Coucou tout le monde, je vous présente le chapitre 11 !
Bellasidious : Le passage entre Tom et Grindelwad était étonnamment facile à écrire. Contente qu'il t'ai plu ^^ Quant aux Dursley, j'ai déjà un plan de prévu pour eux, ils ne s'en sortiront pas aussi facilement, ne t'en fais pas !
Loulou78dark : Merci beaucoup ! Je suis contente que tu ais aimé. Oui, Harry s'est comporté comme un imbécile dans le premier tome et il ne va pas changer immédiatement mais il va changer. Après tout, il a Rosemary comme soeur, même s'il l'énèrve, elle ne va pas le laisser dans les griffes de Dumbledore indéfiniment. J'avoue avoir adoré Dumbledore...jusqu'à ce que je me mettre à lire des fanfictions et que je réalise à quel point il a manipulé les évènements dans la vie de Harry.
Freyja11 : Merci beaucoup, je suis super contente que tu ais aimé ! On en apprendra plus sur Léna et Astoria dans le prochain tome mais j'admet que je les aime beaucoup toutes les deux. Dans ce tome, ce sera au tour de Rosemary d'avoir sa grande aventure, j'espère que ça plaira parce que je me suis éloigné du canon. Dans tous les cas, merci et bonne lecture !
Regina lily Swan : Merci, c'est dingue comme j'adore tes reviews *_* Alors pour mes personnages, crois moi, je me force à me montrer impartiale...Si ça ne tenait qu'à moi, tout le monde serait heureux et basta, mais c'est la vie...et la vie est une peste. Bon, ce n'était pas vraiment la faute de Harry ce qui c'était passé, mais j'ai bien peur que tu vas vraiment le détester dans le chapitre 12. J'aime que tu aimes ce que je fais , j'espère que je ne te décervrais pas avec cette suite !
Bitchouille : Rosemary va d'abord devoir grandir physiquement et émotionnellement...du côté émotion, Tom aussi devrait grandir, parce qu'il est un peu attardé dans ce domaine, soyons honnêtes. Donc leur relation est loin de commencer. Elle a à peine douze ans, après tout. Mais oui, ils se mettront ensemble et inconsciemment, je pense qu'ils le savent déjà même s'ils sont très doués pour se voiler la face.
Lerugamine : Haha, je ne connais personne qui aime les Dursley. J'espère que tu aimeras ce chapitre ^^
Disclaimer : Encore une fois, Harry Potter ne m'appartient pas...je suis obligé de le dire à chaque fois ?
Tom Jedusor - Ben Barnes
11) Weasley et Malfoy
Date, inconnue, Location inconnue, Heure inconnue.
Rose cru d'abord avoir atterrit dans l'un de ses rêves prémonitoires qui lui faisait peur. Elle n'avait jamais pensé un jour craindre la vue du sang ou la mention de la guerre avant ces rêves. Elle était dans le noir complet mais elle avait tout de même cette sensation de pouvoir contrôler son corps et c'est ce qui lui fit penser qu'elle n'était peut-être pas dans un de ces rêves. Elle écarta donc vite, cette hypothèse. Elle n'avait pas eu ce genre de rêves depuis qu'elle avait quitté le château Poudlard. L'absence de magie dans sa vie avait eu un effet très différent sur elle que sur Harry. Pour quelqu'un d'aussi sensible à la magie qu'elle, après y avoir baigné pendant dix mois, retourner à Privet Drive était une torture. C'était la raison pour laquelle Rose s'était jeté à corps perdu dans ses études moldue pour se distraire et s'était déplacé jusqu'au chemin de traverse tous les samedis.
Mais elle n'était pas dans un de ces rêves, elle le réalisa rapidement. C'était une part de son esprit, un recoin qu'elle n'avait encore jamais exploré malgré les heures passés à méditer, peut-être était-ce même son subconscient.
A peine cette réalisation s'était-elle faite qu'une série d'images se matérialisa derrière ses paupières fermées.
Harry volant de la nourriture pour eux après avoir été privé de nourriture pendant trois jours. Parkinson insultant sa mère parce qu'elle était née-moldue. McGonagall déclarant à mots à peine voilés que ses parents auraient honte d'elle. Grindelwald la ligotant d'un sort avec une facilité insultante avant de s'avancer vers elle comme si de rien était. Ron Weasley la traitant de serpent visqueux tandis que son frère à côté de lui ne disait rien. Se retrouver avec le reste de ses camarades Serpentard couverte de la tête au pied des couleurs rouge et or devant des Gryffondor hilares. Son frère la repoussant encore et encore, jour après jour, préférant passer son temps avec ses amis, ses co-équipiers et le garde-chasse plutôt qu'avec elle. Vernon en train de la frapper encore et encore, tout en l'insultant pendant qu'elle s'étranglait avec son propre sang…
Pourquoi est-ce qu'elle se remémorait tout ça ? Que ça cesse ! Que tout cesse ! Elle avait compris le message, elle ne se réveillera plus jamais s'il le fallait mais que tout s'arrête, par pitié…
-Ouvres les yeux, dit une voix.
C'était une jolie voix. Elle était claire mais avec une allure mystérieuse.
Elle ouvrit les yeux pour se retrouver face à Sage.
-Mais…mais je croyais…je croyais que j'étais Sage, balbutia Rose.
La femme qu'elle observait était magnifique. Elle était habillé d'une robe bleu nuit de style victorien mais elle y avait apporté des modifications. Sa jupe lui arrivé aux genoux, elle portait de longues bottes noires à talons, des gants en dentelles noirs recouvraient ses mains et ses avant-bras. A son cou, elle portait le médaillon en or ou était engravé un S. Un bracelet argenté en forme de serpent encerclé son poignet.
Pour la première fois, elle arrivait à distinguer les détails du visage de Sage. Elle lui ressemblait. Sage aurait pu passer pour sa grande sœur. Ses traits étaient fins et délicats avec de hautes pommettes et un net droit rappelant la noblesse. Ses grands yeux verts étaient les mêmes que les siens mais avec des cils plus longs, plus épais et des sourcils parfaitement dessinés.
-Tu es moi, et je suis toi, dit Sage.
-Qu'est-ce que ça veut dire ?
-Ca veut dire que nous sommes très différentes l'une de l'autre, mais que nous sommes toutes les deux la même personne.
-Ça ne veut absolument rien dire ! S'énerva Rose.
Sa panique l'avait quitté, à présent elle voulait des réponses.
-Tu es celle que j'étais, et je suis celle que tu deviendras.
-Tu es donc mon futur moi ? Demanda Rose perplexe.
-Le futur est étrange. Jamais gravé. Toujours changeant. Mais certaines choses sont destinées à être. Tu as déjà commencé à me ressembler…
-C'est faux !
Sage était belle. Elle s'exprimait avec une assurance qu'elle n'avait pas. Elle était puissante. Mais Rose ne voulait pas devenir comme elle et encore moins être elle. Elle avait été témoin d'une Sage assoiffée de sang et sans pitié envers ses ennemis. Elle l'avait vu tuer, elle l'avait vu féroce et Rose était effrayée à l'idée de devenir cette femme.
-C'est un fait. Tu peux essayer de te convaincre du contraire tant que tu veux. Moi aussi, je suis passé par cette étape. Nous sommes la même personne. Tout ce que tu as vécu, je l'ai vécu. Tout ce que tu vivras, je l'ai vécu aussi.
-Je suis en train de rêver. C'est impossible, je suis en train de cauchemarder, ça doit être ça, marmonna Rose en se massant les tempes.
Sage laissa échapper un rire sans joie.
-N'essayes pas de te mentir à toi-même. Ca a toujours finit mal.
Rose fusilla du regard Sage.
-Est-ce que tu viens du futur pour me mettre en garde contre quelque chose ou tu es juste venu m'embrouiller l'esprit ?
-Ni l'un, ni l'autre. Techniquement, je n'existe pas encore. Je suis juste celle que tu deviendras plus tard…
-Ca n'a aucun sens, la coupa Rose
-Tu n'as toujours pas compris ? La magie n'a aucun sens. Elle existe tout simplement.
-Ou sommes-nous ?
-Dans ton esprit, tu le sais très bien. Ce qui s'est passé avec Vernon t'a changé. Ça t'a rendu plus près de devenir moi. Comme les insultes des élèves de Poudlard et l'éloignement de Harry. Rencontrer nos sœurs aussi te changera. Chaque évènement, aussi insignifiant parait-il sur le moment te change.
-Tu les connais ? Mes sœurs, je veux dire.
Sage ne répondit pas se contentant de l'observer avec un demi-sourire.
-Qui sont mes sœurs ?
-Tu rencontreras la première bientôt.
-Les visions que j'ai eues… est-ce que ça va vraiment se passer ? Demanda Rose d'une petite voix.
C'était des rêves qui l'effrayaient. Ils la faisaient toujours se réveiller en sueur et craindre le moment d'aller dormir.
-Certains oui. Certains non. Je te l'ai dit, le futur est constamment en train de changer, rien n'est gravé sur la pierre, ce sont tes choix et ceux de ton entourage qui va définir ton futur. Mais tu as encore des années devant toi avant de t'en soucier. En attendant, tu ferais mieux de te lever.
-Et comment je fais ça ?
-Commence par ouvrir les yeux.
