Non non je n'ai pas abandonné cette fiction, j'ai juste du mal à écrire quelque chose de potable depuis un certain temps. En tout cas, merci à ceux qui prendront le temps de lire.

Bonne lecture !


.

Chapitre 11 – 1944, vengeance à l'aube

.

Malgré la bonne ambiance qui régnait à la table des Serdaigle, la soirée ne fut pas des plus agréables pour Hermione. L'attablée de Hagrid, encore officiellement considéré comme meurtrier, provoqua colère et indignation parmi ses camarades. Le repas fut ainsi régulièrement ponctué de sifflets réprobateurs et de quolibets vulgaires en direction du jeune garde-chasse qui essayait, tant bien que mal, de manger sa soupe avec dignité. Cependant, lorsqu'un « il mériterait d'être pendu » plus sonore que les autres provenant de la table des Serpentards brisa un instant de silence, Dumbledore se trouva bien obligé d'admettre que sa tentative de réinsérer son ancien élève au sein de l'école était un échec. Le professeur de métamorphose se leva et accompagna Hagrid, dont deux grosses larmes marquaient les joues, jusqu'à la sortie, n'omettant point de jeter un regard sévère au garçon de cinquième année qui avait parlé.

- Tant mieux ! lança violemment Cinamon. Qu'est-ce qu'il croyait celui-là ? Qu'on allait l'accueillir en ouvrant les bras ?

Contrariée, Hermione quitta la Grande Salle sans même prendre de dessert et, accompagnée de Gorian, rejoignit la tour des Serdaigle. Elle espérait pouvoir avoir une conversation privée avec son ami. Surtout parce qu'elle savait que lui non plus ne croyait pas en la culpabilité de Hagrid, mais aussi dans l'espoir d'en apprendre un peu plus sur ce qu'il avait tenté de lui dire le midi-même.

Cependant, Gorian avait d'autres plans, puisqu'après l'avoir embrassée furtivement sur le front, il lui souhaita bonne nuit et prit la direction de son dortoir. La jeune fille monta donc elle aussi se couchée, ruminant ses sombres pensées. Elle ne comprenait pas pourquoi Dumbledore avait fait endurer à Hagrid une chose pareille. L'ouverture de la chambre des secrets ne remontait à guère plus d'un an, la plaie était encore vive dans la mémoire des étudiants. Son esprit de compassion lui avait-il fait oublier que personne ne croyait à son innocence ?

- Jean ?

La voix de Mia brisa le silence paisible du dortoir encore inoccupé et quelques instants plus tard, Hermione entendit bouger les rideaux de son baldaquin tandis qu'une masse s'appuya sur son matelas.

- Tu dors ? chuchota Mia.

- Non, grommela-t-elle.

Visiblement, impossible de passer un moment seule. Mia s'assit sur le bord du lit, obligeant Hermione à lui faire de la place.

- Qu'est-ce que tu veux, Mia ?

- Tu n'avais pas vraiment l'air dans ton assiette ce soir, alors je viens voir tu as envie de parler un peu.

- Ça va, je t'assure. Je me sens juste un peu désorientée vois-tu, il me faut un peu de temps pour prendre mes marques.

- C'est étrange, parce que, l'espace d'un instant, j'ai cru que tu étais partie à cause de la remarque de Cinamon.

Hermione sentit son palpitant s'emballer.

- Pas du tout, mentit Hermione. Gorian m'a raconté ce qu'il s'est passé, et je comprends tout à fait la réaction des élèves. Mais si c'est bien Hagrid le coupable, on peut se demander pourquoi le directeur l'a autorisé à pénétrer dans la Grande Salle, non ?

- C'est vrai qu'il n'y a pas de preuves directes, admit Mia, mais les agressions ont cessées après son renvoi. Ça ne peut pas être une coïncidence.

- Peut-être que le vrai coupable en a profité pour lui faire porter le chapeau ? tenta Hermione, peu sûre d'elle. Il est vraiment jeune pour avoir fait ça, quand même.

Elle n'était pas prête à accepter que quelqu'un accuse Hagrid sans réagir, mais sa conscience lui soufflait qu'elle ne devait pas trop en faire.

- Tu as vu sa taille ? Certains pensent qu'il a du sang de géant dans les veines. Et les géants ont souvent l'habitude de tuer pour prendre le pouvoir.

- Mais quel bénéfice en a-t-il vraiment retiré ? Quand je l'ai vu à table, il n'avait pas vraiment l'air d'avoir beaucoup de pourvoir.

