Après sa visite au cimetière, Tony prit tout son temps pour rentrer. Décidément, cela faisait toujours aussi mal d'aller la voir et se retrouver dans cette ville, lui donnait la chaire de poule. Le jeune italien roula lentement et sûrement puis arriva au domicile de son patron plusieurs heures plus tard. Il franchit la porte d'entrée et se dirigea directement sur la petite terrasse. Il avait fait un vague signe de tête a.à Gibbs, ne pouvant émettre un seul mot. L'ex marine posa sur lui un regard inquiet puis le rejoignit.
Tony venait de sortir un paquet de cigarette et un zippo de sa poche. En effet, depuis l'arrêt complet de sa vicodine, Tony tentait en vain de la remplacer par autre chose. C'était stupide, il le savait très bien, mais il fallait qu'il comble un manque afin de ne pas devenir fou. Il porta une cigarette à ses lèvres et tira sur celle ci. Tony n'aimait pas tellement le goût de la nicotine mais au moins, elle lui permettait de se détendre sans avoir l'air d'un défoncé.
Gibbs le regarda faire sans rien dire. Il y a quelques semaines de ça, Tony l'avait informé de sa nouvelle forme de dépendance, et même s'il n'aimait pas du tout cette idée, il savait que Tony en avait besoin. Tout du moins, au début. Une fois toute cette histoire terminée, le chef d'équipe avait bien l'intention de faire renoncer à son agent le tabac. Il s'approcha de lui et vint se placer à ses cotés.
_ Dis moi, ce qui te tracasses. Demanda Gibbs. Ce n'était pas un ordre mais un souhait, c'est pourquoi Tony ne le prit pas mal.
Tony afficha alors un faux sourire, c'était plutôt un sourire amer. Rien. Encore une blessure non cicatrisée, dans la vie du tourmenté Anthony Emiliano Dinozzo. Répondit il en laissant échapper un mince filet de fumée.
_ Et quelle est l'origine de cette blessure ?
Tony baissa les yeux et secoua la tête de lassitude. Pourquoi avait il l'impression d'être aussi compliqué ? ah, peut être parce qu'il l'était. Comment tu as fais pour t'en remettre ? Devant le regard interrogateur de l'ex marine, Tony décida de compléter sa question précédente. Après la mort de Kelly et de Shanon ?. A l'annonce de ces deux prénoms, le visage de Gibbs se referma et se crispa. C'était un sujet toujours aussi douloureux et il tentait tant bien que de mal, d'y penser le moins possible. Même si c'était un sujet dont il ne préférait parler d'habitude, l'ancien marine fit un effort. Après tout, Tony s'était confié a lui, il pouvait faire de même. De plus, il avait envie de partager ça avec l'homme qu'il aimait des a présent.
_ On ne s'en remet jamais vraiment. Il m'arrive toujours de penser a elles et elles me manquent ... la douleur diminue mais est toujours presente... pourquoi ?
Tony haussa des épaules, Je suis allé voir, Sasha, aujourd'hui.
_ Sasha ? demanda t'il curieux.
Tony eut un léger sourire puis tira de nouveau sur sa clope. C'était ma meilleure amie.
Les deux hommes se regardèrent après cette aveux. Elle est décédée, il y a de cela ... 6 ans et j'ai toujours du mal a ... Tony tira sur sa cigarette de nouveau nerveusement. Sa main tremblait légèrement et il voulait calmer un peu ce sentiment d'angoisse qui venait de monter en lui. Gibbs remarqua tout de suite, son changement de comportement face a la mention de cette Sasha. C'est pourquoi, il posa une main réconfortante sur son épaule afin de lui faire comprendre qu'il était là en cas de besoin.
_ ... Elle a été tuée dans un accident de voiture. Finit par lâcher le jeune agent. ... On devait se voir ce soir là, ... si j'avais conduis, on s'en serrait peut être sortit. Avoua l'italien, la voix tremblante.
_ Ce n'est pas ta faute. Répondit Gibbs voyant où son italien voulait en venir.
_ Peut être. Mais même en savant ça, la douleur est toujours là. Tony tira une nouvelle fois sur sa clope, espérant que celle ci puisse diminuer cette souffrance, qui prenait un malin plaisir à le torturer.
