The American's Diner.

Note : De rendez-vous en dîner improvisé, et un Duo Maxwell qui s'expérimente les affres de la vengeance...

A/N : Bon pour que ce soit clair, et parce que je ne souviens pas l'avoir déjà mentionné avant, cette fic est une UA (oui, vous l'aviez compris!) mais surtout je tiens à dire que les personnages sont tous, je dis bien TOUS, très OOC. J'espère qu'ainsi il n'y aura pas de confusion, et autres... Bisous à tous/toutes et bonne LECTURE.


Chapitre 10.

Rendez-Vous!

(part 2).

Il était quinze heures quand Quatre pénétra dans l'appartement de Duo et Wufei, et quelle ne fut pas sa surprise de tomber nez à nez avec un chinois à moitié habillé, perché sur le plan de travail de la cuisine et... en pleine séance de french kiss avec un apollon blond semblant particulièrement doué…

- Vous dérangez pas pour moi, je connais le chemin, salut ! S'exclama précipitamment Quatre avant de filer vers la chambre de Duo, mais dont le châtain semblait être absent. Duo ? Demanda le blond, quand soudain une main passa par la fenêtre à moitié ouverte, lui répondant à la place de son propriétaire. S'approchant du rebord, Quatre passa la tête par celle-ci et rencontra le regard assombri de son meilleur ami. La teinte foncée des prunelles du châtain fut le premier indice et le blond n'eut pas besoin de demander quoi que ce soit à l'américain pour savoir dans quel état d'esprit était ce dernier :

- Je parie que t'es tombé sur Mushu et son criquet en pleine action quelque part entre la cuisine et le salon ?

- Sur le plan de travail... Tu veux me dire pourquoi tu te retrouves sur l'escalier de secours ?

- J'avais juste besoin de prendre l'air et puis j'en avais un peu marre de les entendre faire des galipettes !

- Ce qui est étonnant venant de toi ! Se moqua le blond, se posant une marche plus bas que son frère de cœur.

- Oui, je sais... et c'est pas que je ne suis pas heureux pour Mushu, au contraire, c'est juste qu'aujourd'hui, c'est pas le genre de chose que je parviens à supporter plus de dix minutes d'affilée. Répondit Du, dans un soupir, le regard toujours perdu au loin sur l'horizon.

- Tu veux qu'on en parle ? J'ai l'impression que je t'ai un peu négligé ces derniers temps.

- Non, je n'ai pas spécialement envie d'aborder le sujet. Solo me manque plus que les autres jours, c'est tout. Ce que Duo omit de dire c'est qu'il se voyait très mal expliquer au blond que son ex-amant se trouvait en ce moment accoudé à la rambarde de sécurité et les écoutait attentivement, un sourire énigmatique aux lèvres. Quatre le prendrait vraiment pour un fou cette fois-ci, sur ce point il n'avait aucun doute.

- Comme tu veux, mais je suis là pour toi, tu le sais !

- Yes, I know Kitty and thank you to be such a wonderful friend to me !

- C'est normal, surtout quand on a un ami comme toi.

- Tant de flatterie... t'inquiète pas va, bien sûr que je vais te rendre sexy en diable pour l'inspecteur Beau regard !

- L'inspecteur Beau regard... mais où t'as encore pêché un surnom pareil ? S'esclaffa Quatre, sa main s'égarant sur la natte du châtain qui traînait paresseusement sur la cuisse de ce dernier.

- Oh, chéri, je n'ai pas besoin de chercher voyons, c'est inné ! Presque un don... Et puis Trowa c'est l'inspecteur Beau regard depuis longtemps.

- Ah, je vois ! Et Heero alors, tu l'appelles comment, lui ?

- Hm... je ne sais si je dois te le dire répondit l'américain l'air de rien. Mais bon c'est parce que c'est toi je peux faire une exception je crois. Heero c'est... L'inspecteur Cul d'enfer.

- Cul d'enfer ! Pourquoi ça ne m'étonne pas ? Arff si j'avais su plutôt, j'aurais pris le temps de vérifier si le surnom est adéquat.

- Oh il l'est crois-moi, j'ai eu le temps de mater pour toi... mais vérifier ? Heero était au diner aujourd'hui ? On est samedi pourtant…

- Pour quelqu'un qui ne voulait s'en tenir qu'à une simple relation de connaissances, t'en poses des questions sur notre beau métis.

- Ca n'a pas changé, c'est juste pour faire la conversation...

- Mais bien sûr, à d'autres. Si tu veux tout savoir, oui Heero était au diner tout à l'heure et on assez bien parlé lui et moi j'ai d'ailleurs appris plein de petites choses intéressantes, comme : tu savais qu'il est en réalité à moitié finnois ? J'aurais plutôt dit de sang russe ou allemand vu la couleur de ses yeux. Et puis lui et Trowa se connaissent depuis vingt-trois ans, si ça c'est pas vachement long, alors je ne sais plus compter.

- Finnois ! S'exclama Duo, étonné. Ah oui, c'est pas courant comme mélange en effet ! Eh... tu crois qu'on pourra aussi dire un jour que ça fait vingt-trois ans qu'on est ami toi et moi ?

- J'en suis sûr, oui. Ami et par moments un peu plus... Mais je nous y vois bien, c'est certain. Les inséparables, Wufei y compris évidemment, c'est d'ailleurs comme ça que nous surnomme Heero.

- Ah ouais... tiens donc, il sait aussi comment donner des surnoms Mister Perfect !

- Explique-moi une chose Duo, pourquoi tu mets autant d'ardeur à vouloir être distant, froid voire même carrément désagréable avec lui ? S'il ne te plaisait pas je pourrais comprendre, mais je sais que c'est tout le contraire.

- Justement, je ne devrais pas être attiré par lui comme je le suis Quat. D'abord parce que c'est l'inspecteur principal sur l'enquête de meurtre de mon ex-petit ami et ensuite parce que son monde et le mien sont tout à fait différents : il est flic et moi danseur, et les hommes de loi j'en ai connus, la casquette ils la portent même en civil. Et puis on n'a pas du tout la même vision des choses lui et moi, et aujourd'hui plus qu'hier je préfère mettre de la distance entre nous plutôt que devoir essuyer un échec de plus...

- Tu veux dire que tu as peur de souffrir, surtout après Solo ?

- Exactement... c'est peut-être lâche de ma part, mais je m'en fous.

- Mais tu dois vivre aussi Duo, tu ne pourras pas te blinder et te défiler pour le reste de tes jours, c'est pas possible et surtout, je te connais, ça va te rendre fou de ne pas pouvoir agir selon tes sentiments.