- L'année dernière, il en avait. Beaucoup.

Hermione ne pouvait voir l'expression du visage de Mia, mais elle percevait le tremblement de sa voix.

- Nous étions tous terrorisés. Même les professeurs ne savaient plus quoi faire. Certains d'entre nous sont retournés dans leur famille, mais pas tous. Parce que personne ne se sentait en sécurité en dehors de l'école non plus.

Hermione avait l'impression de revivre sa propre deuxième année. Une larme lui échappa.

- Au début, la rumeur disait que c'était l'œuvre de Grindelwald, qu'il voulait prendre le contrôle de l'école afin d'y créer une armée. Nous nous attendions à recevoir un jour un message nous menaçant de détruire Poudlard si nous n'agissions pas tel qu'il le demandait. Puis nous nous sommes rendus à l'évidence. Aucune revendication ne nous est parvenue, et Dumbledore nous a fait part de sa théorie personnelle. Grindelwald veut la domination des sorciers sur les Moldus. De tous les sorciers, y compris les nés-Moldus. Il ne tue que ses opposants et essaye de réduire au maximum le nombre de pertes parmi ceux qu'il considère comme supérieurs.

- Les sorciers sont déjà peu nombreux, alors s'il les élimine, comment pourra-t-il prendre l'ascendant sur les Moldus ? intervient Hermione, qui commençait à comprendre où voulait en venir Mia.

- Exactement ! A Poudlard, il nous est vite apparu que les élèves se faisant attaqués étaient tous sans histoire, et tous des nés-Moldus. Mimi, la fille qui a été assassinée, en était elle-même une. Ce n'était donc pas Grindelwald, c'était quelqu'un d'autre. Dumbledore nous a alors dit qu'il pensait qu'un descendant de Salazar Serpentard se trouvait bel et bien entre ces murs. C'est à ce moment que nous avons commencé à croire à l'existence de la *chambre des Secrets.

- Et ça ne te parait pas incohérent de penser qu'un descendant de Serpentard puisse être à Gryffondor ?

Mia s'accorda le temps de la réflexion.

- Je ne sais pas, répondit Mia perplexe, beaucoup de détails de l'affaire ont été étouffés. Je ne pense pas en savoir assez pour juger. Je me contente de faire confiance au directeur. Et si ce n'est pas le bon coupable, qui est-ce ?

Jedusor. Jedusor. Jedusor.

- Je l'ignore, répondit Hermione, contrite.

- En tout cas, je trouve ça flippant d'imaginer que le responsable de l'ouverture de la Chambre puisse être encore parmi nous.

- C'est surement le cas, pourtant. Si c'est le jeune Rubeus Hagrid, il se promène tous les jours dans le parc. Si c'est quelqu'un d'autre…

- Arrête, Jean. Ça ne peut pas être quelqu'un d'autre, d'accord ?

Sur ce, Mia lui souhaita sommairement bonne nuit et regagna son lit. Le Poudlard des années cinquante n'était pas prêt à entendre la vérité.

.

Le lendemain matin, Hermione se rendit à son cours de Métamorphose avec la ferme intention de coiffer Jedusor au poteau. Sa conversation de la veille avait dangereusement accentué le sentiment de haine qui ne la quittait jamais vraiment. Cette fois, elle serait la meilleure.

Malheureusement, ses désirs de compétitions furent mis à mal lorsque Dumbledore leur annonça que l'exercice du jour serait le même que la fois précédente. En effet, il leur était strictement interdit de s'entrainer à la Métamorphose humaine en dehors de la présence d'un professeur compétent et pratiquement personne n'avait réussi à ajouter des palmures à l'une de ses mains. Or, il était primordial que tous les élèves du cours avancent au même rythme.

Hermione décida donc de consacrer son heure à une autre activité qui lui tenait à cœur : espionner Jedusor. Celui-ci avait pris place deux rangées devant elle, avec Sally Mayfield, sa petite amie. C'était une occasion rêvée d'en savoir un peu plus sur la nature exacte de leur relation.

Cependant, la fin du discours de Dumbledore fut accompagnée d'un brouhaha enthousiaste.

Par acquis de conscience, Hermione réalisa l'exercice plusieurs fois sous le regard pétillant de Dumbledore qui passait régulièrement rendre l'aspect normal à son membre. Puis elle conseilla Gorian, assis à sa table, qui peinait à obtenir un résultat convaincant.