03.08.1992, Royaume-Uni, Angleterre, Devon, Loutry Ste-Chaspoule, Le terrier, 16 :26
Rose ouvrit les yeux d'un seul coup et les referma tout aussi rapidement.
-Merde !
La lumière du soleil venait de lui brûler les yeux. Elle ne savait pas où elle était mais ça ne pouvait pas être chez les Dursley. La chambre ou elle se trouvait été bien éclairée et il s'en dégageait une impression chaleureuse. Et surtout, elle sentait la présence de magie dans l'air.
-Oh, tu es réveillé ! Je vais prévenir maman ! Ou peut-être Harry ! Enfin, je vais demander à Ron de prévenir Harry, enfin, peut-être dans un moment… ils sont en train de jouer au Quidditch avec les jumeaux et je n'ai pas envie d'interrompre Harry. Il vole vraiment bien ! Je n'arrive pas à croire qu'il soit déjà attrapeur de l'équipe de Gryffondor ! Mais j'ai dit à Ron que ce n'était pas si étonnant que ça. C'est Harry Potter enfin, c'était à prévoir.
Rose ouvrit les yeux pour fusiller du regard la petite fille qui jacassait comme une pie. Elle était jolie. Rousse, avec des yeux noisette et des tas de taches de rousseur sur le nez et les joues, elle portait une petite robe d'été fleuri de seconde main. Rose savait que Ron Weasley avait une sœur et deux autres frères qu'elle ne connaissait pas mais ne s'était jamais fatiguée à apprendre leurs noms. Ce qui l'intéressait surtout, c'était de savoir comment elle avait atterrit chez les Weasley. Elle observa la chambre avec plus de minutie tout en ignorant la fille Weasley qui continuait de jacasser. Elle crut entendre le nom de son frère dans son monologue au moins cinq fois encore avant de l'interrompre.
-Weasley, comment j'ai atterrit ici ?
Rose observa la petite rouquine clignait des yeux comme si elle avait oublié qu'il y avait même quelqu'un dans sa chambre avec elle et qu'elle venait juste de le remarquer.
-Oh. Ron et les jumeaux étaient inquiets de ne pas recevoir de réponse de Harry, alors ils ont volé la voiture de papa pour voir ce qui se passer. Surtout que Harry a violé le décret sur la restriction de l'usage de la magie et que…
-Mon frère a fait quoi ? L'interrompit Rose.
-Oh oui, papa nous l'a dit quand il est revenu du ministère. Je n'arrive pas à croire qu'il ait reçu un avertissement pour ça ! C'est Harry Potter quand même ! Evidemment qu'il a le droit de faire de la magie !
Rose eu envie de donner une baffe à cette fille pour qu'elle arrête de lui parler de son jumeau et commence à lui offrir des explications.
Elle se releva lentement et réalisa pour la première fois que ces blessures avaient guérit. Elle toucha son visage et son nez du bout des doigts sans rien rencontrer.
Elle se releva du matelas ou elle avait dormit. C'était un petit matelas normal qu'on avait posé par terre, loin du lit de la fille Weasley qui était pratiquement collé à la fenêtre d'où on pouvait voir quelques joueurs de Quidditch. Rose s'en approcha et réalisa qu'elle portait un pyjama composé d'un short et d'un t-shirt rose qui ne lui appartenait définitivement pas.
Ses membres étaient courbatues mais elle avait déjà subi bien pire que ça. Les poids que Tom avait enchantés encerclaient toujours ses chevilles et ses poignets.
La fille Weasley continuait de parler mais Rose n'essayait même pas de suivre ce qu'elle disait.
-On est quel jour ? Demanda Rose tout à coup.
-Le 3 Aout. Dans huit jours, c'est mon anniversaire !
Rose grogna. Elle avait manqué Lugnasad ! Non pas qu'elle aurait pu fêter Lugnasad comme il se devait, mais elle aurait aimé pouvoir allumer quelques bougies, remercier la magie et faire une prière.
C'était une fête qui autrefois réunissait tous les sorciers et sorcières sans distinction de classe sociale, une trêve militaire, on y célébrait la paix, l'amitié, l'abondance et la prospérité. Pendant des années, Lugnasad a été une fête presque obligatoire, la communauté se rassemblait tout l'après-midi, rien qu'à cette occasion. Dans les livres, elle est décrite comme une foire de commerce, mais aussi une occasion de régler les contentieux, de célébrer des mariages, d'entendre des poètes et des musiciens. Il n'y avait pas de cérémonie et ce n'était pas aussi sérieux que Samain, Yule ou Beltaine, mais on y faisait souvent des jeux et des courses, similaires aux Olympiades grecques.
Elle fut tirée de ses pensées par une sorte de gémissement qui provenait de la porte.
-Lily !
La sorcière se jeta presque sur son familier qui lui lécha abondamment le visage. Parfois sa louve se comportait plus comme un chien, c'était mignon. Rose espérait juste qu'elle changerait de comportement dans quelques années, parce que la fille Potter n'était pas sûre de pouvoir supporter le poids d'une louve géante dans ses bras ou en train de dormir sur elle.
-Tu m'as manqué. Harry a pris soin de toi, n'est-ce pas ?
Lily hocha la tête et Rose soupira de soulagement. Elle lui embrassa le museau avant d'enfouir son visage sur sa fourrure.
-Trop cool ! Elle est si belle !
La fille Weasley s'approcha de la louve pour la caresser mais celle-ci se cacha derrière sa maitresse.
-Lily ?
-C'est une vraie louve ? Je ne savais pas que c'était permit à Poudlard, j'ai tellement hâte d'y aller… Je peux la toucher ?
-Elle n'aime pas trop que des étrangers la touchent, mentit Rose.
Lily était adorable et aimait les caresses. A l'exception de certains élèves de sa maison (Parkinson, Bulstrode, Warrington et Flint pour n'en citer que quelques-uns) la louve blanche ne s'était pas montré hésitante envers quiconque.
-Oh. Tant pis. Elle n'avait rien contre Fred et George alors j'ai cru que…
-Ou sont mes affaires ? J'aimerais me changer et retrouver mon frère, si c'est possible, dit Rose de son ton le plus poli.
Aussi poli qu'elle pouvait être en l'interrompant.
Une demi-heure plus tard, les deux filles descendirent les escaliers étroits de la maison. Rose apprit que la maison des Weasley était appelé le « terrier », et que la fille Weasley s'appelait Ginny.
-Ah, Rose. Enfin réveillé ?
Rose se retint de demander à la mère Weasley qu'elle l'appelle par son nom complet. Elle savait bien que la seule raison pour laquelle elle était chez eux, c'était qu'elle était la sœur de Harry. Ils l'avaient guérit et la logeaient. C'était déjà beaucoup. Surtout que Rose ne doutait pas que l'aversion de Ron Weasley pour les Serpentard n'avait pas surgit de nulle part et qu'elle détestait avoir des dettes envers qui que ce soit.
-Oui, Mrs Weasley.
-Très bien, très bien. Pourquoi ne viendrez-vous pas me donner un coup de main ? Le dîner ne va pas se préparer tout seul, vous savez ?
Rose retint une grimace. Depuis le jour, ou elle avait fait brûler de l'eau, chose soi-disant impossible, Harry lui avait interdit de ne serait-ce que de songer à cuisiner. Mais avant même qu'elle puisse raconter l'anecdote, Mrs Weasley agita sa baguette d'un geste brusque et Rose se retrouva les mains pleines.
Presque une demi-heure plus tard, après une explosion que Rose avait produite sans comprendre comment, la mère Weasley la bannit officiellement de la cuisine.
En ce moment, Rose était assise au salon du terrier, toute seule, la tête de Lily reposait sur ses genoux pendant qu'elle entamait la lecture de son livre sur la mythologie grecque. D'après le professeur Sinistra, la plupart des mythes étaient vraies. Les dieux et les déesses avaient été les plus puissants mages de toute l'histoire de l'humanité. C'était à une période où les moldue étaient au courant de leurs existence mais devant tant de pouvoirs les référaient de dieux. Des millénaires plus tard, ces sorciers et sorcières avaient laissé une trace indélébile dans l'histoire. Moldue et Magique.
Elle avait beaucoup avancé dans les matières scientifiques, mais n'avait pas encore touché son livre d'Histoire/Géographie. Et encore moins ses autres livres. Elle comptait se rattraper. Il lui restait un mois entier pour finir le programme, elle savait qu'elle pouvait le faire. De plus, nul doute que maintenant que Ron était présent, son frère allait passer tout son temps avec lui et l'oublier complètement, exactement comme à Poudlard. Rose refoula son amertume envers Ron. Après tout, Harry l'avait quelque peu abandonné même durant les vacances. Il n'avait pas besoin d'excuse pour s'isoler d'elle.
Penser à Harry, lui amena à penser à ce qu'il avait bien pu faire pendant leur anniversaire. Pourquoi avait-il violé le décret sur la restriction de la magie sur les sorciers de premier cycle et comment les Dursley avaient-ils appris que les jumeaux n'avaient pas le droit d'utiliser la magie ? Harry, avait-il dû utiliser la magie pour se défendre de Vernon ? S'il allait suffisamment bien pour voler sur son balai et jouer au Quidditch, il allait sans doute mieux qu'elle. Une fois arrivé à cette conclusion, elle se mit plus sérieusement à lire sur la mythologie grecque.
Ce qu'elle retint de sa lecture, c'était que l'inceste chez les sorciers remontaient jusqu'à la nuit des temps.