- Mes sentiments... mes sentiments, hein ?! Répéta l'américain dans une exclamation amère. Regarde où j'en suis aujourd'hui à cause d'eux Quatre, un handicapé à vie. Je suis incapable de faire confiance à nouveau et d'aimer une fois encore ! Pas après Solo, pas après tout ce qu'il s'est passé, c'est tout simplement au-dessus de mes forces... Toujours appuyé contre la rambarde de sécurité, Solo encaissa les paroles de Duo avec dureté. Il ne s'était pas rendu compte. Non, il n'avait du tout compris, pendant toutes ces années à observer Duo de loin, en silence, que c'était ce que ressentait au fond Duo, que c'était ce qu'il l'avait obligé à éprouver comme sentiments, que c'était ce qu'il l'avait poussé à prendre comme résolution. Pourtant, Dieu pouvait lui en être témoin, il avait de toutes autres intentions que celle-là en quittant Duo. Et qu'on ne s'y méprenne pas : ça lui en avait, oh oui, ça lui en avait coûté dedevoir quitter Duo, de l'abandonner, de le regarder droit dans les yeux et lui annoncer que tout était fini entre eux. Il n'était pas fait de pierre à cette époque là, et aujourd'hui encore il aurait aimé en être fait pour ne pas avoir à ressentir ce déchirement, cette atroce et suffocante douleur qui avait empli son être quand il avait vu... quand il avait compris que cette lueur, explosant soudain puis s'éteignant aussitôt, dans le regard de Duo c'était l'image du mal qu'il venait de lui faire, le spectre terrifiant de la fissure qu'il lui avait infligée et qui jamais, oui, jamais ne pourrait se refermer. C'était impossible, il avait été trop loin, lui avait caché trop de choses, ne lui avait pas fait assez confiance, aveuglé qu'il était par ce besoin irrépressible de protéger à tout prix ce qu'il avait de plus cher. A présent, à cet instant précis, il comprenait, il contemplait les dégâts et imprimait le fait que le silence n'était pas toujours la meilleure solution, que détruire quelqu'un ne l'aiderait pas... Il s'en voulait, c'était peu dire, mais c'était le cas, car il n'avait jamais voulu que Duo en arrive à ce point-là.

- Mais Duo... le coupa Quatre.

- Non, ça suffit. Tu sais ce que ça m'a fait de me faire larguer sans raisons valable par l'homme que j'aimais, puis de ne plus avoir signe de vie de sa part et ensuite d'apprendre qu'on l'avait en fait assassiné !? ça m'a détruit Quatre, ça m'a tout bonnement torpillé le cœur, le corps et l'esprit et j'ai peur de croiser mon reflet dans une glace car je sais très bien ce que je vais y voir : un automate, un putain de pantin portant un masque qui ressemble à mon visage, un regard qui a la couleur du mien mais dans lequel, si on prend le temps de se plonger, il ne reste qu'un grand vide, faussement déguisé par un semblant d'émotions que je ne ressens pas la plupart du temps. J'ai l'impression que sa mort m'a complètement effacé, et c'est comme si tout en moi, tout avait été annihilé. Alors, laisser Heero s'approcher, s'infiltrer insidieusement comme Solo Stevens l'a fait en son temps, c'est... c'est impensable et je ne peux pas laisser ça se passer.

- Même si tu dois faire souffrir Heero par la même occasion ?

- Il est assez intelligent pour savoir que c'est peine perdue, crois-moi.

- Moi, je crois que tu as tort Duo, Heero est différent. Je l'ai vu tout à l'heure, et je l'ai senti la première fois que j'ai croisé son regard. Tu n'as jamais pensé qu'il pourrait peut-être t'aider à guérir ?

- A guérir ? Comment guérir s'il n'y a plus rien à soigner, Quat ? Tout ce que je gagnerais en étant plus ouvert avec lui ce serait de tomber amoureux, comme un con. Tu sais comment je suis et tu sais autant que moi qu'il a tout ce qu'il faut pour ça.

- Je sais mais...

- Non, pas de « mais » s'il te plaît ! Laisse tomber, okay ? Je suis fatigué de tout ça, de ressasser sans cesse les mêmes pensées, de répéter inlassablement les même paroles ! J'ai besoin de souffler un moment, d'accord ? D'avoir la tête ailleurs. Sinon, je sens bien que je vais finir par exploser !

- Très bien, je laisse tomber... pour l'instant. Mais on en reparlera un jour ou l'autre, et je ne lâcherai pas tant que tu ne m'auras pas écouté jusqu'au bout et compris une bonne fois pour toute que toi plus qu'un autre devrais laisser sa chance au bonheur, car tu le mérites vraiment, et tu ne t'en rends même pas compte.

- Si tu le dis. Répondit le châtain en se levant brusquement. Epoussetant l'arrière de son jean, il ajouta : on ferait bien de rentrer si on veut te trouver la tenue parfaite pour ton rencard.

- Oui, okay, comme tu veux murmura Quatre, déçu une fois de plus de ne pas parvenir à accrocher l'attention du Duo d'antan, celui qui prenait en compte tout ce qu'il lui disait et acceptait ses conseils sans le repousser ni le contredire comme le Duo actuel. Il se dit en suivant le jeune homme dans sa chambre qu'il devrait réellement en parler avec Wufei et trouver un moyen de lui faire entendre raison. Et surtout, surtout lui faire comprendre que Solo était bel et bien mort, qu'il ne reviendrait pas et qu'il était temps pour le châtain d'arrêter de culpabiliser pour un meurtre dans lequel il n'avait rien à avoir.

Ayant suivi l'échange sans bouger, Solo, s'installa sur le rebord de la fenêtre, observant son amour et Quatre, qu'il avait considéré comme un petit frère de son vivant, évoluer dans la penderie du châtain. Une fois de plus, le jeune homme fut convaincu qu'il devait tout dire à Duo concernant sa mort, leur rupture brutale, et tout ce qui tournait autour de sa fin tragique. Duo devait, avait besoin de savoir pour pouvoir avancer et lui, il avait besoin de lui en parler pour être enfin vengé. Il n'avait pas pu intervenir, Quatre se trouvant là, mais il avait entendu tout ce que Duo venait de dire, toute l'amertume qui avait émané du châtain. C'était de sa faute, c'est lui qui avait rendu Duo ainsi, il avait cru faire ça pour le bien du jeune homme et maintenant il devait réviser son jugement passé. Pourrait-il seulement faire comprendre à Duo pourquoi il avait dû agir de la sorte et, question plus importante encore : avait-il réussi à détruire ce que Duo avait mis tant de temps à construire ?

- Bon, voyons voir ce que tu vas porter ce soir... fit Duo le nez plongé dans son dressing, Quatre à l'entrée du placard. Ce dernier était tellement rempli qu'il n'y avait de la place que pour un seul homme en son sein.

- Dis donc, t'as des trucs que j'avais encore jamais vus par ici, t'as fait du shopping SANS moi ! S'exclama soudain Quatre, menaçant et l'air outré, le regard rivé -sur quelques nouvelles chemises en jean pendues à l'entrée du placard. Duo... ponctua le blond, l'air blessé désormais. L'espèce de tremblement dans sa voix fit se retourner le natté, perdu entre trois paires de pantalons. Se mordillant la lèvre, le châtain avoua :

- Sorry Kitty... mais c'est pas contre toi, c'était du shopping compulsif plus qu'autre chose. J'avais les nerfs hier et je suis tombé sur quelques petits cons de la fac, j'ai failli entrer dans leur jeu quand ils m'ont reconnu et ont commencé à m'insulter...

