Avant dernier chapitre ! Enjoy (:
Le lendemain Helskinki, Nairobi et Mónica étaient déjà arrivés, et avaient retrouvé Tokyo dans la cave. Ils avaient pris le temps de discuter de ces quelques mois, Tokyo leur avait appris pour Rio, ils avaient eu beaucoup de mal à y croire.
L'inspectrice arriva en début d'après-midi, elle s'était assise sur le vieux canapé rouge, nerveuse. Si un jour on lui avait dit qu'elle se retrouverait dans une cave avec quatre criminels pour faire évader le cerveau à la tête du braquage de la fabrique nationale de la monnaie et des timbres, elle ne l'aurait jamais cru.
Elle observait Tokyo et Nairobi, assises en tailleur sur un matelas, cette dernière avait un regard triste, elle tenait la main de Tokyo en la caressant, elles avaient l'air proche, Raquel était surprise par l'amitié qui les unissaient, elle se souvint de ce que lui avait raconté Sergio, ils étaient comme une famille.
- Pourquoi on est là ? Demanda négligemment Helsinki.
Raquel soupira, Tokyo la regardait avec insistance. L'inspectrice raconta comment elle avait appris que Denver était en prison, comment elle avait arrêté le professeur pour gagner la confiance de ses collègues et comment elle avait établi un plan pour les faire sortir, plan qui avait malheureusement échoué.
- Ils sont en quartier haute sécurité maintenant… conclut-t-elle en détournant le regard, presque honteuse.
Helsinki lança un coup d'œil à Tokyo, comme pour demander confirmation, celle-ci acquiesça silencieusement.
- Quand j'ai rejoins le professeur aux Philippines il m'a dit que s'il finissait en prison haute sécurité je devrais vous appeler. On a besoin d'aide pour les faire sortir de là, dit-elle en regardant Raquel comme si elle la tenait responsable.
Quelques heures plus tard, après une interminable discussion avec les braqueurs, Raquel rentra chez elle épuisée.
[…]
Le professeur était assis, toujours en combinaison orange, les mains menottées dans le dos, il fixait intensément Raquel.
Dans la petite pièce sombre d'interrogatoire, elle se tortillait sur sa chaise, plus le temps passait et moins elle supportait de se tenir face à lui, elle détaillait son visage, ses rides aux coins des yeux qui lui donnaient un charme fou, sa barbe si virile, ses cheveux noirs décoiffés, son regard… Oh son regard, il lui faisait perdre tout ses moyens. Elle se leva et alla libérer ses mains.
Assis dos à elle, il frissonna en sentant les mains de l'inspectrice se poser sur sa nuque, glissant dans son cou, caressant son torse.
- Je n'en peux plus Sergio... miaula-t-elle.
Il la fit s'assoir sur lui et glissa ses mains dans ses cheveux, approchant son visage du sien.
- Tu m'as tellement manqué Raquel.
Il sentait son odeur, son souffle sur ses lèvres, ses yeux le suppliaient. Il l'embrassa, son cœur battait à tout rompre, il avait lui aussi tellement attendu ça, surtout après avoir cru que Raquel l'avait trahi. Il sentait ses mains caresser sa barbe et se perdre dans ses cheveux, l'attirant toujours plus vers elle. Raquel était la première femme pour qui il ressentait des sentiments aussi forts, bien sûr il avait déjà eu quelques aventures mais ne s'était jamais vraiment permis d'aller plus loin, il avait eu un plan à mener à bien et ne s'était autorisé que peu de distractions. Raquel était si spéciale pour lui, en tant qu'inspectrice en charge de l'affaire du braquage il avait dû se rapprocher d'elle, c'était stratégiquement le meilleur choix à faire, mais il ne s'attendait pas à être attiré par elle, encore moins d'en tomber amoureux, et en aucun cas qu'elle s'attache à lui, enfin à Salva. Il avait été tellement difficile pour lui de la voir en tant que Salva, bien plus que de lui parler en tant que professeur, alors que lui commençait à éprouver des sentiments forts, elle, en avait développés sans savoir qui il était. Il n'avait même pas réussi à résister ne serait-ce qu'un peu, il avait hésité la première fois qu'elle l'avait embrassé, mais il avait rapidement cédé, n'étant pas assez fort pour la rejeter, il perdait complètement la tête lorsque les lèvres de Raquel s'approchaient aussi dangereusement de lui.
Raquel gémit et se releva sous les yeux incrédules de Sergio.
- Qu'est-ce qui a ? Demanda-t-il inquiet.
- Je dois y aller, on ne peut pas faire ça ici…murmura-t-elle en se dirigeant vers la porte.
Sergio se leva, se précipita vers elle et l'attrapa par le bras en la faisant se retourner. Son regard allait de ses yeux à sa bouche, ivre de l'odeur qu'elle dégageait il la fit reculer et la plaqua contre la porte, une main de chaque côté de sa taille. Il caressa ses lèvres puis l'embrassa presque sauvagement, glissant sa langue contre la sienne, elle s'agrippait à lui pendant qu'il embrassait son cou, il effleura du bout des doigts son cou, sa clavicule, sa poitrine, son ventre, jusqu'à sa cuisse. Elle ne l'avait jamais vu aussi fougueux, coincée entre la porte et le professeur elle ne répondait plus de rien, elle n'était que désir et mourrait d'envie de l'avoir en elle.
