Coucou tout le monde. Je publie ce chapitre que j'avais au chaud depuis un bail en attendant que vous vous décidiez à prendre part de manière un peu plus active à la vie de cette fic, en vain. Je suis un peu déçue mais publie quand même la suite. Merci beaucoup à Mirliton et à la tite puce pour leurs reviews.^^ J'espère que la suite vous plaira les filles.

Ensuite, je tiens à préciser que je n'oblige personne à lire cette fic, j'imagine que lorsqu'on arrive déjà au chapitre 10 c'est que l'on a pris la peine de lire les précédents et que ce n'est pas si nul que ça. Par conséquent, même si j'accepte de bonne grâce les critiques fondées, ceux qui sentiront visés seront gentils de ne pas venir pourrir les reviews juste pour le plaisir de critiquer sans même étayer leur argumentation.

Bonne lecture à tous.

Chapitre 11 : Chantage

A peine la porte d'entrée refermée, il transplane dans la salle de bains. Son arrivée semble interrompre les deux servantes dans ce qui avait l'air d'être une discussion animée. Elle baisse la tête quand il pose ses yeux froids sur elle. Zini s'empresse de prendre la parole, d'un timbre peu naturel.

- La jeune demoiselle et Zini ont terminé de ranger Monsieur.

- Pourquoi n'as-tu pas appelé quand il a commencé à s'en prendre à toi ? interroge-t-il d'une voix sourde, sans prendre la peine de répondre à l'elfe.

Elle lève sur lui un regard surpris. Ses yeux sont rougis mais résolument secs.

- Pourquoi vous aurais-je appelé alors que j'étais moi-même à l'origine de cette situation ?

Zini jongle du regard entre les deux protagonistes, l'inquiétude ridant son large front grisâtre.

- Zini, va donc débarrasser le salon, ordonne-t-il sans quitter des yeux les prunelles chocolat.

- Monsieur…

- Laisse-nous j'ai dit !

L'elfe lance un dernier regard suppliant que sa destinataire feint de ne pas voir, puis s'éclipse discrètement.

- Pourquoi n'as-tu pas appelé à l'aide ? demande-t-il à nouveau.

- Je pensais pourtant que la scène ne laissait pas de place au doute, s'entête-t-elle.

Obstinée, elle refuse de lui répondre. Il a pourtant vu la baguette de Drago sur son front. Il n'a jamais été dans sa nature de chercher à fuir la vérité, mais il peut se vanter de la connaître… à tout le moins son tempérament. Elle ne se serait jamais livrée à quelque chose d'aussi avilissant.

- Pourquoi vous obstinez-vous à nier l'évidence ? lance-t-elle, insolente.

Parfait… D'une foulée, il l'a rejointe et a empoigné sa chevelure si violemment, qu'elle doit poser un genou à terre pour ne pas se faire briser les cervicales. Alors qu'elle serre les dents pour ne pas que l'expression de sa douleur s'échappe de sa gorge, elle sent l'étoffe du pantalon de l'homme lui frôler le nez. Elle lève sur lui un regard incrédule. Il arque un sourcil.

- Je ne vois pas pourquoi le maître des lieux serait le dernier servi.

Elle déglutit.

- Alors quoi ? s'impatiente-t-il. Tu y mettais bien plus de bonne volonté tout à l'heure.

Il perçoit un frisson la parcourir et ses paupières papillonnent de nouveau. Evidemment, elle ne bouge pas. Les yeux baissés sur le sommet de son crâne, il sent une bouffée de colère monter en lui. Sans le moindre ménagement, il la saisit par le col et la remet sur ses pieds.

- Si j'avais cherché une fille légère, crache-t-il en la secouant fermement, je ne l'aurais pas ramassée au milieu des ordures !

Il la repousse violemment, un rictus de profond dégoût ornant ses lèvres.

- Je ne veux pas d'une putain sous mon toit !

