance, même si ce n'est pas gagné DU TOUT ! Pour ceux qui me connaissent déjà, vous savez à quel point j'aime faire traîner les choses, juste pour que la tension sessouelle s'installe davantage ! Olé !

Question du jour : Décrivez-moi la scène de meurtre la plus horrible que vous puissiez imaginer ? (Comment ça je pose des questions bizarres ? Vos réponses m'inspirent, j'y peux rien !)

Merci en tout cas d'avoir lu, j'espère sincèrement que ce chapitre diablement long vous a plu ! Il est plus introspectif, plus centré sur un bilan des ressentis d'Harry et sa vision de Lucius suite au léger incident baptisé « Baiser Diaboliquement Sensuel et Maritime » ou BDSM pour les familiers du genre ! (tuez-moi)

Tease du chapitre douze :

*prend la grosse voix cinéma*
De la manipulation, des portes qui claquent, des objets qui cassent… Et surtout de la tension à tous les étages. Retrouvez la suite de Eros et Thanatos très prochainement… Pensez à accrocher votre cœur.
*bruit de cœur qui bat très fort*

(Geeeeeeeenre… Vous m'avez définitivement perdue là. Je crois que c'est la faim qui me fait faire des trucs débiles comme ça.)

(Je crois aussi, by the way, que c'est l'un de mes blablas les plus longs. Levez la main ceux qui l'ont lu jusqu'au bout ? Vous aurez le droit à un chocolat)

Je vous embrasse très fort et je vous souhaite beaucoup de pluie parce que… sérieux, il fait trop chaud !

Lots of love,

Jelyel !