Il s'immobilisa soudainement et se recula de quelques centimètres, elle soupira de frustration en l'interrogeant du regard.
- Tu es enceinte.
Raquel se réveilla en sursaut et s'assit au bord du lit en prenant sa tête dans ses mains, la respiration toujours haletante. Elle prit plusieurs minutes pour se calmer et se dirigea dans la salle de bain, elle regarda dans la poubelle et fixa le test de grossesse positif qu'elle avait utilisé la veille, elle soupira. Elle n'avait pas prévu d'avoir d'autres enfants, d'autant qu'elle avait un âge déjà bien avancé pour en porter et en élever un. Elle regarda son ventre en pensant à ce que Sergio pourrait en penser, qu'est-ce qu'il en dirait ? Avait-il envie d'être père lui ? Elle ne pouvait s'empêcher d'en douter, et bien que l'idée de porter son enfant ne lui déplaisait pas, elle ne savait absolument pas quoi en penser.
Elle prit une douche rapide en tentant de penser à autre chose et descendit retrouver sa fille pour déjeuner.
- Dis maman, tu ne m'as jamais dit pourquoi tu étais partie si longtemps…
Raquel surprise regarda sa fille avec inquiétude.
- C'est compliqué ma chérie.
- Mais j'aimerais bien savoir !
- D'accord… Euh… Il s'est passé des choses pas faciles au travail, et tu sais j'ai rencontré cet homme très gentil et…il m'a proposé de partir en vacances et… Je voulais me reposer et faire une pause par rapport au travail alors j'ai accepté. Je suis désolée d'être partie si vite sans plus d'explication Paula. Tu sais j'aurais aimé que tu viennes avec mamie, et même pourquoi pas qu'on aille vivre là bas.
- Et papa ?
- Eh bien ton père à sa vie ici…bredouilla-t-elle.
- Mais moi aussi, mes copines sont ici aussi, et papa et tatie aussi, et mamie, et je connais personne là bas, je sais pas même où c'est.
- Je sais ma puce, je sais…
- Tu vas rester ici maintenant ?
- Eh bien Paula je… Je pense que je vais repartir et m'installer à Puerto Princesa. Tu sais c'est magnifique là bas, un véritable paradis ! Je suis sûre que tu adorerais, il y a la mer partout, tu adoreras t'y baigner, l'eau est chaude…
La fillette la regardait avec de grands yeux.
- Ici aussi il y a la mer pas très loin, pourquoi tu ne veux pas rester ?
- Tu sais que je t'aime Paula, je t'aime plus que tout au monde mais je ne peux pas. Ma vie n'est plus ici, je ne suis pas à ma place, je ne suis pas vraiment appréciée…
- Ils ont accepté de te reprendre à la police !
- Oui mais je ne veux plus faire ce travail…
- Pourquoi ?
- Paula.. soupira-t-elle. C'est devenu trop dur pour moi, c'est dangereux, je veux profiter de la vie maintenant du comprends ?
- Tu ne veux plus de moi ?
- Si ma puce enfin ! Bien sûr que si ! C'est pour ça que je veux que tu viennes avec moi. On partira vivre là bas, tu te feras plein de nouveaux amis, puis tu pourras rentrer en Espagne de temps en temps si tu veux ?
- Je préfère rester ici maman…
Raquel sentit les larmes lui monter. Elle savait que ce serait difficile de convaincre sa fille mais elle ne savait plus quoi dire maintenant. Elle jeta un coup d'œil à sa mère qui venait d'arriver dans la cuisine.
- D'accord ma chérie je comprends.
Elle prit sa fille dans ses bras en la serrant fort.
- Tu reviendras me voir quand même hein ?
Elle lui sourit tendrement.
- Et que dirais-tu de plutôt de venir me voir pendant les vacances ? Avec mamie ! dit-elle en lançant un regard à la grand-mère. Ça te dirait ? Comme ça tu restes vivre ici.
La jeune fille réfléchit un instant puis sourit.
- Oui ! Ça me va comme ça ! s'écria-t-elle.
- Mais tu sais ma puce, tu viendras aussi souvent que tu le voudras d'accord ?
- Oui maman, merci !
Elle lui fit un bisou sur la joue ce qui attendrit Raquel, une larme coula sur sa joue, c'était mieux que rien.
[…]
Le lendemain, Sergio fut sortit de ses pensées par un gardien ouvrant la porte de sa cellule.
- Tu voulais ton avocate elle est là, viens dépêche-toi.
Il se leva sans un mot et le suivit, jusqu'à une petite salle.
- T'as le droit à une demi-heure.
Il le regarda tourner les talons et claquer la porte puis se retourna vers l'avocate en question.