- Une quoi ? Je ne suis pas une…, siffle-t-elle, écumant de rage.

- Ah non ? Tu affirmes pourtant t'être jetée comme une affamée sur la braguette de Drago Malefoy !

Ses yeux sont pris de tics nerveux.

- Je te le demande une dernière fois : pourquoi ne m'as-tu pas appelé ?

- Très bien !

Sans sortir sa baguette, il fixe les yeux de la jeune femme, les sonde et commence à forcer l'entrée de son esprit… du moins il essaye.

Il se retrouve rapidement face à un mur d'une résistance surprenante pour qu'il s'agisse simplement d'une forme rudimentaire de magie, de celles qu'utilisent les jeunes enfants qui n'ont encore aucune maîtrise de leurs pouvoirs. Décontenancé par ce premier échec, il tente une nouvelle percée…

C'est comme s'il venait de pénétrer dans une pièce plongée dans le noir le plus absolu, l'atmosphère y est oppressante et lugubre.

Qu'y a-t-il dans son esprit que son inconscient tienne à ce point à cacher pour lui opposer de telles barrières ? Car il est sûr d'une chose : elle ne PEUT pas maîtriser l'occlumencie…

Cette fille est décidément une source de surprises perpétuelles. Sourcils froncés, mâchoire crispée, il la dévisage intensément. Dire qu'il a perdu des heures à essayer, en vain, d'enseigner à cet arrogant de Potter comment fermer son esprit… Et elle… non pas qu'il lui soit impossible de forcer le passage mais… il ne tient pas à ce qu'elle se rende compte qu'il tente de s'immiscer dans ses souvenirs. Et si leurs esprits doivent se livrer à un rapport de force, c'est fatalement ce qui se produira…

Saleté de cracmole au sang de demi-moldue !

Sans plus de cérémonie, il la saisit par le poignet et transplane jusque dans la chambre de sa domestique.

- Accio !

Ils transplanent encore une fois et lorsqu'il la lâche enfin, elle s'écroule à genoux sur le sol, paumes plaquées sur les lames du parquet. Elle respire bruyamment. Il sait qu'elle cherche à s'empêcher de vomir. Il attend qu'elle daigne se redresser, et quand ses yeux se posent sur ce qu'il tient dans sa main gauche, elle blêmit comme jamais il ne l'a vue blêmir. Elle se précipite sur lui et tente de lui arracher son bien, une lueur démente au fond des pupilles. D'un mouvement ample, il éloigne l'objet de sa portée et pointe sa baguette sur elle afin qu'elle se tienne à bonne distance.

Le gros chien noir se balance entre ses doigts au-dessus de la cheminée dans laquelle ronfle un feu digne des hivers de janvier.

Elle semble être sur le point de pleurer. Il voit les larmes affluer mais elles ne coulent pas encore.

- Je peux te rendre ton stupide jouet, susurre-t-il. Il te suffit de répondre à la question que je t'ai posée.

Elle pose de nouveau son regard sur lui. Il ne peut s'empêcher de remarquer qu'il oscille sans cesse de la peluche à sa personne… son cerveau a l'air de friser la surchauffe dans une tentative désespérée d'élaborer une stratégie afin de récupérer la peluche.

Non loin d'eux mais un peu en retrait, l'elfe observe la scène, horrifiée. Elle n'interviendra pas. Elle sait qu'elle ne le doit pas. Pourtant, le regard implorant qu'elle lui lance parait presque plus douloureux que celui de la fille. Cette vieille Zini se ramollit en prenant de l'âge.

- C'est ta dernière chance, murmure-t-il. Pour quelle raison ne m'as-tu pas prévenu de ce qui était en train de se passer ?

Elle peine à réprimer les tremblements de son menton, mais c'est en silence qu'elle se redresse pour lui faire face. Raide comme un piquet, les poings serrés le long de son corps, ses yeux dénoncent un mutisme résolu.

- Bien ! lâche-t-il en laissant tomber dans les flammes le jouet auquel elle tient tant.

