Salut ! :)
On commence enfin les choses sérieuses avec ce chapitre, donc j'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire que j'en ai eu à l'écrire ! ^^
Bonne lecture, dîtes-moi ce que vous en avez pensé !
PS : aucun des personnages ne m'appartient…
CloudeGirofle
CHAPITRE X: EDWARD
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Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic.
J'avais envie de hurler. D'attraper mon sac et de le balancer sur le prof. De jeter ma trousse sur le tableau pour en voir les crayons s'éparpiller un peu partout, et d'enfoncer mon compas dans la main que Jessica avait posé sur mon genou.
Comment pouvaient-ils faire comme si de rien n'était ? Comme si c'était un vendredi matin normal, avec un cours de biologie normal, dans une classe normale ?
Etais-je le seul a m'en être aperçu ? Etais-je le seul à avoir remarqué la chaise vide à mes côtés ? Etais-je le seul a avoir l'impression que le monde était sur le point de basculer ?
Putain de bordel de merde ! Quand est-ce-que cette sonnerie à la con finirait par sonner ? C'était pas ce pour quoi elle était payée ?
Hale était…absente ! Sa chaise : vide ! Sa voix, son parfum, ses cheveux, son rire… disparus, envolés, évaporés !
Mon esprit chaotique faisait tourner en boucle derrière mes paupières closes les pires scénarios : accident de voiture, overdose, maladie foudroyante… quant à mon estomac, il était si noué que j'avais cru devoir quitter la classe pour vomir.
Hale, Hale, Hale… Où es-tu ?
Je relevais les yeux sur Mr Banner qui m'observait d'un air inquiet depuis quelques minutes. Je lui offris un sourire tout ce qu'il y avait de plus commercial – dentifrice ou shampoing, mettez-y ce que vous voulez – et il sembla rassuré.
Quand à moi, je rabaissais ma tête vers mon livre dont je ne parvenais même pas à distinguer les textes des images.
Hale…
Je l'avais tellement attendu, espéré, puis redouté, que la sonnerie me surprit béat. Je ne pouvais croire qu'elle me vrillait enfin les tympans. C'était tout simplement…trop beau.
Je bondis de ma chaise, expédiant mes affaires en deux trois mouvements dans mon sac, et quittais la pièce après un bref salut au professeur (mon éducation avait fait de moi un garçon poli en toutes circonstances…ou presque).
- Edw…
Mais j'étais déjà dans le couloir, me faufilant entre les élèves comme un chien de berger au milieu des moutons. J'arrivais, haletant, essoufflé, transpirant – peut-être – sur le parking, où j'espérais capter suffisamment de réseau pour passer un coup de fil à mon amie.
Je m'assis donc sur notre banc, jetant un regard mauvais à ceux qui faisaient mine de vouloir s'y asseoir, et composais le numéro que j'avais eu tellement de mal à obtenir.
Toute une histoire.
Mademoiselle Hale tenait tellement à son indépendance, et avait une telle peur panique de l'engagement que j'avais cru lui arracher une promesse de mariage, je vous jure…
Enfin, après un peu de chantage – j'acceptais de lui prêter pour une semaine mon vieux tourne-disque et quelques vinyles – elle avait finalement cédé.
Comme quoi, avec un peu de psychologie, on pouvait arriver à tout dans la vie…
Je plaquais donc mon téléphone sur mon oreille et retins un juron : la tonalité sonnait occupé.
Merde à la fin !
Je donnais un coup de pied rageur dans notre banc, et m'apprêtais à tourner les talons quand le vrombissement d'un moteur, désormais cher à mes oreilles, brisa allégrement le lourd et glacé silence du parking.
Je sentis ma mâchoire se décrocher.
Elle était là. Tout simplement là, au volant de sa décapotable, lunettes de soleil au nez, cheveux au vent.
Comme si rien de cette matinée d'angoisse n'avait jamais existé, comme si je venais juste de sortir de ma voiture pour aller au premier cours de la matinée ensembles.
J'hallucinais.
- Alors Eddy, me salua-t-elle en s'arrêtant à ma hauteur. T'as passé une bonne matinée ?
Elle remonta ses lunettes sur son front et m'envoya un clin d'œil complice.
J'étais trop en état de choc pour pouvoir articuler un mot.
- Bah alors, qu'est-ce-que t'attends ? Monte !
Monte ? Mais qu'est-ce-qu'elle avait bien pu fumer ?
Non, tout compte fait, mieux valait ne pas savoir…
- Monte ? M'étouffais-je dans une voix suraiguë. Mais t'es pas bien, ou qu…
Je jetais un coup d'œil au siège vide à ses côtés. Pas de sac de cours. Elle était donc…sérieuse.