- Attends, c'est arrivé quand ça ?

- Un peu après que je sois parti du diner hier. Bref, j'étais sur le point de les rouer de coups quand un pot de fleur est arrivé de je ne sais où et est tombé sur la tête d'un de ces imbéciles. J'étais tellement sur les nerfs que je n'ai pas pu m'empêcher d'entrer chez Forever 21 en retournant à l'appartement. J'avais besoin de me défouler et tu me connais : dépenser ça me fait toujours du bien... Termina le châtain en évitant de rencontrer le regard perçant de son meilleur ami. Quatre soupira puis s'approcha de Duo, se posta devant lui malgré la promiscuité qu'offrait le placard, et prit les mains de son ami dans les siennes – elles étaient glacées remarqua-t-il. Il lui demanda d'une voix qu'il n'employait jamais que pour lui :

- Pourquoi tu ne m'as pas appelé ? Ou Wufei ?

- Je...j'en sais rien... je... j'avais besoin d'être seul et je ne voulais pas encore vous impliquer dans une de mes conneries. Ces derniers temps j'ai l'impression de ne faire que ça, vous entraîner avec moi dans ma chute et... je déteste ça Kitty, je déteste tout ce que je ressens et tout ce par quoi je vous fais passer.

- Mais enfin Duo, on est tes amis ! Tu ne comprends pas que c'est à ça que servent les amis, à t'épauler dans les pires moments et dans les situations comme celle dans laquelle tu t'es retrouvé hier ? Tu crois franchement que ça nous aurait fait plaisir ou laissés de marbre que tu te sois battu ou retrouvé à l'hôpital à cause de ces connards ? Peu importe qu'il fasse jour ou nuit, la prochaine fois appelle-moi Duo Maxwell, c'est si tu ne le fais pas que je t'en voudrai réellement.

- J'en ai marre d'être un fardeau Quatre, c'est tout…

- ARRETE ça tout de suite ! C'est des conneries tout ça, comment tu peux parler ainsi ? T'as pas encore compris que, autant Wufei que moi, nous serions prêt à tout pour toi ? Parce que, que tu le veuilles ou non Duo Maxwell, c'est avec cette intensité-là que battent notre amour et notre amitié pour toi. Alors je t'interdis de me répéter que tu es un fardeau pour moi, tu m'entends ? Je ne veux plus jamais entendre ces mots sortir de ta bouche.

- Quatre... murmura Duo, ébranlé par les paroles du blond. Et c'est justement parce qu'il s'agissait de Quatre qu'il était incapable de lui cacher tout ce qu'il avait sur le cœur, même s'il désirait ardemment taire ces sentiments contradictoires, les annihiler, passer sous silence ce qu'il ressentait au fond de lui. Mais face à Quatre, à son regard trop bleu et clairvoyant, il avait toujours l'impression d'être un livre ouvert. Le blond savait toujours comment il se sentait à l'intérieur sans avoir besoin de lui poser la question, et c'était effrayant de se dire qu'il ne faudrait pas longtemps au jeune homme pour découvrir ce qui le rongeait profondément. C'était juste une question de temps avant que Quatre ne comprenne la rage, la douleur suffocante et la pourriture qui avaient commencé à se propager dans son corps perclus.

- Regarde-moi dans les yeux Duo... regarde-moi bien ! Le blond attendit un instant que le châtain finisse par tourner le regard dans sa direction et croise ses orbes céruléens. Ce que tu ressens au plus profond de ton cœur, je ne peux pas en évaluer l'intensité, ni même différencier clairement ces sentiments. Ce que je ressens c'est que mon petit frère souffre le martyr, et hurle comme un damné sans qu'un seul son passe le seuil de ses lèvres, mais je voudrais que tu imprimes que je suis là et que c'est okay de te laisser aller et de venir me trouver quand tu ne peux plus le supporter. Alors je t'en prie, la prochaine fois qu'une situation aussi dangereuse se reproduit, appelle-moi tout de suite. Quand tu sentiras que c'est devenu beaucoup trop pénible pour toi de garder ta douleur sous silence, viens me trouver, sinon... sinon je pourrais devenir fou si je devais te perdre, tu comprends ?! Alors promets-moi... promets-moi que tu feras appel à moi à l'avenir.

- Je... d'accord. Je le promets... je te jure que si je sens que je suis prêt à sombrer dans la folie j'appellerai au secours.

- Bien... parfait ! Merci ! Souffla Quatre en collant son front contre celui du châtain. Ce dernier passa ses bras autour de la taille fine du blond pour le serrer plus encore contre lui, profitant de la chaleur irradiant du corps de Quatre, réchauffant son être glacé.

- Non, merci à toi Kitty. Répondit Duo du bout des lèvres, faisant sourire son meilleur ami qui ne put s'empêcher de déposer un baiser sonore dans le cou offert du châtain, qui frissonna violemment. Mais euh, fais pas des choses pareilles alors que t'es presque un homme marié ! S'exclama Duo pour la galerie. Il se retourna vivement vers sa penderie, faisant ricaner Quatre dans son dos.

- Comme si j'allais me priver de te torturer en attendant que ça arrive... S'exclama le blond. Duo ne put voir la lueur diabolique brillant soudain dans le regard de son meilleur ami, ce qui l'empêcha d'éviter les doigts habiles qui se baladèrent sur ses flancs l'instant suivant et le chatouillèrent sans merci malgré ses suppliques pour une trêve des hostilités.

- Ah noooon, pas les chatouilles... arrête ça Kitty ! Arf, c'est pas juste, pourquoi t'en profites juste quand j'suis coincé entre une dizaine de t-shirts et trente-cinq pantalons ? Ah NON... pas les hanches c'est le pire…

- Ca t'apprendra à me respecter un peu plus, espèce de sale gosse indigne de ses aînés !

- Mais... hey ! J'ai promis que j'allais me plier à ta volonté désormais... je t'en prie... pas là... naaaaannnn Kitty... Oh My GOODDDD ! C'est de la torture, Mushu viens à mon aide et ramène aussi le criquet ! S'écria soudain le châtain, à court d'idée pour se libérer des doigts perfides du diable blond pressé contre son dos et qui l'empêchait de sortir du placard. CHANG WUFEI, HELP ME ! Cria Duo à bout de souffle. Un quart de seconde plus tard, la porte de la chambre alla s'écraser avec fracas contre le mur. Un Wufei aux joues rouges, toujours aussi torse nu et les cheveux défaits pendant autour de son beau visage, accourut suite aux cris de l'américain.

- Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? S'exclama le chinois, le cœur battant à tout rompre. Un gros BOUM lui répondit :

- Mushu, je t'en prie viens à mon aide, y'a un chat aux griffes tentaculaires qui me torture... Mets fin à ma souffrance, pitié !

