Chapitre 11 : Lents progrès
Pourtant, la lenteur des progrès d'Astrea inquiétait Hancock. La jeune princesse se portait bien mieux, se nourrissait correctement mais elle ne se pouvait encore soutenir sur ses jambes malgré les exercices de renforcement musculaire.
Chopper sentait l'inquiétude de la mère mais il était confiant. Le processus irait au rythme biologique adapté à la jeune princesse et, dès qu'elle serait prête et ses muscles à nouveau correctement irrigués et exercés, elle remarcherait. En tant que médecin, il privilégiait le plus possible une approche naturelle, en adéquation avec le rythme du patient.
De plus, il savait qu'Astrea devait aussi s'accepter en tant que fille d'un personnage aussi célèbre et surtout en si totale contradiction avec l'image de fille de shichibukai qu'elle se donnait jusque-là. Une fois qu'elle aurait achevé le processus, son état général s'améliorerait encore tant la santé de l'esprit avait de pouvoir sur celle du corps, surtout dans le cas d'Astrea qui recelait une très grande puissance en elle…
Interloquée, Astrea observait une photo noirâtre de Luffy sur un journal. Comme il avait l'air jeune ! S'il avait environ vingt ans à sa naissance, il devait en avoir quasiment trente-trois à présent, mais elle le croyait difficilement. Pourtant, le portrait datait de plusieurs années auparavant tant il était difficile de le prendre en photo. Poursuivi par la Marine sur toutes les mers, il était l'homme qui avait la prime la plus élevée, près d'un milliard de Berrys. De plus, elle avait découvert avec effarement qu'il était d'une lignée plus que célèbre, qui avait donné aussi bien l'amiral à la retraite Garp que le révolutionnaire Monkey D. Dragon. Avoir pour grand-père et arrière-grand-père ces deux légendes était encore plus dérangeant et difficile à assimiler que d'avoir pour père le seigneur des pirates en personne. Du coup, elle remerciait presque sa mère d'avoir pris toutes ces précautions, elle aurait pu être une proie de choix pour des chasseurs de prime ou des personnes mal intentionnées si sa véritable filiation avait été connue, sans parler d'éveiller l'intérêt de la Marine.
Le regard bleu de l'adolescente examinait chaque détail de la mauvaise photo, essayant d'y retrouver quelque chose. Quoi ? Elle n'aurait su exactement le dire, peut-être tout simplement quelque chose de son caractère qu'elle avait peine à cerner malgré les explications de sa mère et de Chopper. Luffy regardait l'objectif avec un léger sourire, son chapeau de paille à la main et une certaine raillerie dans son regard sombre. En effet, c'était très ironique que la Marine n'ait jamais réussi à l'attraper malgré tous ses efforts et il semblait se moquer d'eux, y compris dans ce portrait classique. Et pourtant, malgré ce côté jeune et quelque peu puéril, il avait tout de même quelque chose, elle comprenait vaguement ce qui avait pu attirer sa mère vers lui mais réservait son jugement au moment où elle le rencontrerait…si elle le rencontrait un jour !
« Allez, un pas après l'autre… »
Astrea, accrochée à ses deux amies, tentait de faire obéir ses muscles encore rétifs. Elle grimaçait et serrait les dents sous l'effet des tiraillements douloureux de ses jambes, mais elle en avait plus qu'assez d'être ainsi sans pouvoir bouger.
Lentement, elle parvint à faire plusieurs pas et à aller jusqu'au bout de la pièce, et se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche.
Chopper était satisfait de ses progrès, il ne faudrait plus beaucoup de temps pour qu'elle marche de nouveau normalement et son médecin pourrait finir de se charger de ses soins. Il était temps pour lui de regagner son équipage, mais il avait longuement auparavant conféré aussi bien avec le médecin d'Astrea qu'avec son entraîneur pour que la prise en charge de son haki particulier se fît avec le plus de précautions possible.
Il avait informé Hancock de sa décision le matin même et celle-ci avait donné l'ordre qu'on tînt le bateau des pirates Kuja à partir dès que possible. Elle avait ensuite envoyé un message à Rayleigh, il saurait comment contacter Luffy pour le prévenir.
« Vous êtes sûr que vous devez déjà partir ? », interrogea la princesse.
Le médecin hocha la tête.
« Oui, mon capitaine et mon équipage ont besoin de moi, je suis responsable de leur santé et vous n'avez plus nécessité de mes soins à présent… »
Après des débuts un peu difficiles, où Astrea ne savait trop que penser du renne, elle avait fini par le connaître un peu mieux et découvrir sa gentillesse et la richesse de son caractère. Non content d'être gentil, il était aussi compétent et elle était consciente qu'elle lui devait la vie. Sans lui, il est probable qu'elle serait restée catatonique pendant un long moment voire à vie.
Il lui sourit :
« Votre père m'a demandé de vous soigner, je l'ai fait, il est temps que je le rejoigne maintenant… »
Il ajouta :
« Mais j'ose espérer que je recevrai de vos nouvelles… »
La jeune fille lui rendit son sourire.
« Comptez sur moi… »
A SUIVRE