Ses pupilles s'agrandissent, ses poings sont si serrés que ses phalanges en blanchissent. Elle exhale un soupir éloquent et les ailes de son nez se froncent alors que son menton… que tout son être, est secoué de tremblements incontrôlables. Les yeux exorbités, elle s'efforce de ne pas cligner des paupières… ses larmes ne doivent pas couler devant lui. Pourtant, les spasmes révèlent l'ampleur de la détresse contre laquelle elle lutte.

- Tu as jusqu'à demain pour délier ta langue, joint-il la parole au geste. Ne sous-estime pas les grandiloquences de Lucius Malefoy : il ne mentait pas lorsqu'il affirmait que passer entre ses mains serait un sort plus enviable.

Alors qu'il s'éloigne, il entend dans son dos les pas précipités de la jeune femme. L'elfe pousse un cri aigu.

- Miss, non !

Il fait volte-face et voit Zini aux prises avec sa congénère, qui tente de récupérer à mains nues sa peluche dans le brasier… Ses sourcils se froncent. Il reprend sa route comme s'il n'avait rien vu.

Un pincement dans la poitrine… léger, imperceptible… pathétique !

oOoOoOoOo

Il a enfin terminé de préparer la commande de potions qui rempliront les armoires de l'infirmerie de Poudlard dès la rentrée scolaire. Sa capacité de concentration a sensiblement faibli depuis l'arrivée de cette peste dans sa maison, si bien qu'il lui faut désormais plusieurs jours pour s'acquitter d'une tâche qu'il était capable d'accomplir en une après-midi. Assis derrière son bureau, les yeux rivés sur le parchemin que lui a fait parvenir le directeur, il procède au dernier inventaire afin de s'assurer qu'il n'a rien oublié.

On frappe à la porte. Cette fainéante à trois bons quarts d'heure de retard et son estomac crie famine depuis plus d'une heure.

- Oui, tonne la voix désagréable. Tu as décidé de te surpasser aujourd'hui, fait-il aigrement remarquer alors qu'il entend le panneau de bois grincer.

- Bonsoir Maître. Veuillez excuser Zini de ce retard. Zini vous apporte votre dîner Monsieur.

Il relève le nez de la liste et les pose sur la petite silhouette qui vient d'entrer dans son laboratoire. L'elfe s'avance et pose son lourd plateau sur un coin dégagé du plan de travail.

- Que fais-tu là ? Où est-elle ?

- La jeune demoiselle… s'est couchée Maître, articule l'elfe qui parait soudain embarrassée.

- C'est une plaisanterie ?

Il se lève furibond de son siège et fait voler quelques notes au passage. L'elfe se précipite pour les ramasser. Paniquée, elle le suit jusqu'au centre de la pièce.

Cette fois, elle dépasse les bornes !

- Maître, s'empresse l'elfe, la jeune demoiselle… a été très éprouvée par cette journée et...

- Montre-la-moi ! ordonne-t-il au miroir sans faire cas des supplications de Zini.

L'image n'est pas nette. Une simple bougie éclaire faiblement la pièce. Il devine grossièrement la silhouette blottie sous la couverture… elle ne dort pas, elle s'agite, se retourne sans cesse… sa colère se dissipe lorsqu'il perçoit les faibles gémissements étouffés qui émanent d'elle. Ses yeux se plissent et tentent de percer l'obscurité… en vain.

- Que lui arrive-t-il ? demande-t-il à l'elfe.

- Je ne sais pas bien Monsieur. Elle a été frappée par une grosse fièvre il y a quelques heures.

- D'où ton retard j'imagine, marmonne-t-il en jetant un regard en coin à sa servante.

Elle triture nerveusement ses mains noueuses et baisse la tête.

- Que lui as-tu donné pour l'instant ?

- …

Devant le silence de l'elfe, il sent l'agacement le gagner de nouveau. Il fait un pas dans sa direction et l'écrase de toute sa hauteur.