- Le mouvement de ton poignet et trop ample, lorsque tu prononces la formule.

Gorian refit une tentative toute aussi infructueuse.

- Non, ça s'est trop petit, comme cercle.

Elle eut droit à un regard noir.

- Jean, je viens de faire exactement la même chose que la première fois.

- Absolument pas ! Ce rond était beaucoup plus petit que…

Figée, Hermione tendit l'oreille. Elle jetait des coups d'œil régulier en direction de Jedusor depuis le début du cours. Le Serpentard ne s'était pas donné la peine de recommencer la métamorphose et discutait vivement avec Miss Mayfield. Jusqu'ici, Hermione n'avait pas saisit le moindre mot de la conversation et les lèvres de Jedusor bougeaient trop rapidement pour qu'elle puisse lire dessus. Mais le niveau sonore de la pièce venait de baisser sensiblement. C'était le moment où jamais.

Jedusor parlait, et d'après son expression, il n'était pas satisfait.

- J'avais pourtant dis à Malefoy de ne pas recommencer !

- Je sais, mais lui dit qu'il n'a aucune envie d'arrêter.

- Bien, s'il retouche à...

Mais Hermione n'entendit pas la fin de la phrase puisqu'au même instant :

- Jean, j'ai réussi, s'exclama Gorian, ravi. En fait, je retire ce que j'ai dit, tu n'es pas si mauvaise comme professeur.

- Tu n'as jamais dit ça ! répliqua-t-elle, heurtée.

- Non, mais je l'ai pensé.

Hermione se demandait toujours quelle était la chose que Malefoy n'avait plus le droit de faire lorsque la cloche retentit. Gorian lui fit un clin d'œil et se précipita vers Dumbledore pour recevoir un contre maléfice. Vingt et un élève se levèrent en même temps, et l'un d'eux bouscula Hermione qui fit tomber son sac de cours. Elle n'eut le temps de se pencher que quelqu'un le fit pour elle. Deux seconde plus tard, Jedusor la toisait de toute sa hauteur, son sac entre les mains.

- Je crois que c'est à toi, dit-il, cordial.

- M-merci, bafouilla-t-elle, stupéfaite.

Le Serpentard lui adressa un de ses sourires les plus charmeurs et quitta la pièce. Encore sous le choc, Hermione le regarda passer, tout en remarquant le regard furieux que lui adressa Sally Mayfield. Un jour Jedusor l'ignorait proprement, le lendemain il lui ramassait gentiment ses affaires. Aucun doute possible, il jouait avec elle.

- Tu prends racine Jean ? plaisanta Gorian qui n'avait pas assisté à la scène. J'ai cru un instant qu'on t'avait stupéfixiée.

- Hein ? Non, j'arrive tout de suite.

Elle rangea nerveusement ses affaires et rejoignit son ami qui sortait de la salle.

- Tu ne voudrais quand même pas rater l'occasion de prouver que tu es la meilleure préparatrice de potion de toute l'école ?

- Pourquoi tu dis ça ?

- J'ai bien vu ton visage déçu quand Dumbledore a annoncé qu'on ne ferait rien de nouveau aujourd'hui.

- J'aime simplement apprendre.

- Menteuse ! Tu meurs d'envie de battre Jedusor. J'ai aussi remarqué que tu as passé ton heure à l'observer.

Pas de réponse. Gorian s'arrêta brusquement et attrapa Hermione par le bras, la forçant à lui faire face.

- J'ai entendu que tu t'étais mise en binôme avec lui pour un travail de Runes ?

- J'ai rien fait du tout, c'est le professeur qui a décidé ! se défendit Hermione.

- Il va donc falloir que je jette un œil plus attentif sur toi, désormais.

Certes, Hermione était touchée par l'attitude fraternelle de Gorian, mais il ne fallait pas qu'il s'intéresse de trop près à ses activités. D'une parce qu'il risquait de se mettre en danger (et elle n'avait pas envie d'emmener à la mort le père de Kingsley Shacklebolt), mais aussi parce qu'à fourrer son nez partout, il finirait bien par découvrir la vérité sur elle.

Après s'être dégagée brusquement, la jeune femme lui répondit froidement :

- Je n'ai absolument pas besoin qu'on me protège, Gorian. Je suis assez grande pour savoir ce que je fais. Et de toute façon, ce n'est qu'un simple devoir !

Et elle reprit la direction des cachots à grandes enjambées.