Elle fut immédiatement conquise par les mythes et légende et voulait en apprendre d'avantage. Sur les dieux, déesses, divinités primordiales, titans. Même les monstres. Harry avait déjà rencontré un cerbère ! Tout ça avait laissé un impact énorme sur le monde, que ce soit d'un point de vue politique, philosophie, littéraire, artistique, théologique ! Rose eut l'impression qu'elle aurait pu passer sa vie à tout apprendre sur la mythologie grecque et ne jamais se sentir entièrement satisfaite. Elle se promit d'harceler Tom pour qu'il lui procure d'autres livres. Peut-être l'Iliade, si elle se sentait d'attaque. Mais elle ne voulait pas s'arrêter au panthéon grecque, elle était aussi curieuse au sujet de la mythologie Romaine, Nordique, Egyptienne, Slave et pleins d'autres encore.
Elle lut son livre pendant plus d'une heure entière, sans aucune interruption. Sa louve dormait paisiblement tandis qu'elle découvrait le destin des héros. Achille, tué par une flèche empoisonnée, Jason, mort seul, écrasé par la poupe de son propre vaisseau, Thésée, frappé d'ostracisme, banni, victime de sa loi et Héraclès frappé de folie, tua ses propres fils. Les héros avaient souvent un destin tragique. C'était à se demander pourquoi les gens voulaient être des héros. Pourquoi les Gryffondor voulaient être des héros. Pourquoi son propre frère avait tenté de joué au héro. Harry était courageux et bon, mais il n'était pas stupide. Et ce qu'il avait fait avec ses amis était définitivement stupide. Rose s'attendait à mieux de sa part. Lorsque le Choixpeau magique lui avait demandé de faire son choix entre Serpentard et Gryffondor, elle avait clairement répondu qu'elle voulait être brave. Il l'avait envoyé, non pas dans la maison reconnu pour accueillir les braves, mais à Serpentard. Parce qu'il savait que l'envoyer dans la maison des verts et argents requerrait qu'elle soit courageuse tous les jours. Et non pas seulement de réputation.
-Rosie !
Rose releva la tête de son livre juste à temps pour voir son frère courir vers elle.
-Comment tu vas ? Mrs Weasley nous a dit que tu t'étais réveillé il y a plus d'une heure.
-Je vais bien.
-Tu aurais pu venir nous rejoindre.
-J'étais occupé à lire. Il ne me reste qu'un mois pour tout finir.
-Bonne chance, alors. Tu pourras sans doute expliquer mieux que moi à Mr Weasley comment fonctionnent les prises et l'électricité en générale.
Son frère s'assit en face d'elle. Il semblait en bonne santé et souriait de toutes ses dents. Ses cheveux partaient dans tous les sens et ressemblaient à un nid d'oiseau. Pas étonnant, s'il venait de descendre de son balai. Rose n'avait pas réalisé à quel point son frère lui avait manqué. Son vrai frère, pas l'imposteur apathique et boudeur des dernières semaines. Rose se demanda pour la première fois si l'absence de magie n'avait pas également eu d'étranges effets sur son frère, tout comme sur elle.
-La princesse au bois dormant…
-…est enfin réveillé.
-Nous voulions t'offrir, chacun un baiser…
-Mais pour une obscure raison, maman nous l'a interdit.
Rose sourit aux jumeaux Weasley, tout en ignorant superbement Ron Weasley. Elle était d'une humeur relativement bonne, pas besoin de gâcher sa journée.
-Bonjour George. Fred. Ça vous arrive souvent d'essayer d'embrasser les filles quand elles sont inconscientes ?
Celui qu'elle pensait s'appeler George, haussa les épaules.
-Les filles aiment ça. C'est romantique.
-Ca n'a rien de romantique, rétorqua Rose avec un sourire. C'est flippant.
-N'est-ce pas ? Renchérit Fred. Ignores George, c'est parce qu'il est laid qu'il n'embrasse les filles que lorsqu'elles dorment ou qu'il fait noir.
-Tu es peut-être le plus beau, mais je suis le plus intelligent. En attendant, nous avons des expériences à réaliser qui nous attendent.
-Soyez sages.
Dès le moment ou les jumeaux quittèrent la pièce, Rose laissa tomber son masque semi-poli et son expression devint sérieuse.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé Harry ? Je rentre chez les Dursley pour découvrir que Vernon sait qu'on n'a pas le droit d'utiliser la magie et je me réveille trois jours plus tard chez les Weasley ou on m'annonce que tu as violé la loi.
Harry eut la décence de paraître gêné. Et pour une fois, Ron Weasley garda la bouche fermé.
Alors, son frère lui raconta comment il avait rencontré Dobby, l'elfe de maison et l'étrange avertissement auquel il eut droit. Comment l'elfe était prêt à tout pour l'empêcher de retourner à Poudlard, quitte à lui causer des problèmes avec les Dursley et le ministère. Ou à voler ses lettres pour lui faire croire qu'il n'avait pas d'amis.
Rose fronça les sourcils. Les intentions de cet elfe étaient bonnes, mais les résultats étaient catastrophiques. Et quel était ce danger qui planait au-dessus de leurs têtes ? Comme si l'année précédente n'avait pas été suffisamment dangereuse pour son frère.
-A ton avis, qu'est-ce que ce danger peut-être pour que cet elfe trouve la force de trahir sa famille de sorcier ?
Harry et Ron échangèrent un regard.
-Nous pensons que quelqu'un voulait juste me faire une farce…quelqu'un qui voudrait que je ne revienne pas à Poudlard. Quelqu'un de suffisamment riche pour posséder un elfe.
-Tu sais que tu viens de décrire la moitié de ma maison ?
Ron ouvrit pour la première fois la bouche.
-On pensait à Malfoy. Ce serait exactement son genre de…
Rose éclata de rire. Evidemment qu'ils pensaient que c'était Malfoy.
-L'année dernière, vous pensiez que c'était Rogue, cette année Malfoy. Et si vous réfléchissiez un peu avant de sauter aux conclusions. Et arrêtez d'accuser les gens que vous n'aimez pas, ça devient ridicule.
Harry grimaça. Dit comme ça…
Les oreilles de Ron devinrent rouges, tandis qu'il serrait les poings.
-Tu dis ça, juste parce que t'es amie avec le crétin !
Rose haussa un sourcil. Draco était un crétin, certes, mais venant de Weasley c'était l'hôpital qui se foutait de la charité.
-Quand est-ce que Malfoy vous a adressé la parole pour la dernière fois ? Se contenta de demander Rose.
Tous deux durent réfléchir. La dernière fois que Draco leur avait adressé la parole, c'était avant Yule. Il s'était moqué de Ron parce qu'il était pauvre, comme à son habitude. Rien de très originale. Harry, lui, réalisa que Malfoy ne l'avait pas embêté depuis le jour où il l'avait confronté au sujet de son balai après que Harry ait été accepté dans l'équipe de Quidditch.
-Draco ne fera rien contre toi, Harry, tant que tu ne le provoques pas. Il ne veut pas de moi comme ennemi.
-Tu ne pourrais pas lui demander de laisser Ron tranquille alors ?
-Non, je t'ai déjà expliqué pourquoi les Weasley et les Malfoy se détestent, par pitié reste en dehors de ça !
-Comment tu es au courant de ça, d'ailleurs ? Demanda Ron, interrompant Harry qui voulait insister pour qu'elle fasse quelque chose.
-Tom me l'a dit, répondit Rose en haussant les épaules.
-C'est pas juste, ça se voit que t'es sa préféré !
-Peut-être parce que je suis sa meilleure élève ? Tu traites Draco de crétin, mais je te signal qu'il est douzième au classement de première année.
-Ça reste un crétin, insista le rouquin.
Rose leva les yeux au ciel et se retourna vers son frère.
-Dans tous les cas, je pense qu'on devrait prendre l'elfe de maison au sérieux.
-Pff, c'était une farce de mauvais gout, Poudlard est le lieu le plus sûr qui existe. On a Dumbledore comme directeur.
Rose sentit sa magie commençait à bouillonner. Ca faisait trop longtemps qu'elle n'avait pas utilisé son pouvoir sur le feu et ce dernier voulait jouer dehors.
-Et ce qui s'est passé l'année dernière, c'était quoi ? Une promenade dans le parc ?
-Tu étais endormi, tu ne sais rien de ce qui s'est réellement passé ! S'exclama Ron.
-Bien sûr, le troll, le balai de Harry, le cerbère, la licorne morte, Grindelwald, et me réveiller à l'infirmerie pour voir mon frère à moitié mort, ce n'était rien…
-Ok, on a compris, l'interrompit Harry.
Après ça, le frère et la sœur parlèrent encore pendant quelques minutes jusqu'à l'heure du dîner. Mais tous les deux étaient d'accord sur le fait que quelque chose allait se produire à Poudlard.
Pendant le repas, Rose pu enfin rencontrer le patriarche de la famille Weasley. C'était un homme grand et fin avec un début de calvitie. Il semblait être quelqu'un de bien et Rose n'eut aucun problème à se montrer respectueuse envers lui. Elle répondit patiemment à ses questions sur tout ce qui avait traits aux moldue et lui promit ses livres d'études de moldue après qu'elle ait finit avec. Elle eut le loisir de voir la pie Ginny Weasley se transformer en monstre de timidité devant son frère tandis que ce dernier parlait avec entrain avec son meilleur ami. Percy n'était pas présent dans l'assemblé mais Fred et George compensait en faisant deux fois plus de bruit que d'habitude.