- Euh... fit le chinois en s'approchant du placard, où Quatre avait l'air de s'amuser comme jamais : Duo, face contre terre, était totalement à sa merci. Un joli rire masculin résonna alors dans le dos du chinois. Zechs l'avait suivi, aussi inquiet que Wufei quand il avait entendu l'appel à l'aide de Duo.

- Arff... mais pourquoi tu ris toi ? S'exclama Duo entre deux fous rires involontaires. Y'en a vraiment pas un de vous deux qui va m'aider ? Allez, en plus je vais faire pipi tellement je ris... ponctua Duo, désespéré de ne voir ni Wufei niZechs bouger. Soudain le blond, prenant (sans doute) pitié de lui, attrapa Quatre sous les aisselles et l'instant d'après le souleva avec aise dans les airs, libérant dans la foulée un Duo affalé par terre en signe de reddition totale. Ooooh liberté ! Murmura le châtain avant de quitter la chambre en quatrième vitesse direction la salle de bain.

- Quand Duo réapparut, ce fut pour rencontrer un Quatre aux yeux de prédateur, bougeant sans équivoque les doigts dans sa direction, et un Wufei bien installé sur son lit pendant que Zechs jetait un coup d'œil intéressé dans sa penderie :

- Dis-moi Duo, tu as vraiment bon goût côté vêtements. ça ne t'est jamais venu à l'esprit de te lancer dans le stylisme ? Demanda-t-il.

- Hmm... non pas vraiment, moi ce que j'aime surtout dans la mode c'est essayer et dépenser, créer n'est pas mon intérêt premier. Par contre jouer les stylistes sur Quatre ou Wufei, ça, c'est vraiment mon passe temps préféré ! Répondit le châtain tout en s'engouffrant de nouveau dans la penderie, tandis que Zechs se posait avec respect sur le lit de l'américain. Okay Kitty, essaye ça, et ça et puis encore ça. Les garçons je veux votre avis sur chaque tenue, ce soir le premier coup d'œil doit être l'instant qui tue : je veux voir Trowa Barton à genoux devant mon petit chaton blond !

- Ca va pas être dur, si tu veux mon avis... Trowa est déjà littéralement aux pieds de Quatre, alors... s'exclama Wufei, fidèle à lui-même, ce qui lui valut un regard limite meurtrier de Duo et un sourire aux anges d'un Quatre en train d'enfiler la première chemise que Duo lui avait tendue.

C'est pas une raison pour ne faire aucun effort et y aller une paire de tongs aux pieds en croyant que tout va lui tomber tout cuit dans la main, Mushu. Apparemment être en couple n'améliore pas ton sens de la présentation, c'est affligeant ! Fit l'américain avant de reporter le regard sur Quatre et de s'exclamer de façon dramatique : Oh mon Dieu, tout sauf ça, enlève cette chemise tout de suite on dirait que tu vas à confesse. Oublie la noire et la blanche aussi, beaucoup trop banales. On va voir avec du jean, ça fait décontracté et sexy en même temps, et puis c'est très tendance en ce moment...

- Voilà pourquoi il n'a pas besoin d'être styliste, il est tout de suite dans son rôle. Murmura Wufei à l'attention de son amant, amusé d'observer le duo comique face à lui. Quatre aimait visiblement jouer au mannequin vu les regards et les pauses qu'il envoyait au grand miroir en pied à l'opposé de la penderie.

- Oui, oui c'est parfait ça Kitty, fais-moi ton regard de chaton mouillé un instant... demanda Duo, se postant dans le dos du blond face à la glace. Ce dernier lui renvoya l'expression demandée, faisant fondre littéralement le châtain. Mutin et sexy maintenant ? Là encore Duo sembla comblé par son choix de chemise. Je savais qu'une chemise contrastante serait du plus bel effet sur toi, maintenant y'a le dilemme du pantalon.

- Un dark denim serait parfait pour contrebalancer la couleur pâle de la chemise, tu ne penses pas ? Déclara Zechs, se prenant au jeu à son tour.

- Zechs n'a pas tort Duo, et comme les manches de la chemise sont blanches, un blazer de la même couleur par-dessus fera habillé et ainsi tu pares à toute éventualité, vu qu'on ne sait pas où Trowa l'emmène dîner. Expliqua Wufei à son tour, voulant aussi y mettre son grain de sel et parce qu'il savait que Quatre avait une classe toute naturelle, faite pour ce genre de vestes.

- Parfait Kitty, te voilà looké pour ce soir, mais attention, je veux tous les détails demain à la première heure.

- T'inquiète pas mon Duo, t'es bien sûr le premier que je viendrai trouver pour en parler.

- Génial, y'aura des croissants au déjeuner...

- Et du thé à la rose ?

- Et du sucre de canne, tout ce qu'il faut pour une matinée confidences.

- Duo... je t'aime, je te l'ai déjà dit ?

- Euh, non pas encore aujourd'hui je crois...

- Rooohh faut que je remédie à cet oubli impardonnable de ma part tout de suite ! Roucoula Quatre en se collant étroitement contre Duo, le châtain arborant un air faussement désintéressé. Wufei croisa le regard de Zechs et s'exclama :

- Et c'est ce moment-là qu'on choisit pour nous éclipser en douce, j'ai peur qu'ils finissent par me filer des crampes à force de sentiments dégoulinants.

- J'ai entendu Mushu... et si je me souviens des gémissements et des cris que t'as poussés cette nuit et une bonne partie de la matinée, y'en avait plus qu'il n'en faut à tout un régiment, des sentiments dégoulinants !

- Mais... mais... balbutia Wufei, aussi rouge que la housse de couette du lit.

- Oui, tu devrais avoir honte de ton comportement Chang Wufei, à cause de toi Duo n'a pas fermé l'œil de la nuit et je me suis fais aboyer dessus quand je lui ai téléphoné ce matin.

- Quoi ? Mais pourquoi c'est ma faute ? Zechs, défends-moi, on était deux dans cette chambre cette nuit !

- Euh... désolé de t'avoir gardé éveillé et dérangé Duo, on fera gaffe de ne plus faire autant de bruit la prochaine fois…

- Hm hm... ça j'en suis sûr ! S'exclama Duo, haussant des sourcils, un grand sourire entendu redessinant la courbe boudeuse de ses lèvres.

- Attends, pourquoi tu fais ta tête de morveux, Maxwell ? Et cette lueur de jubilation dans ton regard... j'aime pas ça, mais alors là pas du tout, qu'est-ce que t'as encore fait ?

- Qui ? Moi ? Mais rien du tout Wufei, mon dragon d'amour...

- Je vais te croire, surtout quand tu me réponds de cette façon là !

- Mais de quelle façon, dis-moi ?

- En bon fouteur de gueule que tu peux être, quand t'es tombé sur... la respiration du chinois se bloqua un instant dans sa gorge, quand la réalisation emplit son cerveau : Non... non t'as pas osé ? Dis-moi que t'as pas fait... ça !

- Euh, je ne vois pas du tout de quoi tu parles. Bon Kitty, tu viens on va se doucher. Je profite que t'es là, j'ai un besoin ardent de me laver les cheveux avant de devenir fou. A plus tard les amoureux !