- Oh, détends-toi un peu l'ami ! Soupira-t-elle. Je t'emmène pique-niquer, pas en randonnée au Pôle Nord !
Un pique-nique ?
- Mais, mais…bêlais-je d'un air paniqué, j'ai cours moi ! Et toi aussi, d'ailleurs ! Ajoutais-je en dardant sévèrement mon doigt sur son épaule.
- Et tu as aussi un anniversaire à souhaiter ! – petite pause théâtrale dont elle profita pour retirer mon doigt accusateur – Ton anniversaire.
Je lâchais la bandoulière de mon sac de cours qui s'écrasa au sol.
- Tu…tu n'as pas oublié ? Comment tu sais ?
Un sourire illumina mon visage et mon cœur : pour la première fois de ma vie, quelqu'un que j'aimais mais qui n'était ni ma mère, ni mon père, ni ma grand-mère, avait pensé à mon anniversaire…
- Oublié quelque chose d'aussi...- elle chercha ses mots - énorme ? Sûrement pas ! Allez, monte ! M'invita-t-elle – ou plutôt m'ordonna-t-elle – d'un signe de main.
- Et mon prof, je lui dis quoi ? Tergiversa mon reste de bonne conscience : tout le reste dévorait des yeux le spectacle que Hale offrait, dans sa décapotable dont le ronronnement familier évoquait plus que tout… la liberté et l'excitation de l'escapade délicieusement illicite.
- C'est quoi comme matière ?
- Sport, fis-je en me retournant machinalement vers le gymnase.
- Sport ? Répéta-t-elle avec un sourire incrédule. C'est bon, t'inquiète ! J'ai les choses…en main ! Gloussa-t-elle.
Elle avait l'air particulièrement sûre d'elle sur ce coup là, et particulièrement hilare, comme si j'avais raté une bonne blague…mais quelque chose me murmura tout bas que je préférais n'en rien savoir…
Alors, je cédais.
Après tout, me rassurais-je vainement, Oscar Wilde n'avait-il pas dit : le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder ?
La carrosserie rouge de sa décapotable luisait au soleil si bien que je pouvais presque y voir mon reflet. J'ouvris résolument la portière après un petit regard prudent aux portes du lycée, et m'affalais sur le siège à ses côtés en soufflant. Angoisse ? Mauvaise conscience ?... Excitation ?
- Quelle matinée de merde, je te jure ! Grommelais-je alors que, faisant rugir le moteur, elle filait en coup de vent vers la route à cette heure de la journée déserte.
- Et encore, t'as pas vu la mienne !
Je lui jetais un regard exaspéré, du style : tu n'es pas sérieuse là ? Par pitié !
- Quoi ? Se défendit-elle en rabaissant ses lunettes sur son nez. Qu'est-ce-qu'il y a ?
- Oh, je sais pas moi… Peut-être est-ce tout simplement savoureux de t'entendre te plaindre de ta matinée quand on sait que tu l'as passé chez toi à rien faire…
- Rien faire ? Aboya-t-elle en me fusillant du regard. J'ai passé toute ma matinée à souffrir corps et âme ! A m'esquinter à la tâche ! Tout ça pour toi, en plus !
Voyez-vous ça…
- Pour moi ?
- Parfaitement ! Dit-elle sèchement, la mâchoire crispée.
- D'accord, dis-moi alors ! La défiais-je malicieusement.
- Gamin, soupira-t-elle, si je te le dis, est-ce-que ça sera encore une surprise ? Non, alors…
N'ayant rien à répondre à cet argument d'autorité implacable, je croisais bêtement les brase sur ma poitrine, et fermais les yeux sous la caresse du vent dans mes cheveux. Légèrement tiédi par les rayons du soleil, il charriait avec lui tous les parfums de la forêt: terre humide, feuilles mortes, sève de pain, eau fraîche…
C'était délicieusement enivrant. Je me sentais bien, seul avec Hale sur une route déserte qui serpentait entre les pins, le soleil dans nos dos, et de la musique dans nos oreilles…
- Eddy ?
- Hum ? Marmonnais-je, les yeux toujours fermés.
- Je suis contente que tu sois venue.
De stupéfaction, je faillis glisser le long de mon siège. Elle fit semblant de ne pas s'en apercevoir, les yeux toujours fixés sur la route derrière ses larges lunettes de soleil.
- Oh…euh…merci…
Je toussotais en me redressant.
- Moi aussi je suis content d'être ven… Je ne savais pas que tu avais un tatouage ! M'exclamais-je en apercevant par hasard l'épaule que son pull trop large avait dénudée.
- Oh, ça… Grommela-t-elle en donnant un coup de bras pour faire remonter son pull. C'est un vieux truc…
Je sus que je n'arriverais pas à en savoir davantage, ce qui me laissa légèrement frustré : je n'avais pas eu le temps de déchiffrer la phrase qui courait verticalement le long de son épaule…
Une prochaine fois, songeais-je.