-Alors, Rose. Ron nous a dit que tu étais première de la classe, lança la mère Weasley au bout d'un moment.
Rose ne l'aimait pas. Elle ne savait pas pourquoi, après tout, la femme avait été serviable et de toute évidence une bonne mère, mais elle ne l'aimait tout de même pas. Néanmoins, elle répondit d'un sourire et lui dit qu'elle travaillait beaucoup pour rester première dans toutes les matières.
-Si seulement Ronnie pouvait travailler autant que toi, il aurait pu avoir de meilleures notes. Au rythme où ça va, il finira comme Fred et George.
C'est deux derniers sourirent d'un air faussement innocent.
-Au moins, moi je suis à Gryffondor ! Protesta Ron.
Rose fronça les sourcils tandis que Harry gémit doucement. Quelque chose lui disait que sa sœur et son ami allaient encore se disputer.
-Tu sais que tu es en train d'insulter les trois quart de Poudlard.
-Je n'insulte personne, juste les serpents visqueux.
-Ronald ! S'exclama Mrs Weasley.
-Ron, ta grand-mère était à Serpentard, lui dit son père.
-Nous, on aime bien les serpents, ajouta Fred en adressant un clin d'œil à Rose.
-Ouais… enfin, à l'exception du serpent du professeur Jedusor, ajouta George.
Tous ceux qui avaient rencontré le serpent à l'exception de Rose frissonnèrent.
-Nagini est un amour ! Protesta Rose vexée.
Toutes les têtes se tournèrent vers elle.
-Rose, les serpents sont le symbole type du mal, c'est connu et il ne faut pas le prendre personnellement, dit Mrs Weasley avec une voix exagérément patiente comme si elle parlait à une enfant particulièrement obtus.
-C'est vrai que tu passes beaucoup de temps avec le professeur Jedusor et son serpent.
-Comment ça se fait d'ailleurs ?
-La seule fois où il nous a donné une retenu, c'est parce qu'on a essayé de faire une farce au serpent…Il était furieux ! Ses yeux étaient rouges.
-Mais même là, il nous a envoyé avec son assistant…
-En générale, il n'aime pas surveiller les détentions…
-Et pourtant, tu as été en retenue avec lui, pendant des mois !
Rose se retint de fusiller du regard les jumeaux Weasley. Leur mère, elle, sembla tout à coup changer d'avis à son sujet. Finit la bonne influence qu'elle aurait pu avoir sur son Ronnie.
-Je parie qu'il lui apprend la magie noire. C'est connu que tous les fourchelang sont tous des mages noirs.
-Tu es une fourchelang ? Demanda Ginny Weasley en palissant à vue d'œil.
Même la mère Weasley parut soudain mal à l'aise. Rose se força à parler d'une voix égale. Un sourcil haussé, comme si la conversation ne lui faisait rien. Comme si le silence de Harry ne la blessait pas.
-Parce que je parle une langue que tu ne comprends pas, je suis soudainement une mage noire ? Comme c'est surprenant, c'est pas comme si j'avais entendu ce même refrain depuis le moment où j'ai été répartit à Serpentard. Les serpents ont une mauvaise réputation depuis que Lucifer a pris la forme de cet animal pour tenter Eve avec le fruit interdit. C'est l'ignorance des gens qui a conduit à dire que le serpent en lui-même est maléfique. Le diable aurait pu prendre n'importe quel animal comme forme. Etre fourchelang est un don, Hermès, Paracelse et Boudicca étaient des fourchelang. Nagini est le familier du professeur Jedusor. Elle comprend parfaitement l'anglais et ne doit pas apprécier de se faire insulter quotidiennement. C'est un animal sage et intelligent. Un prédateur. C'est normal d'en avoir peur. Mais la peur mêlait à l'ignorance rend souvent les gens stupides. C'est pour ça que la plupart des sangs-purs détestent les moldue et pourquoi les moldue à l'époque chassaient notre peuple. Les sorciers adultes n'avaient aucun problème pour se défendre… A l'exception de Nick quasi-sans-tête et du moine gras qui ont été exécuté par des moldue mais ceux qui étaient vraiment sans défense contre eux, c'était les enfants. Les enfants de Salazar Serpentard ont été tués par des moldue, sa femme est morte de chagrin et il a commencé à haïr les moldue avec passion. Sa haine l'a rendu à moitié fou vers ses derniers jours.
-Tu as raison sur beaucoup de points, admit le père Weasley. Mais Serpentard avait tort de haïr tous les moldue à cause d'une poignée d'entre eux. On ne peut pas juger toute une population à cause des agissements d'une seule personne.
-Et vous avez raison, Mr Weasley. Ca n'empêche pas les gens de Poudlard de détester nous autres Serpentard à cause des racistes qu'il y a parmi nous. Parfois, c'est dur de ne pas haïr, ceux qui nous haïssent.
Après tout, son propre frère jugeait sa maison d'après sa première rencontre désastreuse avec Draco Malfoy.
Le reste du dîner se fit en silence et une fois l'heure de se coucher, Harry l'embrassa sur la joue comme si de rien était. Peut-être avait-il entendu et comprit ce qu'elle avait dit au sujet des Serpentard, peut-être pas. Dans tous les cas, il n'avait pas réagi. Quant à la pie, Ginny Weasley, cette dernière, ne lui adressa plus du tout la parole.
15.08.1992, Royaume-Uni, Angleterre, Devon, Loutry Ste-Chaspoule, Le terrier, 09 :26
La vie au « Terrier » n'avait rien à voir avec celle que Harry avait connue à Privet Drive. Les Dursley tenaient à ce que tout soit propre et en ordre, alors que la maison des Weasley baignait dans l'étrange et l'imprévisible. Harry fut stupéfait la première fois que le miroir au-dessus de la cheminée de la cuisine lui cria : « Remets ta chemise dans ton pantalon, espèce de débraillé ! » La goule qui habitait le grenier se mettait à hurler et à jouer avec des tuyaux de plomb chaque fois que la maison lui paraissait trop calme et les petites explosions qu'on entendait retentir de temps à autre dans la chambre de Fred et de George étaient considérées comme parfaitement normales. Ce que Harry trouvait le plus insolite, cependant, ce n'était pas le miroir parlant, ni la goule turbulente, mais plutôt le fait que tout le monde semblait avoir de la sympathie pour lui.
Un beau matin, alors qu'il avait déjà passé deux semaines au « Terrier », il eut des nouvelles de Poudlard. Lorsqu'il descendit prendre son petit déjeuner en compagnie de Ron, il trouva Mr et Mrs Weasley assis avec Ginny à la table de la cuisine. Il y eut alors un grand bruit : en voyant Harry, Ginny avait fait involontairement tomber son bol de céréales sur le sol. D'une manière générale, Ginny avait une très nette tendance à faire tomber toutes sortes d'objets chaque fois que Harry entrait dans une pièce où elle se trouvait déjà. Elle plongea aussitôt sous la table pour récupérer son bol. Lorsqu'elle réapparut, le teint de son visage évoquait la couleur du soleil couchant, mais Harry fit comme s'il n'avait rien remarqué. Il s'assit et prit les toasts que Mrs Weasley lui offrit.
-Vous avez une lettre de l'école, dit Mrs Weasley en donnant à Ron et à Harry deux enveloppes identiques en parchemin jauni sur lesquelles leur nom était écrit à l'encre verte. Dumbledore sait déjà que tu es ici, Harry. Rien ne lui échappe. Vous aussi, vous avez du courrier, ajouta-t-elle lorsque Fred et George entrèrent à leur tour dans la cuisine, encore vêtus de leur pyjama.
Harry prit sa lettre avec avidité.
-Ou est ta sœur, Harry ? Demanda Mrs Weasley. D'habitude, elle est la première à se lever, dit-elle étonnée.
Ron marmonna quelque chose, comme quoi, Rosie était pire que Hermione tandis que Harry se levait précipitamment.
-Je vais aller la chercher.
Il prit la lettre de sa sœur et sortit de la maison, sachant pertinemment ou était sa sœur.
Contrairement à lui, Rosie ne semblait pas aimer énormément le terrier. Sans doute parce que Ron lui lançait souvent des piques qu'elle s'efforçait d'ignorer, que Ginny l'évitait comme la peste et que Mrs Weasley était une figure d'autorité qui ne semblait pas apprécié beaucoup les Serpentard. Dans tous les cas, elle savait que c'était infiniment mieux que chez les Dursley et ne se plaignait jamais. Mais elle s'isolait souvent. Si ça ne la dérangeait pas d'aider aux corvées lorsque Mrs Weasley demandait de l'aide, ou de répondre aux questions sur les moldue de Mr Weasley, on la voyait souvent seule, soit en train de méditer, de lire ses livres ou de faire du sport. De temps en temps, elle aidait les jumeaux Weasley avec leurs idées de farces, mais à part ça, elle était constamment seule.
Sa sœur lui manquait. Il savait qu'il n'avait pas été le meilleur des frères et il se sentait coupable, tellement coupable qu'à cause de lui, l'oncle Vernon ait appris qu'ils n'avaient pas le droit d'utiliser la magie et se soit déchaîné sur elle.