- Duo Maxwell, reviens ici tout de suite ou je te jure que tu vas mourir dans d'atroces souffrances ! S'écria soudain Wufei, se levant d'un bond et partant à la suite de Duo et Quatre… pour se recevoir une porte en pleine figure quand ses deux amis s'engouffrèrent dans la salle de bain. Fou de rage, Wufei se pressa contre le panneau de bois, l'oreille bien à plat, tentant d'entendre ce qu'il se passait dans la salle d'eau.

- Hé hé, regarde ce que j'ai là Kitty, c'est du grand art, une performance exceptionnelle !

- Oh mais... Duo, tu l'as réellement fait alors... Ooooohh Allah, Wufei est vraiment très souple... Oh et ça, dis donc on n'a jamais testé cette position toi et moi…

- Ah, tu m'arraches le cœur, maintenant on n'aura plus l'occasion de le faire vu que t'es presqu'un homme marié…

- Oui, je sais, c'est trop triste ! Tu veux mon dernier baiser de célibataire pour te consoler ?

- Roooohh... j'ai cru que t'allais jamais me le proposer !

- Oh Duo... viens là, que je goûte à cette bouche si désirable. Répondit Quatre en attrapant les hanches du châtain, leurs corps retrouvant une position qu'ils n'avaient plus adoptée depuis longtemps, mais qui leur revint tout naturellement. L'instant suivant le blond s'emparait de la bouche offerte de son meilleur ami, souriant tel un imbécile heureux. Leur moment d'intimité fut un instant ponctué par l'exclamation sonore d'un Wufei Chang presque honteux d'avoirs de tels amis :

- Tu n'as vraiment aucune morale Duo Maxwell et Winner t'es pas mieux !

- Ca ne va pas Enkeli ? Demanda la voix douce de Zechs dans son dos. Le chinois soupira d'aise en sentant les bras réconfortants de son amant autour de sa taille.

- Laisse tomber, c'est sans espoir de toute façon. Duo est une cause perdue.

- Eh, je t'entends toujours Mushu...

- La ferme et va te laver ! Et ne prenez-pas des heures, Quatre t'as rendez-vous ce soir et Duo je te veux frais et pomponné : on a un invité à dîner. Conclut Wufei sans appel, avant d'entraîner son amant dans sa chambre. Un petit sourire coquin aux lèvres, le brun lui proposa : Je connais un moyen de passer le temps très agréable, tu veux que je te montre ?

- Avec plaisir, mon dragon…


Dans la salle de bain, Duo demanda, étonné :

- Pourquoi je dois me faire beau ce soir ? C'est pas comme si j'avais pas vu Zechs en tenue d'Adam de toute façon.

- J'en sais pas plus que toi, mon Duo.

- Bon, c'est pas important, je te laisse la douche d'abord, je vais aller chercher de quoi me changer.

- Très bien, à tout de suite, je t'aiderai avec tes cheveux ensuite.

- Merci Quatre, t'es un amour.

- C'est le moins que je puisse faire, je m'en veux encore terriblement d'avoir failli te tuer, je ne sais pas ce que j'aurais fait si tu avais dû en plus te faire opérer.

- Arf, allez, ce qui est fait est fait et puis quelque part, ces fractures m'ont prouvé que je suis encore vivant, sans ça j'avais l'horrible impression d'être insensible à la douleur physique, tellement ma douleur psychique me bouffe de l'intérieur.

- Tu veux qu'on en parle ?

- Non... non pas vraiment et pas maintenant : il faut que tu te prépares, et moi aussi apparemment. C'est le plus important pour l'instant, ton bonheur est en jeu là, Kitty !

- Tout comme ta santé mentale Duo.

- Assez parlé de ça okay ? Douche-toi, que je puisse ensuite faire de même avant que Wufei ne défonce la porte pour avoir son tour sous la douche avec Zechs.

- Très bien, mais Duo...

- Hmm ?

- Je suis là pour toi, ne l'oublie pas, d'accord ?

- D'accord. Je reviens.

Entrebâillant la porte, le châtain jeta un rapide coup d'œil dans le couloir afin de vérifier que la voie était libre de tout dragonceau crachant du feu. N'y trouvant aucune trace du lézard en question, Duo se précipita dans sa chambre récupérer quelques affaires, avant de rejoindre un Quatre prêt à sauter sous le jet d'eau. Dévisageant le petit blond des pieds à la tête, l'américain ne put s'empêcher de soupirer de dépit :

- Dire que dorénavant je n'aurai même plus le droit de contempler pareille beauté. C'est trop triste !

- Arrête de repousser Heero Yuy et tu pourras baver à loisir devant sa plastique de top model.

- C'est bas ça Winner, très bas, même venant de ta part... surtout venant de toi, à vrai dire !

- Hmm, oui mais que veux-tu, c'est un des privilèges que m'offre mon statut de meilleur ami, j'ai le droit de te balancer ce genre choses à la tête sans craindre les représailles.

- Ouais, je crois que je vais vraiment revoir ces privilèges sérieusement et va y avoir du changement, crois-moi.

- Ah Duo... paroles, paroles... tu connais la chanson. Finit Quatre amusé, en pénétrant dans la cabine de douche.

De son côté, Duo en profita pour se débarrasser de ses vêtements, ne gardant que son boxer noir, et commença à défaire ses cheveux de sa main valide. Puis il y passa sa brosse, démêlant lentement les quelques nœuds qu'il rencontra sur chemin. Se contemplant dans le miroir mural, il ne put ignorer le creux de ses joues et la couleur terne qu'avait pris sa longue chevelure, mais pas seulement : il y avait aussi les cernes sous ses yeux et le teint un peu plus pâle de sa peau… et depuis quelques jours maintenant l'apparition évidente de ses côtes. Certes il était toujours aussi musclé au niveau abdominal mais ses côtes de plus en plus apparentes lui donnaient une impression de maladie. Il savait d'où venait sa perte de poids : il ne mangeait plus comme avant, sautait parfois plusieurs repas par jour, sauf quand Wufei était dans les parages pour le forcer à ingurgiter un peu de nourriture. Mais l'appétit n'était plus là, il avait la sensation, la plupart du temps, qu'il ingérait du plâtre et ça le rendait encore plus malade que de devoir penser au fait de manger. Il se disait qu'avec le temps ça finirait sans doute par passer, comme ses sentiments, qu'il finirait par retrouver l'appétit, il l'espérait réellement en tout cas. Lui qui avait toujours eut cette envie de vivre si vive et gourmande, aujourd'hui il ne se reconnaissait plus : il était conscient que Solo n'avait jamais demandé à mourir, mais ce que le blond n'avait pas compris c'est qu'une déchirure aussi brutale serait l'échafaud de son envie d'être vivant, et ça, lui-même n'avait fini par le comprendre que récemment, un peu après l'interrogatoire de ce con de Michaels. A devoir affronter le regard froid de l'inspecteur Yuy, c'était là que ça l'avait frappé. A ce moment là il s'était juste dit : « A quoi bon ? Je n'ai même plus envie de me battre ».

