OMG, c'est la fin de SPAAAAAAAAIR AAAAAAAAAAH. T_T
EPILOGUE
Le lac n'était plus celui bordé de fleurs nivéales du grand Nord. Les rives de celui-ci étaient plus verdoyantes, déjà bien ancrées dans le printemps, voire dans l'été qui prendrait ses aises le mois suivant. Sur le pont encore mouillé du bateau qui venait de jaillir des eaux noires, les quatre amis contemplèrent l'immense silhouette du château de Poudlard se rapprocher. Emeric soupira de soulagement. Combien de nuits avait-il rêvé de revenir en ces lieux ? L'école lui paraissait encore plus resplendissante que dans ses souvenirs.
À ses côtés, Vilma restait bouchée bée.
— C'est… gigantesque !
— Oui, tu as vu ? Regarde, là-bas, c'est la cabane de notre garde-chasse, Hagrid. C'est un demi-géant. Et là-bas, on voit dépasser les anneaux du terrain de Quidditch.
— En tout cas, il y en a du monde qui t'attend, constata Marek qui scrutait l'embarcadère au loin. Oh. J'aperçois Sigrid !
— Où ça ?! Où ça ?
Vilma s'était précipitée vers la rambarde pour s'y appuyer et inspecter les rangs.
— Oh oui ! Je la vois ! Hé ! Hé ! Sigrid ! Houhou !
Emeric préféra s'amuser de la joie de son amie qui secouait ses bras au-dessus d'elle. Puis, il décerna un regard à Lyov, étonnement stoïque face à tout ce qui se déroulait sous ses yeux. Avec discrétion, il s'approcha alors de lui et lui glissa :
— Tu n'es pas content ?
— De quoi ? répliqua le russe, avec rudesse.
— De la retrouver. Tu sais de qui je parle.
— Ne prends pas ton cas pour une généralité.
Emeric préféra en sourire en s'écartant, sans se vexer du caractère de Lyov.
— Moi aussi, j'étais très content de te rencontrer, Lyov !
Rejoignant les deux autres, il s'accouda à la rambarde en attendant l'amarrage, détaillant davantage ceux qui allaient l'accueillir. Ses amis de Serdaigle étaient en première ligne, avec certains enseignants. Le professeur Flitwick, qui semblait bien fier, en tenait son veston, bombant le torse. Parmi les rangs, il remarqua l'immense carrure de Terry, qui dépassait d'au moins une tête la plupart de ses camarades. Maggie observait à ses côtés. Pourtant, aucune trace de Kate.
C'est au même moment que Vilma s'approcha et lui chuchota à l'oreille avec un air malicieux :
— Ta belle t'attend au balcon… !
Aussitôt, Emeric leva les yeux vers l'une des tours et l'aperçut. La tête de Kate dépassait dans l'encadrement. Elle dut remarquer ce geste car s'esquiva soudainement. Emeric fronça les sourcils. Pourquoi n'était-elle pas descendue ? Plus surprenant encore, pourquoi semblait-elle vouloir le fuir ?
La corne de brume de Sven résonna dans les vallées de l'Ecosse, peu avant que le bateau ne ralentisse. Alors, la planche d'amarrage magique se déroula tel un ruban avant de s'immobiliser sur les quais. Le soupir fébrile d'Emeric le fit trembler. Il se retourna vers les trois compères qui ne pourraient descendre avec lui.
— Je… crois que nos chemins se séparent ici…
Sans prévenir, Vilma l'étreignit dans ses bras, ce qu'il ne refusa pas, ému par ce départ.
— Mais ils se recroiseront, Baümchen. J'en suis certaine…
Touché, Emeric lui rendit son accolade. Cependant, quand il s'écarta, il reçut un poing imprévisible de Vilma dans l'épaule.
— Aouh !
— En mon bon souvenir !
— Un bleu ?!
— C'est pour que tu aies une bonne raison de pleurer !
Emeric préféra ne rien lui reprocher afin de ne rien gâcher, quand ce fut le tour de Marek, qui lui serra la main, peut-être un peu trop fort !
— Porte-toi bien, Emeric ! C'était un plaisir de te connaître !
— Merci, Marek ! Moi de même !
— N'hésite pas à repasser à Durmstrang si le cœur t'en dit !
— Ce n'est pas vraiment sur mon trajet habituel, mais j'y penserai, grimaça Emeric. Promis !
Mais le jeune sorcier manqua cruellement d'inspiration quand il s'agit de saluer Lyov avant de quitter le navire. Pourtant, ce fut son rival qui prit la parole le premier :
— Si tu dois un jour passer par la Russie, n'oublie jamais que tu as des alliés chez les Miloslavski.
— Je… merci, Lyov, bredouilla Emeric.
— Je n'aime pas l'admettre. Mais j'ai une dette envers toi. Que je compte bien racheter un jour. Alors tâche de ne pas mourir avant ça.