Les trois jours qu'il avait passé, enfermé dans sa chambre, avec pour seule compagnie le corps battu et inconscient de sa sœur avaient été les pires de sa vie. Il n'avait jamais autant pleuré et n'avait jamais ressenti un tel soulagement lorsqu'il vit Ron arrivait dans sa voiture volante.
-Rosie ? Appela-t-il.
Le terrain des Weasley était large et parfait pour sa sœur qui aimait courir, mais ça rendait la tâche de la trouver plus difficile. Il avait sauté sur l'occasion d'aller la chercher parce qu'il voulait passer du temps avec elle, ne serait-ce que quelques minutes. Ron ne supportait pas sa sœur, il n'avait donc pas beaucoup l'occasion de passer du temps avec elle, ces derniers temps.
-Rosie !
Il la vit arriver dans sa tenue de sport improvisé. Une paire de legging noire qu'elle avait déniché quelque part et un vieux t-shirt de Dudley qu'elle avait noué derrière son dos. Ses cheveux étaient attachés en une haute queue de cheval, et derrière elle, Lily trottinait joyeusement, heureuse d'être à l'air libre.
-Harry ?
-Les lettres de Poudlard, sont enfin arrivées, dit-il en lui tendant la sienne.
Les deux jumeaux ouvrirent et lurent leurs lettres en même temps.
-Non, mais c'est une blague !
-Quoi ? Les huit livres qu'il va falloir acheter pour défense ?
-Oui, mais à quoi pensait Tom ?! S'énerva Rose.
Harry haussa les épaules.
-Tu le connais, toi ce Gilderoy Lockhart ? Demanda-t-il tandis qu'ils prenaient la direction de la maison.
-Jamais entendu parler. C'est bizarre, Tom m'a déjà passé les livres dont j'aurais besoin cette année. Il m'a passé un livre de défense vraiment bon, rien à voir avec ces livres-là. On dirait plutôt la saga d'une histoire avec pour vedette ce Lockhart.
-Qu'est-ce que tu comptes faire ? Demanda Harry.
Il connaissait l'esprit rebelle de sa sœur, mieux que quiconque.
-Je vais voir si ces bouquins ont l'air intéressant. S'ils ne le sont pas, il n'y a aucun risque que je les achète.
-Tu crois que Mrs Weasley va te laisser faire ? Demanda Harry inquiet.
Rose haussa les épaules.
-C'est mon problème.
Elle s'apprêtait à entrer dans la maison mais Harry la retint en posant sa main sur le creux de son coude.
-Rosie…
-Quoi ?
-Je…Je voulais m'excuser. Je n'ai pas été le meilleur des frères ces derniers temps et on a pas vraiment eu le temps de passer du temps ensemble. Je voulais juste…m'excuser, finit-il lamentablement.
Elle l'observa pendant quelques secondes, les sourcils froncés et Harry se sentit gêné tout à coup. Il se frotta la nuque et baissa la tête pour ne pas avoir à affronter le regard perçant de sa sœur.
Il sentit les bras minces de sa sœur l'encerclait au niveau du cou et se détendit considérablement. Il la serra à son tour dans ses bras et soupira de soulagement.
-Je t'aime Harry. Je t'aimerais toujours, mais il va falloir que tu arrêtes de m'ignorer quand ça te chantes et de venir t'excuser dès que je commence à te manquer.
-Je n'ai jamais voulu…
-Je sais. Mais ça n'empêches en rien que c'est exactement ce qui s'est passé.
-Je ne le ferais plus.
Il la serra fortement contre elle et remarqua pour la première fois qu'il la dépassait de quelques centimètres. En temps normal, il n'aurait pas hésité à se vanter comme quoi, il était dorénavant le jumeau alpha, mais la situation n'était pas idéale.
-je t'aime aussi, Rosie.
16.08.1992, Royaume-Uni, Angleterre, Londres, L'allé des embrumes, Chez Barjow et Burke, 10 :24
-Harry James Potter, je vais te tuer ! J'y songe sérieusement ! Chuchota furieusement Rose lorsqu'elle se releva de sa position affalée sur le sol.
Harry, toujours planté face contre terre, gémit. C'était la première fois qu'il utilisait la poudre de cheminette. Il était meurtri, étourdit et couvert de suie.
Les jumeaux se trouvaient au milieu d'un foyer de cheminée, dans un endroit mal éclairé qui paraissait être une grande boutique de sorcier... mais rien de ce qui était exposé-là n'avait la moindre chance de jamais figurer sur une liste de fournitures du collège Poudlard !
Dans une vitrine proche, il y avait une main desséchée posée sur un coussin, un jeu de cartes tachées de sang et un gros œil de verre. Des masques sinistres accrochés aux murs semblaient jeter des regards sournois, un assortiment d'ossements humains était disposé sur le comptoir et toutes sortes d'instruments pointus et rouille pendaient du plafond. Pire encore, la rue étroite et sombre que Harry apercevait de l'autre côté de la vitrine n'avait strictement rien à voir avec le Chemin de Traverse.
-J'ai avalé un nuage de cendres, expliqua Harry faiblement en se relevant. Comment ça se fait que tu ne sois pas sale, toi ?
-C'est parce que j'ai le cœur pur. Ca éloigne la saleté.
Harry leva les yeux au ciel et gémit. L'état de ses lunettes était atroce.
-Ou est-ce qu'on est ? Demanda-t-il inquiet.
-Je pense qu'on est dans l'allée des embrumes.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Une rue mal fréquenté. Pas loin du chemin de traverse. Les élèves de ma maison m'ont en parlé et j'y suis déjà allé une fois avec Léna.
Harry ouvrit la bouche, sans doute pour la réprimander mais il changea vite d'avis en constatant l'arrivée de deux visiteurs.
-Vite, cachons nous !
Il poussa sa sœur sans ménagement dans une grande armoire noire qui était à sa gauche, et se glissa après elle juste à temps, en laissant une mince ouverture à travers laquelle il pouvait voir ce qui se passait dans la boutique. Le frère et la sœur étaient collés l'un à l'autre dans une position très inconfortable mais ils avaient trop peur d'être découverts pour s'en soucier. Il avait reconnu l'un des deux visiteurs. Draco Malfoy. Il était accompagné d'un homme qui ne pouvait être que son père. Le père et le fils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Ils avaient le même teint pâle, le même nez pointu et les mêmes yeux gris et froid. Harry n'en revenait toujours pas d'avoir un lien familial avec Draco Malfoy.
Mr Malfoy traversa la boutique, en jetant un regard nonchalant sur les objets exposés, et agita une clochette posée sur le comptoir.
-Ne touche à rien, Draco, dit-il en se tournant vers son fils.
-Je croyais que tu voulais me faire un cadeau, répondit Malfoy qui avait tendu la main vers l'œil de verre.
-Je t'ai dit que j'allais t'acheter un balai de course, dit son père en tapotant des doigts sur le comptoir.
-J'ai envie de devenir attrapeur. C'est injuste qu'Harry Potter ait eut une permission spéciale non seulement pour avoir un balai, mais aussi pour jouer dans l'équipe de Gryffondor. Tout ça, parce qu'il est célèbre…
Malfoy se pencha pour examiner une étagère remplie de crânes humains.
-Il n'est même pas si bon. J'ai vu Rose voler, et elle pourrait facilement devenir membre de l'équipe si elle voulait. Mais elle dit que le Quidditch ne l'intéresse pas. Elle préfère voler sans s'inquiéter des batteurs ou des cognards… Je t'ai dit qu'elle était la meilleure de la classe dans toutes les matières ? Les Serdaigle ne savent pas s'ils doivent la détester ou la vénérer.
Harry vit du coin de l'œil sa sœur rougir et il fronça les sourcils. Draco Malfoy parlait un peu trop de sa sœur à son gout.
-Tu m'as déjà répété ça une bonne douzaine de fois, dit Mr Malfoy en jetant à son fils un regard exaspéré. Ah, Mr Barjow…
Un homme aux épaules voûtées venait d'apparaître derrière le comptoir. D'un geste de la main, il ramena en arrière les longs cheveux gras qui lui tombaient sur le front.
-Mr Malfoy, quel plaisir de vous revoir, dit Mr Barjow d'une voix aussi huileuse que ses cheveux. Je suis ravi, vraiment... et le jeune monsieur Malfoy est là également, j'en suis enchanté... Que puis-je faire pour vous ? Il faut absolument que je vous montre ce que je viens de recevoir aujourd'hui même, à un prix très raisonnable...
-Cette fois, Mr Barjow, je n'achète pas, je vends, coupa Mr Malfoy.
-Vous vendez ?
Le sourire de Mr Barjow s'effaça quelque peu.
-Vous savez sûrement que le ministère multiplie les perquisitions, dit Mr Malfoy en sortant de sa poche un rouleau de parchemin qu'il déroula pour le faire lire à Mr Barjow. Or, il se trouve que j'ai chez moi quelques... disons... objets qui pourraient me causer d'éventuels désagréments si jamais le ministère s'avisait de...
Mr Barjow fixa un pince-nez devant ses yeux et examina la liste.
-Le ministère n'irait quand même pas s'en prendre à vous, Monsieur ?
-Personne n'est encore venu fouiner chez moi. Le nom de Malfoy continue d'imposer un certain respect, mais le ministère se montre de plus en plus inquisiteur. On parle d'un nouvel Acte de Protection des moldue... Il ne fait aucun doute que ce loqueteux d'Arthur Weasley se trouve derrière tout ça. Il adore les moldue, l'imbécile...