- En tous cas, repris-je en souriant, moi aussi je suis content d'être venu !
Elle m'adressa un clin d'œil en remontant ses lunettes sur le front, avant de se mettre à chanter en cœur avec la radio.
Hilare, je la rejoignis, et nous fûmes bientôt deux adolescents roulant à – trop – vive allure sur une route sinueuse, et braillant sur l'air de la chanson jusqu'à ce que nos voix parviennent même à couvrir les hurlements de la batterie.
Mais, comme toutes les bonnes choses ont une fin, Hale se gara bientôt sur le bord d'un petit sentier terreux qui s'élevait entre les arbres. Quand elle coupa le contact, le silence retomba lourdement sur la forêt solitaire. J'eus l'impression de rétrécir, pour ne devenir finalement qu'un merle sur la branche d'un pin. Quelque part, au-dessus du chant des oiseaux, fredonnait un petit cours d'eau, et le vent dans les feuilles sifflait telle une flûte.
Légèrement intimidé par ce silence soudain, je me tournais vers Hale avec un mince sourire, mais elle était déjà penchée dans le coffre de sa voiture, sifflotant tranquillement, et le seul sourire que je reçus en retour fut celui que me renvoya la carrosserie parfaitement lustrée de sa décapotable : le mien.
- Euh… Hale ? Finis-je par demander.
- Tiens gamin, tu tombes à pic… Tu peux me prendre ça ?
Et elle me tendit, sans attendre ma réponse, un gros panier en osier.
- Eh ! Grimaçais-je. T'as mis quoi dedans ? Ca pèse trois tonnes ce truc…
- Eddy, cesse donc de geindre ! Rouspéta-t-elle en refermant sèchement le coffre. On est pas encore arrivés !
On n'est pas encore arriv…QUOI ?
Je rouvris la bouche pour protester, mais elle était déjà partie devant, une chaîne stéréo sous le bras.
Cette fille était complètement frappée…
Je courus à sa suite, tâchant de maîtriser ma respiration pour ne pas haleter comme un chien – Hale, elle, sifflotait même gaiement – et elle m'offrit un sourire quand j'arrivais à sa hauteur.
- Alors, ça te plait ? Fit-elle avec un geste de la main pour les arbres qui nous entouraient.
- Non, je suis bien d'accord que c'est magnifique, reconnus-je mauvaise grâce, mais c'est que c'est quand même lourd ce panier…
Elle leva les yeux au ciel pour toute réponse, et nous continuâmes notre ascension. Certains pins étaient si hauts que je devais me pencher en arrière pour en voir le bout.
Je ne sais combien de temps nous marchâmes ainsi, dans le silence de la forêt. Le vent rafraichissait mes joues rougies par l'effort, et Hale sifflotait devant moi, le soleil jouant dans ses boucles de beaux reflets mordorés.
J'étais complètement déconnecté, comme ailleurs. Et pourtant, je m'y sentais à ma place, comme chez moi…quelle étranges impressions que celles que nous offrent la nature !
Ca me donnait envie de jouer du piano.
Alerte : tu tombes dans le cliché, Edward !
Oh, tais-toi et laisse-moi profiter de tout ça en paix !
C'est alors que nous arrivâmes à l'entrée d'une vaste prairie, entourée d'arbres, au milieu de laquelle serpentait un mince cours d'eau : c'était une petite clairière, inondée de lumière, dont l'herbe grasse ondulait lascivement sous la caresse du vent.
Hale se figea, fermant les yeux pour mieux inspirer la brise, et un sourire éclata sur son visage, comme s'il avait aspiré toute les couleurs de la clairière pour éclater en une joie sauvage, presque…animale.
- C'est beau, n'est-ce-pas ? Souffla-t-elle en rouvrant les yeux.
- Oui, répondis-je inconsciemment.
Mais mes yeux s'étaient détournés du paysage.
Nous nous installâmes au centre de la petite clairière, sur une vieille nappe qu'Hale avait pris soin d'emporter dans son panier. Je m'assis de sorte que le soleil réchauffe mon dos, et Hale fit de même, à mes côtés.
Elle se contorsionna pour allumer la chaîne stéréo qui fit couler dans l'air un vieux morceau de rock, aux guitares plaintives. J'aurais pu effleurer sa main si je l'avais voulu.
- Alors, commença-t-elle en ouvrant le fameux panier. J'ai emmené des sandwichs, des chips, des pommes…de l'eau, bien sûr, et…
Je la regardais étaler ces diverses victuailles l'eau à la bouche : nous avions peut-être mis une heure et demie à venir, et mon estomac commençait à s'impatienter.
- Vas-y gamin, sers-toi, m'invita-t-elle en surprenant mon regard.