.

Le reste de la journée fila rapidement. Le cours de potion avait été aussi passionnant que celui du lundi et Hermione en oublia toutes ses autres préoccupations. Mia, qui les avait rejoints accompagnée par Cinamon, semblait toujours troublée par la discussion qu'elles avaient partagée la veille. Elle ne cessait de jeter à Hermione des regards en coin, mais ce n'est qu'en quittant le cours qu'elle se décida à parler.

- Jean, je voulais te demander…

Méfiante, Hermione s'arrêta à sa hauteur.

- Ça te dirait qu'on aille faire des recherches dans la réserve demain matin ? Tu sais pour le cours de Potter.

Évidemment, Hermione fut plus qu'emballée par cette idée.

- Si tu veux, accepta-t-elle en dissimulant son excitation.

- Je comprends que ça doit pas être facile pour toi, d'arriver comme ça dans un lieu où tu ne connais personne. Et j'ai entendu dire que tu aimais beaucoup la bibliothèque…

Mia se tordait nerveusement les mains. Visiblement, elle semblait trouver sa proposition bizarre mais le sourire rayonnant que lui adressa son amie lui redonna du courage.

- Alors j'ai pensé que ça pourrait tu remonter le moral.

- C'est vraiment gentil, la remercia Hermione qui sentait que cette proposition avait quelque chose à voir avec la façon sèche dont Mia avait pris congé la veille.

- Bon vous venez, les interpella Cinamon, j'ai faim moi !

Pendant le déjeuner, il n'y eut nulles traces de Hagrid à la table des enseignants, au grand désespoir de Hermione qui s'était presque attendue à ce que Dumbledore le convainque de retenter l'expérience.

.

Lorsqu'elle se leva à l'aube le vendredi, Hermione ne fut pas mécontente que la première semaine de cours touche à sa fin. Tant d'émotions l'envahissaient constamment qu'elle en était épuisée. Harry et Ron lui manquaient cruellement, et elle n'avait pas la moindre idée de l'issue des évènements. Le pire était qu'elle ne pouvait se confier à personne. Elle devait donc agir à l'instinct, en espérant ne pas commettre d'erreurs. Mais avec Gorian en garde du corps, Jedusor en partenaire de recherches et Dumbledore comme professeur trois fois par semaines, la jeune fille avait l'impression d'avoir laissé son instinct dans la chambre miteuse de la Tête de Sanglier.

Mia le rejoignit dans la Grande Salle alors qu'elle dévorait à belles dents une assiette de petits toasts. Une fois repues, elles prirent comme convenu la direction de la bibliothèque.

- Tu crois qu'on aura accès à la réserve ? demanda Hermione, anxieuse. Nous n'avons pas vraiment d'autorisation.

- Oh mince ! s'exclama Mia tandis qu'elles atteignaient le deuxième étage. J'ai demandé au Pr Potter de me signer un morceau de parchemin hier après-midi mais il est resté dans ma valise. Vas-y toute seule je te rejoins dans cinq minutes !

- D'accord.

Soulagée, Hermione prit donc seule la direction de la bibliothèque. Elle se trouvait à quelques pas de l'entrée quand elle entendit des bruits de pas derrière elle.

- Expelliarmus !

La jeune femme fut désarmée avant même d'avoir esquissé un mouvement. Lorsqu'elle se retourna vivement, elle crut que ses jambes allaient défaillir. Abraxas Malefoy se rapprochait, un sourire narquois sur les lèvres.

- Tiens, tiens, tiens, comme on se retrouve, chantonna-t-il, son regard clair animé d'une lueur mauvaise.

Paniquée, Hermione pensa à s'enfuir en courant. Mais elle devait d'abord récupérer sa baguette, que Malefoy faisait à présent habillement tourner entre ses doigts.

- Parfois la vie nous fait de merveilleux cadeaux, tu ne trouves pas ?

Jubilant, le jeune homme brandit une nouvelle fois sa propre baguette :

- Incarcerem !

Hermione se retrouva instantanément prisonnière d'épaisses cordes qui lui comprimaient la poitrine. Suffocante, elle se tortilla un moment sous le rire bruyant de son tortionnaire. Malefoy, une fois à sa hauteur, pencha vers elle son visage blême, caressant sa joue de son nez pointu. La jeune femme essaya de reculer mais son dos heurta le mur. Incapable de faire le moindre mouvement supplémentaire, elle était prise au piège.