- Il est temps de mettre fin à ce germe de résistance qu'elle a fait naître en arrivant ici ! susurre-t-il d'une voix si basse qu'elle doit tendre l'oreille pour entendre chaque mot.

Pour aussi faible qu'elle soit, la voix n'en est pas moins menaçante.

- Depuis qu'elle vit sous ce toit, cette maison tourne à l'envers. Et toi aussi Zini, tu n'as pas mis longtemps à oublier qui est ton maître et quelle est ta place…

- Oh non Monsieur, jamais de la vie ! Zini sait où est sa place et à qui elle doit obéissance… Seulement…

Il observe la petite créature dont les énormes yeux oscillent neveusement de gauche à droite, à la recherche du courage nécessaire pour continuer.

- … Zini voit bien quelle guerre le Maître et la jeune demoiselle se livrent. Elle ne veut pas être utilisée pour nuire à son Maître ou à la jeune demoiselle… Zini apprécie beaucoup la jeune demoiselle, elle se soucie de Zini. Zini ne peut pas trahir les secrets qu'elle lui a confiés, pas en sachant que le Maître pourrait les utiliser contre elle… Zini a dû passer des heures à tenter de soigner les brûlures sur les bras de la jeune demoiselle après qu'elle ait tenté de récupérer ce que le Maître a jeté dans les flammes, lui révèle-t-elle d'une voix chevrotante. Zini n'a pas réussi Monsieur, parce que Zini ne sait pas soigner comme le font les moldus et la jeune demoiselle a interdit à Zini de se servir de la magie sur elle… pourtant… pourtant…

- Zini, stop !

Il interrompt l'elfe au bord des larmes… Il n'avait pas réalisé à quel point cette morveuse lui était chère.

Elle ne lui a pas fait le moindre reproche, mais c'est tout comme. C'est elle qui se perd en justifications confuses et pourtant, c'est lui qui se sent comme un enfant pris en faute dans son jeu de cruauté. Le malaise qu'il ressent accroit le sentiment de colère qui sévit dans le creux de son estomac… ou peut-être est-ce la faim …

- Tu me penses puéril au point de ne pas savoir faire la part des choses ? feint-il d'être vexé par le semblant d'accusation de l'elfe. Il se passe des choses graves ici : cet après-midi avec M. Malefoy et ce soir même ! s'emporte-t-il en désignant le miroir.

L'elfe recommence à se tortiller, mal à l'aise.

- Tu dois me dire ce qu'il lui est arrivé cet après-midi ! Tu ne lui rends pas service en la laissant se faire passer pour ce qu'elle n'est pas, termine-t-il d'une voix plus posée.

La petite créature lève sur lui des yeux ronds. Il sait que ces derniers mots ont eu raison de ses soupçons, qu'elle a compris qu'il ne se faisait pas une fausse idée du personnage… contrairement à ce que laissent supposer ses agissements. Peut-être même croit-elle qu'il s'inquiète pour elle… et que son comportement emporté de cet après-midi n'était que le reflet de la peur… non, de la frustration qu'il aurait ressentie s'il était arrivé trop tard…

D'ailleurs… n'est-ce pas le cas…

Non ! Définitivement non !

Mais elle, doit le croire.

- Zini, commence l'elfe embarrassée en levant un index qu'elle pose contre sa tempe, ne peut pas le raconter au Maître. Elle a promis de ne pas parler de la raison pour laquelle la jeune demoiselle ne voulait pas que le Maître intervienne… mais… peut-être que si elle se contente de lui montrer, continue-t-elle en étirant un long filament argenté depuis son crâne, ce ne sera pas vraiment comme si elle avait trahi sa parole.

J'espère que ce chapitre vous aura donné envie de connaître rapidement la suite!^^ Faites moi part de vos imrpessions! J'attends vos reviews qui sont mon meilleur carburant! Bisous et à bientôt. ;)