A présent, s'il bataillait un minimum, c'était pour le petit blond se dandinant sous la douche à sa droite, et pour le dragonceau qui faisait des choses amorales avec son amant dans la chambre à l'extrême gauche du couloir. C'était pour eux qu'il résistait, pour eux et son grand-père qu'il voulait encore y croire. Pour ça uniquement. Et ce besoin de résister pour eux, il parvenait à l'alimenter au feu de sa rage, de cette colère innommable qu'il sentait grandir un plus chaque jour et éclater dans son ventre, comme un volcan décide soudain de se réveiller et de tout détruire sur son passage, au biais de sa lave brûlante. Sa rage, son envie de vengeance, son besoin d'avoir des réponses étaient le fluide incandescent que son corps produisait et qui à lui seul parvenait à le guider et le nourrir suffisamment pour qu'il reste debout.

- Duo ? T'es où ? Demanda brusquement la voix de Quatre, le sortant de ses pensées agitées. Le petit blond s'approcha de lui, une serviette autour de la taille. Posant une main sur son épaule, il le fit se tourner de façon à lui faire face, et sa réaction ne se fit pas attendre en découvrant son état : DUO ! Un instant plus tard il se retrouvait serré dans des bras forts, chauds, le nez plongé dans le cou de son ami qui murmurait dans sa chevelure, ses bras se resserrant compulsivement autour du corps amaigri de son petit frère : Mais qu'est-ce que t'es en train de faire ? Tu as... c'est insupportable de voir ça, ton corps ! Duo, je t'en prie, il faut t'accrocher d'accord ? Ce sera bientôt fini, je te promets qu'on va tout faire pour accélérer les choses et te sortir de ce calvaire. Mais de ton côté... tu n'es plus que l'ombre de toi-même et je n'avais pas imaginé que c'était à ce point.

- Je suis désolé Kitty, mais même manger je n'en ai plus l'envie ni la force. ça me rend malade rien que d'y penser. Pourtant j'essaye de faire des efforts, mais c'est si dur de ne pas sombrer, c'est si dur de rester fort quand tu sais que tu ne l'es pas du tout.

- Oh mon cœur...

- Ne dis rien à Wufei, s'il te plaît. Promets-moi que ça restera juste entre toi et moi, j'irai même voir un psy si tu veux, mais je ne veux pas que Wufei le sache ! Je... j'ai trop peur de lire la peine dans son regard encore une fois, je me sens déjà tellement coupable face à vous que je ne supporterai pas d'en rajouter.

- Oh Duo, tu n'as à te sentir coupable de rien...

- Si, de vous faire autant de mal. Vous faîtes tellement pour moi depuis des d'années et en retour je n'ai rien à vous donner. Alors je...

- Mais on ne demande rien en retour, on ne veut rien, seulement que tu te portes bien, que tu sois en bonne santé. Pouvoir se réchauffer au soleil de ton sourire, ça nous suffit amplement, est-ce que tu ne l'as toujours pas compris ?

- Comment je pourrais vous donner juste ça quand j'ai l'impression de ne plus savoir comment sourire ?

- Ca viendra... il faudra du temps et beaucoup de soins pour panser tes blessures, mais on y arrivera. On y parviendra je t'assure. Aies foi en nous Duo, c'est tout que je veux, que tu ne perdes pas espoir.

- Quatre...

- Maintenant, donne-moi ton bras, que je t'enfile de quoi ne pas mouiller le plâtre, ensuite sous la douche ! Aurais-tu oublié qu'on a une chevelure de roi à chouchouter, et puis tu n'avais pas demandé que je te frotte le dos ?

- Si...

- Alors qu'est-ce que tu attends ?! L'heure tourne et il y a encore tellement à faire avant de se faire virer de la salle d'eau par un dragon enragé !

- Un dragonceau tu veux dire plutôt, il est tellement minuscule le Mushu.

- Tu es méchant avec ce pauvre Wufei, mon Duo...

- Je sais... mais ça lui fait les pieds pour m'avoir empêché de dormir comme je l'entendais.

- Ah toi alors... mais je suis quand même surpris par tant de souplesse de la part de Wufei, lui qui a toujours l'air si rigide ! Il a fait ce genre de choses quand toi et lui... enfin tu sais ?

- Non, pas du tout. C'était pas du tout la même chose, c'était tellement plus cérébral et désespéré quand on l'a fait, que le missionnaire nous a amplement suffit. Et puis c'était moi en dessous à l'époque... donc non, ce n'était pas du tout la même chose, mais je suis heureux de le voir planer dans le bonheur ainsi avec Zechs, même si j'ai quand même encore un peu peur que le criquet scandinave ne fasse souffrir mon Mushu. Avoua le châtain, pénétrant dans la douche.

- Je crois qu'on n'a pas de souci à se faire, je connais les hommes tels que Zechs Merquise : je les ai côtoyés toute ma vie et je peux te dire que lorsque l'un d'eux a le même regard que Zechs quand il voit Wufei, c'est du sérieux. Ils savent instinctivement reconnaître un diamant brut et ont l'intelligence assez aiguisée pour le préserver comme il se doit.

- Hmm... tu parles si bien Kitty, on voit tout de suite quelle éducation tu as eue. Voilà, j'ai fini. Tu peux me faire mon dos et ensuite on lave mes cheveux ?

- Oui, retourne-toi. Répondit Quatre en faisant coulisser la porte de la douche et y pénétrant pour frotter le dos du châtain. Ce dernier se rinça puis lui présenta son imposante chevelure. Deux shampoings et un après-shampoing plus tard, l'américain coupait l'arrivée d'eau et sortait de la cabine, Quatre l'attendant avec une énorme serviette moelleuse et chaude qu'il enroula autour du corps tremblant de son cadet. Et voilà : tout sec ! Les masques pour tes cheveux sont toujours à la même place ?

- Sous le lavabo, étagère du haut, le pot blanc, ils ont vraiment besoin d'être nourris, prends aussi la charlotte à côté, s'il te plaît.

- Trouvés ! Assieds-toi sur le tabouret, que je m'occupe de tout ça. Avec des gestes doux et précis, le blond démêla, peigna et enduisit les cheveux de leur soin, enfila sa charlotte à Duo et enfin tous deux purent rejoindre la chambre du natté pour s'habiller, pile poil à temps pour ne pas se faire jeter par Wufei dont les pas raisonnèrent soudain dans le couloir. Le chinois ne put s'empêcher de s'arrêter devant la porte à-moitié ouverte et de s'exclamer, la tête passée par l'entrebâillement :

- C'est pas trop tôt, de vraies filles !

- On verra quand toi et Zechs aurez fini, t'as vu la longueur de ses cheveux ? Rétorqua Duo, pince sans rire.

- Ils sont moins longs et galère que les tiens.

- Tu dis ça mais tu m'as murmuré d'autre choses y'a pas si longtemps dans une certaine situation...