— Pas besoin d'en faire le serment, j'essaierai d'éviter ça !
— Bien…
Dans un sourire troublé, Emeric s'éloigna du groupe et s'arrêta devant le ponton.
— Tu vas débarquer un jour, garçon, ou attendre que la neige tombe ?! lui lança le vieux Sven, agacé. J'ai encore tes satanés bagages et ton piaf à débarquer après toi !
Non. Rien n'avait changé, ici, à Durmstrang. C'était juste lui qui s'était adapté, qui avait su s'accommoder. Quand il descendit, il croisa alors son homologue. La fameuse Sigrid, avec ses yeux de glace et ses longs cheveux blonds et tressés. La sorcière inspirait la puissance, l'orgueil. Emeric comprit aussitôt pourquoi son Animagus était un aigle. Son port, sa démarche. Tout en elle avait des attraits presque royaux. Mais il savait en réalité qu'elle était issue d'une longue lignée de Volvä… Il avait eu l'occasion d'entendre les histoires de Vilma à son propos.
Après que Sigrid ait considéré le jeune sorcier d'un regard suffisant, elle n'eut le temps de poser le pied sur le pont que Vilma lui sauta au cou.
— Sigrid ! Tu m'as trop manqué, poulette !
— Ce surnom ne m'avait pas manqué, lui… ! grimaça la suédoise.
— Bienvenue de nouveau parmi nous, Sigrid ! l'accueillit Marek avec une voix chaleureuse.
— Vous ne vous êtes pas trop ennuyés sans moi ?
— Oh non ! Non ! On va te raconter ! C'était une année de dingue ! s'excita Vilma.
Pourtant, quand elle passa devant Lyov, Sigrid, ralentissant le pas, ne s'autorisa qu'un hochement de tête, que le russe lui rendit. Après un mouvement d'yeux significatif, Lyov s'éloigna, sans même la saluer. Sigrid attendit un moment d'inattention de la part de Vilma et Marek, qui échangeaient à propos du prix des duels de l'année, pour échapper à leur vigilance et descendre dans les cales séparées en compartiment. C'est alors que, surgissant de derrière une porte, Lyov attrapa sa taille par surprise. Mais Sigrid reconnut dans ses gestes serrés des envies sur lesquelles elle s'accorda, tandis que le jeune homme embrassait son cou derrière elle.
— N'est-ce pas contraire à ce que tu m'avais dit ? murmura-t-elle en russe.
— Je n'en croyais pas un mot, Sigrid… soupira Lyov d'une voix faible. Excuse-moi. Je ne voulais pas te blesser… Je ne voulais pas que tu partes.
Il la fit pivoter dans ses bras avec fougue et la plaqua contre une cloison en bois. Leur baiser de retrouvailles sembla durer une éternité, comme rattrapant tous ceux qu'ils n'avaient pu partager.
— Peu importe tout le reste… souffla-t-il en caressant sa joue. Mon nom, son sang, mon honneur. C'est toi que j'aime. Et c'est la seule chose que je ne renierai jamais.
Que lui valait-il une telle sincérité ? Sigrid la lisait si clairement dans ses yeux. Lyov ne voulait rien regretter. Qu'avait-il pu vivre ces derniers mois pour en venir à lui déclarer de telles paroles ? Pourtant, elle se retint de toutes ces interrogations pour se consacrer à la douceur de cet instant.
Une fois l'échange des bagages effectué, Sven ramena la planche de débarquement et souffla de nouveau dans son instrument pour marquer le départ du bateau.
— Vilma ? Tu viens ? l'enjoignit Marek. On va bientôt plonger.
Pourtant, Vilma demeura quelques instants à la rambarde, observant la foule se disperser alors que le navire commença à s'éloigner. Pourtant, Emeric avait déjà disparu. Un dernier sourire ému éclaira ses traits quand elle aperçut un point blanc se détacher des murailles de Poudlard, rejoignant le sommet de la tour où Kate était apparue furtivement. Elle y reconnut sans mal un harfang…
— Nous nous reverrons. Je le sais… Nous nous reverrons, Bäumchen.
BEUUUUH. Je suis trop triste de les quitter.
Mais si ça peut vous rassurer... ON LES REVERRA ! ;) Héhéhé ! (parce que Vilma est définitivement trop cool !)
Un grand merci à vous, lecteurs ! Un grand merci aussi à Aliénor de m'avoir soufflé l'idée d'écrire cette histoire parallèle !
Autant vous l'annoncer : il y aura également une histoire parallèle à LMA pour la partie VI. Ca ne sera pas un seul personnage concerné, mais deux ! ;) VOUS VERREZ QUI.
ALLEZ. Je vous dis à très bientôt sur LMA ! Et encore merci d'avoir suivi mes traces et celles d'Emeric jusqu'à Durmstrang !