- Ça vous va pas du tout le orange professeur ! s'écrit la jeune femme en sautant à son cou.
Ce dernier éclata de rire, heureux de voir Nairobi ici. Il se sentait plus détendu, il était soulagé, sa présence lui indiquait que tout s'était bien passé, Raquel avait parlé à Tokyo, et Tokyo avait bien compris le message et avait rameuté la troupe. Il aurait aimé que les choses se passent différemment, qu'il réussisse à s'en sortir sans impliquer ni risquer la liberté des autres. Heureusement Nairobi était la seule avec Helsinki dont les identités avaient été préservées pendant le braquage, ce qui permettait de tenter une infiltration qui de toute évidence était réussie.
- On va vous sortir de là t'inquiète pas.
Au même moment Raquel était dans une salle similaire avec Denver, qu'elle devait interroger, du moins c'est le prétexte qu'elle a utilisé pour le sortir de sa cellule.
- Qu'est-ce que vous faites là ?
- On va vous libérer, c'était le plan de Sergio de vous faire finir ici. Nairobi est avec lui aussi en ce moment.
Il la regarda avec stupéfaction.
- Tokyo, Helsinki et les Serbes sont de la partie. Mónica est là.
- C'est vrai ? S'écria-t-il. C'est quoi le plan alors ?! demanda-t-il tout sourire.
- Nairobi, ils ne connaissent pas ton visage, le professeur va demander à parler à son avocate, tu te feras donc passer pour elle, expliqua Tokyo.
- Helsinki est également incognito il se fera passer pour un agent d'entretien, ajouta Raquel. On utilisera un camion de livraison pour tous vous faire entrer dans la prison. Nairobi et moi on entrera normalement, en tant qu'avocate et agent de police, puis on fera sortir Sergio et Denver de leur cellule en leur expliquant la suite du plan. Pendant ce temps vous arriverez tous en camion. Vous, vous monterez et attendrez dans le couloir, dit-elle en s'adressant à Helsinki.
- J'ai contacté les Serbes, ils feront diversion pendant qu'on sortira, déclara Tokyo.
- Et comment on sortira ? Demanda timidement Mónica.
- On sortira avec un fourgon de police, qu'on laissera sur le parking de l'usine désaffectée pour prendre les voitures, elle se trouve à dix minutes de la prison mais comme ils suivront les serbes on pourra partir discrètement.
- Ils sont tous là ? Demanda Denver surpris après que Raquel lui ait tout raconté. Mais Mónica est enceinte, c'est beaucoup trop dangereux !
- Elle est en sécurité ne vous inquiétez pas.
Raquel fit une pause et mis une main sur son ventre sans vraiment s'en rendre compte. Elle aussi était enceinte. Mais pourtant elle était là, à risquer sa vie. Elle baissa les yeux, elle s'en voulait de le mettre en danger mais elle n'avait pas le choix, c'était le seul moyen de faire sortir Sergio et de le retrouver enfin, puis le professeur la protégerait se dit-elle, quoique menotté il serait assez limité.
Denver observa l'inspectrice qui avait l'air perdu.
- C'est pas vrai vous aussi ? s'exclama-t-il.
- Moi aussi quoi ?
- Vous êtes enceinte ?
Raquel soupira et baissa les yeux, un peu gênée. Denver avait le souffle coupé.
- Il sait le professeur ?! C'est bien lui le père ?
- Oui c'est lui, et je ne le sais que depuis hier, il n'est pas au courant, et c'est pas plus mal, il n'aurait jamais voulu que je participe s'il avait su.
- Eh bien il aurait sûrement eu raison non ?
Le regard de Denver s'était adouci.
- Merci d'avoir changé d'avis sur nous. Il tient vraiment à vous vous savez ? Je ne savais même pas que le professeur pouvait être amoureux, plaisanta-t-il. Il sera content.
Raquel tressaillit.
- J'aimerais en être aussi sûre que vous…, dit-elle la gorge serrée.
- Vous rigolez ? Vous en doutez ? Il sera le plus heureux des pères, j'aimerais bien voir ça d'ailleurs ! rigola-t-il.
Raquel sourit, c'est vrai que Denver était attachant, elle ne se doutait pas qu'il puisse être aussi compatissant. Elle respira un grand coup et regarda sa montre.
- Aller on y va.
Ils sortirent de la pièce et virent Helsinki au bout du couloir passant la serpillère. Ce dernier releva les yeux en entendant Sergio et Nairobi sortir.
Raquel regarda Sergio et lui sourit puis laissa tomber son micro au sol et l'écrasa. Tant pis si Suárez avait entendu sa précédente conversation, elle s'était appliqué à transformer certains détails pour les envoyer sur une fausse piste.
Les deux gardiens qui attendaient dans le couloir se regardèrent avec inquiétude, ils s'apprêtaient à saisir leurs armes quand Helsinki ouvrit sa chemise, dévoilant un gilet explosif de plusieurs kilos.
- Si vous bougez je le fait exploser, et c'est toute la prison qui saute !
N'hésitez pas à laisser vos avis, vos impressions ;)