Harry sentit une bouffée de colère monter en lui. Rose aussi, d'ailleurs. Elle n'aimait pas les moldue, mais Arthur Weasley était quelqu'un de bien. Maudite vendetta…
-… et comme vous le voyez, certains de ces poisons pourraient laisser croire...
-Bien sûr, Monsieur, je comprends, dit Mr Barjow. Voyons cela...
-Est-ce que je peux avoir ça ? Coupa Draco, en montrant du doigt la main desséchée posée sur le coussin.
-Ah ! La Main de la Gloire ! s'exclama Mr Barjow en laissant tomber la liste de Mr Malfoy pour se précipiter vers Draco. Lorsqu'on met une bougie allumée entre ses doigts, seul celui qui la tient peut bénéficier de sa lumière. Les autres restent dans le noir ! Un avantage inestimable pour les voleurs et les pillards. Votre fils a beaucoup de goût, Monsieur.
-J'espère qu'il deviendra autre chose qu'un voleur ou un pillard, répondit froidement Mr Malfoy.
-Je ne voulais pas être désobligeant. Monsieur, croyez-le bien, s'empressa d'ajouter Mr Barjow.
-Mais après tout, c'est peut-être ce qui l'attend, s'il ne travaille pas mieux en classe, reprit Mr Malfoy plus froidement que jamais.
-Ce n'est pas ma faute, répliqua Draco. Les profs ont tous des chouchous, Rose est la préférée de Lord Serpentard et cette Hermione Granger est une vraie lèches-bottes !
-Je pensais que tu aurais honte qu'une fille qui ne vient même pas d'une famille de sorciers obtienne de meilleurs résultats que toi à chaque examen, lança sèchement Mr Malfoy. Tu oublies également que Miss Potter, malgré le prestige de sa famille et ses pouvoirs uniques est également nouvelle dans notre monde.
Harry était si content de voir Draco furieux et déconfit qu'il faillit laisser échapper une exclamation de joie. Rose lui donna un coup de coude et le fusilla du regard.
-C'est comme ça partout, dit Mr Barjow de sa voix doucereuse. Les sorciers de souche sont de moins en moins respectés...
-Pas par moi, coupa Mr Malfoy, l'air hautain.
-Par moi non plus, Monsieur, ajouta Mr Barjow en s'inclinant profondément.
-Dans ce cas, nous pourrions peut-être revenir à la liste que je vous ai confiée, dit Mr Malfoy d'un ton sans réplique. Je dois vous avouer que je suis quelque peu pressé par le temps, Barjow. Il y a des affaires importantes qui m'attendent ailleurs.
Ils commencèrent alors à marchander. Harry voyait avec inquiétude Draco s'approcher de plus en plus de sa cachette à mesure qu'il examinait les objets exposés dans la boutique. Il contempla d'abord un rouleau de corde de pendu, puis lut avec un sourire narquois le carton posé devant un magnifique collier d'opale : Ne pas toucher. Objet ensorcelé. Ce collier a provoqué la mort des 19 moldue auxquels il a appartenu.
Draco vit alors l'armoire qui se trouvait face à lui. Il s'avança... tendit la main vers la poignée de la porte...
-Marché conclu, dit Mr Malfoy au même moment. Viens, Draco, on s'en va.
Harry s'essuya le front d'un revers de manche en voyant Draco s'éloigner.
-Je vous souhaite le bonjour, Mr Barjow. Je vous attends demain au manoir pour venir prendre tout ça.
Dès l'instant où la porte de la boutique se fut refermée, Mr Barjow abandonna ses manières onctueuses.
-Le bonjour toi-même, Mister Malfoy. Si ce qu'on dit est vrai, ce que tu m'as vendu ne représente pas la moitié de ce que tu caches dans ton manoir...
La mine sombre, Mr Barjow disparut au fond du magasin en marmonnant des paroles incompréhensibles. Harry et Rose attendirent un bon moment au cas où il serait revenu, puis, en prenant garde de faire le moins de bruit possible, ils se glissèrent hors de l'armoire, se faufilèrent entre les objets exposés dans leurs vitrines et sortirent de la boutique.
Harry colla ses lunettes cassées contre son nez et regarda autour de lui. Ils se trouvaient dans une ruelle minable qui semblait entièrement constituée de magasins consacrés à la magie noire. Celui qu'il venait de quitter, et dont l'enseigne portait le nom Barjow & Beurk, était le plus grand de tous. En face, une horrible vitrine exposait des têtes réduites et un peu plus loin, une grande cage de verre était remplie d'araignées vivantes. Deux sorciers à l'allure miteuse, dissimulés dans l'ombre d'une porte, observaient Harry en se parlant à voix basse. De plus en plus mal à l'aise, Harry, qui s'efforçait de maintenir ses lunettes contre son nez, suivit docilement sa sœur alors qu'elle prenait le chemin de ce qu'il espérait être la sortie.
Lorsqu'il ouvrit la bouche pour demander à sa sœur, si elle était certaine de pouvoir trouver la sortie, elle lui prit la main et le força à avancer à la même allure qu'elle.
-Harry, je veux que tu couvres ta cicatrice et que tu marches droit devant. Ne parle pas, ne regarde personne, c'est compris ?
Il hocha la tête et s'exécuta, sans poser de questions.
-Tu es perdu, mon chéri ? dit alors une voix dans son oreille.
Il n'eut pas le temps de sursauter que Rose pointa sa baguette sur la gorge de la vieille sorcière qui était apparue devant lui, portant un plateau rempli d'ongles humains.
-Eloignes. Toi. De. Mon. Frère. Vieille. Harpie.
Rose avait parlé lentement et d'un ton froid. Ses yeux luisaient d'une manière presque fluorescente.
Lorsqu'elle fut certaine que personne ne s'approcherait d'eux, son aura repoussant ceux qui pourraient chercher la bagarre, elle entraîna son frère vers la sortie à grands pas brusques jusqu'à ce qu'ils arrivent enfin au chemin de traverse.
-HARRY !
Rose marmonna des insultes peu flatteuses à la personne qui venait de crier son nom, tandis que Harry se faisait retourner par une main géante qui appartenait à son ami le garde-chasse, Hagrid.
-Qu'est-ce que tu faisais dans cette allée ?
-Vous allez arrêter de hurler ?! S'énerva Rose.
Hagrid rougit et marmonna des excuses que Harry s'empressa de balayer. Il lui expliqua rapidement ce qui s'était passé, tout en suivant docilement sa sœur qui prenait le chemin de la banque Gringottes. Il lui raconta la visite de l'elfe, pourquoi il n'avait pas pu répondre à ses lettres et le fait qu'ils passaient le reste des vacances chez les Weasley.
-Tu es dans un état épouvantable ! Ronchonna Hagrid.
Il épousseta les vêtements couverts de suie de Harry avec une telle vigueur qu'il le projeta contre un tonneau rempli de bouse de dragon, à la devanture d'un apothicaire.
-Laissez-moi faire Hagrid, soupira Rose d'un ton las.
Elle pointa sa baguette sur les lunettes et marmonna « reparo ». Harry la remercia, mais elle ne répondit pas trop occupé à pointait sa baguette sur ses vêtements.
-Recurvite !
Harry fut soulagé de ne plus être sale et remercia de nouveau sa sœur.
-Maudits moldue, maugréa Hagrid. Si j'avais su...
Rose leva les yeux au ciel.
-Qu'est-ce que vous faisiez dans cette allée, Hagrid ? Demanda Harry curieux.
-Je cherchais un produit contre les limaces, grogna Hagrid. Elles dévorent tous les choux, dans le potager de l'école.
-Harry ! Harry ! Par ici !
Rose grogna à l'entente de cette voix, tandis que son frère levait la tête pour voir Hermione Granger en haut des marches qui menaient à l'entrée de Gringottes. Elle se précipita à sa rencontre, ses cheveux bruns et touffus volant derrière elle comme une bannière.
-Salut, Harry ! Bonjour, Hagrid ! Ça fait tellement plaisir de vous revoir tous les deux... Tu vas chez Gringottes, Harry ?
Harry ne manqua pas de remarquer que son amie ignorait complètement la présence de sa sœur jumelle. Il retint un soupir. Au moins, les deux filles préféraient s'ignorer plutôt que se disputer comme c'était le cas avec Ron.
-Oui, dès que j'aurai retrouvé les Weasley.
-C'est comme si c'était fait, dit Hagrid avec un sourire.
En effet, Ron, Fred, George, Percy et Mr Weasley émergèrent de la foule et coururent vers eux.
-Harry, Rose ! s'exclama Mr Weasley, hors d'haleine. On espérait tous que vous n'aviez pas atterri trop loin. Il épongea son crâne chauve et luisant. Molly est dans tous ses états. Ah, la voilà !
-Où est-ce que vous vous êtes retrouvé ? demanda Ron.
-Dans l'Allée des Embrumes, répondit Harry d'un air sombre.
-Formidable ! S'exclamèrent Fred et George d'une même voix.
-Nous, on n'a jamais eu le droit d'y aller, dit Ron avec envie.
-J'espère bien, il ne manquerait plus que ça ! Grogna Hagrid.
Mrs Weasley apparut enfin, courant à toutes jambes, Ginny accrochée à son bras.