Pour toute réponse, Gibbs posa sa main sur celle de son homme.
C'est la respiration rapide et haletante que Tony couru après le jeune Adrien Smith. Celui ci était un témoin clé de leur affaire en cours, et il était le seul a pouvoir condamné le lieutenant Tim Daniels, suspecté de vente illicite d'armes. Cependant, le jeune homme avait prit peur et des lors avait commencé une longue course poursuite entre lui et les agents du ncis. Il s'était échappé du QG, s'attaquant aux deux gardes qui étaient chargé de sa surveillance. Tony avait été le premier a voir que celui ci prenait la fuite, très rapidement suivit de Gibbs et du reste de l'équipe. Les deux hommes avaient traversés de nombreuses routes, des parcs et se faufilaient tant bien que de mal entre les différents passants et véhicules. Si Adrien courrait vite, Tony semblait bien tenir la distance malgré sa contamination, il y a quelques années de cela, de la peste, et des conséquences sur ses poumons que cela engendraient. Ils tournèrent à gauche a une intersection lorsque Tony commença réellement a en avoir marre et se munit de son portable. Deux sonneries retentirent quand il entendit enfin la voix de Gibbs.
_ Quand tu veux, patron. C'est pas que je commence a fatigué !
_ Tu es ou ? demanda le chef d'équipe ne prenant pas en compte l'ironie de la phrase de son agent.
_ 44 Webside. Trancha le jeune italien avant de raccrocher.
C'est alors qu'il vit quelques minutes plus tard, une voiture noire se mettre en travers de la route. Les trois agents en sortirent et réussissent a intercepter Adrien qui percuta assez violemment le par-choque de la voiture de fonction. Voyant que le reste de son équipe avait la situation en main, Tony se stoppa dans sa course et se maintient a un mur, afin de reprendre sa respiration. Gibbs lui jeta un regard et Tony comprit immédiatement la question silencieuse qui en découlait.
_ Ca va.
Gibbs acquiesça puis une fois les menottes passé a Adrien, il le bouscula violemment sur la banquette arrière.
_ Hey ! je ne suis pas un criminel ! Cria Adrien, quand il sentit les menottes autour de ses poignets.
_ La ferme ! Renchérit l'israélienne, énervée par le comportement de celui ci.
Tony remontait tranquillement les quelques mètres qui le séparait de la voiture quand il fut percuté par quelqu'un. Sous l'effet de surprise, l'italien recula de plusieurs pas, évitant de justesse de tomber a la renverse.
_ Oh, pardon, je suis désolé. Je ne vous avais pas vu. Déclara l'homme a l'origine de la bousculade.
Tony releva la tete et commença alors a répondre.
_ Ce n'est rien, je vous a ... Mais Tony n'a jamais pu finir cette phrase. Une fois la tête levée, il fut nez a nez avec un visage qu'il connaissait que trop bien. Un visage, qui malgré les années, ressemblait au visage qui hantait ses nuits. Tony eut le souffle coupé, son visage devint blême, et il n'osa plus faire un seul mouvement. Devant l'effet produit, le mystérieux inconnu sourit. Il avait réussi son coup et il en était très fier. Cependant, ce n'était que le début. Il regarda attentivement sa propriété. Il l'avait déjà vu auparavant mais pas d'aussi près. C'est pourquoi, il observa le moindre détail, la moindre parcelle de peau qui se trouvait devant ses yeux. Au fil de la contemplation, celui ci humecta ses lèvres de façon très lente. Il avait décidément l'eau a la bouche rien qu'a la vue de ce spectacle. Il se réjouissait déjà de ce qu'il l'attendait. Cette peau, ce visage, ces lèvres, ces mains ... puis son regard se plaça un peu plus au sud. Ensuite, réalisant qu'il avait obtenu l'effet escompté, l'homme se rapprocha de Tony et passa près de son oreille afin de lui murmure quelques mots avant de poursuivre sa route.
_ Je te l'avais dis, Anthonio. Tu m'appartiens.