- C'est bon, tais-toi. Le coupa brusquement Wufei, adoptant une jolie couleur carmine. Le rire de Zechs ponctua son exclamation. Passant à son tour la tête par la porte, le blond leur fit un clin d'œil avant de tirer un chinois fulminant à sa suite.

- Hey criquet... si tu veux entretenir la brillance et la douceur de tes cheveux, regarde sous le lavabo, c'est pas avec ce qu'utilise Mushu que tu garderas une telle chevelure !

- Merci Duo ! Allez viens mon dragon, la douche nous attend.

- Je trouve ça trop mignon à chaque fois que je l'entends l'appeler mon dragon, et Wufei ne bronche jamais.

- T'as vu... il fait genre le fier avec nous et tout, mais en fait il aime qu'on le prenne par les sentiments le dragonceau. Bon, avec tout ça je ne sais pas quoi me mettre, si seulement je savais qui est notre invité surprise, ça m'aiderait un peu plus.

- De toute façon peu importe ce que tu mettras, tu seras beau, comme toujours. Mais je dirais une jolie chemise noire et un jean de la même couleur, peut-être ?

- Hmm... j'ai plutôt envie d'être à l'aise, mon jodhpur marine et le pull blanc en cachemire que tu m'as offert, ça sera bon.

- Ah enfin tu vas le porter...

- Mais je le porte, juste à la maison car j'ai trop peur de l'abîmer.

- Oh mais Duo, des pulls en cachemire je t'en offrirai d'autres si tu veux.

- J'oublie toujours qu'avec tes sœurs, t'as souvent des réductions.

- Je les aime encore plus pour cette raison.

- Profiteur !

- Comme si j'allais me gêner, d'ailleurs on va en profiter à notre prochaine virée shopping, tiens.

- Alors je dis oui, direct.

- C'est qui maintenant le profiteur ?

- Qui, moi ? Mais non Kitty, c'est juste parce que j'adore faire les boutiques avec toi...

- C'est cela oui, bon, voyons voir le résultat ! Parfait, on n'a plus qu'à s'occuper de tes cheveux. Je trouve qu'on est vraiment très beaux pour ce soir. Je stresse un peu plus à chaque fois que l'heure tourne, est-ce que tu crois que je vais être à la hauteur ? Je détesterais faire une gaffe qui ruinerait mes chances avec Trowa, juste par maladresse…

- Si ta maladresse devait faire fuir Trowa, je dirais que ce mec est un grand malade ! Kitty, arrête de dire autant d'âneries : tu es parfait comme tu es et ce petit côté maladroit chez toi fait tout ton charme. Je suis sûr que Trowa a craqué pour ça aussi.

- Je sais, je sais... Je devrais me taire mais je n'arrive pas à réprimer la boule de stress que j'ai dans le ventre.

- Et c'est bon signe, si tu ne stressais pas ça voudrait dire que ça n'en vaut pas la peine et ce serait une soirée gâchée. Maintenant dis-moi, natté, lâché ou simplement relevé ?

- Relevé ! Hmm, ça sent bon dans la cuisine, je me demande ce que Wufei a préparé. S'exclama Quatre, l'air gourmand. Duo à ses côtés se contenta juste de hocher la tête : oui ça sentait bon mais étrangement l'odeur de nourriture l'écœurait plus qu'autre chose à cet instant. Promets-moi de manger au moins la moitié d'une assiette même si tu dois te forcer...

- Quatre... soupira Duo, mal à l'aise.

- On va faire un marché Duo : comme tu me l'as promis dans la salle de bain, tu vas te forcer à avaler un minimum et je n'en parle pas à Wufei. Arrête de t'alimenter et là crois-moi tu n'as pas envie de voir la partie de Winner en moi se révéler ! Le coupa brusquement le blond, l'air tout à fait sérieux, la détermination brillant au fond de ses yeux, ce qui fit frissonner le châtain.

- Je... Je te promets d'essayer de manger la moitié de mon assiette et peut-être un peu de dessert, mais ne me demande pas plus que ça, rien que l'odeur me tord déjà les entrailles.

- Je n'en demande pas plus, je veux juste éviter que tu tombes malade, tu as déjà bien trop maigri à mon goût... Bon, on fait quoi maintenant qu'on a fini de se faire beaux ?

- On va rincer mes cheveux et voir ce que tu vas porter comme parfum ce soir… Dicta Duo sans appel.


Pendant ce temps, de l'autre côté de la ville (ou presque) :

- Allôoooo...

- Trowa Barton, cela fait maintenant deux heures et trente minutes que je tourne en rond dans notre quartier, à tel point que la petite vielle qui vit au-dessus de la boulangerie doit me prendre pour stalker à force de me voir passer et repasser devant notre immeuble...

- QUOI ? T'es déjà là... Mais ça ne va pas ça, je n'ai pas encore fini ! S'exclama Trowa, affolé.

- Ca c'est pas mon problème. Je suis dans l'ascenseur à présent et je te préviens que si tu as bloqué la porte d'entrée ça va faire mal, car voici le scénario qui va se dérouler : tout d'abord j'enfoncerai la porte, ensuite j'inspecterai l'appartement pour constater l'étendue des dégâts, surtout côté cuisine et finalement... J'ai un flingue Trowa et je sais m'en servir !

- Euhm...

- Tout à fait !

- Attention je suis face à la porte... Souffla Heero dans le combiné. Le japonais sourit perfidement en entendant son meilleur ami se précipiter vers la porte d'entrée pour détacher la chaîne de sécurité et lui ouvrir, échevelé et apparemment en totale crise de panique.

- Je te jure que je n'ai rien fait exploser cette fois-ci, tu sais très bien que j'ai renoncé à la cuisine chimique quand j'ai failli finir chauve. Seulement, j'ai encore des milliers de choses à préparer et mon gâteau ne veut pas cuire... Viens à mon aide, je t'en prie !

- Tsk… Baka, si t'avais demandé ça y'a deux heures aussi ! Je te jure, quel empoté, ça m'étonne pas qu'il ne cuise pas le gâteau... Le four n'est même pas allumé ! T'es affligeant Trowa Barton, heureusement que t'es meilleur policier que cuisiner, sinon je serais mort d'une balle perdue depuis longtemps.

- Goûte plutôt la pâte de mon gâteau voir si elle est comestible. Demanda Trowa, honteux et surtout dépité d'être aussi nul en cuisine. C'est un miracle s'il avait survécu à ses années d'études mais à l'époque Heero était un peu comme le resto U de l'école de police.

- Mon Dieu Trowa, le ciel va nous tomber sur la tête y'a pas à dire ! Ta pâte à gâteau est, étonnement, délicieuse.

- Sérieux ? Oh merci mon Dieu, mais j'ai encore le plat principal à préparer et j'ai peur de tout rater, en plus je dois encore me doucher, m'habiller, me coiffer, mettre la table, sortir le vin pour le laisser décanter, ensuite...

- C'est bon, j'ai la migraine avec ce flot de paroles sortant de ta bouche, d'ordinaire si agréable à écouter tellement elle peut être silencieuse.

- Heero ! S'indigna le roux, faussement vexé.