-Oh, Harry, mon petit chéri ! Tu aurais pu atterrir Dieu sait où !
Rose haussa un sourcil. A quel moment Harry était-il devenu « son petit chéri » ? Elle adressa un regard interrogateur à son frère qui haussa les épaules.
-Il faut que j'y aille, dit Hagrid. A bientôt à Poudlard !
Et il s'en alla à grands pas, dépassant de la tête et des épaules la foule qui se pressait le long de la rue.
-Devinez qui on a vu chez Barjow et Beurk, dit Harry à Ron et à Hermione tandis qu'ils montaient les marches de Gringottes. Malfoy et son père.
-Est-ce que Lucius Malfoy a acheté quelque chose ? demanda aussitôt Mr Weasley qui les suivait.
-Non, il était venu vendre.
-Donc, il est inquiet, dit Mr Weasley avec une satisfaction féroce. Ah, j'aimerais tellement coincer Lucius Malfoy un de ces jours...
-Fais attention, Arthur, avertit Mrs Weasley alors qu'ils entraient dans la banque, salués par le gobelin de garde. Cette famille ne peut t'attirer que des ennuis. Tu risques de t'attaquer à un trop gros morceau.
-Tu crois que je ne suis pas de taille à lutter contre Lucius Malfoy ? s'indigna Mr Weasley.
Mais son attention fut détournée par les parents d'Hermione, debout devant le long comptoir qui s'étirait tout au long du grand hall de marbre. Un peu nerveux, ils attendaient qu'Hermione fasse les présentations.
-Mais vous êtes des moldue ! s'exclama Mr Weasley avec ravissement. Il faut absolument que nous allions boire un verre ! Qu'est-ce que vous avez là ? Ah, vous changez de l'argent moldue ? Molly, regarde ça !
Tout excité, il montra à son épouse le billet de dix livres que Mr Granger avait à la main.
-On se retrouve tout à l'heure, dit Ron à Hermione.
-Venez, les enfants ! Dit Mrs Weasley à Harry et Rose.
-On ne peut pas, Mrs Weasley. Nous avons rendez-vous avec le gobelin qui se charge de nos finances, dit Rose.
-Mais vous êtes trop jeunes pour vous occuper de ce genre de choses, protesta-t-elle.
Ils étaient également trop jeunes pour être orphelin, pensa Rose amèrement.
-A moins que vous ne vouliez créer un incident diplomatique. Je pense préférable qu'on se retrouve dans une demi-heure à la sortie de la banque.
-Mais…
-Molly, laisse-les. Tu sais comment sont les gobelins. Nous nous reverrons dans une demi-heure.
Mr Weasley prit sa femme et ses enfants pour qu'ils aillent dans leur chambre forte, tandis que Rose trainait son frère jusqu'au bureau de Ragnok.
-Salutation, Ragnok, dit-elle une fois face au gobelin.
-Salutation, Ragnok, répéta Harry.
Il avait déjà eu l'occasion de rencontrer le gobelin en début de vacances. Il avait eu besoin de signer une pile énorme de papiers qui avaient dû attendre plus d'une décennie qu'un Potter male les signe. Ça lui avait permis de visiter pour la première fois la chambre forte de la famille Potter. Rose ne lui avait pas rendu justice, c'était un trésor de merveilles en plus d'or et si les Weasley ne les attendaient pas, il aurait aimé s'y rendre une nouvelle fois.
-Voici le bulletin du mois d'Aout, comme tous les mois, vous avez fait un gain considérable. J'ai besoin que vous signez ces quatre papiers.
Harry et Rose s'exécutèrent en silence. Le rendez-vous ne prit pas plus de dix minutes. Ragnok et Rose échangèrent quelques insultes comme à leur habitude. Après ça, les jumeaux Potter visitèrent chacun leurs coffres d'où ils retirèrent chacun une somme d'argent suffisante pour leur suffire toute l'année.
-Je pensais que tu avais déjà tous tes livres ? Lui demanda Harry curieux.
-C'est le cas. Mais j'ai besoin d'ingrédients de potions, de nouveaux vêtements et je comptais visiter Léna. Je ne l'ai pas vu depuis le désastre avec Vernon.
Harry fronça les sourcils et serra les poings, en se souvenant de ce que leur oncle avait fait à sa sœur. Il était reconnaissant envers les Weasley de ne pas avoir posé trop de questions sur l'état de Rose. Lorsqu'ils eurent enfin rejoint les Weasley, tout le monde se sépara de nouveau. Percy marmonna qu'il avait besoin d'une nouvelle plume. Fred et George avaient vu dans la foule leur ami Lee Jordan. Mrs Weasley et Ginny devaient aller dans un magasin qui vendait des robes d'occasion. Rosie partit sans dire au revoir en direction de la boutique de Léna. Quant à Mr Weasley, il insista pour emmener les Granger boire un verre au Chaudron Baveur.
-On se retrouve chez Fleury et Bott dans une heure pour acheter vos livres, dit Mrs Weasley en emmenant Ginny. Et vous, ne vous avisez pas de mettre les pieds dans l'Allée des Embrumes ! lança-t-elle aux jumeaux qui étaient partis de leur côté.
Harry se retourna vers ses amis.
-Ça vous dit une glace ? C'est moi qui paye.
Royaume-Uni, Angleterre, Londres, Le chemin de traverse, La boutique de Léna, 11 :45
Rose ouvrit à peine la porte de la boutique de Léna qu'une fusée noire se jeta dans ses bras. Calypso, la chatte de Léna, réclama à grands miaulements des caresses et frotta affectueusement sa tête toute douce contre le cou de la sorcière.
-Tu m'as manqué aussi, jolie Calypso. Léna n'a pas été trop dure ?
-Rose !
La sorcière grecque se jeta dans les bras de la petite sorcière, en écrasant au passage son familier sans aucune considération pour la chatte.
-Léna ! Tu m'écrases, gémit-elle. Tu écrases Calypso aussi. Tu vois, c'est pour ça qu'elle te déteste.
La sorcière adulte se recula quelque peu, ses mains toujours posées sur les épaules de Rose, elle ignorait royalement les coups de griffes que son familier tentait de lui lançait.
-Ne dis pas de bêtises. Satan et moi…euh, je veux dire, Calypso et moi avons trouvé un arrangement.
Elle se tourna vers son chat et lui dit le plus sérieusement du monde :
-Une douzaine de sardines, et en échange, tu me laisses te caresser.
La chatte cessa immédiatement d'essayer de la mordre et ronronna avant même que la main de sa maitresse ne la touche.
-Wow, je suis impressionnée.
-T'as vu ?
-Je suis impressionnée par Calypso. Toi, tu as atteint le fond. Tu te rends compte que tu offres des pots-de-vin à ton familier ?
Léna grimaça. Elle s'en rendait très bien compte, mais elle s'était un peu ennuyée sans les visites de sa petite curieuse.
-Tu m'as promis de me dire ce qui t'étais arrivé dans ta lettre. Qu'est-ce qui t'est arrivée, Rose ?
Cette dernière grimaça.
-Accompagnes moi, chez Whilemina Moon, j'ai une garde-robe à remplir. Je te raconterais tout en chemin.
Léna n'hésita pas à fermer son magasin et à accompagner son amie, ravie de pouvoir l'aider à faire son shopping. Elle ne doutait pas que Rose deviendrait une très belle femme dans un proche futur, mais pour l'instant, elle restait cette fille de douze ans, maigre et pâlotte, qui manquait encore de confiance en elle. Ne plus s'habiller dans les vêtements troués et trop grands de son énorme cousin ne pouvait que lui faire du bien. Sur le chemin de la boutique Whilemina Moon, la tante de Lily Moon, Rose lui raconta tout ce qui s'était passé ces deux dernières semaines dans sa vie. Elle lui raconta ce qui s'était passé lorsqu'elle était rentrée chez les Dursley, le jour de son anniversaire. Comment elle s'était réveillée chez les Weasley. Comment Harry préférait passer du temps avec Ron plutôt qu'avec elle. Comment Ginny l'évitait comme la peste parce qu'elle était une fourchelang. Elle lui parla également du fait que si elle n'avait pas été la sœur de Harry Potter, Mrs Weasley ne la laisserait pas approcher sa famille à moins d'un kilomètre. Elle lui raconta aussi sa mésaventure à l'allée des embrumes avec Harry.
Léna jura comme un charretier en entendant ce que les moldue avaient osé faire à son amie. Elle se promit de leur adresser quelques mots et si les mots ne suffisaient pas, et bien elle avait toujours sa baguette. Quelques maléfices cuisants bien placé devraient faire l'affaire.
-Si les Weasley te font sentir comme si tu n'es pas la bienvenue, tu peux toujours venir chez moi.
-Merci Léna. Pour l'instant, j'essaye de rester dans mon coin à lire et à ne pas causer de problèmes. L'an prochain par contre, il y a une chance que je squatte chez toi. Tu pourrais peut-être m'engager comme vendeuse ?
Léna renifla amusée.
-Ce serait une idée, si tu n'étais pas ma principale cliente.
Les deux sorcières entrèrent dans la boutique de vêtements qui était anormalement vide. D'après la vendeuse qui vint les saluer, c'était à cause de la présence de Gilderoy Lockhart à la librairie Fleury et Bott. D'après Léna, Lockhart était un escroc de la pire espèce et Rose était encline à croire ce qu'elle disait.