A ces mots, Tony ferma les yeux. Son corps fut parcouru par de nombreux frissons et il ressentit de violente nausées. Non, ça ne pouvait pas recommencer ? ce n'était qu'une hallucination du a la fatigue, rien de plus. A moins, qu'il était encore sous l'emprise de la vicodine ? mais non, cela était impossible. Il l'avait arrêter depuis plus de deux mois maintenant. Le jeune italien ne savait pas depuis combien de temps il était la, immobile, sous les yeux de son patron. En effet, une fois que celui ci se décide a enfin rouvrir les yeux, il tomba nez a nez sur le visage de Gibbs et son regard intense. Le chef d'équipe paraissait inquiet du manque de réaction de la part de son agent. Il avait appelé Tony plusieurs fois déjà, et il semblait ne pas l'entendre.
_ Tony ?
Tony revint soudain a la réalité et marmonna, Quoi ?
_ ca fait plus de 10 min que je t'appelles, tu rêves ou quoi ?
_ Oh. Désolé, boss.
Gibbs fronça les sourcils, Allez on retourne au QG.
Tony acquiesça en silence puis avant de suivre son patron, il se retourna et rechercha du regard une personne bien particulière. Malheureusement, il ne vit personne.
Une fois au QG, Tony profita de l'entrevue de Gibbs et de Adrien pour allez soufflez un peu. Il n'arrivait toujours pas a croire qu'il l'avait revu. Si Rick était là, ici même a Washington, alors ses problèmes étaient sur le point de commencer et il le savait parfaitement. Rick n'était pas du genre a abandonner, et il fera tout pour lui pourrir la vie au maximum et reprendre d'après lui, ce qui lui revint de droit. Il ne voulait pas revivre tout ça. Pas maintenant. Pas maintenant, où sa vie semblait reprendre un certain équilibre. Tony sentit une vague de chaleur désagréable l'envahir. Ses mains se mirent a trembler et des gouttes de sueurs perlaient le long de son front. Génial ! il ne manquait plus qu'une crise de panique en plein dans les locaux ! Tony se passa une main rapide sur le visage puis se dirigea en direction de l'ascenseur. Il devait absolument aller fumer, autrement, il ne tiendrait pas. Arrivé a l'extérieur, Tony sortit machinalement une cigarette et son zippo. Il porta ensuite la clope sur ses lèvres et respira la nicotine qui se propagea a l'intérieur de tout son organisme. Il tenta de retrouver le contrôle de sa respiration, puis fuma pendant encore plusieurs minutes.
Cela faisait 3 jours. 3 jours qu'il fumait clope sur clope et dont l'anxiété n'avait cessait d'augmenter. Gibbs avait très bien vu ce changement d'attitude, c'est pourquoi, il décida d'intervenir avant que Tony ne fasse un ulcère. D'habitude, il aimait laisser le temps a Tony de prendre lui même l'initiative de venir lui parler mais là, cela ne pouvait plus durer. Les deux hommes étaient dans la cuisine a mangé un morceau de pizza - enfin, Gibbs mangeait alors que Tony ne cessait de s'amuser avec - quand, Gibbs posa la question fatidique.
_ A quoi tu penses ?
Tony détourna légèrement le regard. A rien. Je suis juste un peu fatigué.
_ Emiliano, je le vois tout de suite quand quelque chose ne va pas. Alors, s'il te plait ne me mens pas.
_ je t'assures tout va bien. Juste de la fatigue. Déclara avec un sourire le jeune italien. Bon, je vais me coucher, je suis crevé. Puis, Tony se leva précipitamment de sa chaise, fit un rapide signe de tête à Gibbs et lança un bonne nuit au dessus de son épaule.