- Va te doucher et te pomponner, moi je m'occupe du repas et de mettre la table. Et ne traîne pas des heures, moi aussi je suis invité à dîner apparemment.

- À propos de ça, on partira ensemble : Quatre est chez Duo et Wufei, du coup je le récupère là-bas et t'y seras direct.

- Je vois que t'as vraiment TOUT prévu... Allez, va te laver sinon demain on y sera encore. Et Trowa ?

- Hmm ?

- Mets ta chemise émeraude et ton jean noir !

- Trowa sourit : il savait que Heero rentrerait à temps pour lui venir en aide et empêcher sa soirée d'être un véritable fiasco. Mû par l'émotion, le jeune homme s'accrocha au cou de son meilleur ami, qui, pris au dépourvu, laissa échapper un cri pas du tout masculin pour le coup :

- Oh niisan... je t'aime mon amour de frère !

- Oui, oui ! Va te laver, tu sens.

- Méchant grand-frère grommela Trowa boudeur en se dirigeant vers la salle d'eau. De son côté Heero ne put s'empêcher un petit rire amusé, Trowa ne changerait décidément jamais.

Une bonne demi-heure plus tard, Trowa réapparaissait dans la cuisine, alors que Heero plaçait le dernier couvert sur la table.

- La salle de bain est libre, Heero. Wow, c'est magnifique !

- Comme quoi ça m'arrive d'avoir l'âme romantique de temps en temps...

- Tu l'as toujours, c'est juste que tu sais très bien faire semblant. T'as fait quoi de bon ?

- Surprise, tu découvriras au moment de servir les assiettes. Ne touche à rien tout est prêt, t'auras juste à réchauffer avant de servir. Bon je vais me laver moi aussi, et puis on pourra y aller je crois, tu as dis quelle heure à Quatre ?

- Dix neuf heures.

- Okay.


Dix neuf moins le quart, immeuble de Duo et Wufei.

- Dis donc Wufei, quelle belle table, c'est qui l'invité surprise, un magnat de la finance comme Zechishou ?

- Son prénom c'est Zechs et tu verras bien quand notre invité sera là !

- Wufei t'as un message ! S'exclama Quatre entre deux répliques de ses meilleurs amis. Le chinois s'empara aussitôt du téléphone. Un petit sourire étira ensuite ses lèvres. Croisant les orbes clairs de Quatre, il ne put s'empêcher de dire :

- Okay, maintenant tu peux stresser, Trowa est en bas.

- Ouuuuhhh, sortez le pop-corn ça va être marrant à voir !

- DUO !

- Quoi, c'est pas parce que t'es mon meilleur pote que je ne peux pas jubiler à tes dépends.

- Maxwell tu es horrible !

- Je sais Winner, je sais, c'est pour ça qu'on m'aime autant, dans cet appartement. Au fait Zechs, chouette ta tenue.

- Merci Duo, j'aime aussi ce que tu portes, surtout le pull.

- C'est un cadeau de mon Kitty, du cachemire, c'est comme si mon pull faisait l'amour avec ma peau.

Trois coups frappés à la porte ponctuèrent les dires du natté :

- Ooohh... S'exclama ce dernier, son regard se portant sur Quatre soudain pris de panique, et remettant de l'ordre dans sa tenue qui n'en avait nullement besoin. Attendri, Duo s'approcha du blond et lui ébouriffa tendrement les cheveux : Allez respire Kitty, tu es magnifique et tout va très bien se passer, mais n'oublie pas : pas plus de quelques baisers pour le premier rendez-vous, faut savoir les faire languir, ces hommes.

- Je sais oui, mais si je faisais une bêtise ou disais quelque chose qu'il ne faut pas ? J'ai l'impression d'être une midinette qui va à son premier rendez-vous...

- Calme-toi. Souviens-toi de respirer et de rester naturel. Tu y arrives très bien au diner, pourquoi ça serait différent ce soir ? En plus on sait déjà que Trowa n'a d'yeux que pour toi. Alors pas de panique et amuse-toi, tu le mérites amplement, c'est pas toi qui m'as dit un jour qu'il fallait sauter sur la chance et le bonheur quand ils se tenaient devant toi ?

- Si...

- Alors suis ton conseil parce que Mushu vient d'ouvrir la porte. Allez viens, allons accueillir tout ce beau monde.

Duo entraîna Quatre à sa suite, le blond stressé et parvenant difficilement à le cacher et le natté... eh bien quand ils furent dans l'entrée et qu'il découvrit qui était leur invité surprise, autant dire que ce fut un véritable électrochoc. Figé, il se vit machinalement tapoter l'épaule de Quatre et pousser ce dernier dans la direction d'un Trowa beau à vous en faire tourner la tête, et pour son malheur personnel, il en était de même, et plus, pour... Heero Yuy !

- Bonsoir Trowa !

- Heero…?

- Salut Quatre, tu es prêt, on peut y aller ?

- Oui, je te suis. Bonne soirée à vous les garçons. Merci Duo, pour tout !

- Hn hn... Heero ?!

- Salut Heero, bonne soirée.

- Salut Quatre, profites-en bien.

- Merci, toi aussi.

- Bon ben salut tout le monde ! Duo, ravi de t'avoir vu, Wufei, Zechs, bonne soirée !

- Bonne soirée à vous aussi. Hmm, eh bien, maintenant que notre invité est enfin arrivé, on peut passer dans le salon...

- Heero ?

A suivre...


Et voilà pour le chapitre 10 mes chatons, je suis désolée il aurait déjà dû être en ligne hier mais je venais de me faire attaquer par le sommeil quand j'ai reçu le mail. Résultat, je poste maintenant, en plein cours d'Histoire du Japon (boriiiiingggg right now!) je sais c'est pas bien, mais vous êtes un peu ma priorité en ce moment les loulous.

Enfin voilà, j'espère que ça vous plu et la suite arrive bientôt, elle est déjà en correction et tout et tout et le chapitre 12 en cours d'écriture, j'essaie de garder un rythme respectable pour vous satisfaire ; c'est dire combien je vous aime, héhé !

Bon, je n'en dis pas plus, bonne journée, soirée, etc... et n'oubliez pas avant de partir : REVIEW !

Bisous, bisous*

T.

PS : Katana0, lis-tu toujours cette fic et toi Hissha ? Ca fait un bail que je ne vous ai plu entendue de ce côté du site !

PPS : MERCI ! A ma béta chérie pour le boulot qu'elle doit fournir à chaque nouveau chapitre, j'ai un peu honte car j'ai l'impression de bouffer une énorme partie de ta vie. Mea culpa.

PPPS : A ceux d'entre-vous se trouvant sur Paris, et ses alentours, ça vous dirait un jour de tous/toutes allez se boire un bon café bien chaud ensemble dire d'inter-agir pour de vrai et en 3D ?

PPPPS : Merci MissOkaNii, d'être aussi fidèle, j'adore toujours autant te lire et discuter pendant des heures après chaque post, que je fais ! Ca booste trop mon inspiration.