Lorsque Léna ne flirtait pas avec la vendeuse, elle était de bons conseils. Elle s'habillait toujours avec beaucoup d'élégance et n'hésita pas à empiler vêtements après vêtements dans les bras déjà chargés de Rose. Cette dernière se retrouva avec plusieurs pantalons, quelques hauts, une dizaine de robes de sorcières et quelques pyjamas. Léna y rajouta quelques sous-vêtements, une cape verte émeraude qui lui tiendrait chaud durant l'hiver, une paire de chaussures pour faire son jogging et deux paires de bottes.
-Ça te suffira pour cette année.
-Ca me suffira pour plusieurs années, tu veux dire.
-Non, l'an prochain tu auras sans doute grandit. Ta poitrine aura peut-être poussée et il te faudra de nouveaux vêtements. On le fera mieux que cette année, quand on est pressé par le temps, le shopping perd de son attrait.
-D'accord, dit Rose en hochant la tête.
Elle admettait volontiers ne rien savoir du shopping sauf quand ça concernait l'achat de livres.
-J'ai encore mes ingrédients à acheter, et je dois rejoindre les autres à la librairie, tu m'accompagnes ?
-Non. Malheureusement le travail m'appelle…et je ne suis pas sûr de pouvoir me retenir de jeter un sort aux groupies de Lockhart ou au crétin lui-même. Mieux vaut que je reste éloignée. Écris-moi et prends soin de toi.
Les deux sorcières se séparèrent après s'être dit au revoir et Rose prit le chemin de l'apothicaire ou elle ne lésina pas sur les ingrédients. Elle ne s'y attarda pas, ne supportant pas l'odeur nauséabonde de la boutique et prit rapidement le chemin de la librairie Fleury et Bott. Elle fut consterné de voir à quel point l'endroit était bondé à cause d'un seul auteur, qui d'après son amie, était un imposteur.
La foule était essentiellement composée de sorcières de l'âge de Mrs Weasley. Le sorcier-libraire visiblement épuisé qui se tenait à l'entrée essayait de modérer l'ardeur des admiratrices.
-Du calme, Mesdames s'il vous plaît... Ne poussez pas... Attention aux livres... Ah, Rose, te voilà. Ton frère et ses amis sont à l'intérieur.
Lorsqu'elle entra dans la boutique ce fut pour découvrir le spectacle de son frère, coincé, sous la prise du flamboyant Gilderoy Lockhart. Le sorcier était plutôt bel homme. Il était blond, avec des cheveux ondulés et des yeux bleus clair. Mais après avoir vu et côtoyé Tom Jedusor, Rose était complètement insensible au moindre charme qu'il pourrait avoir. De plus, sa robe de sorcier couleur lilas était absolument ridicule. Elle se demanda s'il était gay et si elle aurait à intervenir pour sauver la vertu de son frère.
-Oh, Harry…espèce d'idiot, grogna Rose.
Elle ne savait vraiment pas si elle ferait mieux de laisser son frère souffrir sous les feux des projecteurs ou si en tant que bonne sœur, elle ne devrait pas mieux aller defender son honneur.
-Ca tu peux le dire, ton frère s'est fait bêtement attrapé et n'a pas osé protester. Tu parles d'un Gryffondor…
Rose se retourna pour se trouver nez à nez avec Draco Malfoy. Il lui offrit un sourire en coin.
-Ca fait longtemps. Comment va ma sorcière préférée ?
-Il va falloir le demander à Pansy, je ne l'ai pas vu récemment.
Draco leva les yeux au ciel et l'entraîna un peu plus loin de la foule. Son frère se faisait toujours bombardé par le photographe.
-Tu penses que je devrais aller le sauver ?
-Nan ! Potter est un grand garçon. Et puis tu risques de te faire assassiner par les groupies.
-Bien vu.
-Tu n'as pas répondu à mes lettres. Si Daphné ne m'avait pas contacté pour m'expliquer que tu ne recevais rien, j'aurais été vexé. Plus sérieusement, tu vas bien ?
-Oui, j'ai juste hâte de retourner à Poudlard.
-Moi aussi. Devines qui sera le nouvel attrapeur de l'équipe de Quidditch ?
Rose leva les yeux au ciel. Les garçons et leur Quidditch. Tom n'aimait pas le sport, la seule chose qu'il appréciait c'était quand les batteurs réussissaient à faire tomber des joueurs de leurs balais. Et c'est à cet enfoiré qu'on a offert le poste de professeur.
-Génial, soupira-t-elle. Maintenant je vais devoir aller à tes matchs en plus de ceux de Harry. Quelle plaie…
-Tu verras ce que c'est un vrai attrapeur. Comparé à moi, ton frère n'est qu'un…
-Je te signale qu'il a battu les Serpentard l'an dernier.
-Il a failli s'étouffer avec le vif d'or, tu veux dire.
-Et il a gagné contre les Poufsouffle.
-Un coup de chance. Tu parles d'un match. Ça a duré cinq minutes.
Rose leva les yeux au ciel, mais n'eut pas le temps de répliquer que le bruit caractéristique d'une bagarre qui éclatait, l'en empêcha.
C'était Mr Malfoy aux prises avec Mr Weasley.
-Père ! S'exclama Draco.
Les jumeaux Weasley encourageaient leur père et Rose remarqua que son frère était présent et observait la scène avec des yeux ronds. Des dizaines d'épais grimoires leur tombaient sur la tête dans un grondement de tonnerre.
-Non, Arthur, non ! S'écria Mrs Weasley.
La foule recula en désordre, renversant d'autres étagères au passage.
-Messieurs, s'il vous plaît... s'il vous plaît ! s'exclama un vendeur.
-Allons, allons, Messieurs, ça suffit ! dit alors une voix plus puissante que les autres.
Hagrid s'avança vers eux, dans l'océan des livres étalés par terre. Un instant plus tard, il avait séparé Mr Weasley et Mr Malfoy. Mr Weasley avait la lèvre fendue et Mr Malfoy avait reçu dans l'œil une Encyclopédie des champignons vénéneux. Les yeux flamboyant de hargne, il jeta à Ginny ce qui ressemblait à un livre de métamorphose.
-Tiens, jeune fille, prends ton livre, dit-il à Ginny. Ton père est une disgrâce si la première chose qui lui vient à l'esprit c'est de recourir aux poings comme un vulgaire moldue.
Il repoussa Hagrid qui le maintenait à distance, fit signe à Draco de le suivre et s'empressa de sortir du magasin.
Rose offrit à son camarade Serpentard un signe de tête et soupira devant les regards venimeux que lui lançaient les enfants Weasley et Hermione.
-Vous n'auriez pas dû faire attention à lui, Arthur, dit Hagrid qui souleva presque Mr Weasley du sol en voulant lui défroisser sa robe. Toute cette famille est pourrie jusqu'à la moelle, chacun sait ça. Il ne faut jamais écouter ce que dit un Malfoy. Sale engeance ! Allez, venez, sortons d'ici.
Le vendeur fit mine de vouloir les empêcher de sortir, mais lorsqu'il s'aperçut qu'il arrivait à peine à la taille de Hagrid, il se ravisa. Ils se dépêchèrent de regagner la rue, les Granger tremblant de peur, Mrs Weasley folle de rage.
-Un bel exemple à donner aux enfants ! Se battre en public ! Je me demande ce qu'a dû penser Gilderoy Lockhart.
-Il était très content, dit Fred. Tu ne l'as pas entendu quand on est partis ? Il demandait au type de La Gazette du sorcier s'il pourrait parler de la bagarre dans son reportage. Il a dit que ça ferait une très bonne publicité.
Mais l'humeur n'était guère à l'allégresse sur le chemin du Chaudron Baveur d'où les Potter, les Weasley et tous leurs achats devaient rentrer au « Terrier » par la poudre de cheminette. Dans le pub, les Granger prirent congé et regagnèrent la rue, côté moldue. Mr Weasley avait commencé à leur demander comment fonctionnaient les arrêts de bus, mais en voyant le regard noir de son épouse, il estima préférable de ne pas insister.
Au final Rose n'acheta pas un seul des livres de Lockhart, ce qui n'était pas plus mal.
Harry enleva ses lunettes qu'il mit à l'abri dans sa poche et prit place aux côtés de sa sœur à qui, il laissa le soin de prendre la poudre de cheminette. Ce n'était vraiment pas son moyen de transport préféré.
1) Ramadan Mubarak aux musulmans...I feel your pain, je suis moi même en train de faire le ramadan et je souffre. 2) Rosemary n'aime définitivement pas les Weasley. Elle aime bien Arthur, tolère les jumeaux, appréciera sans doute Bill et Charlie dans le futur, mais contrairement à Harry ne veut plus jamais remettre les pieds chez eux. Ils sont après tout, clairement anti-Serpentard. 2) Les changements chez Draco sont plutôt subtils pour le moment...j'ai tellement hâte de vous montrer la façon dont j'ai écrit Draco dans quelques années, je l'adore *_* 3) Pas de Tom dans ce chapitre, mais il sera présent dans le suivant. 4) Je n'aime vraiment pas Ginny...je crois que ça se voit, non ? 5) Dites-moi ce que vous pensez du chapitre et n'hésitez pas a me donner des suggéstions parce que j'adore lire vos reviews et vos idées.
Gros bisous,
LS.