Sans en attendre davantage, je me jetai sur un sandwich et le mordit en me renversant sur l'herbe fraîche.
Honnêtement, il me fallut toute la volonté du monde pour ne pas tout recracher.
C'était immonde. Infect.
Je jetais un regard en biais à Hale, qui mangeait tranquillement, allongée à mes côtés. Elle ne semblait pas le moins du monde dérangée par le goût.
Je profitais qu'elle gardât les yeux fermés pour balancer le plus discrètement possible mon sandwich entre des fourrées et me rabattre sur un paquet de chips. Mon estomac m'en fut reconnaissant.
Je piochais donc dans mon paquet, bercé par la musique qu'elle fredonnait.
- Alors, demanda-t-elle en roulant sur le ventre pour m'observer. C'est bon ?
- Très, mentis-je.
Je croisais discrètement les doigts à l'abri de mon paquet.
- C'est moi qui les ai faits ! S'exclama-t-elle fièrement.
- Tu t'es surpassée.
Je fus secoué d'un fou rire, et je m'en voulus : nous avions chacun une interprétation très différente de ce que je venais de dire.
- Merci Eddy, c'est gentil !
Elle me sourit chaleureusement et je m'en sentis d'autant plus mal.
Mais ce fut pire quand je la vis sortir du panier un moule à cake aux bords carbonisés, à l'intérieur duquel se devinait une masse noirâtre…un gâteau ?
- Joyeux anniversaire ! Fit-elle gaiement en me tendant une part.
Je la remerciais d'un sourire en attrapant l'assiette, et comme elle me souriait d'un air encourageant au-dessus de sa propre part, j'ignorais les messages d'alerte que m'envoyait mon nez à grands cris pour enfourner ma première bouchée.
Je crois pouvoir dire, sans exagérer, que manger cette part de gâteau fut…une expérience, en soi. J'avais beau me tourner et me retourner les méninges, je ne parvenais pas à comprendre comment avec des œufs, de la farine, du sucre, du chocolat et du beurre, on pouvait réussir à faire quelque chose d'aussi dégueulasse.
C'était…inhumain ?
- A quoi tu penses ? Demanda-t-elle en appuyant son menton entre ses mains.
- Euh…Joker, fis-je avec un clin d'œil maladroit.
C'était peut-être le gâteau le plus effrayant que je n'avais jamais eu à manger, mais c'était aussi celui qui me faisait le plus plaisir. Connaissant Hale, avoir passé toute la matinée à faire quelque chose d'aussi…féminin que la cuisine – non, je ne suis pas macho, mais notre société l'est – elle n'avait pas menti en disant avoir souffert « corps et âme »…
- Au fait, poursuivit-elle avec sa nonchalance coutumière, tu m'as menti…
J'en profitais pour reposer mon assiette par terre, et la dévisageais gravement.
- Hein ? Mais de quoi tu parles ?
- Ton âge… C'est aujourd'hui que tu as dix-sept ans…
- Oui, je sais, merci… Coupais-je, légèrement impatienté.
- Donc, techniquement… Quand on jouait au jeu des questions, il y a un mois et demi… Tu en avais seize…
Quand elle comprit que j'avais comprit où elle voulait en venir, son sourire s'élargit. Triomphalement.
Mais je n'ai pas dit mon denier mot !
- Pas trop vite, Hale, chantonnais-je en me rapprochant d'elle. Tu n'as pas encore dix-neuf ans… Donc, techniquement, tu as aussi menti…
- Mais tu as menti en premier ! Riposta-t-elle.
- Mais à l'époque, tu n'avais aucun moyen de le savoir…
Elle ne trouva rien à répondre, et je m'attendais presque à voir le ciel me tomber dessus.
Hale n'avait rien à répondre ! Si j'avais pensé voir ça un jour…
- Exact…concéda-t-elle.
Elle resta une bonne minute silencieuse, à m'étudier attentivement. Elle tendit le bras pour monter le son de la musique, puis reprit :
- Je ne t'en veux pas… J'ai même un cadeau pour toi.
Un cadeau ? Par pitié, rien de – ou supposé l'être – comestible !
- Un cadeau ? Répétais-je prudemment. Et qu'est-ce-que c'est ?
- Quelque chose qu'on ne t'a encore jamais donné…
Et sur ces mots, elle attrapa mon visage entre ses deux mains pour m'embrasser.
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RePS: je suis consciente que le chapitre précédent (Emmett/Bella) peut paraître un peu – beaucoup – précipité, mais en fait l'histoire commence vers le mois de septembre, or, nous en sommes là vers le début du mois de novembre, même si avec les chapitres qui se coupent, c'est pas très bien exprimé… désolée ! ^^
Sinon, qu'avez-vous pensez de ce chapitre ? :)