Cela faisait maintenant une semaine que Rick n'avait donné aucunes nouvelles. D'une certaine manière, Tony, se sentit soulagé. Après tout, le dicton n'était pas : pas de nouvelle, bonne nouvelle ? il avait sûrement imaginer sa présence près de lui il y a cela une semaine, il ne voyait pas d'autres explications. Fatigue et surmenage devaient être la cause de son problème d'hallucination, rien de plus. Il se réveilla de bonne humeur ce matin là. D'une parce que c'était Dimanche et qu'il allait pouvoir profiter de sa journée et de deux parce qu'il venait de passer une semaine pure d'angoisse et qu'il allait pouvoir se détendre enfin. Quand il posa son regard sur sa montre, il vit qu'il était 7h. Il souris. Décidément, il était impossible pour lui de dormir bien longtemps, a part, peut être quand il était malade ? enfin bref, on s'en fout, la n'était pas la question du jour. Il se leva et après avoir enfilé un survet' gris, il se dirigea vers la cuisine pour prendre un bon café. Il ne fut pas surprit de voir son patron déjà une tasse de café a la main.
_ Bonjour ! déclara le jeune italien de bonne humeur.
_ Je sens quelqu'un de bonne humeur aujourd'hui. Enchaîna l'ancien marine, ravi de voir enfin un large sourire sur le visage de l'italien.
_ Mais pourquoi je ne serais pas de bonne humeur ? on est dimanche et le temps est splendide. Bon, ... c'est vrai que j'ai un patron exécrable mais on peut pas ... Tony n'eut même pas le temps de finir sa phrase que Gibbs lui envoya le journal en plein dans la figure.
_ Aieuuuuuuhhhhh !
_ Ca c'était pour le patron exécrable. Puis Gibbs se leva et alla déposer un baiser sur les lèvres de son homme. Baiser, qui eu pour effet de stopper tout commentaire de la part du jeune agent. Leurs lèvres se caressèrent durant quelques minutes avant que Gibbs ne rompe le contact, a son grand regret.
_ Et ca c'était pour quoi ? demanda Tony, avec un léger sourire.
_ Pour être aussi mignon des le matin.
Tony eut un rire gené puis se passa une main dans les cheveux. Je vois. Bon, je vais courir. Dit il en déposant la tasse de son café vide dans l'évier.
_ Tu veux que je viennes avec toi ?
_ Non, papy. Je cours plus vite que toi et puis j'aime bien courir seul. Répondit Tony avec un rire franc, sans être un rire moqueur.
_ Très bien, gamin. Puis avant que Tony ne franchisse la porte, Gibbs attrapa son avant bras et l'emmena vers lui pour lui déposer un baiser cette fois ci, plus passionné. Une fois, le contact rompu, Tony tenta de dire quelque chose mais il bafouilla.
_ Euh ... ouai ... je ... je vais partir. Décidément, Gibbs était très doué pour ce genre de chose, et cela le mettait hors de lui que quelqu'un puisse le déstabiliser ainsi.
Tony courrait d'un pas rapide et sur dans le parc, tout en observant les arbres qui l'entouraient. Les premiers rayons de soleil firent leurs apparitions et propageaient une douce chaleur. Il était encore tôt et très peu de personne était présente dans le parc ce matin la. Cela ne dérangeait pas Tony, au contraire. Et oui, agoraphobie oblige, il devait avouer qu'être seul était parfait. Il pouvait profiter au maximum de l'espace qui s'offrait a lui, et de l'oxygène qui gagnait a chaque respiration ses poumons. Il couru encore pendant plusieurs minutes avant d'arriver sur un petit sentier de terre ou reposait de nombreux arbres et arbustes aux alentours. C'était le coté ou le nombre de végétaux était le plus élevé, c'est pourquoi, la luminosité se fit plus rare et que l'humidité remplaçait la chaleur jusque la, présente dans tout le parc. Il fit quelques pas, quand il sentit quelqu'un lui agripper le bras et le faire basculer, dos contre un arbre. En percutant le tronc d'arbre, il se cogna la tete, fit une rapide grimace puis reporta son regard devant lui. C'est la, qu'il vit avec horreur, Rick. Il tenta de se dégager, mais Rick lui tenait fortement les poignets et était collé tout contre lui. Leurs torses se frôlèrent, leurs visages n'étaient qu'a quelques centimètres, ils pouvaient tout deux sentirent la respiration de l'autre.
_ Anthonio, ça faisait longtemps. Déclara le capitaine avec un sourire narquois sur le visage.
Ps : Merci beaucoup pour vos reviews et ceux / celles qui me suivent. ;)
